La spontanéité fait partie des grandes valeurs de la vie, qui vivifient le cœur de la personne, parce qu’elles le maintiennent ouvert et docile à la Vérité. Cela se voit clairement chez les enfants : qui, plus qu’eux, peut nous enseigner à être spontanés ? C’est là un don qui fleurit sur le terrain de la sincérité ! Des maîtres de l’esprit sont d’accord sur le fait que la spontanéité est la véritable essence de la prière, parce qu’elle est ce qui rend authentique la prière : libre des hypocrisies et de demi vérités - ou de demi mensonges -, elle nous présente à Dieu pour « L’adorer en esprit et en Vérité » (Jean 4, 23). Les dialogues entre les personnes suivent le même itinéraire ; si la spontanéité faisait défaut dans le dialogue, il n’y aurait pas un vrai partage de ce qui existe réellement au-dedans de nous. Sans la spontanéité dans la prière, il ne pourrait y avoir le « dialogue du cœur », la « prière du cœur » avec Dieu ; ce serait comme une journée sans soleil : grise !

 


 

 

La Vierge Marie nous montre, par son exemple éclairant, que la spontanéité est une constante de son Cœur Immaculé ; que l’on pense au moment où « elle se rendit en hâte chez Elizabeth », aussitôt après l’Annonciation (Luc 1, 39). Sur les ailes de la Charité et de la Vérité, que le Christ, son Fils, personnifie, la Sainte Vierge arrive chez Elizabeth et, au cours de cette rencontre, à l’enseigne de la spontanéité de son cœur rempli d’Amour de Dieu. C’est seulement aux âmes humbles que le Seigneur fait parvenir les dons les plus élevés et les plus consolants de Son Esprit : l’amour, la joie, la paix… C’est seulement aux cœurs qui deviennent comme ceux des enfants, que le Père confie le Royaume des Cieux. Le grand ennemi de la spontanéité est le calcul humain des « avantages/désavantages », qui s’accompagne du jugement mesquin et non pas de la sagesse du cœur. Pour goûter les dons de l’Esprit, il faut aussi mettre de côté tout calcul intéressé ; pour devenir amis de la spontanéité, le Seigneur et sa Mère viennent nous libérer des préjugés qui emprisonnent le cœur et le suffoquent. C’est seulement ainsi que nous serons plus humains, parce que vraiment libres. L’Evangile est une invitation continue à cette conversion du cœur, et encourage tous les fidèles au cantique de la spontanéité, typique des personnes simples et humbles ! Combien de professions de foi, inspirées par le Seigneur, sont nées dans un coeur simple : ouvert à la Vérité ! L’Evangile, dans son contenu et dans son style, nous révèle et nous donne la joie de la Bonne Nouvelle qui, spontanément, dilate le cœur sur les ailes de la charité et de la Vérité. L’évangéliste saint Luc, nous témoigne, lui aussi, de toutes ces réalités ; que l’on pense à l’Enfance de Jésus qui ouvre dans nos cœurs des panoramas d’une simplicité extraordinaire, comme précisément le récit de la Visitation. Les Pères ont témoigné, dès le début, que l’Esprit-Saint était l’Auteur principal de ces textes sacrés des Evangiles. Il s’est servi d’humbles serviteurs, qui étaient bien loin des calculs humains. C’est pourquoi une lecture de l’Evangile faite avec des préjugés, ne convient ni à la nature ni au contenu de l’Evangile, avec certains schémas préconçus, comme si ceux qui les ont écrits n’étaient pas poussés par l’Esprit-Saint, mais par des calculs hypothétiques pour rendre tout plus intéressant ! Jésus a dit que l’action de l’Esprit-Saint agit comme le vent : on entend sa voix, mais on ne sait d’où il vient et où il va (Jean 3, 8) ; il en ainsi de tous ceux qui se font disciples de cet Esprit à l’école de Jésus et de Marie : ils laissent tout - même si, comme cela se produit souvent, ce n’est pas tout de suite, mais un peu à chaque fois - pour suivre le Seigneur, en devenant toujours plus spontané, toujours plus ouvert, avec le cœur libre d’être transporté par Dieu là où Il veut.

 

Demandons avec insistance la grâce de la spontanéité, très menacée de nos jours par une culture de l’avantage, pour lequel le monde combat avec acharnement, en méprisant ceux qui, au contraire se font pauvres en esprit, véritablement les derniers, comme Jésus et Marie : « il renverse les puissants de leurs trônes et élève les humbles » (Luc 1, 52).

 

Fides




Depuis la restauration liturgique, le Subvenite est chanté à l'Absoute :

 

 

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"Douleur" (1898), d'Emile Friant, peintre de Lorraine

 

 

Subvenite, Sancti Dei, occurrite, Angeli Domini,

* Suscipientes animam eius, + Offerentes eam in conspectu Altissimi.

Venez, saints de Dieu, Accourez, anges du Seigneur,

Prenez son âme et présentez-la devant la face du très-haut.

 

V. Suscipiat te Christus, qui vocavit te, et in sinum Abrahae Angeli deducant te *.

V. Requiem aeternam dona ei, Domine : et lux perpetua luceat ei +.

V/. Que le Christ qui t'a appelé te reçoive, et que les anges te conduisent dans le sein d'Abraham.

V/. Donne-lui, Seigneur, le repos éternel, et que la lumière perpétuelle l'illumine.

 

 

La prière pour honorer les plaies du Sauveur a été composée en Chine et répandue dans les chrétientés de la région qu’évangélisait Jean-Martin Moye. Il la traduisit lui-même en français et l’utilisa à son retour en Lorraine. Elle témoigne de sa profonde piété envers le Seigneur souffrant. Il a existé au XIX e siècle des images saintes qui reproduisaient cette prière.

 

 

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Pénétrés d’amour et de reconnaissance, touchés de douleur et de componction nous adorons, nous baisons avec respect, et nous invoquons avec confiance vos plaies sacrées, ô divin Sauveur. Nous vous conjurons par ces plaies adorables de guérir toutes les blessures de notre âme. Gravez, Seigneur, gravez profondément dans nos cœurs ces divines plaies avec le souvenir continuel de votre douloureuse passion.

 

Nous adorons la plaie de votre main droite, désirant et demandant que votre main droite nous bénisse, nous et nos intentions, nos paroles et nos actions, qu’elle nous aide à faire le bien et à empêcher le mal. Je remets, Seigneur, avec confiance mon corps et mon âme, ma vie et ma mort, mon sort éternel et temporel, mes desseins et mes entreprises entre vos mains. Je mets dans votre main droite mes parents, mes amis, mes bienfaiteurs, et tous vos élus, afin que ni le démon ni le monde ni la chair ne puissent les ravir de votre main. Seigneur, ayez pitié de nous, nous vous en conjurons par la plaie de votre main droite. Notre Père...

 

Nous adorons la plaie de votre main gauche, et nous vous prions de bénir notre silence, notre repos, et nos affections. Nous recommandons à la même plaie de votre main gauche les pécheurs et nos ennemis, que nous aimons parce que Jésus-Christ a aimé les siens. Nous vous recommandons les méchants, les impies, les libertins de nos jours. Nous vous conjurons d’étendre votre main toute-puissante contre tous les ennemis de l’Église, pour réprimer leur méchanceté et tous leurs mauvais desseins. Tournez, Seigneur, par votre sagesse et votre grâce triomphante leur haine en charité, leur malice en bonté, leurs malédictions en bénédictions, leur guerre en paix, leur terreur en sécurité, leurs obstacles en moyens. Arrachez-les d’entre les mains du démon, faites qu’ils retournent à vous par une sincère conversion. Seigneur, ayez pitié de nous, etc.

 

Nous adorons la plaie de votre pied droit. Nous vous prions par la vertu de cette plaie de diriger nos pas et nos démarches dans la voie du salut, et nous vous conjurons par la douleur que vous avez soufferte dans cette plaie d’avoir pitié des âmes souffrantes, des pauvres et des malades, des agonisants, des captifs et des prisonniers, des voyageurs et des âmes du Purgatoire. Seigneur, ayez pitié de nous, nous vous en conjurons.

 

Nous adorons la plaie de votre sacré côté, et nous vous prions de répandre sur nous par l’ouverture de cette plaie les entrailles de votre miséricorde. Nous vous supplions de guérir nos cœurs par la plaie de votre Sacré-Cœur, et de laver les souillures de nos âmes dans le sang et l’eau qui sont sortis de votre sacré côté, et comme c’est par la vertu de cette eau et de ce sang que l’Église a été formée ainsi qu’Ève de la côte d’Adam, nous vous conjurons par les amertumes que vous avez ressenties dans votre Sacré-Cœur et par votre côté percé d’une lance d’avoir pitié de votre Église, que vous vous êtes acquise au prix de votre Sang. Purifiez-la, santifiez-la, unissez-la, gouvernez-la, conservez-la pure et sainte et sans tache, exaltez-la et faites-la triompher de toutes les erreurs et des ennemis qui l’attaquent, et faites régner dans votre Église l’union, la charité, la concorde, l’humilité, la chasteté, et toutes les vertus chrétiennes. Seigneur ayez pitié de nous, nous vous en conjurons par la plaie de votre sacré côté.

 

Enfin, mon Dieu, nous recourons à vos cinq plaies comme à un refuge et un asile assuré dans tous nos maux et nos tentations et comme à une source intarissable de bénédictions. Montrez-nous vos plaies comme vous les avez fait voir à vos disciples après votre Résurrection. Faites qu’elles soient toujours ouvertes pour nous, qu’il en découle continuellement sur nous et sur tous les peuples de l’univers un fleuve de paix et de justice, un torrent de lumière, de grâce, et de vertu. Nous adorons enfin toutes les autres plaies dont votre Cœur adorable et vos membres sacrés ont été meurtris dans votre sanglante flagellation et dans tout le cours de votre Passion ; et nous vous supplions de nous en appliquer tous les mérites.

Parmi les épisodes que nous méditerons, durant les jours de la Passion du Seigneur, il y a celui du sommeil des trois Apôtres, Pierre, Jacques et Jean, au Jardin des Oliviers, alors que Jésus souffre une agonie des plus terribles. Le Seigneur leur avait demandé de « veiller », de lui faire compagnie, mais en vain. Ils étaient tombés dans un profond sommeil, comme cela arrive quand les instincts de la « chair » ont le dessus sur les désirs de « l’esprit ». Jésus ne leur fait pas de reproches, quand il les rappelle à la réalité ; en réveillant Pierre, il fait seulement une constatation concernant ce sommeil : « Simon, tu dors ? Tu n’as pu veiller une heure seulement ? Veillez et priez pour ne pas entrer en tentation ; l’esprit est prompt mais la chair est faible » (Marc 14, 37b-38).

 
 
 
 
« Veillez » ! Il ne suffit pas de prier, il faut veiller sur soi-même, sur ses propres pensées, sur ses propres émotions, sur ses propres humeurs, sur ses propres désirs, parce que les hommes sont toujours prêts à « descendre » du plan spirituel au plan purement matériel, en faisant « glisser » le disciple du Christ dans des attitudes « terre à terre » qui ont bien peu à voir avec « l’esprit », ou mieux encore, qui n’ont rien à faire avec lui. On ne peut trop se fier à son propre cœur de chair, parce que, comme le déclare la Sainte Ecriture, « il est difficilement guérissable » (Jérémie 17, 9). Il faut maintenir, sans cesse, le difficile équilibre entre l’esprit et la manière, entre l’âme et le corps, entre les exigences de l’une et de l’autre, en donnant toujours la préséance à l’esprit, parce que, comme le dit Jésus, « la chair est faible » et, si elle n’est pas soumise à l’esprit, elle entraîne vers la terre ! Le disciple doit marcher en regardant vers le Seigneur, pour ne pas se replier vers le bas, prisonnier de ses propres instincts, comme ceux qui se refusent de lever la tête pour s’émerveiller du bleu du ciel, pour respirer le parfum de la Pâque. Le chrétien doit faire un exode continu de soi-même pour se conformer à Son Rédempteur, en L’imitant. Dans l’un de ses admirables commentaires sur la Passion du Christ, le Pape Saint Léon le Grand déclarait : « Le peuple chrétien est invité aux richesses du Paradis. Pour tous les baptisés, s’ouvre le passage pour le retour à la patrie perdue, à moins que quelqu’un ne veuille se barrer lui-même cette voie, qui ouvre pourtant à la foi du Larron. Tâchons que les activités de la vie présente ne créent pas en nous ou trop d’anxiété, ou trop de présomption, au point d’annuler l’engagement de nous conformer à notre Rédempteur, dans l’imitation de ses exemples. Il ne fit rien et il ne souffrit rien en effet si ce n’est pour notre salut, pour que la vertu, qui était dans le Chef, soit possédée aussi par le Corps… ».
 
 
Les Apôtres, comme nous, se précipitent « vers le bas » parce qu’ils ne sont pas vigilants, qu’ils se laissent dominer par les instincts de « survie », face à ce qui, humainement parlant, était un malheur : La Passion ! Un malheur, oui, mais relatif ; en effet, elle était le prélude à un triomphe absolu, lui aussi annoncé d’avance par Jésus ; le triomphe de la Résurrection ; « Le Fils de l’Homme va être remis entre les mains des hommes, et ils mettront à mort ; mais, une fois mort, il ressuscitera trois jours plus tard » (Marc 9, 31). La raison de la crise de la foi qui traverse le monde chrétien, est celle de toujours : le manque de vie intérieure, c’est-à-dire d’une vie spirituelle dans laquelle le caractère matériel de l’existence humaine est soumis à la nette supériorité de l’Esprit. Combien de fois le Seigneur l’avait recommandé à ses disciples : « Mon Royaume n’est pas de ce monde » (Jean 18, 36) ; « Vous n’êtes pas de ce monde » (Jean 15, 19). Le Royaume de Dieu ne peut tirer sa force de ce qui est terrestre, parce qu’il est éminemment spirituel. Que de fois le Seigneur avait rappelé la supériorité de l’âme sur le corps, de l’esprit sur le monde : « A quoi cela sert-il en effet à l’homme de gagner le monde entier, s’il en vient à perdre sa propre âme ? » (Marc 8, 36). Rester vigilants veut dire maintenir la priorité absolue de la relation de l’âme avec Dieu, parce que « Dieu est Esprit » (Jean 4, 24), il n’est pas matière ! « Dieu s’est fait homme comme nous, pour nous faire devenir comme Lui », si nous le voulons, si nous accueillons ses Commandements : « Je vous ai dit cela pour que ma joie soit en vous, et que votre joie soit complète » (Jean 15, 11). Jésus parle d’une joie spirituelle, qui pénètre l’âme et la remplit de sens, une joie que les sens de la chair, appesantis par le péché, ne sont pas capables de comprendre ni même de percevoir ; voilà pourquoi il faut les renier, en les soumettant à l’Esprit.
 

Notre Saint-Père, le Pape Benoît XVI a mis en garde récemment contre la menace de la « sécularisation », même au sein de l’Eglise : « Cette sécularisation n’est pas seulement une menace extérieure pour les croyants, mais elle se manifeste déjà depuis longtemps au sein de l’Eglise elle-même. Elle dénature de l’intérieur et en profondeur la foi chrétienne, et, en conséquence, le style de vie et le comportement quotidien des croyants. Ils vivent dans le monde et sont souvent marqués, voire même conditionnés par la culture de l’image qui impose des modèles et des impulsions contradictoires, dans la négation pratique de Dieu : Il n’y a plus besoin de Dieu, de penser à Lui, et de retourner à Lui. En outre, la mentalité hédoniste et la mentalité de consommation prédominante, favorise, chez les fidèles mais aussi chez les pasteurs, une dérive vers une superficialité et un égocentrisme qui nuit à la vie ecclésiale » (Benoît XVI, Discours à la Plénière du Conseil Pontifical pour la culture, 8 mars 2008). On s’endort, au lieu de faire compagnie à Jésus, quand on se laisse conditionner par le monde, en mettant en lui le bonheur, au dépens de l’esprit, comme le dit Saint Paul : « Le désir de la chair, c’est la mort, tandis que le désir de l’esprit, c’est la vie et la paix… Ceux qui sont dans la chair ne peuvent plaire à Dieu. Vous, vous n’êtes pas dans la chair mais dans l’esprit, puisque l’Esprit de Dieu habite en vous » (Romains 8, 6-9, pss.). La Passion de Notre Seigneur serait vaine si nous ne nous décidions pas de vivre « selon l’Esprit ». Puisse la Mère de Dieu avoir la joie, lors de la Pâque qui est proche, d’accompagner vers le Seigneur de nombreux disciples qui se sont convertis à Lui !
 

« Je suis Patrick, pécheur, très peu instruit, le moindre de tous les fidèles et extrêmement méprisé par beaucoup. » C’est ainsi que le Patron d’Irlande commence sa confession. Chaque année, le 17 mars, des milliers d’Irlandais de part le monde fêtent le saint qui évangélisa leur pays au Ve siècle : « Et j'allais par la Force de Dieu qui dirigeait bien ma voie. »

 

 

 

Saint Patrick naquit probablement dans l’actuel Pays de Galles. On croit qu'il était le neveu de Saint Martin de Tours, du côté maternel. Quoi qu'il en soit, ses parents l'élevèrent dans une haute piété. Il avait seize ans, quand il fut enlevé par des pirates et conduit providentiellement dans le pays dont il devait être l'apôtre. Patrick profita des cinq ou six ans de sa dure captivité pour apprendre la langue et les usages de l'Irlande, tout en gardant des troupeaux. Un jour qu'il vaquait à ses occupations ordinaires, un ange lui apparut sous la forme d'un jeune homme, lui ordonnant de creuser la terre, et le jeune esclave y trouva l'argent nécessaire au rachat de sa liberté. Il passa alors en France sur un navire et se rendit au monastère de Marmoutier (ou de Saint-Honorat selon certaines sources), où il se prépara, par l'étude, la mortification et la prière, à la mission d'évangéliser l'Irlande. Quelques années plus tard, il alla, en effet, se mettre, dans ce but, à la disposition du Pape, qui l'ordonna évêque et l'envoya dans l'île que son zèle allait bientôt transformer. Il y débarque en 432 et multiplie prédications et conversions dans une population dont, par force, il connaît bien les coutumes et la langue. Au Rock de Cashel, lors d'un sermon demeuré célèbre, il montra une feuille de trèfle : voilà la figure de la Sainte Trinité. [NDLR : image traditionnelle pour faire comprendre le mystère de la Sainte Trinité mais il faut noter que c'est "théologiquement" faux car les trois personnes (Fils, Père, et Saint-Esprit) sont INDEPENDANTES les unes des autres. Telle est le mystère incompréhensible de la Sainte Trinité, trois personnes bien distinctes mais qui forment en réalité un Dieu Unique]. Les figures de triades étaient familières à la religion celtique : le trèfle deviendra le symbole de l'Irlande. On pense que la plupart des druides devinrent moines, adoptant la religion chrétienne présentée avec tant de finesse et de conviction. Son apostolat fut une suite de merveilles. Le roi lutte en vain contre les progrès de l'Évangile. S'il lève son épée pour fendre la tête du Saint, sa main demeure paralysée. S'il envoie des émissaires pour l'assassiner dans ses courses apostoliques, Dieu le rend invisible, et il échappe à la mort. Si on présente à Patrick une coupe empoisonnée, il la brise par le signe de la Croix.

 

La foi se répandait comme une flamme rapide dans ce pays, qui mérita plus tard d'être appelée l'île des saints. Patrick avait peu d'auxiliaires, il était l'âme de tout ce grand mouvement chrétien. Il baptisait les convertis, guérissait les malades, prêchait sans cesse, visitait les rois pour les rendre favorables à son œuvre, ne reculant devant aucune fatigue ni aucun péril. La prière était sa force. Il y passait les nuits comme les jours. Dans la première partie de la nuit, il récitait cent psaumes et faisait en même temps deux cents génuflexions. Dans la seconde partie de la nuit, il se plongeait dans l'eau glacée, le cœur, les yeux, les mains tournées vers le Ciel, jusqu'à ce qu'il eût fini les cinquante derniers psaumes. Il ne donnait au sommeil qu'un temps très court, étendu sur le rocher, avec une pierre pour oreiller, et couvert d'un cilice, pour macérer sa chair même en dormant. Est-il étonnant qu'au nom de la Sainte Trinité , il ait ressuscité trente-trois morts et fait tant d'autres prodiges ? Il mourut plus que nonagénaire, à Armagh, les 17 mars 461, malgré ses effrayantes pénitences.

R. Notre Dame, Mont-joie ! (bis),

Mont-joie ! (bis)

 

 

1. Calvaire saint, croix du chemin,


Que le cri des scouts de France


Tende vers toi nos cœurs chrétiens;


Vers toi, l’unique espérance.

 

2. Vallon riant, lointain fuyant,


Que le cri des scouts de France


Porte aux échos, lance à tous vents


Notre appel à la vaillance.

« Venez, gravissons ensemble le mont des Oliviers ; allons à la rencontre du Christ. Il revient aujourd'hui de Béthanie et Il s'avance de son plein gré vers sa sainte et bienheureuse passion, afin de mener à son terme le mystère de notre salut. Il vient donc, faisant route vers Jérusalem, Lui qui est venu du ciel pour nous, alors que nous gisions au plus bas, afin de nous élever avec Lui, comme le dit l'Écriture, « au-dessus de toutes les puissances et de tous les êtres qui nous dominent, quel que soit leur nom » (Ephésiens 1, 21). Mais Il vient sans ostentation et sans faste. Car, dit le prophète, « Il ne protestera pas, Il ne criera pas, on n'entendra pas sa voix » (Isaïe 42, 2). Il sera doux et humble, Il fera son entrée modestement... Alors, courons avec Lui qui se hâte vers sa passion ; imitons ceux qui allèrent au-devant de Lui. Non pas pour étendre sur son chemin, comme eux ils l'ont fait, des rameaux d'olivier, des vêtements ou des palmes. C'est nous-mêmes qu'il faut abaisser devant Lui, autant que nous le pouvons, par l'humilité du cœur et la droiture de l'esprit, afin d'accueillir le Verbe qui vient (Jean 1, 9), afin que Dieu trouve place en nous, Lui que rien ne peut contenir. Car Il se réjouit de se montrer à nous ainsi dans toute sa douceur, Lui qui est doux, « Lui qui monte au-dessus du couchant » (Isaïe 14, 14), c'est-à-dire au-dessus de notre condition dégradée. Il est venu pour devenir notre compagnon, nous élever et nous ramener vers Lui par la parole qui nous unit à Dieu ».
 
Homélie pour le Dimanche des Rameaux PG 97, 989-999 - Saint André de Crète (660-740), moine et évêque de l'île de Lesbos

Au moment du Concile, les fidèles pratiquants ne connaissent que la messe que l’on désignera par la suite sous le nom de « Messe de S. Pie V ». A ce moment-là personne n’imagine que cette messe pourrait un jour changer : pour le « fidèle de la base », la façon de célébrer l’Eucharistie semble tout aussi intangible que la Bible elle-même. L’Ecriture Sainte est sacrée ; la liturgie de la Messe l’est aussi. Au point que beaucoup imaginent que les rites qu’ils voient faire le dimanche à l’église n’ont pour ainsi dire jamais variés au cours des siècles. Puis vient le Concile Vatican II. Rares sont ceux qui se précipitent sur les textes conciliaires pour les étudier et encore plus rares sont les prêtres ayant le souci de les porter à la connaissance des fidèles. Par contre, dans bien des paroisses, on s’emploie à bousculer sans vergogne toutes les habitudes liturgiques : c’est donc d’une façon quelque peu abrupte que ce qui est abusivement présenté comme la « restauration liturgique conciliaire » va entrer dans bien des paroisses. 

 

 

 

 

pierre-debray.jpgDans un premier temps, rien de vraiment choquant : on observe les nouveautés introduites dans les messes. Cependant, très vite la généralisation de chants que personne ne connaît va être suivie d’innovations dans la façon de célébrer qui semblent procéder d’une désacralisation orchestrée. Dans le même temps, les célébrants donnent l’impression d’être investis d’un nouveau pouvoir : celui de tout modifier et de tout imposer. Des changements sont alors introduits tambour battant dans une euphorie générale que traduisent certaines déclarations épiscopales de l’époque : « avant », tout était sclérosé ; « maintenant », tout va devenir vivant. On annonce que des fidèles enthousiastes vont emplir les églises et que la pratique dominicale deviendra un motif de joie partagée. Or les modifications introduites dans la liturgie et imposées manu militari vont avoir pour résultat de donner progressivement à certains fidèles l’impression que la messe est désormais livrée aux mains d’iconoclastes : le recueillement, la stabilité des rites et le sérieux des célébrations sont remplacés par de l’agitation, de l’aléatoire, de l’amusement, de l’innovation permanente. Et l’ambiance générale de la liturgie se délite sous le regard des fidèles impuissants. Certains se posent alors quelques questions : toutes ces nouveautés qu’on introduit dans la liturgie par voie d’autorité « cléricale » ont-elles un sens ? Un but ? Si oui, lequel ? Beaucoup admettent sans difficultés que certains « ajustements » dans la liturgie étaient devenus nécessaires ; mais faut-il pour autant aller jusqu’à supprimer des expressions du sacré qui étaient devenues au cours des siècles comme le patrimoine du fidèle catholique ? Beaucoup remarquent aussi que partout les messes sont victimes de la même maladie du changement ; il apparaît alors que des ordres qui ne correspondent pas à ce que le Concile enseigne viennent de groupes qui souhaitent donner à la liturgie un visage nouveau et une signification nouvelle. Or, ce qui se fait dans toutes les paroisses « au nom du Concile » ressemble plutôt à du bricolage qu’à la mise en place d’un programme mûrement réfléchi. Parallèlement des fidèles constatent que le sentiment d’écœurement qu’ils éprouvent à l’encontre des célébrations new look qu’imposent des curés tyranniques - et surtout des jeunes vicaires - est partagé par d’autres puisque, de dimanche en dimanche, dans les églises paroissiales, les assemblées deviennent de plus en plus clairsemées. Il faut donc se rendre à l’évidence : la même Constitution conciliaire sur la liturgie et le même Missel romain restauré à la suite de Vatican II donnent lieu, en fonction du célébrant, à des interprétations diverses d’une paroisse à l’autre. Ici, on continue à célébrer en latin et à chanter en grégorien, on utilise l’encens et les ornements liturgiques... Là on supprime allègrement (on interdit même !) ces éléments qui confèrent au rite romain sa dignité et sa spécificité. Ici on conserve ce que l’Eglise demande de conserver ; là on brade. Une conclusion s’impose : au sein de l’Eglise, certains, se couvrant de l’autorité d’un Concile dont ils n’ont sûrement jamais étudié une ligne, agissent pour ruiner la liturgie romaine et égarer les fidèles. 

 

Certes, la Constitution sur la liturgie peut donner lieu à des interprétations diverses liées aux situations particulières rencontrées par l’Eglise à travers le monde. Mais ne revient-il pas aux pasteurs diocésains en premier lieu d’indiquer clairement aux prêtres et aux fidèles laïcs quelle est la « bonne » façon d’interpréter et d’appliquer les directives conciliaires ? Or, c’est un grand silence. Le Missel romain restauré précise lui-même de la façon la plus claire comment doit être célébrée l’Eucharistie dans des conditions « normales » : tout un chapitre détaille même la « forme typique » de la liturgie. Or cette forme ne sera jamais respectée dans les paroisses : elle ne sera même jamais voulue par les évêques. A cette époque où tant de nouveautés non désirées par le Concile sont introduites dans la liturgie, un rassemblement a lieu à Strasbourg : celui des « Silencieux de l’Eglise », mené par Pierre Debray (15.000 adhérents). De façon pacifique et dans un esprit de pleine fidélité à l’Eglise, de nombreuses voix autorisées s’élèvent pour déplorer la façon erronée avec laquelle la liturgie conciliaire est mise en œuvre et pour demander que soit respecté le missel romain promulgué par Paul VI. Dans un élan identique, des associations de fidèles voient le jour. Parmi elles, « Una Voce », dont le but originel est d’œuvrer pour la sauvegarde et le développement de la liturgie latine, du chant grégorien et de l’art sacré. Remarquons bien qu’il n’est alors guère question de revenir à la forme de la liturgie romaine en usage avant Vatican II ; ce que les fidèles désirent, c’est simplement que soit mis un terme aux déviations et à la désacralisation orchestrées qui portent atteinte à l’intégrité de la liturgie ; ce que les fidèles demandent, c’est que les évêques prennent leurs responsabilités et assurent véritablement leur mission de « gardiens et de promoteurs » de la liturgie. Or, les doléances ne seront jamais entendues, et aux justes aspirations des fidèles il ne sera répondu - quand réponse il y a - que de façons dilatoires ou parfois même insultantes.

 

Pendant ce temps-là, dans les séminaires diocésains où, selon le Concile, l’enseignement de la liturgie devrait être une priorité, la crise prend une dimension considérable avec le soutien des Supérieurs et dans le silence complice des évêques. Dans un livre intitulé « La blessure », le Docteur Jean-Pierre Dickès a parfaitement relaté ce qui se faisait dans le séminaire d’Issy-les-Moulineaux. Malheureusement, il ne s’agissait pas d’un cas isolé : ce qui était vécu à Issy l’était aussi dans la quasi totalité des grands séminaires de France (exemple au séminaire de Lille en 1972). Dans l’immédiat après-concile, les séminaires deviennent rapidement les principaux centres à partir desquels s’organise, officieusement ou officiellement, la désagrégation de la liturgie romaine. L’ancien rite (dit « de S. Pie V ») y est interdit... tout comme le rite romain restauré, d’ailleurs. Car désormais, il est expressément demandé aux séminaristes de se constituer en « équipes » chargées à tour de rôle de « préparer » la Messe, c’est à dire, en réalité, d’introduire des nouveaux chants à coloration socio-politique, d’inventer de nouvelles oraisons, de composer des Prières eucharistiques... Et le séminariste assez naïf pour oser souhaiter que la Messe soit célébrée comme elle doit l’être, est aussitôt accusé de ne pas avoir « l’esprit assez ouvert », d’être « rétrograde » et, pour tout dire, d’être « intégriste ». Or, quand ce dernier mot est lâché, le séminariste en question n’a plus qu’une solution : quitter le séminaire pour ne pas perdre sa foi et sa santé. Il a compris que, désormais, les ordinations lui seront refusées. C’est en agissant ainsi que, dans les paroisses et les séminaires, de nombreux prêtres nommés à des postes-clés par les évêques font grossir, dans les années 70, les rangs des déçus de Vatican II. Il est douloureux de constater qu’à cette époque, aucune voix épiscopale ne s’élève pour dénoncer officiellement un processus conduisant à ce que Paul VI appellera « l’autodémolition de l’Eglise » (Discours du 11 septembre 1974). On dit aujourd’hui que les évêques ne pouvaient pas parler parce qu’ils étaient tenus par des structures diocésaines très puissantes. Il est vrai que leur situation était difficile dans l’immédiat après-concile ; mais, moyennant une dose de courage, ils auraient pu et auraient dû non seulement parler, mais aussi agir pour juguler une crise naissante. Agir en ne nommant pas systématiquement aux postes importants des diocèses des prêtres réputés pour être les plus « progressistes » et les plus « anti-romains » du clergé local. Agir pour soutenir les fidèles qui, eux, avaient le courage de parler pour dénoncer les abus liturgiques et catéchétiques dont ils étaient les témoins et les victimes. Agir pour répondre aux légitimes aspirations de tant de pratiquants qui, se sentant désavoués par leurs pasteurs, quittaient les églises sur la pointe des pieds.

 

Après Vatican II, de nombreux fidèles n’ont donc pas refusé la liturgie romaine restaurée : ils ont uniquement refusé la généralisation de célébrations désarticulées et désacralisées qui se faisaient « au nom du Concile » mais qui n’étaient en réalité que des falsifications de la liturgie définie dans le Missel romain révisé. C’est parce qu’il était ouvertement opposé à cet effondrement liturgique - accompagné en bien des cas d’un effondrement doctrinal - que Mgr Marcel Lefebvre a pu apparaître aux yeux de certains fidèles comme le seul évêque capable de résister contre ce qui ressemblait de plus en plus à une dévastation orchestrée par certains hauts responsables dans l’Eglise. Il est cependant permis de penser que son combat, pleinement justifié à l’époque, a rapidement pris une mauvaise direction : la grande erreur du chef de file des « traditionalistes » aura été de conduire les fidèles à trouver refuge dans un courant voulant se développer en marge de l’Eglise et dans lequel certains ne cesseront de répéter que Vatican II est inconciliable avec l’authentique Tradition sur laquelle est fondée l’Eglise catholique. Dans ce courant qui s’est progressivement marginalisé en se présentant comme seul capable de remettre l’Eglise romaine sur les rails de la vraie foi catholique, l’attachement à la liturgie « tridentine » va devenir le symbole du refus d’un Concile - Vatican II - présenté comme responsable de tous les maux. Et ce refus du Concile reviendra progressivement à mettre aussi en cause l’autorité des Pontifes romains.

 

Pro Liturgia – Photo : Pierre Debray, fondateur des « silencieux de l’Eglise »

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