Dans la "Lettre aux catholiques de l'Irlande", le Pape parle d'une Eglise blessée et désorientée par les nouvelles relatives aux prêtres pédophiles.
Il dénonce d'une voix très forte les « crimes monstrueux », « la honte et le déshonneur », « la violation de la dignité des victimes », le coup porté à l'Église « à un degré que pas même des siècles de persécution ne sont parvenus à atteindre ». Au nom de l'Eglise il « exprime ouvertement la honte et le remords ». Il aborde le problème du point de vue du droit canonique - répétant avec force que c'est sa « non-application » parfois même par des évêques, et non ses normes, comme une certaine presse laïque le prétend, qui a provoqué la « honte » - et de la vie spirituelle des prêtres, dont la négligence est à l'origine du problème et à laquelle il leur demande de retourner à travers l'adoration de l'Eucharistie, les missions, la pratique fréquente de la confession. Si ces mesures correctives sont prises en considération, il est possible que la Providence, qui peut tirer un bien même du pire des maux, puisse en cette année sacerdotale, ouvrir aux prêtres « une saison de renaissance et de renouveau spirituel », montrant « à tous que, là où le péché abonde, la grâce surabonde » (cf. Rm 5, 20).

  

 

 

hippycatholicism-copie-1Le Pape propose une interprétation des racines d'un problème, « qui n'est certes pas propre à l'Irlande ou à l'Église » (NDLR : près de 96% des actes pédophiles sont commis au sein de la famille. Le jour où les médias s’attaqueront avec autant de hargne sur ce tabou au lieu de lyncher avec arrogance l’Eglise et le Pape à cause de quelques brebis galeuses, on pourra éventuellement croire à un "non-complot", pas avant. Que ces hypocrites soixante-huitards polluant aujourd'hui les médias et la politique puissent méditer ce passage biblique avant de lancer - comme des pharisiens - la première pierre à la Sainte Eglise Immaculée : "Pourquoi vois-tu la paille qui est dans l'oeil de ton frère et n'aperçois-tu pas la poutre qui est dans ton oeil ?" (Luc VI, 41)). Après avoir évoqué les gloires pluriséculaires du catholicisme en Irlande - une histoire de sainteté qui ne peut et ne doit pas être oubliée - Benoît XVI fait allusion aux dernières décennies et aux « graves défis à la foi, découlant de la transformation et de la sécularisation rapides de la société irlandaise ». « Il y a eu - explique le pape - un changement social très rapide, qui a souvent eu des effets contraires à l’adhésion traditionnelle des personnes à l'égard de l'enseignement et des valeurs catholiques ». Il y a eu une déchristianisation « rapide » de la société, et on a vu simultanément, y compris au sein de l'Eglise, « la tendance, également de la part de prêtres et de religieux, à adopter des façons de penser et à considérer les réalités séculières sans référence suffisante à l'Evangile ». « Le programme de renouveau proposé par le Concile Vatican II fut parfois mal interprété ». « Très souvent, les pratiques sacramentelles et de dévotion qui soutiennent de la foi et lui permettent de croître, comme la confession fréquente, la prière quotidienne et les retraites annuelles ont été négligées ». C'est dans ce contexte général d'affaiblissement de la foi et de perte de respect pour l'Eglise et ses enseignements « que nous devons essayer de comprendre le problème déconcertant des abus sexuels sur les enfants ».
[…] 
Revenant à des thèmes familiers de son Magistère, Benoît XVI cite parmi les causes la "mauvaise interprétation" du Concile - ailleurs il a parlé d'une "herméneutique de la discontinuité et de la rupture" - et non les documents de Vatican II en eux-mêmes. […] [Par ailleurs], ce que les Britanniques et les Américains appellent les "sixties" et nous, en nous concentrant sur l'année emblématique "soixante-huit", apparaît de plus en plus comme le moment d'un bouleversement profond des coutumes, avec des effets cruciaux et durables sur la religion.
Il y a eu du reste un "soixante-huit" dans la société et aussi un "soixante-huit" dans l'Eglise : justement, 1968 est l'année de la dissidence publique contre l'Encyclique "Humanae Vitae" de Paul VI, une contestation qui selon une étude remarquable et influente du philosophe américain récemment disparu Ralph McInerny - "Vatican II - Qu'est-ce qui n'allait pas ?" - représente un point de non-retour dans la crise du principe de l'autorité dans l'Église catholique. On peut aussi se demander qui est venu en premier de la poule ou de l'œuf, à savoir si ce fut le "soixante-huit" dans la société qui a influencé celui dans l'Église, ou l'inverse.
Au début des années 1990, un théologien catholique pouvait, par exemple écrire que la "révolution culturelle" de 1968 « ne fut pas un phénomène de choc qui s'était abattu contre l'Eglise de l'extérieur mais avait été préparé et déclenché par les ferments post-conciliaires du catholicisme ». […] Le théologien en question était le cardinal Joseph Ratzinger, alors préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, dans son livre "Un tournant pour l'Europe".
Mais - encore une fois - pourquoi les années 1960 ?
Sur le sujet, pour rester dans les îles britanniques, Hugh McLeod, a publié en 2007 (Oxford University Press), un livre important - "La crise religieuse des années 1960" - qui fait le point sur les discussions en cours.
Deux thèses s'opposent : celle de Alan Gilbert, selon laquelle ce qui a déterminé la révolution des années 60, ce fut le boom économique qui a généralisé le consumérisme et éloigné la population des églises; et celle de Callum Brown pour qui le facteur décisif a été l'émancipation des femmes après la diffusion de l'idéologie féministe, du divorce, de la pilule contraceptive et de l'avortement. McLeod pense, selon moi à juste titre, qu'un seul facteur ne peut expliquer une révolution de cette ampleur. Elle a à voir avec le boom économique et le féminisme, mais aussi des aspects plus strictement culturels, qu'ils soient extérieurs aux Eglises et aux communautés chrétiennes (la rencontre entre la psychanalyse et le marxisme) ou intérieurs (la « nouvelle théologie »).



Sans entrer dans les éléments les plus techniques de ce débat, Benoît XVI dans sa "Lettre" se montre conscient qu'il y eut dans les années 1960, une révolution pas moins importante que la Réforme protestante ou la Révolution française, qui fut "très rapide" et qui a asséné un coup très dur à « l'adhésion traditionnelles de la population à l'enseignement et aux valeurs catholique ». Avec une grande finesse, un penseur catholique brésilien Plinio Corrêa de Oliveira, parla à l'époque d'une quatrième Révolution - succédant justement à la Réforme, à la Révolution française et à celle soviétique - plus radicale que les précédentes, car capable de pénétrer "in interiore homine" et de bouleverser non seulement le corps social, mais le corps humain. Dans l'Eglise catholique, la conscience immédiate de la portée de cette révolution ne fut pas suffisante. Au contraire, elle contamina même - estime aujourd'hui Benoît XVI – « des prêtres et des religieux », détermina des malentendus dans l'interprétation du Concile, provoqua « une formation humaine, morale et spirituelle insuffisante dans les séminaires et les noviciats ». […] Si cette révolution, à la différence des précédentes, est morale et spirituelle et touche l'intériorité de l'homme, ce n'est que par la restauration de la moralité, de la vie spirituelle et d'une vérité intégrale sur la personne humaine que pourront en dernier venir les remèdes. 
Mais pour cela, les sociologues, comme toujours, ne suffisent pas : nous avons besoin de pères, de maîtres, d'éducateurs et de saints. Et nous avons tous un grand besoin du Pape : de ce Pape, qui, une fois encore - pour reprendre le titre de sa dernière encyclique - dit la vérité dans la charité et pratique la charité dans la vérité.

 

Extrait d’un article de Massimo Introvigne publié sur Zenit

Traduction française réalisée par le blog Benoit et Moi

L'Annonciation à la Sainte Vierge et l'Incarnation de Jésus-Christ ne forment, pour ainsi dire, qu'un seul et inséparable mystère. Depuis plus de quatre mille ans, le peuple d'Israël attendait le Sauveur promis. L'heure de la délivrance a aujourd'hui sonné : par pur amour pour nous, voici le Rédempteur qui veut s'incarner en notre nature humaine pour notre salut. Par le "fiat" de la Très Sainte Vierge Marie, la sainte union hypostatique peut enfin se produire. Une scène d'une grandeur toute mystérieuse se passe dans les splendeurs du Ciel. Introït de la Messe : « Rorate, caeli desuper, et nubes pluant iustum ; aperatur terra et germinet Salvatorem. Ps. : Cœli enarrant gloriam Dei : et opera manuum ejus annuntiat firmamentum. Gloria Patri... » (« Que les cieux répandent la rosée et que les nuées pleuvent le Juste. Que s’ouvre la terre et que germe le Sauveur. Ps. : Les cieux racontent la gloire de Dieu, et le firmament publie l'ouvrage de ses mains. Gloire au Père... ») Confiteor + Kyriale IX (cim iubilo) + Credo IV

 

 



 

Pour réparer l'injure infinie faite à la Divinité par le péché, il faut une réparation infinie et par conséquent divine : le Fils de Dieu descendra de Son Trône éternel, Il prendra une chair humaine et sera tout ensemble Dieu et Homme : Homme parce qu'il faut une Victime, Dieu parce qu'il faut une Victime digne de Dieu. Le message céleste est confié à l'Archange Gabriel. Où trouvera-t-il Celle qui, d'après les plans divins, doit donner naissance au Sauveur du monde ? Sera-ce dans un grand empire ? Non, ce sera dans la petite province de Galilée, perdue au milieu de l'immense empire romain. Le Nom de la vierge est Marie : Elle est la chaste épouse d'un ouvrier, le chaste Joseph. L'Archange paraît devant Elle et lui dit : « Je Vous salue, pleine de grâce, le Seigneur est avec Vous, Vous êtes bénie entre toutes les femmes ! ». Marie Se trouble, à ces étonnantes paroles. L'ange ranime aussitôt la confiance : « Ne craignez rien, Marie. Vous avez trouvé grâce devant Dieu; Vous concevrez et Vous enfanterez un Fils, à qui Vous donnerez le Nom de Jésus; Il sera grand, et on L'appellera le Fils du Très-Haut, et Son règne n'aura pas de fin ». Mais comment s'opérera cette merveille en Celle qui a voué à Dieu Sa virginité ? La réponse est facile à l'envoyé du Ciel : « L'Esprit-Saint descendra en Vous, et la vertu du Très-Haut Vous couvrira de Son ombre ». Marie n'a plus qu'à prononcer le fiat qui va faire tressaillir la terre d'espérance : « Voici la servante du Seigneur, qu'il me soit fait selon votre parole ». A cet instant béni, le mystère s'accomplit, le Verbe Se fait chair, et Marie pourra entonner bientôt le cantique de la reconnaissance : « Mon âme glorifie le Seigneur, et Mon coeur exulte en Dieu Mon Sauveur ! A cause des grandes choses que Dieu a opérées en Moi, toutes les nations M'appelleront bienheureuse ! ». 

 

 

 


 

 

 
• TEXTES LITURGIQUES (In Annuntiatione Domini)

 

- Isaïe 7, 10-14 ; 8, 10 : Prophétie d’Isaïe sur l’Emmanuel

- Psaume 39 : Ecoute ma prière Seigneur

- Hébreux 10, 4-10 : Supériorité du Sacrifice unique et efficace du Christ

- Luc 1, 26-38 : Annonciation de l’Archange Gabriel à Marie

 


Introït de la Messe : "Rorate cæli desuper"

 
   grego3.gif

 

 

*** Si le 25 mars tombe un Dimanche, l'Annonciation sera célébrée le lundi 26 mars ;

Si le 25 mars tombe pendant la Semaine Sainte, l'Annonciation sera célébrée le

Lundi après le Dimanche dit de "Quasimodo" (Fête de la Divine Miséricorde)

 

 

 

Liens : Hymne : Magnificat + Hymne : Virgo Dei Genetrix + L'union hypostatique du Verbe + Je vous salue Marie + Voici que l'Ange Gabriel... (Renouveau) + Angelus + Prière de Saint Alphonse-Marie de Liguori pour l'Annonciation + Béni soyez-vous, ô grand Dieu (Bérulle) + Angelus de Benoît XVI (25 mars 2007) + « Mère très humble », par Mgr Luciano Alimandi + « Et le nom de la vierge était Marie », par Mgr Luciano Alimandi + « Mère des prêtres », par Mgr Luciano Alimandi + « Chaque membre vivant de l’Eglise reconnaît en Marie sa propre Mère », par Mgr Luciano Alimandi + Iam cæca vis mortálium (Office des Lectures, 1971) + O lux, salútis núntia (A Laudes, 1971) + Agnóscat omne sǽculum (A Vêpres, 1971) + Discours de Saint Alphonse-Marie de Liguori pour l'Annonciation + Messe et Commentaires Liturgiques (forme extraordinaire) + La virginité de Marie et sa signification pour notre temps (.doc) + Anniversaire de la consécration du monde au Cœur Immaculé de la Vierge Marie, par Jean-Paul II (25 mars 1984) + Convenance de l'Incarnation du Fils de Dieu, par l'Abbé Pagès + Définition dogmatique de l'Incarnation, par l'Abbé Pagès + Jésus, ses connaissances, par l'Abbé Pagès + Jésus, l'Homme parfait, par l'Abbé Pagès + Du mystère de l'Incarnation, par l'Abbé Pagès + L'Incarnation du Verbe + Anniversaire de la promulgation d'Evangelium Vitæ par Jean-Paul II (25 mars 1995)

 

 

Liens (Pères de l'Église) : 1er Sermon de Saint Bernard de Clairvaux pour la Solennité de l'Annonciation + 2ème Sermon + 3ème Sermon + « Que les femmes apprennent à suivre cet exemple de pudeur » (Saint Ambroise) + "Ô Annonciation miraculeuse" (Saint Augustin, 5ème sermon sur l'Annonciation)

Cela se passe aux Etats-Unis, dans le diocèse de Denver (Etat du Colorado - 22/04/12) :

Face à l'extermination légale d'enfants innocents, continuons le bon combat de la Foi !

 

 

Planned_Parenthood_mass-580x386.jpeg



 

Conférence de S.E. Mgr Marc Aillet lors du Congrès Théologique
"Fidélité du Christ, fidélité du Prêtre" qui s'est tenu en l'Aula Magna
de l’Université Pontificale du Latran (les 11 et 12 mars 2010)

 

 

Lien : Intervention par écrit sur le blog du Petit Placide (exclusivité)

• TEXTES LITURGIQUES (S. TURIBII DE MOGROVEJO, EPISCOPI)

 

- 2 Timothée 1, 13 à 2, 3 : Garder le dépôt de la foi

- Psaume 96, 1 : Chantez au Seigneur un cantique nouveau

- Matthieu 9, 35-38 : La pitié de Jésus pour les brebis sans Berger 

 

*** Fête propre à l'Argentine le 27 avril ; Fête propre pour Haïti ce 23 mars ;

Mémoire facultative ce 23 mars pour l'Eglise universelle

annonciation• « Le Verbe éternel se faisant homme, et daignant habiter parmi les hommes, tel est le grand mystère que célèbre aujourd'hui l'Eglise universelle, et dont elle salue chaque année le retour par des transports de joie. Après l'avoir une première fois reçu pour sa propre rédemption, le monde fidèle en a consacré le souvenir de génération en génération, afin de perpétuer l'heureuse substitution de la vie nouvelle à la vie ancienne. Maintenant donc, lorsque le miracle depuis longtemps accompli nous est remis annuellement sous les yeux dans le texte des divines Ecritures, notre dévotion s'enflamme et s'exhale en chants de triomphe et de joie. Le saint Evangile que nous lisions nous rappelait que l'archange Gabriel a été envoyé du ciel par le Seigneur pour annoncer à Marie qu'elle serait la Mère du Sauveur. L'humble Vierge priait, silencieuse et cachée aux regards des mortels; l'ange lui parla en ces termes : « Je vous salue, Marie, » dit-il, « je vous salue, pleine de grâce, le Seigneur est avec vous » (Luc 1, 28). O annonciation miraculeuse ! ô salutation céleste, apportant la plénitude de la grâce et illuminant ce cœur virginal ! L'Ange était descendu porté sur ses ailes de feu et inondant de clartés divines la demeure et l'esprit de Marie. Député par le Juge suprême et chargé de préparer à son Maître une demeure digne de lui, l'ange, éblouissant d'une douce clarté, pénètre dans ce sanctuaire de la virginité, rigoureusement fermé aux regards de la terre : « Je vous salue, Marie, » dit-il, « je vous salue, pleine de grâce, le Seigneur est avec vous » ; Celui qui vous a créée vous a prédestinée; Celui que vous devez enfanter vous a remplie de ses dons. A l'aspect de l'ange, la Vierge se trouble et se demande quelle peut être cette bénédiction. Dans son silence humble et modeste, elle se rappelle le vœu qu'elle a formé, et, jusque-là, tout à fait étrangère au langage d'un homme, elle se trouble devant un tel salut, elle est saisie de stupeur devant un tel langage, et n'ose d'abord répondre au céleste envoyé. Plongée dans l'étonnement, elle se demandait à elle-même d'où pouvait lui venir une telle bénédiction. Longtemps elle roula ces pensées dans son esprit, oubliant presque la présence de l'ange que lui rappelaient à peine quelques regards fugitifs attirés par l'éclat de l'envoyé céleste. Elle hésitait donc et s'obstinait dans son silence; mais l'ambassadeur de la Sainte Trinité, le messager des secrets célestes, le glorieux archange Gabriel, la contemplant de nouveau, lui dit : « Ne craignez pas, Marie, car vous avez trouvé grâce devant Dieu; voici que vous concevrez et enfanterez un fils, et vous le nommerez Jésus. Il sera grand et sera appelé le Fils du Très-Haut, et le Seigneur-Dieu lui donnera le siège de David son père; il régnera éternellement sur la maison de Jacob, a et son règne n'aura pas de fin » (Luc 1, 30-21). Alors Marie, pesant sérieusement ces paroles de l'ange et les rapprochant de son vœu de virginité perpétuelle, s'écria : « Comment ce que vous me dites pourra-t-il se réaliser, puisque je ne connais point d'homme ? ». Aurai-je un fils, moi qui ne connais point d'homme ? Porterai-je un fruit, moi qui repousse l'enfantement ? Comment pourrai-je engendrer ce que je n'ai point conçu ? De mon sein aride, comment pourrai-je allaiter un fils, puisque jamais l'amour humain n'est entré dans mon cœur et n'a pu me toucher. L'ange répliqua : Il n'en est point ainsi, Marie, il n'en est point ainsi; ne craignez rien ; que l'intégrité de votre vertu ne vous cause aucune alarme ; vous resterez vierge et vous vous réjouirez d'être mère; vous ne connaîtrez point le mariage, et un fils fera votre joie; vous n'aurez aucun contact avec un homme mortel, et vous deviendrez l'épouse du Très-Haut, puisque vous mettrez au monde le Fils de Dieu. Joseph, cet homme chaste et juste, qui est pour vous, non point un mari mais un protecteur, ne vous portera aucune atteinte ; mais « l'Esprit-Saint surviendra en vous », et, sans qu'il s'agisse ici d'un époux et d'affections charnelles, « la vertu du Très-Haut vous couvrira de son ombre : voilà pourquoi le Saint qui naîtra de vous sera appelé le Fils de Dieu ».

 

• O séjour digne de Dieu ! Avant que l'ange ne lui eût fait connaître clairement le Fils qui lui était promis au nom du ciel, Marie ne laissa échapper de ses lèvres pudiques aucune parole d'assentiment. Mais dès qu'elle sut que sa virginité ne subirait aucune atteinte, dès qu'elle en reçut l'attestation solennelle, faisant de son cœur un sanctuaire digne de la Divinité, elle répondit : « Voici la servante du Seigneur, qu'il me soit fait selon votre parole ». Comme si elle eût dit : « Mon cœur est prêt, ô Dieu, mon cœur est prêt », puisque mon sein doit rester intact. « Qu'il me soit fait selon votre parole », ô glorieux archange Gabriel; qu'il vienne dans sa demeure, « Celui qui a placé sa tente dans le soleil » (Ps XVIII, 6). Puisque je dois demeurer vierge, « que le Soleil de justice se lève en moi » (Malachie IV, 2) sous ses rayons je conserverai ma blancheur, et la fleur de mon intégrité s'épanouira dans une chasteté perpétuelle. « Que le juste sorte dans toute sa splendeur » (Isaïe LVI, 1), et que le Sauveur brille « comme un flambeau » (Eccli XLVIII, 1). Le flambeau du soleil illumine l'univers; il pénètre ce qui semble vouloir lui faire obstacle, et il n'en jette pas moins ses flots de lumière. Qu'il apparaisse donc aux yeux des hommes « le plus beau des enfants des hommes » ; « qu'il s'avance comme un époux sort du lit nuptial » (Ps XLIV, 3); car maintenant je suis assurée de persévérer dans mon dessein. Quelle parole humaine pourrait raconter cette génération ? Quelle éloquence serait suffisante pour l'expliquer ? Les droits de la virginité et de la nature sont conservés intacts, et un fils se forme dans les entrailles d'une vierge. Lorsque les temps furent accomplis, le ciel et la terre purent contempler cet enfantement sacré auquel toute paternité humaine était restée complètement étrangère. Telle est cette ineffable union nuptiale du Verbe et de la chair, de Dieu et de l'homme. C'est ainsi qu'entre Dieu et l'homme a été formé « le Médiateur de Dieu et des hommes, l'homme Christ Jésus » (I Timothée II, 5). Ce lit nuptial divinement choisi, c'est le sein d'une Vierge. Car le Créateur du monde venant dans le monde, sans aucune coopération du monde, et pour racheter le monde de toutes les iniquités qui le souillaient, devait sortir du sein le plus pur et entourer sa naissance d'un miracle plus grand que le miracle même de la création. Car, comme le dit lui-même le Fils de Dieu et de l'homme, le Fils de l'homme est venu « non point pour juger le monde, mais pour le sauver » (Jean XII, 47).

 

• O vous, Mère du Saint des Saints, qui avez semé dans le sein de l'Eglise le parfum de la fleur maternelle et la blancheur du lis des vallées, en dehors de toutes les lois de la génération et de toute intervention purement humaine; dites-moi, je vous prie, ô Mère unique, de quelle manière, par quel moyen la Divinité a formé dans votre sein ce Fils dont Dieu seul est le Père. Au nom de ce Dieu qui vous a faite digne de lui donner naissance à votre tour, dites-moi, qu'avez-vous fait de bien ? Quelle grande récompense avez-vous obtenue ? Sur quelles puissances vous êtes-vous appuyée ? Quels protecteurs sont intervenus ? A quels suffrages avez-vous eu recours ? Quel sentiment ou quelle pensée vous a mérité de parvenir à tant de grandeur ? La vertu et la sagesse du Père « qui atteint d'une extrémité à l'autre avec force et qui dispose toutes choses avec suavité » (Sagesse VIII, 1), le Verbe demeurant tout entier partout, et venant dans votre sein sans y subir aucun changement, a regardé votre chasteté dont il s'est fait un pavillon, dans lequel il est entré sans y porter atteinte et d'où il est sorti en y mettant le sceau de la perfection. Dites-moi donc comment vous êtes parvenue à cet heureux état ? Et Marie de répondre : Vous me demandez quel présent m'a mérité de devenir la mère de mon Créateur ? J'ai offert ma virginité, et cette offrande n'était pas de moi, mais de l'Auteur de tout bien; car tout don « excellent et parfait nous vient du Père des lumières » (Jacques I, 17). Toute mon ambition, c'est mon humilité ; voilà pourquoi « mon âme grandit le Seigneur, et mon esprit a tressailli en Dieu mon Sauveur » (Luc I, 47); car il a regardé, non pas ma tunique garnie de noeuds d'or, non pas ma chevelure pompeusement ornée et jetant l'éclat de l'or, non pas les pierres précieuses, les perles et les diamants suspendus à mes oreilles , non pas la beauté de mon visage trompeusement fardé; mais « il a regardé l'humilité de sa servante ».

 

• Le Verbe est venu plein de douceur à son humble servante, selon l'oracle du Prophète : « Gardez-vous de craindre, fille de Sion. Voici venir à vous votre Roi plein de douceur et de bonté, assis sur un léger nuage » (Isaïe LXII, 11). Quel est ce léger nuage ? C'est la Vierge Marie dont il s'est fait une Mère sans égale. Il est donc venu plein de douceur, reposant sur l'esprit maternel, humble, « calme et craignant ses paroles » (Isaïe LXVI, 1). Il est venu plein de douceur, remplissant les cieux, s'abaissant parmi les humbles pour arriver aux superbes, ne quittant pas les cieux et présentant ses propres humiliations pour guérir avec une mansuétude toute divine ceux qu'oppressent les gonflements de l'orgueil. O profonde humilité ! O grandeur infinie des trésors de la sagesse et de la science de Dieu; que les « jugements de Dieu sont incompréhensibles et ses voies impénétrables » (Romains XI, 33). Le pain des Anges est allaité par les mamelles d'une mère; la source d'eau vive jaillissant jusqu'à la vie éternelle demande à boire à la Samaritaine, figure de l'Eglise ; il ne refuse pas de manger avec les publicains et les pécheurs, lui que les Anges au ciel servent dans la crainte et la terreur. Le Roi des rois a rendu à la santé le fils de l'officier, sans employer aucun remède et par la seule efficacité de sa parole. Il guérit le serviteur du centurion et loue la foi de ce dernier, parce qu'il a cru que le Seigneur commande à la maladie et à la mort comme lui-même commandait à ses soldats. Quelque cruelles que fussent les souffrances de la paralysie, il en trouva la guérison infaillible dans la visite miséricordieuse de Jésus-Christ. Une femme affligée depuis de longues années d'une perte de sang qui faisait de ses membres une source de corruption, s'approche avec foi du Sauveur qui sent aussitôt une vertu s'échapper de lui et opérer une guérison parfaite. Mais comment rappeler tant de prodiges ? Le temps nous manque pour énumérer tous ces miracles inspirés à notre Dieu par sa puissance infinie et sa bonté sans limite. Abaissant sa grandeur devant notre petitesse et son humilité devant notre orgueil, il est descendu plein de piété, et, nouveau venu dans le monde, il a semé dans le monde des prodiges nouveaux. C'est lui que les évangélistes nous dépeignent sous différentes figures : l'homme, le lion, le boeuf et l'aigle. Homme, il est né d'une Vierge sans le concours de l'homme ; lion, il s'est précipité courageusement sur la mort et s'est élevé sur la croix par sa propre vertu ; boeuf, il a été volontairement immolé dans sa passion pour les péchés du peuple; et comme un aigle hardi, il a repris son corps, est sorti du tombeau, a fait de l'air le marchepied de sa gloire, « est monté au-dessus des chérubins, prenant son vol sur les ailes des vents », et maintenant il siège au ciel, et c'est à lui qu'appartient l'honneur et la gloire dans les siècles des siècles. Ainsi soit-il ».

 

Ci-dessus : Intégralité du cinquième sermon de Saint Augustin pour la fête de l’Annonciation

 

En ce 5ème Dimanche de Carême, l'Église toute entière va se préparer aux événements de la Passion. L'Église-Épouse sait que son Époux va lui être bientôt enlevé : elle revêt donc ses "voiles de veuve" et c'est pour cela que de nombreuses églises conservent 1 l'usage de cacher les crucifix, les tableaux et les statues des saints à partir de ce 5ème Dimanche, en les recouvrant de voiles violets [excepté le Chemin de Croix] pour signifier le deuil de l'Église et effacer – avant la Semaine Sainte – tout autre culte que celui du mystère célébré : le Saint-Sacrifice Rédempteur du Christ. Introït de la Messe : « Iúdica me, Deus, et discérne causam meam de gente non sancta; ab hómine iníquo et dolóso éripe me, quia tu es Deus meus et fortitúdo mea. Ps. Emitte lucem tuam et veritatem tuam: ipsa me deduxerunt et adduxerunt in montem sanctum tuum et in tabernacula tua » (« Ô Dieu, jugez-moi, et séparez ma cause de celle d'un peuple impie; arrachez-moi à l'homme inique et trompeur, parce que vous êtes mon Dieu et ma force. Ps. Envoyez-moi votre lumière et votre vérité : elles me guideront et me conduiront jusqu'à votre montagne sainte et à vos tabernacles. O Dieu, jugez-moi ») Confiteor + Kyriale XVII + Credo Ambrosien
 

 
 
 

tempsdelapassionviolet• ANNÉE A - TEXTES LITURGIQUES (DOMINICA V IN QUADRAGESIMA)

 

- Ezéchiel 37, 12-14 : Le peuple mort va revivre

- Psaume 130, 1 : Auprès du Seigneur est la grâce, la pleine délivrance

- Romains 8, 8-11 : Celui qui a ressuscité Jésus vous donnera la vie

- Jean 11, 1-45 : Mort et résurrection de Lazare

 

• ANNÉE B - TEXTES LITURGIQUES (DOMINICA V IN QUADRAGESIMA)

 

- Jérémie 31, 31-34 : La nouvelle Alliance du Seigneur pour Son peuple 

- Psaume 51, 3 : Donne-nous, Seigneur, un cœur nouveau !

- Hébreux 5, 7-9 : La soumission du Fils à Son Père, cause du salut éternel

- Jean 12, 20-33 : Si le grain de blé tombé en terre meurt, il donnera beaucoup de fruit

 

• ANNÉE C - TEXTES LITURGIQUES (DOMINICA V IN QUADRAGESIMA)

 

- Isaïe 43, 16-21 : Promesse du nouvel exode

- Psaume 126, 1 : Le Seigneur a fait merveille : nous voici dans la joie

- Philippiens 3, 8-14 : Renoncer à tout pour être avec le Christ

- Jean 8, 1-11 : Jésus et la femme adultère

 

 

Introït de la Messe : "Iudica me, Deus"

 
   


 
*** Appelé encore le "Dimanche des Voiles", le "Dimanche des Prophètes" (à cause des trois 1ères lectures des 3 années),
le "Dimanche Noir" (en Allemagne), le "Dimanche de la Passion" (Temps de la Passion = forme extraordinaire),
le 5ème Dimanche des Saints Jeûnes (Église grecque) ou bien encore le "Dimanche de la Néoménie", c'est-à-dire
de la nouvelle lune pascale,  parce qu'il tombe toujours après la nouvelle lune qui sert à "fixer" la Solennité de Pâques
 
L'Évangile de l'année A peut être lu l'année B et C, surtout s'il y a des catéchumènes 
(cf : "De festis paschalibus §24" (16/01/1988) de la Congrégation pour le Culte Divin)
 
--> 1 Voir les rubriques du Missale Romanum (2002) de ce 5ème Dimanche (voiles violets sans broderie,
repassés, et déposés avant Vêpres, et qui seront enlevés, pour les crucifix, après le "dévoilement"
de la Sainte Croix le Vendredi-Saint, et, pour les statues, pendant le Gloria de la Vigile Pascale)
 

« Heureux ceux qui, dans ce siècle pervers, se conduisent en voyageurs et en étrangers, et se conservent purs de toutes les souillures ! « D'ailleurs ce n'est point ici qu'est notre ville permanente, nous cherchons encore celle où nous devons habiter un jour » (Hébreux XIII, 14). Abstenons-nous donc de tous ces désirs charnels, comme il convient à des voyageurs et à des étrangers. En effet, tout voyageur suit la voie royale, et ne s'écarte ni à droite ni à gauche : s'il aperçoit sur son chemin des hommes qui se querellent, il ne fait point attention à eux; s'il en voit d'autres qui se marient, qui se livrent aux plaisirs de la danse, ou qui font autre chose de semblable, il n'en continue pas moins sa route; il est voyageur et tout cela ne l'intéresse point. Il soupire après la patrie, il y tend de toutes ses forces. […] Qui donc peut être encore plus étranger à ce qui se passe dans le monde qu'un voyageur ? Ce sont sans doute ceux à qui l'Apôtre s'adressait en ces termes : « Pour vous, vous êtes morts au monde, et votre vie est cachée en Dieu avec Jésus-Christ » (Colossiens III, 3). Il est certain qu'un voyageur peut facilement se trouver retenu ou attardé, en cherchant ou en prenant sur ses épaules, un peu plus de bagages qu'il ne faut ; un mort, au contraire, ne s'aperçoit même point qu'il manque de sépulture. Pour lui, le blâme ou la louange, les compliments flatteurs ou les paroles dénigrantes, il entend tout de la même oreille, ou plutôt il n'entend rien, puisqu'il est mort. O mort mille fois heureuse que celle qui nous conserve ainsi sans tache, ou plutôt qui nous rend si complètement étrangers à ce monde […] ».

 

Saint Bernard de Clairvaux, Docteur de l’Eglise - Extraits du 7ème sermon pour le Temps du Carême

Ô mon Dieu, ne me rejetez pas comme je l'ai trop souvent mérité, car je veux m'amender ! Je reconnais que ma vie ainsi pleine de négligence ne peut vous contenter; je vois que c'est moi-même qui par ma tiédeur ferme la porte à ces grâces que vous désireriez me faire. Seigneur, ne m'abandonnez pas mais continuez d'user de pitié envers moi, qui désire me relever d'un état si misérable. Je veux désormais être diligent à dompter mes passions, à suivre vos inspirations au lieu de les abandonner par tiédeur, à remplir avec plus de zèle mes devoirs. Je veux, en un mot, dorénavant faire tout mon possible pour vous plaire, et je ne veux négliger rien de ce que je saurai pouvoir vous plaire. Vous, mon Jésus, vous avez été si prodigue de grâces envers moi, vous vous êtes plu à donner votre vie et votre sang pour moi, il est honteux que je me montre si peu reconnaissant envers vous.  Ah ! vous méritez tout honneur, tout amour, et vous méritez aussi que l'on supporte avec joie tous les travaux, toutes les souffrances pour vous plaire. Mais, mon Rédempteur, vous connaissez ma faiblesse, aidez-moi de votre main puissante. J'ai confiance en vous. Vierge immaculée, ô Marie, aidez-moi à me vaincre moi-même et à me rendre saint.

http://img.over-blog.com/262x320/0/21/41/34/liturgie/pretreeucharistie.pngDans les façons actuelles de célébrer l’Eucharistie, autrement dit de traiter la Liturgie de l’Église soit en la respectant soit en cherchant à l’adapter, se retrouve finalement le problème de l’objectif et du subjectif. Quand je dis : « Je crois en Dieu », j’ai deux façons de comprendre la formule. Si je suis catholique, je mets l’accent sur « Dieu » qui est l’objet de ma foi. Si je suis protestant, je mets l’accent sur « je crois » qui est le sujet qui affirme sa foi. Au cours des messes paroissiales actuelles, cette opposition réapparaît. Le catholique soutient qu’il y a mystère, qu’il y a sacrement (c’est-à-dire « signe » d’une réalité qui ne dépend pas de lui), que le Christ est présent ex opere operato, c’est-à-dire par le fait que l’action liturgique a été correctement accomplie au nom de l’Église. Le protestant soutiendra que le Christ est présent ex opere operantis, c’est-à-dire grâce à la conviction et la piété des fidèles qui participent à la réalisation de la célébration. Du côté catholique, l’essentiel est l’objet de la célébration et le sujet passe au second plan; du côté protestant, c’est le sujet qui a toute l’importance ; c’est par lui que l’objet à du sens. Du côte catholique, l’objet ne dépend pas du sujet : même s’il n’y a personne dans une église, dans le tabernacle demeure le Seigneur ; Il n’a pas besoin que quelqu’un soit présent et croit en Lui pour être là : sa Présence est « réelle » et indépendante du point de vue du fidèle. Rien de tel dans le protestantisme où la présence Seigneur n’est, finalement, qu’une création de l’imaginaire collectif stimulé par la foi de chacun des membres d’une assemblée. Pourtant, au chapitre VI de l’Evangile selon S. Jean, il est bien écrit : « Ma chair est vraiment nourriture. Mon sang est vraiment breuvage. » L’Evangéliste ne laisse entendre que le pain et le vin ne sont la chair et le sang du Christ que pour ceux qui veulent bien y croire. Le Christ nous enseigne donc que l’Eucharistie est donc bien une réalité objective.

 

 

De nos jours, principalement à cause de la généralisation des messes célébrées « face au peuple » et de la disparition du latin, on voit des prêtres qui, à l’autel, s’obligent à afficher des airs visant à montrer qu’ils sont convaincus de ce qu’ils font ; certains disent les oraisons de la Liturgie en insistant sur certains mots qui leur semblent plus importants que d'autres; d’autres disent la prière eucharistique en balayant du regard les membres de l’assemblée comme pour chercher leur assentiment ou montrer à tous qu'ils sont convaincus de bien tenir leur rôle. Ces gestes et ces attitudes qui procèdent d’une absence de neutralité et s’ajoutent à des cantiques populaires qui ne mettent l’accent que sur « le peuple » - c’est-à-dire, dans l’esprit des fidèles, sur la communauté rassemblée - ainsi qu'à la réception de la communion debout et dans les mains, tendent à faire croire que la Liturgie de l’Église n’a de valeur, de sens et d’efficacité que si le célébrant, à l’autel, se montre convaincu de ce qu’il fait et que si l’assemblée, dans la nef (ou parfois même autour de l’autel !), cautionne le « jeu » emphatique du célébrant, accepte ses manières affectées par lesquelles il tâche de mettre en relief l’authenticité de ses sentiments censés garantir la présence du Christ. On est alors dans une vision protestante de l’Eucharistie : comme au temps de la réforme luthérienne, les éléments de la Liturgie sont globalement conservés, mais ils sont été revêtus d’un sens nouveau qui n’est plus conforme à la doctrine, à la foi catholique sur l’Eucharistie. Faire croire que le sens de la Liturgie puisse venir d'une survalorisation des acteurs de la célébration est l'erreur la plus grave qui a cours dans nos paroisses. Que faire alors ?

 

 

D’abord veiller à ce que, dans les célébrations, n’apparaissent jamais les composantes affectives ou émotionnelles de ceux qui sont chargés de la mettre la Liturgie en œuvre. Comment ? En évitant les cantiques dont les mélodies sont doucereuses et dont les paroles ne jouent que sur la corde des sentiments ; en exigeant des célébrants qu’ils portent les vêtements liturgiques prescrits qui permettent d’estomper les aspérités physiques et psychologiques d’une nature humaine qui n’a pas à s’exprimer dans un acte et un moment où ne doit avoir d’importance que la nature divine du Seigneur présent ; en veillant à ce que les rites soient fidèlement accomplis d’une façon aussi digne que neutre ; en rétablissant, dès qu’on peut le faire, l’usage du chant grégorien et de la célébration versus orientem. Si l’on veut que la Messe demeure ou redevienne ce "sursum corda" capable d’introduire les fidèles dans la foi objective et non dans de simples sentiments religieux subjectifs, alors il faut veiller à ce que ceux qui participent à l’Eucharistie ne soient plus livrés à l’arbitraire des célébrants, à leurs manies, à leurs idées et parfois même à leurs propres blessures; il faut veiller à ce que toute célébration liturgique soit enveloppée du silence qui permet de s’ouvrir à l'action de Dieu ; il faut veiller à donner la plus grande importance à la participation intérieure ; il faut veiller à évacuer du sanctuaire tout ce qui, par la théâtralisation des célébrations ou l’ajout d’éléments étrangers à la liturgie (banderoles, panneaux, dessins d’enfants… etc.), conduit à l'auto-célébration des assemblées et à une survalorisation du célébrant.

 

 

Les fidèles qui se rendent à l’église ont envie d’avoir un cœur à cœur avec le Christ réellement, objectivement présent ; ils ne se déplacent pas pour voir un célébrant qui donne un tour subjectif à la foi en parasitant la Liturgie avec d’interminables interventions sans intérêt. En Liturgie, la subjectivité ne peut exister que dans la réponse personnelle que chaque fidèle est en droit de donner à l’objectivité de la célébration de la foi.

 

Pro Liturgia

 

On ne sait que trop que vouloir des messes « modernes » mène à une destruction de la liturgie. Car les célébrations que veulent les prêtres qui imaginent des messes plus « parlantes » et plus « participatives » procèdent d’une modernité coupée de ses racines. Privée de sa sève, cette modernité-là se détruit d’elle-même. C’est cette autodestruction des liturgies qui se veulent « de notre temps » qui fait que les célébrations actuelles lassent très vite les fidèles et n’attirent personne en dépit du mal que se donnent ceux qui les organisent. Mais il n’y a pas que la « modernité » qui détruit la liturgie : la « tradition », telle que la conçoivent les fidèles « traditionalistes » attachés de façon exclusive à la forme « extraordinaire » du rite romain la détruit de la même façon. En ce sens, il faut reconnaître que la « tradition » que veulent défendre les « traditionalistes » n’est pas si opposée à la modernité qu’on se l’imagine généralement. Dans la mesure où elle n’est plus que « conservatisme » ou fascination d’un certain « passé historique », elle aussi mène, à plus ou moins longue échéance, à une semblable ruine de la liturgie. Cette vision de la « tradition » est destructrice dans la mesure où elle n’est plus que la connaissance historique prise pour elle-même. Elle multiplie les informations sur le passé, mais c’est pour le mettre dans une vitrine. Rien n’est plus opposé à la tradition que le musée folklorique. 

 

C’est que la tradition ne consiste pas en une simple transmission de savoir : elle est dans la transmission d’un savoir-vivre. Je peux connaître avec beaucoup de précision tout ce qu’a fait Jésus, et même la Bible par cœur ; je peux être le conservateur d’un grand musée du christianisme. Mais ce rapport muséal n’est pas un rapport traditionnel : le culturel n’est pas le cultuel. L’érudit connaît très bien la tradition, mais il n’est pas dans la tradition. La vielle femme qui prie Jésus est dans la tradition, même si elle en sait beaucoup moins sur la tradition que l’érudit. Dans la tentation de Jésus au désert, Satan sait très bien citer le Deutéronome par cœur ; il est même sans doute un expert en exégèse historico-critique : il est dans l’érudition pour s’éviter d’entrer dans la tradition vivante. Par ailleurs, la tradition n’est pas un conservatisme. Un bon exemple nous est donné par le Motu proprio de Jean-Paul II Ecclesia Dei afflicta. Ce texte constate le schisme opéré par Mgr Marcel Lefebvre et ceux que l’on appelle « intégristes » ou « traditionalistes ». Quel est le principe de ce schisme ? Non pas l’amour de la tradition, dit Jean-Paul II, mais l’amour du conservatisme, c'est-à-dire d’une conservation qui tient tout absolument intact, et donc qui minéralise au lieu de conserver en vie. Vous le savez bien : si vous voulez tout conserver d’un être vivant, vous ne pouvez plus le conserver en vie, parce que vous devez le figer. « A la racine de cet acte schismatique [écrit Jean-Paul II], on trouve une notion incomplète et contradictoire de la Tradition. Incomplète parce qu’elle ne tient pas suffisamment compte du caractère vivant de la Tradition qui, comme l’a enseigné clairement le Concile Vatican II, se poursuit dans l’Eglise sous l’assistance de l’Esprit Saint ». 

 

Le traditionalisme s’oppose à la Tradition, parce qu’il tue l’organisme vivant pour devenir un adepte du fossile. La vraie tradition ne consiste pas à tout conserver de ce qui se faisait hier, mais à en transmettre l’essentiel. Et pour le transmettre, il faut savoir reconnaître les signes des temps, et donc s’ajuster à certaines conditions nouvelles de transmission. Josef Pieper écrit avec force : une conscience authentique de la tradition nous rend libres et indépendants vis-à-vis de ceux qui s’en prétendent les « gardiens ». Il peut arriver que ces fameux « tenants de la tradition », du fait qu’ils s’en tiennent à des formes historiques, entravent la véritable et nécessaire transmission (qui ne peut s’opérer qu’à travers des formes historiques changeantes) ». La façon avec laquelle les « traditionalistes » veulent conserver la forme « extraordinaire » du rite romain peut-elle garantir la nécessaire transmission de la liturgie ? Peut-être pas davantage que la façon dont les « progressistes » défigurent la liturgie en prétendant en faire quelque chose de plus parlant, de mieux adaptés aux fidèles.

 

Source : Fabrice Hadjadj, L’Osservatore Romano, édition en langue française du 10-3-11

La Liturgie de l'Église honore aujourd'hui Saint Joseph, le chef de la Sainte Famille. Il s'est occupé de tout ce qui était nécessaire pour le bien de la Sainte Vierge et de Jésus, le Verbe incarné. Il est par tradition le saint patron des familles, des pères de famille, des artisans, des travailleurs, des mourants et de l'Église universelle. En raison de sa qualité d'homme juste (cf : Matthieu 1, 19), de nombreux catholiques demandent son intercession pour discerner leur vocation, rencontrer le bon époux ou la bonne épouse. Introït de la Messe : « Iustus ut palma florébit : sicut cedrus Líbani multiplicábitur : plantátus in domo Dómini : in átriis domus Dei nostri. (T.P. Allelúia, allelúia.) Ps. Bonum est confitéri Dómino : et psállere nómini tuo, Altíssime. Glória Patri » (« Le juste fleurira comme le palmier et il se multipliera comme le cèdre du Liban, planté dans la maison du Seigneur, dans les parvis de la maison de notre Dieu. (T.P. Alléluia, alléluia.). Ps. Il est bon de louer le Seigneur et de chanter votre nom, ô Très-Haut. Gloire au Père… ») Confiteor + Kyriale XII (Pater cuncta) + Credo IV

 

 

 

 

http://img.over-blog.com/238x383/0/21/41/34/sanctus-joseph.jpgSaint Joseph descendait de la race royale de David. L'Évangile est très sobre de détails sur Saint Joseph, et on y voit tout résumé en ces mots : « Il était juste » (cf : Matthieu 1, 19). Son père l'éleva dans l'état modeste de charpentier (cf : Matthieu 13, 55). Il pouvait avoir une cinquantaine d'années, et il avait gardé une chasteté parfaite, lorsque que Dieu lui confia la Très Sainte Vierge. Cette union, belle devant les anges, dit Saint Jérôme, devait sauvegarder l'honneur de Marie devant les hommes. Dieu voulut que le mystère de l'Annonciation demeurât quelques temps caché à Saint Joseph, afin de nous donner, dans le trouble qui plus tard s'empara de lui, lorsqu'il s'aperçut de la grossesse de Marie, une preuve de la Virginité Perpétuelle de la Mère de Dieu. Plus tard, l'avertissement d'un ange de Dieu dissipa toutes ses craintes. Qui dira ce que Joseph, depuis lors, montra de respect, de vénération, de tendresse pour Celle qui bientôt allait donner au monde le Sauveur ? Combien Joseph fut utile à Marie dans le voyage de Bethléem ! Combien plus encore il Lui fut utile dans la fuite en Égypte ! Joseph se montra pour la Mère de Dieu l'ami fidèle, le gardien vigilant, le protecteur dévoué. Imaginons-nous les progrès en vertu que dut faire Saint Joseph, vivant dans la compagnie de Jésus et de Marie. Quel délicieux intérieur ! Quelle sainte maison que cette modeste demeure ! Que de mystères dans cette vie cachée où un Dieu travaille sous la direction d'un homme, où un homme se sanctifie sous l'influence d'un Dieu visible à ses yeux et devenu son Fils adoptif ! Après la plus heureuse des vies, Joseph eut la plus heureuse des morts, car il rendit son dernier soupir entre les bras de Jésus et de Marie.

 

 

 


 

 

 

• TEXTES LITURGIQUES (Sancti Ioseph, sponsi Beatæ Mariæ Virginis)

 

- 2 Samuel 7, 4-16 : Prophétie de Nathan

- Romains 4, 13-22 : La justice de la foi

- Psaume 89, 2 : Poème d’Ethan l’indigène

- Matthieu 1, 16-24 ou Luc 2, 41-51 : Le "fiat" de Joseph ou Jésus perdu et retrouvé

 

 

 

Introït de la Messe : "Iustus ut palma"

 

   

 

 

*** Si la Solennité de St Joseph tombe un dimanche,

la célébration sera transférée le lundi 20 mars

 

 

 

 Liens : Je vous salue Joseph + Exhortation Apostolique de Jean-Paul II « Redemptoris Custos » + Litanies de Saint Joseph + Neuvaine à Saint Joseph + Vivre le temps de l’Avent avec Saint Joseph + Chapelet de Saint Joseph + Les plus belles pages sur St Joseph + Saint Joseph (Fondateur de l'Opus Dei) + Cǽlitum, Ioseph, decus atque nostræ (à Matines, 1961) + Te Ioseph (à Vêpres, 1962) + Te, pater Ioseph (à Matines, 1962) + Auróra, solis núntia (à Laudes, 1962) + Ad Te Beate Joseph + Les Sept Dimanches de Saint Joseph + 1er mai : Saint Joseph artisan, patron de tous les travailleurs + Plongé dans le silence de Dieu, par l’Abbé Luciano Alimandi + Cantique à St Joseph, par Ste Thérèse de l’Enfant-Jésus + Allons à Joseph, par l'Abbé J. Olivier + St Joseph, par l'abbé A. Michel + Messe et Commentaires Liturgiques (forme extraordinaire) + La Prééminence de Saint Joseph, par le père Garrigou-Lagrange + Homélie pour la Solennité de Saint Joseph, par Saint Josemaria Escriva de Balaguer (mp3) + Joseph ou l'honneur du père + Joseph, le père pudique (Homélie de Mgr Rey, Evêque de Fréjus-Toulon) + Découvrir pourquoi et comment prier Saint Joseph (Hozana) 

Liens (1)

 

 

 

 

 

 

logofc

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 







 

 

 

 

Intentions de prières

 

Actualité du livre

 

 

 

 


 

 

 

Admin / Twitter

oiseau-twitter2.gif

 

 

Depuis janvier 2006,
site administré par de
jeunes laïcs catholiques.
 
 
CONTACT
 

 


 

 
coolpape.jpg