I- Qu’elles ne se proposent, dans la parure, que des fins honnêtes et légitimes, qui puissent rendre l’action, non seulement permise, mais même méritoire de la vie éternelle, et jamais des vues mondaines et de vanité, comme attirer les regards d’autrui, humilier les autres, les surpasser, les éclipser.

 

II- Qu’elles aient dans leur habillement un soin extrême de la modestie et de la décence, ornement principale de la femme catholique et qu’elles ne se permettent jamais, pour n’importe quel motif, soit l’exemple des unes, l’habitude des autres ou la coutume universelle, d’admettre dans leur vêtement la moindre chose qui s’oppose à ces vertus, se souvenant toujours que c’est à Dieu et non pas au monde qu’elles auront à rendre compte de leurs actions.

 

III- Qu’elles gardent aussi la simplicité, ayant en horreur les excès de luxe et qu’elles se contentent de s’habiller en rapport avec la condition d’existence où Dieu les a placées sans chercher de prétexte pour abonder en pompes inutiles.

 

IV- Quant elles vont à l’église, et surtout quand elles s’approchent des sacrements, qu’elles s’habillent sans recherche, sachant que, dans la maison de Dieu, toute pompe mondaine est défendue.

 

V- Qu’elles fixent, chaque année, sans jamais la dépasser, la somme à laquelle elles se restreignent pour les frais de toilette, conformément à leur condition et leurs moyens pécuniers.

 

VI- Qu’elles n’oublient pas l’obligation, imposée par l’Evangile, concernant l’aumône, et qu’elles s’évertuent à avoir ce superflu, qui appartient aux pauvres, en supprimant quelque objet de luxe.

 

VII- Qu’elles ne contractent jamais des dettes pour la toilette, mais qu’elles fassent et qu’elles gardent avec énergie le ferme propose de payer ponctuellement leur comptes.

 

VIII- Qu’elles travaillent de toute leur force, par de douces insinuations et surtout par l’exemple, afin que ces règles soient observées.

 

 

Que toutes les femmes catholiques se souviennent qu’elles ne pourront vivre selon la maxime du saint Evangile, ni se conformer aux intentions paternelles des saints-pères Pie IX et Léon XIII sans prendre pour base l’accomplissement assidu des devoirs religieux ; que chacune donc, en particulier, fasse usage des pratiques quotidiennes suivantes : 1) la sainte messe ; 2) la méditation ; 3) l’examen de conscience ; 4) la visite au très Saint-Sacrement ; 5) le chapelet en famille ; 6) la lecture spirituelle ; 7) la fréquentation des sacrements.

 

Aussi fortifiées par la toute-puissante grâce divine, obtenue au moyen de la prière, qu’elles s’appliquent soigneusement à s’assurer à elles-mêmes le salut éternel, et coopèrent à celui d’autrui, prenant pour modèle la femme forte dépeinte dans les saintes écritures, afin de se rendre forte contre les séduisants attraits du luxe, cette grande plaie de la société ; fortes contre la terrible tyrannie du respect humain.

 

Rome, au Vicariat, le 1er juillet 1878

R. Marie, Mère de Dieu

Marie, mère du Christ

Marie, mère des hommes

Reine de l'univers

 

1. Dieu s'est penché sur toi

Ô Marie humble servante,

Réjouis-toi, Vierge choisie.

 

2. Par toi le Verbe a pris chair,

Ô Marie comblée de grâce

Réjouis-toi Vierge bénie.

 

3. L'Esprit Saint te conduit,

Ô Marie, toute te vis,

Réjouis-toi, Vierge très sainte.

 

4. Tu médites en ton cœur

La Parole que Dieu nous donne

Heureuse es-tu toi qui a cru.

 

© Communauté de l’Emmanuel

Si notre bonheur dépendait seulement des créatures ou des choses créées, il tomberait inévitablement dans la relativité et même dans le désespoir. L’homme vit souvent de souvenirs beaux, mais brisés par le temps et d’espérances d’un avenir meilleur qui ne réalise jamais comme on le désire, et qui, souvent, au contraire, se change en un présent chargé de tristesse nostalgique, parce que l’on ne parvient jamais à atteindre ce bien immense qui s’appelle… Bonheur !

 
 
 
Quand le Seigneur Jésus parle dans l’Evangile de Sa Joie, de Son Amour et de Sa Paix, il nous révèle le secret du bonheur, qui consiste à posséder les biens éternels, qui durent dans le temps, parce qu’ils sont donnés par Lui. Ces dons impérissables, nous devrions les écrire avec les lettres majuscules pour les distinguer des biens terrestres qui, en revanche, passent et touchent à leur fin. La Joie, l’Amour et la Paix sont des biens immuables parce qu’ils proviennent du Seigneur de la Vie, qui est l’Alpha et l’Oméga, c’est-à-dire le Principe et l’Accomplissement de l’existence de toute créature et de la création tout entière. « Jésus-Christ est le même, hier, aujourd’hui et toujours » (Hébreux, 13, 8), et Lui seulement, le Fils de Dieu descendu du Ciel, peut donner à l’homme les biens éternels, comme il l’a révélé à ses apôtres avant de retourner à la Maison du Père : « Je vous laisse la paix, je vous donne ma paix. Je ne vous la donne pas comme le monde la donne » (Jean 14, 27), « Je vous ai dit cela pour que ma joie soit en vous, et que votre joie soit parfaite » (Jean 15, 11). Les créatures humaines, précisément parce qu’elles sont créées à l’image et à la ressemblance de Dieu qui est éternel, sont assoiffées de biens durables : de joies et d’amours qui ne finissent pas, d’espaces infinis et d’instant illimités. Le plus grand malheur qui puisse arriver à l’homme, c’est de chercher ces biens parmi les choses d’ici-bas, parmi les amours de ce monde qui, pour beaux et grands qu’ils puissent être, restent toujours comme une goutte par rapport à l’océan sans limites de l’Amour de Dieu, qui fait vivre dans Sa gloire et dans son bonheur céleste les anges et les bienheureux du Paradis. Si nous ne nous convertissons pas au Seigneur qui rend les saints heureux, nous ne réussirons pas à nous libérer de notre homme extérieur en faveur de notre homme intérieur, notre « vue » intérieure ne se développera pas et restera aveuglée par l’apparence, notre « ouïe » intérieure sera abasourdie par les rumeurs du monde et sourde aux choses de Dieu. « Tu nous a créés pour toi, Seigneur, et notre cœur est inquiet, tant qu’il ne repose pas en toi » (Saint Augustin). Dieu a laissé l’empreinte de son existence, de son amour infini et éternel, dans la soif insatiable de bonheur qui se trouve dans notre cœur. Mais pour reconnaître Dieu, nous avons besoin de rencontrer Jésus qui nous révèle le véritable Visage du Père, qui est la Vérité de nos soupirs et de nos désirs les plus profonds de Vie et de Joie sans fin. Personne ne peut aimer la mort, ayant été créé pour la vie éternelle. Personne n’aime la tristesse parce qu’il est créé pour la joie éternelle. Personne n’aime le néant, parce qu’il est créé pour l’être ! Seule la grâce du Christ peut restaurer dans l’homme l’ordre originel voulu par Dieu, les hiérarchies des valeurs et des dons, bouleversés par le péché. C’est le péché qui est le véritable ennemi de l’homme. Il se présente comme une « lave » qui se dégage du cœur de l’homme qui, parce qu’il a cédé aux passions, devient un « volcan » en éruption ; une « lave » qui partout où elle s’écoule apporte la mort : « Car c’est du dedans du cœur des hommes que sortent les desseins pervers : débauches, vols, meurtres, adultères, cupidités, méchancetés, ruse, impudicité, envie, diffamation, orgueil, déraison » (Marc 7, 21-23). Seul le Seigneur Jésus à le pouvoir d’arrêter cette « lave », de détruire le péché qui oriente l’homme vers la terre et le détache du Ciel. Voilà pourquoi les enfants, dans la candeur de leur âge et sans la malice du péché, perçoivent la fascination de Jésus quand on Le leur annonce ; aucun d’eux ne se fait ennemi de Dieu en choisissant ce qui est immonde, parce que leur cœur est libre des passions et désire le bien. Combien d’hommes, malheureusement, s’obstinent à affirmer que le péché n’existe pas, ne fait pas de mal, est un incident inévitable de parcours… Cette manière de penser permet à la « lave » de continuer à couler dans la vallée, en rendant l’existence humaine plus pesante. Si, dans le cœur du chrétien, s’affaiblit le désir de la confession sacramentelle, la cendre du péché le met lui aussi dans le brouillard, et le regard de son âme devient opaque. De la sorte, il ne voit plus le contraste énorme qui existe entre le « blanc » d’une vie vécue dans la grâce de Dieu, et le « noir » d’une vie vécue dans le péché qui n’a pas été remis. Il entrevoit une grisaille qui l’entoure, qui semble inoffensive mais est au contraire mortelle !
 
Au milieu de ce paysage lunaire, de ce « désenchantement du monde », le Seigneur ne se rend pas, et, de temps à autre, dans la mesure où la liberté humaine le lui permet, il fait sentir cette vérité éternelle qui invite avec douceur à « ne pas sortir de toi, à rentrer en toi-même. La Vérité habite dans ton homme intérieur, et, en t’apercevant que la nature humaine est changeante, tu te transcendes toi-même… Cherche donc à arriver là où la lueur de la raison reçoit la Lumière » (Saint Augustin).
 

Seigneur, --> ayez pitié de nous.

Jésus-Christ, --> ayez pitié de nous.

Seigneur, --> ayez pitié de nous.

 

Jésus-Christ, --> écoutez nous.

Jésus-Christ, --> exaucez nous.

 

Père Céleste qui êtes Dieu, --> ayez pitié de nous.

Fils Rédempteur du monde qui êtes Dieu,--> ayez pitié de nous.

Esprit Saint, qui êtes Dieu, --> ayez pitié de nous.

Trinité Sainte, qui êtes un seul Dieu, --> ayez pitié de nous.

 

Miséricorde divine, attribut le plus élevé du créateur,  --> nous avons confiance en vous.

Miséricorde divine, la plus grande perfection du sauver, --> nous avons confiance en vous.

Miséricorde divine, Amour infini de l’Esprit Sanctificateur,--> nous avons confiance en vous.

Miséricorde divine, mystère incompréhensible de la Sainte Trinité, --> nous avons confiance en vous.

Miséricorde divine, expression de la plus grande puissance de Dieu, --> nous avons confiance en vous.

Miséricorde divine, qui vous manifestez dans la création des esprits célestes,--> nous avons confiance en vous.

Miséricorde divine, qui nous avez appelés à l’existence,--> nous avons confiance en vous.

Miséricorde divine, qui embrasez le monde entier, --> nous avons confiance en vous.

Miséricorde divine, qui nous donnez la vie immortelle, --> nous avons confiance en vous.

Miséricorde divine ; qui nous préservez des châtiments mérités, --> nous avons confiance en vous.

Miséricorde divine, qui nous délivrez de la misère du péché, --> nous avons confiance en vous.

Miséricorde divine, qui dans le Verbe fait chair nous donnez la  justification, --> nous avons confiance en vous.

Miséricorde divine, qui jaillissez pour nous du Sacré-Cœur de jésus,--> nous avons confiance en vous.

Miséricorde divine, qui nous avez donnez la très Sainte vierge comme Mère de la Miséricorde, --> nous avons confiance en vous.

Miséricorde divine, manifestée dans les mystères divins,--> nous avons confiance en vous.

Miséricorde divine, devenue visible dans la fondation de la Sainte Eglise, --> nous avons confiance en vous.

Miséricorde divine, qui dans l’institution des sacrements, nous avez ouvert les fleuves de la grâce, --> nous avons confiance en vous.

Miséricorde divine, particulièrement agissante dans les Sacrements du Baptême et de la Pénitence, --> nous avons confiance en vous.

Miséricorde divine, présente dans les Sacrements de l’Eucharistie et de l’ordre, --> nous avons confiance en vous.

Miséricorde divine, qui nous avez appelés à la sainte Foi, --> nous avons confiance en vous.

Miséricorde divine, qui convertissez les pécheurs, --> nous avons confiance en vous.

Miséricorde divine, qui sanctifiez les justes, --> nous avons confiance en vous.

Miséricorde divine, qui perfectionnez les saints, --> nous avons confiance en vous.

Miséricorde divine, source rafraîchissante des malades et des affligés, --> nous avons confiance en vous.

Miséricorde divine, consolation et repos des cœurs, --> nous avons confiance en vous.

Miséricorde divine, espérance des désespérés, --> nous avons confiance en vous.

Miséricorde divine, qui toujours et partout accompagnez tous les hommes, --> nous avons confiance en vous.

Miséricorde divine, qui nous comblez de grâce, --> nous avons confiance en vous.

Miséricorde divine, paix des mourants, --> nous avons confiance en vous.

Miséricorde divine, joie céleste des élus, --> nous avons confiance en vous.

Miséricorde divine, illumination des âmes du Purgatoire, --> nous avons confiance en vous.

Miséricorde divine, couronne de tous les saints, --> nous avons confiance en vous.

Miséricorde divine, source inépuisable des Miracles, --> nous avons confiance en vous.

 

Agneau de Dieu, qui avez manifesté la plus grande Miséricorde divine en sauvant le monde sur la Croix, --> pardonnez nous Seigneur.

Agneau de Dieu, qui vous offrez pour nous dans chaque Sacrement, --> exaucez nous Seigneur.

Agneau de Dieu, qui dans votre infinie Miséricorde, effacez les péchés du monde, --> ayez pitié de nous.

 

V. La Miséricorde de Dieu dépasse toutes ses œuvres.

R. C’est pourquoi nous voulons louer éternellement la Miséricorde du Seigneur.

 

Prions : O Dieu, dont la Miséricorde n’à pas de bornes et dont la compassion est inépuisable jetez un regard favorable sur nous et multipliez en nous les œuvres de votre Miséricorde ; afin que même au milieu des plus grandes épreuves et des pires vicissitudes, nous ne tombions pas dans le désespoir, mais que nous nous soumettions toujours en toute confiance à votre sainte Volonté, qui est la Miséricorde même. Par notre Seigneur Jésus-Christ, le Roi de la Miséricorde, qui avec vous et le Saint Esprit, nous témoigne sa Miséricorde de siècle en siècle. Amen.

Seigneur, ayez pitié de nous. --> Seigneur, ayez pitié de nous

Jésus-Christ, ayez pitié de nous. --> Jésus-Christ, ayez pitié de nous

Seigneur, ayez pitié de nous. --> Seigneur, ayez pitié de nous


Fils de Marie,
--> écoutez-nous.

Fils de Marie, --> exaucez-nous.


Père céleste, dont Marie est la fille,
--> ayez pitié de nous.

Verbe éternel, dont Marie est la Mère, --> ayez pitié de nous.

Saint-Esprit, dont Marie est l'épouse, --> ayez pitié de nous.

Trinité divine, dont Marie est la Servante, --> ayez pitié de nous.

 

Mère du Dieu vivant, --> priez pour nous

Marie, fille de la Lumière éternelle, --> priez pour nous

Marie, notre lumière, --> priez pour nous

Marie, notre sœur, --> priez pour nous

Marie, fleur de Jessé, --> priez pour nous

Marie, la question des rois, --> priez pour nous

Marie, la bien-aimée de Dieu, --> priez pour nous

Marie, vierge immaculée, --> priez pour nous

Marie, très juste, --> priez pour nous

Marie, de la lumière dans les ténèbres, --> priez pour nous

Marie, notre repos sûr, --> priez pour nous

Marie, maison de Dieu, --> priez pour nous

Marie, sanctuaire du Seigneur, --> priez pour nous

Marie, autel de la divinité, --> priez pour nous

Marie, vierge mère, --> priez pour nous

Marie, qui englobe Dieu votre enfant, --> priez pour nous

Marie, repose avec la Sagesse éternelle, --> priez pour nous

Marie, océan d'amertume, --> priez pour nous

Marie, étoile de la mer, --> priez pour nous

Marie, qui avait souffert avec votre Fils unique, --> priez pour nous

Marie, percé par une épée de douleur, --> priez pour nous

Marie, déchirée par une cruelle blessure, --> priez pour nous

Marie, triste jusqu'à la mort, --> priez pour nous

Marie, privée de toute consolation, --> priez pour nous

Marie, soumis à la loi de Dieu, --> priez pour nous

Marie, debout par la Croix de Jésus, --> priez pour nous

Marie, Notre-Dame, --> priez pour nous

Marie, notre Reine, --> priez pour nous

Marie, Reine de la gloire, --> priez pour nous

Marie, gloire de l'Eglise triomphante, --> priez pour nous

Marie, bienheureuse Reine, --> priez pour nous

Marie, Avocate de l'Eglise militante, --> priez pour nous

Marie, Reine de miséricorde, --> priez pour nous

Marie, Consolatrice de l'Eglise souffrante, --> priez pour nous

Marie, au-dessus des anges, ,--> priez pour nous

Marie, couronnée de douze étoiles, --> priez pour nous

Marie, brillante comme le soleil, --> priez pour nous

Marie, distinguée au dessus de tout, --> priez pour nous

Marie, assise près de Jésus, --> priez pour nous

Marie, notre espoir, --> priez pour nous

Marie, notre douceur, --> priez pour nous

Marie, la gloire de Jérusalem, --> priez pour nous

Marie, la joie d'Israël, --> priez pour nous

Marie, l'honneur de notre peuple, --> priez pour nous

 

Agneau de Dieu, qui enlèvez les péchés du monde,--> pardonnez nous, Seigneur.

Agneau de Dieu, qui enlèvez les péchés du monde, --> exaucez nous, Seigneur.

Agneau de Dieu, qui enlèvez les péchés du monde, --> ayez pitié de nous.

 

Fils de Marie, --> écoutez-nous

Fils de Marie, --> exaucez-nous.

  

Prions : O Dieu tout-puissant, qui bénissez vos serviteurs sincèrement désireux de se placer à l'ombre du Nom et de la protection de la Très Sainte Vierge Marie, nous vous en supplions, que par son intercession, nous soyons délivré de tout mal sur la terre et que nous puissions arriver aux joies éternelles dans le ciel, par Jésus-Christ Notre Seigneur. Amen.

« Chez nous l'unanimité se trouve compromise, dans la mesure où a faibli l'abondance des bonnes œuvres. Alors les fidèles vendaient leurs maisons, leurs propriétés, et pour se préparer des trésors dans le ciel, ils en apportaient l'argent aux apôtres pour le soulagement des indigents. Maintenant nous ne donnons même pas le dixième de notre patrimoine, et, au lieu de vendre, comme nous l'ordonne le Seigneur, nous achetons bien plutôt, nous nous agrandissons. C'est ainsi qu'a dépéri chez nous la vigueur de la foi, c'est ainsi que s'est alanguie la ferme énergie des croyants. C'est à notre temps que songeait le Seigneur, quand il a dit : « Lorsque le Fils de l'homme viendra, croyez-vous qu'il trouvera de la foi sur la terre ? ». Nous voyons cette prophétie se réaliser. On ne croit plus qu'il faut craindre Dieu, qu'il y a une loi de justice, une loi de charité, des œuvres à accomplir. On ne songe plus à redouter l'avenir, personne ne médite plus sur le jour du Seigneur, sur la colère de Dieu, sur les supplices qui attendent les incrédules, sur les tourments éternels promis aux perfides. Tout ce que craindrait notre conscience, si elle croyait, elle ne le craint pas, parce qu'elle ne croit pas. Si elle y croyait, elle serait vigilante; et si elle était vigilante, elle se sauverait. Éveillons-nous donc, frères très chers, dans toute la mesure du possible. Secouons la torpeur de notre inertie invétérée. Veillons à observer et à pratiquer les préceptes du Seigneur. Soyons tels qu'il nous a prescrit d'être, quand il a dit : « Ayez la ceinture aux reins et vos lampes allumées ». Soyez semblables à des hommes qui attendent le moment où leur maître reviendra des noces pour lui ouvrir dès qu'il arrivera et frappera à la porte. Heureux les serviteurs que le maître, à son retour, trouve en train de veiller ! Oui, ceignons nos reins, de peur que, lorsque viendra  le jour du départ, il ne nous trouve embarrassés et empêtrés ! Que notre lumière brille et rayonne dans les bonnes œuvres, qu'elle nous achemine, de la nuit de ce siècle, à la lumière de l'éternelle clarté. Attendons, sans cesser d'être circonspects et sur nos gardes, l'arrivée soudaine du Seigneur, afin que, lorsqu'il frappera à la porte, notre foi s'éveille pour recevoir de lui le prix de sa vigilance. Si nous observons ces consignes, si nous retenons ces avertissements et ces préceptes, nous ne pourrons être la proie du diable qui n'abuse que des dormeurs. Serviteurs vigilants, nous régnerons avec le Christ triomphant ».

 

Saint Cyprien de Carthage - Sur l'unité de l'Église catholique - Cc 26-27 PL4, 518-520

 

Quelle formation reçoivent les futurs prêtres dans la plupart des séminaires de France ?
Une formation limitée à la mise en valeur des bons sentiments personnels nourris de quelques slogans qui sont au goût du jour : générosité, pluralisme, tolérance... 
Le tout étant étayé par des cours limités à un vague saupoudrage d'idées générales. En général, la préparation au sacerdoce s'arrête là.
Il est certain qu'une telle absence de formation solide et exigeante ne permettra pas à un prêtre de répondre aux défis du monde actuel ou de surmonter ses propres difficultés. Aussi ne faut-il pas s'étonner de rencontrer des prêtres qui se retrouvent très vite isolés et même souvent aigris après deux ou trois années de ministère paroissial : leur manque d'envergure intellectuelle se conjugue avec une fatigue chronique qui les empêche même d'avoir une vie spirituelle épanouissante. Ils en viennent alors à se noyer dans l'activisme et à couler dans le "prêt-à-porter pastoral" qu'imposent les "nomenklaturas" diocésaines, ce qui achève de les épuiser.
Voilà pourquoi l'on rencontre aujourd'hui tant de prêtres - et même des évêques ! - qui avouent être sur le point de craquer nerveusement. Voilà aussi pourquoi l'on rencontre tant de pasteurs incapables de saisir les enjeux de la question liturgique actuelle : n'ayant reçu aucune formation solide, ils ne peuvent pas comprendre; ne trouvant plus le temps pour se recueillir en silence devant le Saint-Sacrement, ils ne peuvent trouver la véritable dimension de leur ministère. Ils croient faire œuvre utile en s'agitant et en multipliant les déclarations futiles, se plaignant d'être débordés tout en oubliant que « Dieu se rit des hommes qui se plaignent des conséquences [de leurs situations] alors qu'ils en chérissent les causes. » (Bossuet)

 

Pro Liturgia

« Déjà de mon temps, en 1965, à Saint Sulpice, il n'y avait aucune formation liturgique (la seule formation valable était la formation biblique avec le Père Trinquet). Et il en était ainsi dans la majorité des séminaires. (...) 
La situation n'est pas plus brillante à présent. J'ai eu l'occasion de m'en rendre compte en paroisse. Les jeunes prêtres néophytes ne savent rien. Tout fraîchement ordonnés, ils ont encore la foi de l'Eglise, du moins ce qu'on leur a enseigné au séminaire. Dans le domaine de la liturgie, de la célébration de la Messe et de l'administration des Sacrements, ils s'efforcent, de bonne foi, d'exprimer ces embryons de foi qu'on leur a enseignés au Séminaire. Chacun célèbre donc la Messe selon sa propre sensibilité spirituelle, selon sa propre créativité, en s'efforçant par des gestes qui leur sont propres, d'exprimer le Mystère qu'ils célèbrent et qui reste souvent un Mystère purement et simplement. On verra par exemple le prêtre élever l'Hostie et le Calice pendant plusieurs minutes, et rester à genoux plusieurs minutes après avoir reposé Hostie et Calice sur l'autel. C'est leur sentiment, leur sentimentalisme qui règle leur célébration, et non plus les règles liturgiques. Mais ils le font de bonne foi.
Ils célèbrent aussi la Sainte Messe et les Sacrements en suivant la "mode" des "anciens", curés ou confrères plus âgés, pour ne pas "détonner" et être considérés comme "retardataires, préconciliaires". Il faut faire ce que leur Curé leur impose : célébrer la Messe du dimanche en 40 minutes, homélie et Communion comprise, pas de Canon romain. En suivant aussi leurs choix, leurs options personnelles, en célébrant la Messe avec aube et étole simplement, ce qui est pourtant interdit.
Car ils ne connaissent pas la signification des ornements requis pour la liturgie. Il en est de même pour la célébration des autres Sacrements. Ils n'ont certainement pas lu, ou entendu, les paroles du Pape Benoît XVI, lors de la Messe Chrismale de 2007. Ils revêtent les ornements à la sacristie, devenue un "hall de gare", en bavardant, sans penser à ce qu'ils font. Ils montent à l'autel et baisent l'autel machinalement sans se rendre compte de l'importance du geste qu'ils accomplissent. Souvent, ils "baisent" l'autel qui n'est qu'une simple table, du bois...
Prenons l'exemple concret d'un mariage. Tout le monde est habillé pour la fête, en robe, costume et cravate. L'épouse, vêtue de long, accompagnée de son père, entre au son de l'orgue et parmi les fleurs, etc. Et puis, quand tout le monde est là, entre le prêtre. Il sonne la cloche et arrive tout seul, parfois avec son aube courte et sale. Ne montre-t-il pas ainsi de la désinvolture pour cette liturgie? N'avons-nous pas perdu le sens de la dignité de la célébration ?
Que voit-on à présent, ou plutôt, qu'entend-on ? Un brouhaha : des enfants de choeur qui ne se rendent pas compte de ce qu'est le service de l'Autel; des laïcs qui envahissent la sacristie pour parler avec l'un ou avec l'autre, ou avec le célébrant; le célébrant qui, tout en leur répondant, s'habille machinalement, rapidement, comme s'il revêtait une salopette de mécanicien. Quand il n'arrive pas au dernier moment, ce qui l'amène à se vêtir avec plus de hâte encore. Sans parler des prêtres qui arrivent à la dernière minute, "pour concélébrer", en civil bien sûr, en sueur ! Puis le prêtre, les bras ballants, entre dans l'église, salue les fidèles comme le fait un chef d'Etat, monte à l'autel avec désinvolture, sans même penser que c'est l'Autel du Seigneur, l'Autel du Sacrifice, le Tombeau de Jésus-Christ, qu'il représente le Christ en personne. Il baise l'autel en hâte et se dirige, toujours les bras ballants, vers son siège pour commencer le Saint Sacrifice de la Messe.
Le Saint des Saints, Le Sanctuaire, où seuls pénétraient le Grand-Prêtre car c'était là que siégeait Dieu sur les chérubins ! Le Sanctuaire, le "choeur" comme on l'appelait alors, où seuls pénétraient le prêtre et les ministres de l'autel et les servants, est devenu un "lieu public". Nous sommes en pleine désacralisation. Et cela commence par les Ministres ordonnés, par leur attitude désinvolte, par leur manière de célébrer, par les fantaisies liturgiques fruit de leur "créativité", et par bien d'autres choses encore qu'il serait trop long d'énumérer ».

 

Pro Liturgia

L’hebdomadaire Famille chrétienne a consacré un dossier particulièrement intéressant à l’affaire de la petite Jeanne-Marie Kegelin. Ce magazine a reproduit une partie substantielle de l’homélie que j’avais alors prononcée pour les funérailles de cette enfant. J’y disais notamment : « Il est clair que notre foi est plongée dans un désarroi profond alors que nous esquissons la question : pourquoi Dieu permet-il cela ? Une fois de plus, nos mots sont inaptes et nous devons accepter d’attendre, au dernier jour, l’ultime réponse. Mais il nous est donné de regarder Jésus sur la croix. Il y a d’un côté Jésus qui prend sur lui nos souffrances et il y a d’un autre côté Jésus qui appelle mystérieusement certains à prendre part à ses propres souffrances. Il y a d’une part Jésus qui porte notre croix et il y a d’autre part Jésus qui nous invite à porter sa croix. Il y a Jésus qui nous sauve et il y a Jésus qui nous invite à coopérer au salut du monde. » J’entendais signaler la participation de la petite fille à la Passion de Jésus et, de ce fait, à la rédemption des pécheurs. Des lecteurs de F.C. ont réagi à cette conception d’un Dieu qui permet le mal : la fin (bonne) ne justifierait-elle pas alors les moyens (mauvais) ? Voici quelques éléments de réflexion.

 
 
 
 
 
1 - Dieu, certes, n’est l’auteur que du bien. En une expression vigoureuse, Saint Thomas écrit que « Dieu n’a [même] pas l’idée du mal » (Somme théologique, I, 15, 3, 1m)  Ce qu’il créa, « Dieu vit que c’était bon ». Du reste, tout ce qui est, est bon, en vertu de la convertibilité des transcendantaux (l’Être, le Vrai, le Bien, l’Un). En ce sens, le mal n’est qu’un non être, une privation, comme la cécité est une privation de vue. Le mal n’est pas « quelque chose » (aliquid) de positif bien qu’il soit « dans les choses » (in rebus), c’est-à-dire terriblement réel dans le sujet qui pâtit de cette privation, comme dans l’aveugle pour qui la cécité n’est pas rien ! Si tout ce qui est, est bon, alors il n’y a pas de « Mal absolu ». Le démon, comme créature, selon son substrat ontologique, est bon. Il n’y a pas un « souverain mal » qui serait la cause de tous les maux (cf. Somme théologique, I, 49, 3).
 
2 - Dieu exerce une causalité (première) universelle : il crée – et soutient sa créature dans l’être - et il imprime la première motion qui nous donne, pour chaque action, de pouvoir agir à notre tour. Rien n’échappe à sa Providence. Tout ce qui échoit, soit il le veut, soit il permet que cela arrive. Ou alors, sa Providence ne serait pas universelle. Ainsi – et c’est d’ailleurs la malice radicale du péché -, quand je pose un acte qui déplaît à Dieu, je ne peux poser cet acte, en ce qu’il est « quelque chose qui est », qu’en tant que mû par la Cause première qu’est Dieu. C’est dire que je retourne la causalité de Dieu contre la volonté de Dieu ! Comme la causalité divine n’est rien d’autre que sa prodigalité d’être qu’il déverse sur nous, pécher, c’est bel et bien retourner les dons de Dieu contre Dieu.
 
3 – Pour être universelle, la causalité divine n’est pas toujours immédiate. Ceci est très important à comprendre. Dieu utilise des causes secondes, l’homme en particulier, doué de libre arbitre, lequel comporte la possibilité de faillir à l’égard du bien. Dans le cas du mal (de la faute), par conséquent, la responsabilité en incombe totalement à son auteur immédiat, en l’occurrence l’assassin. Si ce qu’il y a d’entité dans son crime vient de Dieu comme de la cause première universelle, ce qu’il y a de pervers vient de lui (l’assassin) comme de la cause seconde immédiate. « L’effet d’une cause seconde défaillante », dit Saint Thomas, doit être « ramené à la cause première non défaillante quant à ce qu’il a d’être et de perfection, non pour ce qu’il présente de défectueux ». L’Aquinate illustre son propos : « Ainsi, tout ce qu’il y a de mouvement dans la jambe qui boite vient de la vertu motrice ; mais ce qu’il y a de dévié dans ce mouvement n’appartient pas à la vertu motrice, il a pour cause la difformité de la jambe » (Somme théologique, I, 49, 2, 2m). Ailleurs, Saint Thomas écrit que, s’agissant, par exemple, d’une action humaine, Dieu imprime un premier mouvement quant à l’exercice (l’être de l’acte) mais laisse la détermination de l’acte (dont la moralité) à la cause seconde qu’est l’homme (cf. De potentia, 3, 7, 13m et 19m).
 
4 – La question du mal requiert de s’élever du cas particulier (ce mal-ci) à l’ordre universel (le bien du tout), abstraction qui est évidemment extrêmement difficile pour les personnes qui sont victimes du mal. Saint Thomas d’Aquin écrit que Dieu fait « ce qu’il y a de meilleur dans le tout mais non dans chaque partie, si ce n’est par rapport au tout ». Or, ajoute-t-il, « le tout, c’est-à-dire l’universalité des créatures, est meilleur et plus parfait s’il y a en lui des êtres qui peuvent s’écarter du bien et qui dès lors en déchoient, Dieu ne les en empêchant pas ». Oui, un univers avec une peccabilité possible et même factuelle est meilleur qu’une sorte de cosmos où tout serait ordonné mécaniquement. Car, dans une perspective de salut, « beaucoup de biens seraient supprimés si Dieu ne permettait que se produise aucun mal ». On a bien lu : Dieu permet le mal. Et le Docteur angélique d’énumérer les sortes de biens dont on serait dépourvu si certains êtres ne défaillaient à l’égard du bien : « Le feu ne brûlerait pas si l’air n’était pas détruit ; la vie du lion ne serait pas assurée si l’âne ne pouvait être tué ; et on ne ferait pas l’éloge ni de la justice qui punit, ni de la patience qui souffre, s’il n’y avait pas l’iniquité d’un persécuteur » (cf. Somme théologique, I, 48, 2). Dans ces exemples, Saint Thomas passe du plan physique au plan biologique pour aboutir au plan moral.
 
5 – Les considérations plutôt philosophiques ne rendent pas compte à elles seules du mystère de la permission divine du mal. Il faut, encore et surtout, dans un regard de foi, contempler la Passion du Christ. Jésus, en prenant sur lui tous les genres de maux, a inversé la valeur et le sens de la souffrance. Celle-ci ne doit plus être regardée comme le châtiment du péché mais comme une contribution positive à la rédemption. Si la peine consécutive au premier péché fut, pour la femme, de devoir enfanter dans les douleurs, voici que, par un merveilleux renversement, au lieu que ce soit la souffrance qui accompagne la génération, c’est la souffrance elle-même qui devient désormais génératrice de vie, fécondée qu’elle a été par la Passion du Christ. On le voit, Dieu ne cause pas le mal comme si lui-même devait le commettre. Mais Dieu tire un meilleur bien du mal déjà commis par d’autres.
 
6 – Illustration à partir d’une catéchèse de Benoît XVI sur Judas : « Du reste, quand nous pensons au rôle négatif joué par Judas, nous devons l'insérer dans la direction supérieure des événements de la part de Dieu. Sa trahison a conduit à la mort de Jésus, qui transforma ce terrible supplice en espace d'amour salvifique et en don de soi au Père (cf. Gal 2, 20; Ep 5, 2.25). Le verbe "trahir" est la version d'un mot grec qui signifie "livrer". Parfois son sujet est même Dieu en personne : c'est lui qui par amour "livra" Jésus pour nous tous (cf. Rm 8, 32). Dans son mystérieux projet salvifique, Dieu assume le geste inexcusable de Judas comme une occasion de don total du Fils pour la rédemption du monde. » (18/16/06)
 
7 – Le mystère du mal n’est pas éludé pour autant. La permission divine reste un mystère et l’envers du mystère, c’est le scandale. Le christianisme se distingue notamment par le fait qu’il n’a pas de réponse standard au drame de l’humanité. La seule réponse crédible n’est-elle pas du reste la compassion muette ? Voici finalement ce qu’en disait Charles Journet : « Quand on parle de Dieu et du mal, la doctrine la plus orthodoxe, si elle est répétée sans être replongée dans la flamme d’où elle est née, si elle n’est pas traversée par quelque secrète vertu de l’Evangile, trahira, elle pourra devenir poison, et comment dès lors ne pas causer le scandale là où l’on pensait porter la lumière ? Même quand il aurait lui-même éprouvé cette flamme, cette vertu, le chrétien, le théologien ne saurait la communiquer : elle est l’huile de la lampe qui ne s’échange pas mais s’achète auprès du divin Marchand ; il pourra tout au plus indiquer la voie où on la découvre, et il sait le nom de la Source d’où tombe d’en haut la clarté intérieure qui illumine d’un coup toutes leurs ténèbres. »
 

De l'Abbé Christian Gouyaud - Paroisse personnelle de la Croix Glorieuse (Strasbourg, église paroissiale Saint Joseph)

Ci-dessous, l’homélie du cardinal Dias (Préfet de la Congrégation pour l’évangélisation des peuples), prononcée ce matin à Lourdes en la Basilique Saint-Pie X à l’occasion de l’ouverture solennelle du Jubilé du 150ème anniversaire des Apparitions…

 
 
 
 
« Nous voici rassemblés aux pieds de la Vierge Marie pour inaugurer l’Année Jubilaire en préparation pour le 150ème anniversaire de ses apparitions en ce lieu béni. Je vous porte une salutation très cordiale de Sa Sainteté le Pape Benoît XVI qui m’a chargé de vous faire part de son amour et sollicitude paternel, de vous assurer de ses prières et de vous donner sa bénédiction apostolique. Comme pèlerins réunis dans l’amour du Christ, nous voulons rappeler avec gratitude et affection les apparitions qui ont eu lieu ici à Lourdes en 1858. Ensemble cherchons à sentir les palpitations du cœur maternel de notre chère Maman céleste, de rappeler ses paroles et d’écouter le message qu’elle nous propose encore aujourd’hui. Nous connaissons bien l’histoire de ces apparitions. La Sainte Vierge est descendue du Ciel comme une mère très préoccupée pour ses fils et filles qui vivaient dans le péché, loin de son Fils Jésus. Elle est apparue à la Grotte de Massabielle, qui à l’époque était un marais où paissaient les cochons, et c’est précisément là qu’elle a voulu faire élever un sanctuaire, pour indiquer que la grâce et la miséricorde de Dieu doivent triompher sur le misérable marais des péchés humains. Tout près du lieu des apparitions, la Vierge a fait jaillir une source d’eau abondante et pure, que les pèlerins boivent et portent avec tant de dévotion dans le monde entier, signifiant le désir de notre Mère affectueuse de faire répandre son amour et le salut de son Fils jusqu’aux extrémités de la terre. Enfin, de cette Grotte bénie la Vierge Marie a lancé un appel pressant à tous pour prier et faire pénitence afin d’obtenir la conversion des pauvres pécheurs.
 
 
 
 
Le message de la Vierge aujourd’hui
 
On peut se demander : quelle signification peut avoir le message de Notre-Dame de Lourdes pour nous aujourd’hui ? J’aime situer ces apparitions dans le plus large contexte de la lutte permanente et féroce existant entre les forces du bien et du mal dès le commencement de l’histoire de l’humanité dans le Jardin du Paradis, et qui continuera jusqu’à la fin des temps. Les apparitions de Lourdes sont, en effet, parmi les premières de la longue chaîne des apparitions de Notre-Dame qui a commencé 28 ans auparavant, en 1830, à Rue du Bac, à Paris, annonçant l’entrée décisive de la Vierge Marie au cœur des hostilités entre elle et le diable, comme il est décrit dans la Bible, dans les livres de la Genèse et de l’Apocalypse. La Médaille, dite miraculeuse, que la Vierge fit graver en cette circonstance la représentait avec les bras ouverts d’où sortaient des rayons lumineux, signifiant les grâces qu’elle distribuait au monde entier. Ses pieds reposaient sur le globe terrestre et écrasaient la tête du serpent, le diable, indiquant la victoire que la Vierge emportait sur le Malin et ses forces du mal. Autour de l’image on lisait l’invocation : « O Marie, conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours à vous ». Il est remarquable que cette grande vérité de la conception immaculée de Marie ait été affirmée ici 24 ans avant que le Pape Pie IX l’ait définie comme dogme de foi (1854) : quatre ans plus tard ici à Lourdes, Notre-Dame a voulu elle-même révéler à Bernadette qu’elle était l’Immaculée Conception. Après les apparitions de Lourdes, la Sainte Vierge n’a pas cessé de manifester ses vives préoccupations maternelles pour le sort de l’humanité en ses diverses apparitions dans le monde entier. Partout, elle a demandé prières et pénitence pour la conversion des pécheurs, car elle prévoyait la ruine spirituelle de certains pays, les souffrances que le Saint Père aurait à subir, l’affaiblissement général de la foi chrétienne, les difficultés de l’Eglise, la montée de l’Antéchrist et ses tentatives pour remplacer Dieu dans la vie des hommes : tentatives qui, malgré leurs succès éclatants, seraient toutefois vouées à l’échec. Ici, à Lourdes, comme partout dans le monde, la Vierge Marie est en train de tisser un immense réseau de ses fils et filles spirituels dans le monde entier pour lancer une forte offensive contre les forces du Malin, pour l’enfermer et préparer ainsi la victoire finale de son Fils divin, Jésus Christ. La Vierge Marie nous invite encore une fois aujourd’hui à faire partie de sa légion de combat contre les forces du mal. Comme signe de notre participation à son offensive, elle demande, entre autres, la conversion du cœur, une grande dévotion à la Sainte Eucharistie, la récitation quotidienne du chapelet, la prière sans cesse et sans hypocrisie, l’acceptation des souffrances pour le salut du monde. Cela pourrait sembler être des petites choses, mais elles sont puissantes dans les mains de Dieu auquel rien n’est impossible. Comme le jeune David qui, avec une petite pierre et une fronde, a abattu le géant Goliath venu à sa rencontre armé d’une épée, d’une lance et d’un javelot (cf. 1 Sam 17,4-51), nous aussi, avec les petits grains de notre chapelet, nous pourrons affronter héroïquement les assauts de notre adversaire redoutable et le vaincre.
 
 
 
 
Comme Bernadette et avec elle
 
La lutte entre Dieu et son ennemi fait toujours rage, encore plus aujourd’hui qu’au temps de Bernadette, il y a 150 ans. Car le monde se trouve terriblement englouti dans le marais d’un sécularisme qui veut créer un monde sans Dieu; d’un relativisme (+) qui étouffe les valeurs permanentes et immuables de l’Evangile; et d’une indifférence religieuse qui reste imperturbable face au bien supérieur des choses qui concernent Dieu et l’Eglise. Cette bataille fait d’innombrables victimes dans nos familles et parmi nos jeunes. Quelques mois avant qu’il ne devienne le Pape Jean Paul II (9 novembre 1976), le Cardinal Karol Wojtyla disait : « Nous sommes aujourd’hui face au plus grand combat que l’humanité ait jamais vu. Je ne pense pas que la communauté chrétienne l’ait compris totalement. Nous sommes aujourd’hui devant la lutte finale entre l’Eglise et l’Anti-Eglise, entre l’Evangile et l’Anti-Evangile ». Une chose toutefois est certaine: la victoire finale est à Dieu et cela se vérifiera grâce à Marie, la Femme de la Genèse et de l’Apocalypse, qui combattra à la tête de l’armée de ses fils et filles contre les forces ennemies de Satan et écrasera la tête du serpent. A la Grotte de Massabielle la Vierge Marie nous a enseigné que le vrai bonheur se trouvera uniquement au ciel. « Je ne vous promets pas de vous rendre heureuse en ce monde, mais dans l’autre », a-t-elle dit à Bernadette. Et la vie de Bernadette l’a illustré assez clairement : elle, qui avait eu le privilège singulier de voir la Sainte Vierge, a été profondément marquée par la croix de Jésus, fut entièrement consumée par la tuberculose, et est morte, jeune, à l’âge de 35 ans.
 
En cette Année Jubilaire, remercions le Seigneur pour toutes les grâces corporelles et spirituelles qu’il a bien voulu concéder à tant de centaines de milliers de pèlerins en ce lieu saint, et par l’intercession de Sainte Bernadette, prions la Sainte Vierge pour nous fortifier dans le combat spirituel de chaque jour afin que nous puissions vivre en plénitude notre foi chrétienne en pratiquant les vertus qui distinguaient la Vierge Marie, fiat, magnificat et stabat: c’est-à-dire, une foi intrépide (fiat), une joie sans mesure (magnificat) et une fidélité sans compromis (stabat). O Marie, Notre-Dame de Lourdes, tu es bénie entre toutes les femmes et Jésus le fruit de tes entrailles est béni. Sainte Marie, Mère de Dieu, prie pour nous, pauvres pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort. Amen ».
 
+ Cardinal Ivan Dias, le 8 décembre 2007 à Lourdes en la Basilique Saint Pie X

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