© Communauté de l’Emmanuel

 

« On ne pourra pas me taxer de défaitisme lorsque je soutiens que les documents du Saint-Siège ne sont suivis que de très peu d’effets. La raison en est qu’a disparu le préalable à toute obéissance : reconnaître le droit de Notre Seigneur à être adoré ainsi que l’affirment l’Ecriture et la Tradition apostolique. La prise en compte du ius divinum est essentielle si l’on veut favoriser la réforme liturgique telle que la comprend la Constitution conciliaire, dans le contexte de la tradition catholique et ainsi mettre fin au relativisme liturgique. Il faut repartir du principe que la liturgie est sacrée, de même que la musique et l’art qui la servent. Cela résulte du droit divin. (...) Le prêtre ou l’évêque qui préside la liturgie sait-il qu’il a été choisi parmi le peuple pour accomplir un tel acte de « justice » ? (...) Bien que la liturgie soit avant tout « ordre » (ordo pour les latins) (...) elle se trouve aujourd’hui dans une situation d’anomie, d’absence de règles. Il faudrait d’ailleurs plutôt dire que les règles existent sur le papier, mais que leur application est pour le moins élastique. L’anarchie est tellement diffuse que des groupes de laïcs se considèrent comme émancipés des clercs, que nombre de prêtres n’écoutent pas les évêques et qu’un certains nombre d’entre eux se considèrent se considèrent comme supérieurs au législateur suprême qu’est le Pontife romain.

 

La liturgie est manipulée. Comment y mettre bon ordre ? Il faut avant tout chercher à faire de son mieux avec les normes actuelles, en s’attachant à les éclaircir. Mais il faut aussi remédier aux difficultés en restreignant la tendance à la créativité et aux modifications qui parfois dégénèrent en délits, actes graves et abus (Redemptionis Sacramentum, 172-175). Il faut retrouver le sens de la Constitution sur la liturgie et de la Présentation générale du missel romain qui rappelle : « Le prêtre gardera à l’esprit qu’il est le serviteur de la liturgie et qu’il ne lui est pas licite d’ajouter, d’enlever ou de changer quoi que ce soit dans la célébration de la messe de son propre chef » (PGMR 24, cf. SC 22). (...) La nécessité de la discipline est une exigence anthropologique qui se retrouve dans l’existence d’un droit liturgique. Lorsqu’il se dégrade, l’ethos se détériore en même temps que le culte. Comme l’observe Robert Spaemann, la décadence morale accompagne celle du culte. (...) La désobéissance aux normes liturgiques est un acte immoral qui traduit une fausse conception de la liberté (Redemptionis Sacramentum n°7). Elle s’enracine dans la culture actuelle de l’autodétermination. On préfère mettre aujourd’hui en avant la créativité et obéir à de fumeuses théories théologiques. Il devient alors contradictoire d’en appeler au célèbre axiome lex orandi, lex credendi car si la norme de la prière établit la norme de la foi, la norme, la loi impliquent discipline, humilité et obéissance : choses bien rares aujourd’hui. »

 

Mgr Nicola Bux, professeur de liturgie et de théologie sacramentaire,

Consulteur de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi et de la

Congrégation pour le Culte divin et la discipline des Sacrements

1. En montant aujourd'hui dans les cieux, la glorieuse Vierge a certainement porté à son comble la joie des citoyens du ciel. Car elle n'est rien moins que celle dont la voix fit tressaillir de joie, dans les entrailles d'une mère qu'elle a saluée, l'enfant qui y était encore enfermé. Si l'âme d'un enfant qui n'était pas encore né s'est fondue de bonheur à sa voix, qu’elle ne dut pas être l'allégresse des esprits célestes quand ils eurent le bonheur d'entendre sa voix, de contempler son visage ? Et même pour nous, mes frères bien-aimés, quelle fête n'est point le jour de son Assomption, quels motifs de joie et de bonheur n'y a-t-il point dans son assomption ? La présence de Marie éclaire le monde entier, c'est au point que les cieux eux-mêmes brillent d'un plus vif éclat, à la lumière de cette lampe virginale. C'est donc avec raison que les actions de grâce et les chants de gloire retentissent dans les cieux; mais nous, mes frères, il semble que nous avons plus de motifs de gémir que d'applaudir. En effet, ce monde inférieur ne doit-il pas proportionner son deuil, quand elle le quitte, à l'allégresse même que sa présence répand dans les cieux ? Pourtant, trêve de plaintes chez nous, car, après tout, nous n'avons point ici une cité permanente, nous aspirons, à celle où Marie fait aujourd'hui son entrée; si nous devons un jour en être citoyens, il est juste que, même dans notre exil, et jusque sur les bords des fleuves de Babylone, nous l'ayons présente à la pensée, nous participions à ses joies, nous partagions son allégresse, surtout à celle qui remplit si bien aujourd'hui même, comme un torrent, cette cité de Dieu, que, même ici-bas, nous en recevons quelques gouttes qui tombent jusque sur la terre. Notre Reine nous a précédés, et le glorieux accueil qui lui est fait doit nous engager à suivre Notre Dame, nous ses humbles serviteurs, en nous écriant : « Attirez-nous à votre suite, nous courrons dans l'odeur de vos parfums ». Notre exil a envoyé en avant une avocate qui, en sa qualité de mère de notre Juge, de mère de la miséricorde, doit traiter en suppliante, mais en suppliante écoutée, l'affaire de notre salut.

 

2. Aujourd'hui notre terre a envoyé un précieux présent au ciel, pour rapprocher, par cet heureux échange de présents d'amitié, les hommes de Dieu, la terre des cieux, notre bassesse de l'élévation suprême. Un fruit sublime de la terre s'est élevé là d'où nous viennent tous dons excellents, tous dons parfaits, et une fois montée dans les cieux, la bienheureuse Vierge comblera à son tour les hommes de ses dons. Pourquoi n'en serait-il point ainsi ? Car le pouvoir ne lui manquera pas plus que la volonté. Elle est la Reine des cieux et une Reine de miséricorde, et de plus elle est la Mère du Fils unique de Dieu; est-il rien qui puisse nous faire concevoir une plus haute estime de son pouvoir et de sa bonté ? A moins qu'on ne croie pas que le Fils de Dieu honore sa mère, ou qu'on doute que les entrailles de Marie, où la charité même de Dieu a passé corporellement neuf mois entiers, se soient remplies de sentiments de charité.

 

3. Si je parle de la sorte, mes frères, c'est pour nous que je le fais, attendu que je n'ignore pas combien il est difficile que dans un si grand dénuement on ne puisse trouver cette charité parfaite qui ne cherche point ses propres intérêts. Mais, sans parler des grâces que nous recevons pour sa glorification, pour peu que nous ressentions d'amour pour elle, nous nous réjouirons de la voir retourner à son Fils. Oui, mes frères, nous la féliciterons, à moins pourtant qu'il ne nous arrive, ce qu'à Dieu ne plaise, d'être tout à fait ingrats envers celle qui a trouvé la grâce. Car elle est aujourd'hui reçue dans la cité sainte par celui qu'elle a reçu elle-même la première, lorsqu'il fit son entrée dans monde, mais avec quel honneur, avec quelle allégresse et quelle gloire! Sur la terre, il n'est point un seul endroit plus honorable que le temple du sein virginal où Marie reçut le Fils de Dieu, et, dans le ciel, n'est point de trône supérieur à celui sur lequel le Fils de Dieu a placé sa mère. Recevant ou reçue, elle est également bienheureuse, elle l'est dans les deux cas d'un bonheur ineffable parce qu'elle l'est d'un bonheur inimaginable. Mais pourquoi lit-on aujourd'hui dans l'Église du Christ précisément le passage où il est donné à entendre que femme bénie entre les femmes a reçu le Sauveur ? C'est, je pense, pour nous faire estimer, ou plutôt pour nous faire comprendre, combien est inestimable la réception que Marie reçoit aujourd'hui de son Fils par celle qu'il lui a été donné à elle-même de lui faire. En effet, qui pourrait dire, même en empruntant les secours de la langue des anges et de celle des hommes, comment expliquer de quelle manière le Saint-Esprit est survenu en Marie; la vertu du Très-Haut l'a couverte de son ombre, la vertu de Dieu par qui tout a été fait, s'est lui-même fait chair, de quelle manière enfin le Seigneur de majesté, que l'univers entier ne peut contenir, devenu homme, s'est enfermé dans les entrailles d'une Vierge ?

 

4. Mais qui pourra se faire une juste idée de la gloire au sein de laquelle la Reine du monde s'est avancée aujourd'hui, de l'empressement plein d'amour avec lequel toute la multitude des légions célestes s'est portée à sa rencontre; au milieu de quels cantiques de gloire elle a été conduite à son trône, avec quel visage paisible, quel air serein, quels joyeux embrassements, elle a été accueillie par son Fils, élevée par lui au-dessus de toutes les créatures avec tout l'honneur dont une telle mère est digne, et avec toute la pompe et l'éclat qui conviennent à un tel Fils ? Sans doute, les baisers que la Vierge mère recevait des lèvres de Jésus à la mamelle, quand elle lui souriait sur son sein virginal, étaient pleins de bonheur pour elle, mais je ne crois pas qu'ils l'aient été plus que ceux qu'elle reçoit aujourd'hui du même Jésus assis sur le trône de son Père, au moment heureux où il salue son arrivée, alors qu'elle monte elle-même à son trône de gloire, en chantant l'épithalame et en disant : « Qu'il me baise d'un baiser de sa bouche ». Qui pourra raconter la génération du Christ et l'Assomption de Marie ? Elle se trouve dans les cieux comblée d'une gloire d'autant plus singulière que, sur la terre, elle a obtenu une grâce plus insigne que toutes les autres femmes. Si l'œil n'a point vu, si l'oreille n'a point entendu, si le cœur de l'homme n'a point connu dans ses aspirations ce que le Seigneur a préparé à ceux qui l'aiment, qui pourrait dire ce qu'il a préparé à celle qui l'a enfanté, et, ce qui ne peut être douteux pour personne, qui l'aime plus que tous les hommes ? Heureuse est Marie, mille fois heureuse est-elle, soit quand elle reçoit le Sauveur, soit quand elle est elle-même reçue par lui; dans l'un et dans l'autre cas, la dignité de la Vierge Marie est admirable, et la faveur dont la majesté divine l'honore, digne de nos louanges. « Jésus entra dans une bourgade, nous dit l'Évangéliste, et une femme l'y reçut dans sa maison » (Luc. X, 38). Mais laissons plutôt la place aux cantiques de louanges, car ce jour doit être consacré tout entier à des chants de fête. Toutefois, comme le passage que je viens de vous citer nous offre une ample matière à discourir, demain, lorsque nous nous réunirons de nouveau, je vous ferai part, sans céder à l'envie, de ce que le ciel m'aura inspiré pour vous le dire, afin que le jour consacré à la mémoire d'une si grande Vierge, non seulement nous soyons excités à des sentiments de dévotion ; mais encore à faire des progrès dans la pratique de notre profession, pour l'honneur et la gloire de son Fils, Notre-Seigneur, qui est Dieu béni par-dessus tout dans les siècles. Ainsi soit-il.

 

Saint Bernard - 1er Sermon pour l’Assomption de la Vierge Marie - ‘’De la Susception du Christ et de celle de Marie’’

Les fidèles qui sont persuadés que la célébration « face au peuple » est un progrès indéniable auraient avantage à se souvenir qu’il y a actuellement, dans l’Eglise catholique, davantage de communautés rituelles qui célèbrent « dos au peuple » - sans que cela pose le moindre problème - que de communautés rituelles célébrant « face au peuple ». C’est le cas, par exemple, pour les fidèles catholiques qui pratiquent la liturgie de S. Jean Chrysostome ou celle de S. Maron... Ajoutons que par ces liturgies-là, on donne aux fidèles de comprendre que les célébrations s’adressent à Dieu et non aux assemblées. Point capital bien oublié de nos jours dans nos paroisses.

 

Pro Liturgia

« (…) L'historien Emmanuel Leroy-Ladurie me disait que les classes les plus touchées par Mai 68 avaient été les intellectuels, les membres du corps enseignant, les universitaires, les magistrats, mais aussi et surtout le clergé. C'est une page de l'histoire de l'Eglise très douloureuse, qui n'a pas encore été écrite - peut-être précisément parce qu'elle est très douloureuse (…) Mgr Pézéril, ancien évêque auxiliaire de Mgr Marty à Paris, que j'interrogeais sur le sujet, m'a confié : "La crise a été générale, profonde, terrible. Des années entières de jeunes ordonnés ont quitté le sacerdoce, etc. Ce fut épouvantable." Je crois qu'on estime le nombre des départs de prêtres et de religieux à 1500 pour la seule année 68. Entre 1971 et 1975, 960 prêtres quitteront le sacerdoce. Du jamais vu ! Une hémorragie terrifiante sur laquelle on a préféré couler une dalle de silence (...) Lorsque Mgr Vial, évêque de Nantes, pourtant plutôt "progressiste" reçoit une délégation d'Echanges et dialogue (l'organisation des prêtres contestataires), il est tellement submergé par la violence de leurs propos qu'il s'évanouit ! (...) C'était surréaliste, tout le monde parlait "marxien" ! Cela allait d'ailleurs durer l'été de la Saint-Martin : quelques jours... et puis le marxisme allait s'effondrer. Sauf dans l'Eglise. Là aussi se tient une des clés du mutisme actuel : la honte d'avoir été en retard alors qu'on se croyait en avance. (...)

 

Extrait d’un article de Famille chrétienne, N°1581

En regard des grandes manifestations aux JMJ de Rio qui ont fait couler beaucoup d’encre, il est bon de relire quelques lignes d’une étude toujours disponible sur le site internet du Vatican. Elles permettent de s’interroger sur les risques d’une présentation de l’Eglise catholique où l’accent serait mis sur des « spiritualités » au détriment de la « foi » et où Dieu serait remplacé par une sorte « d’énergie transpersonnelle » ou de « ressenti collectif » tel qu’on le trouve dans les communautés pentecôtistes. Les communautés pentecôtistes (qui attirent certains catholiques) proposent des spiritualités qui remportent un réel succès en présentant comme inspirées de l’Evangile la liberté, l’authenticité, l’indépendance et bien d’autres valeurs du même ordre. De telles spiritualités, qui conviennent plus particulièrement à ceux qui ont des problèmes avec l’Eglise en tant qu’institution, conduisent cependant à adopter une religiosité visant à procurer un certain bien-être, mais qui « ne demande pas plus de foi qu’il n’en faut pour aller au cinéma ». 

 

 

 

JMJ_Rio_2013.svg.pngCes spiritualités, faciles, joyeuses, conviviales, qui plaisent plus spécialement aux jeunes, visent à faire découvrir le destin de chacun afin que chacun puisse tirer le meilleur parti de lui-même dans les circonstances de la vie. Ce désir de transcendance de l’esprit humain permettant de surmonter les difficultés de l’existence s’exprime à travers une ferveur ostentatoire qu’on trouve chez les fidèles conquis par cette nouvelle façon de vivre une foi personnelle. Mais ne s’agit-il pas ici tout simplement d’attitudes spirituelles qui, au nom d’une prétendue relation à Dieu détachée de la vie en Eglise, finiront par mettre le message évangélique uniquement au service de paroles toutes humaines faites de slogans répétés à la façon de mantras : « accueillir l’autre dans sa diversité », « être tolérant », « crier de joie pour le Seigneur », « briser les chaînes de l’égoïsme »... etc. ? A force de ne plus répéter que de tels slogans au cours de grands « happenings », n’en vient-on pas à transformer la religion en un simple moment permettant aux individus de partager des projets ou de nouer des relations au sein de différents niveaux d'engagement ? Le Pape François faisait allusion à ce danger en rappelant dès les débuts de son pontificat que l’Eglise se viderait de son sens si elle se transformait en une sorte de super ONG. Or c’est ce qui risque d’arriver si le goût pour de nouvelles spiritualité en vient à éloigner les fidèles de la religion organisée - estimant qu’elle ne répond pas à leurs besoins - pour chercher ailleurs des « relation au divin » qui semblent davantage leur convenir. Les croyants en quête d’une spiritualité réconfortante se tournent, en effet, vers des mouvement religieux leur promettant une « libération » : la libération de toutes les structures qui paraissent opprimantes ou aliénantes soit par leurs lourdeurs, soit par leur côté désuet. Dans ces nouveaux mouvements caractérisés par l’absence de dogmes et de catéchisme, la distinction entre le bien et le mal finit par s’estomper, tout comme le « Credo ». En conséquence, personne ne peut être condamné, et personne n’a besoin d’être pardonné ; la croyance dans l’existence du mal ne pouvant qu’engendrer la frilosité et la peur de l’engagement, la seule réponse qu’on puisse donner à la négativité est donc l’amour vécu à travers une foi « light ». Non pas tant un amour devant être traduit en engagements qu’un amour résultant d’une attitude mentale conduisant à un certain bien-être. D’où ces joyeuses assemblées qu’on trouve dans les communautés pentecôtistes et qui attirent des jeunes catholiques souvent décatéchisés qui imaginent que c’est en développant son potentiel humain que le croyant parviendra à entrer en contact avec son « Dieu intérieur » et avec certaines parties essentielles de la foi qui ont été aliénées ou supprimées par l’Eglise-institution.

 

Tant la tradition chrétienne que la croyance séculière dans un progrès illimité de la science ont connu une grave rupture qui s'est manifestée pour la première fois dans les révolutions estudiantines de 1968. La sagesse des générations précédentes s’est trouvée brusquement privée de sa signification et du respect dont elle jouissait tandis que la toute-puissance de la science se dissipait. En sorte qu’aujourd'hui l’Eglise doit faire face à une grave crise de transmission de sa foi aux jeunes générations. La perte générale de confiance dans ces piliers traditionnels de la conscience et de la cohésion sociale s’est accompagnée d’un retour inattendu d’une religiosité sans fondements et de rituels sans contenus. Les jeunes générations s’intéressent au « divin »... mais à la condition qu’on puisse le situer dans une association informelle regroupant toutes sortes d’activités, d’idées et d’individus pouvant répondre à cette appellation. On n’y trouve donc pas de structure pouvant être comparée, même de loin, à celles qui permettent aux religions organisées de transmettre un contenu de la foi. Le Dieu dont on parle à présent n’est ni personnel, ni transcendant : il n’est plus qu’une sorte d’énergie dont les grands rassemblements se veulent l’expression collective. « Tout est un » : cette unité est moniste, panthéiste. Ou plus exactement panenthéiste. Dieu est le « principe de vie », « l’esprit ou âme du monde », la somme totale de la conscience existant dans l’univers que l’on souhaite beau, radieux, fraternel. En un certain sens, tout peut devenir Dieu. D’où ce besoin, chez beaucoup de jeunes de se construire des « religions à la carte », des « liturgies évolutives » et d’avoir des « leaders » charismatiques. Mais alors, ne risque-t-on pas de se détacher peu à peu de l’Eglise voulue par le Seigneur alors même qu’on imagine s’en rapprocher ?

 

Pro Liturgia

Flos Carmeli, vitis florigera, splendor caeli, virgo puerpera singularis.

Mater mitis sed viri nescia Carmelitis esto propitia stella maris.

Radix Iesse germinans flosculum nos ad esse tecum in saeculum patiaris.

Inter spinas quae crescis lilium serva puras mentes fragilium tutelaris.

Armatura fortis pugnantium furunt bella tende praesidium scapularis.

Per incerta prudens consilium per adversa iuge solatium largiaris.

Mater dulcis Carmeli domina, plebem tuam reple laetitia qua bearis.

Paradisi clavis et ianua, fac nos duci quo, Mater, gloria coronaris. Amen. (Alleluia.)


« Le petit Bernhard », comme il est appelé affectueusement par ses nombreux admirateurs, est né le 4 Janvier 1930 ; il était le fils d'un charpentier de Herrngiersdorf en Basse-Bavière, près de Ratisbonne. Au baptême il reçut le nom du grand mystique, Saint Bernard de Clairvaux. Avant même sa naissance, sa pieuse mère, Anna, le consacra à la Très Sainte Mère de Dieu, à Altötting. La nombreuse famille vivait modestement, mais dans une harmonie parfaite. Dès l'école primaire, il assistait presque tous les jours à la sainte messe en l'église paroissiale proche de Semerskirchen. Sa première  confession et sa première communion, faites le 16 Avril 1939, le marquèrent profondément. C'est probablement alors que germa en lui ce désir : « Ich will etwas werden, womit man in den Himmel kommt ». « Je veux devenir ce par quoi on va au ciel ». Pour atteindre ce but élevé, le petit garçon s'y appliquait tous les jours. C'est ainsi que mûrit en Bernhard le désir de devenir prêtre. Son curé pouvait avec bonne conscience faire la demande d'admission au petit séminaire d'Obermünster à Ratisbonne: « Bernhard Lehner a inclination et aptitude pour la prêtrise ».

 

 

 

 

lehnerAprès avoir surmonté les difficultés liées au temps – le funeste régime nazi tenait aussi la Bavière d'une poigne ferme –, le 21 Septembre 1941, le garçon entra comme séminariste, dans l'antique école-cathédrale de Ratisbonne. Il a travaillé avec zèle à l'accomplissement de ses résolutions : dans la prière, la plus grande piété, dans l'étude, le plus grand soin, et dans le jeu, la gaieté la plus grande. A cause de sa piété et de sa fraîcheur d'âme, Bernhard était aimé de tous. Quand il eut la permission de recevoir le sacrement de confirmation, en 1942, il marquât son calendrier d'une étoile jaune – ce jour signifiait pour lui le point culminant de sa courte vie terrestre –. Début Décembre 1943 Bernhard tomba malade, atteint de diphtérie septique. Il fut transporté d'urgence à l'hôpital municipal pour enfants. Autour de Noël, son état se détériora rapidement : paralysie du voile du palais, suivie d'une paralysie diaphragmatique. Courageusement, avec patience, et même avec joie, il endura toutes ces souffrances. Après un grave malaise survenu le 16 Janvier 1944, on vit que la fin approchait. Il demanda les derniers sacrements aux siens et dit : « Laissez-moi mourir maintenant. Qui pleurera, si c'est pour aller au ciel ? ». Il mourut le 24 Janvier 1944, pleinement conscient jusqu'à la fin. Tous les témoins de sa mort eurent l'impression qu'il était allé au ciel comme on rentre chez soi, comme un saint. Alors, son directeur de séminaire, apprenant le décès de Bernhard, dit : « Maintenant nous avons un avocat dans le ciel ». Des années plus tard, il dit encore : « Il était le meilleur séminariste que j'ai eu durant mes 35 ans de séminaire ». Le 27 Janvier 1944, un jour d'hiver rigoureux, de nombreux fidèles et d'innombrables enfants et adolescents, vinrent pour l'enterrement dans le petit cimetière de Herrngiersdorf. C'était un sacrifice, outre la météo, que de venir ainsi, car à cette époque, en 1944, la population bavaroise avait bien d'autres difficultés : les souffrances de la guerre, le harcèlement nazi, les bombardements, la crise alimentaire et la préoccupation pour un avenir incertain. Malgré cela les funérailles furent empreintes d'une poignante émotion.

 

Les participants, parents, villageois, camarades de classe, séminaristes et enseignants, ainsi que les administrateurs du séminaire, étaient pénétrés de cette pensée : voici un garçon d'à peine 14 ans, dont le seul désir a été de devenir prêtre, et qui se tenait devant Dieu prêt pour la vie éternelle. Il est un prédestiné, épargné par Dieu de l'ardu pèlerinage terrestre. Durant sa vie, Bernard n'eut jamais le désir de se soustraire aux exigences de  la sainteté. Il montra au contraire une consciencieuse et persévérante fidélité aux devoirs de tous les jours : une "petite voie" aussi, comme celle de la petite sainte Thérèse de Lisieux. Bernard était un être doué de santé, de fraîcheur naturelle, de joie et de piété. Mais c'est surtout avec ses qualités d'enfant délicat et compatissant, toujours serviable et attentif, qu'il prit part aux souffrances des gens qu'il rencontrait. La racine de tout cela se trouve dans son immense amour plein d'abnégation pour Dieu et ses commandements. Tout aussi remarquable est sa profonde dévotion à la Vierge, qui, entre autres, s'exprimait par son assiduité à la récitation du rosaire. C'est ainsi qu'il fut déjà de son vivant et dès après sa disparition un modèle discret pour les enfants et les jeunes. Bernhard s'est dépassé lui-même, et combien, lors de sa grave maladie et jusque sur son lit de mort. Il parut de l'étoffe d'un saint à tous ceux qui prirent soin de lui ou ont été autorisés à lui rendre visite. Sa vie, sa souffrance et sa mort, mais surtout son amour pour Dieu et le prochain, ont laissé une forte et durable impression.

 

Dans la détresse de l'après-guerre, se répandit en un éclair l'invocation de Bernhard comme intercesseur auprès du trône de Dieu, d'abord dans son pays natal, puis dans toute la Bavière et au-delà. L'évêque de Ratisbonne, Monseigneur le Dr. Michael Buchberger (1927-1961) se vît amené à entamer le procès de béatification et à le poursuivre de 1950 à 1951. Le 14 Septembre 1952 on célébra le transfert et l'inhumation des restes du Serviteur de Dieu dans un caveau de l'église de Herrngiersdorf. Plus de 20000 fidèles y prirent part. Depuis lors, le procès de béatification était en instance à Rome dans l'attente de la réponse positive à la question fondamentale de savoir si on peut parler de vertus héroïques dès l'enfance. Ainsi, les conditions pour la poursuite du processus était réalisées. En 1994/95 un nécessaire complément d'enquête était effectué. L'étonnante et grande vénération du peuple catholique et la confiance en l'intercession de Bernhard n'a fait que s'accroître. On ne peut passer sous silence le retentissement des nombreuses prières exaucées – de 1944 à 2002 on en a catalogué près de 12000 –. Il est à espérer, qu’il devienne pour l’Église un nouveau patron de l'enfance et de la jeunesse par l'élévation du serviteur de Dieu à la gloire des autels et de l’Église. Par conséquent, tous les fidèles sont invités à demander à Dieu par la prière la grâce de la béatification. La prière suivante pourra nous aider et nous stimuler.

 

 

 

Prière pour la béatification du

Serviteur de Dieu Bernhard Lehner

 

Très Sainte Trinité, Vous qui êtes la couronne de toute sainteté ! Vous  qui suscitez toujours dans votre église de nouveaux saints ! Nous vous en prions, permettez que votre serviteur Bernhard Lehner, qui pour l'amour de Vous et de son prochain a accompli consciencieusement tous ses devoirs, soit élevé bientôt à la gloire des autels, afin que tous les fidèles, et en particulier les enfants et les jeunes, trouvent en lui un modèle de vie chrétienne et que par son intercession et avec votre grâce, Dieu tout-puissant, vous soyez toujours exalté, vous qui vivez et régnez dans les siècles des siècles. Amen.

Biographie trouvée sur le Salon Beige

R. Que vive mon  âme à Te louer

Tu as posé une lampe, une lumière sur ma route,

Ta Parole Seigneur,  (bis)

 

 

1. Heureux ceux qui  marchent dans tes voies Seigneur !

De tout mon cœur je veux garder ta parole,

Ne me délaisse pas, Dieu de ma joie !

 

2. Heureux ceux qui veulent faire ta volonté, 

je cours sans peur sur la voie de tes préceptes

et mes lèvres publient ta vérité.

 

3. Heureux ceux qui suivent tes commandements !

Oui, plus que l’or, que l’or fin, j’aime ta loi ;

Plus douce que le miel est ta promesse.

 

4. Heureux ceux qui méditent sur la Sagesse !

Vivifie-moi, apprends moi tes volontés ;

Dès l’aube, de ta joie Tu m’as comblé.

 

 

 

 

© Communauté de l’Emmanuel


© Communauté de l’Emmanuel


© Communauté de l’Emmanuel

Liens (1)

 

 

 

 

 

 

logofc

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 







 

 

 

 

Intentions de prières

 

Actualité du livre

 

 

 

 


 

 

 

Admin / Twitter

oiseau-twitter2.gif

 

 

Depuis janvier 2006,
site administré par de
jeunes laïcs catholiques.
 
 
CONTACT
 

 


 

 
coolpape.jpg