Il faut remercier notre pape Benoît XVI d'avoir libéralisé la forme "extraordinaire" du rite romain en précisant qu'elle n'était qu'une des deux façons de célébrer la liturgie. Nous lisons bien : une des deux façons. Il n'y en a que deux : tout ce qu'on nous sert dans nos paroisse qui s'éloigne de l'une de ces deux formes doit être fermement refusé au motif qu'il ne s'agit que de falsifications, d'inventions, de pitreries... par lesquelles on interdit aux fidèles de participer à la célébration de la foi de l'Eglise. Grâce à son Motu proprio Summorum pontificum puis à l'Instruction Universae Ecclesiae qui en précise les modalités d'application, le Souverain Pontife permet à tous les fidèles attachés à l'authentique liturgie de l'Eglise célébrée dans toute sa dignité - quelle que soit sa forme - de se sentit décomplexés et libérés. Chaque fidèle peut désormais, à son curé, à son évêque, parler de liturgie sans qu'on lui claque la porte au nez ou sans qu'on l'écoute avec un sourire laissant clairement sous-entendre qu'il est considéré comme le tenant de célébrations anachroniques et "pastoralement" déviantes. Grâce au Motu proprio de Benoît XVI, chaque fidèle doit "oser une parole forte" - comme on dit dans le jargon du cléricalement correct - pour réclamer que soit respectée l'une des deux formes de la liturgie de l'Eglise.


On peut demander aux curés de paroisses et aux évêques la forme "extraordinaire". C'est un droit et un droit ne se discute pas. Mais il faut aussi se souvenir qu'à l'échelle de l'Eglise universelle, les fidèles attachés à cette forme "extraordinaire" de la liturgie romaine demeurent largement minoritaires : ils ne forment que quelques "petits cercles", comme l'avait fait remarquer Benoît XVI lui-même (Cf. Lumière du Monde, Ed. bayard, p. 144). La forme "extraordinaire" du rite romain ne concerne donc directement que des fidèles appartenant à ces "cercles" : ils sont déjà convaincus mais leur rayonnement à l'échelle de l'Eglise universelle demeurera certainement faible. Bien entendu, au nombre des convaincus peuvent aussi s'ajouter des fidèles qui, occasionnellement, assisteront à une messe célébrée avec le missel du Bx Jean XXIII. Mais ces fidèles-là n'auront-ils pas tendance à considérer les lieux où se célèbre la forme "extraordinaire" comme de simples conservatoires de ce qui ne représente plus à leurs yeux qu'un folklore liturgique ? "Ça m'a rappelé des souvenirs d'enfance", disait une dame au sortir d'une messe tridentine à laquelle elle était allée parce que, ce dimanche-là, l'horaire lui convenait. Par là, elle exprimait le danger que courent certaines "petits cercles" où l'on se refuse à s'ouvrir à la vraie forme "ordinaire" de la liturgie. Conjointement à ces "îlots liturgiques" où l'on préfère la forme "extraordinaire" du rite romain, existe une réalité ecclésiale tout autre et bien plus alarmante : c'est cette que constituent ces très nombreuses communautés paroissiales où les fidèles - et surtout les prêtres - ont perdu tout sens de la liturgie et célèbrent en respectant "ce qui se fait sur place" et non ce qui devrait se faire partout. Là est le vrai problème devant lequel nos évêques préfèrent fermer les yeux pour ne pas avoir à reprendre de A à Z toute leur pastorale liturgique. Et c'est une nouvelle fois Benoît XVI lui-même qui nous dit ce qu'il faut faire pour corriger ce qui doit l'être dans ce contexte de "non-liturgie" généralisé : il faut célébrer la forme "ordinaire" du rite romain avec beaucoup de révérence et en conformité avec les règles liturgiques, car c'est ce qui rend visible la richesse spirituelle et la profondeur théologique du missel "de Paul VI" qui définit l'expression "normale" de la liturgie eucharistique. (Cf. Motu proprio Summorum pontificum et Lettre aux évêque accompagnant le Motu proprio).

 

C'est un programme nettement plus difficile à mettre en route que celui qui consiste à contenter ponctuellement, localement, les "petits cercles" qui demandent la forme "extraordinaire" de la liturgie romaine ! Cette expression "normale" de la liturgie, il revient à tous les fidèles de la demander, de l'exiger au besoin, de l'organiser si nécessaire. Un prêtre - curé ou évêque - n'aura rien à redire à ça : l'Eglise ne lui demande d'ailleurs pas son avis. Organiser la forme "ordinaire" de la liturgie romaine : telle est bien la tâche à laquelle tous les fidèles doivent désormais s'atteler, forts des enseignements du Souverain Pontife. Cette liturgie-là, voulue par Vatican II, doit être impeccablement servie, même là où l'on ne dispose que de moyens simples, en évitant trois choses : l'impréparation, le pompeux, la seule bonne volonté. A la place, il faut y mettre de l'entraînement, de la noble simplicité, un réel engagement pour rendre les célébrations liturgiques totalement conformes à ce que l'Eglise demande qu'elles soient. Et tant pis si ça ne va pas dans la direction voulue par les responsables locaux de la pastorale liturgique. Nous devons agir en fidèles décomplexés capables de dire et de montrer que nous suivons Benoît XVI !

 

Pro Liturgia


O Marie, au matin de la pentecôte,

Tu as soutenu par la prière

le début de l'évangélisation entreprise par les Apôtres

sous l'action de l'Esprit saint.

Par ta protection constante

continue à guider, aujourd'hui aussi,

en ces temps d'appréhension et d'espérance,

les pas de l'Eglise qui, docile au mandat de son Seigneur,

nous pousse, avec la "Bonne Nouvelle" du salut,

vers les peuples et les nations de toute la terre.

Oriente nos choix de vie,

réconforte-nous au moment de l'épreuve,

afin que, fidèles à Dieu et à l'homme,

nous affrontions avec audace et humilité

les sentiers mystérieux du ciel,

pour porter à l'esprit et au coeur de chaque personne

la joyeuse annonce du Christ Rédempteur de l'homme.

O Marie, Etoile de l'Evangélisation, chemine avec nous !

Amen.

Jean-Paul II

« Saint-Augustin d'Hippone s'est exprimé en ces termes : « Le Christ a façonné l'Eglise comme une vierge. Dans la foi, elle est vierge. Selon la chair, elle n'a qu'un petit nombre de vierges vouées à Dieu, mais selon la foi, elle doit avoir tous les baptisés comme vierges, hommes et femmes » (Discours 213, 7, PL 38, 1064). Ce qui doit rester vivant dans l'intégrité de la foi, gardée fidèlement chez les chrétiens, par la puissance de la grâce du baptême, devient aussi intégrité physique dans certaines personnes choisies, et ceci parce que l'Eglise naît du sein virginal de la Mère de Dieu. C'est en ceci que consiste le bonheur éternel : que nous, pauvres enfants d'Eve, nous sommes devenus enfants de cette vierge qu'est l'Eglise, qu'en elle nous possédons de façon sûre la Vérité du Christ, qu'en elle nous devenons saints et immaculés pour le jour où le Seigneur viendra. C'est en effet en Marie que l'Eglise est devenue Mère de Dieu virginale. C'est-à-dire que ce qui a été donné à Marie selon la chair, l'Eglise le possède selon l'esprit. Et c'est en quelque sorte le développement de ce que saint Paul a écrit aux Corinthiens : « Je vous ai fiancés à un seul époux, pour vous présenter à Christ comme une vierge pure. Elle est vierge dans l'intégrité de l'esprit, dans la plénitude de l'amour, dans la concorde de la paix » (2 Cor 11, 2-3) ». (Mgr Follo).

L’Ave Verum a été composé au XIIIème siècle pour accompagner l’élévation de l'Hostie pendant la Sainte Messe.

Cette prière médite la Passion de Notre Seigneur Jésus-Christ ainsi que Sa Présence réelle dans la Très Sainte Eucharistie...

 

 

 

 

 

Ave verum Corpus natum de María Vírgine

Salut ô Vrai corps né de la Vierge Marie
Vere passum, immolátum in cruce pro hómine.

Qui avez véritablement souffert et avez été immolé sur la croix pour les hommes.
Cuius latus perforátum fluxit aqua et sánguine

Vous dont le côté transpercé laissa couler l'eau et le sang
Esto nobis prægustátum mortis in exámine.

Puissions-nous dans l'heure de la mort, vous reçevoir par la communion avant le jugement.
O Iesu dulcis ! O Iesu pie ! O Iesu fili Maríæ.

O doux Jésus, O bon Jésus, O Jésus Fils de Marie.

Miserere mei. Amen

Ayez pitié de moi. Ainsi soit-il.

 

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Kyrie (Xème)
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Gloria (Xème)
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Sanctus (XIème)
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Agnus Dei (XIème)

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Hymne pour le Temps de Noël (trouvée dans le très important recueil finlandais-suèdois "Piae Cantiones" publié en 1582).

Ce recueil contient une collection des cantiques et d'hymnes liturgiques de la fin du Moyen-Âge (15ème siècle).

 

 

 

media-368393-11. Resonemus laudibus
Cum jocunditatibus
Ecclesiam fidelibus
Appanuit quem genuit Maria

 

2. Deus fecit hominem
Ad saum imaginem
Et similitudinem
Appanuit quem genuit Maria

 

3. Deus fecit omnia
Celum, Terram, maria,
Cunctaque nascentia
Appanuit quem genuit Maria

 

4. Ero nostro concio
In chrodis et organo
Benedictat Domino,
Appanuit quem genuit Maria

 

5. Et Deo qui venias
Donat et leticas
Nos eidem gracias.
Appanuit quem genuit Maria

R. Adonaï règne, exulte la terre,
Que jubilent les îles nombreuses,
Ténèbres et nuées l'entourent,
Justice et droit sont l'assise de son trône.


1. Un feu devant lui s'avance,
Et dévore alentour ses rivaux,
Ses éclairs illuminent le monde,
La terre voit et chavire.

2. Les montagnes fondent comme cire,
Devant le maître de toute la terre,
Les cieux proclament sa justice,
Et tous les peuples contemplent sa gloire.

3. Sion entend et jubile,
Et les filles de Juda exultent,
Toi le Très-Haut sur toute la terre,
Tous les anges se prosternent devant toi.

4. La lumière se lève pour le juste,
Et pour l'homme au cœur droit la joie,
Criez de joie pour le Seigneur les justes,
Chantez sa gloire et sa sainteté.

© Communauté du Lion de Juda et de l'Agneau Immolé (1986)

« Aujourd’hui notre Seigneur Jésus-Christ monte au ciel; que notre cœur y monte avec lui. Écoutons ce que nous dit l’Apôtre : vous êtes ressuscités avec le Christ. Recherchez donc les réalités d’en haut : c’est là qu’est le Christ, assis à la droite de Dieu. Le but de votre vie est en haut, et non pas sur la terre. De même que lui est monté, mais sans s’éloigner de nous, de même sommes-nous déjà là-haut avec lui, et pourtant ce qu’il nous a promis ne s’est pas encore réalisé dans notre corps. Lui a déjà été élevé au dessus des cieux; cependant il souffre sur la terre toutes les peines que nous ressentons, nous ses membres. Il a rendu témoignage à cette vérité lorsqu’il a crié du haut du ciel : Saul, Saul, pourquoi me persécuter ? Et il avait dit aussi : J’avais faim, et vous m’avez donné à manger. Pourquoi ne travaillons-nous pas, nous aussi sur la terre, de telle sorte que par la foi, l’espérance et la charité, grâce auxquelles nous nous relions à lui, nous reposerions déjà maintenant avec lui, dans le ciel ? Lui, alors qu’il est là-bas, est aussi avec nous; et nous, alors que nous sommes ici, sommes aussi avec lui. Lui fait cela par sa divinité, sa puissance, son amour; et nous, si nous ne pouvons pas le faire comme lui par la divinité, nous le pouvons cependant par l’amour, mais en lui. Lui ne s’est pas éloigné du ciel lorsqu’il en est descendu pour venir vers nous; et il ne s’est pas éloigné de nous lorsqu’il est monté pour revenir au ciel. Il était déjà là-haut, tout en étant ici-bas; lui-même en témoigne : nul n’est monté au ciel, sinon celui qui est descendu du ciel, le Fils de l’homme, qui est au ciel. Il a parlé ainsi en raison de l’unité qui existe entre lui et nous : il est notre tête, et nous sommes son corps. Cela ne s’applique à personne sinon à lui, parce que nous sommes lui, en tant qu’il est Fils de l’homme à cause de nous, et que nous sommes fils de Dieu à cause de lui. C’est bien pourquoi Saint Paul affirme : Notre corps forme un tout, il a pourtant plusieurs membres ; et tous les membres, bien qu’étant plusieurs, ne forment qu’un seul corps. De même en est-il pour le Christ. Il ne dit pas : Le Christ est ainsi en lui-même, mais il dit : De même en est-il pour le Christ à l’égard de son corps. Le Christ, c’est donc beaucoup de membres en un seul corps. Il est descendu du ciel par miséricorde, et lui seul y est monté, mais par la grâce nous aussi sommes montés en sa personne. De ce fait, le Christ seul est descendu, et le Christ seul est monté ; non pas que la dignité de la tête se répande indifféremment dans le corps, mais l’unité du corps ne lui permet pas de se séparer de la tête ».

 

De Saint Augustin, sermon pour l’Ascension, 98, 1-2 (PLS 2, 494-495)

Le professeur Dr. Andreas Kinneging enseigne la philosophie du droit à la Faculté de Droit de l’Université de Leiden aux Pays-Bas. Un des ses intérêts principaux est la tradition philosophique, politique, juridique et morale humaniste et chrétienne, de Platon jusqu’à Dietrich von Hildebrand...

 

 

 


Y a-t-il moralement parlant un bien et un mal ? La question est d’autant plus urgente aujourd’hui, que jamais la confusion n’a été aussi totale. Jamais autant de monde n’a cru que le bien et le mal ne sont que des notions subjectives. A leurs yeux le bien et le mal sont ce qu’un individu, ou un groupe, ou bien encore une culture considère qu’est le bien ou le mal en cet instant. Rien d’autre. Et si ce que ces individus, groupes ou cultures pensent à propos du bien ou du mal change, bien et mal seront changés également, puisqu’ils ne sont rien d’autre au delà de ces convictions. Il est évidement exact qu’il y de nombreuses différences d’opinion entre les gens. Notre espèce se distingue par la capacité de nous différentier par rapport aux autres. Mais certaines choses ne sont pas assujetties à l’opinion.
Dans une classe d’enfants de 6 ans, les opinions peuvent différer grandement sur ce qu’est la somme de deux plus deux. Mais personne n’en conclurait que la réponse est subjective. Il y a seulement une réponse correcte : quatre. Remarquez que la justesse de la réponse ne dépend pas du nombre d’enfants qui l’ont donné; c’est la seule réponse correcte, même si seulement une minorité l’a donné, même si seulement un enfant l’a suggéré, oui même si aucun des enfants n’a trouvé la vraie réponse. On peut dire la même chose en ce qui concerne la question de savoir ce qui est moralement bien et mal. De certains comportement l’on pourrait dire, non, ceci ne sera jamais bien pour moi, ceci ne sera jamais bien pour les autres, ni pour la communauté. D’autres comportements l’on peut dire le contraire, oui, les actes de bonté et d’honnêteté par exemple sont toujours bien pour l’autre. Comment savoir ? il y a une variété de sources : il y  les dix commandements et leur sens profond offert par le Christ lui même. Mais il y a aussi notre propre expérience : « il est écrit dans leur cœur » dit Saint Paul dans sa lettre aux Romains. Si ce message n’est pas enfoui trop profondément, nous pouvons « lire » cette loi au fond de nous. La psychologie et la sociologie confirment sa validité : chaque personne et société dans son entier doivent garder cette loi pour être en mesure de s’épanouir. La société ne pourrait fonctionner si le vol et le meurtre étaient légaux. Une personne ne pourrait vivre heureuse si l’Etat interdisait le mariage, ou que la pratique de la religion et de l’éducation n’étaient pas permises. Un enfant ne pourrait grandir sainement sans amour et soins. Une entreprise ne pourrait durablement générer des profits sans collégialité, ponctualité et honnêteté. La connaissance de ce qui est bien et mal est comme un manuel d’instruction pour soi-même et pour vivre avec les autres. Qu’il y ait des visions différentes sur le bien et le mal, n’a pas de conséquences sur ce que le bien et le mal sont en fait. Il est très possible que de beaucoup de ces visions, une seule soit correcte. Ou aucune. Et cela pourrait être le cas que certaines soient plus proches de la vérité que d’autres, comme par exemple le fait que les enfants qui répondent «trois» et «cinq» sont plus proches de la vérité que ceux qui répondent «dix» ou «dix-sept». De tels sujets qui traitent objectivement du bien ou du mal doivent être reconnus de la même manière par l’Etat. Cela a partiellement été pris en considération par exemple à travers la proclamation des droits de l’homme. Même si l’on peut critiquer que trop de choses sont arbitrairement appelées un droit de l’homme, c’est une véritable réussite. Mais la législation d’une nation doit aussi reconnaître que la vie humaine ne doit pas être prise, même pas si cette vie humaine est encore à naître. Ici nous devons garder nos esprits en éveil : des mauvaises lois ne transforment pas les mauvaises choses en bien. Le manuel d’instruction est quelque chose que l’humanité doit encore découvrir, de la même manière que sa construction mathématique. Il doit être découvert, mais une fois découvert, il doit être rappelé et transmis de génération en génération. Toutes les grandes civilisations passées ont découvert la construction morale du monde, ce qui est bien et mal, souvent en se chevauchant, d’où leur similitudes. Cependant, la compréhension la plus complète et profonde du bien et du mal a été accomplie par la chrétienté, bâtissant sur les fondations posées par la philosophie grecque et la religiosité juive. Nous ne devrions pas l’oublier, et le transmettre à la prochaine génération.

 

Source

Rengaine édifiante de la morale consensuelle, la tolérance n’affiche pas toujours son vrai visage. Indulgente et conviviale en apparence, elle revêt volontiers, depuis Voltaire, l’habit blanc de Torquemada, pour exclure ou condamner, au titre du « fanatisme » (ou de l’intégrisme), toute trace de certitude - en particulier chrétienne. Tel est le prêche du directeur des consciences molles, André Comte-Sponville, au chapitre « Tolérance » de son Petit Traité des grandes vertus : « Le catholique [...], s’il est intellectuellement honnête, aime la vérité plus que la certitude. […] Aimer la vérité jusqu’au bout, c’est accepter aussi le doute à quoi, pour l’homme, elle aboutit » !

 

 

 

 

 

Du scepticisme à l’intolérance des Lumières

 

Pour les Lumières, la foi est une opinion et ne doit plus prétendre à la Vérité. Reste ce commandement universel et absolu : Il faut être tolérant… l’impératif moral est unique et catégorique : il faut ! Adossée à un dogmatisme d’autant plus virulent qu’il demeure opaque, la « tolérance » voltairienne se dérobe elle-même au dialogue contradictoire. Sur un versant, elle fuit : il est facile d’avoir le courage des idées de tout le monde. Mais sur l’autre, la tolérance ne tolère pas l’idée de Vérité. Elle lui préfère le doute ; ce faisant, elle ne tolère qu’elle-même, ce qui est chose aisée. Car elle doute de tout, sauf d’elle-même. En quoi elle confine à la tartufferie qui raffine le vice. Les récalcitrants qu’elle ne peut convertir à ses doutes sont pour elle autant de marginaux qu’elle exclut car ils ne peuvent à ses yeux la mériter. Voltaire annonce le modèle cloné de la vertu aujourd’hui « citoyenne », d’une rigidité pateline, qui n’est plus le témoignage d’aucune vérité sinon “plurielle” : vérité individuelle, incernable et façonnable à merci, au gré du ressenti. Irréfutable aussi. Car le pluralisme philosophique s’arroge insidieusement un statut de religion surplombante et universelle. Voilà son dogme et sa certitude : la vérité est plurielle, seule l’erreur est unique, qui consiste à croire que la vérité peut être une et certaine. Dès l’origine, la tolérance voltairienne est une arme sémantique qui vise non pas à promouvoir la paix civile ; elle est engagée dans un combat, spécialement dirigé contre l’Infâme, l’Église et ses certitudes superstitieuses. Veut-elle donner mauvaise conscience aux catholiques de bonne foi ? Sans doute : le Traité sur la tolérance (1763) les dénonce, pape inclus, comme sectaires et fanatiques ; mais elle se projette bien au-delà : vers l’établissement d’un consensus permettant le libre-échange mondial des biens, des sexes et des idées reçues. De Voltaire à John Rawls, cette drôle de vertu sublime malaisément son inconscient mercantile et ses pulsions opéistes de troc, de trust ou autre trafic du capitalisme boursier.

 

 

 

 

Le haut-lieu de la tolérance voltairienne : la Bourse de Londres ou de Bassora…

 

Pour Voltaire en effet, selon Ghislain Waterloot (« Voltaire ou le fanatisme de la tolérance », Esprit, août-sept. 1999), « la tolérance doit servir le développement du libéralisme naissant », « l’essor du commerce » et « indirectement la célébration moderne du travail ». Elle est la vertu cardinale unique du concert des nations. Le Dictionnaire philosophique (Genève, 1764), ouvertement dirigé contre l’Église, définit ainsi la tolérance : « C’est l’apanage de l’humanité. […] Pardonnons-nous réciproquement nos sottises, c’est la première loi de la nature. » Chacun a intérêt à pardonner son voisin s’il veut faire affaire avec lui. L’aspect doucereux et commisératoire est mis en avant. Mais aussitôt, Voltaire illustre son propos. Le haut-lieu de cette vertu unique n’est rien d’autre que « la bourse d’Amsterdam, de Londres, ou de Surate ou de Bassora », où « le banian, le juif, le mahométan, le déicole chinois, le chrétien, le quaker […] trafiquent ensemble ». Cette définition marque la fin ultime de la tolérance : le travail et libre marché. Il en va de même dans Zadig (scène du « Souper ») où la dispute religieuse entre marchands est résolue par la reconnaissance commune d’un Être suprême, qui leur permet enfin de conclure entre eux d’excellentes affaires. Dans la 6e Lettre philosophique, le lexique religieux est emblématique : la tolérance substitue le culte de Mammon à celui de Dieu et de Jésus-Christ. La bourse est une « assemblée » universelle, de connotation cultuelle ; l’échange du travail et des contrats y tient lieu de rite œcuménique ; y sont conviés tous les « fidèles » : ceux qui possèdent des biens à échanger. Cette religion de la « raison », seule sérieuse, célèbre le travail et l’argent (qui tient lieu de certificat de baptême), et vise « l’utilité [matérielle] des hommes » (qui remplace le Salut éternel). Le commerce mondial et l’enrichissement nécessitent une paix entre des religions devenues ridicules. L’« excommunication » prévue par le patriarche de Ferney n’est pas anodine. Elle marque l’ambivalence venimeuse de sa « tolérance ». Trente ans seulement séparent le Traité sur la Tolérance de la Terreur. Comme le conclut Ghislain Waterloot (ibid.) : « il n’est pas absurde de parler de la tolérance voltairienne comme d’un fanatisme. Arme dans un combat destiné à promouvoir une vision politique et sociale du monde, la tolérance devient violence. »

 

Source : Revue ‘’Objections’’ n°5, avril 2006 - Directeur de la publication : Abbé Guillaume de Tanoüarn

Le Concile a clairement enseigné que le chant grégorien était le chant propre de la liturgie romaine. Autrement dit, le grégorien est un élément constitutif de notre liturgie. 
Par conséquent, les liturgies amputées du chant grégorien ne sont plus des liturgies complètes, intégrales : il leur manque quelque chose. Et quand on supprime le chant grégorien de la liturgie romaine pour le remplacer systématiquement par des cantiques, c'est un peu comme si, dans la liturgie orientale de S. Jean Chrysostome, on décidait de supprimer l'iconostase pour la remplacer par un simple rideau... La richesse expressive du rite y perdrait beaucoup, et il n'est pas sur que la liturgie survivrait longtemps à un tel changement !


 

 

Puisque tout le monde s'accorde à reconnaître que la liturgie est la célébration de la foi, il faut en conclure que les liturgies amputées du chant grégorien sont des célébrations d'une foi amputée. Or la foi catholique forme un tout cohérent : emputée d'un de ses éléments, privée de l'un de ses aspect, elle peut se transformer petit à petit en une religiosité à géométrie variable ou en une simple croyance qui risquera d'induire des comportements plus ou moins sectaires. L'esprit de chapelle n'est alors plus très loin...
Certains diront : « Mais le grégorien, c'est en latin : on ne comprend pas ». 
Là n'est pas la vraie question. La vraie question est peut-être moins de "comprendre" ce qu'on dit que d'avoir conscience de ce qu'on célèbre. Or l'expérience prouve que, le dimanche, à la messe, beaucoup comprennent les mots qu'ils disent sans pour autant avoir conscience de ce que célèbre la liturgie. Aux messes de mariages et d'enterrements, par exemple, tous entendent le célébrant leur dire « le Corps du Christ » au moment de la communion. Mais combien de celles et de ceux qui ne mettent jamais les pieds dans une église s'avancent pour recevoir l'hostie en ayant conscience qu'ils reçoivent le Corps du Christ ?
D'autres diront : « Nous avons remplacé le grégorien par de beaux cantiques ».
Le fait que les cantiques soient beaux - c'est-à-dire, en réalité, qu'ils plaisent à ceux qui les ont choisis - ne suffit pas. Il faut d'abord que les cantiques soient "liturgiquement justes", ce qui est très rarement le cas. Ensuite, il ne faut pas oublier que le cantique et le chant grégorien n'ont pas du tout la même fonction, ne jouent pas du tout le même rôle : ils ont même des rôles opposés !
Le chant grégorien est une jeste expression de la liturgie, dont le sens doit se communiquer par imprégnation au peuple de Dieu en tant qu'il est une "portion d'Eglise" en un lieu donné. Le cantique n'est que l'expression d'une assistance donnée qui entend adapter la célébration au point de vue majoritaire de ses membres. 
Dans ces deux cas, le mouvement n'est pas du tout le même. Dans le premier cas, c'est l'autel et ce qui s'y déroule qui sont prépondérants, dans le second cas, c'est l'assemblée des fidèles. Dans le premier cas, la liturgie est incontestablement catholique; dans le second cas elle prend le risque d'être polluée par des éléments qui lui sont étrangers et qui peuvent finir par la rendre ambigüe.
En liturgie, ce qu'on chante n'est pas neutre et l'on ne peut pas impunément remplacer un chant constitutif de la liturgie par des chants - les cantiques - qui n'ont pas jailli de la liturgie elle-même. Non, le chant n'est pas neutre : Martin Luther et les Réformateurs qui ont suivi l'avaient bien compris. Voilà pourquoi la suppression du sacerdoce et de l'Eucharistie dans les Eglises issues de la réforme s'est accompagnée de la réduction puis de la quasi suppression des chants du célébrant au profit du chant de foule. L'assemblée a alors pris l'importance que n'avait plus l'autel.
N'observe-t-on pas un tel glissement dans bien des paroisses qui se veulent catholiques mais où, à force de ne plus chanter que des cantiques et d'avoir évacué la chant grégorien, le sens de la liturgie eucharistique s'est déjà considérablement affaibli ?

 

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