O Jésus ! Victime d'amour, qui vous donnez si libéralement à nous dans ce Mystère, je veux aussi me donner totalement à vous. Je vous offre et vous consacre mon corps et mon âme, mes pensées, mes paroles et mes actions. Je ne voudrais vivre que pour vous aimer, vous adorer, vous glorifier. Je veux que tout en moi vous appartienne sans la moindre réserve. Il est vrai, mon Sauveur, que mon offrande est peu digne de vous : je ne suis qu'un serviteur inutile ; mais si je vous donne peu, je vous donne au moins tout ce que je puis vous donner, et je sais que vous aurez égard aux désirs de mon cœur. Je voudrais vous rendre sans cesse des adorations dignes de vous, mais, incapable de le faire, je vous offre, pour suppléer à mon impuissance, les hommages que vous recevez des Anges, des Saints et des âmes justes qui font ici-bas les délices de votre Cœur. O Jésus, je vous en conjure par les prières et les mérites de tous les adorateurs de votre Sacrement, faites que tout mon bonheur soit de vous adorer dans la Sainte Eucharistie comme mon Dieu, de vous obéir comme à mon Roi, de vous imiter comme mon Modèle, de vous suivre comme mon Pasteur, de vous aimer et de vous respecter comme mon Père, de m'unir inséparablement à vous comme au souverain bien de mon âme. Amen.

Pour demander par l’intercession de Sainte Rafqa la fin des tensions au Liban, n’ayons pas peur de faire spécialement cette neuvaine lui étant consacrée. Demandons lui aussi son aide pour secourir les chrétiens du Liban…
 
 
 

Prière à dire chaque jour : Nous te demandons, Sainte Rafqa, de propager la joie dans notre monde qui souffre ; de consoler les tristes et de les rendre heureux et bienveillants ; de nous apprendre à prier avec foi en Jésus-Christ. La médecine était incapable de Te guérir, alors tu as guéri les malades en supportant la douleur et en partageant avec Jésus-Christ le Mystère de la rédemption. Nous te demandons d’essuyer les larmes ; de guérir les malades ; de remplir les cœurs des gens de joie et d’amour ; de nous faire suivre Tes pas et Tes vertus, afin de glorifier avec Toi et la Vierge Marie, le Père, le Fils et le Saint-Esprit, pour toujours. Amen.



PREMIER JOUR
Au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit. Amen. Gloire a Dieu, le Père qui a appelé Rafqa a la vie Monastique Sacrée et qui a été pour Elle un père et une mère. Adoration au Fils qui l’a faite messagère de souffrance et de Rédemption. Nous remercions le Saint-Esprit qui a fortifié sa patience et sa persévérance. Oh ! Seigneur, exauce ma prière et accorde moi, a travers son intercession, la grâce que je demande (…) et je T’exalterai ô Père, Fils et Saint-Esprit, avec Elle pour toujours. Amen.
Au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit. Amen. Gloire a Toi, Notre Seigneur Jésus-Christ, qui a submergé Sainte Rafqa de tendresse ; qui a nourri sa vie avec le Saint Sacrement ; qui l’as remplie de joie et de paix ; qui a fait de son corps et de son âme un temple spirituel sacré, donc elle était capable de combiner dans sa vie monastique entre la mission, le bon travail et la vie d’ascétisme et les prières.Oh ! Seigneur, envoie a ton Eglise, a travers l’intercession de Sainte Rafqa, des ouvriers fidèles et accorde moi la grâce que je demande (…) et je T’exalterai avec Elle et avec le Père et le Saint-Esprit, pour toujours. Amen.
Au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit. Amen. Oh ! Saint-Esprit, Toi qui a fait de Sainte Rafqa un exemple pour nous quand elle a porté la croix et a répété avec Saint Paul : « Je ne sais que Jésus crucifié », elle est devenue, alors, une nouvelle messagère des souffrances, une Sainte Patronne et un exemple pour l’humanité souffrante. Permets-nous de suivre son exemple avec foi, espoir et charité. Oh ! Esprit de sagesse, accorde-moi selon Ta Volonté Sacrée et à travers l’intercession de Sainte Rafqa, la grâce que je prie dans cette neuvaine (…), et je Te glorifierai avec le Père et Fils, pour toujours. Amen.
Au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit. Amen. Oh ! Jésus-Christ mon Dieu, tu as testé l’enfant Rafqa en prenant sa mère, puis tu lui as donné la Vierge Marie, Ta mère, comme remplaçante. Oh ! Seigneur, gardes Sainte Rafqa comme une levure sacrée parmi les familles chrétiennes et un exemple pour chaque malade, handicapé et infirme ; pour chaque aveugle, malade et triste ; pour chaque enfant et orphelin, pour qu’ils puissent porter Ta croix avec amour et joie. Oh ! Seigneur, exauce ma prière et accorde-moi, a travers l’intercession de Sainte Rafqa, la grâce que je demande (…) et je Te louerai avec Elle, pour toujours. Amen.
Au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit. Amen. Oh ! Epoux Céleste, Toi qui a pris le cœur de la pure Rafqa pendant qu’elle était jeune, donc elle a cessé de voir toute beauté, bonheur ou confort excepté a travers Toi. Tu l’as appelée a la mission évangélique alors elle a travaillé et enseigne infatigablement, en propageant Tes mots et Tes enseignements évangéliques dans les cœurs des vieux et des jeunes. Accorde-moi Seigneur, à travers l’intercession de Sainte Rafqa, cette grâce (…) et je vivrai le vrai amour et la vraie paix que Tu constitues leur source, et je Te glorifierai avec Elle, pour toujours. Amen.
Au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit. Amen. Oh ! Jésus-Christ, Toi qui a guidé et protégé Sainte Rafqa en même temps de difficulté. Elle a prie et senti que Tu l’as appelée pour plus de sacrifice et d’humilité. Donc, elle a rejoint l’Ordre Libanais Maronite et était un exemple à ses sœurs dans la maintenance des lois, des prières fréquentes et du travail silencieux. Accorde-nous Seigneur, à travers l’intercession de Sainte Rafqa, aide et éclaircissement chrétien aux pères et mères ; savoir éducatif et spirituel aux professeurs ; Sainteté aux religieux et religieuses. Accorde-moi, Seigneur, à travers l’intercession de Sainte Rafqa cette grâce (…) selon Ta volonté et je répondrai à Ton appel dans ma vie et je Te glorifierai, pour toujours. Amen.
Au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit. Amen. Oh ! Sainte Rafqa, Toi qui as demande la grâce de partager les souffrances de Jésus-Christ. Ta demandé a été immédiatement accordée : Tu as perdu la vue, le rhumatisme T’as estropiés toute Ta vie été clouées à la Croix des souffrances et douleurs pour vingt neuf années. Cependant, tu as patientée et tu as été reconnaissante à Dieu, en répétant : ‘En participation avec les Souffrances du Christ et Sa couronne d’épines’. Tu as accepte Tes souffrances avec joie et bonheur avec un sourire permanent sur ton visage. Je Te demande, Sainte Rafqa, d’obtenir de Ton Epoux Divin la grâce que je demande (…), et je glorifierai avec Toi, pour toujours. Amen.
Au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit. Amen. Oh ! Sainte Rafqa, amie de la croix et partenaire du Crucifié dans le Mystère de la Rédemption, reste toujours avec nous et laisse-nous Te suivre, messagère de la douleur, la joie, le bien et l’amour. Prie que les malades acceptent leur destin, courageusement, et le considèrent comme une croix de salut a eux et au monde entier, afin qu’ils complèteront avec leurs souffrances, les souffrances du Rédempteur Divin et qu’ils soient sanctifié et sanctifient le monde. Oh ! Sainte Rafqa, exauce la grâce que je demande à Jésus-Christ (…) et je le glorifierai avec Toi, pour toujours. Amen.
Au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit. Amen. Oh ! Sainte Rafqa, vrai disciple de Jésus-Christ et partenaire du Rédempteur dans le Mystère de la Rédemption. Tu as servi le Seigneur et Tu T’es offerte à lui comme un sacrifice complet et pur.Je te demande Sainte Rafqa d’obtenir de Jésus-Christ la grâce de bénir mon pays, ma famille et moi-même ; de m’aider à contribuer dans l’accomplissement de Son Royaume. Oh ! Sainte Rafqa, obtiens de Jésus-Christ la grâce que je demande (…) et je louerai avec Toi la Sainte Trinité qui T’a couronné avec la gloire éternelle. Amen.
 
 
 
Prière de Grâce finale
Oh ! Sainte Rafqa, ma Sainte patronne bien-aimée, j’aimerais Te remercier de tout mon cœur pour la grâce que Dieu m’a accordé à travers Ton intercession. J’aimerais aussi Te demander de toujours intercéder pour moi ; de m’accompagner ; de m’éclairer ; de m’apprendre à aimer Jésus comme Tu L’as aimé ; de m’aider à suivre Ton exemple dans l’amour et le service des gens avec joie et loyauté, et je le glorifierai avec Toi, pour toujours. Amen.



 

Ci-dessus, une critique en 2 parties d’Irène Fernandez, ancienne élève de
 l’Ecole normale supérieure, agrégée de philosophie et docteur ès lettres 



 

 

Les fêtes de Noël, mais non seulement pour ces fêtes, ont vu se propager le phénomène des églises affectées à des concerts non seulement de musique sacrée, mais aussi de musique profane. Evidemment, les Evêques et le clergé ont oublié que ce lieu, édifié souvent grâce aux sacrifices faits par les fidèles, avait été « dédié », « consacré » - parole qui rappelle l’acte par lequel on offre quelque chose de très personnel à ceux qu’on aime - à Dieu. Dédier signifie que cela ne m’appartient plus, mais lui appartient. Si je le reprenais pour moi, ce serait une trahison.

 

 

 

Alors, faire des actes non sacrés qui normalement se font ailleurs, est une profanation, c’est-à-dire aller en dehors du « fanum », le temple. C’est donc une chose grave, parce que nous enlevons à Dieu ce qui est à lui, ce que nous-mêmes nous avons fait le serment de lui donner. Que ce soit un serment, c’est-à-dire un acte sacré, c’est ce que démontre le rite sacré de la consécration de l’église. A quoi servirait ce rite solennel si, ensuite, le lieu sacré est destiné au profane ? Mais aujourd’hui, combien savent ce que veut dire sacré et saint ? On pourrait faire un excursus dans l’histoire des religions, le judaïsme spécialement, - précisément au moment même de la période de Noël, les juifs célèbrent « hannuccah », la fête de la Dédicace du Temple, après la profanation païenne – mais arrêtons-nous au christianisme. Les disciples du Seigneur qui se réunissaient pour les divins mystères, créaient un « espace saint » qui, peu à peu, en raison de l’assiduité des fidèles, impliquait la construction d’un édifice de culte. Ainsi, la parole « église » qui indiquait la communauté convoquée par le Seigneur, indique à présent, de manière significative le lieu saint. Depuis les origines, la communauté chrétienne a décidé de le réserver au service exclusif du culte divin, et souligne cette décision par une action solennelle – une fois pout toutes –qui implore surtout la grâce de Dieu. Ce rite extraordinaire, avec ses gestes et ses textes vénérables, offre aux chrétiens l’occasion de réfléchir sur eux-mêmes, comme corps mystique consacré au Seigneur ; qui implore surtout la grâce de Dieu. Ce rite extraordinaire, avec ses gestes et ses textes vénérables, offre aux chrétiens l’occasion de réfléchir sur eux-mêmes, comme corps mystique consacré au Seigneur ; sur l’authenticité du culte, et sur le sérieux de l’engagement pris avec Dieu : à savoir l’Alliance nouvelle et éternelle. Les liturgistesdiraient que « en raison de la vérité du signe », l’église ne peut-être affectée à autre chose qui ne soit pas le culte, sous peine de commettre une offense grave envers le Seigneur auquel elle avait été offerte. Est-il possible que, malgré la réforme liturgique, on fasse le contraire ? N’y a-t-il donc plus de lieux pour faire des concerts, des représentations théâtrales et autres ? Alors, que l’on ne s’étonne pas si on a perdu le sens du sacré, c’est-à-dire de la Présence Divine. Quand une église devient un théâtre où l’on rit, où l’on applaudit, où l’on crie et où l’on parle, il devient difficile ensuite d’exiger, dans ce même lieu, les attitudes propres au culte : écoute, recueillement, silence, adoration. Seuls les régimes totalitaires ont transformé les lieux de culte en théâtres, en salles de gymnastique, et en magasins. Certains objecteront que le chrétiens, pour leur culte, n’ont pas besoin de temple. C’est vrai, un culte spirituel suffit. Alors, n’en construisons-plus, et réunissons-nous seulement à ciel ouvert, le chaud et le froid le permettant. Si nous devons continuer à le faire, nous devons être cohérents. Les chrétiens ne sont-ils pas les pierres vivantes de l’édifice spirituel, comme le dit Saint Pierre (1 Pierre 2, 5) ? Et cette vérité n’est-elle pas cachée de manière mystique dans le signe du temple ? Ou bien, les paroles de Paul aux Corinthiens ne nous touchent-elles plus : « Ne savez-vous pas que vous êtes le temple (« naos ») de Dieu et que l’Esprit de Dieu habite en vous ? Si quelqu’un détruit le temple de Dieu, Dieu le détruira. Parce qu’il est saint le temple de Dieu que vous êtes » (1 Corinthiens 3, 16-17). Les rites de la consécration : procession, aspersion avec l’eau, onction avec le Chrême de l’autel, des murs, de la porte, l’offrande du Saint-Sacrifice, parlent d’eux-mêmes de la signification de ce lieu dédié à Dieu, après l’avoir exorcisé du Malin, c’est-à-dire chassé en dehors dans le profane. Comme le chrétien, dans l’initiation se consacre lui-même à Dieu après l’exorcisme, de même le lieu saint, avec la consécration est consacré à Dieu après avoir été soustrait à l’influence du Malin qui doit rester en dehors du temple avec toutes ses actions. On ne peut pas accueillir telles ou telles actions simplement profanes là où l’on célèbre les Divins Mystères. Dans le Pontifical Romain, renouvelé en 1997, la Messe de la Dédicace souligne la volonté de la communauté ecclésiale de dédier le nouvel édifice de manière exclusive et perpétuelle au culte divin. En particulier, la présence du Saint-Sacrement et de l’Autel ne permet aucune autre utilisation ; en effet, ils sont là pour rappeler que l’église est le signe du Sanctuaire Céleste où Jésus a pénétré « afin de paraître maintenant devant la face de Dieu en notre faveur » (Hébreux, 9, 24c).

 

Fides

1. Cǽlitum, Ioseph, decus atque nostræ certa spes vitæ columénque mundi, quas tibi læti cánimus, benígnus súscipe laudes.

1. O Joseph, gloire des habitants des cieux et sûr espoir de notre vie, colonne du monde, reçois avec bienveillance les louanges que, joyeux, nous te chantons.


2
. Te Sator rerum státuit pudícæ Vírginis sponsum, voluítque Verbi te patrem dici, dedit et minístrum esse salútis.

2. C’est toi que l’Auteur du monde a choisi pour épouse de la Vierge très pure; il a voulu qu’on te nomme le père du Verbe et il t’a donné d’être le ministre du salut.

 

3. Tu Redemptórem stábulo iacéntem, quem chorus Vatum cécinit futúrum, áspicis gaudens, humilísque natum Numen adóras.

3. Le Rédempteur couché dans une étable, dont le chœur des Prophètes a chanté la venue, tu le contemples avec joie, et tu adores humblement ce Dieu qui vient de naître.

 

4. Rex Deus regum, Dominátor orbis, cuius ad nutum tremit inferórum turba, cui pronus famulátur æther, se tibi subdit.

4. Le Roi, Dieu des rois, Maître du monde, qui d’un signe fait trembler les légions infernales, et que le ciel sert en s’inclinant, se soumet à toi.

 

5. Laus sit excélsæ Tríadi perénnis, quæ tibi præbens súperos honóres, det tuis nobis méritis beátæ gáudia vitæ. Amen.

5. Louange éternelle soit à la très haute Trinité; qu’en te déférant de sublimes honneurs, elle nous donne par tes mérites les joies de la vie bienheureuse. Amen.

« Distinguer "le temple de Dieu" et "le temple des hommes", c'est hypostasier un rêve et tenter de séparer ce que Dieu a uni, c'est introduire l'anarchie doctrinale... Distinguer "Eglise visible" et "Eglise invisible" c'est faire de la spéculation platonicienne au lieu d'écouter Jésus-Christ. Une Eglise invisible est la même chose que pas d'Eglise du tout. Dés le lendemain de la mort de Jésus, une Eglise existait, vivait, telle que Jésus l'avait faite. S'il n'y a qu'une âme il ne peut y avoir qu'un corps. Si l'Eglise est réelle, il faut qu'elle soit un organisme qu'on puisse en quelque sorte "voir et toucher", de même qu'on pouvait voir et toucher l'homme-Dieu pendant sa vie terrestre. Comme le Verbe, en s'incarnant, s'est soumis par toute une part de lui-même à l'examen de l'histoire la plus profane en ses méthodes, son Eglise est pareillement offerte aux analyses de la sociologie. Pas d'enfants sans leur mère; pas de peuple sans ses chefs; pas de sainteté acquise sans un pouvoir et sans une oeuvre de sanctification... Pas de communauté réalisée sans une société dans laquelle et à travers laquelle elle se réalise. C'est l'Eglise tout entière qui... est indissolublement, quoique sous deux aspects divers, société hiérarchique et communauté de grâce. L'Eglise est "sans péché" et dans ses membres elle n'est cependant jamais "sans pécheurs". L'Eglise n'est pas assujettie, mais elle est soumise. Jésus-Christ la conduit et la gouverne, et sans cesser de la diriger mystérieusement Lui-même, Il la fait aussi conduire et gouverner visiblement par celui qui tient sa place sur terre; car depuis sa glorieuse Ascension dans le ciel, elle ne repose plus seulement sur Lui, mais aussi sur Pierre comme sur un fondement visible pour tous ».

 

Cardinal de Lubac, Méditation sur l'Eglise, les deux aspects de l'Eglise une

Un curé surprend toute une famille attablée devant un repas de viande lors du carême...

 

mgr-guido-marini.jpgLa tradition sapientiale biblique acclame Dieu comme « l’auteur même de la beauté » (Sg 13,3), le glorifiant pour la grandeur et la beauté des œuvres de la création. La pensée chrétienne, en partant surtout de la Sainte Ecriture, mais également de la philosophie classique comme auxiliaire, a développé la conception de la beauté comme catégorie théologique. Cet enseignement résonne dans l’homélie du Saint Père Benoît XVI durant la Sainte Messe de la dédicace de l’église de la Sainte Famille à Barcelone (7 novembre 2010) : « la beauté est également révélatrice de Dieu parce que, comme Lui, l’œuvre belle est pure gratuité, invite à la liberté et arrache à l’égoïsme ». La beauté divine se manifeste de manière tout à fait particulière dans la sainte liturgie, aussi à travers les choses matérielles nécessaires à l’homme, âme et corps, pour atteindre les réalités spirituelles : l’édifice pour le culte, la décoration, les vêtements, les images, la musique, la dignité propre aux cérémonies. On lira à propos le chapitre 15, relatif au « décors de la célébration liturgique », dans la dernière encyclique « Ecclesia de Eucharistia » du pape Jean Paul II (17 avril 2003), où il affirme que le Christ lui-même a voulu une ambiance digne et décorée pour la Sainte Cène, en demandant aux disciples qu’ils la préparent dans la maison d’un ami qui avait une « salle grande et disposée » (Lc 22,12 ; cf Mc 14,15). L’encyclique nous remémore aussi l’onction de Béthanie, un évènement significatif qui précède l’institution de l’Eucharistie (cf. Mt 26 ; Mc 14 ; Jn 12). Face à la protestation de Judas pour qui l’onction avec une huile précieuse constitue un « gaspillage » inacceptable, face aux nécessités des pauvres, Jésus, sans minorer l’obligation de charité concrète envers les nécessiteux, déclare approuver grandement l’acte de la femme, car son onction anticipe « cet honneur dont son corps restera digne même après la mort, indissolublement lié au mystère de sa Personne » (Ecclesia de Eucharistia, n.47). Jean-Paul II en conclue que l’Eglise, comme la femme de Béthanie, « n’a pas craint de dilapider en investissant le meilleur de ses ressources pour exprimer sa stupeur pleine d’adoration face au don incommensurable de l’Eucharistie » (ibid., n.48). 

 

La liturgie exige le meilleur de nos possibilités pour glorifier Dieu, Créateur et Rédempteur. Dans le fond, le soin attentif apporté aux églises et à la liturgie doit être une expression de l’amour pour le Seigneur. Même dans un lieu où l’Eglise ne dispose pas de grandes ressources matérielles, on ne peut se soustraire à ce devoir. Déjà un pape important du XVIIIe s., Benoît XIV (1740-1758) dans son encyclique « Annus qui hunc » (19 février 1749), dédiée surtout à la musique sacrée, exhortait son clergé à bien tenir leurs églises et à veiller à ce qu’elles soient pourvues de tous les objets sacrés nécessaires à la digne célébration de la liturgie : « nous devons souligner que nous ne parlons pas de la somptuosité ni de la magnificence des édifices sacrés, ni de la richesse des ornements sacrés, sachant également qu’on ne peut y accéder en tous lieux. Nous parlons de la décence et de la propreté qu’il n’est permis à personne de négliger, sachant que la décence et la propreté restent compatibles avec la pauvreté ». La constitution sur la sainte Liturgie du Concile Vatican II s’exprime de manière similaire : « en promouvant et en favorisant un art authentiquement sacré, on recherche davantage une noble beauté qu’une somptuosité pure. Ceci doit s’appliquer également aux vêtements et aux ornements sacrés » (Sacrosanctum Concilium n.124). Ce passage se réfère au concept de « noble simplicité », introduit par la même constitution au n.34. Ce concept paraît provenir de l’archéologue et historien de l’art allemand Johann Joachim Winckelmann (1717-1768), selon lequel la sculpture classique grecque se caractérisait par « une noble simplicité et une grandeur sereine ». 

 

Au début du XXe s. le célèbre liturgiste anglais Edmund Bishop (1846-1917) décrivait le « génie du rite Romain » comme se distinguant par la simplicité, la sobriété et la dignité (cf. E. Bishop, Liturgie historique, Clarendon Press, Oxfort 1918, pp. 1-19). Cette description ne manquait pas de mérite, mais il faut prêter attention à son interprétation : le Rite Romain est « simple » face aux autres rites historiques, comme ceux de l’Orient, qui se distinguent par leur grande complexité et leur somptuosité. Mais la « noble simplicité » du Rite Romain ne doit pas être confondue avec une « pauvreté liturgique » mal comprise, ni avec un intellectualisme qui peut amener à ruiner la solennité, fondement du Culte Divin (cf. la contribution essentielle de saint Thomas d’Aquin en la ST III, q.664, a. 2 ; q ; 66, a. 10 ; q. 83, a. 4). De ces considérations il résulte de toute évidence que les vêtements sacrés doivent contribuer au « décorum de l’action sacrée » (PGMR, n.335), surtout « dans la forme et la matière utilisée », mais également, bien que de forme plus mesurée, dans leur ornementation (ibid. n.334). L’usage des vêtements liturgiques exprime l’herméneutique de continuité, sans exclure aucun style historique particulier. Benoît XVI nous a fourni un modèle dans ses célébrations liturgiques, lorsqu’il revêtait tant les chasubles de style moderne que les « classiques » - en quelque occasion solennelle - utilisées également par ses prédécesseurs. Ainsi se met en pratique l’exemple du scribe, converti en disciple du royaume des cieux, comparé par Jésus à un père de famille qui tire de son trésor du neuf et de l’ancien (Mt 13,52).

 

(Source : Mgr Marini. Trad JFS/APL)

Il ne fait pas de doute que le Chant Grégorien, a écrit le Pape Jean Paul II dans le Bref « Jubilari Feliciter » de 1980, reste le lien musical qui unit les catholiques, qui fait sentir l’unité de l’Eglise, comme l’a déclaré le Pape Benoît XVI...

 

 

 

Le Chant Grégorien, par le fait même qu’il ne détourne pas l’attention des fidèles, est adapté à l’esprit de la liturgie romaine, comme les icônes le sont pour la liturgie byzantine. Le Père Guilmard, moine de Solesmes, a écrit récemment qu’il fallait maintenir le sens du texte, la forme musicale, la marche générale du développement mélodique, la forme d’ornementation, le mode lui-même, le sens musical de l’ensemble. Et ne pas oublier : le degré de compétence de la chorale, l’acoustique du lieu, les nombre des chanteurs, et ne pas sous-estimer la voix. Le Chant Grégorien, qui unit le corps et l’âme, est composé par des moines contemplatifs plutôt que par de grands artistes : ainsi, il a inspiré Palestrina, et il peut toujours inspirer la musique sacrée des temps à venir. Il ne fait pas de doute que le Chant Grégorien, a écrit le Pape Jean Paul II dans le Bref « Jubilari Feliciter » de 1980, reste le lien musical qui unit les catholiques, qui fait sentir l’unité de l’Eglise, comme l’a déclaré le Pape Benoît XVI. La célébration doit conserver un équilibre phonique homogène ; pour cela, dans les chants et dans les prières, une voix douce est la plus adaptée, elle correspond plus à l’attitude d’humilité et de discrétion que nous devons avoir devant Dieu. Il faut donc éviter avec soin les paroles « hurlées », mais utiliser les paroles dites avec douceur, qui sont les prières propres de la prière faite dans le secret (cf Matthieu 6, 5). Dans ce sens, la liturgie monastique bénédictine doit être considérée comme le type auquel on doit s’inspirer. C’est pourquoi, à commencer par le prêtre qui guide le Peuple de Dieu, que l’on recommence, notamment pour les solennités, à chanter en Grégorien l’Ordinaire de la Messe - désormais connu dans chaque langue - et pourquoi pas, des parties du Propre de la Messe. Il y a aussi le silence pendant la liturgie, qui est fondamental pour écouter Dieu qui parle à notre cœur. L’âme n’est pas faite pour le bruit, et pour les discussions, mais pour le recueillement ; la preuve en est que le bruit dérange. Avant tout, il faut redonner à l’église sa dignité de Maison de Dieu, où personne ne parle à haute voix, à commencer par les prêtres et par les ministres qui doivent donner l’exemple. L’église est le lieu où tous s’adressent à Dieu dans un silence humble, et à voix basse. Tout cela constitue le rite, qui est un terme qui signifie réitération, et dont il ne faut pas avoir peur, parce que le fidèle en a besoin pour faire mémoire du Christ. Les rites aident les fidèles à se familiariser avec le langage liturgique, grâce à la répétition des gestes et des chants : c’est un choix de style constant et homogène pour réaliser notre identité d’« orants » (de gens qui prient et adorent) de la Majesté de Dieu, qui sont si différents de la vie quotidienne assourdissante, de la fragmentation des langages et des styles qui détournent l’attention du caractère central du mystère. A titre d’exemple, elles sont erronées et fallacieuses les Orientations et les Normes pour les Acolytes et les Lecteurs préparées par une Commission Liturgique diocésaine italienne. A propos du moment de la Consécration, après avoir rappelé la possibilité d’encenser l’Hostie et le Calice consacrés, il est écrit, avec un zèle qui prétend faire pour le mieux : « On ne doit pas ajouter à ce moment des cierges, des clochettes, des céroféraires et d’autres servants de Messe qui ne feraient que remplacer les anciennes « tables de Communion », en empêchant de voir et de participer au Mystère qui se célèbre sur l’autel. Pour l’utilisation de la clochette, il faut dire que le numéro 150 « du Cérémonial des Evêques » déclare qu’il faut tenir compte des coutumes locales ; mais, dans notre Eglise diocésaine, il n’y a plus cette coutume ». En plus de mettre sur un même pied les personnes et les choses, et l’ignorance sur la signification et la fonctions de la « clôture » (balustrades en Occident et iconostase en Orient) qui, depuis l’époque juive et paléochrétienne distinguait le Sanctuaire ou Presbyterium de la nef ou de la salle, il semble pour celui qui a rédigé ces notes, que le Mystère doit mieux se voir sans cette « partie » - à présent on utilise « presbytérale ou ministérielle » - et donc que l’on peut mieux y participer. Pauvres céroféraires, pauvres « tables de Communion » - ne parlons pas de l’iconostase, parce qu’il n’est pas correct de dire du mal des Orientaux - coupables de ne pas faire participer les fidèles. Là où, avec une idiotie sans nom, on les a supprimées, il ne semble pas que la foi ait augmenté. Nous sauverons le patrimoine de la foi en le laissant précisément dans son habitat qu’est la liturgie, et non pas en le reléguant dans les musées diocésains ou dans des concerts dans des églises. Quant à la clochette, avec une décision sans appel, comme dans de nombreux autres cas, une seule personne décide pour tous que « cette coutume n’existe plus ». Mais si on circule un peu, on l’entend encore parce que, à ce qu’il semble, malgré tous les efforts des ministres, il arrive que les fidèles puissent être distraits, et que la clochette, beaucoup plus discrète qu’un rappel verbal, aide à se recueillir au moment le plus solennel. La clochette, sœur cadette des clochers - avec son timbre sonore, rappelle que Dieu se souvient éternellement de nous. Alors, voulons-nous abolir la clochette ? Heureusement que, à la fin, les Indications et des Normes concluent en ces termes : « … L’Eglise ne nous offre pas des liturgies intangibles réglées part des normes rigides »… Que chacun s’arrange comme il peut. « Est-ce cela l’esprit de la liturgie dont parle Romano Guardini et Joseph Ratzinger, et, entre les deux théologiens, le Concile ? Si la liturgie n’est pas « opus Dei », à la louange de Sa Gloire, où l’ « ars celebrandi » trouve-t-il son fondement ? Il est urgent de s’occuper de la formation des futurs prêtres, de l’éducation des fidèles et en premier lieu des « liturgistes ».

 

Fides



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