Les fidèles défenseurs de ce qu’ils considèrent comme étant « la tradition » connaissent bien l’abbaye Notre-Dame de Fontgombault (Indre). Après avoir été occupée par des trappistes, ce splendide ensemble conventuel situé au bord de la Creuse fut restauré en 1948 par des moines bénédictins venus de Solesmes. Après avoir accepté la liturgie restaurée à la suite de Vatican II - dans le cadre d’une obéissance toute "solesmienne" au Siège apostolique -, les moines de Fontgombault reprirent au cours des années 1970 l’Ordo missae tridentin, ce qui fit de ce monastère un point de référence pour tous les fidèles "traditionalistes" attachés à ce qu’ils nomment (à tort du point de vue historique) la « messe de toujours ».

 

 


fontgombault.jpgDans le désarroi des « années de plomb » de l’immédiat après-concile, les vocations affluèrent à Fontgombault au point que rapidement il fut question d’envisager une fondation. En dépit des oppositions, de tracts ou de propos souvent calomnieux, dès 1972 un groupe de moines de cette abbaye fonda le monastère de Notre-Dame de Randol, étonnante construction moderne à flanc de montagne, dans le diocèse de Clermont-Ferrand. Les postulants continuant à se présenter, un autre groupe de moines également venus de Fontgombault construisit à partir de 1985 une grande église jouxtant le château de Triors dans la Drôme. Les vocations ne tarissant toujours pas, les bénédictins de Fontgombault fondèrent un nouveau monastère à Donezan dans les Pyrénées. Actuellement, ils construisent une abbaye à Clear Creak, aux Etats-Unis, où de nombreux postulants, provenant d’Amérique cette fois-ci, n’hésitent pas à frapper aux portes de cette nouvelle fondation. L’expansion de l’abbaye de Fontgombault, phénomène plutôt rare dans l’Eglise post-conciliaire, serait la preuve, selon certains, que le rite tridentin conservé par les bénédictins est « béni de Dieu » puisqu’il fait naître les vocations. Les détracteurs de la pastorale traditionnelle tout comme les partisans acharnés des innovations continuelles en liturgie parleront plutôt d’un "refuge de l’intégrisme" où des jeunes désorientés ou opposés au Concile, voire "fragiles", trouvent une certaine sécurité dans la beauté d’un rite qualifié de "traditionnel" ou considéré comme tel. Les uns comme les autres semblent ignorer que les moines des quatre abbayes fondées par Fontgombault ne se servent pas du missel dit « de Saint Pie V » utilisé par tous les prêtres "traditionalistes", et dont la dernière version a été approuvée par Jean XXIII en 1962. A la messe conventuelle, les bénédictins célèbrent selon l’Ordo missae de 1965. Les liturgistes eux-mêmes ont souvent oublié que le pape Paul VI publia un nouvel Ordo cette année-là (lequel Ordo fut très bien accueilli par Mgr Lefebvre). Certes, les simplifications qu’il présentait étaient minimes par rapport à la messe purement "tridentine", mais elles méritent d’être rappelées. Ainsi, l’Ordo de 1965 reprenait-il l’antique proclamation des intentions de prière avant l’offertoire (prières universelles), supprimait une partie des « prières au bas de l’autel » ainsi que le « dernier Evangile » (Prologue de S. Jean), et prévoyait que ce qui était chanté par la schola ou l’assemblée ne soit pas redit en privé par le célébrant. Quant au Pater noster, il était chanté par toute l’assemblée avec le célébrant, pratique qui se faisait depuis plusieurs années déjà dans les paroisses et que l’on trouve aujourd’hui même chez certains inconditionnels de la pure « forme extraordinaire » du rite romain. Mais surtout, l’Ordo de 1965 restaurait le rituel de la concélébration qui avait été abandonné au cours du Moyen-Âge. 


La concélébration, comme on sait, n’est pas utilisée dans la forme « extraordinaire » du rite romain revendiquée par les inconditionnels de la liturgie purement tridentine ou considérée telle [sauf pour des "cas" exceptionnels, NDLR]. Cependant, les choses pourraient bien se présenter de façon différente dans un avenir plus ou moins proche. En effet : le vendredi 7 octobre 2011, près d’un millier de fidèles était réuni dans l’église abbatiale de Fontgombault pour la bénédiction du nouveau Père Abbé succédant au T.R.P. Dom Forgeot qui avait résilié sa charge après 34 années d’abbatiat. Mgr Maillard, Archevêque de Bourges, avait accepté de remettre la mitre et la crosse au T.R.P. Dom Plateau, le nouvel Abbé. A cette occasion, Mgr Maillard a concélébré avec cinq autres évêques ainsi que plusieurs pères abbés… selon la forme de la liturgie romaine définie par l’Ordo de 1965. La messe était dite à haute voix, contrairement à ce qui se fait d’habitude dans la forme « extraordinaire » stricto sensu du rite romain. Les participants à cette célébration n’ont pas été sans remarquer un autre détail, vestimentaire celui-là, mais significatif. Nombreux furent ceux, en effet, qui surent apprécier la « noble simplicité » des vêtements liturgiques que portaient les ministres de l’autel : prêtres, diacres, sous-diacres… Quel contraste avec l’accumulation de broderies des ornements liturgiques trop souvent utilisés dans les messes « traditionnelles » de paroisses et dont le "kitsch" évoque plus facilement le goût du rococo finissant - voire le style sulpicien – que celui de l’authentique tradition liturgique. Ce jour-là, à Fontgombault, pour le nombreux clergé présent, latin mais aussi oriental, la liturgie n’était plus un signe d’affrontement. Un fidèle peu informé aurait même eu de la peine à distinguer, à plusieurs reprises au cours de la célébration, cette variante de la forme « extraordinaire » de la forme « ordinaire » du rite romain, donnant ainsi raison au Cardinal Ratzinger qui soulignait, dans une conférence faite à l’occasion du 10e anniversaire du Motu proprio Ecclesia Dei qu’ « un chrétien moyen sans formation liturgique spéciale a du mal à distinguer une messe chantée en latin selon l’ancien Missel d'une messe chantée en latin selon le nouveau Missel. »

 

On peut espérer que c’est par le biais de telles « expériences » liturgiques, semblables en tout point à celle qui a eu lieu récemment à la paroisse de Villars-les-Dombes où officiait le T.R. Père Abbé du Barroux, que s’engagera le mouvement tant attendu de la « réforme de la réforme » de la liturgie. Mouvement qui se situera au-dessus de ces antagonismes stériles qui divisent aujourd’hui encore, dans bien des paroisses, ceux qui veulent vivre le Concile hors de la Tradition et ceux qui pensent pouvoir conserver la Tradition en la mettant en marge de la vie ecclésiale dont le Concile est une composante. Le mouvement de la « réforme de la réforme » de la liturgie est incontestablement en marche : il germe dans les monastères au rythme de la prière contemplative ; il fleurira dans les paroisses où un prêtre aura su comprendre que la liturgie monastique, loin de l'agitation, est une grande école dont il convient de s’inspirer pour élever les âmes vers Dieu !

 

Pro Liturgia

Nous sommes aujourd'hui dans une situation où les prêtres, dans leur immense majorité, en savent moins sur la liturgie que certains fidèles qui prennent le soin de s'informer. C'est donc aux fidèles d'agir, avec la fermeté dont fait preuve Benoît XVI, pour repousser la décadence liturgique et refuser les niaiseries qui truffent les célébrations paroissiales. Programme :

 

 

 

 

 

I. STOPPER LA "DÉSINTÉGRATION" DE LA LITURGIE.

 

Du temps où il était Préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, le Cardinal Ratzinger avait fait deux remarques importantes. Dans la première, il se disait convaincu que la crise de l'Eglise reposait largement sur la désintégration de la liturgie. Dans la seconde, il se demandait si, au vu du bricolage liturgique actuel, les fidèles avaient encore conscience qu'il existe un rite romain leur permettant de célébrer la foi de façon juste et intégrale (1). Ces deux observations, énoncées par celui qui est à présent Benoît XVI, nous invitent à poser la question suivante : devons-nous attendre de nos prêtres - évêques en tête - qu'ils agissent pour mettre définitivement un terme au "bricolage liturgique" entré dans les habitudes de la quasi totalité de nos paroisses ?
La solution qui consisterait à attendre le bon vouloir d'un clergé qui n'a reçu aucune formation liturgique n'est à l'évidence pas la meilleure. Car c'est depuis le Concile que les fidèles attendent que leurs prêtres respectent la liturgie de l'Eglise. En vain. C'est aussi depuis le Concile que les fidèles ont pu constater que leurs prêtres et, ce qui est plus grave, leurs évêques, ne tiennent compte ni du Missel romain ni des orientations données par les papes successifs.
Puisque l'attentisme n'est pas la solution, il faut imaginer une autre façon d'agir, plus efficace. Celle-ci devra consister en une "réappropriation de la liturgie" par les fidèles. Disons-le clairement : les fidèles qui souhaitent retrouver le trésor liturgique de l'Eglise vont devoir, d'une part, se mobiliser et, d'autre part, outrepasser les instructions données par des clercs qui ne respectent plus rien parce qu'ils ne savent plus rien (2). Ce sera le moyen de se "réapproprier" la liturgie que donne l'Eglise. Une telle "réappropriation" de la liturgie relève du droit élémentaire des fidèles (3) et, au vu de la situation actuelle, elle est un devoir en même temps qu'une urgence.

 

 

 

II. COMMENT SE REAPPROPRIER LA LITURGIE DE L'EGLISE ?

 

http://img.over-blog.com/500x878/0/21/41/34/2010/saintsacrificedelamesse.jpgComment les fidèles qui veulent à bon droit échapper au marasme actuel devront-ils s'y prendre pour se "réapproprier" la liturgie de l'Eglise? La réponse à cette question tient en deux mots: refuser et exiger. Le temps est venu de refuser avec une courtoise fermeté toute célébration liturgique qui n'est pas conforme aux données du Missel romain (4). Le temps est venu de se soustraire à toute célébration qui se dit "liturgique" mais qui n'est pas théocentrique. Là-dessus, il n'y a plus à discutailler; il n'y a plus à marchander. Si l'on doit exiger que la liturgie soit strictement célébrée en conformité avec le Missel romain, c'est parce qu'elle est un acte de l'Eglise. 
A ce titre, elle doit clairement apparaître théocentrique, c'est-à-dire dirigée vers Dieu; car c'est Dieu qui est la raison d'être de notre liturgie. Par conséquent, il va falloir enfin se décider à refuser avec détermination les célébrations "cléricocentriques" - où le clergé devient le motif de la célébration -, "organistocentriques" - où l'organiste n'utilise la liturgie que pour satisfaire ses goûts musicaux (5) -, "choralocentriques" - où la chorale se fait plaisir en imposant le dernier chant à la mode -, "animateurocentriques" - où les agitations d'un(e) animateur(trice) distraient de l'essentiel -, "célébrantocentriques" - où le prêtre à l'autel ne sait qu'attirer l'attention sur lui -... 
Les minauderies, le verbiage, les effets artificiels, les goûts subjectifs... tout ce qui n'est pas directement tiré du Missel romain et tout ce qui instrumentalise une célébration doit être refusé si l'on veut que la messe puisse demeurer le moment où chaque fidèle pourra entrer dans un coeur à coeur avec Dieu, et avec Lui seul. Le reste n'a pas sa place en liturgie, laquelle doit être célébrée comme elle doit l'être et ne doit en aucun cas devenir un motif d'introspection malsaine, ou de nombrilisme, ou encore d'évacuation de tourments psychologiques par improvisations ou innovations interposées. 
Il va donc falloir très rapidement en finir avec tout ce qui permettrait d'utiliser la liturgie à des fins narcissiques. Ensuite, il convient d'exiger. Exiger que tout célébrant - à plus forte raison s'il s'agit d'un évêque - laisse les fidèles à l'abri de ses goûts, de ses préférences, de ses lubies, de ses préoccupations personnelles. Ce que pense, veut ou préfère un célébrant n'a aucunement à entrer en ligne de compte pour la mise en oeuvre de la liturgie; car la seule chose qui importe, c'est de faire ce qu'aime l'Eglise. Le célébrant n'aime-t-il pas le latin ou le grégorien ? C'est "son problème" mais ce n'est ni celui des fidèles ni celui de l'Eglise : il n'y a donc pas à faire passer les choix d'un célébrant avant les normes liturgiques établies par l'Eglise. Voilà pourquoi il est essentiel d'exiger, dans toutes les paroisses, que les célébrations liturgiques soient arrachées à l'arbitraire des célébrants et de leurs équipes (6).
Car ce à quoi le fidèle est en droit de participer, en effet, c'est à la liturgie de l'Eglise dans son intégrité: cette liturgie-là n'a pas à être un peu "comme ci" ou un peu "comme ça", avec "un peu de ceci" et "un peu de cela" pour faire plaisir à tout le monde. Non ! La liturgie donnée par l'Eglise n'est pas un patchwork: elle est très clairement définie et si on ne la reçoit pas telle qu'elle nous est transmise, et si on la saupoudre de ce qui pourrait faire plaisir aux uns et plaire aux autres, ce n'est simplement plus la liturgie de l'Eglise capable de signifier objectivement et de transmettre la foi reçue des Apôtres. Ce n'est alors plus que le "truc" sorti de l'imagination du curé, ou de l'équipe liturgique locale, ou encore de l'évêque... et ça n'est plus guère d'intérêt puisqu'on n'y trouvera que ce que les acteurs de la liturgie auront été capables d'y apporter, c'est-à-dire pas grand-chose de transcendant. 
De ce fait, il est urgent de rappeler à tous les célébrants qu'un salmigondis de bons sentiments - les leurs ou ceux de leurs proches collaborateurs - n'a jamais fait une liturgie et n'a aucun intérêt sur le plan de la foi catholique. Plusieurs évêques de France ont d'ailleurs rappelé que la liturgie ne supportait pas les choix arbitraires, mais exigeait la fidélité et l'humilité... On peut simplement regretter le peu d'empressement, chez ces mêmes pasteurs, à appliquer eux-mêmes ce qu'ils énoncent si justement (7).

 

 

 

III. COMMENT RESPECTER LA LITURGIE QUAND ON NE L'A PAS APPRISE ?

 

Le "bricolage liturgique" que dénonçait si justement le Cardinal Ratzinger (8) et qui est aujourd'hui une caractéristique essentielle des célébrations paroissiales, prouve à l'envi que la liturgie n'est plus ni connue, ni comprise. Comment alors demander qu'elle soit célébrée correctement dans ces conditions si défavorables ? Pour répondre à cette question, il faut distinguer deux choses : premièrement la connaissance de la liturgie, et deuxièmement la mise en oeuvre de la liturgie.
Parlons d'abord de la connaissance. Grâce à internet, tout le monde peut avoir accès à des documents essentiels qui sont en tout point conformes à l'enseignement de l'Eglise et peuvent être à la base d'une formation minimale. Nous ne donnerons ici que trois titres, car mieux vaut se limiter à des choses simples et complètes, plutôt que de butiner à droite et à gauche pour ne trouver que des informations disparates et souvent incomplètes. Ces titres sont :
- l'Exhortation post-synodale Sacramentum Caritatis, qui donne un aperçu très complet sur ce que doit être la liturgie aux yeux de l'Eglise... et donc pour le coeur du baptisé;
- la Conférence donnée à Rome par Mgr Marc Aillet, Evêque de Bayonne, qui explique de façon brève et claire dans quelle direction aller pour retrouver l'authentique liturgie; - le "Cérémonial de la Sainte Messe à l'usage ordinaire des paroisses", qui constitue un guide sûr pour qui veut mettre fidèlement en oeuvre des célébrations liturgiques dignes et priantes.
Tels sont les textes et les études de références sur lesquels tout fidèle - qu'il soit prêtre ou laïc - aura intérêt à s'appuyer dès qu'il souhaite aborder une question d'ordre liturgique. Les autres publications du genre "guide de l'animateur liturgique", même si elles sont largement diffusées et employées (hélas !), devront impérativement trouver leur vraie place : la poubelle. Car on doit maintenant considérer comme étant définitivement révolu le temps où ces publications faisaient davantage autorité que le Missel romain dans les paroisses.
Venons-en à la mise en oeuvre de la liturgie. C'est la partie la plus difficile car le passage de la théorie à la pratique n'est pas toujours aisé. Il y a pourtant, au départ, des choses simples à faire pour rehausser la qualité des célébrations en se basant sur les études citées plus haut :
1. Mettre de l'ordre dans le choeur des églises: dans le sanctuaire, chaque chose doit être à sa juste place et rien de ce qui n'est pas prévu dans le Missel romain ne doit venir encombrer l'espace sacré. Autant dire qu'il faut impérativement supprimer les panneaux, les banderoles, les affichettes... et autres collages parfois aux couleurs de l'arc-en-ciel de la gay-pride.
2. Veiller à ce que tous les éléments utilisés dans la liturgie forment un ensemble harmonieux. Aucun clerc ne devrait plus porter ces affreuses "aubes-sacs" qui pendouillent lamentablement en transformant les ventres des célébrants en proéminences disgracieuses; aucun prêtre ne devrait accepter de revêtir les "chasubles Castelbajac" aux couleurs - encore une fois ! - de la gay-pride; aucune messe ne devrait être désormais célébrée sur un de ces simili-autels qui ressemblent à des caisses, à des tables, à des guéridons... à n'importe quoi, sauf à un autel du sacrifice; aucun prêtre ne devrait accepter de célébrer la Messe sur un autel où la croix et les cierges ne sont pas disposés symétriquement... etc.
3. Veiller à ce que tous les acteurs de la liturgie sachent exactement leur rôle, connaissent la place qui est la leur, et aient une tenue digne: ils sont affreusement pitoyables, ces célébrants qui se tiennent près de l'autel, bras ballants et mentons dans leurs cols roulés, comme ils se tiendraient devant une baraque à frites un soir d'ennui ! Comment peuvent-ils espérer, en affichant une telle désinvolture, donner l'exemple et donner à croire aux fidèles que la liturgie - et l'Eucharistie avant tout - sont les trésors les plus précieux aux yeux de l'Eglise ?
4. Veiller à ce que les chants exécutés au cours des célébrations soient des chants de qualité et soient des chants proprement liturgiques par leurs mélodies et leurs paroles. Ce n'est pas parce qu'un chant plaît à une assistance ou à une chorale qu'il peut ipso facto être qualifié de "liturgique": il est des chants à la mode qui apparaissent dans les célébrations puis qui disparaissent sans laisser la moindre trace. Or l'éphémère n'a jamais pu transmettre quoi que ce soit d'une génération à une autre; en liturgie encore moins qu'ailleurs ! Il faut donc retrouver impérativement le goût et l'usage du chant grégorien, chant liturgique par excellence (et dans ce domaine, les goûts du célébrant n'ont aucune espèce d'importance). 
Contrairement à ce qu'on croit, le grégorien n'est pas difficile : il est simplement exigeant, ce qui n'est pas la même chose. Contrairement à ce qu'on croit, le grégorien n'est pas élitiste : il est éminemment populaire; et il faut rappeler ici que c'est le peuple qui l'a en grande partie transmis de générations en générations en des siècles où la notation musicale n'existait pas. Contrairement à ce que l'on croit, il n'est pas nécessaire d'avoir étudié le latin pour saisir le sens (on ne parle pas ici du "contenu") d'une pièce grégorienne : le sens se communique à l'intelligence propre à chaque fidèle par une imprégnation qui s'opère par la répétition des mêmes mots, des mêmes formules. C'est souvent plus efficace que de longs discours... et bien moins fastidieux. A ceux qui pensent encore qu'il faut être un "crac" en latin pour chanter du grégorien (ou participer à une messe en latin) demandons s'il faut savoir la langue de Shakespeare pour réussir à surfer à peu près correctement sur le web en évitant les spams et les bugs... tout en ouvrant les mails. Au sortir d'une messe en latin, le professeur de la Sorbonne qui maîtrise les déclinaisons n'est pas davantage sanctifié que l'ouvrier qui n'a jamais fait de longues études classiques !
5. Veiller à ce que les mariages et les enterrements soient l'occasion de célébrer la liturgie de l'Eglise et non des "fariboles" généralement imaginées et souhaitées par des gens qui ne mettent jamais les pieds à l'église. Les mariages et les enterrements sont effectivement - et malheureusement ! - les moments où l'on voit et où l'on entend dans les églises les pires niaiseries (les organistes en savent quelque chose). Un prêtre devrait donc être capable d'expliquer aux familles qui viennent le trouver qu'il n'est pas le maître de la liturgie; il devrait être capable de leur montrer le Missel romain (permettre aux fidèles de voir et de toucher ce gros livre en ces occasions-là est très pédagogique) et de leur dire que s'ils choisissent de venir à l'église, c'est qu'ils ont confiance en l'Eglise et donc qu'ils s'engagent à respecter les rites et les prières données par l'Eglise qui exigent d'être accomplis et dites dans le calme et le recueillement. A qui pourra-t-on faire croire que le sacrement du mariage est quelque chose de sérieux si, pendant sa célébration, on autorise Ginette à lire son poème composé pour la circonstance ou si l'on permet à l'oncle Jules d'y pousser la chansonnette parce que "ça plaît à la grand-mère du marié" ? La vraie question d'ordre "pastoral" qu'il faut se poser ici n'est jamais de savoir si une liturgie plaît ou ne plaît pas, mais de savoir si elle est catholique ou si elle ne l'est pas. Et elle ne l'est pas quand elle ne respecte pas ce que l'Eglise demande de faire (9). Car "lorsque, dans les réflexions sur la liturgie, on se demande seulement comment la rendre attirante, intéressante et belle, la partie est déjà perdue. Ou bien elle est opus Dei avec Dieu comme sujet spécifique, ou elle n'est pas." (10)
6. Ce qui vient d'être dit pour les messes de mariage ou de funérailles est aussi valable pour ce qu'on appelle communément les "messes de jeunes". Jésus a déclaré de façon très claire : "Si vous ne devenez comme les enfants, vous n'entrerez pas dans le Royaume des Cieux" (Mt 18, 3). Par ses paroles, le Seigneur nous a appris que l'enfant est le symbole par excellence de la perfection de la vie spirituelle. De là le respect et l'attention profonde dont il doit bénéficier de la part des adultes. Mais de là aussi la profonde absurdité des "messes de jeunes" imaginées par des adultes qui, parce qu'ils n'ont plus des âmes d'enfants leur permettant d'entrer simplement dans la spiritualité liturgique de l'Eglise, croient que les enfants ne savent apprécier que des célébrations bêtifiantes. Les enfants, précisément parce qu'ils ont une vie spirituelle qui leur facilite l'entrée dans le Royaume des Cieux, ont une prédilection pour les belles liturgies qui, lorsqu'elles sont célébrées fidèlement, sont un reflet de la liturgie céleste; les enfants aiment les "vraies" messes et, même s'ils ne le disent pas, détestent ces adultes qui les prennent pour des débiles en les obligeant à participer à des "messes de jeunes" qui ne sont en réalité que des liturgies frelatées incapables de laisser une trace dans les mémoires et les coeurs. 
Voici ce qu'écrivait l'Abbé Berto à ce sujet : « La prière, composée exclusivement de paroles empruntées à la liturgie et choisies avec soin parmi les plus expressives, accoutume l'enfant à modeler sa propre prière sur la prière de l'Eglise, elle lui imprime de bonne heure dans l'esprit des formules chargées de ce sens, fortes, sobres, prenant appui sur le fond même des mystères chrétiens, propres enfin à inspirer l'aversion tant pour ce bavardage spirituel, ce multiloquium que le Verbe incarné interdit à ses disciples, que l'aversion pour les excès de l'émotivité, de l'affectivité dans la prière. Je n'hésite pas à dire que ce dernier danger est très grand, très redoutable. Pourquoi tant de chrétiens sont-ils moins pieux dans l'âge adulte que dans l'enfance? L'une des causes, et non la moindre, c'est que la façon dont on les a accoutumés à prier les a laissés persuadés que la prière est émotion et effusion. Comme ils se sont trouvés, en grandissant, moins capables de cette émotion et de cette effusion, ils ont conclu que la piété n'est pas leur affaire, qu'ils ne sont pas organisés pour la piété. (...) On rencontre (...) des âmes très saintes, très près de Dieu qui, parce qu'une éducation mal dirigée les a imprégnées de la même erreur, se désolent de n'être pas pieuses. C'est comme si, à trente ans, on se désolait de n'avoir plus de dents de lait. L'expérience montre que cette confusion entre la piété et l'émotion a beau recevoir mille démentis, une fois implantée, elle est pratiquement indéracinable: il faut donc l'empêcher de s'enraciner, et le meilleur, peut-être l'unique moyen de l'en empêcher, c'est l'éducation liturgique ». (11)
L'Eglise n'entend pas qu'on adapte la liturgie au peuple - quel que soit son âge - et il faut donc rejeter cette proposition faussement évidente que la liturgie doit se plier aux goûts supposés d'une catégorie particulière de fidèles. (12)
7. Il serait enfin nécessaire de limiter considérablement les concélébrations qui, en ayant lieu dans un endroit donné pour donner l'illusion que les participants sont en nombre, privent bien des fidèles qui n'ont pas les moyens de se déplacer de la messe dominicale en même temps qu'elles obligent tous les concélébrants à se plier au diktat des équipes interparoissiales chargées de préparer ce genre de happening. Tout prêtre devrait aussi refuser de concélébrer (13), même avec son évêque, dès lors que ce dernier ne lui garantit pas que la liturgie sera fidèlement respectée. Il en va de la crédibilité des pasteurs.

 

 

 

IV. UNE STRATEGIE À SUIVRE.

 

Quelle stratégie faut-il suivre pour se "réapproprier" la liturgie et ainsi mettre peu à peu un terme définitif à la désintégration du rite romain ?
Premièrement, il faut que les prêtres qui célèbrent dignement et fidèlement la liturgie (quitte à se démarquer de ce qui se fait partout ailleurs) soient déculpabilisés, encouragés, aidés par les fidèles qui eux-mêmes tiennent au respect du Missel. Ces prêtres-là ne font en réalité que ce qu'ils doivent faire et comme ils doivent le faire; et aucune équipe liturgique locale, aucun évêque ne saurait le leur reprocher. Deuxièmement, il faut que les paroisses où la liturgie est respectée soient connues afin de pouvoir servir de modèles. Car c'est à partir de ces lieux d'exemplarité qu'une véritable reconquête de la liturgie pourra être entreprise. 
Il faut, par conséquent, que les desservants de ces paroisses puissent se connaître, entrer en contact les uns avec les autres, s'entraider, se booster mutuellement... Internet peut pour cela se révéler un outil magnifique et nous proposons, pour tous les fidèles - clercs et laïcs - qui souhaitent entreprendre cette "reconquête" de la liturgie, deux pôles de référence : la paroisse de Villars-les-Dombes et notre Association "Pro Liturgia". C'est un début : il y en aura d'autres.
Troisièmement enfin, il ne faut plus que les fidèles aient à se contenter d'avoir de temps en temps une "messe correcte"... ou "moins pire que d'habitude". La qualité et le respect de la liturgie ne sont ni négociables ni optionnelles, et il faut donc que la liturgie soit partout et toujours célébrée comme elle doit l'être et non comme la communauté locale ou le groupe paroissial veut qu'elle soit célébrée. Ce point capital, qui est du ressort de la compétence des évêques diocésains, "gardiens et promoteurs de la liturgie de l'Eglise", ne saurait en aucun être zappé pour des motifs pastoraux toujours plus ou moins basés sur des arguments fallacieux tels que le "pluralisme", la "charité", l' "ouverture"... etc. (14) 
Il ne tient qu'aux évêques que la liturgie cesse d'être un chantier permanent qui éloigne de plus en plus les fidèles de l'Essentiel, ou bien un champ de bataille sur lequel se battent des groupes de baptisés plus ou moins rivaux: il leur suffit pour cela de donner eux-mêmes l'exemple et de veiller à ce que partout, en toute circonstance, on suive fidèlement les normes de la célébration données par l'Eglise. (15) 
"Plus que jamais, le monde a besoin aujourd'hui d'une liturgie ayant la force de résister au culte de l'ego, à l'idolâtrie du "je - moi - mon", au terrorisme du subjectivisme. La nécessité du respect des normes liturgiques n'est pas un rabat-joie: elle nous apporte plutôt une grande liberté nous permettant d'accéder à la joie véritable. C'est ce que disait Romano Guardini : « Présenter à Dieu un jeu, une oeuvre d'art - non pas s'affairer, mais être - c'est cela l'essence véritable de la liturgie » (De l'Esprit de la Liturgie, 1921)." (16)

 

 

 

NOTES.

(1) Cf. La célébration de la foi (Ed Téqui); Entretien sur la foi (Ed Fayard); L'esprit de la liturgie (Ed Ad Solem).


(2) Cardinal Francis Arinze, Conférence donnée à Paris.


(3) Code de Droit canonique, Can. 214, 221.


(4) Jean-Paul II, Motu proprio Ecclesia Dei adflicta.


(5) Quand l'organiste est lui-même un angoissé chronique, comme peuvent l'être bien des artistes, on imagine que certaines de ses improvisations échevelées sont plus stressantes que pacifiantes. D'où l'avantage qu'on a à jouer des oeuvres écrites soigneusement sélectionnées.

(6) Cardinal Joseph Ratzinger, La réforme liturgique en question.


(7) Cardinal Ricard, Mgr Dagens et al. au moment de la publication du Motu Proprio Summorum Pontificum.


(8) Cf. La célébration de la foi (Ed Téqui); Entretien sur la foi (Ed Fayard); L'esprit de la liturgie (Ed Ad Solem).


(9) Il est très facile pour un curé de paroisse de faire comprendre tout ceci aux gens. Il suffit de leur dire: "Que penseriez-vous d'un match de foot où les joueurs ne suivent pas les règles du jeu et font perdre leur équipe? Vous vous en prendriez à l'arbitre qui ne dit rien, n'est-ce pas? En liturgie, c'est pareil: il y a des règles qui ne dépendent pas des "joueurs". En tant que prêtre, je suis tenu d'observer ces règles." Pour les messes d'enterrement, il est très facile d'expliquer aux gens que l'Eglise sait mieux que la famille du défunt ce qu'il convient de demander à Dieu pour l'âme de celui qui a quitté cette vie terrestre. Montrons donc notre confiance en l'Eglise en suivant ce qu'elle demande de faire pour la liturgie des défunts.


(10) Benoît XVI, Discours au monastère cistercien d'Heiligenkreuz.


(11) Abbé Berto, Le Cénacle et le Jardin, éd. DMM, 2000 (Préface de Dom Le Gall, alors Abbé de Kergonan).


(12) "(...) il est nécessaire que les fidèles accèdent à la liturgie avec les dispositions d'une âme droite, qu'ils harmonisent leur âme avec leur voix, et qu'ils coopèrent à la grâce d'en haut pour ne pas recevoir celle-ci en vain. C'est pourquoi les pasteurs doivent être attentifs à ce que dans l'action liturgique, non seulement on observe les lois d'une célébration valide et licite, mais aussi à ce que les fidèles participent à celle-ci de façon consciente, active et fructueuse. (...) Cette participation pleine et active de tout le peuple est ce qu'on doit viser de toutes ses forces dans la restauration et la mise en valeur de la liturgie. Elle est, en effet, la source première et indispensable à laquelle les fidèles doivent puiser un esprit vraiment chrétien ; et c'est pourquoi elle doit être recherchée avec ardeur par les pasteurs d'âmes, dans toute l'action pastorale, avec la pédagogie nécessaire." (Cf. Const. Sacrosanctum Concilium)


(13) Cf. Code de Droit canonique, Can. 902: "A moins que l'utilité des fidèles ne requière ou ne conseille autre chose, les prêtres peuvent concélébrer l'Eucharistie, étant respectée la liberté pour chacun de la célébrer individuellement, mais pas quand il y a une concélébration dans la même église ou le même oratoire."


(14) La première des marques de charité, pour un évêque, pour tout prêtre, ne consiste-t-elle pas à ne pas priver les fidèles du trésor liturgique que l'Eglise veut leur donner?


(15) "A côté de ces bienfaits de la réforme liturgique, il faut reconnaître et déplorer certaines déviations, plus ou moins graves, dans son application. On constate parfois des omissions ou des ajouts illicites, des rites inventés hors des normes établies, des attitudes ou des chants qui ne favorisent pas la foi ou le sens du sacré (...). On ne peut tolérer que certains prêtres s'arrogent le droit de composer des prières eucharistiques ou de remplacer les textes de l'Ecriture sainte par des textes profanes. Des initiatives de ce genre, loin d'être liées à la réforme liturgique elle-même, ou aux livres qui en sont issus, lui contreviennent directement, la défigurent et privent le peuple chrétien des richesses authentiques de la liturgie de l'Eglise. Il appartient aux évêques d'extirper ces abus, puisque le gouvernement de la liturgie dépend de l'évêque, dans les limites du droit, et que la vie chrétienne de ses fidèles découle de lui en quelque manière." Cf. Jean-Paul II, Vicesimus quintus annus, n.13.


(16) Dom Wallner o. cis., Conférence donnée à Heiligenkreuz.

En ce 2ème Dimanche de Carême, la Liturgie de l'Église nous fait méditer le grand mystère de la Transfiguration, historiquement constaté par les trois apôtres Pierre, Jacques et Jean : c’est en effet le modèle de ce que la pénitence quadragésimale doit produire dans nos âmes, lorsqu’aux fêtes de Pâques, nous célébrerons le triomphe de l’Esprit sur la chair, de la Rédemption sur le péché. La gloire qui resplendit sur le Corps de Jésus est la même gloire à laquelle Il veut associer tous les baptisés dans sa Mort et sa Résurrection. Introït de la Messe : « Reminíscere miseratiónum tuárum, Dómine, et misericórdiae tuae, quae a saeculo sunt. Ne umquam dominéntur nobis inimíci nostri; líbera nos, Deus Israel, ex ómnibus angústiis nostris. Ps. Ad te, Domine, levavi animam meam : Deus meus, in te confido, non erubescam. Gloria Patri… Reminíscere... » (« Souvenez-vous, Seigneur, de votre pitié et de votre miséricorde éternelle ; ne laissez jamais dominer sur nous nos ennemis ; délivrez-nous, Dieu d’Israël, de toutes nos angoisses. Ps. Vers vous, Seigneur, j’ai élevé mon âme; en vous, je me confie, ô mon Dieu; je n’aurai point à en rougir. Gloire au Père… Souvenez-vous... ») Confiteor + Kyriale XVII + Credo Ambrosien

 

 

 

 

transfiguration.jpeg• ANNÉE A - TEXTES LITURGIQUES (DOMINICA II IN QUADRAGESIMA)

 

- Genèse 12, 1-4a : La vocation d' Abraham

- Psaume 33, 4 : Seigneur, Ton Amour soit sur nous

2 Timothée 1, 8-10 : Dieu nous appelle à connaître Sa Gloire

Matthieu 17, 1-9 : La Transfiguration de Notre Seigneur Jésus-Christ 

 

• ANNÉE B - TEXTES LITURGIQUES (DOMINICA II IN QUADRAGESIMA)

 

- Genèse 22, 1-2 ; 9a ; 10-13 ; 15-18 : Dieu met Abraham à l'épreuve

- Psaume 106, 10 : Je marcherai en présence du Seigneur

- Romains 8, 31b-34 : Qui nous séparera de l'Amour du Christ ?

- Marc 9, 2-10 : La Transfiguration de Notre Seigneur Jésus-Christ 

 

• ANNÉE C - TEXTES LITURGIQUES (DOMINICA II IN QUADRAGESIMA)

 

Genèse 15, 5-12 ; 17-18 : L'Alliance de Dieu avec Abraham

Psaume 27,1 : Le Seigneur est lumière et salut

Philippiens 3, 17-4,1 : Le Christ nous transfigurera

Luc 9, 28-36 : La Transfiguration de Notre Seigneur Jésus-Christ



 

Introït 1 de la Messe : "Reminiscere"

Quoi qu’on dise actuellement dans certaines paroisses, l’abandon des mélodies et des textes traditionnels de la messe n’a jamais été dans les intentions des pères du Concile qui décrétaient dans la Constitution sur la Liturgie, Sacrosanctum Concilium (1963), que « le trésor de la musique sacrée sera conservé et cultivé avec la plus grande sollicitude » (SC 114). Cette règle qui, en n’étant presque nulle part suivie, a contribué à l'affadissement de la liturgie actuelle que l’on constate dans trop d’églises, a été éclairée en 1969 par le "Consilium" (le Conseil réunissant des évêques et des experts désignés par le pape Paul VI pour mettre en pratique la Constitution sur la Liturgie). A la question de savoir si l’autorisation de chanter des cantiques en langue vernaculaire au cours d’une « messe basse », donnée dans l’instruction « De musica sacra » en septembre 1958, était toujours valide, le "Consilium" a très clairement répondu : « Cette règle [permettant l’usage de chants en langue vernaculaire] est désormais caduque. Ce qui doit être chanté, c’est la messe (son Ordinaire et son Propre), et pas « quelque chose », quelque soit sa qualité, qui se surajouterait à la messe. Parce que le service liturgique est un, il n’a qu’un seul contenu, un seul visage, une seule voix : la voix de l’Eglise. Continuer de remplacer les textes de la messe devant être célébrée par des chants, même pieux et recueillis, au lieu d’utiliser ceux de la messe du jour est la source d’une ambiguïté inacceptable : c’est tromper les gens. Le chant liturgique n’est pas constitué d’une mélodie seule, mais de mots, de textes, de pensées et de sentiments que la poésie et la musique renferment. De tels textes doivent être ceux de la messe et nul autres. « Chanter » signifie chanter la messe et pas seulement chanter pendant la messe. » (Cf Notitiae 5 [1969] p. 406.) (Cf. source de l'article)

 

Dans nos paroisses, on est généralement bien loin de ce qui a été demandé par l’Eglise ! Au point que pour beaucoup de fidèles, il est « normal » de chanter des cantiques à la messe, tandis qu’il est « insolite » d’y chanter au moins l’Ordinaire et - si possible - le Propre. Ne serait-il pas intéressant et courageux de revenir sur cette question du chant au moment où, dans plusieurs diocèses, pour fêter les 50e anniversaire du Concile, des colloques et des conférences sont organisés sur le thème de « la réception de Vatican II » ?

 

Pro Liturgia

« Voulez-vous que je vous parle des voies de la pénitence ? Elles sont nombreuses, elles sont variées et différentes, mais toutes conduisent au ciel. La première est l'accusation des péchés : soyez le premier à déclarer vos fautes afin d'être justifié. (Isaïe, XLIII, 26.) C'est pourquoi le prophète s'écriait : « J'ai dit : Je proclamerai contre moi mon injustice en face de Dieu; et voilà, Seigneur, que vous avez pardonné l'impiété de mon cœur » (Psalm. XXXI, 5). Accusez donc, vous aussi, tous vos péchés : ce sera assez pour faire à Dieu votre apologie : celui qui condamne ses propres péchés devient plus lent à y retomber; éveillez donc votre conscience, cet accusateur domestique, afin de ne pas trouver un jour, au tribunal de Dieu, un accusateur public. Telle est la première voie de la pénitence, et la meilleure. La seconde, qui ne lui cède pas en mérite, consiste à oublier les injustices d'un ennemi, à dompter la colère, à pardonner les offenses de nos frères : c'est ainsi que nous recevons nous-mêmes la remise des péchés que nous avons faits contre le commun Maître; tel est donc le second moyen d'expier le péché : Si vous remettez leurs dettes à vos propres débiteurs, le Père céleste vous fera remise à vous-mêmes. (Matth. VI, 14.). Voulez-vous apprendre la troisième voie de pénitence ? C'est la prière fervente et diligente, la prière qui part du fond de l'âme. Ne savez-vous pas de quelle manière la veuve parvint à émouvoir un juge sans conscience ? Vous au contraire vous avez un Maître doux, clément, plein d'amour. Elle réclamait contre ses ennemis; vous, au lieu de plaider contre un adversaire, vous priez pour votre salut. Si vous souhaitez connaître la quatrième voie de pénitence, je nommerai l'aumône; elle possède une puissante et merveilleuse efficacité : Nabuchodonosor, qui s'était livré à des crimes de tout genre, à l'impiété complète, entendit Daniel lui dire : O roi, que mon avis trouve grâce devant vous; rachetez vos péchés par l'aumône et vos iniquités par la miséricorde envers les pauvres. (Dan. IV, 24.) Qu'y a-t-il de comparable à cette douce bonté ? Après tant de péchés, après de telles désobéissances, Dieu promet à cet homme qui l'a outragé de lui pardonner, s'il montre de la charité à ses frères. Enfin, une conduite mesurée et humble n'a pas un moindre pouvoir pour détruire le péché dans son germe : j'en prends à témoin le publicain qui, n'ayant pas de bonnes actions à déclarer, offrit à leur place son humilité et déposa de la sorte le lourd fardeau de ses péchés. (Luc, XVIII, 13.)

 
Voilà donc l'indication des cinq voies de pénitence : la première, accusation des péchés; la seconde, remise au prochain des offenses reçues; la troisième, prière fervente; la quatrième, aumône; la cinquième, humilité. Ne soyez donc pas oisif; cheminez chaque jour en ces voies ; elles sont faciles. Ne mettez pas en avant votre pauvreté comme excuse; fussiez-vous dans votre vie le plus pauvre parmi tous les hommes, vous pouvez néanmoins dompter la colère, pratiquer l'humilité, prier assidûment, accuser vos fautes : à tout cela la pauvreté ne fait aucun obstacle. Que dis-je ! Même dans cette voie de pénitence où nous devons semer l'argent (je parle de l'aumône), oui, même en cette voie, la pauvreté n'est pas un obstacle, témoin la veuve, qui mit ses deux oboles dans le tronc. (Marc, XII, 42.) Puisque nous avons appris le moyen de guérir nos plaies, appliquons sans cesse les remèdes, afin que, après avoir recouvré la vraie santé, nous allions avec confiance prendre part au banquet sacré, nous accourions avec une gloire abondante au-devant du Roi de gloire, Jésus-Christ, nous acquérions enfin les biens éternels par la grâce, la miséricorde et la charité de Notre-Seigneur Jésus-Christ par qui et avec qui gloire, puissance et honneur soient au Père, en même temps qu'à l'Esprit de toute sainteté, de toute bonté et de toute vie maintenant et toujours et dans les siècles des siècles. Ainsi soit-il ».
 
Saint Jean Chrysostome, Père et Docteur de l’Eglise - 2ème homélie sur les démons

Durant l’adoration du Saint-Sacrement, Sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus a composé spontanément quinze strophes de « Vivre d’Amour », le « Roi de ses cantiques » estimait sa sœur Céline…

 
 
 
Au soir d'Amour, parlant sans parabole
Jésus disait : "Si quelqu'un veut m'aimer
"Toute sa vie, qu'il garde ma Parole
"Mon Père et moi viendront le visiter.
"Et de son cœur faisant notre demeure
"Venant à lui, nous l'aimeront toujours !...
"Rempli de paix, nous voulons qu'il demeure
"En notre Amour !"
 
Vivre d'Amour, c'est te garder Toi-Même
Verbe incrée, Parole de mon Dieu,
Ah ! tu le sais, Divin Jésus, je t'aime
L'Esprit d'Amour m'embrase de son feu
C'est en t'aimant que j'attire le Père
Mon faible cœur le garde sans retour.
O Trinité ! vous êtes Prisonnière
De mon Amour !...
 
Vivre d'Amour, c'est vivre de ta vie,
Roi glorieux, délice des élus.
Tu vis pour moi, caché dans une hostie
Je veux pour toi me cacher, ô Jésus !
A des amants, il faut la solitude
Un cœur à cœur qui dure nuit et jour
Ton seul regard fait ma béatitude
Je vis d'Amour !...
 
Vivre d'Amour, ce n'est pas sur la terre
Fixer sa tente au sommet du Thabor.
Avec Jésus, c'est gravir le Calvaire
C'est regarder la Croix comme un trésor !...
Au Ciel je dois vivre de jouissance
Alors l'épreuve aura fui pour toujours
Mais exilée, je veux dans la souffrance
Vivre d'amour.
 
Vivre d'Amour, c'est donner sans mesure
Sans réclamer de salaire ici-bas
Ah ! sans compter je donne étant bien sûre
Que lorsqu'on aime, on ne calcule pas !...
Au Cœur Divin, débordant de tendresse
J'ai tout donné...légèrement je cours
Je n'ai plus rien que ma seule richesse
Vivre d'Amour.
 
Vivre d'Amour c'est bannir toute crainte
Tout souvenir des fautes du passé.
De mes péchés, je ne vois nulle empreinte,
En un instant l'amour a tout brulé...
Flamme divine, ô très douce Fournaise !
En ton foyer je fixe mon séjour
C'est en tes feux que je chante à mon aise :
"Je vis d'Amour !..."
 
Vivre d'Amour, c'est naviguer sans cesse
Semant la paix, la joie dans tous les cœurs
Pilote Aimé, la Charité me presse
Car je te vois dans les âmes mes sœurs
La Charité voilà ma seule étoile
A sa clarté je vogue sans détour
J'ai ma devise écrite sur ma voile :
"Vivre d'Amour."
 
Vivre d'Amour, lorsque Jésus sommeille
C'est le repos sur les flots orageux
Oh ! ne crains pas, Seigneur, que je t'éveille
J'attends en paix le rivage des cieux...
La Foi bientôt déchirera son voile
Mon Espérance est de te voir un jour
La Charité enfle et pousse ma voile
Je vis d'Amour !...
 
Vivre d'Amour, c'est, ô mon Divin Maître
Te supplier de répandre tes Feux
En l'âme sainte et sacrée de ton Prêtre
Qu'il soit plus pur qu'un séraphin des cieux !...
Ah ! glorifie ton Eglise Immortelle
A mes soupirs, Jésus ne sois pas sourd
Moi son enfant, je m'immole pour elle
Je vis d'Amour.
 
Vivre d'Amour, c'est essuyer ta Face
C'est obtenir, des pécheurs le pardon
O Dieu d'Amour ! qu'ils rentrent dans ta grâce
Et qu'à jamais, ils bénissent ton Nom...
Jusqu'à mon cœur retentit le blasphème
Pour l'effacer, je veux chanter toujours :
"Ton Nom Sacré, je l'adore et je l'Aime
Je vis d'Amour !..."
 
Vivre d'Amour, c'est imiter Marie,
Baignant de pleurs, de parfums précieux,
Tes pieds divins, qu'elle baise ravie
Les essuyant avec ses longs cheveux...
Puis se levant, elle brise le vase
Ton Doux Visage elle embaume à son tour.
Moi, le parfum dont j'embaume ta Face
C'est mon Amour !...
 
"Vivre d'Amour, quelle étrange folie !"
Me dit le monde, "Ah cessez de chanter,
"Ne perdez pas vos parfums, votre vie,
"Utilement, sachez les employer !..."
T'aimer, Jésus, quelle perte féconde !...
Tous mes parfums sont à toi sans retour,
Je veux chanter en sortant de ce monde :
"Je meurs d'Amour !"
 
Mourir d'Amour, c'est un bien doux martyre
Et c'est celui que je voudrais souffrir.
O Chérubins ! accordez votre lyre,
Car je le sens, mon exil va finir !...
Flamme d'Amour, consume-moi sans trêve
Vie d'un instant, ton fardeau m'est bien lourd !
Divin Jésus, réalise mon rêve :
Mourir d'Amour !...
 
Mourir d'Amour, voilà mon espérance
Quand je verrai se briser mes liens
Mon Dieu sera ma Grande Récompense
Je ne veux point posséder d'autres biens.
De son Amour je veux être embrasée
Je veux Le voir, m'unir à Lui toujours
Voilà mon Ciel...voilà ma destinée :
Vivre d'Amour !!!...
 
Sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus, Docteur de l’Eglise - 26 février 1895


 

 

  

(Chanté à ND de Paris, le 8/11/12)

hippycatholicismIl y a plus de 40 ans, j'ai accepté le concile Vatican II sans la moindre arrière-pensée. J'avais eu la chance, à cette époque, d'aller à l'abbaye de Solesmes où les moines bénédictin, avec une patience infinie, m'avaient expliqué ce qu'était la liturgie et m'avaient montré que lorsqu'on mettait le missel "de Paul VI" en oeuvre avec foi et intelligence, on n'aboutissait pas à l'anarchie liturgique qu'on voyait alors se mettre en place dans les paroisses sous couvert de la réforme conciliaire. Merci à eux : leur enseignement me permet aujourd'hui de me sentir totalement en phase avec Benoît XVI. Dans ma paroisse, où j'étais alors organiste à la même époque, je devais assister, impuissant, à la mise à sac de la liturgie dominicale qui, jusqu'alors, était demeurée relativement "classique". Je me souviens que notre curé-doyen, personnage imposant qui devait alors avoir une soixantaine d'années et donc avait bénéficié de la formation théologique dispensée au séminaire diocésain bien avant Vatican II, était arrivé un soir, à la répétition de la chorale qui se faisait au presbytère, habillé en civil. Jusqu'ici, nous ne l'avions jamais vu autrement qu'en soutane. Il n'était pas même en clergyman; il portait une cravate. En le voyant ainsi, visiblement heureux de l'effet qu'il allait produire, la respectable demoiselle qui nous dirigeait et qui avait une vénération sans limites pour "Monsieur le Doyen" resta sans voix pendant plusieurs longues secondes... Ce brutal changement de look fut accompagné, la même semaine, de profondes modifications liturgiques. Monsieur le curé me fit savoir, d'un ton autoritaire, que "dimanche prochain, la grand-messe allait être célébrée sur un autel face-au-peuple que le menuisier était en train de mettre en place, et que seul le Credo serait chanté en latin "comme autrefois", puisque l'évéché avait envoyé des nouveaux textes et des nouvelles partitions qu'il faudrait apprendre."


Ce n'était que le commencement de la fin... Bientôt, notre vicaire allait profiter du "bazar" pour lancer l'idée de "messes des jeunes". Grâce à l'orchestre de la M.J.C. (Maison des Jeunes et de la... Culture) toute proche, on allait avoir des "messes rythmées" qui allaient attirer les jeunes. Ces "messes rythmées" étaient alors vivement encouragées par un jeune prêtre de notre diocèse qui commençait à avoir le vent en poupe et se montrer très actif dans l'art de subvertir la liturgie : l'Abbé Michel Wackenheim... L'orchestre de la M.J.C., dont l'air préféré était alors "Monia" (seul "tube" que les 6 ou 7 instrumentistes étaient capables de sortir sans trop de "canards"), fut invité à se produire au cours des messes dominicales et l'on me demanda de limiter les interventions de l'orgue. Ainsi commença - presque dans toutes les paroisses, comme j'allais m'en rendre compte très vite - un marasme liturgique dont les conséquences se font sentir aujourd'hui encore. Et ce qui devait arriver arriva : les membres de la chorale paroissiale démissionnèrent les uns après les autres. Ils ne supportaient pas les célébrations à proprement parler "foireuses" qui avaient détrôné la grand-messe. Dans la nef, l'assistance devint soudain muette : les fidèles étaient incapables de chanter un répertoire qui, pour demeurer attractif, devait se renouveler de dimanche en dimanche. Dans le choeur, notre curé-doyen devenait pitoyable lorsqu'il s'efforçait de vouloir "faire jeune" au son des guitares électriques de la M.J.C.... lesquelles guitares finirent bientôt par se taire au fur et à mesure que les instrumentistes allaient faire leur service militaire. Quant aux jeunes que ces messes étaient censées attirer, ils ne vinrent pas plus nombreux; certains n'étaient d'ailleurs à la messe que pour écouter leurs copains faire de la musique. Quant au vicaire qui avait introduit ces "messes des jeunes"... il se maria. Comme d'autres prêtres de sa génération que j'ai connus. Ite missa est.

 

modernismeQue pouvais-je faire au milieu de tout ça ? Me retrouver seul à l'orgue, le dimanche, avec deux ou trois "braves dames", pour tenter de donner un fond musical à un reliquat de liturgie célébrée devant une assistance clairsemée ? Je me décidait à donner ma démission. Le curé-doyen ne comprit pas. Mais comment, jeune étudiant n'ayant ni la sagesse ni la science de M. le curé, aurais-je pu expliquer que ce qu'on faisait n'était pas ce qu'avait demandé Vatican II et aboutissait à un massacre généralisé de la liturgie qui aurait des conséquences désastreuses ? Pourtant, je sentais déjà, intérieurement, que c'est ce qui allait se produire. J'ai continué pendant des années à aller régulièrement à la messe. J'ai supporté, sans les approuver, des cantiques niais qui n'apportent rien à la liturgie. J'ai accepté de chanter du bout des lèvres, un dimanche sur deux, "Peuple de Dieu, marche joyeux"... Mais aujourd'hui, je ne "marche" plus : je refuse d'avancer plus avant dans ces célébrations qui mènent droit vers une anorexie spirituelle. J'ai accepté de voir s'agiter derrière un micro la "madame" de service chargée d'animer la liturgie. Mais aujourd'hui, je n'accepte plus d'être dirigé par des incompétent(e)s dont les minauderies et les tons de voix patelins m'obligent à penser que ces gens n'ont investi la liturgie que pour pouvoir y développer leurs vertus d'emprunts qui, partout ailleurs, auraient agacé les gens "normalement constitués". Puis, peu à peu, je me suis aperçu qu'à force de devoir faire des efforts pour accepter l'inacceptable, j'était devenu incapable de donner ma pleine confiance à mon évêque et à ses prêtres. Certes, je sais qu'un évêque, qu'un prêtre, est avant tout un homme qui a, comme tous les hommes, ses imperfections et ses faiblesses. Mais tout comme j'attends de mon médecin qu'il soit un homme équilibré sachant donner les preuves de sa compétence dans l'art de soigner - ce qui ne l'empêchera jamais de faire une erreur de diagnostic - j'attends d'un prêtre, lorsqu'il est à l'autel, qu'il sache donner l'image d'un homme équilibré maîtrisant la liturgie qu'il est chargé de mettre en oeuvre. Or, d'une église à l'autre, d'une messe à l'autre, je ne vois - sauf rares exceptions qui, j'espère, se reconnaîtront - que des célébrants qui, par leurs comportements à l'autel et leurs dispositions à foncer vers toutes les nouveautés sans le moindre esprit critique, me poussent à imaginer que pour être prêtre aujourd'hui, il convient de n'avoir qu'une intelligence superficielle doublée d'une spiritualité molle.

 

Comme j'estime qu'il est malsain d'aller à la messe pour passer son temps à critiquer des liturgies bancales et des célébrants déficients, le dimanche venu, je rejoins à présent la cohorte des fidèles qui ne prennent plus le temps d'aller à l'église. A moins d'être assuré de pouvoir participer, dans l'une des paroisses proches, à une messe incontestablement catholique... ce qui est très rarement le cas. Quand j'entends sonner les cloches de l'église paroissiale, je me dis que ma place "normale" serait, à ce moment-là, à la messe. Mais je n'ai plus ni la capacité de faire abstraction des déficiences de la liturgie que célèbre le curé de ma paroisse, ni une dose suffisante d'hypocrisie me permettant de me montrer convaincu quand il s'agit de se donner la main au moment du "Notre Père", de se "serrer la louche" au moment du geste de paix, de chanter "oui la paix, ce sera toi, ce sera moi" à la place de l'Agnus Dei, de lâcher de ballons multicolores pour célébrer la première communion des enfants, d'écouter l'animatrice dire "bonjour à vous tous qui êtes venus, petits et grands, en ce dimanche de joie...". Non, désolé : ça ne passe pas. Ça ne passe plus. Mais alors plus du tout ! Pour pouvoir encore donner toute ma confiance à l'Eglise une, sainte, catholique et apostolique... me voici obligé de fuir les célébrations liturgiques qui se font habituellement dans nos églises et dont les déformations ont souvent largement dépassé les limites de l'acceptable. C'est paradoxal mais c'est comme ça... Jusqu'à ce que notre diocèse reçoive un évêque décidé à garantir aux fidèles la liturgie que l'Eglise entend leur donner.

 

Pro Liturgia









Extrait de la conférence de Pierre-Olivier Arduin, lors du Colloque organisé
en janvier 2010 par la commission bioéthique du Diocèse de Fréjus-Toulon (83)

La Liturgie romaine connaît depuis très longtemps, à côté du cycle annuel, un cycle trimestriel, en ce sens que, dans chacune des quatre saisons de l'année, il y a une semaine particulièrement distinguée dite des Quatre-Temps. Trois jours de cette semaine, le mercredi, le vendredi et le samedi, sont fixés comme jours de jeûne (…). Il nous reste du pape Saint Léon le Grand une série de sermons pour les Quatre-Temps. Le dimanche qui précède la semaine des Quatre-Temps, il parle de la signification de la pénitence et du jeûne, et il termine par cette invitation : « Nous jeûnerons donc le mercredi et le vendredi, quant au samedi nous veillerons tous ensemble près de saint Pierre » (cf ; "La Liturgie de l’Eglise romaine", J. A. Jungmann, SJ., 1957). « Aux Quatre-Temps, l'Église a coutume de prier le Seigneur pour les divers besoins des hommes, en particulier pour les fruits de la terre et les travaux des hommes, et de lui rendre grâce publiquement » (Cæremoniale episcoporum, 1984)


 


• TEXTES LITURGIQUES (SABBATO QUATUOR TEMPORUM QUADRAGESIMAE)

 

- Deutéronome 26, 16-19 : Israël, peuple du Seigneur

- Psaume 119, 1 : Heureux ceux qui sont irréprochables

- Matthieu 5, 43-48 : Aimez vos ennemis et priez pour eux

 

 

***Ce n'est plus obligatoire, mais par tradition, le jeûne et l'abstinence sont observés

en ce jour
appelé "Samedi des Quatre-Temps de Carême (ou de Printemps)"

La Liturgie romaine connaît depuis très longtemps, à côté du cycle annuel, un cycle trimestriel, en ce sens que, dans chacune des quatre saisons de l'année, il y a une semaine particulièrement distinguée dite des Quatre-Temps. Trois jours de cette semaine, le mercredi, le vendredi et le samedi, sont fixés comme jours de jeûne (…). Il nous reste du pape Saint Léon le Grand une série de sermons pour les Quatre-Temps. Le dimanche qui précède la semaine des Quatre-Temps, il parle de la signification de la pénitence et du jeûne, et il termine par cette invitation : « Nous jeûnerons donc le mercredi et le vendredi, quant au samedi nous veillerons tous ensemble près de saint Pierre » (cf ; "La Liturgie de l’Eglise romaine", J. A. Jungmann, SJ., 1957). « Aux Quatre-Temps, l'Église a coutume de prier le Seigneur pour les divers besoins des hommes, en particulier pour les fruits de la terre et les travaux des hommes, et de lui rendre grâce publiquement » (Cæremoniale episcoporum, 1984)

 

 

• TEXTES LITURGIQUES (FERIA VI QUATUOR TEMPORUM QUADRAGESIMAE)

 

- Ezéchiel 18, 21-28 : Les rétributions divines

- Psaume 130, 1 : Du fond de l’abîme, je crie ver Toi, Seigneur

- Matthieu 5, 20-26 : La justice nouvelle supérieure à l’ancienne

 

  

***Ce n'est plus obligatoire, mais par tradition, le jeûne et l'abstinence sont observés

en ce jour
 appelé "Vendredi des Quatre-Temps de Carême (ou de Printemps)"

« (...) On parle beaucoup de participation des fidèles à la liturgie. Mais les fidèles participent-ils plus si le prêtre célèbre la messe versus populum ou s’il célèbre tourné vers l’autel ? En effet, il n’est pas dit que cette participation soit plus active si le prêtre célèbre tourné vers le peuple ; il se peut qu’au contraire, le peuple se distraie. De même, s’agit-il d’une vraie participation lorsqu’au moment du baiser de paix, on voit se créer une grande confusion dans l’église, avec des prêtres qui arrivent parfois jusque dans les derniers rangs des fidèles pour les saluer ? S’agit-il de l’actuosa participatio, souhaitée par le Concile Vatican II, ou simplement d’une grande distraction qui n’aide en rien à suivre avec dévotion la suite de la messe au point qu’on en oublie même parfois de dire l’Agnus Dei... (...) Le résultat attendu de la réforme liturgique ne s’est pas manifesté. On se demande si la vie liturgique et la participation des fidèles aux fonctions sacrées sont plus élevées et meilleures aujourd’hui que dans les années cinquante. On a critiqué le fait qu’avant le Concile, les fidèles ne participaient pas vraiment à la messe, mais y assistaient passivement ou en se livrant à des dévotions personnelles. Mais peut-on dire qu’aujourd’hui, les fidèles participent de manière spirituellement plus élevée et plus personnelle ? Est-il vraiment arrivé que les nombreuses personnes qui étaient restées hors de l’Eglise se soient mises à faire la queue pour entrer dans nos églises ? Ou n’est-il pas plutôt arrivé que beaucoup de gens se soient éloignés et que les églises se soient vidées ? Alors, de quelle réforme parlons-nous ? (...) » (Mgr Malcolm RANJITH, ancien Secrétaire de la Congrégation pour le Culte divin)

Litanies approuvées par Rome en 1899 par le Pape Léon XIII (version française).

Selon l'Enchiridion Indulgentiarum (1999), l'indulgence partielle est accordée

(aux conditions habituelles) au fidèle qui récitera pieusement ces Litanies :

 

 

 

Kyrie, elèison --> Kyrie elèison

Christe, elèison --> Christe elèison

Kyrie,elèison --> Kyrie elèison

Christe, àudi nos --> Christe, àudi nos

Christe, exàudi nos --> Christe, exàudi nos

 

Pàter de caelis, Deus --> miserère nobis

Fìli Redèmptor mundi, Deus --> miserère nobis

Spìritus Sàncte, Deus --> miserère nobis

Sancta Trìnitas, ùnus Deus --> miserère nobis

 

Cor Iesu, Fili Patris aetèrni --> miserère nobis

Cor Iesu, in sìnu Vìrginis Màtris a Spìritu Sancto formàtum --> miserère nobis

Cor Iesu, Verbo Dei substantiàliter unìtum --> miserère nobis

Cor Iesu, maiestàtis infinìtae --> miserère nobis

Cor Iesu, tèmplum Dei sanctum --> miserère nobis

Cor Iesu, tabernàculum Altìssimi --> miserère nobis

Cor Iesu, domus Dei et pòrta caeli --> miserère nobis

Cor Iesu, fòrnax àrdens charitàtis --> miserère nobis

Cor Iesu, iustìtiae et amòris receptàculum --> miserère nobis

Cor Iesu, bonitàte et amore plenum --> miserère nobis

Cor Iesu, virtùtum òmnium abìssus --> miserère nobis

Cor Iesu, òmni làude dignìssimus --> miserère nobis

Cor Iesu, rex et centrum òmnium còrdium --> miserère nobis

Cor Iesu, in quo sunt òmnes thesàuri sapiéntiae et sciéntiae --> miserère nobis

Cor Iesu, in quo hàbitat òmnis plenitùdo divinitàtis --> miserère nobis

Cor Iesu, in quo Pater sibi bene complàcuit --> miserère nobis

Cor Iesu, de cùius plenitùdine òmnes nos accepìmus --> miserère nobis

Cor Iesu, desidèrium còllium aeternòrum --> miserère nobis

Cor Iesu, pàtiens et mùltae misericòrdiae --> miserère nobis

Cor Iesu, dìves in òmnes qui invòcant te --> miserère nobis

Cor Iesu, fons vitae et sanctitàtis --> miserère nobis

Cor Iesu, propitiàtio pro peccatis nostris --> miserère nobis

Cor Iesu, saturàtum oppròbriis --> miserère nobis

Cor Iesu, attrìtum pròpter scèlera nostra --> miserère nobis

Cor Iesu, ùsque ad mortem oboediens factum --> miserère nobis

Cor Iesu, lancea perforàtum --> miserère nobis

Cor Iesu, fons totìus consolatiònis --> miserère nobis

Cor Iesu, vita et resurrèctio nostra --> miserère nobis

Cor Iesu, pax et reconciliàtio nostra --> miserère nobis

Cor Iesu, vìctima peccatòrum --> miserère nobis

Cor Iesu, sàlus in te speràntium --> miserère nobis

Cor Iesu, spes in te morièntium --> miserère nobis

Cor Iesu, delìciae sanctòrum òmnium --> miserère nobis

 

Àgnus Dei, qui tòllis peccàta mùndi --> pàrce nobis, Dòmine

Àgnus Dei, qui tòllis peccàta mùndi --> exàudi nos, Dòmine

Àgnus Dei, qui tòllis peccàta mùndi --> miserère nobis.

 

V. Jesu, mitis et humilis corde

R. Fac cor nostrum secundum Cor tuum.

 

Oremus : Omnipotens sempitérne Deus, réspice in Cor dilectissimi Filii tui, et in laudes et satisfactiones, quas in nomine peccatorum tibi persolvit, iisque misericordiam tuam potentibus, tu véniam concéde placàtus, in nomine ejusdem Filii tui Jesu Christi, qui tecum vivit et regnat in saecula saeculorum. Amen.

 

 

 

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