Un internaute nous envoie cette excellente description des messes paroissiales que l’on fait abusivement passer pour conformes à la liturgie post-conciliaire : « Parmi les contestataires d’un autre âge qui sévissent dans nos paroisses, il existe une catégorie spéciale et particulièrement irritante : les « mamies-bigoudis ». Comme leur surnom l’indique, ce sont des femmes, retraitées (parfois assez tôt), au « brushing » tantôt soigné, tantôt mis en ordre à l’aide de bigoudis, qui sévissent dans toutes les paroisses rurales et dans presque toutes les paroisses urbaines. Vraies religieuses en civil ou laïques frustrées de la prêtrise, ces dames dirigent les paroisses et n’en font qu’à leur tête, ignorant superbement les règles liturgiques, les enseignements de l’Eglise, et jusqu’au curé qu’elles chaperonnent assidûment. Totalement persuadées d’agir dans la droite ligne des décisions du Concile Vatican II, elles seraient surprises, si elles l’avaient lu, d’y découvrir que « dans les célébrations liturgiques, chacun, ministre et fidèle, en s’acquittant de sa fonction, fera seulement et totalement ce qui lui revient en vertu de la nature des choses et des normes liturgiques. » (Cf. Constitution Sacrosanctum Concilium)

 

Entrez dans une église un dimanche matin, une demi-heure avant le début de la messe. Le prêtre n’est pas encore arrivé : il célèbre ailleurs et, sitôt la messe terminée, il saute dans sa voiture pour la messe suivante à quelques kilomètres. Vous pensez naïvement qu’en arrivant en avance vous allez pouvoir en profiter pour vous recueillir et prier dans le silence. Espoir vite déçu ! Déjà en entrant, alors que vous cherchez vainement l’eau bénite au fond du bénitier vide, qu’une de ces dames estime inutile de remplir, vous êtes dévisagé par une des animatrices de garde, à l’entrée, qui distribue la feuille de chants. Il est possible, si elles ne sont pas assez nombreuses, que sans vous connaître et de leur propre initiative, elles vous demandent sur votre bonne tête si vous voulez bien donner un « coup de main » en distribuant la communion. Avisez-vous de refuser en précisant que vous n’êtes ni prêtre ni diacre, et vos oreilles siffleront dans les minutes qui suivent. Enfin installé sur votre banc, vous assistez à un incessant ballet de dames très sérieuses tournant au milieu du sanctuaire dont l’accès est pourtant réservé au prêtre et aux servants de messe. Mais ce caractère sacré est totalement occulté : l’espace où se trouve l’autel est au contraire une sorte de « scène » qui va de la sacristie au tabernacle, du présentoir à journaux au centre de la nef, du micro à l’ambon, et où se prépare l’autocélébration de la sacro-sainte « équipe liturgique ».

 

http://img.over-blog.com/300x304/0/21/41/34/liturgie/modernisme.jpgSans cesse l’une des « mamies-bigoudis » passe et repasse, faisant l’importante en veillant à ce que tout soit prêt, en choisissant les lecteurs, en disant un mot à l’une, en faisant la bise à l’autre, en émaillant ses actions de commentaires proférés à voix haute afin que chacun en profite et comprenne que ce que fait une « mamie-bigoudis » est indispensable au bon déroulement d’une célébration. Dans un coin une adolescente enfile une aube en mettant de l’ordre dans sa queue de cheval. Le prêtre arrive enfin. En même temps qu’il revêt les ornements liturgiques sortis à l’avance par ces dames (à l’exclusion de la chasuble), il prend connaissance du programme de la messe qu’il n’a pas eu le temps de vérifier et qu’il est donc contraint d’approuver sans discuter. L’animatrice se place derrière le micro, et après avoir vérifié que tout est en place, dit bonjour à l’assemblée, poursuit par un mot d’accueil de sa composition, et entame le chant d’entrée : « Peu-pleu de frè-reu, peuple du parta-geu... » Le rôle de l’animatrice à la voix stridente et trémulante est si important qu’elle reste derrière son micro durant presque toute la messe pour ponctuer les oraisons d’ « amen » au cas où les fidèles ne sauraient pas ce qu’ils doivent répondre. Le prêtre suit scrupuleusement le programme fixé.


Après son propre mot d’accueil, il élude le « Je confesse à Dieu » pour laisser la parole à la dame qui entonne un chant pénitentiel inédit. Le « Gloire à Dieu » suit, avec des paroles sans grand rapport avec l’original puisque la dame a choisi la plus inchantable des versions ; d’une voix suraiguë, elle crie « Gloire à Dieu dans les cieux, Paix aux hommes sur la te-er-reu » ! Puis l’animatrice suit son programme, fait un discret signe de tête aux lecteurs désignés lorsque leur tour est venu (on ne sait jamais, des fois qu’ils oublient...), traverse le sanctuaire pour régler le micro du lecteur, puis retourne à sa place. Pendant ce temps, l’une des dames est en faction devant la porte de la sacristie, où une chaise a été placée à son intention. Une autre parcourt la nef et scrute les fidèles, tel un suisse sans son costume. L’animatrice poursuit avec constance son « show ». Elle lève les mains bien haut pour inviter les fidèles à se lever avant l’ « Alleluia », et fait le geste inverse après l’Evangile. Le « Je crois en Dieu » est remplacé par une fantaisie qui permet à la dame de se replacer derrière son micro. Puis vient le temps de la prière universelle. Entre deux refrains d’une pauvreté lexico-musicale affligeante, une autre « mamie-bigoudis » débite des âneries débilitantes, généralement tirées d’une des revues « liturgiques » qui font la démonstration que les années 70 sont toujours vivantes chez certains éditeurs. 


Après la quête, une des dames entre de nouveau dans le sanctuaire et va déposer les paniers au pied de l’autel, quand ce n’est pas dessus, alors que la jeune fille en aube, soigneusement guidée par une autre « mamie », apporte les offrandes. L’animatrice est toujours là, vigilante. Elle est spécialement attentive à ce qu’aucun moment de recueillement ni d’adoration ne soit possible. Lors de l’élévation, elle s’approche du micro et entonne un court refrain. Et juste après, disons dans les cinq secondes, elle entonne l’anamnèse qui a pour unique objet de couper net la contemplation et l’inclinaison des fidèles empêchés de s’agenouiller depuis que Madame Michu a décidé de remiser les prie-Dieu dans la réserve. Le « Notre-Père » est dit par la dame au micro en même temps que le prêtre et plus fort que lui. Arrive le grand moment du geste de paix : dans un indescriptible brouhaha, tout le monde s’embrasse et se congratule. Les « mamies-bigoudis » passent de rang en rang, se font des petits signes d’amitié et se sentent obligées d’aller serrer la main des fidèles du dernier rang. Dans ce bruit, et alors que le prêtre serait mal vu s’il ne se déplaçait pas lui aussi au moins jusqu’au milieu de la nef, l’animatrice entonne l’ « Agneau de Dieu », pardon, « La paix soit avec vous, la paix de Jésus-Christ », tandis qu’une autre laïque va au tabernacle, l’ouvre et revient à l’autel d’un air compassé pour y déposer le calice. Trois dames s’alignent pour distribuer la communion. Si le prêtre est assez âgé ou malade, elles ont la joie de le voir rester à sa place. Sinon, il faut bien tolérer qu’il donne la communion avec elles... 

 

http://img.over-blog.com/400x261/0/21/41/34/liturgie/nocomment.jpgVous allez communier après avoir demandé pardon au Seigneur pour votre manque de charité, et vous tentez de vous diriger vers le prêtre car vous souhaitez respecter la règle posée par les instructions pontificales successives en recevant la communion de ses mains. Impossible ! L’emplacement de ces dames dans l’église est calculé de manière à vous empêcher de les contourner discrètement. Pendant ce temps, afin de vous faire oublier que vous recevez le Corps du Christ offert en sacrifice pour notre salut, l’animatrice emplit l’église de sa gracieuse voix depuis le début de la communion jusqu’à ce que le prêtre se rassoie, la même dame que tout à l’heure ayant remis en place le calice et nettoyé celui utilisé pour le sacrifice eucharistique, le cas échéant directement à l’autel. Au moins avez-vous le loisir de méditer en écoutant les paroles du chant de communion, sur les raisons pour lesquelles des millions de fidèles ont déserté les églises pour n’y plus remettre les pieds, si ce n’est à l’heure de la mort. Mais le show n’est pas terminé ! Vient le temps des annonces !

 

Se succèdent au micro : jeunes adolescents boutonneux qui vendent des gâteaux pour financer leur camp au bout du monde ; dames-catéchistes qui précisent les jours et heures d’inscription ; jocistes désireux de promouvoir leur calendrier ; responsable du conseil économique de la paroisse qui parle longuement des finances d’icelle ; re-jeune boutonneux qui annonce la messe des jeunes la semaine suivante et invite les musiciens amateurs à une répétition, etc. Enfin, le chant final donne lieu à une nouvelle démonstration de force de la dame, toujours pas épuisée, qui nous invite à « faire Eglise conformément aux orientations synodales promulguées par notre évêque » et fait durer « son » plaisir avec les six ou sept couplets du chant. Dans certaines paroisses, c’est le moment que choisissent certains pour taper joyeusement dans les mains, voire pour danser sur place d’un air inspiré. Pour un peu que le prêtre ne soit pas pressé de sortir, vous restez à votre place par correction et vous subissez la chanteuse jusqu’au bout, c'est-à-dire jusqu’au « bon dimanche et bonne semaine à tous » de la dame.

 

En sortant, vous vous promettez d’aller à la messe un soir de la semaine, pour adorer votre Seigneur présent dans l’Eucharistie, sans chants, sans prière universelle, sans serrement de pince, en bref, sans commentaires... Mais votre calvaire ne prend pas fin pour autant, même si vous décidez de changer de paroisse, par exemple pour rejoindre une église ou la liturgie est célébrée dans la forme « extraordinaire » ou une paroisse confiée à un jeune prêtre qui, courageusement, a rappelé qu’il était le patron et que c’est à lui, pas aux « mamies-bigoudis », que l’évêque a confié la charge de la paroisse. Ce n’est pas fini, parce que vous avez sans doute des amis, des enfants, et donc que vous assistez, ou participez à des baptêmes ou des communions pour vos filleuls ou votre progéniture. Les « mamies-bigoudis » sont là, encore incontournables ! Elles vous recevront plusieurs semaines avant la cérémonie pour vous expliquer en quoi cela consiste. Si vous leur faites remarquer que vous êtes catholique pratiquant régulier, vous ne les découragerez pas pour autant. Elles vous font remplir les formulaires et vous informent de la date de la réunion d’information. La dite réunion, qui se tient hors la présence du prêtre, est l’occasion pour les dames de ne pas vous dire un seul mot du sacrement que votre enfant recevra mais de vous abreuver de conseils et recommandations diverses sans autre intérêt que la mise en valeur de la « responsable ». Si vous êtes parrain, les dames vous prendront à part avant la cérémonie pour vous expliquer quand et comment tracer le signe de la croix, prendre, allumer et tenir le cierge baptismal, etc. En bref, vous serez considéré comme un grand enfant. 

 

Le jour de la première communion de votre enfant, vous constaterez sans surprise que les « mamies-bigoudis » sont encore plus présentes que d’habitude et se mêlent aux dames-catéchistes pour diriger les enfants, les surveiller, et les faire passer dans le sanctuaire, ou autour de l’autel, au bon moment. Elles leur auront d’ailleurs fait revêtir une sorte d’écharpe de couleur vive, qu’elles porteront également et que chacun sera invité à agiter joyeusement au cours de la messe. Faut-il continuer ?

 

 

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Que ceux qui pensent que j’exagère, que rien de tout cela ne correspond à la réalité, prennent le temps d’aller sur les sites internet des diocèses et des paroisses, et de consulter les photographies ou les vidéos des messes mises en ligne. Qu’ils fassent cette recherche, qu’ils observent et s’interrogent. (...) Que faire ? S’il ne suffit pas de se plaindre de ces insupportables déviances que Benoît XVI en visite en France évoquait, parlant de « déformations de la liturgie, à la limite du supportable », il faut se demander ce que nous pouvons faire à notre niveau pour mettre fin à ces errements liturgiques. Grosso modo, le fidèle pratiquant régulier soumis à ces guignoleries plus ou moins régulièrement a trois possibilités : s’en aller sur la pointe des pieds et cesser toute pratique religieuse, voie suivie par des dizaines de millions de nos compatriotes depuis quelques décennies, même si la question liturgique n’est pas la seule en cause, loin s’en faut ; changer de paroisse et trouver, si c’est possible, une communauté respectueuse des formes liturgiques de l’Eglise, ou fréquenter la forme extraordinaire, au risque d’une ridicule mais réelle ostracisation amicale et sociale... ; rester dans sa paroisse, ne rien faire et subir, au prix d’un affaiblissement de la foi, d’un dégoût progressif de la messe dominicale et finalement d’un éloignement, au moins spirituel, d’une pratique restant au mieux purement formelle.

 

Il existe une quatrième solution, la plus improbable, la plus difficile, la plus risquée : rester dans la paroisse et agir pour que cela change. En pratique cela nécessite d’abord une solide formation liturgique que peu d’actifs en pleine force de l’âge ont le temps de recevoir. Cela nécessite également quelques vertus majeures et indispensables, telles que la charité fraternelle, une patience d’ange, une forte capacité à encaisser les coups, un solide sens de l’autodérision, une absence totale de susceptibilité, une force de conviction hors du commun, un sens de la répartie foudroyant, le don de savoir parler en public et de belles capacités de gestion des conflits. Le tout vous permettra d’argumenter, d’expliquer, de faire comprendre, de répéter sans vous lasser, de passer outre les critiques et les mesquineries, de convaincre votre curé, de mettre gentiment à l’écart les « mamies-bigoudis », avec douceur et fermeté, de vous justifier auprès de l’évêque ou de son vicaire général saisis de plaintes à votre encontre, et peu à peu, à force de patience, à transformer le folklore de votre paroisse en quelque chose qui ressemblera à une liturgie catholique. Et tout cela sera à recommencer dès que le mandat de votre curé aura expiré et qu’il aura été muté dans une autre paroisse. Je crains que la tâche soit surhumaine. Mais si certains l’ont accomplie, je serais heureux de savoir comment ils ont procédé et réussi ! Faut-il ajouter au « Notre Père » une dernière phrase : « Mais délivrez nous du mal et des laïcs engagés » ? »

 

Pro Liturgia

Il est triste lorsqu’il célèbre des messes sans éclat sur un autel aussi triste que lui et sur lequel brillent deux ou trois bougies tristes. Il chante avec l’assistance « Peuple de Dieu, marche joyeux » ; mais quand il lève les yeux vers la nef, il voit que le peuple n’est pas nombreux, n’est pas joyeux et ne marchera pas très loin vu son âge. Mon curé a l’air triste lorsqu’il rentre chez lui. Je le vois regagner son presbytère avec la mine de celui qui se demande comment il va pouvoir tuer le temps. Oh, de temps en temps il est très occupé : il a des réunions au cours desquelles une poignée de fidèles - souvent des retraité(e)s et des divorcé(e)s qui s’ennuient autant que mon curé - viennent établir le programme de la prochaine messe : qui fera le mot d’accueil ? Que va-t-on chanter à la place du « Gloria », du « Credo » ? Qui va aider à distribuer la communion ? C’est pitoyable.

 

Mon curé a l’air triste quand il regarde autour de lui. Il a la charge de huit clochers et il y a une trentaine d’année, chacune de ces paroisses avait son curé avec, parfois, en plus, un prêtre retraité qui donnait un coup de main. Mon curé a l’air triste quand je le rencontre. Il fait partie de cette génération qui, après le Concile, a tout bazardé en répétant avec ses confrères qu’on allait assister à un grand printemps dans l’Eglise. Le printemps n’est pas arrivé et il se trouve maintenant devant un grand vide. Et il sait que le séminaire diocésain risque fort de fermer ses portes, fautes de nouveaux candidats au sacerdoce. Il est vrai que quand je vois mon curé habillé avec ce mauvais goût qui caractérise certains « vieux garçons », je me demande quel jeune, en le regardant, pourrait avoir envie de consacrer sa vie à Dieu, à l’Eglise. Je sais bien que l’habit ne fait pas le moine ; mais je sais aussi qu’il est demandé à tout jeune qui se rend à un entretien d’embauche de veiller à avoir une présentation correcte, d’avoir un minimum de tenue. Mon curé a l’air triste. Le problème, c’est que mon évêque a l’air presque aussi triste et désabusé que lui. 

 

Pro Liturgia

En discutant avec des prêtres exerçant selon « la forme extraordinaire » mais aussi avec ceux exerçant selon « la forme ordinaire » de l’unique rit romain, certains d’entre eux semblent oublier que la liturgie ne leur appartient pas mais qu’elle est avant tout action du Christ et de l’Eglise, son Epouse Mystique ! Elle ne doit et ne peut donc pas être utilisée de manière idéologique voire volontairement partisane…

 
 
 
 
En liturgie, la sensibilité a toute son importance. Mais uniquement à condition qu'elle ne s'exprime que pour adhérer à ce qui est juste et vrai, et pas qu'elle soit utilisée pour justifier l'introduction de pratiques subjectives, partisanes, idéologiques qui vont dénaturer la liturgie. Quand on apprend que, pour la messe d'enterrement de tel acteur de cinéma, on a fait interpréter la musique de tel ou tel film, la sensibilité est ici totalement décalée par rapport à la vérité liturgique que seule peut garantir l'intégrité de la célébration. Donc, avant d'introduire en liturgie ce qui est sensé plaire aux fidèles ou répondre à telle ou telle sensibilité, il convient d'apprendre ce qui se passe réellement au cours d'une célébration eucharistique, afin de ne pas laisser vagabonder son émotivité là où elle n'a pas à aller. Si l'on a conscience que la Messe est la reproduction (de manière actualisante, commémorative) de l'Unique Saint-Sacrifice de la Croix, que Notre Seigneur s’immole de nouveau avec Son Epouse Mystique mais de manière non-sanglante, alors il faut convenir qu'il y a des musiques et des comportements qui ne conviennent pas dans le cadre d'une liturgie, même s'ils correspondent à une sensibilité tout à fait respectable en elle-même : on peut tout de même légitimement penser que la Vierge Marie et Saint Jean, au pied de la Croix, n'avaient pas précisément le cœur à taper dans les mains au rythme d'un refrain jazzy... « La liturgie n’est pas un show ! » (Cardinal Ratzinger, Entretien sur la Foi). De l’autre côté, si je puis m’exprimer ainsi, la liturgie ne doit pas se limiter à une « spiritualité des rubriques jusqu’au baiser des burettes » ! (Dom Louis-Marie, Père-Abbé du Barroux).
 
La sensibilité ne crée pas ce qui est juste ou bon. Elle permet d'adhérer avec son cœur à ce qui est Vrai, sachant que la Vérité est antérieure à nos sentiments. Ce ne sont donc ni notre sensibilité ni nos goûts qui doivent gouverner la liturgie, mais c'est la liturgie de l'Eglise qui doit canaliser notre sensibilité et éduquer nos goûts. Sans une telle canalisation, sans une telle éducation, la sensibilité introduite en liturgie se transformera en sensiblerie ou en sentimentalisme, et l'éducation se limitera à n'être plus qu'un stérile formatage des esprits. Sentimentalisme religieux et formatage des esprits ne peuvent qu'engendrer des célébrations qui replient l'homme sur lui-même au lieu de lui donner de pouvoir s'ouvrir à l'Absolu.
 
Inspiré de Pro Liturgia

Vierge de Fatima, Mère de miséricorde, Reine du Ciel et de la terre, Refuge des pécheurs, nous qui adhérons au Mouvement Marial, nous nous consacrons de manière très spéciale à ton Cœur Immaculé. Par cet acte de consécration, nous entendons vivre, avec toi et grâce à toi, tous les engagements que nous avons assumés par notre consécration baptismale ; nous nous engageons aussi à opérer en nous cette conversion intérieure si demandée par l’Evangile, qui nous libère de tout attachement a nous-mêmes et aux faciles compromis avec le monde, afin d'être, comme toi, uniquement disponibles Pour faire toujours la volonté du Père. Et alors que nous entendons te confier notre existence et notre vocation chrétiennes, à toi, Mère très douce et miséricordieuse, pour que tu en disposes en faveur de les desseins de salut, en cette heure décisive qui pèse sur le monde, nous nous engageons à les vivre selon tes désirs, en particulier, pour tout ce qui concerne le renouvellement de l'esprit de prière et de pénitence, la participation fervente à la célébration de la sainte Eucharistie et à l'apostolat, la récitation quotidienne du Chapelet, et un mode de vie austère, conforme à l'Evangile qui soit un bon exemple pour tout le monde, par l'observance de la Loi de Dieu, par l'exercice des vertus chrétiennes, spécialement de la pureté. Nous te promettons aussi d'être unis au Saint-Père, à la Hiérarchie et à nos Prêtres, de manière à opposer une barrière an processus de contestation, dirigé contre le Magistère, qui menace les fondements mêmes de l'Église. Bien plus, sous ta maternelle protection, nous voulons être les apôtres de l'unité de prière et d'amour envers le Pape, unité si nécessaire aujourd'hui, et implorons de toi une protection spéciale sur le Saint-Père. Enfin, nous te promettons d'amener, autant que nous le pourrons les âmes, que nous approcherons, à une dévotion renouvelée envers toi. Sachant que l'athéisme a provoqué le naufrage de la foi en un grand nombre de fidèles, que la désacralisation est entrée dans le temple saint de Dieu, sachant que le mal et le péché déferlent de plus en plus sur le monde, pleins de confiance, nous osons lever les yeux vers toi, Mère de Jésus et notre Mère miséricordieuse et puissante ; nous osons t'invoquer, aujourd'hui encore, et attendre de toi le salut de tous tes enfants, ô clémente, Ô pleine de pitié, ô douce Vierge Marie !

Le quotidien de l'église catholique italienne, Avvenire, a vivement réagi mercredi après un avortement raté qui a supprimé le fœtus d'un jumeau sain au lieu du second fœtus atteint de trisomie, parlant de pratiques comparables à du "nettoyage ethnique"…

 
 
 
Après quelques jours de polémique, « une lourde chappe de silence et d'indifférence recouvre la terrible marche qui est en train de nous conduire vers la sélection génétique, travestie sous le libre choix des parents », estime Avvenire. « Nous sommes ainsi en train d'aboutir à des résultats de nettoyage ethnique que même la pire des violences racistes issue de gouvernements totalitaires n'a jamais réussi à obtenir », juge l'éditorialiste, Eugenia Roccella. « On écrit des articles politiquement corrects sur l'accueil des personnes atteintes de trisomie, on tourne des films chargés d'émotion, et puis on ferme les yeux sur la réalité d'une pratique de sélection génétique devenue à présent de la routine », dénonce le journal.
 
   
 

L’historien autrichien Martin Kluger a rappelé, hier après-midi, à Barcelone, comment les catholiques, et en particulier les catholiques allemands, ont participé au nom de leur foi à la résistance au nazisme. Il citait les jeunes étudiants du réseau de Sophie Scholl (photo), la « Rose blanche »...

 
  
« Ce que nous avons dit et écrit, beaucoup le pensent.
Mais ils n’osent pas l’exprimer » (Sophie Scholl)
 


Martin Kugler, expert dans le domaine des relations entre l’Eglise et le nazisme, est le fondateur de « Europe4Christ.net », un mouvement interconfessionnel, social et politique pour lutter contre le « relativisme moral ». Il tenait cette conférence dans le cadre du festival de cinéma sur la Famille organisé par « CinemaNet ». L’un des films projetés est le film émouvant de Marc Rothemund, avec Julia Jentsch, sorti en France en 2006 : « Sophie Scholl, les derniers jours ». Le film manifeste les valeurs des étudiants de la « Rose blanche », de leurs familles et professeurs, et leur courage dans la lutte contre la dictature au nom de leurs principes éthiques et de l’Evangile. A cette occasion, l’historien a souligné que Pie XII « aimait le peuple allemand » mais sans aucune « connivence avec les nazis ». « Dans 40 des 44 discours que le cardinal Eugenio Pacelli a prononcés en tant que nonce en Allemagne, on trouve des critiques contre le totalitarisme et contre le racisme », soulignait encore M. Kugler. Devenu pape sous le nom de Pie XII, il a dû limiter ses discours, expliquait l’historien, « par sa préoccupation de ne pas déchaîner une persécution pire encore », en particulier, après l’expérience tragique des évêques hollandais ou des rapports de rétorsions subies par les prêtres catholiques dans les camps de concentration après ses discours à Radio Vatican, notamment celui qui démontait point par point le programme de Hitler pour la nouvelle Europe. « Dans les années de l’après-guerre, on reconnaissait l’activité de l’Eglise et du pape comme très positive en faveur des juifs », a ajouté M. Kugler. « Dire que Pacelli était antisémite et favorable à Hitler est une idiotie », a ajouté M. Kugler, soutenant que la diplomatie du Saint-Siège a permis de sauver, au cours de la seconde guerre mondiale quelque 700.000 Juifs.


Le 26 octobre prochain, le cardinal José Saraiva Martins présidera à Linz, au nom du pape, la béatification d’un martyr autrichien du nazisme, Franz Jägerstätter (1907-1943), père de trois enfants, décapité le 9 août 1943, à l’âge de 36 ans, pour s’être opposé publiquement à Hitler et au nazisme, au nom de la Foi. Mgr Georg Ratzinger a révélé dans une récente interview donnée à Castel Gandolfo que son frère, Joseph Ratzinger, et lui, s’étaient rendus, lorsqu’ils étaient enfants, et en passant la frontière, au village natal du nouveau bienheureux, à St. Radegund bei Ostermiething. Franz Jägerstätter avait été enrôlé dans l’armée du troisième Reich mais il refusa d’obéir aux ordres, citant les paroles de Saint Pierre : « Il faut obéir à Dieu plutôt qu’aux hommes ».
 
 
 

--> Aujourd’hui encore, la résistance catholique doit continuer face à la dictature des lois dans notre pays. Ce n'est plus l'extermination des racines de notre foi catholique mais c'est maintenant l'extermination des enfants par avortement et la contraception, l'extermination des personnes handicapées, l'extermination des personnes âgées par euthanasie, l'extermination de la famille par le "Pacs" ou la reconnaissance prochaine des "unions homosexuelles", etc.

Benoît XVI a appelé le monde scientifique à mettre l’homme au centre de la Création, rappelant que celui-ci n’était pas le fruit du hasard, le 28 janvier 2008. Le pape s’est exprimé devant la quinzaine de participants au colloque sur "L’identité changeante de l’individu" organisé par l’Académie des sciences morales et politiques les 24 et 25 janvier 2008 à l’Institut de France à Paris et qui s'est achevé à Rome…

 
 
 
Dans sa longue et complexe intervention en français, le pape a expliqué qu’alors que les sciences exactes, naturelles et humaines sont parvenues à de prodigieuses avancées sur la connaissance de l’homme et de son univers, « la tentation est grande de vouloir circonscrire totalement l’identité de l’être humain et de l’enfermer dans le savoir que l’on peut en avoir ». Il importe donc, selon Benoît XVI, de faire droit à la recherche anthropologique, philosophique et théologique, qui permet de faire apparaître et de maintenir en l’homme son mystère propre, « car aucune science ne peut dire qui est l’homme, d’où il vient et où il va ». La science de l’homme devient donc la plus nécessaire de toutes les sciences. Aux yeux du pape, « négliger le questionnement sur l’être de l’homme conduit inévitablement à refuser de rechercher la Vérité objective sur l’être dans son intégralité et, de ce fait, à ne plus être capable de reconnaître le fondement sur lequel repose la dignité de l’homme, de tout homme, depuis la période embryonnaire jusqu’à sa mort naturelle ». L’homme n’est pas le fruit du hasard, ni d’un faisceau de convergences, ni de déterminismes, ni d’interactions physico-chimiques, a aussi prévenu le pape, affirmant au contraire qu’il est « un être jouissant d’une liberté qui, tout en prenant en compte sa nature, transcende cette dernière et qui est le signe du mystère d’altérité qui l’habite. Cette liberté, qui est le propre de l’être-homme, fait que ce dernier peut orienter sa vie vers une fin, qu’il peut, par les actes qu’il pose, se diriger vers le bonheur auquel il est appelé pour l’éternité », a expliqué Benoît XVI, ajoutant que cette liberté fait apparaître que l’existence de l’homme a un sens.

Le cardinal Keith O'Brien (chef de l'Eglise en Ecosse), a annoncé mardi qu'il quittait Amnesty International pour protester contre la position de l'organisation de défense des droits de l'Homme en faveur d'une dépénalisation de l'avortement…

 
 
 
Cette démission intervient une semaine après celle de l'évêque d'East-Anglia (est de l'Angleterre), Mgr Michael Evans, à la suite de l'appel du Vatican lancé aux catholiques pour qu'ils retirent leur soutien financier à l'organisation. Evoquant une "question de conscience", le cardinal âgé de 69 ans indique qu'il avait rejoint Amnesty alors qu'il était étudiant. « Tout au long de mon ministère sacerdotal et plus récemment comme évêque et cardinal, j'ai eu à cœur au côté de mon Eglise de défendre la vie sous toutes ses formes », écrit Mgr Keith O'Brien.
 
 
 
--> Les catholiques sont donc invités, à la suite des évêques et des cardinaux, à retirer leur soutien à Amnesty International. Il n’est JAMAIS permis pour un catholique de collaborer en pleine conscience à un mal même si cela résulte à un plus grand bien. (Catéchisme de l'Eglise Catholique : 1789)

Dans la Lettre accompagnant le Motu proprio Summorum Pontificum et qui a été adressée directement aux évêques par Benoît XVI, il convient de prêter une attention toute particulière à trois points qui concernent directement de nombreux prêtres se réclamant du concile Vatican II et de la liturgie actuelle :

 
 
 
 
Premier point : Le pape Benoît XVI souligne avant tout "que le Missel publié par Paul VI et réédité ensuite à deux reprises par Jean-Paul II, est et demeure évidemment la Forme normale de la liturgie Eucharistique". Cette affirmation signifie très clairement que les célébrations liturgiques qui se font sans respecter ce Missel (ce qui est le cas dans la majorité des paroisses de France) ne peuvent constituer que des formes liturgiques "anormales", "bâtardes" que l'Eglise ne peut pas considérer comme siennes.
 
Deuxième point : Le pape fait remarquer que l'attachement de certains fidèles à la forme ancienne de la liturgie s'est fait "parce qu'en de nombreux endroits on ne célébrait pas fidèlement selon les prescriptions du nouveau Missel". Le pape écrit bien "en de nombreux endroits", ce qui contredit certains évêques de France qui nous disent, aujourd'hui encore, qu' "il y a pu avoir ici ou là quelques mises en œuvre maladroites de la liturgie". Et le Saint-Père ajoute que le Missel actuel "finissait par être interprété comme une autorisation, voire même une obligation de créativité qui a souvent porté à des déformations de la Liturgie à la limite du supportable." Oui, nous le savons et le constatons : la "créativité", qui fut rendue obligatoire dès les lendemains de Vatican II le demeure aujourd'hui encore dans la majorité des paroisses.
 
Troisième point : Benoît XVI rappelle aux évêques - car c'est d'abord à eux que s'adresse sa Lettre - que "la meilleure garantie pour que le Missel de Paul VI puisse unir les communautés paroissiales et être aimé de leur part, est de célébrer avec beaucoup de révérence et en conformité avec les prescriptions car c'est ce qui rend visible la richesse spirituelle et la profondeur théologique de ce Missel". On a bien lu : "célébrer en conformité avec les prescriptions du Missel"... ce que ne veulent ou ne savent plus faire de nombreux célébrants qui, sous prétexte de rendre la liturgie plus "vivante" et plus "parlante", la transforment en une "une autocélébration de l'assemblée elle-même substituée à la célébration de l'œuvre de Dieu, voire à l'annonce d'un nouveau modèle d'Eglise" (cf. Mgr Vingt-Trois).

Pour bien comprendre dans la Vérité (et non dans les manipulations journalistiques de ces deux derniers mois !) ce que le Vatican a voulu dire en libéralisant la messe tridentine et en réaffirmant que subsiste dans la seule Eglise catholique l’Unique Eglise du Christ, je vous invite à lire cette interview du secrétaire de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi…
 

 
 
 
 
Q. Excellence, la première des "responsa" publiées par la congrégation pour la doctrine de la foi réaffirme que le Concile Vatican II n’a pas modifié la précédente doctrine sur l’Eglise. Cela ne devrait-il pas être une évidence ?
R. En effet. Malheureusement, ce n’est pas le cas. Des interprétations venant de parties opposées voudraient qu’avec le dernier Concile, il y ait eu une rupture avec la tradition de l’Eglise catholique. Les uns considèrent cette prétendue rupture comme une gloire du Concile lui-même, les autres comme une catastrophe. Ce n’est pas vrai. Il était opportun de le réaffirmer de manière claire et sans équivoque. En rappelant notamment ce que le bienheureux Jean XXIII avait affirmé avec netteté dans son allocution du 11 septembre 1962, au début du Concile: "le Concile… veut transmettre la doctrine catholique pure et intacte, sans atténuations ou déformations…". Il faut que cette doctrine sûre et immuable, qui mérite un respect fidèle, soit étudiée et présentée de manière adaptée à notre époque. Le contenu du "depositum fidei", c’est-à-dire les vérités qui sont contenues dans notre vénérable doctrine, est une chose ; la manière de les présenter, sans jamais en changer le sens et la signification, en est une autre.
 
 
 
 
Q. La deuxième réponse – elle est centrale – aborde de front la question du "subsistit in". Comment doit-on interpréter l’affirmation du Concile selon laquelle l’Eglise du Christ subsiste dans l’Eglise catholique ?
R. Cette affirmation a en effet connu diverses interprétations et toutes ne sont pas en cohérence avec la doctrine conciliaire sur l’Eglise. La réponse de la congrégation – fondée sur les textes du Concile ainsi que sur les actes des travaux du Concile lui-même, qui sont cités en note – réaffirme que le fait de subsister indique la continuité historique sans interruption et la permanence de tous les éléments institués par le Christ dans l’Eglise catholique, où se trouve concrètement l’Eglise du Christ sur cette terre. Il est donc erroné de penser que l’Eglise du Christ n’existerait plus aujourd’hui nulle part ou qu’elle existerait seulement de manière idéale ou "in fieri", en devenir, dans une future convergence ou réunification des différentes Eglises sœurs, souhaitée ou favorisée par le dialogue œcuménique. Non. L’Eglise du Christ, une, sainte, catholique et apostolique, existe dans l’histoire dans l’Eglise catholique.
 
 
 
 
Q. Mais alors pourquoi – et c’est l’objet de la troisième réponse – le Concile n’a-t-il pas justement affirmé que l’Eglise catholique "est" l’Eglise du Christ et pourquoi a-t-il en revanche utilisé le terme "subsiste" ?
R. Ce changement de terme n’est pas et ne peut pas être interprété comme une rupture avec le passé. En latin, "subsistit in" renforce "est". Le fait de subsister de manière continue implique une substantielle identité d’essence entre Eglise du Christ et Eglise catholique. Avec l’expression "subsistit in", le Concile a voulu indiquer que l’Eglise du Christ était unique et non multipliable. L’Eglise existe en tant qu’objet unique dans la réalité historique. Mais en même temps, le "subsistit in" exprime aussi le fait que, hors de l’ensemble formé par l’Eglise catholique, il n’y a pas un vide ecclésial absolu, mais que l’on peut trouver "de nombreux éléments de sanctification et de vérité… qui en tant que dons propres à l’Eglise du Christ favorisent l’unité catholique".
 
 
 
 
Q. La quatrième réponse concerne les implications œcuméniques de ce qui a été dit jusqu’à présent. Et elle fait comprendre pourquoi le Concile Vatican II a attribué le nom d’"Eglise" aux Eglises orientales, orthodoxes et préchalcédoniennes, séparées de la pleine communion avec Rome.
R. La réponse est claire. Ces Eglises, bien qu’elles soient séparées de Rome, ont de vrais sacrements et surtout, sur la base de la succession apostolique, le sacerdoce et l’Eucharistie. C’est pour cela qu’elles méritent le titre d’Eglises particulières ou locales et qu’elles sont appelées sœurs des Eglises particulières catholiques. Il faut cependant ajouter à cela que ces Eglises sœurs souffrent d’une carence, d’un "vulnus", dans la mesure où elles ne sont pas en communion avec le chef visible de l’unique Eglise catholique qui est le pape, successeur de Pierre. Et ce n’est pas un fait accessoire, mais un des principes constitutifs internes à chaque Eglise particulière.
 
 
 
 
Q. La dernière réponse réaffirme que l’on ne peut pas attribuer le titre d’"Eglise" aux communautés chrétiennes issues de la Réforme du XVIe siècle.
R. C’est douloureux, je le comprends mais, comme l’affirme le Concile, ces communautés n’ont pas conservé la succession apostolique dans le sacrement de l’Ordre, se privant ainsi de l’un des éléments essentiels qui constituent une Eglise. En raison de l’absence du sacerdoce ministériel, ces communautés n’ont donc pas conservé la substance authentique et entière du mystère eucharistique. Pour cette raison, selon la doctrine catholique, elles ne peuvent pas être appelées "Eglises" au sens propre.
 
 
 
 
Q. Cela vaut aussi pour la communion anglicane ?
R. Oui.
 
 
 
 
Q. Excellence, quelle est la valeur de ces "responsa" ?
R. Elles ont un caractère théologique digne de foi et faisant autorité. Elles sont une explication, formulée par notre Congrégation et approuvée expressément par le Pape, des données du concile.
 
 
 
 
Q. Ces textes sont publiés quelques jours après le "motu proprio" qui libéralise l’usage de la messe dite de Saint Pie V. On pourrait penser qu’il ne s’agit pas d’une coïncidence mais d’une stratégie précise…
R. Il ne s’agit pas de stratégie ecclésiastique ou médiatique. Nos documents sont publiés quand ils sont prêts, un point c’est tout. Sinon, si nous devions être attentifs à ce genre de problèmes qui ne nous appartiennent pas, nous risquerions, pour une raison ou une autre, de ne jamais parvenir à publier ces textes qu’attendent les évêques et de nombreux fidèles.
 
 
 
 
Q. En tout cas, ces deux faits ont été interprétés – par certains – comme une offensive menée contre le Concile Vatican II.
R. Ce n’est pas le cas. Dans les deux cas, il s’agit d’un développement faisant autorité et orthodoxe, dans le sens catholique bien sûr, du Concile. Le Saint Père, et notre congrégation avec lui, n’utilise pas l’herméneutique de la rupture, de l’opposition entre ce qui est pré-conciliaire et ce qui est post-conciliaire. Pour le pape comme pour nous, ce qui a de la valeur, c’est l’herméneutique de la continuité et du développement dans la tradition. Il faudrait arrêter de considérer le second millénaire de la vie de l’Eglise catholique comme une parenthèse malheureuse que le Concile Vatican II, ou mieux son esprit, a annulé d’un seul coup…
 
 
 
 
Q. Il reste pourtant la crainte que ces actes portent préjudice au dialogue œcuménique.
R. Ce qui est affirmé dans ces "responsa" a déjà été dit par le Concile lui-même et a été repris par plusieurs documents post-conciliaires, en particulier par la déclaration "Dominus Iesus". On ne fait pratiquement que redire ce qu’est l’identité catholique pour pouvoir ensuite travailler sereinement et plus efficacement au dialogue œcuménique. Quand votre interlocuteur connaît votre identité, il a tendance à dialoguer de manière plus sincère et sans créer de confusions supplémentaires.
 
 
 
 
Q. Excellence, le motu proprio "Summorum Pontificum" a été accusé par certains d’être anticonciliaire parce qu’il donne pleinement droit de cité à un missel dans lequel on prie pour la conversion des juifs. Est-il vraiment contraire à la lettre et à l’esprit du Concile de dire cette prière ?
R. Sûrement pas. A la messe, nous catholiques prions toujours, et en premier, pour notre conversion. Et nous nous frappons la poitrine à cause de nos péchés. Ensuite, nous prions pour la conversion de tous les chrétiens et de tous les non-chrétiens. L’Evangile est pour tous.
 
 
 
 
Q. Mais on objecte que la prière pour la conversion des juifs a été rendue définitivement dépassée par celle dans laquelle on invoque le Seigneur afin qu’il les aide à progresser dans la fidélité à son alliance.
R. C’est Jésus lui-même qui affirme, dans l’Evangile selon saint Marc: "Convertissez-vous et croyez à l’Evangile" et ses premiers interlocuteurs étaient ses concitoyens juifs. Nous chrétiens ne pouvons pas faire autre chose que proposer à notre tour ce que Jésus nous a enseigné. Dans la liberté et sans rien imposer, évidemment, mais également sans autocensure.
 
 
 
 
Q. Il y a quelque temps, vous aviez annoncé la publication d’une instruction mise à jour, une seconde "Donum Vitae", sur les sujets les plus brûlants liés à la bioéthique et aux biotechnologies. A quel point en est-elle ?
R. Il s’agit d’un document très délicat, qui demande beaucoup de soin. Je crois qu’il faudra encore beaucoup de travail avant qu’il puisse être publié.
 
 
 
 
Q. Et l’autre document annoncé, celui qui porte sur la loi naturelle ?
R. Nous sommes encore en train de rassembler les matériaux provenant de différents colloques internationaux sur ce sujet, qui se sont tenus, sur notre proposition, dans différentes universités pontificales et institutions catholiques dans le monde.
 
 
 
 
Q. Alors nous allons rester un bon moment sans nouveaux documents émanant de votre congrégation ?
R. Non, car deux textes vont bientôt être publiés, le premier sur une question spécifique ayant trait à la bioéthique, l’autre concernant un problème à caractère missionnaire. Mais il serait prématuré d’en dire plus.

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