• TEXTES LITURGIQUES (S. CASIMIRI)

 

- Philippiens 3, 8-14 : Pour Son Amour, j'ai voulu tout perdre

- Psaume 14 : L'insensé dit dans son coeur : il n'y a point de Dieu...

- Matthieu 22, 34-40 : Le plus grand commandement

Au-delà des débats qui se font autour du Motu proprio Summorum Pontificum de Benoît XVI et de la position des fidèles - à commencer par les prêtres - concernant la liturgie, subsiste une question importante qu'il faut bien se poser : qu'est-ce qui est à l'origine du mouvement dans lequel se reconnaissent ceux qui refusent le Concile et la réforme liturgique qui en est issue ?
Les réponses que l'on pourrait donner à cette question sont multiples, souvent complexes, et l'on ne pourra ici qu'esquisser quelques grandes lignes qui concernent un phénomène essentiellement français. Essentiellement français, en effet, car il est né et s'est développé en France - pays où les "expériences liturgiques" ont été de loin les plus audacieuses - avant d'être exporté hors de nos frontières par des clercs français ou ayant fait des études dans les séminaires français.


 

 

 

messe12.jpg1. LA SITUATION

 

Au moment où se déroule le Concile, les questions liturgiques n'intéressent pas grand monde. Ce qu'on a appelé le "mouvement liturgique" ne concerne que quelques spécialistes dont les travaux seront plus ou moins bien reçus dans des paroisses non impliquées directement dans les débats. A cette époque, les fidèles qui vont à la messe suivent la liturgie facilement : ils ont l'habitude de son déroulement qui est partout le même et connaissent les prières et les chants en latin.
Cependant - et contrairement à ce qu'on imagine aujourd'hui - cette liturgie minutieusement décrite et fixée dans les livres hérités essentiellement du Concile de Trente, est loin d'être satisfaisante. A mots couverts, des célébrants en critiquent la complexité et la lourdeur (surtout lorsqu'il s'agit de la mettre en oeuvre dans des paroisses rurales de zones déchristianisées) et déjà, en cachette, des petits groupes de fidèles soutenus par des prêtres avant-gardistes imaginent des célébrations simplifiées au cours desquelles les rites ne sont plus toujours respectés. Ces "expériences" restent cependant marginales et ne touche pas directement les messes paroissiales.
Par ailleurs, on se fait aujourd'hui une idée fausse de la liturgie au moment du Concile si l'on imagine qu'il existait partout des messes chantées en grégorien : dans la très grande majorité des paroisses de France, il n'y a ni orgue ni chorale mais un simple harmonium joué tant bien que mal par la personne jugée la plus capable et un groupe de "bonnes âmes" généralement incapables de chanter autre chose que des cantiques : "Je m'avancerai...", "Jour du Seigneur...", "Reçois l'offrande...", "J'ai reçu le Dieu vivant...", "Tu es mon berger...", etc. Les fidèles chantent peu et souvent mal : le Français n'a pas véritablement de culture musicale. Le dimanche, à la grand'messe, le grégorien se limite le plus souvent à l'Ordinaire VIII et, les jours de fête, à une "messe royale de du Mont". En fait, la seule messe assez connue pour être intégralement chantée en grégorien - souvent par un seul chantre - est la "messe de requiem". En semaine, on célèbre des "messes basses".

 

 

 

2. DES SIGNES DE RUPTURE

 

Au moment où la messe "conciliaire" - appelons-la comme ça - doit se mettre en place dans les paroisses, très peu de "simples fidèles" connaissent les textes de Vatican II. Les évêques eux-mêmes n'en donnent que des résumés très sommaires (dans lesquels ont devine un enthousiasme quelque peu naïf : "maintenant, ça va changer et se sera bien...") qui ne sont reçus que dans des cercles restreints qui deviendront rapidement influents car composés de fidèles ayant déjà donné la preuve qu'ils étaient disposés à accepter des modifications dans la liturgie.
Dès lors, les expériences liturgiques jusqu'ici faites en cachette par des petits groupes peuvent passer pour porteuses du renouveau souhaité par le Concile. Ceux qui en sont les promoteurs vont alors chercher dans les documents conciliaires tout ce qui pourra justifier des pratiques restées limitées et jusqu'ici considérées comme illégitime. Dès la fin de Vatican II, les partisans d'une liturgie moins "sclérosée", moins ritualisée, vont trouver dans Sacrosanctum Concilium des passages qui leur permettent de justifier leurs façons de faire, passages qu'ils s'emploieront à lire et à présenter en étudiant les documents conciliaires à partir d'une "herméneutique de rupture" totalement contraire à toute la tradition de l'Eglise. C'est cette relecture erronée du Concile qui sera amplifiée par les médias et diverses publications d'organismes appartenant à l'Eglise de France (on pense aux publications du CNPL, par exemple (1) ) qui constituera pour l'ensemble des fidèles, prêtres y compris, le seul accès aux travaux de Vatican II.

 

 

 

3. RESULTATS

 

En très peu d'années, voir souvent en quelques mois, la messe que les fidèles connaissaient est remplacée partout par des célébrations expérimentales au cours desquelles le célébrant est laissé libre d'organiser la liturgie selon la vision qu'on lui a donnée du Concile. Là où se trouve ayant un sens aigu de la liturgie, les modifications de la liturgie sont minimes et sont introduites sans heurts; là, la liturgie "conciliaire" est acceptée. Mais ces cas sont l'exception : dans la majorité des paroisses, des célébrants font subir à la liturgie un processus de désacralisation en se basant sur les notions de "simplification" et de "participation" qui figurent bien dans les documents conciliaires mais qui sont comprises de travers. On abouti alors à un grand "n'importe quoi" s'appuyant sur deux changements dans la pratique dont, à l'époque, personne - ou presque - ne mesure les conséquences : le retournement des autels et l'abandon du latin et du grégorien.
Pour le paroissien lambda, c'est l'empilement des changements arbitraires affectant la liturgie qui constitue un acquis majeur du Concile alors que, comme le fera remarquer le Cardinal Ratzinger (et d'autres avec lui) rien de tout ce qui est imposé aux fidèles et qui banalise la liturgie n'a été demandé par Vatican II. Les prêtres qui "blessent" ainsi la liturgie - et les fidèles - sont soit des anciens qui ont eu une overdose de latin et qui font des poussées de fièvre dès qu'ils entendent du grégorien, soit des jeunes clercs de la génération "mai 68" pour lesquels il est interdit d'interdire, mais qui passent leur temps à interdire aux fidèles de recevoir ce que l'Eglise veut leur donner.
En conclusion, on peut affirmer que l'ensemble des messes paroissiales que l'on trouve aujourd'hui sont le résultat non du Concile lui-même mais de sa mauvaise interprétation. Il n'est donc pas hasardeux d'affirmer qu'aujourd'hui, parmi ceux qui parlent de liturgie ou qui s'en occupent dans les paroisses, bien peu savent ce qu'elle est réellement.

 

 

 

4. LA POSITION DES EVÊQUES DE FRANCE

 

Elle est facile à résumer : face à la désagrégation de la liturgie, ils laissent faire les démolisseurs et finissent bien souvent par donner eux-mêmes l'exemple de ce qu'il ne faudrait pas faire.
Les rappels à l'ordre des Souverains Pontifes sont passés sous silence les uns à la suite des autres; les expériences les plus farfelues sont encouragées et les prêtres qui veulent demeurer fidèles au véritable enseignement de Vatican II sont sanctionnés.
Bien plus : dans les séminaires diocésains, il est strictement interdit de respecter la liturgie, laquelle n'est d'ailleurs plus enseignée. Sous couvert d'une "spontanéité" qui voudrait répondre aux excès d'un certain ritualisme qu'on avait pu parfois voir se développer avant Vatican II, la dissidence à tous les niveaux devient comme un nouveau dogme s'appuyant sur le "complexe anti-romain" que dénoncera Hans Urs von Balthasar.

 

 

 

5. LES CONSEQUENCES

 

Dans cette situation, on voit que les fidèles n'ont plus que quatre possibilités.
Une première catégorie de fidèles ne trouvant plus leurs repères dans les messes hors-normes qui se multiplient dans les paroisses et sont caractérisée par une désacralisation affichée, décide d'arrêter toute pratique dominicale. A quoi bon aller à la messe si c'est pour en revenir affecté et aigri ? La solution que choisissent les fidèles de ce groupe est d'ailleurs encouragée par nombre de prêtres qui, voyant leurs églises se vider, se consolent en déclarant que les assemblées dominicales diminuent en nombre mais gagnent en qualité...
Une deuxième catégorie est composée de fidèles qui acceptent les liturgies "à la carte" proposées dans les paroisses. A leurs yeux, progressivement, la sympathie du célébrant et la chaleur communicative de l'assemblée finissent par avoir davantage d'importance que se que réalise et signifie la liturgie de l'Eglise; d'où, pour ceux qui composent cette catégorie, un goût plus ou moins marqué pour des célébrations plus anthropocentriques que théocentriques qui donnent à certaines personnes en mal de reconnaissance sociale une occasion d'occuper le devant de la scène liturgique. Cette situation favorise alors une cléricalisation de certains laïcs entretenue par une laïcisation de clercs en mal d'identité sacerdotale; elle conduit aujourd'hui à avoir une fausse vision de l'Eglise en minimisant la spécificité du sacerdoce au profit d'une ecclésiologie de type luthérien où la communauté locale bénéficie d'un pouvoir décisionnel dans laquelle se dilue puis disparaît la vie sacramentelle.
Une troisième catégorie de fidèles est composée de ceux qui, déçus par les liturgies paroissiales, se sont laissés séduire par les célébrations des communautés nouvelles nées dans le contexte de crise et de flottement de l'après-Concile. Qualités de ces liturgies : elles sont plus priantes et moins bavardes que les messes paroissiales; elles intègrent des éléments que l'on ne retrouve plus dans les "Eucharisties paroissiales" (cierges, encens, dignité... parfois même quelques chants latins). Défauts de ces liturgies : elles conduisent assez souvent à confondre l'émotionnel avec l'intériorité et intègrent des particularismes qui les distinguent de l'authentique rite romain (gestes exagérés, pathos, chants litaniques prolongés, répertoire musical exagérément typé...) Autant de caractéristiques qui favorisent l'émergence de célébrations spécifiques de groupes plus ou moins fermés sur eux-mêmes et qui font que pour participer à de telles liturgies, il faut nécessairement partager les goûts et les convictions des leaders de ces communautés nouvelles. Le Cardinal Ratzinger n'a-t-il pas rappelé qu' « on reconnaît une liturgie authentique à ce qu'elle est cosmique et non fonction du groupe qui célèbre ? ».
La quatrième catégorie est composée de fidèles qui, à l'origine, se ne sentaient à l'aise ni dans les célébrations obligatoirement désacralisées ou banalisées des paroisses (Benoît XVI fait clairement allusion à ces fidèles dans son Motu proprio Summorum Pontificum), ni dans celles trop particulières des communautés nouvelles, mais demandaient simplement la liturgie de l'Eglise célébrée comme le Concile demandait qu'elle soit célébrée : sans nulle rupture avec la tradition, sans chamboulements faits pour choquer ou désorienter. Ces fidèles demandaient des liturgies dignes, éventuellement célébrées en latin et versus orientem, c'est-à-dire intégrant des éléments que Vatican II n'avait pas supprimés mais, au contraire, encourageait vivement à préserver.
Ces fidèles n'ayant jamais été ni entendus ni compris par leurs évêques, se sont alors tournés vers des mouvements tels que le "lefebvrisme" lequel, voyant son succès grandir, s'est rapidement radicalisé et a multiplié ses attaques contre la "messe conciliaire" en oubliant que le vrai problème n'était pas d'ordre liturgique mais essentiellement d'ordre pastoral et épiscopal. En effet, la désagrégation généralisée de la liturgie romaine post-conciliaire, encouragée par les évêques de France qui à aucun moment ont exigé le respect des directives conciliaires et des normes du missel romain, ont fait le lit du mouvement lefebvriste en lui donnant les moyens de critiquer - souvent avec raison - des directives épiscopales encourageant et favorisant la crise liturgique.
Il est pour le moins étonnant d'entendre aujourd'hui l'épiscopat français se réclamer du Concile alors que tout prouve qu'il a été à l'origine de ce qui favorisait sa non-application et que, au moment où ces lignes sont écrites, la grande majorité des évêques en postes ne fait toujours rien pour que la liturgie de l'Eglise soit (enfin!) mise en oeuvre. Ainsi, tant que dans les diocèses on abordera les questions liturgiques en faisant comme si le Concile était appliqué (les évêques comme les lefebvristes feignant de croire que les liturgies paroissiales sont célébrées en application de Sacrosanctum Concilium) on restera dans un dialogue de sourds et aucun texte magistériel supplémentaire ne changera quoi que ce soit à l'affaire.
La meilleure "stratégie" pour sortir du dilemme lefebvriste serait que les évêques de France se mettent tous d'accord pour accepter eux-mêmes le Concile et refuser catégoriquement l'ensemble des liturgies qui trahissent le missel romain.
Mais il suffit de voir les messes actuelles pour constater que cette "stratégie" n'est pas au programme de notre épiscopat.

 

Pro Liturgia – (1) CNPL : Centre National de Pastorale Liturgique (que le P. Lelong

avait significativement rebaptisé "Centre National de la Pétaudière Liturgique)

http://img.over-blog.com/456x309/0/21/41/34/2010/nave-VaticanII.jpgIl faut être aveugle ou vraiment de mauvaise foi pour ne pas reconnaître que le Concile, tel qu'il a été compris et appliqué, tout spécialement en France, a abouti à une situation catastrophique dans nos paroisses et nos diocèses : catéchèse réduite à des séances de découpage-coloriage, liturgies déstructurées, omniprésence de laïcs cléricalisés à tous les échelons de la vie paroissiale, chute vertigineuse des vocations sacerdotales et religieuses, nécessité de procéder à des regroupements paroissiaux, célébrations dominicales en diminution et très peu fréquentées... etc.
Benoît XVI lui-même, dès son élection au pontificat suprême, s'est interrogé : « Quel a été le résultat du Concile ? A-t-il été accueilli de la juste façon ? Dans l'accueil du Concile, qu'est-ce qui a été positif, insuffisant ou erroné ? Que reste-t-il encore à accomplir ? Personne ne peut nier que, dans de vastes parties de l'Eglise, la réception du Concile s'est déroulée de manière plutôt difficile (...) La question suivante apparaît : pourquoi l'accueil du Concile, dans de grandes parties de l'Eglise, s'est-il jusqu'à présent déroulé de manière aussi difficile ? Eh bien, tout dépend de la juste interprétation du Concile ou - comme nous le dirions aujourd'hui - de sa juste herméneutique, de la juste clef de lecture et d'application. Les problèmes de la réception sont nés du fait que deux herméneutiques contraires se sont trouvées confrontées et sont entrées en conflit. L'une a causé de la confusion, l'autre, silencieusement mais de manière toujours plus visible, a porté et porte des fruits. D'un côté, il existe une interprétation que je voudrais appeler "herméneutique de la discontinuité et de la rupture"; celle-ci a souvent pu compter sur la sympathie des mass media, et également d'une partie de la théologie moderne. D'autre part, il y a l' "herméneutique de la réforme", du renouveau dans la continuité de l'unique sujet-Eglise, que le Seigneur nous a donné; c'est un sujet qui grandit dans le temps et qui se développe, restant cependant toujours le même, l'unique sujet du Peuple de Dieu en marche. L'herméneutique de la discontinuité risque de finir par une rupture entre Eglise préconciliaire et Eglise post-conciliaire. Celle-ci affirme que les textes du Concile comme tels ne seraient pas encore la véritable expression de l'esprit du Concile. Ils seraient le résultat de compromis dans lesquels, pour atteindre l'unanimité, on a dû encore emporter avec soi et reconfirmer beaucoup de vieilles choses désormais inutiles. Ce n'est cependant pas dans ces compromis que se révélerait le véritable esprit du Concile, mais en revanche dans les élans vers la nouveauté qui apparaissent derrière les textes : seuls ceux-ci représenteraient le véritable esprit du Concile, et c'est à partir d'eux et conformément à eux qu'il faudrait aller de l'avant. Précisément parce que les textes ne refléteraient que de manière imparfaite le véritable esprit du Concile et sa nouveauté, il serait nécessaire d'aller courageusement au-delà des textes, en laissant place à la nouveauté dans laquelle s'exprimerait l'intention la plus profonde, bien qu'encore indistincte, du Concile. En un mot: il faudrait non pas suivre les textes du Concile, mais son esprit (...) » (Cf. Discours à la Curie Romaine, le 22 décembre 2005).

 

Cet "esprit du Concile"... que le Cardinal Ratzinger qualifiait, au vu des mauvais résultats qu'il avait générés, d' "anti-esprit du Concile", d'où vient-il ? Est-il né et s'est-il développé à la suite du Concile ou bien existait-il déjà avant le Concile ? Pour ceux qui refusent Vatican II en en faisant la source de tous les maux que connaît l'Eglise aujourd'hui, l' "esprit du Concile" est le fruit amer du Concile lui-même. Autrement dit, pour jeter ce fruit pourri, il suffirait d'ignorer Vatican II : c'est la position généralement défendue au sein de la mouvance lefebvriste.
Ce n'est pas - on s'en doute - la position défendue par les papes, de Paul VI à Benoît XVI. Ce ne sera sûrement pas la position que défendra le pape qui viendra après Benoît XVI...
A vrai dire, l' "esprit du Concile" qui a conduit à ébranler l'Eglise n'est pas né du Concile : il était déjà à l'oeuvre avant le Concile, mais de façon sournoise. Vatican II n'aura été qu'un révélateur - puissant, certes - de ce mauvais esprit. Les tempêtes ne naissent pas de façon soudaines : elles sont préparées par une baisse progressive, parfois lente, de la pression atmosphérique.
Il y a eu, dans l'Eglise, avant Vatican II, une "baisse de la pression atmosphérique"... qui n'a semble-t-il pas inquiété grand monde.

 

Quand on regarde les chiffres des ordinations sacerdotales en France avant Vatican II et le nombre de prêtres en paroisses, on voit que ça faisait du monde ! Mais qui peut croire que tous ces prêtres et ces séminaristes avaient vraiment une vocation sacerdotale ? Avant le Concile, nous étions encore dans une société où le prêtre était quelqu'un : son image a pu susciter chez beaucoup le désir d'entrer au service de l'Eglise par l'ordination sacerdotale. Or parmi les candidats au sacerdoce, il s'est trouvé des hommes incontestablement généreux et pieux... mais pas toujours "faits" pour assumer la prêtrise. C'est au sein de cette génération de "prêtres malgré eux" que s'est développé ce qui deviendra l' "anti-esprit du Concile". Cette génération, apprenant que Jean XXIII allait convoquer un Concile, s'est mise à espérer que l'Eglise allait lui permettre de vivre un sacerdoce light, un peu à la façon dont certains laïcs d'aujourd'hui aiment vivre un engagement au service de la liturgie : on "fait" le prêtre mais sans assumer les difficultés réelles de la vie sacerdotale.
Vatican II a pu décevoir ces prêtres mal dans leur peau... ou plutôt mal dans leur sacerdoce. Certains, définitivement aigris, on quitté la prêtrise; d'autres sont demeurés prêtres en transformant leur état sacerdotal en moyen de contestation. C'est là qu'il faut trouver le germe de cet "esprit du Concile" qui fera tant de dégâts déjà au moment de Vatican II, mais surtout après.


 

C'est sur la base de cet "esprit du Concile", très éloignés du véritable enseignement de Vatican II, que se sont développées des idées bancales et qu'ont été prises de mauvaises habitudes dont les célébrations liturgiques actuelles sont le reflet.
Aujourd'hui, alors que souffle encore le vent de l' "anti-esprit du Concile", tout le monde se prévaut de Vatican II et dans nos paroisses, tout le monde prétend célébrer la liturgie voulue par la Constitution Sacrosanctum Concilium... ce qui, bien sûr, est faux. Le 17 octobre 1985, s'adressant aux Membres de la Congrégation pour le Culte divin, Jean-Paul II déclarait : « La liturgie ! Tout le monde en parle, écrit, ou discute à ce sujet. On la commente, on la loue, on la critique. Mais qui en connaît vraiment les principes et les normes d'application ? La Constitution Sacrosanctum Concilium désignait la liturgie comme la "source" et le "sommet" de la vie de l'Eglise (cf. n°10) : que fait-on pour que cette définition sublime passe dans la réalité ? ».
Ce n'est donc pas Vatican II qui a démoli la liturgie. Ce qui a démoli la liturgie - et tout ce qui va avec, comme la vie sacramentelle - ce sont des clercs gagnés à ce faux "esprit du Concile" né bien avant le Concile sous les yeux d'un épiscopat qui n'a pas su comprendre qu'une grave crise était en train de se préparer.

 

Pro Liturgia

Extrait du message de Carême de l’Archevêque de Burgos.

On attend le même venant de nos évêques français.

 


 
  

 

« Une société avec plusieurs millions de chômeurs, qui tue impunément et systématiquement ses enfants les plus innocents (…), qui ment avec effronterie et cela depuis les plus hautes instances, qui viole les pactes les plus sacrés, qui fomente la haine et l’affrontement entre ses membres, qui empêche l’exercice libre de la religion, qui détruit l’innocence des enfants dès leur âge le plus tendre, qui excite les passions des jeunes, qui nie qu’il y ait des bonnes et des mauvaises actions indépendamment du temps et des circonstances, qui convertit l’école en un instrument idéologique et le pouvoir politique en un tremplin pour un enrichissement personnel et le développement des siens, qui s’engage à ne pas avoir d’enfant, en un mot, une société lézardée dans ses structures de base et bouleversée dans ses fondations éthiques est une société décadente et atteinte d’une maladie d’une extrême gravité. (…) C’est ce qui nous arrive (…). Parce que l’actuelle société espagnole est la société décadente et gravement malade que je viens de décrire, en elle cohabitent et coexistent tous les vices que je viens de dénoncer (…) Ce que nous devons faire actuellement en Espagne, et de toute urgence, c’est de revenir à Dieu. (…) Nous avons besoin de nous reconnaître pécheurs, recourir au pardon et reprendre le chemin du bien et de la vérité. Comme le disait Saint Jean Chrysostome avec son habituelle beauté : « Nous avons besoin de confesser nos péchés et verser beaucoup de larmes, parce que nous sommes en train de pécher sans remords, parce que nos péchés sont grands ». Le carême, qui vient de commencer, est une occasion en or. Pour tous : citoyens, chrétiens, ecclésiastiques ».

 

† Francisco Gil Hellín - Archevêque de Burgos (traduction ‘’Benoît et moi’’)

Extrait d’un sermon de Saint Augustin pour le début du carême : « Voici, aujourd'hui même, le retour solennel des observances quadragésimales, et aujourd'hui encore nous devons, comme chaque année, vous adresser la parole. [...] La piété ne demande-t-elle pas de nous qu'à la veille de célébrer la Passion et le crucifiement de Notre-Seigneur, nous nous fassions à nous-mêmes une croix pour y attacher les passions charnelles ? « Ceux qui appartiennent à Jésus-Christ, dit l'Apôtre, ont crucifié leur chair avec ses passions et ses convoitises » (Gal. V, 24). Il est vrai que durant tout le cours de cette vie, harcelée par des tentations continuelles, le chrétien doit être constamment attaché à la croix; jamais il n'y a de moment pour arracher les clous dont il est dit dans un psaume : « Que votre crainte enfonce ses clous dans mes chairs » (Ps. CXVIII, 120). Les chairs sont ici les convoitises charnelles; les clous désignent les préceptes de justice que fait pénétrer en nous la crainte de Dieu, en nous attachant à la croix comme une hostie agréable au Seigneur. Aussi le même Apôtre disait-il encore : « Je vous conjure donc, mes frères, par la miséricorde de Dieu, d'offrir vos corps en hostie vivante, sainte, agréable à Dieu » (Rom. XII, 1). Telle est la croix dont le serviteur de Dieu se glorifie, au lieu d'en rougir. « Loin de moi, s'écrie-t-il, de me glorifier, sinon de la croix de Notre-Seigneur Jésus-Christ, par qui le monde est crucifié pour moi, comme je le suis pour le monde » (Gal. VI, 14). A cette croix dont nous devons rester attachés, non l'espace de quarante jours, mais toute notre vie. […] C'est ainsi qu'il te faut vivre toujours, chrétien ; si tu ne veux point te laisser prendre les pieds dans la boue dont la terre est couverte, garde-toi de descendre de la croix; et si tu dois y rester pendant toute ta vie, à combien plus forte raison durant ce temps de Carême, lequel est non-seulement une partie de la vie, mais le symbole de la vie. En tout autre temps ne laissez appesantir vos cœurs ni par la crapule ni par l'ivresse; mais dans celui-ci pratiquez encore le jeûne. En tout autre temps évitez l'adultère, la fornication et tous les plaisirs défendus; dans celui-ci, abstenez-vous même de vos épouses. Ce que vous vous retranchez par le jeûne, ajoutez-le à vos bonnes œuvres ordinaires en en faisant des aumônes. Employez à la prière le temps que vous passez à rendre le devoir conjugal. Au lieu de s'efféminer dans des affections charnelles, que le corps se prosterne pour s'appliquer aux supplications qui purifient. Qu'on étende pour prier les mains qui se croisaient pour embrasser. Quant à vous qui jeûnez dans les autres temps, maintenant jeûnez encore plus. Vous qui d'ordinaire crucifiez vos corps par une continence perpétuelle, appliquez-vous en ce moment à implorer votre Dieu plus fréquemment et avec plus de ferveur. Vivez tous avec un plein accord, soyez tous fidèles l'un à l’autre, embrasés durant ce pèlerinage du saint désir de la patrie et brûlants d'amour. […] ».

 

Saint Augustin, Père et Docteur de l’Eglise (extrait du sermon CCV pour le début du Carême)

golias.jpg« (...) [Cet avenir se trouve dans certains milieux "traditionnels" et dans certains milieux "charismatiques"] : ces deux mouvances ne comptent peut-être pas même un dixième des paroisses de France, mais sont à l’origine de près de la moitié des ordinations sacerdotales du pays. Aussi peut-on être certain que là se trouve, pour une énorme part, l’avenir du catholicisme français. Et comme ces mouvances parfois considérées comme antagonistes commencent à jouer de leur complémentarité, une relève prometteuse s’annonce. (…) Du côté des traditionalistes, il y a une grande variété. Les traits communs les plus visibles sont la fidélité à l’habit ecclésiastique, au latin et au grégorien, à l’enseignement de la théologie « Sancto Thoma magistro », comme dit le droit canon. (…) Généralement très bien formés, à l’école de Saint Thomas éclairé par l’enseignement des meilleurs néo-thomistes, les prêtres de cette mouvance représentent une garantie d’orthodoxie doctrinale bien appréciée dans les diocèses où ils sont employés. La mouvance de renouveau charismatique n’est pas moins variée. Si elle n’a pas autant que la mouvance traditionnelle recours aux recettes éprouvées du passé, elle a du moins cet avantage de s’être constituée en étroit contact avec les réalités actuelles et d’apporter des réponses très adaptées à tous ceux qui ont perdu leurs repères, tant du fait de la rapidité des changements du monde moderne qu’à cause de son athéisme fondamental. Les œuvres en faveur de la guérison, notamment, qui fleurissent un peu partout dans cette mouvance, sont un atout important pour l’Eglise et les prêtres du renouveau peuvent faire beaucoup dans ce sens. Or on perçoit un rapprochement de plus en plus net, dans le concret, entre la spiritualité du renouveau et celle de la tradition (…) Bien sûr, un approfondissement spirituel personnel conduira sans doute à des choix, des spécialisations, mais pour les paroisses cette variété représente une chance. De même, en ce qui concerne l’action des laïcs au sein de la société, on assiste à une rencontre amusante. D’un côté on a ceux qui rappellent la royauté sociale de Jésus-Christ, de l’autre on dit simplement que le meilleur service qu’on puisse rendre à une société c’est de l’évangéliser. Et tous se retrouvent dans les actions pour la vie, pour la famille, pour l’école. (…) De plus en plus de vocations naissent non dans l’une ou l’autre de ces mouvances, mais dans les deux à la fois. Certains jeunes prêtres se définissent volontiers comme « tradicharismatiques ». A n’en pas douter ils représentent l’avenir, libres qu’ils sont des querelles du passé, libres donc de proposer à leurs ouailles tout l’éventail des spiritualités légitimes, libres de faire progresser chacun dans la voie où Dieu l’a placé. [Néanmoins], il reste encore un long chemin à parcourir pour se débarrasser des guenilles soixante-huitardes et appliquer enfin le concile Vatican II dans toute sa perspective traditionnelle. La réforme seizièmo-bénédictine est là pour servir de cadre institutionnel à cette marche. Mais le mouvement est là, perceptible depuis un moment, et il appartient à chacun de s’y insérer » (cf : extrait d'un article lu sur le blog de M. l'Abbé Bernard Pellabeuf).

 

 

--> Suite à cet article, nous savons que l'hebdo-caniveau "Golias" surveille de près notre blog  

 

nicolasbuxOn demande à Mgr Nicola Bux, spécialiste de la liturgie et proche collaborateur du pape Benoît XVI, qu’est-ce qui, selon lui, est à l’origine de la crise de la liturgie ? Il répond : « La liturgie est essentiellement prière d’adoration. La crise qui a blessé la liturgie est due au fait qu’au centre même n’est plus Dieu et son adoration, mais les hommes et la communauté. Ainsi que le disait Jean-Baptiste Metz : « La crise de Dieu est nouée dans l’ecclésiologie ». Providentiellement, le Concile a approuvé en premier la Constitution sur la Sainte Liturgie, parce qu’ « au commencement est l’adoration et donc est Dieu […] L’Église dérive de l’adoration, de la mission de glorifier Dieu » (J. Ratzinger, L’ecclesiologia della Costituzione Lumen gentium, éd Cinisello, Balsamo 2004, p. 132). C’est cela l’ecclésiologie du Concile qui, au-delà des accents historiques divers, est celle de l’Eglise catholique depuis deux mille ans. La crise de la liturgie commence au moment où elle cesse d’être conçue et vécue comme une adoration en Jésus-Christ de la Trinité, où elle n’est plus une célébration de toute l’Eglise catholique mais d’une communauté particulière, où les évêques et les prêtres au lieu d’être des ministres, c'est-à-dire des serviteurs deviennent des leaders. La lamentation continuelle de certains liturgistes au sujet de la mise en œuvre manquée de la réforme et des expédients nécessaires pour la rendre attrayante, montre bien que s’est perdu l’esprit de la liturgie, en la réduisant à une autocélébration de la communauté particulière. » Et Mgr Bux d’expliquer ce que doit être la « réforme de la réforme » voulue par le Souverain Pontife - et les fidèles qui lui sont unis - pour que la liturgie romaine voulue par le Concile - laquelle est pleinement traditionnelle - trouve sa place dans nos paroisses et la pensée de nos évêques : « Il faut réformer ce qui a été déformé. Or les principales « déformations », lesquelles n’ont jamais été imaginées par le Concile, concernent : 1. La transformation de la liturgie, prière et dialogue avec Dieu, en exhibition d’acteurs et en inondation de paroles. Cela est favorisé par le fait que le prêtre est tourné vers le peuple et facilement porté à regarder aux alentours au lieu de les élever vers la croix, comme la vraie prière avec Dieu l’exigerait. Ainsi les hymnes, les psaumes, l’action pénitentielle, les collectes, la prière universelle et surtout l’anaphore, sont perçus comme la récitation plus ou moins sérieuse d’une pièce théâtrale... d’autant qu’il arrive au célébrant de les interrompre pour faire des monitions et des avis aux fidèles. 2. La condamnation du concept de sacrifice auquel est substitué celui de repas, ce qui a fait assimiler l’Eucharistie catholique à la célébration de la Cène protestante. 3. La désorientation procurée par la récitation de l’anaphore face au peuple, qui a contribué à confirmer que la messe était un repas fraternel. 4. La substitution totale du vernaculaire au latin. 5. La révolution « artistique », en particulier celle de la forme de l’autel devenu une table et le décentrement du tabernacle, remplacé par le siège-trône du prêtre. Pour ne rien dire de l’abolition de la clôture sacrée du sanctuaire et de l’installation du baptistère dans le chœur. »

 

Le Professeur de liturgie indique alors ce qu’il conviendrait de faire pour que soit redécouverte la vraie liturgie de l’Eglise : « Beaucoup de prêtres célèbrent la liturgie à la manière d’une autocréation. Les documents de la Congrégation pour le Culte divin sont très nombreux, mais ils restent lettre morte parce que l’obéissance est en crise. Pourrait-on imaginer l’institution d’un « visiteur apostolique » pour la liturgie, dont la seule existence en ferait rentrer beaucoup dans la discipline ? Mais il faudrait d’abord faire comprendre que la liturgie est sacrée et divine, c'est-à-dire qu’elle descend d’en-haut comme celle de la Jérusalem céleste de l’Apocalypse ; le prêtre l’accomplit in persona Christi, dans l’Eglise, en tant qu’il en est seulement un ministre. Le terme même de liturgie signifie : action du peuple, en ce sens que celui-ci participe à l’aspect ascendant de l’offrande qui doit être unie à celle du sacrifice de Jésus-Christ. A côté du terme de liturgie, il faudrait réintroduire le terme de culte, lequel indique la relation « cultivée » de révérence et d’adoration de l’homme vers Dieu. Il conviendrait de proposer aux prêtres de se tourner vers le Seigneur durant l’offertoire et l’anaphore, en particulier durant les temps forts de l’Avent et du Carême, afin de souligner la dimension eschatologique de la liturgie. Et là où l’autel versus populum ne possède pas un marchepied antérieur suffisant, il faudrait suggérer de l’installer. Sinon, il faudrait se tourner vers la croix, et pour cela ou bien la suspendre au-dessus de l’autel, ou bien la poser au centre, devant l’autel ou sur l’autel, en expliquant que le crucifix n’est pas un bibelot qui gêne la vue mais qu’il est l’image la plus importante pour aider le regard extérieur et le regard intérieur à se diriger vers la prière. En fait, les yeux du prêtre et ceux des fidèles convergeraient ainsi sur lui au lieu de se distraire de tous côtés. »

Extrait du passage du Père Daniel-Ange

sur Radio Notre-Dame (03/2009)

 

"Derrière les différentes façons de concevoir la liturgie, il y a comme d'habitude des manières différentes de concervoir l'Eglise, donc Dieu et les rapports de l'homme à Lui.
Le thème de la liturgie n'est pas une question marginale : c'est justement le Concile qui a rappelé que nous sommes là au coeur de la foi chrétienne." (…) "Dans la liturgie opère une force, un pouvoir que même l'Eglise tout entière ne saurait nous conférer : ce qui s'y manifeste est l'absolument Autre qui, à travers la communauté (qui n'en est donc pas maîtresse, mais servante, le simple instrument), arrive jusqu'à nous. Pour le catholique, la liturgie est la Patrie commune, elle est la source même de son identité; c'est aussi pourquoi elle doit être "prédéterminée", "invariante", pour qu'à travers le rite se manifeste la sainteté de Dieu. (...) 
La révolte contre ce qu'on appelle "la vieille rigidité des rubriques" (...) a entraîné la liturgie dans le tourbillon du "do it yourself", la rendant banale dans la mesure où elle l'a réduite à notre mesure médiocre." (…) "Un théologien qui n'aime pas l'art, la poésie, la musique ou la nature peut être dangereux. Cette cécité et surdité au beau ne sont pas secondaires; elles se reflètent nécessairement dans sa théologie."

 

Cardinal Joseph Ratzinger, Entretien sur la foi, Fayard, 1985.

religion2.jpg« En 2004, le pape Jean-Paul II a promulgué l'Instruction Redemptionis Sacramentum afin de mettre un peu d'ordre [dans la liturgie]. Mais beaucoup l'ignorent, voire la rejettent. Quelle en est la raison ? Dans sa Règle, S. Benoît recommande de ne rien préférer à l'Office divin : "Nihil operi Dei praeponentur (43, 3)" L'idée que la liturgie soit oeuvre divine, Opus Dei, qui descend du ciel ou, comme l'affirme l'Orient chrétien, "le ciel sur la terre", s'est évanouie. Nous la fabriquons. Les autels sont devenus de petites consoles qu'il faut approcher le plus possible du peuple et non plus des sommets vers lesquels il faut monter pour le sacrifice du Christ et le nôtre. Nous ne cherchons plus à conquérir le ciel en nous élevant, comme le recommandait Simone Weil, vers les sommets, mais le ciel doit descendre jusqu'à nous. Seule la foi en la présence du Seigneur Jésus au milieu de nous peut rétablir cela. S. Ambroise rappelle au fidèle qui a reçu le baptême ce qu'il doit croire : « Crois donc que la divinité est présente en toi. Comment peux-tu croire à son action et ne pas croire en sa présence ? Comment son action pourrait-elle se produire si elle n'était précédée de sa présence ? » (S. Ambroise, De mysteriis, 8, SCh 25 bis, 158). Le mystère de la présence divine est présent du premier au dernier livre de la Bible. Beaucoup priaient Jésus afin de« les laisser simplement toucher la frange de son manteau, et tous ceux qui touchèrent furent sauvés ». (Matthieu 14, 36). Sa chair, offerte dans le Sacrement, est la vraie source de la vie qui guérit et transfigure l'homme : « Toute la foule cherchait à le toucher, parce qu'une force sortait de lui et les guérissait tous » (Luc 6, 19). Les causes de la crise actuelle de la foi sont multiples : dans les séminaires, on étudie Karl Barth et Karl Rahner plus que S. Augustin et S. Thomas. La spécificité de la pensée catholique n'est plus reconnue et on lui substitue une compilation de réflexions vaguement religieuses. La philosophie et la théologie sont confondues, l'ordre naturel et l'ordre surnaturel n'étant plus distingués. On tente d'imposer une foi sans dogme. Une nouvelle catégorie de "martyrs du dialogue" tend à remplacer les martyrs de la foi, manifestant ici que, pour beaucoup, le dialogue a une importance plus grande que l'annonce de la Vérité qui ouvre aux païens la richesse du mystère du Christ. L'Eglise n'est plus maîtresse mais un simple acteur dans le monde. L'autorité épiscopale est remplacée par la démocratie et la collégialité devient un régime d'assemblée. Des évêques, voire des conférences épiscopales, produisent des documents en désaccord avec ceux émanant du Siège apostolique. L'Eglise n'est plus à l'unisson pour enseigner la doctrine. Il n'est plus de bon ton d'affirmer des certitudes mais bien plutôt d'avancer des doutes. Le cogito ergo sum cartésien laisse penser que le premier acte de la raison serait le doute. C'est l'exact contraire de l'éblouissement qui agit dans la liturgie, qu'elle doit créer en nous. Cette interprétation signe la modernité. (...) Le Second concile du Vatican est considéré par les groupes progressistes comme un "super-dogme", la considération des conciles antérieurs n'ayant plus qu'un vague intérêt scientifique et historique. Dans le même temps, des groupes réactionnaires en font la source de tous les maux de l'Eglise contemporaine. Ces deux extrêmes s'accordent à répéter que le Concile fut seulement pastoral. Ils s'opposent sur la lecture des documents mais tous deux s'entendent pour les couper du contexte de la tradition catholique. (...) Heureusement que les chrétiens, outre les Saintes Ecritures, ont dans le Pape un très efficace antidote contre le conformisme. Le « pasteur de l'Eglise qui vous guide », rappelle Dante dans le Vè chant du Paradis, « celui-ci vous suffit pour votre salut ». C'est seulement dans l'obéissance que l'on peut accomplir, avec certitude, la volonté de Dieu. Il est vrai qu'un supérieur peut parfois errer, mais non pas le Pape. Celui qui lui obéit ne se trompe jamais. Le Pape est le Vicaire de Jésus-Christ et a reçu de lui les clés; on ne peut prétendre entrer dans la gloire du Père sans lui obéir, surtout dans les questions sacramentelles : « Ce que tu lieras sur la terre sera lié dans les cieux » (Matthieu 16, 19). S. Ambroise rappelle que ceux qui ne reconnaissent pas la foi de Pierre n'ont pas de part à l'héritage de Pierre ». (Cf. Mgr Nicola BUX, La foi au risque des liturgies, Ed. Artège, 2011, pp. 17-21)

Il y a peu de temps, Satan s'est demandé comment utiliser les chrétiens - spécialement les fidèles catholiques - pour mener le monde à sa perte. « Il y a encore des gens qui vont à l'église le dimanche », se dit-il. « Comment faire pour les empêcher de faire l'expérience de cette relation avec Jésus ? ». Soudain, Satan eut une idée : « Ce qu'il faut faire, c'est d'abord enlaidir les messe dominicales pour que les catholiques n'aient plus envie d'y aller. Ensuite, il faut voler le temps aux gens, afin qu'ils n'aient plus l'occasion d'avoir la moindre relation avec Jésus, plus la moindre pensée pour lui ».

 

 

 

Sur le champ, Satan convoqua ses anges et leur fit un discours. « Mes chers amis, leur dit-il, vous avez comme moi le noble et louable souci de mener l'humanité à sa perte. J'ai beaucoup réfléchi à la façon dont nous allons devoir nous y prendre pour réaliser un tel programme. Et voici le fruit de mes cogitations : nous ne pouvons pas directement modifier le style de vie des chrétiens car ils y tiennent de trop. Mais ce que nous pouvons faire, c'est leur faire perdre l'envie d'aller à la messe le dimanche, et ensuite voler leur temps. Pour ce qui est d'enlaidir les célébration dominicale, je dois avouer avec joie que c'est en grande partie déjà fait (+) (+) A présent, voilà quelle sera votre mission : vous allez insidieusement voler le temps des gens qui sont sur terre, afin que soit définitivement brisée leur relation avec Jésus, leur relation avec Dieu ». Les anges, pleins d'admiration pour le Prince des Ténèbres qui avait si profondément réfléchi, demandèrent comment ils allaient devoir faire. Alors Satan, très sûr de lui, leur dit : « Voilà : pour voler le temps des chrétiens, il faut les distraire, sans cesse les distraire, et pour les distraire, il faut trouver le moyen d'occuper leur esprit à des choses sans importance, à des choses qui débouchent sur rien. Commencer à leur faire croire que plus ils posséderont, plus ils seront heureux. A partir de là, persuadez-les qu'il faut travailler toujours plus, toujours plus, même le dimanche et les jours de fêtes, afin de pouvoir s'offrir ce qu'ils désirent dans les plus brefs délais. Ensuite, poussez-les à dépenser, à dépenser, à dépenser... et ensuite à emprunter, à emprunter, à emprunter... Et quand ils auront ainsi travaillé, dépensé et emprunté, persuadez-les qu'ils ont mérité du repos... mais un repos loin de leurs enfants, loin de leur famille. Ainsi dépenseront-ils davantage encore en inscrivant leurs enfants dans des clubs de vacances ou des associations sportives. Occupez de plus en plus leur esprit avec des CD, des baladeurs, des téléphones portables, des ordinateurs... tout ce qui peut les aider à imaginer que le monde virtuel peut avantageusement remplacer le monde réel et que communiquer par SMS avec quelqu'un qui est loin et qu'on ne voit pas est nettement mieux que de parler à un ami qui est à côté de soi et auquel on fait attention. Veillez à ce que dans les magasins, les grandes surfaces, les halls de gares, les salles d'attente du médecin ou du dentiste, dans les automobiles, dans les chambres à coucher ou les salle-à-manger il y ait toujours une musique de fond ou des informations diffusées 24h/24. Veillez à ce que la TV présente des jeux où l'on orchestre les réactions du public : taper dans les mains à la première note de musique ou faire des standing ovations dès qu'un prétendu "artiste" entre en scène. Veillez à ce que partout il y ait des panneaux publicitaires vantant les produits devant être considérés comme indispensables. Inondez toutes les tables basses, tous les coins de rues, toutes les boîtes à lettres, tous les arrêts d'autobus de publicités, de catalogues gratuits, de lettres promotionnelles offrant des produits gratuits ou des faux espoirs d'être tiré au sort pour gagner un lot à venir chercher dans tel magasin... Sur toutes les affiches publicitaires et toutes les pages de magasines, mettez des photos de mannequins magnifiques pour que les hommes et les femmes croient que leur beauté extérieure est plus importante que leur beauté intérieure. Ils dépenseront encore plus en crèmes, en lotions et en séances de "relifting", ce qui provoquera des envies et des jalousies capables de briser rapidement de vieilles amitiés... Poussez les gens à être excessifs dans tout ce qu'ils font - surtout dans le sport pratiqués dans des tenues "flashies" - et à se lancer dans le militantisme au services de causes toujours nouvelles et tellement nombreuses qu'ils ne puissent rien mener à son aboutissement. Comme cela, au lieu d'aller se ressourcer dans la nature, ils passeront leurs week-ends à se fatiguer et à se mobiliser, à faire des grèves et des manifestations, et seront épuisés les jours suivants. Comme ils seront fatigués, ils iront chez un médecin qui leur prescrira des médicaments qui les abrutiront davantage encore. Les plus vulnérables iront chercher des paradis artificiels dans la drogue et dans l'alcool... Gardez-les occupés, occupés, occupés, et même s'ils se rencontrent à l'occasion de retraites spirituelles, entraînez-les aux commérages, aux bavardages, à la médisance, afin qu'ils sortent de ces rencontres avec l'esprit troublé et des émotions déséquilibrées. Encouragez-les à vivre dans ce monde clos et artificiel qu'ils se fabriquent eux-mêmes : ils y feront le sacrifice de leur santé spirituelle et morale, et ils finiront par être dégoûtés de leur propre existence. Alors, il comprendront que la vie n'a pas de sens, et ils marcheront vers un grand anéantissement collectif. Je suis sûr que ça va marcher, ça va marcher, ça va marcher ! ».

 

 

En disant ces derniers mots, Satan bondissait de joie. Alors ses anges se mirent à l'applaudir en criant : « Ça c'est vraiment un beau programme ! Un programme vraiment diabolique ! ». Profitant de cet enthousiasme collectif, Satan envoya ses anges sur terre avec pour mission d'entraîner les catholiques à être partout de plus en plus occupés par des choses secondaires, de plus en plus pressés, de plus en plus cupides. Et il vit avec joie que son programme était sur le point d'être réalisé en de nombreux endroits... Aujourd'hui, près de 96,5% des "catholiques" français préférent le diable à Jésus...

 

 

Glorieux Saint Joseph, modèle de tous ceux qui sont voués au travail, obtenez-moi la grâce de travailler en esprit de pénitence pour l'expiation de mes nombreux péchés; de travailler en conscience, mettant le culte du devoir au-dessus de mes inclinations; de travailler avec reconnaissance et joie, regardant comme un honneur d'employer et de développer par le travail les dons reçus de Dieu; de travailler avec ordre, paix, modération et patience, sans jamais reculer devant la lassitude et les difficultés; de travailler surtout avec pureté d'intention et avec détachement de moi-même ayant sans cesse devant les yeux la mort et le compte que je devrai rendre du temps perdu, des talents inutilisés, du bien omis et des vaines complaisances dans le succès, si funestes à l'oeuvre de Dieu. Tout pour Jésus, tout pour Marie, tout à votre imitation, patriarche Saint Joseph ! telle sera ma devise à la vie à la mort. Ainsi soit-il.

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