Sainte Brigitte a eu de nombreuses apparitions et révélations de Jésus et de Marie, mais c'est dans la Basilique Saint Paul, au Sud de Rome, que Jésus, par un crucifix en bois qui s'anima, dicta "les oraisons". Comme il y avait longtemps qu'elle désirait savoir le nombre de coups que Notre Seigneur reçut en sa Passion, un jour Il lui apparut et lui dit : "J'ai reçu en mon Corps 5480 coups. Si vous voulez les honorer par quelque vénération, vous direz 15 Notre Père, 15 Je Vous Salue Marie et les 15 oraisons, que je vais vous enseigner, pendant un an entier... L'année étant écoulée, vous aurez salué chacune de mes plaies.

 

 

 

brigitte.jpgORAISON 1

Pater, Ave

 

O Jésus-Christ ! douceur éternelle à ceux qui vous aiment, joie qui surpasse toute joie et tout désir, espoir et salut des pécheurs, qui avez témoigné n'avoir de plus grand contentement que d'être parmi les hommes jusqu'à prendre la nature humaine en la plénitude des temps pour l'amour d'eux, souvenez-vous des souffrances que vous avez endurées dès l'instant de votre conception et surtout dans le temps de votre sainte Passion, ainsi qu'il avait été décrété et ordonné de toute éternité dans la pensée divine. Souvenez-vous, Seigneur, que faisant la Cène avec vos disciples, après leur avoir lavé les pieds, vous leur avez donné votre Corps sacré et votre Précieux Sang, et, tout en les consolant avec douceur, vous leur avez prédit votre prochaine Passion. Souvenez-vous de la tristesse et de l'amertume que vous avez éprouvées en votre âme, comme vous l'avez témoigné vous-même, disant : "Mon âme est triste jusqu'à la mort." Souvenez-vous, Seigneur, des craintes, angoisses et douleurs que vous avez endurées en votre Corps suave avant le supplice de la croix, quand, après avoir prié trois fois en répandant une sueur de sang, vous avez été trahi par Judas, votre disciple, arrêté par la nation que vous aviez choisie et élevée, accusé par de faux témoins, injustement jugé, en la fleur de votre jeunesse et dans le temps solennel de la Pâque. Souvenez-vous que vous avez été dépouillé de vos propres vêtements et revêtu de ceux de la dérision; qu'on vous a voilé les yeux et la face, qu'on vous a donné des soufflets, que vous avez été couronné d'épines, qu'on vous a mis un roseau à la main, et qu'attaché à une colonne vous avez été déchiré de coups et accablé d'affronts et d'outrages. En mémoire de ces peines et douleurs que vous avez endurées avant votre Passion sur la Croix, donnez-moi avant la mort une vraie contrition, une sincère et entière confession, une juste pénitence et la rémission de tous mes péchés. Ainsi soit-il.

 

 

ORAISON 2

Pater, Ave

 

O Jésus ! vraie liberté des anges, paradis de délices, ayez mémoire de l'horreur de tristesse que vous avez endurée lorsque vos ennemis, tels des lions furieux, vous entourèrent, et par mille injures, crachats, soufflets, griffures et autres supplices inouïs, vous tourmentèrent à l'envie. En considération de ces tourments et de ces paroles injurieuses, je vous supplie, ô mon Sauveur, de me délivrer de mes ennemis, visibles et invisibles, et de me faire arriver, sous votre protection, à la perfection du salut éternel. Ainsi soit-il.

 

 

ORAISON 3

Pater, Ave

 

O Jésus ! Créateur du Ciel et de la Terre, que nulle chose ne peut contenir ni limiter, vous qui enfermez et tenez tout sous votre puissance, souvenez-vous de la douleur très amère que vous avez endurée lorsque les soldats, attachant vos mains sacrées et vos pieds très délicats à la croix, les percèrent de part en part avec de gros clous émoussés et, ne vous trouvant pas dans l'état qu'ils voulaient pour contenter leur rage, agrandirent vos plaies, y ajoutèrent douleur sur douleur puis, par une cruauté inouïe, vous allongèrent alors sur la croix et vous tirèrent de tous côtés en disloquant vos membres. Je vous conjure, par la mémoire de cette très sainte et très aimante douleur de la croix, de me donner crainte et amour envers vous. Ainsi soit-il.

 

 

ORAISON 4

Pater, Ave

 

O Jésus ! céleste médecin, élevé sur la croix pour guérir nos plaies par les vôtres, souvenez-vous des langueurs et meurtrissures que vous avez souffertes en tous vos membres, dont aucun ne demeurera en sa place, en sorte qu'il n'y avait douleur semblable à la vôtre. De la plante des pieds jusqu'au sommet de la tête, aucune partie de votre corps n'était sans tourments ; et cependant, oubliant vos souffrances, vous ne vous êtes point lassé de prier votre Père pour vos ennemis, lui disant : "Père, pardonne-leur, car ils ne savent pas ce qu'ils font." Par cette grande miséricorde et en mémoire de cette douleur, faites que le souvenir de votre amère Passion opère en moi une parfaite contrition et la rémission de tous mes péchés. Ainsi soit-il.

 

 

ORAISON 5

Pater, Ave

 

O Jésus ! miroir de splendeur éternelle, souvenez-vous de la tristesse que vous avez eue, lorsque, contemplant dans la lumière de votre divinité la prédestination de ceux qui devaient être sauvés par les mérites de votre sainte Passion, vous voyiez en même temps la multitude des réprouvés qui devaient être damnés par leurs péchés, et vous plaigniez amèrement ces malheureux pécheurs perdus et désespérés. Par cet abîme de compassion et de pitié, et principalement par la bonté que vous avez manifestée envers le bon larron, lui disant : "Tu seras aujourd'hui avec moi au Paradis", je vous prie, ô doux Jésus, qu'à l'heure de ma mort, vous me fassiez miséricorde. Ainsi soit-il.

 

 

ORAISON 6

Pater, Ave

 

O Jésus ! Roi aimable et si désirable, souvenez-vous de la douleur que vous avez eue quand, nu et comme un misérable, attaché et élevé sur la croix, tous vos parents et vos amis vous abandonnèrent, excepté votre Mère bien-aimée qui demeura, en compagnie de Saint Jean, très fidèlement auprès de vous dans l'agonie et que vous avez recommandés l'un à l'autre en disant : "Femme, voilà ton fils!", et à saint Jean : "Voilà ta mère!". Je vous supplie, ô mon Sauveur par le glaive de douleur qui alors transperça l'âme de votre Sainte Mère, d'avoir compassion de moi en toutes mes afflictions et tribulations, tant corporelles que spirituelles, et de m'assister dans mes épreuves, surtout à l'heure de la mort. Ainsi soit-il.

 

 

ORAISON 7

Pater, Ave

 

O Jésus ! fontaine inépuisable de compassion qui par une profonde affection d'amour avez dit sur la croix : "J'ai soif !", mais de la soif du salut du genre humain, je vous prie, ô mon Sauveur, d'exalter le désir de mon coeur de tendre à la perfection dans toutes mes oeuvres, et d'éteindre entièrement en moi la concupiscence charnelle et l'ardeur des appétits mondains. Ainsi soit-il.

 

 

ORAISON 8

Pater, Ave

 

O Jésus ! douceur des coeurs, suavité des esprits, par l'amertume du fiel et du vinaigre que vous avez goûtés sur la croix pour l'amour de nous, accordez-moi de recevoir dignement votre corps et votre sang précieux pendant la vie et à l'heure de la mort, pour servir de remède et de consolation à mon âme.

 

 

ORAISON 9

Pater, Ave

 

O Jésus ! vertu royale, joie de l'esprit, souvenez-vous de la douleur que vous avez endurée, lorsque, plongé dans l'amertume à l'approche de la mort, insulté et outragé par les hommes, vous avez crié avoir été abandonné de votre Père, lui disant : "Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'as-tu abandonné ?". Par cette angoisse, je vous conjure, ô mon Sauveur, ne m'abandonnez pas dans les terreurs et les douleurs de la mort. Ainsi soit-il.

 

 

jesuscrucifie.jpgORAISON 10

Pater, Ave

 

O Jésus ! qui êtes en toutes choses commencement et fin, vie et vertu, souvenez-vous que vous vous êtes plongé pour nous dans un abîme de douleurs, de la plante des pieds jusqu'au sommet de la tête. En considération de la grandeur de vos plaies, apprenez-moi à garder vos commandements par une vraie charité, ces commandements dont la voie est large et aisée pour ceux qui vous aiment. Ainsi soit-il.

 

 

ORAISON 11

Pater, Ave

 

O Jésus ! abîme très profond de miséricorde, je vous supplie, en mémoire de vos plaies qui ont pénétré jusqu'à la moëlle de vos os et de vos entrailles, de me tirer, moi, misérable submergé par mes offenses, hors du péché, et de me cacher de votre face irritée dans les trous de vos plaies, jusqu'à ce que votre colère et votre juste indignation soient passées. Ainsi soit-il.

 

 

ORAISON 12

Pater, Ave

 

O Jésus ! miroir de vérité, marque d'unité, lien de charité, souvenez-vous de la multitude de plaies dont vous avez été blessé de la tête aux pieds, déchiré et tout rougi par l'effusion de votre Sang adorable ! O grande et universelle douleur que vous avez soufferte pour l'amour de nous en votre chair virginale ! Très doux Jésus, qu'auriez-vous pu faire pour nous que vous n'ayez fait ! Je vous conjure, ô mon Sauveur, de marquer de votre Précieux Sang toutes vos plaies dans mon coeur, afin que j'y lise sans cesse vos douleurs et votre amour. Que par le fidèle souvenir de votre Passion, le fruit de vos souffrances soit renouvelé dans mon âme, et que votre amour s'y augmente chaque jour, jusqu'à ce que je parvienne à vous qui êtes le trésor de tous les biens et de toutes les joies, que je vous supplie de me donner, ô très doux Jésus, dans la vie éternelle. Ainsi soit-il.

 

 

ORAISON 13

Pater, Ave

 

O Jésus ! lion de Juda, roi immortel et invincible, ayez mémoire de la douleur que vous avez endurée, lorsque toutes vos forces, tant du coeur que du corps, étant épuisées, vous avez incliné la tête en disant : "Tout est consommé !". Par cette angoisse et cette douleur, je vous supplie, Seigneur Jésus, d'avoir pitié de moi en la dernière heure de ma vie, lorsque mon âme sera dans l'angoisse et que mon esprit sera troublé. Ainsi soit-il.

 

 

ORAISON 14

Pater, Ave

 

O Jésus ! Fils unique du Père, splendeur et figure de sa substance, souvenez-vous de l'humble recommandation que vous avez faite à votre Père, lui disant : "Mon Père, je remets mon esprit entre tes mains !" Puis, votre corps déchiré, votre coeur brisé et les entrailles de Votre Miséricorde ouvertes pour nous racheter, vous avez expiré !  Par cette précieuse mort, je vous conjure, ô Roi des saints, de me réconforter et de me secourir pour résister au démon, à la chair et au sang, afin qu'étant mort au monde, je vive en vous seul. Recevez, je vous prie, à l'heure de ma mort, mon âme pélerine et exilée qui retourne à vous. Ainsi soit-il.

 

 

ORAISON 15

Pater, Ave

 

O Jésus ! vraie et féconde vigne. Souvenez-vous de l'abondante effusion de sang que vous avez si généreusement répandu de votre corps sacré, ainsi que le raisin sous le pressoir. De votre côté, percé d'un coup de lance par un soldat, vous avez donné du sang et de l'eau en telle sorte qu'il n'en est plus demeuré une seule goutte, et enfin, comme un faisceau de myrrhe élevé au haut de la Croix, votre chair délicate s'est anéantie, l'humeur de vos entrailles s'est tarie, la moelle de vos os s'est séchée. Par cette amère passion et par l'effusion de votre précieux sang, je vous supplie, O doux Jésus, blessez mon coeur, afin que mes larmes de pénitence et d'amour, nuit et jour, me servent de pain; convertissez-moi entièrement à vous, que mon coeur vous soit une perpétuelle habitation, que ma conversation vous soit agréable, et que la fin de ma vie soit tellement louable, que je mérite votre Paradis pour vous louer et vous bénir à jamais avec tous vos saints. Ainsi soit-il.

 

 

 

Prière finale

 

O doux Jésus ! blessez mon coeur, afin que des larmes de pénitence, de douleur et d'Amour, nuit et jour, me servent de pain; convertissez-moi entièrement à vous; que mon coeur vous soit une perpétuelle habitation; que ma conduite vous soit agréable, et que la fin de ma vie vous soit tellement louable qu'après ma mort je puisse mériter votre Paradis et vous louer à jamais avec tous vos saints. Ainsi soit-il. 

 

 

 

 

APPROBATION : Ces oraisons et les promesses qui s'y rattachent ont été copiées sur un livre imprimé à Toulouse en 1740, et publié par le Père Adrien Parvilliers de la Compagnie de Jésus, Missionnaire Apostolique de la Terre Sainte, avec approbation, permission et recommandation de les répandre. Du temps de sainte Brigitte au XIVe siècle, l'imprimerie n'était pas encore inventée; on avait recours aux copistes.  Le Pape Urbain VI les encourageait à multiplier les exemplaires des révélations de sainte Brigitte, que se disputaient les rois, les souverains, les évêques, les Universités, les Couvents, les Bibliothèques. Les livres contenant ces Oraisons et promesses ont été approuvés par un très grand nombre de Prélats parmi lesquels son Eminence le Cardinal Giraud de Cambrai en 1845, Monsieur Florian, Archevêque de Toulouse en 1863.  La collection des petits livres, parmi lesquels étaient ces Oraisons, a été bénite par Sa Sainteté le Pape Pie IX le 31 mai 1862.  Enfin cette collection a été recommandée par le Grand Congrès de Malines, le 22 août 1863.  

On se demande souvent pourquoi nos évêques gardent le silence face à des abus liturgiques criants. Comment se fait-il que des évêques puissent se montrer très chatouilleux dès qu'il s'agit du respect dû à leur personne alors qu'ils demeurent indolents quand on leur signale que des prêtres, par leur façon de traiter la liturgie, manquent de respect au Christ-Eucharistie ? Ces deux questions peuvent se résumer en une seule : qu'est ce qui pousse nos évêques à se taire alors qu'il devraient parler ? La réponse a été donnée par le Cardinal Daniélou qui a parlé d'une « terreur intellectuelle et pastorale qui s'est abattue sur l'Eglise de France ». (1) Se pourrait-il que dans nos diocèses on ne soit jamais sorti de cette terreur... si tant est qu'on ait eu un jour envie d'en sortir ? Le Cardinal Garonne également s'était élevé avec beaucoup de lucidité contre « les groupes de pression qui se sont accaparés les postes-clés de l'Eglise et même paralysent les chefs religieux en s'infiltrant dans leurs états-majors ». (2) 

 

 

 

Les exemples de cette infiltration que les marxistes appellent « entrisme » ne manquent pas : le Cardinal Ratzinger y a fait allusion, tout comme Mgr Gaidon. Et notre Association Pro Liturgia se fait régulièrement l'écho de l'impuissance de certains évêques face aux clérocrates diocésains confortablement installés aux postes de commandes. On vient de nous donner une preuve de cette neutralisation des évêques par les groupes de pression. Lorsque Mgr Marcus a quitté le diocèse de Nantes suite à sa nomination à l'archevêché de Toulouse, il a écrit une lettre à M. Maurice Tillie, fondateur-directeur du Choeur Grégorien de Nantes. Dans cette lettre, Mgr Marcus regrettait de ne pas avoir pu respecter la promesse qu'il avait faite: à savoir favoriser, dans le diocèse, la célébration d'une ou de plusieurs messes grégoriennes respectant strictement l'Ordo de la forme ordinaire de la liturgie (Ce qui sous-entendait d'ailleurs que dans le diocèse de Nantes, l'Ordo n'était pas respecté... Mais passons.) Cette simple lettre d'un évêque sur le départ, n'est-ce pas l'aveu que « nos évêques sont pris en otages par des commissions », comme le dénonçait, il y a plus de trente ans, Mgr Rodhain, fondateur du Secours Catholique ? Reste à savoir ce qui pousse certains évêques à nommer à la tête des commissions diocésaines des responsables qui finiront par prendre tous les pouvoirs, y compris ceux de l'évêque lui-même ? Qu'est-ce qui pousse tel évêque à nommer à la tête de la commission diocésaine de liturgie un prêtre réputé pour ses idées avant-gardistes et très peu romaines ? Les évêques seraient-ils si faibles qu'ils n'ont plus aucun moyen d'évincer les promoteurs du sabotage de la liturgie ? Si tel était le cas, cela pourrait expliquer pourquoi tant d'évêques préfèrent s'acharner contre pompiers plus que contre incendiaires. Il est plus facile, en effet, de mettre en cause ceux qui critiquent les célébrations paroissiales défigurées que de reprendre ceux qui, partout où ils passent, anéantissent la liturgie par leurs innovations illicites.Rappelons à ce sujet ce que nous répondait un archevêque auquel nous demandions que soit respectée la liturgie : « Vouloir que la liturgie soit célébrée comme le demande l'Eglise irait contre ce qui se fait habituellement dans nos paroisses ». Ite missa est!

 

 

 (1) Cardinal Daniélou in Fidélité et Ouverture, bulletin des intellectuels catholiques, fondé par Gérard Soulages.
(2) Cardinal Garronne, France Catholique-Ecclesia, n°1573 du 4.2.1977.

A voir comment la liturgie est traitée dans un grand nombre d'églises paroissiales, on en conclut que beaucoup de prêtres ont oublié que le sujet qui élabore la liturgie n'est pas le spécialiste ou le célébrant, mais la communauté catholique dans son ensemble, autrement dit l'Eglise tout entière.  Aujourd'hui, chaque prêtre, chaque groupe de fidèles, chaque "équipe liturgique" semble désormais vouloir être "créateur" de la célébration, alors que l'authentique devoir de tout fidèle n'est pas d'imaginer des façons d'adapter la liturgie mais d'approfondir la liturgie reçue de l'Eglise, de chercher à la comprendre et à la vivre intérieurement. Du fait qu'on a oublié que la liturgie est un fruit de l'Eglise dérive un pluralisme qui en réalité est un subjectivisme, un individualisme n'ayant que peu à voir avec les bases de la célébration commune de la foi. Depuis que chacun s'est cru autorisé à bricoler la liturgie, les diverses façons d'organiser les célébrations ont engendré des groupes de fidèles, des sortes de clubs et de courants qui en sont venus à se fermer sur eux-mêmes pour aller jusqu'à se contredire les uns les autres et causer ainsi de graves dommages au peuple de Dieu de plus en plus déconcerté.

 

 

 

La vision subjective de la liturgie qui s'est développée surtout depuis Vatican II, a fait que le rite a été considéré comme un carcan, comme une atteinte à la liberté du célébrant. On a ainsi perdu de vue que le rite qui détermine la forme de la liturgie est, au contraire, un outil au service de l'expression de la foi, un don offert aux croyants par l'Eglise pour échapper au subjectivisme des acteurs de la liturgie; il n'est pas une muraille qui empêche le fidèle de saisir le sens de la célébration mais une fenêtre ouverte permettant au croyant de voir bien au-delà de ce qui fait son univers ordinaire. Si les prêtres ne respectent plus le missel, s'ils ne le mettent plus correctement en oeuvre en vue de célébrer la liturgie qui est vraiment l'expression commune de la foi en l'Eucharistie, si chaque messe est exposée au morcellement et à des expériences pastorales qui changent constamment, alors la foi catholique n'apparait plus comme une vérité mais simplement comme une opinion qu'il s'agit de rendre humainement intéressante en l'adaptant aux idées du moment. Autrement dit, la liturgie n'apparait plus comme l'expression globale à la foi, mais comme le résultat d'inspirations puisées à des expériences anthropologiques partielles et subjectives. On aboutit alors à une désagrégation du sensus fidei chez les fidèles, lesquels se montrent d'ailleurs de plus en plus incapables d'avoir une vision d'ensemble de leur religion. A la suite d'une lecture erronée des textes conciliaires, certains pasteurs ont brisé le lien unissant étroitement la liturgie et l'Eglise. Cette rupture a conduit à oublier que le sens de la liturgie ne peut être compris qu'à partir de sa connexion vitale avec l'Eglise; cet oubli, comme on le constate, a rendu de nombreux célébrants incapables de concevoir la liturgie qu'ils célèbrent à partir de la Tradition de l'Eglise : pour eux, ce qui se fait à l'autel doit partir de la toute dernière méthode qui se donne pour pastoralement efficace. Une telle dépendance à ce qui semble toujours nouveau est même devenue chez certains la marque d'une opposition à tout ce qui peut paraître traditionnel; si bien que, pour eux, la foi de l'Eglise ne semble plus pouvoir être soutenue et exprimée par la liturgie, laquelle ne leur apparaît plus que comme un obstacle à une foi "sincère", "authentique", "populaire", vécue au sein d'un christianisme devant être sans arrêt relooké, simplifié, édulcoré.


La rupture entre l'Eglise et la liturgie tend à les vider toutes les deux de l'intérieur : l'Eglise comme la liturgie deviennent alors des sortes de coquilles vides. Car une Eglise qui ne célèbre pas sa foi à travers une liturgie reçue de la Tradition vivante n'a pas de fondement biblique; elle se transforme peu à peu en un produit historique, conjoncturel : elle n'est alors plus qu'une institution parmi d'autres, un simple cadre d'organisations humaines nécessitant une surmultiplication de bureaux, de groupes, d'équipes qui se donnent pour but de fonctionner sans pour autant évangéliser. De même, la liturgie sans l'Eglise n'est plus la célébration de la foi reçue des Apôtres, mais un empilement de rites, une collection de pratiques dont on s'emploiera à tirer ce que l'on juge ponctuellement utile ou plaisant. Une liturgie qui n'est pas vécue dans le corps vivant de l'Eglise devient une sorte de terrain de fouilles pour archéologues : la célébration de la foi ne revient alors plus aux pasteurs légitimes, au Magistère, mais à des fidèles qui avec leurs études toujours provisoires et changeantes se font passer pour des experts en pastorale. Pour faire face à cette situation ruineuse, le fidèle catholique doit avoir l'audace de croire que sa foi (en communion avec celle de l'Eglise) est au-dessus de tout "magistère parallèle" : celui des experts, des intellectuels, des clercs ayant participé à des sessions de recyclages diocésains pilotés par les mêmes experts et intellectuels.

 

La liturgie, aujourd'hui comme hier, n'est constituée ni de découvertes sur ses sources, ni par de modes pastorales, ni de lubies de tel ou tel célébrant, mais par ce qui a été transmis par l'Eglise, authentifié par le Magistère et vécu dans l'Eglise depuis les Apôtres jusqu'à nos jours. C'est la fidélité à la liturgie ainsi comprise et célébrée qui a donné tant de saints et de saintes : ceux-ci étaient parfois illettrés, en tout cas fréquemment ignorants des grandes questions liturgiques. Pourtant, ce sont eux qui ont le mieux compris ce que devait être la célébration de la foi; ce sont eux qui ont le mieux vécu la liturgie en profondeur, sans forcément chercher à l'adapter à leurs charismes ou à leur sensibilité.

 

Pro Liturgia

Comme tous les fidèles membres de l'Eglise catholique, j'ai été baptisé. Je ne me souviens pas de cette cérémonie, mais je crois pouvoir affirmer sans risque de me tromper, que lorsque le prêtre m'a intégré dans la communauté des croyants - l'Eglise ! - il n'a pas demandé à mon parrain ou à ma marraine si je souhaitais être plutôt "tradi", ou plutôt "charismatique", ou plutôt "progressiste", ou plutôt ceci ou cela... Il m'a fait membre de l'Eglise, un point c'est tout… Aujourd'hui, je fais encore partie de cette même Eglise (car je reste attaché à la Vérité Incarnée du Christ), et je réclame que cette appartenance soit reconnue et respectée par les autres fidèles, qu'ils soient clercs ou laïcs… Seulement voilà : faire partie de l'Eglise catholique (du moins, en France) est devenu singulièrement compliqué. La preuve :

 
 
 
 
 
- aux yeux de mes amis, je suis un type un peu décalé. Autour de moi, on se pacse, on se dépacse, on avorte, on vit en concubinage, on divorce, on ne croit plus en Dieu, on ne pratique plus du tout… Ceux qui pratiquent encore, c’est uniquement à l'occasion de Noël, d'un mariage ou d'un enterrement (non pas pour prier pour l'âme du défunt, mais pour "rendre hommage" !).

- aux yeux du curé de ma paroisse, je suis un empêcheur de tourner liturgiquement en rond. Pensez donc : dès que j'en ai l'occasion, je lui fais savoir que je suis pour le respect de l’unique rit romain actuel… Comme Benoît XVI, je suis aussi pour l’agenouillement… ce qui, bien sûr, est une circonstance aggravante.
 
- aux yeux de mon évêque, je suis un type à éviter. C'est normal : quand j'apprends qu'il laisse faire tout et n'importe quoi en liturgie et en catéchèse, je lui rappelle l'enseignement du Concile Vatican II et des papes. Ce qui est tout de même impertinent ! Les évêques n'aiment pas que les fidèles "de la base" leur fassent la leçon. Mais le fidèle ‘’de la base’’ sait qu’il a aussi des obligations et des devoirs… notamment le devoir de dénoncer les théâtres liturgiques via le canon 212 paragraphe 2 et 3…
 
- aux yeux de certains évêques français auxquels je m'adresse pour leur demander l'application des textes magistériels, je suis quelqu'un de passablement empoisonnant. Il est vrai que je n'ai pas l'habitude de les applaudir à chaque fois qu'ils font une déclaration sur la "tolérance" ou sur le "respect de l'autre" ou sur la "fin du ramadan". J'aurais même une fâcheuse tendance à leur rappeler qu'ils feraient souvent mieux de s'occuper de ce qui est plus directement de leur compétence et pour quoi ils ont été ordonnés prêtres : la vie sacramentelle, la prière, la diffusion des textes du Saint-Père... A la suite de Benoît XVI, je constate que l’ « activisme vide » fait des dégâts depuis plus de 40 ans…
 
 
 
Mais que je ne plaise pas au curé de ma paroisse, à certains évêques de France, voilà qui n'a à mes yeux aucune espèce d'importance : le jour de mon baptême, il ne fut pas question de prêter allégeance à un clergé particulier ou à de quelconques orientations pastorales. La "pastorale" n'est d'ailleurs pas un objet de foi. Il me suffit donc de me sentir attaché à l'enseignement de l'Eglise fidèlement transmis par les papes et par les conciles… et de prier avec ardeur pour l’Eglise ‘’de’’ France !

« Je viens du Ciel ! ». C’est par ces paroles que la Sainte Vierge, en apparaissant aux enfants de Fatima, révéla le lieu d’où elle venait à Lucie qui le lui demandait. Le message de Fatima, dont nous célébrons le 90ème anniversaire cette année, nous rappelle que nous sommes créés pour le Ciel, et que c’est vers le Ciel que nous devrons orienter notre existence ici-bas…

 
 
 
C’est parce que nous sommes destinés précisément vers le Ciel, lieu du bonheur sans fin, que nous portons en nous, comme désir le plus grand, le désir d’être heureux, de vivre la joie intime et la paix authentique. Les choses de la terre ne peuvent jamais remplir et satisfaire la réalité spirituelle qui est la nôtre, que nous appelons l’âme, et qui peut seulement se nourrir de choses spirituelles, de biens célestes, et non pas de choses terrestres. La soif de bonheur que l’homme porte au-dedans de lui-même, vient de cette réalité de l’esprit qui est en lui et qui, étant immense, rend immense le désir de satisfaction et de joie qui envahit le cœur humain. Vouloir se désaltérer avec une seule goutte qui, à peine trouvée s’évapore aussitôt, est une pure illusion. L’homme assoiffé s’il cherchait seulement des gouttes, mourrait rapidement de soif ! Que de fois, malheureusement, on se fait l’illusion de satisfaire la soif du Ciel, de l’Infini, de l’Eternel, avec des gouttes, avec de minuscules fragments de joies et de plaisirs terrestres, qui ne parviennent jamais à satisfaire l’esprit humain. Elles s’évaporent au moment même où on les consomme. Et alors, au lieu de nous arrêter pour réfléchir et rentrer au plus intime de nous-mêmes pour chercher la Raison de cette nostalgie d’amour que nous ressentons comme quelque chose d’insatiable, nous continuons notre course folle des sens derrière les autres milliers de petites gouttes, qui annoncent toujours un bonheur, et qui s’évaporent toujours comme la goutte ! L’homme, de cette manière, au lieu de boire à la Fontaine d’eau vive, de se laisser aimer par Dieu, recherche les gouttes, en vivant dans l’illusion et en se laissant emprisonner dans un cercle vicieux, comme un chien qui ne cesse de se mordre la queue. Nous autres chrétiens, nous ne pouvons nous laisser prendre par l’illusion de trouver le Ciel, la vraie joie, la paix profonde, la liberté de l’esprit... dans les choses d’ici-bas. Nous ne pouvons penser la vie éternelle comme quelque chose qui commencera seulement après notre mort ! Pour celui qui comprend ainsi la vie éternelle, il est logique qu’il cherchera à vivre en fonction des choses d’ici-bas, en renvoyant au-delà de la tombe les choses d’en-haut. C’est là une grave déformation de notre foi dans le Seigneur Jésus qui nous a promis de manière claire que la vie éternelle, le Royaume de Dieu, commence déjà dès le moment de notre première rencontre avec Lui : « La venue du Royaume de Dieu ne se laisse pas observer, et l’on ne dira pas : ‘Voici : il est ici ! Ou bien : il est là. Car voici que le Royaume de Dieu est au milieu de vous » (Luc 17, 20b-21). Notre vie, dès lors, est une participation au Royaume de Jésus, une communication à la vie éternelle, si nous nous laissons pénétrer toujours par les choses d’en-haut, en nous dépouillant progressivement des choses d’ici-bas, qui sont transitoires, qui passent rapidement, et qui s’usent avec le temps. Tout ce qui est terrestre, reçu des hommes ou du monde, n’est pas éternel. Seul le Bon Dieu, qui est l’Eternel, sait nous donner les dons éternels ; mais, pour les recevoir, il faut avoir la vraie foi en Lui, comme l’ont eue les saints, qui ont pu proclamer par leur vie : « Roc de mon coeur, ma part, Dieu à jamais » (Psaume 73, 26). Pour suivre le Seigneur, ils ont renoncé à eux-mêmes, ils ont laissé leurs petits et leurs grands égoïsmes, en dépassant l’attirance des choses terrestres par l’attrait incomparable des choses du Ciel, bien supérieures à celles de la terre ! Les saints ont mis leur vie dans les mains de Dieu, et ils ne s’en sont jamais repentis, car ils croyaient que c’était le Seigneur qui guidait tous les événements, bons ou mauvais de la vie, jusqu’à devenir Lui-même : leur vie pour toujours ! Ils ont cherché en premier le Royaume de Dieu et sa justice, et tout le reste leur a été donné en supplément, selon la promesse du Seigneur (cf Matthieu 6, 33), qu’ils ont prise à la lettre, et qui s’est accomplie littéralement ! Telle est la foi des saints : elle prend au sérieux toute parole de Jésus et jouit de sa réalisation. En s’occupant seulement d’aimer Dieu, et, en Dieu, toute créature, le coeur des saints a toujours plus goûté les choses du Ciel, et a perdu le goût pour les choses de la terre, exactement comme l’avait promis Jésus : « Qui boira de l’eau que je lui donnerai n’aura plus jamais soif ; et l’eau que je lui donnerai deviendra en lui source d’eau jaillissant en vie éternelle » (Jean 4, 14).

Le choix se présente chaque jour à chacun d’entre nous : voler vers le Ciel, ou ramper sur la terre. Voilà pourquoi la Sainte Vierge apparaît, vient du Ciel pour nous montrer où se trouve notre vraie Patrie (+) et pour nous y conduire ; en effet, « Elle est le refuge et la voie qui conduit à Dieu » (Benoît XVI, salut en portugais, Angélus, 14 octobre 2007)
 

 

  

« Ceux qui ont retiré les agenouilloirs dans les églises ont fait du mal à la communauté

catholique. L’Eglise n’a jamais demandé ça. Rome n’a jamais demandé ça.

C’est comme dans les églises où on a enlevé les bancs de communion. L’Eglise de Rome

n’a jamais demandé qu’on enlève les bancs de communion » (Cardinal Francis Arinze)

 

   
Seigneur Jésus, Fils Eternel du Dieu vivant, nous savons que Vous avez pris chair dans le sein virginal de Marie, et que Vous nous avez rachetés, en mourant pour nous, pauvres pécheurs, sur la Croix. De Votre Cœur Sacré, percé par la lance du soldat, Saint Jean a vu couler du Sang et de l'Eau. De cette source inépuisable se répandent, depuis vingt siècles, sur l'humanité pécheresse, des torrents de miséricorde. Mais Vous avez voulu associer étroitement à cette Œuvre de salut Votre Très Sainte Mère, la Vierge Marie. Le vieillard Siméon lui avait annoncé qu'un glaive de douleur lui transpercerait l'âme ; dès lors, Elle a accepté, pour notre Salut, Votre immolation ; debout au pied de la Croix, Elle est devenue, par son Fiat, notre Co-Rédemptrice. Au ciel, Elle ne cesse d'intercéder pour nous auprès de Vous et c'est par ses Mains virginales que Vous nous distribuez toutes Vos grâces. Vos deux Cœurs, inséparablement unis dans la douleur et dans la gloire, sont le repos de ceux qui vous aiment et le refuge assuré des pécheurs repentants. Nous voulons que ces deux Cœurs unis dans l'Esprit Saint : Votre Cœur Sacré et Miséricordieux, Oh ! Jésus, Votre Cœur Douloureux et Immaculé, Oh ! Marie, règnent désormais sur notre foyer. Oh ! Jésus, nous voulons prendre pour règle de toute notre vie, non pas les idées, les modes de ce monde enflé d'orgueil et pourri de jouissance, mais Vos Enseignements et Vos Exemples. Oh ! Marie, nous voulons puiser dans Votre Cœur Douloureux et Immaculé une soumission pleine d'amour à la Sainte Volonté de Dieu, et une haine vivace de tout péché. Que Vos deux Cœurs Unis écartent de notre foyer tout germe de discorde, que nous soyons comme les premiers chrétiens, « un seul cœur et une seule âme », travaillant selon nos moyens à l'extension de Votre Royaume de Vérité et d'Amour, par la prière, la pénitence, l'exemple d'une vie d'authentique charité, et la diffusion de Vos Messages miséricordieux aux hommes de notre temps. Faites-nous la grâce d'élever nos enfants dans la crainte et l'Amour de Dieu. Sans Vous, nous ne pouvons rien ; soyez toujours notre lumière, notre force et notre consolation. Que la Sainte Eucharistie et la méditation des Mystères du Rosaire soient notre nourriture quotidienne. Nous ne demandons pas d'autre récompense que de Vous aimer et de Vous faire aimer toujours davantage, de partager ici-bas Vos peines et là-Haut, Votre Gloire éternelle.
 
Du Père Michel-Louis Guérard des Lauriers O.P., (Approbation du Vicariat de Rome, le 14 juin 1969)

Si, au moment d’envoyer ses disciples dans le monde, le Seigneur leur avait donné une liste des problèmes sur les rapports qu’ils auraient dû avoir avec les sociétés et les cultures, les pauvres, ils auraient fui ! Mais cela ne s’est pas passé de cette manière. Ils devaient « seulement » annoncer que Dieu était venu au milieu de nous, guérir les malades, chasser les démons, donner gratuitement ce qu’ils avaient reçu…

 
 
 
Les Conciles de l’Eglise, eux aussi, ne se sont pas occupés d’autre chose, si ce n’est de l’approfondissement de la foi en la personne de Jésus pour amener le monde à Dieu. A dire vrai, la tentation d’un « ecclésio-centrisme » mal compris - pour rester dans un langage contenu - est dur à mourir : elle fait croire à des chrétiens ‘’conciliaires’’, que le Concile Vatican II a fait naître « un nouveau vocabulaire ecclésial ». Voilà un exemple typique de lecture de l’état du monde et des tâches de l’Eglise « à la lumière du Concile » - un refrain qui est devenu désormais une obligation - que l’on rencontre chez ceux qui sont chargés des travaux entre les Eglises, et dans ce cas, un des nombreux responsables soi-disant « bien informés » et modernes : « Une manière différente de considérer le dialogue avec le monde contemporain, avec la société, avec les cultures, avec les sciences, avec les hommes et les femmes de notre époque. Depuis le Concile, on a vu naître des débats, des confrontations même, et même le schisme qui s’est produit en 1988 » -celui de Mgr Lefebvre. Et puis, le scandale inouï : « Des dizaines de théologiens ont été désavoués, relevés de l’enseignement, réduits au silence, et même dans certains cas, expulsés ou contraints à sortir eux-mêmes de l’Eglise, parce que leurs recherches, leurs livres, leurs enseignements, tout en partant du Concile, voulaient ouvrir des voies nouvelles, pas toujours appréciées, pas toujours claires ».
 
Comme si, avant le Concile, l’Eglise ne vivait pas dans la réalité, comme si l’époque patristique, les théologiens du Moyen Age et les Saints modernes n’avaient pas connu les débats et les confrontations vives. Quant aux « soi-disant » théologiens « réduits au silence », l’affirmation est véritablement incroyable : étant donné, par exemple, que Leonardo Boff a à peine écrit un livre contre la pensée et la personne du Pape. L’important, dans ces cas, c’est que l’on parle « en partant du Concile » ; et en effet, il s’agit seulement d’un point de départ, pour parler ensuite de toute autre chose, et non pas certes de ce que le Concile a vraiment dit. Pour beaucoup, ce n’est pas ce que le Concile Vatican II a réellement affirmé qui compte, mais l’interprétation à donner au Concile : on a tendance en général à le considérer comme une « nouvelle création », raison pour laquelle le rôle de l’Eglise dans le monde consiste surtout à « dénoncer les injustices et à s’engager dans le domaine social », au nom de la foi, sans se demander auparavant ce qu’est la foi, sans se préoccuper du silence sur l’espérance qui ne dépasse pas cette terre ! Mais quelle vertu théologale serait-elle si elle ne valait que pour ce monde ?
 
Il semble que, pour ceux qui sont chargés des travaux, « l’esprit du Concile », dont on parlait jusqu’à des temps récents, ait laissé la place à un fantôme « globalisé et globalisant » qui se répand dans l’Eglise de tous les continents et apporte avec lui des questions précises et inévitables : quelle forme de dialogue entreprendre avec les nombreuses sociétés, cultures et religions ? Est-ce que l’Eglise, jusqu’à présent, s’est efforcée de trouver la volonté de Dieu ? et ils insistent en disant « qu’il faudra qu’elle s’engage pour que le monde devienne moins injuste ». Il faut dire en toute vérité que le bon peuple chrétien savait que, dans l’Eglise répandue dans le monde, soufflait l’Esprit Saint et que, si quelqu’un y travaillait de manière « parallèle », il ne s’agissait pas d’un fantôme, mais que c’était « le diable... comme un lion rugissant » (cf 1 Pierre, 5, 8). Le peuple chrétien sait en outre que l’unique mandat du Christ à l’Eglise est le dialogue, c’est vrai, mais celui du salut, qui parle de Dieu, ou encore en un mot, l’Evangile ; un dialogue toujours nouveau à chaque génération comme le rappelle « Evangelii Nuntiandi » de Paul VI, ou la Nouvelle Evangélisation de Jean Paul II. C’est là la tâche permanente de l’Eglise : celle de guérir l’homme de son péché, non pas avec des recettes aléatoires à la mode ou avec l’activisme, mais avec le remède d’immortalité qu’est le Christ, qui guérit et ressuscite les hommes de toutes les générations, et qui, sans cela resterait malade et mourrait. Cela n’a été « inventé » par aucun Concile, et l’on ne pourrait inventer d’autre recette : cela était valable avant le Concile Vatican II, et vaudra à jamais. Le sens de l’interprétation correcte du Concile, qui a réalisé une réforme et non pas une rupture, est indiqué par le Pape Benoît XVI, et est valable à chaque époque et à chaque génération dans l’Eglise ; et ce n’est pas autre chose que la réalisation continue de la Parole du Verbe : « Voici, je fais l’univers nouveau » (Apocalypse, 21, 5). La nouveauté authentique, actuellement, serait le dialogue entre la raison et la foi, s’il n’était pas en vérité une chose déjà ancienne : il remonte à l’évangéliste Jean qui a écrit : « Au commencement était le LOGOS », le Verbe, la Parole, la Raison à partir de laquelle sont faites toutes choses. L’Eglise lit le Concile, le comprend et le réalise à la lumière du « Logos » éternel qui existe dès le commencement et qui l’anime par l’Esprit Saint. Il n’existe pas d’autre esprit, même « conciliaire », qui puisse la guider. Ce ne serait seulement qu’un fantôme.
 

1. O Heiland, reiß die Himmel auf,

Herab, herab, vom Himmel lauf!

Reiß ab vom Himmel Tor und Tür,

adventReiß ab, wo Schloss und Riegel für!

 

2. O Gott, ein’ Tau vom Himmel gieß;

Im Tau herab, o Heiland, fließ.

Ihr Wolken, brecht und regnet aus

Den König über Jakobs Haus.

 

3. O Erd’, schlag aus, schlag aus, o Erd’,

Dass Berg und Tal grün alles werd’

O Erd’, herfür dies Blümlein bring,

O Heiland, aus der Erden spring.

 

4. Wo bleibst du, Trost der ganzen Welt,

Darauf sie all’ ihr’ Hoffnung stellt?

O komm, ach komm vom höchsten Saal,

Komm tröst uns hier im Jammertal.

 

5. O klare Sonn’, du schöner Stern,

Dich wollten wir anschauen gern.

O Sonn’, geh auf, ohn’ deinen Schein

In Finsternis wir alle sein.

 

6. Hier leiden wir die größte Not,

Vor Augen steht der ewig’ Tod;

Ach komm, führ uns mit starker Hand

Vom Elend zu dem Vaterland.

 

 

Enregistré dans la Cathédrale de Cologne
le 2 décembre 2012 (1er Dimanche de l'Avent)
Enregistré dans la Cathédrale d'Augsbourg
le 30 novembre 2014 (1er Dimanche de l'Avent)
 

Wij groeten u, o koningin, o Maria :
U Moeder, vol van teed're min, o Maria :

 

R. Groet haar, o cherubijn:
Prijs haar, o serafijn:
Prijst met ons uw koningin:
Salve, salve, salve Regina!


O Moeder van barmhartigheid, o Maria :
En troost in alle bitterheid, o Maria :

Ons leven, zoetheid, hoop en vreugd', o Maria :
Leid gij ons op de weg der deugd, o Maria :

Toon ons in 't uur van onze dood, o Maria :
De zoete vrucht van uwe schoot, o Maria :

 

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