« Alors qu’il avait formé ce dessein, voici que l’ange du Seigneur lui apparut en songe et lui dit : "Joseph, fils de David, ne crains pas de prendre chez toi Marie, ton épouse, car ce qui a été engendré en elle vient de l’Esprit Saint ; elle enfantera un fils et tu l’appelleras du nom de Jésus, car c’est lui qui sauvera son peuple de ses péchés" » (Matthieu 1, 20-21).  

 

 

Ces paroles de l’Evangile de Matthieu, connues comme « l’Annonciation à Joseph », sont l’intervention du Ciel pour pouvoir faire comprendre à Joseph le projet merveilleux que, depuis toujours, Dieu a eu avec la future épouse, Marie de Nazareth, à savoir que « ce qui a été engendré en elle vient de l’Esprit Saint ». A peine le « juste » entend-il les paroles de l’ange qu’il n’a plus aucune hésitation : il croit de tout son être, en se lançant dans une aventure qui le conduirait loin, jusqu’à devenir le Patron de l’Eglise universelle. La foi de Joseph est impressionnante : il fait confiance aveuglément en Dieu, à son action toute puissante, il ne demande aucun signe, et il n’oppose aucune objection. C’est ce qui le distinguera dans cette aventure qui le verra devenir le Père chaste du Fils de Dieu. Nous devons tous l’imiter, parce que c’est seulement ainsi que nous trouverons la foi pure, libre de toute entrave. Joseph se sert de la réflexion, mais il se laisse d’abord éclairer par la Parole de Vérité, et il soumet sa pensée aux exigences de cette Parole. En cela, Marie est modèle et aide. Elle qui a fait confiance aveuglément à Dieu, précède son époux sur la voie de l’abandon total ; certes, Marie elle aussi ressent comme Joseph, tout le poids de croire ; mais elle encourage son époux avec son sourire pleine d’amour face au grand silence de Dieu, qui accompagne souvent les événements de la vie de communion avec Lui. Joseph n’a pas peur de ce silence, parce qu’il a appris, de Marie, que le Silence de Dieu, n’est pas absence de Dieu, mais le signe de son Mystère infini. Quand quelque chose est trop grand et trop beau, nous aussi nous disons que les mots nous manquent pour le décrire ; le silence suffit pour exprimer l’émerveillement, bien mieux que ne pourraient le faire les paroles. Joseph est devenu un maître de silence, parce qu’il a su vivre en plénitude l’écoute de la Vérité. Si quelqu’un ne sait pas faire le silence en soi et autour de soi, il ne sera jamais capable de rencontrer Dieu. On ne peut pas ne pas penser à ce passage concernant le prophète Elie qui est appelé à rencontrer le Seigneur : « Et voici que Yahvé passa. Il y eut un grand ouragan, si fort qu’il fendait les montagnes et brisait les rochers, en avant de Yahvé, mais Yahvé n’était pas dans l’ouragan ; et après l’ouragan, il y eut un tremblement de terre, mais Yahvé n’était pas dans le tremblement de terre ; et après le tremblement de terre, un feu, mais Yahvé n’était pas dans le feu ; et après le feu, le bruit d’une brise légère » -1 Rois, 19 11b-12). Le Seigneur était dans ce vent léger, et, pour le percevoir, il fallait le silence intérieur. Dieu aime « se promener… à la brise du jour » (cf. Genèse 3, 8). Un des plus grands obstacles sur le chemin de la prière est précisément le bruit intérieur et extérieur, mais surtout le bruit intérieur qui empêche de jouir de la présence de Dieu. Que de merveilleux « silences ont rempli l’existence de la Sainte Famille de Nazareth, qui a laissé la place à des paroles inexprimables, comme lorsque la prière en devenant très intense se « perd » dans l’adoration silencieuse.

 

En ce temps de Carême précisément, nous devons nous convertir au silence, pratiquer le jeûne des paroles superflues et banales, qui rendra aussi les paroles significatives plus sobres et plus simples. Que Saint Joseph nous aide à mener une vie plus profonde de prière ; unissons-nous donc à la prière du Saint-Père ! « Je prie particulièrement ce grand Saint pour que, en croyant, en célébrant et en vivant avec foi le Mystère Eucharistique, le Peuple de Dieu soit rempli de l’amour du Christ, et répande des fruits de joie et de paix dans l’humanité tout entière » (Benoît XVI, Angélus du 18 mars 2007).

 

Fides


Ces pièces de plain-chant d'Amiens (appelé aussi plain-chant picard) ont été enregistrées le jour des Rameaux en 1975 à Grouches-Luchuel à coté de Doullens (Somme). Les enfants de choeur et ceux du catéchisme chantaient une partie du propre et l'ordinaire de la messe au lutrin avec M. l'abbé Christian Robert desservant de cette paroisse. Le chantre, M. Michel Capron, chantait à la tribune de l'église. Nous entendons d'abord le « Pueri Hebraeorum » et le « Cum Angeli ». Ensuite le chant du « Gloria Laus » est chanté en alternance ; d'un coté la procession avec le prêtre et les enfants de choeur; de l'autre , le chantre et les enfants restés à l'intérieur de l'église. A l'entrée de la procession dans l'église, l' « Ingrediente » est suivi immédiatement de l'Introït « Domine de longe ».



« Une lumière éclatante brille pour nous aujourd'hui, parce que le bon Larron est entré dans le ciel sur les pas du Roi des rois. La foule des morts s'est levée, et la conscience des vivants a triomphé. Contemplez l'Eglise, voyez la multitude des élus, les légions des anges, l'armée des fidèles entourant le précieux autel du Seigneur. La foule est dans la joie, parce que le Seigneur des anges est ressuscité. Les morts sont sortis des enfers et sont redevenus vivants, les hommes sont sortis purifiés de la source d'eau vive et entièrement renouvelés; Dieu, dans sa bonté, a pris soin de ressusciter les morts et de renouveler en nous le vieil homme, selon cette parole de l'Ecriture : « L'ancien a disparu, tout est devenu nouveau » (2 Cor V, 17). Voilà pourquoi nous nous écrions tous : « Voici le jour que le Seigneur a fait ; réjouissons-nous et tressaillons d'allégresse » (Psaume CXVII, 24). Comment les morts se sont-ils réjouis en sortant de leur tombeau ? Comment ceux qui ont repris naissance ont ils tressailli d'allégresse en sortant de la source sacrée ? Ceux-là ont chanté le cantique nouveau sur la vie nouvelle, et ceux-ci ont chanté l'Alléluia en recevant la grâce précieuse. Disons tous : C'est le jour de la lumière, le jour du pain, afin que nous ne soyons plus soumis ni à la faim ni aux ténèbres ; rassasions-nous, au contraire, du pain de la grâce, et non pas de l'obscurité des nations barbares, car aujourd'hui l'armée des Anges se réjouit avec nous. Que personne ne désire plus le pain matériel, car aujourd'hui est ressuscité « le pain vivant qui est descendu du ciel » (Jean VI, 51). Aujourd'hui les chaînes des enfers sont rompues, que les chaînes de tous les péchés se rompent également.

 

Que notre mère la Sainte Eglise surabonde de joie dans la personne de tous ses enfants. Venez, Seigneur, et dites-nous : « La paix soit avec vous, n'ayez aucune crainte » (Luc IV, 36), et nous jouirons d'une grande sécurité, car en célébrant la loi nous posséderons en toutes choses la lumière éternelle et nous dirons : « Si je marche au milieu des ombres de la mort, je ne craindrai aucun mal, parce que vous êtes avec moi, Seigneur » (Psaume XXII, 4). Soyez donc avec nous, Seigneur, afin que nous n'ayons plus à craindre les ombres de la mort et que nous nous réjouissions éternellement en Notre-Seigneur Jésus-Christ souffrant, ressuscitant et montant au ciel. Par lui puissions-nous nous élever et nous convertir au Seigneur. Le Seigneur est né, et le monde a repris naissance; il a souffert, et l'homme a été sauvé; il est ressuscité, et l'enfer a gémi; il est monté au ciel, et le trône paternel a tressailli de joie. Pendant que le Sauveur souffrait, les morts ressuscitaient et les vivants se réjouissaient; lorsqu'il ressuscita, les captifs sentaient leurs chaînes disparaître, et les anges ne pouvaient contenir leur joie; quand il monta au ciel, les esprits célestes furent enivrés de bonheur, et les Apôtres furent attristés; « mais leur tristesse se changea en joie » (Jean XVI, 20), et dissipa les ténèbres qui les retenaient dans l'erreur. C'est ainsi que pour nous, après la nuit de labeur, rayonne la joie de la lumière à la splendeur du Dieu Sauveur, selon cette parole : « Vous avez changé ma tristesse en joie » (Psaume XXIX, 12) ».

 

Extrait du 21ème sermon sur la fête de Pâques - Saint Augustin, Père et Docteur de l'Eglise

Rafqa Ar-Rayes était libanaise et aimait sa patrie, le Liban. En canonisant Rafqa Choboq Ar-Rayes, l'Église met en lumière le mystère de l'amour donné et accueilli pour la gloire de Dieu et le salut du monde. Moniale de l'Ordre libanais maronite, elle a désiré passionnément aimer Dieu et donner sa vie pour ses frères…

 
 
Rafqa vit le jour le 29 Juin 1832 à Himlaya, village du Meten-Nord près de Bikfaya. Elle était fille unique de Mourad Saber al-Choboq al-Rayès et de Rafqa Gemayel. Elle fut baptisée le 7 Juillet 1832 et reçut le prénom de Boutrossieh (Pierrette). Ses Parents l'ont élevée dans l'amour de Dieu et l'assiduité à la prière. Sa mère mourut en 1839 alors que Rafqa n'avait que sept ans. Ce fut pour elle une grande peine. Son père connut la misère et la nécessité. Il décida alors, en 1843, de l'envoyer à Damas pour travailer chez M. Asaad al-Badawi, d'origine libanaise. Elle y resta quatre ans. Rafqa revint à sa maison en 1847 et trouva son père remarié. Rafqa était belle, de bon caractère et d'une humble piété. Sa tante maternelle voulait la marier à son fils et sa marâtre à son frère. Alors que le conflit entre les deux femmes grandissait, Rafqa, à l'écart de ces querelles, cultivait le désir d'embrasser la vie religieuse. Rafqa demanda à Dieu de l'aider à réaliser son désir. L'idée lui vint d'aller au couvent Notre-Dame de la Délivrance à Bikfaya pour se joindre aux Mariamettes, fondées par le Père Joseph Gemayel. En entrant à l'église du couvent, elle sentit une joie intérieure indescriptible. Alors qu'elle priait devant l'icône de Notre-Dame de la Délivrance, elle entendit une voix qui lui dit : « Tu seras religieuse ». La mère supérieure admit Rafqa sans l'interroger. En connaissant cette nouvelle, son père vint, avec sa femme, pour la ramener à la maison. Rafqa refusa de les rencontrer. Après la période de postulat, Rafqa reçut l'habit de novice en la fête de Saint Joseph, le 19 mars 1861. L'année suivante à la même date, elle prononça ses vœux temporaires. Elle fit sa profession solennelle le 25 août 1872. Le premier dimanche d'octobre 1885, en la fête de Notre Dame du Rosaire, Rafqa entra à l'église du monastère et se mit à prier, demandant au Seigneur de la faire participer à sa Passion Rédemptrice. Sa prière fut immédiatement exaucée. Le soir, avant de dormir, elle sentit un mal insupportable à la tête qui, par la suite, atteignit ses yeux. Tous les soins utilisés étaient sans résultats. On consulta un médecin américain qui décida d'opérer Rafqa dans l'immédiat. Elle refusa l'anesthésie durant l'opération, au cours de laquelle le médecin lui arracha accidentellement son œil qui tomba par terre en palpitant. Rafqa ne se plaignit pas et lui dit : « Pour la Passion du Christ. Que Dieu bénisse tes mains et te récompense ». Puis le mal ne tarda pas à passer à l'œil gauche. En 1899, Rafqa devint complètement aveugle puis paralysée. Ses articulations se disloquèrent, son corps devint aride et sec : un squelette peu à peu décharné. Elle passa les sept dernières années de sa vie étendue seulement sur le côté droit de son corps. Sur son visage rayonnant et paisible, se lisait un sourire céleste. Selon le jugement des médecins, Rafqa était atteinte d'une tuberculose ostéo-articulaire.
 
Rafqa vécut 82 ans, dont 29 dans les souffrances qu'elle supportait avec joie, patience et prière pour l'amour du Christ. Le 23 mars 1914, à Batroun, Rafqa demanda la Sainte Communion puis remit son esprit en appelant Jésus, la Vierge Marie et Saint Joseph. Enterrée au cimetière du monastère Saint Joseph-Jrabta, une lumière splendide apparut sur son tombeau pour deux nuits consécutives. Par l'intercession de Sainte Rafqa, Notre Seigneur a fait beaucoup de miracles et a accordé largement ses grâces. Le 10 juillet 1927, la dépouille de Rafqa fut transférée dans un nouveau tombeau, dans l'église du monastère. La cause de sa Béatification a été soumise au Vatican le 23 décembre 1925. Sa Sainteté le Pape Jean-Paul II déclara Rafqa ‘’Vénérable’’ le 11 février 1982, ‘’Bienheureuse’’ le 17 novembre 1985, et enfin ‘’Sainte’’ le 10 juin 2001 !
 
 
 
 

Indulgence de 40 jours, Mgr de Bruillard, 15 janvier 1853

 
 
 
Seigneur, ayez pitié de nous, --> Seigneur, ayez pitié de nous.
O Christ, ayez pitié de nous, --> O Christ, ayez pitié de nous.
Seigneur, ayez pitié de nous, --> Seigneur, ayez pitié de nous.
 
Père céleste qui êtes Dieu, --> ayez pitié de nous.
Fils, Rédempteur du monde, qui êtes Dieu, --> ayez pitié de nous.
Esprit Saint qui êtes Dieu, --> ayez pitié de nous.
Trinité Sainte qui êtes un seul Dieu, --> ayez pitié de nous.
 
Notre Dame de la Salette, Réconciliatrice des pécheurs --> priez pour nous
Notre Dame de la Salette, Guérison des malades --> priez pour nous
Notre Dame de la Salette, Soutien des justes--> priez pour nous
Notre Dame de la Salette, Consolatrice des affligés--> priez pour nous
Notre Dame de la Salette, qui êtes apparue à de pauvres enfants des Alpes pour nous donner de graves avertissements --> priez pour nous
Notre Dame de la Salette, qui versiez des larmes en songeant aux péchés des hommes --> priez pour nous
Notre Dame de la Salette, qui nous avez fait entendre les menaces du Seigneur, afin que nous nous convertissions --> priez pour nous
Notre Dame de la Salette, qui par vos supplications retenez le bras du Seigneur irrité contre nous --> priez pour nous
Notre Dame de la Salette, qui avez dit : « Si mon peuple ne veut pas se soumettre, je suis forcée de laisser aller le bras de mon Fils » --> priez pour nous
Notre Dame de la Salette, qui priez continuellement votre divin Fils, afin qu'il nous fasse miséricorde --> priez pour nous
Notre Dame de la Salette, qui avez tant de peine à cause de nos péchés --> priez pour nous
Notre Dame de la Salette, qui méritez toute notre reconnaissance --> priez pour nous
Notre Dame de la Salette, qui après avoir donné vos avertissements aux enfants de la Montagne, leur avez dit : « Et bien, mes enfants vous le ferez passer à tout mon peuple » --> priez pour nous
 
Notre Dame de la Salette, Vous qui avez annoncé aux hommes des châtiments terribles, s'ils ne se convertissent pas --> priez pour nous
Notre Dame de la Salette, Vous qui leur annoncez la miséricorde et le pardon, s'ils reviennent à Dieu --> priez pour nous
Notre Dame de la Salette, Vous qui promettez des grâces abondantes, si l'on fait pénitence --> priez pour nous
Notre Dame de la Salette, Vous dont l'Apparition miraculeuse a retenti dans les deux mondes --> priez pour nous
Notre Dame de la Salette, Vous dont les prodiges s'étendent en tous pays --> priez pour nous
Notre Dame de la Salette, Vous dont le culte s'accroît chaque jour --> priez pour nous
Notre Dame de la Salette, Vous dont les bienfaits ravissent tous vos enfants --> priez pour nous
Notre Dame de la Salette, Vous qu'on invoque pas en vain --> priez pour nous
Notre Dame de la Salette, Vous qui avez fait jaillir à vos pieds une eau miraculeuse --> priez pour nous
Notre Dame de la Salette, Vous qui, à l'exemple de Jésus, rendez la vue aux aveugles, le mouvement aux paralytiques, la santé aux malades --> priez pour nous
Notre Dame de la Salette, Vous qui consolez toutes les infortunes --> priez pour nous
Notre Dame de la Salette, Vous qui êtes apparue resplendissante de clarté --> priez pour nous
Notre Dame de la Salette, Vous qui portiez sur la poitrine le Crucifix et les instruments de la Passion --> priez pour nous
Notre Dame de la Salette, Vous qui nous avez averti de sanctifier le jour du seigneur, si nous voulons éviter des châtiments terribles --> priez pour nous
Notre Dame de la Salette, Vous qui avez dit que le travail du dimanche et le blasphème excitent particulièrement la colère de Dieu --> priez pour nous
Notre Dame de la Salette, Vous qui nous avez reproché de ne point garder les jeunes et abstinences de l'Eglise --> priez pour nous
Notre Dame de la Salette, Vous qui nous avez annoncé les fléaux de Dieu, si l'on continuait à violer ses commandements --> priez pour nous
Notre Dame de la Salette, Vous qui avez recommandé la prière du matin et du soir --> priez pour nous
 
Par votre puissante protection, --> délivrez-nous des maux qui nous menacent, O Marie !
Pauvres pécheurs que nous sommes, --> convertissez-nous, O Marie !
Dans l'accomplissement de nos devoirs, --> aidez-nous, O Marie !
Dans la solide piété, --> affermissez-nous, O Marie !
Dans la pratique continuelle de toutes les vertus, --> encouragez-nous, O Marie !
Dans nos joies, --> soyez avec nous, O Marie !
Dans nos douleurs, --> soutenez-nous, O Marie !
Dans tous les événements de la vie, --> obtenez-nous une soumission entière à la volonté de Dieu, O Marie !
 
Agnus Dei, qui tollis peccata mundi --> Parce nobis, Domine
Agnus Dei, qui tollis peccata mundi --> Exaudi nobis, Domine
Agnus Dei, qui tollis peccata mundi --> Miserere nobis
 
V. Ora pro nobis, Sancta Dei Genitrix
R. Ut digni efficiamur promissionibus Christi
 
Prions : O Dieu, qui ne cessez de nous montrer combien la dévotion envers la Très Sainte Vierge Marie vous est agréable, par les prodiges multipliés que nous obtiennent son intercession, faites-nous la grâce d'être toujours fidèles aux enseignements qu'Elle nous donne, afin qu'après avoir observé vos commandements dans cette vie, nous ayons le bonheur de vous posséder pendant toute l'éternité. Ainsi soit-il.

Autrefois - c'est-à-dire avant la débâcle liturgique mise en musique par les chantres de la "créativité liturgique" post-conciliaire - il ne serait jamais venu à l'idée d'un paroissien de donner des leçons de liturgie à son curé, de lui dire comment il devait célébrer la messe. Il est vrai qu'en ces années-là, un prêtre savait ouvrir le missel à la bonne page et faire, avec plus ou moins d'habileté, comme il fallait faire. Nous sommes dans une autre époque où le premier laïc venu se permet des bidouillages liturgiques avec une autorité généralement inversement proportionnelle à sa compétence. Nous sommes dans une Eglise où il suffit de donner aux membres des "équipes d'animation" un foulard de soie à mettre autour du cou pour présider des obsèques sans prêtre ou à agiter au cours d'un rassemblement interparoissial, pour que, sous leur pression, les messes ne soient plus jamais des messes. A ce sujet, un jeune prêtre faisait remarquer que "dans bien des paroisses, les inoffensives grenouilles de bénitiers d'autrefois, qui savaient demeurer à leur place pendant la messe, ont été remplacées par une nouvelle variété de bactraciens qui s'autorisent à coasser à qui mieux mieux autour des autels et des micros". Il est certain qu'il faut s'opposer à ces saboteurs de la liturgie qui ne savent agir que par ignorance et superficialité. Parfois aussi par prétention. Mgr Aillet disait que "la liturgie est blessée lorsque les fidèles sont livrés à l'arbitraire du célébrant, à ses manies, ses idées ou opinions personnelles, voire ses propres blessures." Ajoutons que la liturgie est tout autant blessée lorsqu'elle devient le nid de ces laïcs cléricalisés ou de religieuses laïcisées qui gravitent autour des autels comme pour combler des frustrations inavouées. On se comprend.

Clemens August von Galen, né le 16 mars 1878 et mort le 22 mars 1946 est un cardinal, évêque de Münster en Allemagne de 1933 à 1946. Surnommé le lion de Münster, il s'est distingué par son opposition au national socialisme. Créé cardinal en 1946 par le pape Pie XII, il est déclaré bienheureux par le pape Benoît XVI le 9 octobre 2005…

 
 
  

  « Prions pour que la rémission et la pitié de Dieu puissent descendre sur nous, sur notre ville, notre pays et notre cher peuple allemand. Mais avec ceux qui continuent à provoquer le jugement de Dieu, qui blasphèment notre foi, qui dédaignent les commandements de Dieu, qui font cause commune avec ceux qui éloignent nos jeunes du christianisme, qui volent et bannissent nos religieux, qui provoquent la mort d’hommes et de femmes innocents, nos frères et sœurs, avec tous ceux-là nous éviterons toute relation, nous nous maintiendrons, nous et nos familles, hors de portée de leur influence, de peur que nous soyons infectés par leur manière athée de penser et d’agir, de peur que nous devenions des complices de leurs fautes et soyons ainsi exposés au jugement que le Dieu juste doit rendre et infliger à tous ceux qui, comme la ville ingrate de Jérusalem, ne veulent pas ce que Dieu veut. O Dieu, faites nous reconnaître à tous aujourd’hui ce qui nous apporte la paix avant qu’il soit trop tard ! » (Sermon du 3 août 1941)

 



Le comte Clemens August von Galen est né le 16 mars 1878 au château de Dinklage à Oldenburg. Il est le onzième fils du comte Ferdinand Heribert von Galen et de sa femme Elisabeth, née von Spree, qui en eurent treize. Il fut envoyé au lycée des Jésuites à Feldkirch. Il fit ensuite ses études à Fribourg, Innsbrück et Münster. Il fut ordonné prêtre à Münster le 28 mai 1904. Après une brève période comme vicaire capitulaire à Münster, avec son oncle Maximilian Gereon Graf von Galen, évêque auxiliaire de Münster, il fut nommé en 1906 chapelain de l’église de saint Matthias à Berlin. Il exerça ses activités pastorales dans la capitale de l'empire prussien, puis pendant la Première Guerre mondiale, puis sous la république de Weimar. Il fut critique envers la société moderne, et envers la démocratie parlementaire. Il retourna à Münster en 1929, comme curé de la paroisse Saint Lambert. Il est ordonné évêque de Munster en 1933. Il fut le premier évêque allemand à entrer en fonction selon le nouveau concordat, le "reichskonkordat". Peu après son ordination épiscopale, il fit à Xanten une homélie qui présenta comme d'actualité le martyre. Il s'opposa à l'idéologie raciste. Il participa à la rédaction de l'encyclique du Pape Pie XI "Mit brennender Sorge". Il s'opposa aussi à l'euthanasie des personnes handicapées, organisée dans le cadre de l'"action T4". Le pouvoir de l’État voulait l’arrêter et le mettre à mort, mais, craignant la réaction de la population catholique de Münster, on enferma à sa place dans des camps de concentration 24 membres du clergé séculier et 18 religieux, dont 10 périrent. Dans les mois difficiles de l’après-guerre, il s’opposa nettement aussi aux autorités d’occupation, quand il était nécessaire d’éliminer ou d’éviter les injustices. Le 18 février 1946, le Pape Pie XII le créa cardinal pour sa conduite intrépide durant la période du national-socialisme. La Basilique Saint-Pierre bondée de fidèles l’acclama comme « Le Lion de Münster ». Le 16 mars 1946, le cardinal von Galen, de retour à Münster fut accueilli par une foule enthousiaste. Devant les ruines de la cathédrale, il donna son dernier discours ; le jour suivant, il tomba malade et mourut le 22 mars 1946. Il fut enterré dans le Ludgeruskapelle dans la cathédrale en ruines.
 
Clemens August, Comte de Galen est un modèle de courage chrétien. Son témoignage sans peur, et son opposition inflexible vis-à-vis de l’injustice et devant le caractère inhumain de la dictature national-socialiste, trouvèrent leur force dans sa foi profonde.
 
 
 

ite-ad-ioseph« Le 7 juin 1660, un jeune berger provençal de 22 ans, Gaspard Ricard, sur ce lieu du Bessillon, bénéficia d’une apparition de saint Joseph, qui l’interpellait ainsi : « je suis Joseph, soulève la pierre et tu boiras ». Notre diocèse a cet extrême privilège d’avoir accueilli les seuls mots prononcés par Joseph, et que l’Eglise a authentifiés. Louis XIV l’année suivante, le 19 mars 1661, 10 jours après son accession au trône et après avoir pérégriné à Cotignac, consacra la France à Saint Joseph. Comment pourrions-nous caractériser cette belle figure biblique de Joseph ? Cet homme silencieux et caché. Je pourrai définir sa psychologie spirituelle par un seul trait : la pudeur. Notre monde est "voyeuriste". Tout doit se montrer, et tout se dire en permanence. Le succès des téléréalités, le règne de l’extimité, lorsqu’on affiche son intimité et ses états d’âme sur les réseaux sociaux, la surexposition médiatique de ses émotions et de l’image de soi… témoignent de l’impudeur. L’invasion des écrans plats relève, non seulement d’une prouesse technologique, mais aussi d’une révolution optique : l’image devient source de lumière, d’où la fascination qu’elle exerce. La science donne ainsi à l’impudeur les moyens de son emprise. L’impudeur, on la trouve, non seulement sur les moyens de communication sociale, mais aussi dans la rue par des modes vestimentaires indécents pour exciter le regard, dans la manière de mettre en scène son corps. L’impudeur touche aussi le monde artistique, jusqu’à porter atteinte à l’image de la personne, ou à la caricaturer. L’impudeur touche encore le monde médical, lorsque le patient ou le vieillard n’est plus considéré pour lui-même mais à travers sa maladie, son handicap, ses organes défaillants… L’impudeur, c’est l’instrumentalisation du corps, sa réduction à la seule fin de jouissance et de marchandisation. Au contraire, Joseph nous offre le témoignage de la pudeur. Une pudeur faite de silence, de réserve naturelle et de recueillement. Joseph préserve l’intimité de son fils adoptif, Jésus. Il respecte l’altérité de Marie son épouse, dans le mystère de sa conception virginale et de sa maternité divine. La pudeur de Joseph enveloppe la Sainte Famille et la protège. 


Cette pudeur de Joseph n’est ni la honte qui exprime un dégoût de soi, ni la pudibonderie, ni la pruderie qui affecte une réserve hautaine. La pudeur de Joseph est la garantie du mystère qui éclot en lui, le mystère de sa propre élection. Elle est la modification des sens, l’antidote de la vanité, la source de sa chasteté, le repli de sa prière. Il y a quelque chose dans la Sainte Famille qui ne sera jamais pleinement connaissable et maitrisable. Une part de secret qui réclame un effacement, et dans lequel se nichent, et la liberté de Dieu qui appelle, et la liberté de la réponse : l’amen de Jésus et le fiat de Marie. L’un et l’autre, Jésus et Marie, trouvent refuge dans la pudeur de Joseph. Non seulement Joseph a pratiqué la pudeur, mais il nous l’enseigne. A son école, j’apprends que le secret de mon âme ne sera jamais accessible à autrui, que le mouvement de retour sur soi rencontre une présence vivante que j’abrite, celle de Dieu ; présence intérieure et trinitaire qui justifie ma vie et qui est le point de départ de ma prière. L’attitude pudique à laquelle nous éduque Joseph, au contact de Marie et de Jésus, c’est aussi la délicatesse de rencontrer l’autre, sans l’accaparer. Joseph nous apprend que l’on peut aimer sans posséder. Cette abstinence de Joseph est faite d’écoute, d’attention intense vis-à-vis de Marie et de l’enfant Jésus qui lui a été confié. Cette modestie est une expression de la charité. La pudeur protège de la mainmise, de la prétention envahissante de tout savoir de l’autre, ou de tout dévoiler de soi-même. Elle est fille de l’obéissance. Elle atteste le primat de la grâce, et de la transcendance de Dieu. Elle est docilité face aux initiatives du Seigneur. La pudeur est l’humilité d’accepter que l’Esprit-Saint nous précède sur des chemins que nous n’avons pas balisés. En respectant le projet de Dieu à l’égard de Marie, jusqu’à consentir à se rétracter en toute discrétion (en la répudiant en secret), Joseph apporte un démenti à une virilité qui excluait la féminité, à une virilité masochiste, une volonté de puissance qui n’intègrerait pas la part de délicatesse et de fragilité que réclament son épouse et son enfant nouveau-né.

 

Toutes les formes de totalitarisme qui ont ensanglanté le 20ème siècle se sont nourries de l’exaltation de cette virilité dominatrice et destructrice qui conduit inexorablement à la déshumanisation parce qu’elle bannit la fragilité. Joseph nous parle de pudeur mais aussi de paternité. Les psychologues évoquent souvent la crise actuelle de la paternité. Lorsqu’on regarde l’évolution profonde de la société, on constate, non seulement un vieillissement considérable de la population européenne (dans 20 ans, 1 personne sur 3 aura plus de 50 ans), avec toutes les conséquences économiques et sociales que cette séniorisation implique, mais aussi, et paradoxalement, une puérilisation de l’homme contemporain. Dans un monde frappé par « l’éclipse de Dieu » (Benoît XVI), cette infantilisation se caractérise par l’illusion de la toute puissance, de la souveraineté de l’individu, et par la recherche de la satisfaction immédiate et narcissique des désirs. Il y a infantilisation, car la figure du père s’est éloignée. Le père s’est désengagé. Il est ailleurs. Il est quelquefois devenu le grand frère, le confident plus que le référent. Ou au contraire, son autorité a viré en autoritarisme. C’est le père cruel qui exerce la violence et la coercition, le père castrateur ou fouettard qui aliène et écrase. Cette crise de la paternité est sur un fond de montée en puissance du « maternage », de besoin de « cocooning », de relations chaudes et fusionnelles. En s’adossant sur la théorie du genre, de nombreuses études fleurissent des études sur le déclin de la masculinité. Je pense au livre d’Anne-Marie Slaughter, « La fin des hommes », ou à la thèse d’Hanna Rosin « Le temps des femmes », ou encore à l’émergence de la culture androgyne. Il y a déjà quelques années, le film « Trois hommes et un couffin », présente des pères qui câlinent, usurpant à la mère son rôle. Ces images détériorées de la paternité s’expliquent en partie par le brouillage des identités sexuelles. Elles sont porteuses de germes de violence, de névroses et de pathologies. Elles induisent l’homosexualité. Elles détériorent également l’image de Dieu qui est un Père.

 

Joseph de Nazareth nous invite à réhabiliter l’identité masculine du père. La maternité est un acte d’incarnation, la paternité est un acte d’adoption. La mère « connaît », c’est-à-dire, étymologiquement, c’est d’elle que l’enfant naît. Le père, lui, « reconnaît ». Le père bénit l’enfant. Il lui révèle et lui confirme son unicité, sa distinction. Car la vocation du père est de nommer, c’est-à-dire de donner une identité. Par l’imposition du nom de famille, il transmet l’héritage ; par la désignation du prénom, il signifie la singularité. La femme qui vit l’extraordinaire aventure de l’engendrement physique, porte en elle une certitude à laquelle le père n’aura jamais pleinement accès. Car toute maternité est à dominante d’intériorité. Elle est sécurisante et nourrissante. Quelque part, l’enfant gardera toujours la trace, parfois la nostalgie, des entrailles qui l’ont hébergé. Le père, lui, souligne la séparation. Le père engendre de l’extérieur. Sa mission, c’est d’initier son fils à la vie sociale par des apprentissages et par des rites. Initier implique d’inscrire l’enfant dans une lignée, une histoire, une antécédence. C’est pourquoi l’Evangile de Matthieu évoque la figure de Joseph à l’intérieur d’une généalogie. Tout autant qu’un espace d’expérience de l’altérité, la cellule familiale est un lieu de mémoire, une mémoire tellement indispensable dans un monde amnésique qui a perdu ses racines. Le drame du projet de loi actuel sur l’adoption d’enfants par des couples homosexuels est, non seulement de priver l’enfant de l’altérité sexuelle dissymétrique des parents, tellement nécessaire à sa construction psychique, mais aussi de l’amputer de l’accès à son origine, à la généalogie qui constitue son identité. Joseph assume pleinement cette diaconie de la transmission. Il apprendra à Jésus adolescent, le métier de charpentier. Il lui enseignera, comme à tout enfant juif, la Tora, la loi divine… Cette loi qui redit à l’homme sa limite, la frontière qui le sépare de Dieu et, en même temps, qui l’unit à autrui, cette loi qui rappelle à chacun les principes d’humanité et de sociabilité. En effet, la loi ordonne l’enfant à l’objectivité de la raison, à dépasser le sentiment, à s’exonérer du narcissisme et de la relation fusionnelle avec la mère. Comme tout père, la mission de Joseph sera de promouvoir l’envol de son enfant dans l’aventure de la vie afin qu’il devienne sujet de sa propre histoire, qu’il apprivoise sa singularité, qu’il s’ouvre à l’avenir et aux autres, à son destin d’homme. Et cet engendrement est douloureux, comme le rapporte la scène du recouvrement.

 

Le propre de la paternité est d’exercer l’autorité. Autorité au sens étymologique, c’est faire « grandir ». Cette fonction paternelle n’est pas innée. On nait d’abord fils, on devient père plus tard. Eduquer, ne serait-ce pas apprendre à un fils à être fils, afin qu’il ait des chances un jour, de devenir père ? On pourrait ainsi comprendre, au sens pédagogique, cette parole de Jésus : « Nul ne va au Père, si ce n’est par le Fils » (Jn 14,6). Trop d’exemples actuels témoignent que l’on peut entraver le lent travail d’élaboration psychologique et spirituel de la maturité d’un jeune. On peut voler à un jeune son enfance en le traitant trop tôt comme un adulte, en l’exemptant de la loi qui ordonne la raison en vue du bien commun, en renonçant à la discipline et à l’effort constructeur qui permet d’accéder au réalisme du quotidien et à l’altérité. Joseph a exercé sa tâche paternelle dans l’abnégation, à partir d’un double renoncement : en premier lieu, un renoncement à la paternité naturelle vis-à-vis de Jésus qui n’est pas engendré de sa chair ; en second lieu, un renoncement à l’union charnelle vis-à-vis de Marie, puisqu’elle a conçu sans lui, par l’opération du Saint Esprit. C’est à l’intérieur de ce double renoncement que Joseph devient le père nourricier du Fils du Père éternel. En Jésus, Dieu a voulu obéir à un homme. Jésus obéit à Joseph qui lui-même, obéit au Père. Joseph connaissait la supériorité de son inférieur. Et c’est à l’intérieur de cette connaissance que se niche sa profonde humilité. En lui conférant le nom de Jésus, comme le rapporte St Matthieu (première annonce de la Bonne Nouvelle) ; en faisant couler les premières gouttes de sang de Jésus lors de sa circoncision, en prélude à sa Passion ; en sauvant l’auteur du salut de la colère d’Hérode par la fuite en Egypte. Joseph initie providentiellement son fils adoptif à sa mission rédemptrice, à sa vocation sacrificielle et sacerdotale. Mais il exerce cette mission prophétique toujours à l’arrière scène en s’effaçant de plus en plus, comme à reculons, jusqu’à ce que le Christ prenne toute la place, jusqu’à ce que, comme le Baptiste, il disparaisse tout à fait de l’Evangile alors que Jésus entre dans son ministère public.

 

A ceux qui l’aiment, Dieu n’est pas simplement présent en eux. Il est encore « manifesté » à travers eux. Quelque chose de lui devient visible aux autres à partir de l’étincelle de son amour qui palpite dans le cœur de ses témoins. Ainsi Joseph, qui s’est approché si près de son Fils, réfracte jusqu’à nous la lumière de Jésus. En ce jour, la foi de Joseph nous parle de la pudeur de Dieu et de son infinie paternité.

 

+ Dominique Rey Sanctuaire du Bessillon à Cotignac, le 16 mars 2013

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