Dire chaque jour un "Notre-Père" et un "Je Vous Salue Marie" + la prière ci-dessous :



http://idata.over-blog.com/0/21/41/34/2009/StAugustine.gifPremier jour :
Tu nous as faits pour toi et notre cœur est sans repos jusqu’à tant qu’il repose en toi. 
Seigneur, Tu es notre créateur et notre Père. Tu nous as tous faits à ta ressemblance et nous sommes égaux en dignité devant Toi. C’est pourquoi Tu nous appelles, Tu nous invites à partager avec Toi la vie qui ne finira pas, où il n’y aura plus ni larmes ni souffrance ni mort. Ecoute notre prière comme tu as écouté ton ami Augustin en son temps, nous lui demandons de Te la présenter : prends pitié de nos frères et sœurs souffrant en Algérie.
 
 
 
Deuxième jour : Aime et fais ce que tu veux ! Tu te tais, tais-toi par amour, tu cries, crie par amour ; tu corriges, corrige par amour, tu pardonnes, pardonne par amour. 
Notre ancêtre dans la foi, Augustin de Thagaste, l’actuelle Souq Ahras nous a dit : « Les bons usent du monde pour jouir de Dieu ; les méchants au contraire veulent user de Dieu pour jouir du monde. » Ô Seigneur de toute bonté, Toi qui nous a appris par ton Fils que Tu es le Dieu d’amour, voici que nous t’adressons notre prière par ton serviteur Augustin : prends pitié des femmes et des hommes d’Algérie, afin qu’ils vivent non pas en ennemis les uns des autres mais en frères solidaires qui ont en partage les richesses qui viennent de Toi.
 
 
 
Troisième jour : O Seigneur, notre Dieu, protège-nous et porte-nous ! Tu porteras, toi, oui, tu porteras, toi, les tout petits et jusqu’aux vieillards chenus, c’est toi qui les porteras ! 
Dieu créateur, Tu es l’auteur de toutes choses, et Tu as mis en nous le désir du bien et de la justice. Prêtes l’oreille à notre cri, entends nos demandes pour nos frères et sœurs d’Algérie qui endurent l’injustice et qui aspirent au règne de la charité : voici que nous les confions, pour te les présenter, au grand frère Augustin, étudiant en son temps à Madaure, près de l’actuelle M’Daourouch.
 
 
 
Quatrième jour : Tu remets les péchés, quand on avoue ; tu exauces le gémissement du captif entravé ; tu dégages des liens que nous nous sommes faits. 
Ô Dieu de miséricorde et de pardon, Tu connais nos besoins et Tu sais combien nous sommes faibles. Guide nous et enseigne nous tes voies, elles mènent à la vérité et à la vraie vie, Toi qui est le chemin, la vérité et la vie. Nous te le demandons aussi pour nos frères et sœurs d’Algérie par l’intercession de leur ancêtre Augustin dont le cœur contrit T’a touché en son temps : qu’ils obtiennent aussi ton pardon par Ton Fils bien aimé Jésus Christ.
 
 
 
Cinquième jour : Donne-moi les forces pour chercher, toi qui as permis qu’on te trouve et qui me donnes l’espérance de te trouver encore davantage. Ma force et ma faiblesse sont devant toi, soutiens l’une, guéries l’autre. 
Te connaître et connaître Celui que Tu as envoyé, conçu de l’Esprit Saint, né de la Vierge Marie, pour nous arracher au pouvoir du mal, et nous rétablir dans ton amitié, voilà la vraie lumière qui dissipe les ténèbres. Eclaire nous ainsi que nos frères et sœurs d’Algérie par l’intercession d’Augustin, le pasteur que Tu as donné en son temps à tes brebis de Numidie.
 
 
 
Sixième jour : Par une femme la mort, par une femme la vie ; par Ève, la ruine, par Marie, le salut. 
Elle est pure, elle est belle celle qui t’a donné son « fiat » librement et en toute humilité pour la réalisation de tes desseins. Apprend-nous à accomplir ta volonté comme Marie, purifie nos intentions par le feu de Ton Esprit. Car Tu ne refuses pas l’Esprit Saint à ceux qui te le demandent, Dieu de gloire, dont la gloire est l’homme libéré du péché et debout devant ta face. Répands Ton Esprit sur l’Algérie aussi, nous te le demandons par l’intercession d’Augustin, le docteur que tu as donné à ton Eglise en son temps.
 
 
 
Septième jour : Ceux-là sont tes serviteurs, mes frères, dont tu as voulu que, tes fils, ils fussent mes seigneurs et que tu m’as enjoint de servir, si je veux avec toi vivre de toi. 
Père bon, nous sommes tous tes enfants, mais c’est librement que Tu nous proposes d’accepter cet état. Tu n’as pas empêché l’enfant prodigue de te quitter, mais Tu as fêté son retour. Tu attends ainsi que nous revenions tous vers Toi, pour goûter ensemble le repos du septième jour auprès de Toi. Augustin nous y encourage et nous a montré que la cité de Dieu se construit durant notre pèlerinage sur terre : que par son intercession notre prière monte vers Toi, pour nous et pour tes enfants d’Algérie.
 
 
 
Huitième jour : Sur ta vie, ce n’est pas possible que le fils de telles larmes soit perdu. 
Gloire et louange à Toi Seigneur, en ce jour que l’Eglise a consacré à Monique la mère dévouée d’Augustin qu’elle poursuivit jusqu’aux pieds de ton Saint évêque Ambroise, à Milan. Par sa prière constante et incessante elle l’a enfanté, pour ainsi dire, une seconde fois dans les eaux du baptême. Prends pitié, Dieu grand et charitable de toutes les mamans et de toutes les femmes d’Algérie, nous te le demandons par l’intercession d’Augustin, de sa mère et de tous les saints d’Afrique.
 
 
 
Neuvième jour : C’était toi que je cherchais. Et toi, tu étais et au-dedans du plus profond et au dessus du plus haut de mon être. 
Gloire et louange à Toi Seigneur, en ce jour, où notre frère dans la foi Augustin, est retourné à Toi, à Hippone l’actuelle ville de Annaba. Malgré les difficultés de l’heure il n’a pas hésité à répéter avec confiance : « La captivité passe. Voici venir l’éternité. » Il était plein de reconnaissance envers Toi, car tu ne l’as pas oublié lorsqu’il était égaré et loin de toi. Par son intercession, nous te demandons aujourd’hui d’entendre notre supplication : que nos frères et sœurs d’Algérie obtiennent la paix en cherchant à mieux Te connaître, T’aimer et Te servir, toi le seul vrai Dieu.
 
 
      + Avec l'accord de Mgr de Monléon et de Mgr Teissier

280px-Pius_IV_2.jpegMoi, N..., je crois et je professe d'une foi ferme tous et chacun des articles contenus dans le symbole de la foi dont se sert l'Église romaine, c'est-à dire :

 

Symbole de Nicée-Constantinople

 

J'accepte et j'embrasse très fermement les traditions apostoliques et celles de l'Église, et toutes les autres observances et constitutions de cette même Église. De même j'accepte l'Écriture sainte, suivant le sens qu'a tenu et que tient notre sainte mère l'Église, à qui il appartient de juger du véritable sens et de l'interprétation des saintes Écritures. Je n'accepterai et je n'interpréterai jamais l'Écriture que selon le consentement unanime des Pères.

 

Je professe aussi qu'il y a, véritablement et à proprement parler, sept sacrements de la Loi nouvelle, institués par notre Seigneur Jésus-Christ et nécessaires au salut du genre humain, bien que tous ne le soient pas pour chacun : le baptême, la confirmation, l'Eucharistie, la pénitence, l'extrême-onction, l'ordre et le mariage. Ils confèrent la grâce et, parmi eux, le baptême, la confirmation et l'ordre ne peuvent être réitérés sans sacrilège. Je reçois et j'accepte aussi les rites reçus et approuvés de l'Église catholique dans l'administration solennelle des dits sacrements.

 

J'embrasse et je reçois tous et chacun des articles qui ont été définis et déclarés au saint concile de Trente sur le péché originel et la justification.

 

Je professe également qu'à la messe est offert à Dieu un sacrifice véritable, proprement dit, propitiatoire pour les vivants et les morts, et que, dans le très saint sacrement de l'Eucharistie, se trouvent vraiment, réellement et substantiellement le corps et le sang, conjointement avec l'âme et la divinité de notre Seigneur Jésus-Christ, et qu'un changement s'accomplit, de toute la substance du pain en son corps et de toute la substance du vin en son sang, changement que l'Église catholique appelle transsubstantiation. J'affirme aussi que, sous une seule des espèces, c'est le Christ tout entier et complet et le véritable sacrement qu'on reçoit.

 

Je tiens sans défaillance qu'il y a un purgatoire et que les âmes qui y sont retenues sont aidées par les intercessions des fidèles. Et également que les saints qui règnent conjointement avec le Christ doivent être vénérés et invoqués ; qu'ils offrent pour nous des prières à Dieu et que leurs reliques doivent être vénérées.

 

Je déclare fermement qu'on peut avoir et garder les images du Christ et de la mère de Dieu toujours vierge, ainsi que celles des autres saints, et qu'il faut leur rendre l'honneur et la vénération qui leur sont dus. J'affirme aussi que le pouvoir des indulgences a été laissé par le Christ dans l'Église et que leur usage est très salutaire au peuple chrétien.

 

Je reconnais la sainte, catholique et apostolique Église romaine comme la mère et la maîtresse de toutes les Églises. Je promets et je jure vraie obéissance au Pontife romain, successeur du bienheureux Pierre, chef des Apôtres. et vicaire de Jésus-Christ.

 

Je reçois et je professe sans en douter tout ce qui, par les saints canons et par les conciles œcuméniques, principalement par le saint Concile de Trente, a été transmis, défini et déclaré. En même temps, je condamne, je rejette et j'anathématise également tout ce qui leur est contraire et toute espèce d'hérésie condamnée, rejetée et anathématisée par l'Église.

 

Cette vraie foi catholique, hors de laquelle personne ne peut être sauvé, que je professe présentement de plein gré et que je tiens sincèrement, moi, N... je promets, je prends l'engagement, et je jure de la garder et de la confesser, Dieu aidant, entière et inviolée, très fidèlement jusqu'à mon dernier soupir, et de prendre soin, autant que je le pourrai, qu'elle soit tenue, enseignée et prêchée par ceux qui dépendent de moi ou par ceux sur qui ma charge me demandera de veiller. Qu'ainsi Dieu me soit en aide et ces saints Évangiles.

 

 

Bulle "Iniunctum nobis" - Sa Sainteté le pape Pie IV, le 13 novembre 1564

Pour trouver l’original en latin, voir les numéros 1862 à 1870 du Denzinger

Au moment du Concile, le Cardinal Garrone faisait remarquer qu'une idée dangereuse s'était emparée du clergé. Elle consistait à faire des expériences liturgiques et à mettre le Magistère devant le fait accompli pour que les nouveautés souhaitées par les clercs et imposées aux fidèles soient "enfin" admises. Et le Cardinal faisait remarquer que cette façon de faire était doublement dangereuse puisqu'elle sapait l'Autorité de l'Eglise et ruinait la foi des fidèles aux sacrements.

 

 

Le Cardinal Garrone ne fut pas écouté. Dès 1971, le P. Olivier, alors Professeur à l'Institut catholique de Paris, se réjouissait publiquement de ces improvisations liturgiques en écrivant : « L'accueil fait à ces changements a dépassé toutes les prévisions, comme si le sentiments religieux n'avait plus attendu que ce timide "feu vert" [du Concile] pour se donner libre cours. Depuis, les initiatives individuelles ne cessent plus de devancer les décisions romaines. (...) Le catholicisme est certes encore loin de réaliser exactement ce qui lui arrive. Mais son évolution simplement liturgique dessine une courbe sur laquelle il est impossible de se méprendre (...) ». Et un peu plus loin, le P. Olivier ajoutait : « L'autel face au peuple a sonné le glas du tabernacle ». En 1973, un Jésuite alors déjà âgé de 70 ans, profondément attaché à l'obéissance, spécialement à l'égard du pape comme le veut son Ordre, s'étonnait de voir son Supérieur, plus jeune que lui, célébrer la messe en introduisant des fantaisies dans la Prière eucharistique. L'ayant questionné à ce sujet, le Père jésuite s'entendit répondre : « Ne vous en faites pas; ce n'est pas légal aujourd'hui, mais peu à peu nous arriverons à faire admettre ce changement ». Selon ces témoignages, des forces destructrices étaient dans l'Eglise avant le Concile. Vatican II n'a été pour elles qu'un "feu vert" leur permettant de se libérer et d'officialiser leur goût pour les innovations et la désobéissance. Lorsque, d'expériences illégitimes en expériences illégitimes, on en est arrivé à généraliser les autels face au peuple - ce qui n'était absolument pas demandé par le Concile - il ne s'est trouvé aucun évêque pour mettre le holà : bien au contraire, les responsables diocésains, à tous les niveaux, ont encouragé les réaménagements des espaces liturgiques fait en toute hâte et ont approuvé la généralisation de la liturgie célébrée face au peuple. On est ainsi passé, pour l'Eucharistie, de l'idée de sacrifice à l'idée de repas convivial, avec pour conséquences l'abandon de la pratique dominicale, la chute des vocations religieuses et sacerdotales, les carences dans la formation des clercs.

 

Pro Liturgia

En 1942, un groupe d'étudiants de l'Université de Munich a lancé une campagne de contre-propagande pour faire briller la lumière de la vérité dans l'Allemagne nazie. La "Rose Blanche" était un mouvement pour éduquer les citoyens allemands dans leur conscience concernant les atrocités qui ravageaient leur pays. Bien que le danger était grand pour eux, ces étudiants étaient déterminés à être une voix pour les victimes de l'holocauste nazi. Le but était simple : réveiller la population allemande face à une idéologie ne respectant pas la dignité de chaque personne humaine. Début 2011, de jeunes Américains Pro-Vie se sont rassemblés en collectif pour faire face au nouvel holocauste mondial qu'est l'avortement. Ces derniers - depuis la légalisation de l'avortement aux Etats-Unis - ont perdu plus de 50 millions de leurs frères et sœurs : le moment est donc venu de mettre un terme à ce "Planned Parenthood" (Planning Familial). Nous devons agir dès aujourd'hui. Le Planned Parenthood (Planning Familial) ne peut plus être autorisé à continuer le massacre quotidien des générations futures dans l'indifférence générale... Rejoignez le projet Facebook "White Rose" pour devenir un activiste pro-vie dès aujourd'hui.

 

 

 

 

 

 

Grand Dieu sauve le Roi. Grand Dieu venge le Roi

Vive le Roi ! Que toujours glorieux Louis victorieux 

Venge ses ennemis Toujours soumis

C’est le 7 juillet dernier qu’a enfin été publié le motu proprio Summorum pontificum de Benoît XVI qui libéralise, dans la pratique, l’usage du Missel Romain de 1962. 30Jours a demandé au cardinal Darío Castrillón Hoyos, président de la Commission Pontificale «Ecclesia Dei» depuis 2000 (ainsi que préfet de la Congrégation pour le clergé de 1996 à 2006), d’illustrer les contenus les plus importants du motu proprio Summorum pontificum…

 
 
 
 
 
 
Éminence, quel est le sens de ce motu proprio qui libéralise l’usage du Missel dit de saint Pie V ?
Quand ont eu lieu, après le Concile Vatican II, les changements dans la liturgie, des groupes importants de fidèles et aussi d’ecclésiastiques se sont sentis mal à l’aise parce qu’ils étaient fortement liés à la liturgie en vigueur depuis des siècles. Je pense aux prêtres qui avaient célébré pendant cinquante ans cette messe suivant le rite de saint Pie V et qui, à l’improviste, se sont trouvés dans l’obligation d’en célébrer une autre, je pense aux fidèles habitués depuis des générations à l’ancien rite, je pense aussi aux petits, comme les enfants de chœur, qui se sont trouvés tout d’un coup dépaysés car ils devaient servir la messe selon le Novus ordo. Il y a donc eu un malaise à différents niveaux. Pour certains, celui-ci était même de nature théologique, car ils estimaient que l’ancien rite exprimait mieux que celui qui avait été introduit le sens du sacrifice. D’autres, pour des raisons culturelles aussi, avaient la nostalgie du chant grégorien et des grandes polyphonies qui étaient une richesse de l’Église latine. Et ce qui aggravait le tout, c’est que ceux qui éprouvaient ce malaise attribuaient ces changements au Concile, alors qu’en réalité le Concile en soi n’avait ni demandé ni prévu les détails de ces changements. La messe que célébraient les pères conciliaires était la messe de saint Pie V. Le Concile n’avait pas demandé la création d’un nouveau rite, mais un usage plus large de la langue vernaculaire et une plus grande participation des fidèles.
 
 
 
 
D’accord, c’était le climat qu’on respirait il y a quarante ans. Mais aujourd’hui, la génération qui avait manifesté ce malaise n’existe plus. Et il y a plus: le clergé et le peuple se sont habitués au Novus ordo, et dans leur immense majorité, ils s’en trouvent très bien.
C’est exactement cela: dans leur immense majorité, même si un grand nombre ignore ce qui a été laissé de côté avec l’abandon de l’ancien rite. Mais tout le monde ne s’est pas habitué au nouveau rite. Curieusement, il semble même que fleurisse, dans les nouvelles générations, parmi les laïcs comme parmi les clercs, un intérêt et une estime envers l’ancien rite. Et il s’agit de prêtres et de simples fidèles qui n’ont parfois rien à voir avec les disciples de Mgr Lefebvre. Il y a là, des faits, des faits de l’Église, auxquels les pasteurs ne peuvent faire la sourde oreille. C’est pour cela que Benoît XVI, qui est un grand théologien à la profonde sensibilité liturgique, a décidé de promulguer le motu proprio.
 
 
 
 
Mais n’y avait-il pas déjà un indult ?
Si, il y avait déjà un indult, mais Jean Paul II avait déjà compris que l’indult n’avait pas été suffisant, ne serait-ce que parce que certains prêtres et certains évêques rechignaient à l’appliquer, mais surtout parce que les fidèles qui désirent célébrer avec l’ancien rite ne doivent pas être considérés comme des fidèles de deuxième catégorie. Il s’agit de fidèles auxquels doit être reconnu le droit d’assister à une messe qui a nourri le peuple chrétien pendant des siècles, qui a nourri la sensibilité de saints tels que Saint Philippe Néri, don Bosco, Sainte Thérèse de Lisieux, le bienheureux Jean XXIII et le serviteur de Dieu, Jean Paul II lui-même. Ce dernier, comme je viens de le dire, avait compris le problème de l’indult et il avait donc déjà l’intention d’étendre l’usage du Missel de 1962. Je dois dire que dans les rencontres avec les cardinaux et avec les chefs de dicastères au cours desquelles on avait parlé de ces mesures, les résistances étaient vraiment très limitées. Benoît XVI, qui a suivi ce processus depuis le début, a franchi ce pas important déjà imaginé par son grand prédécesseur, Jean-Paul II. Il s’agit d’une mesure pétrinienne émise par amour du grand trésor liturgique qu’est la messe de Saint Pie V, et aussi par amour de pasteur envers un groupe considérable de fidèles.
 
 
 
 
Et pourtant, les résistances n’ont manqué de la part d’une partie des représentants de l’épiscopat eux-mêmes...
Des résistances qui dépendent, selon moi, de deux erreurs. La première erreur d’interprétation est de dire qu’il s’agit d’un retour au passé. Il n’en est pas ainsi. Ne serait-ce que parce qu’on ne retire rien au Novus ordo, qui reste le mode ordinaire de célébrer l’unique rite romain; tandis que la liberté de célébrer la messe de Saint Pie V est donnée à ceux qui le veulent comme forme extraordinaire.
 
 
 
 
Il s’agit de la première erreur de ceux qui se sont opposés au motu proprio. Et la seconde ?
Qu’il s’agisse de diminuer le pouvoir épiscopal. Mais il n’en est pas ainsi. Le Pape Benoît XVI n’a pas changé le Code de droit canonique. L’évêque est toujours le modérateur de la liturgie dans son propre diocèse. Mais le Siège apostolique a la compétence d’ordonner la sainte liturgie de l’Église universelle. Or un évêque doit agir en harmonie avec le Siège apostolique et il doit garantir à chaque fidèle ses propres droits, y compris celui de pouvoir participer à la messe de Saint Pie V, comme forme extraordinaire du rite.
 
 
 
 
Et pourtant, il a été affirmé qu’avec ce motu proprio, Ratzinger «bafoue le Concile» et «fait un affront» à ses prédécesseurs Paul VI et Jean Paul II...
Benoît XVI suit le Concile, qui n’a pas aboli la messe de saint Pie V ni n’a demandé de le faire. Et il suit le Concile qui a recommandé d’écouter la voix et les désirs légitimes des fidèles laïcs. Ceux qui affirment ces choses devraient lire les milliers de lettres qui sont arrivées à Rome pour demander la liberté de pouvoir assister à la messe à laquelle ils se sentent tellement liés. Et le Pape ne s’oppose pas à ses prédécesseurs qui sont abondamment cités dans le motu proprio comme dans la Lettre autographe du pape Benoît XVI qui en accompagne la publication. Dans certains cas, Paul VI a immédiatement concédé la possibilité de célébrer la messe de Saint Pie V. Comme je l’ai dit, Jean Paul II voulait préparer un motu proprio semblable à celui qui a été publié aujourd’hui.
 
 
 
 
On a aussi évoqué le risque qu’une petite minorité de fidèles puisse imposer la messe de Saint Pie V à la paroisse...
Ceux qui ont dit cela n’ont évidemment pas lu le motu proprio. Il est clair qu’aucun curé ne sera obligé à célébrer la messe de Saint Pie V. Mais si un groupe de fidèles, ayant un prêtre disposé à le faire, demande à célébrer cette messe, le curé ou le recteur de l’église ne pourront pas s’y opposer. Évidemment, s’il y a des difficultés, il reviendra à l’évêque de faire en sorte que tout se passe sous le signe du respect et, dirais-je, du bon sens, en harmonie avec le Pasteur universel.
 
 
 
 
Mais ne court-on pas le risque qu’avec l’introduction de deux formes, l’une ordinaire, l’autre extraordinaire, puisse naître une confusion liturgique dans le rite latin, dans les paroisses et dans les diocèses ?
Si les choses sont faites conformément au simple bon sens, on ne court pas ce risque. D’autre part, il y a déjà des diocèses dans lesquels on célèbre des messes dans différents rites, car il s’y trouve des communautés de fidèles latins, gréco-catholiques ukrainiens ou ruthènes, maronites, melchites, syro-catholiques, chaldéens, etc. Je pense par exemple à certains diocèses aux États-Unis, comme Pittsburgh, qui vivent cette variété liturgique légitime comme une richesse, et non pas comme une tragédie. Et puis il existe aussi de simples paroisses qui accueillent des rites différents du latin, même de communautés orthodoxes ou préchalcédoniennes, sans que cela crée de scandale. Je ne vois donc pas de danger de confusion. À condition, je le répète, que tout se déroule dans l’ordre et dans le respect réciproque.
 
 
 
 
Il y a aussi des gens qui pensent que ce motu proprio porte atteinte à l’unicité du rite qui aurait été voulu par les Pères conciliaires...
Étant admis que le rite latin reste unique, quoiqu’on puisse le célébrer sous deux formes, je me permets de rappeler qu’il n’y a jamais eu, dans l’Église latine, un seul rite pour tous. Aujourd’hui, par exemple, il y a tous les rites des Églises orientales en communion avec Rome. Et même dans le rite latin, il y a d’autres rites que le rite romain, comme le rite ambrosien ou le rite mozarabique. La messe de Saint Pie V elle-même, lorsqu’elle a été approuvée, n’a pas annulé tous les rites précédents, mais seulement ceux qui ne pouvaient pas se prévaloir d’au moins deux siècles d’ancienneté...
 
 
 
 
Et la messe de Saint Pie V a-t-elle jamais été abolie par le Novus ordo ?
Le Concile Vatican II ne l’a jamais fait, et il n’y a jamais eu par la suite aucun acte positif qui l’ait établi. La messe de Saint Pie V n’a donc jamais été formellement abolie. Il est de toute façon étonnant que ceux qui s’érigent en interprètes authentiques de Vatican II en donnent, dans le domaine liturgique, une interprétation aussi restrictive et aussi peu respectueuse de la liberté des fidèles, en finissant par faire sembler ce Concile encore plus coercitif que le Concile de Trente.
 
 
 
 
Le motu proprio n’établit pas de nombre minimum de fidèles nécessaire pour demander de pouvoir célébrer la messe de saint Pie V. Et pourtant, le bruit avait couru qu’il était question d’un seuil minimum de trente fidèles...
On a là la démonstration éclatante des innombrables pseudo-nouvelles qui ont été racontées sur ce motu proprio par des gens qui n’avaient pas lu les projets ou qui, de manière intéressée, voulaient peser sur son élaboration. J’ai suivi tout le parcours qui a mené à la rédaction finale et, autant que je me souvienne, aucun seuil minimum de fidèles, ni de trente, ni de vingt, ni de cent, n’est jamais apparu dans aucun projet.
 
 
 
 
Pourquoi ce choix de présenter le texte du motu proprio en avant-première, le 27 juin, à quelques ecclésiastiques ?
Le Pape Benoît XVI ne pouvait pas appeler tous les évêques du monde, alors il a convoqué quelques prélats, particulièrement intéressés à la question pour différentes raisons et représentatifs de tous les continents. C’est à eux qu’il a présenté le texte en leur offrant la possibilité de faire des observations. Tous les participants ont eu la possibilité de parler.
 
 
 
 
À la lumière de cette rencontre, y a-t-il eu des variations par apport au texte initial du motu proprio ?
De petites variations lexicales ont été demandées et introduites, rien de plus.
 
 
 
 
Quelles perspectives ce motu proprio peut-il ouvrir pour les disciples de Mgr Lefebvre ?
Ces derniers ont toujours demandé que chaque prêtre puisse célébrer la messe de Saint Pie V. Désormais cette faculté est reconnue officiellement et formellement. D’autre part, le Pape réaffirme que la messe que nous officions tous les jours, celle du Novus ordo, reste la modalité ordinaire de célébrer l’unique rite romain. Donc on ne peut nier la valeur, et encore moins la validité du Novus ordo. Ceci doit être clair.
 
 
 
 
Le motu proprio augmentera-t-il la responsabilité d’«Ecclesia Dei»?
Cette Commission a été fondée pour réunir les laïcs et les ecclésiastiques qui ont abandonné le mouvement de Mgr Lefebvre après les consécrations épiscopales illégitimes. Et de fait, elle a aussi travaillé par la suite pour un dialogue avec la Fraternité de saint Pie X elle-même dans la perspective d’une pleine communion. Aujourd’hui, le motu proprio s’adresse à tous les fidèles liés à la messe de Saint Pie V, et pas seulement à ceux qui proviennent de la mouvance de Mgr Lefebvre. Ceci présuppose donc, évidemment, un travail beaucoup plus important de notre part.
 

1. Saint Louis, le futur Roi de France
Tout petit se mettait à genoux chaque jour;
Et sa mère admirant sa naïve innocence,
Quand il avait prié lui disait à son tour :

2. Mon fils, Dieu sait si je vous aime
Et si votre trépas pour moi serait cruel,
Pourtant j'aimerais mieux vous perdre en ce jour même
Que de vous voir commettre un seul péché mortel.

3. Saint Louis quand il fut Roi de France
N'oublia point les mots qu'il avait entendus;
Il conserva toujours sa céleste innocence
Et fut couronné roi par le doux Roi Jésus.

4. Saint Louis, protecteur de la France
Accordez-nous l'appui de votre bras vainqueur.
Après les jours mauvais gardez nous l'espérance
De voir fleurir les lys autour du Sacré-Cœur.



Le journal du Vatican, l'Osservatore Romano, a vivement critiqué le film sur l'avortement "4 mois, 3 semaines et 2 jours", Palme d'Or à Cannes, une œuvre "sordide" qui traite les fœtus "comme des objets jetés à la poubelle" et non pas comme des "êtres humains"…

 
 
 
« Le film, sordide et verbeux, est construit pour exhiber à l'écran, au terme de presque deux heures de monotonie, un fœtus, ou plutôt un enfant de presque cinq mois, exposé sur le sol d'une salle de bains. A présent que le recours excessif aux scènes de sexe a épuisé le potentiel d'attraction (du public), un nouveau coup bas est infligé à la dignité du spectateur, avec ce film récompensé par la Palme d'Or : un signal dramatique d'un retour à la barbarie, individuel comme collectif, de nos consciences », a déploré le journal du Vatican. Dans le film, « on parle avec désinvolture de fœtus comme s'il s'agissait de choses, d'objets, et non pas d'êtres humains, appelés à la vie puis martyrisés, trucidés et jetés à la poubelle », conclut l'Osservatore, qui critique les « macabres rituels de la folie humaine » montrés dans le film.
 
 
 

1. Vierge sainte, Dieu t'a choisie,
Depuis toute éternité,
Pour nous donner son Fils bien-aimé,
Pleine de grâces, nous t'acclamons.

 

R. Ave, ave, ave Maria.


2. Par ta foi et par ton amour,
Ô Servante du Seigneur,
Tu participes à l'œuvre de Dieu,
Pleine de grâces, nous te louons.

3. En donnant aux hommes ton Fils,
Mère riche de bonté,
Tu fais la joie de ton Créateur,
Pleine de grâces, nous t'acclamons.

4. Ô Marie, refuge très sûr,
Pour les hommes, tes enfants,
Tu nous comprends et veilles sur nous,
Pleine de grâces, nous te louons.

5. Tu demeures près de nos vies,
Nos misères et nos espoirs,
Pour que la joie remplisse nos cœurs,
Pleine de grâces, nous t'acclamons.

 

 

 

http://img.over-blog.com/203x152/0/21/41/34/r-pertoire-2/Mgr-Michael-Evans.jpgUn évêque catholique britannique, militant de longue date d'Amnesty International, a décidé de quitter l'organisation de défense des droits de l'Homme pour protester contre sa position en faveur d'une dépénalisation de l'avortement, a-t-on appris mardi auprès de son entourage. La décision de l'évêque d'East Anglia, Mgr Michael Evans, intervient deux mois après l'appel du Vatican aux catholiques à retirer leur soutien financier à l'organisation en raison de son engagement récent en faveur de la dépénalisation et d'un meilleur accès à l'avortement au nom des "droits des femmes". « Le plus important des droits de l'Homme est le droit à la vie. Une organisation de défense des droits de l'Homme devrait tenir compte de la vie humaine la plus vulnérable qui soit: celle de l'enfant dans le ventre de sa mère », a expliqué le prélat, cité mardi par le quotidien The Independent. « La question de l'avortement est si fondamentale dans la pensée catholique que ce sera difficile pour les catholiques de rester impliqués » dans les activités d'Amnesty, ajoute l'évêque, tout en soulignant que les personnes doivent prendre elles-mêmes cette décision.

 

Le secrétaire personnel du pape Benoît XVI s'est ému de l'islamisation rampante de l'Europe et a insisté sur la nécessité de ne pas ignorer les racines chrétiennes du continent…

 
 
 
 
 
« Il ne faut pas minimiser les tentatives d'islamisation de l'Occident…
et le danger qui en découle pour l'identité de l'Europe ne doit pas être ignoré
sous prétexte d'une prévenance faussement compréhensive.
Le catholicisme le voit bien et le dit clairement »
 


Revenant sur le discours - ô combien important - tenu par le pape devant des étudiants à Ratisbonne qui avait déclenché la colère d'une grande partie du monde musulman (ce qui prouve et illustre bien – si besoin était – toute la vérité du discours ; NDLR), le père Gänswein le considère "tel qu'il a été tenu, comme prophétique". Le souverain pontife avait voulu par là « réagir à une certaine naïveté ». Mgr Gänswein souligne que "un" islam n'existe pas et une ''instance importante et contraignante pour tous les musulman non plus." Sous l'idée d'islam, explique-t-il, il y a beaucoup de courants, également contraires entre eux, qui vont « jusqu'aux extrémistes qui se réfèrent dans leur action, au Coran et entrent avec le fusil » sur le terrain. En tout cas, le Saint Siège va de l'avant sur le chemin de l'analyse et tâche de maintenir des contacts continus et des entretiens à travers le Conseil Pontifical pour le dialogue interreligieux.
 
Sueddeutsche.de (juillet 2007)

Dans la pensée de Benoît XVI, la célébration publique du rite tridentin en de nombreux lieux ne peut qu’aider puissamment à mettre en œuvre sa conviction profonde : procéder à une "réforme de la réforme". Au-delà du rétablissement du droit du missel de Saint Pie V, le Motu Proprio Summorum Pontificum pourrait alors annoncer quelque chose comme un missel de Benoît XVI…

 
 
 
 
 
 
 
LE MOTU PROPRIO EST UN TEXTE D'ÉTAPE
Ce texte sur la libéralisation de la messe traditionnelle, annonçant en filigrane d’autres mesures (renforcement en pouvoirs et en personnel de la Commission pontificale Ecclesia Dei), immédiatement suivi de la publication d’un document de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi qui voudrait encadrer l’interprétation de l’une des expressions les plus floues du dernier Concile, le susbistit in, paraît confirmer le développement d’un véritable tournant ecclésiologique. Ses adversaires ne s’y sont pas trompés : sur la forme, le pape Benoît XVI, passe par-dessus une certaine "collégialité", pour s’appuyer sur les curés de paroisse dont un certain nombre sont notoirement acquis à la libéralisation liturgique, contribuant par le fait même, paradoxalement, à désenchaîner l’autorité personnelle des évêques de bonne volonté. Sur le fond, il rétablit la plénitude de principe du droit d’un rite liturgique anté-conciliaire et, par voie de conséquence, volens nolens, il minimise la légitimité du rite qui s’est voulu l’expression de la réforme de Vatican II. Cet acte est posé pratiquement quarante ans après la réforme liturgique : la "messe normative" selon le nouvel Ordo avait, en effet, été présentée aux évêques réunis en synode, en octobre 1967. Quarante ans… La durée de la Captivité de Babylone, ou celle du Grand Schisme, diront avec humour les amateurs de lecture "spirituelle" de l’histoire. Quarante ans d’un inintelligible cauchemar et 25 ans de préparation !
 
Mais la parution de ce Motu Proprio a été elle-même fort longue. On l’annonçait depuis le début du pontificat : le nombre de bruits, d’informations vraies mais prématurées, de désinformations, d’indiscrétions sur sa date, sur ses modalités, pourraient faire l’objet d’un livre, qui montrerait à quel point le principe de sa publication a soulevé d’oppositions, provoqué de démarches, entraîné d’hésitations depuis deux ans. Et même avant : on savait que dans les dernières années du pontificat de Jean-Paul II plusieurs cardinaux, dont Joseph Ratzinger, notre pape Benoît XVI, lui avaient demandé une mesure semblable à celle qui vient d’être prise. Auparavant, le cardinal Stickler avait révélé que le cardinal Ratzinger avait organisé une consultation de cardinaux pour leur demander si, à leur avis, la messe tridentine avait été ou non juridiquement abrogée. Plus anciennement encore, pratiquement dès l’entrée du même cardinal Ratzinger au Palais du Saint-Office, comme l’ont récemment révélé divers organes de presse, une réunion qu’il présidait s’était tenue à la Congrégation pour la Doctrine de la foi, le 16 novembre 1982, avec les cardinaux Baum, Casaroli (Secrétaire d’État), Oddi (Clergé), Baggio (Evêques), et Mgr Casoria (Culte divin), au cours de laquelle avaient été approuvées à l’unanimité la non-abrogation de la messe traditionnelle et des mesures quasi identiques à celles qui viennent d’être publiées. En 1982 ! L’émergence de ce texte explosif n’a donc pas pris six mois ni deux ans, mais vingt-cinq ans !
 
Je me limiterai ici à quelques réflexions sur la portée ecclésiologique de l’article 1 de cette Lettre apostolique en forme de motu proprio de Benoît XVI. Il contient cette affirmation paradoxale – certains diront surréaliste – pour qui a vécu quarante années d’exclusions, pressions, marginalisations, voire de véritables persécutions : le missel traditionnel, en sa dernière édition "typique" (1962), n’avait jamais été abrogé ! Nombreux sont ceux, prêtres et fidèles, qui en ont ressenti une poignante émotion : en quelques mots, c’est toute une tranche d’histoire de leur vie, en son cœur – les conditions de la célébration de l’eucharistie – qui est déclarée n’avoir été qu’un inintelligible cauchemar. Durant quarante ans ! Inversement (du moins apparemment, car ce n’est pas vraiment contradictoire), l’article 1 déclare que l’un et l’autre missel, celui de Paul VI et celui de Saint Pie V, sont "deux expressions de la lex orandi de l’Église [qui] n’induisent aucune division de la lex credendi". Une situation totalement atypique est ainsi créée. Certes, il a toujours existé dans l’Église des rites liturgiques distincts correspondant à des aires géographiques, ethniques ou culturelles diverses, mais on avait jamais vu, non seulement une coexistence de fait, mais une consécration de droit du parallélisme de deux états successifs du même rite.
 
 
 
 
 
 
Lex orandi lex credendi ?
En effet, il y a normalement une osmose entre la croissance continue, sans rupture ni involution, de la loi de la foi (le dogme) et de la loi de la prière (la liturgie). L'histoire du dogme est depuis toujours inextricablement liée à celle du culte, ou plutôt c'est une même histoire de croissance, d’amélioration, de précision. Bien entendu, il ne s'agit pas d'absolutiser l'évolution historique des formes rituelles en tant que telles. A strictement parler, l'impossibilité d'une involution ne concerne, à l’intérieur du culte divin, que l'expression de la foi et des mœurs. Mais lorsqu’une liturgie est totalement revue et corrigée, dans l’ensemble comme dans le détail, ce qui fut le cas de la liturgie romaine après Vatican II, le nouvel état ne peut que représenter un progrès dans l’expression de la foi.
 
Or, la Lettre apostolique "Motu Proprio Summorum Pontificum" de Benoît XVI,  nous dit que dans ce cas, il n’en est rien : au minimum, la réforme de Paul VI n’a pas accompli de progrès, au pire – et le minimum n’est-il pas déjà le pire ? – elle a représentée une évolution. En réalité, la nouvelle liturgie est congénitalement multiforme : les prières eucharistiques officiellement utilisables en France sont au nombre de dix, les variantes possibles sont innombrables, les interprétations personnelles infinies, tout cela induit par un anti-ritualisme de principe. De sorte qu’elle est bien, en effet, l’expression d’une "loi de la prière" floue, qui s’accorde à une "loi de la foi" non moins floue, celle du Concile dans ses parties qui soulèvent le plus de difficultés. Le cardinal Ratzinger ne disait-il pas dans La célébration de la foi, que la multiplication des prières eucharistiques "révèle une situation préoccupante, d’autant plus que leur qualité et leur convenance théologique sont parfois à la limite du supportable" ? De même donc, que la multiplicité des lectures possibles du Concile, pratiquement contradictoires, découle de son caractère "pastoral", toutes choses égales, la nouvelle liturgie, qui n’a plus l’armature rituelle correspondant dans le culte à l’armature dogmatique dans le magistère, ne prétend pas être une borne infrangible de la foi.
 
 
 
 
 
 
Le pape veut procéder à la "réforme de la réforme"
Il serait bien risqué de prévoir l’aboutissement des grandes évolutions ecclésiologiques qui semblent s’être ébranlées, lentement d’abord (Le Catéchisme de l’Église Catholique), plus nettement ensuite (Dominus Iesus - Vatican 6 août 2000), assez précisément aujourd’hui (Summorum Pontificum). On peut cependant imaginer, dans le domaine strictement liturgique, un double mouvement. Le missel traditionnel contient dans son canon l’expression tout à fait unique de l’actio eucharistique (le sacrifice de la messe, sacrifice non sanglant, renouvelant le sacrifice du Golgotha, accompli sur l’autel pour la diffusion et l’application des fruits salutaires de la Croix), expression redoublée – comme d’ailleurs dans toutes les liturgies traditionnelles – par l’explicitation que constituent les prières de l’offertoire, la ritualisation des gestes, l’orientation de la prière. La "forme extraordinaire" du rite romain, de l’Église Mère et Maîtresse, dont la Lettre apostolique dit qu’il doit être "honoré en raison de son usage antique et vénérable", pourrait donc se voir à nouveau reconnaître, spécialement dans son canon unique – une des spécificité majeures de la liturgie de Rome – son rôle cultuel de regula fidei. D’autre part, il semble clair, dans la pensée de Benoît XVI, que la célébration publique du rite tridentin en de nombreux lieux ne peut qu’aider puissamment à mettre en œuvre sa conviction profonde : la réforme de Paul VI, après quarante ans d’usage n’ayant pas donné les fruits que l’on en espérait, il faut en douceur, avec patience, beaucoup plus dans la pratique que dans les textes, procéder à une "réforme de la réforme", qui la rapprochera progressivement de l’usage "antique et vénérable". Au-delà du rétablissement du droit du missel de Saint Pie V, le Motu Proprio Summorum Pontificum pourrait alors annoncer quelque chose comme un missel de Benoît XVI.
 
Abbé Claude Barthe – Monde et Vie

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