Une étrange "alliance" semble se propager aujourd’hui dans tous les pays démocratiques, mais surtout en Occident : l’alliance entre démocratie et relativisme. Il semble que la seule manière pour assurer la survie de la démocratie consiste à renoncer à la Vérité, à une possible Vérité partagée, pour épouser le relativisme le plus radical : c’est là, ensuite, renoncer aussi à la recherche d’une possible Vérité, en reléguant la plus grande partie des choix, même ceux de grande importance sociale, à ce que l’on appelle la sphère personnelle. Cette conviction erronée se traduit, au plan culturel, social et politique, dans la tentative de marginaliser, le plus possible, les catholiques, en les excluant de la scène publique, et surtout, en tentant de neutraliser leur poids effectif dans le débat culturel et social.



gargouilleLe christianisme, au contraire, n’est pas une menace pour la démocratie, mais il en est le fondement culturel indispensable. Une démocratie réelle, qui ne se confond pas avec les nombreuses oligarchies présentes actuellement dans le monde, se fonde essentiellement sur les « valeurs partagées », sur une conception culturelle commune, dans laquelle on reconnaisse que le centre de la société, dont on ne peut se passer, est la personne et non pas l’Etat. L’attaque systématique contre le christianisme et contre la grande culture et tradition chrétienne peut-être, même sans que leurs auteurs en soient conscients, le risque de se traduire en une attaque contre la démocratie elle-même. De cette manière, l’élimination d’une culture partagée, capable, en raison précisément de son histoire et de son identité, d’accueillir démocratiquement tout ce qu’il y a de bon dans les autres cultures, coïncide avec la perte des bases culturelles essentielles pour la survie d’une démocratie. Ce n’est pas un hasard si les démocraties modernes sont nées et se sont développées dans les Pays ayant une longue tradition chrétienne. La démocratie et le relativisme ne sont pas coessentiels, au contraire, le relativisme étouffe la démocratie qui, n’ayant plus de points de repère, risque l’effondrement sur elle-même. Seule la récupération du caractère central et de la Vérité de la personne, en dépassant radicalement le matérialisme (qui s’est malheureusement concrétisé dans le marxisme, dans le libéralisme effréné), pourra être une garantie de survie pour la démocratie. Dans ce sens, elles apparaissent problématiques et, de fait, inexplicables, les positions de ces "catholiques" qui préfèrent grossir les rangs des paladins de la laïcité de l’Etat - qui est en grande partie le laïcisme sous des dépouilles trompeuses - au lieu de rechercher l’unité avec leurs autres frères dans la foi. Qu’est-ce qui vient en premier : l’unité avec les compagnons de parti, ou l’unité avec les autres membres du corps ecclésial ? De cette manière, la foi se réduit à un « choix religieux », et se désunit de l’unité catholique. Le phénomène de la marginalisation des catholiques dans la vie publique et dans la politique, touche un nombre toujours plus grand de Pays, et semble être un « ordre d’écurie » philosophiquement fondé et déterminé. Le relativisme n’est pas une garantie de démocratie ni d’une possible vie sociale bonne. Nous espérons que les hommes politiques catholiques ont des idées bien claires à ce sujet, parce que les premiers à être « marginalisés », ce sont eux précisément. Malheureusement, la diaspora politique des catholiques est une conséquence de la diaspora culturelle. Pour cela, il faut se mettre à une sérieuse réflexion. Pour la raison aussi que « le poids culturel atteint, et l’expérience mûre d’un engagement politique que les catholiques, dans différents Pays, ont su développer, en particulier dans les décennies postérieure à la deuxième guerre mondiale, ne peuvent les placer dans aucun complexe d’infériorité vis-à-vis d’autres propositions dont l’histoire récente a montré la faiblesse ou l’échec radical » (Congrégation pour la Doctrine de la Foi, Note doctrinale sur certaines questions concernant l’engagement et l’attitude des catholiques dans la vie politique, Cité du Vatican, 2002, n.7).

 

http://img.over-blog.com/300x304/0/21/41/34/liturgie/modernisme.jpgJuin 2012 : le nombre dramatiquement bas des ordinations sacerdotales en France ne serait-il pas le révélateur de cette crise dont il est question dans ces lignes et qu’on a longtemps cherché à minimiser tellement elle marque l’échec des pastorales mises en œuvre par des « clérocrates » se réclamant d’un Concile dont ils ont volontairement gauchi les enseignements ? Pour tâcher de répondre à cette question, il faut voir ce qui s’est passé d’une façon générale dans les séminaires, dans les paroisses et dans les diocèses. La « Ratio fondamentalis » publiée en 1985 fixait les modalités de la formation spirituelle, théologique et humaine que devaient avoir les futurs prêtres dans les séminaires diocésains. En France, ce document restera lettre morte. Assez rapidement, la direction des « grands séminaires » diocésains passe entre les mains de prêtres plus ou moins ouvertement « anti-romains » qui partent du principe selon lequel Vatican II ne pourra porter des fruits que si l’on apprend à en dégager l’ « esprit », c’est-à-dire si l’on sait « relire » les textes conciliaires pour les « réinterpréter » - c’est le terme alors à la mode - à la lumière de principes théologiques faisant la part belle à tout ce qui a le goût du neuf, de l’original, du moderne, d’opposé à une foi catholique que l’on pourrait qualifier de traditionnelle et populaire. Autrement dit, les séminaires diocésains de France deviennent tous, sans aucune exception, des laboratoires où s’expérimentent de nouvelles pastorales que les séminaristes, une fois ordonnés prêtres, devront introduire dans les paroisses où leur évêque les aura nommés. Sous la houlette des supérieurs de séminaires nommés par les évêques diocésains, les candidats au sacerdoce sont alors invités à se constituer en « équipes » qui deviendront rapidement de véritables « soviets » chargés d’éliminer le séminariste qui, par fidélité à la foi de l’Eglise et par obéissance au Souverain Pontife, refuse de cautionner des thèses théologiques hasardeuses et de se lancer dans toutes sortes d’innovations que Vatican II n’a jamais voulues. Car dans tous les séminaires de France, il devient vite obligatoire - ou plus exactement « normal » - de remettre en cause l’autorité du Pape et, ceci fait, de discuter tout ce qui vient de Rome ou de l’un des rares évêques de France osant rappeler la nécessité d’être unis autour du Successeur de Pierre. Bien entendu, dans un tel contexte, il devient aussi obligatoire de « réinventer » la liturgie, c’est-à-dire de refuser de mettre fidèlement en œuvre le Missel romain restauré à la suite du Concile : au cours des messes transformées en chantier liturgique permanent, les séminaristes doivent se tenir autour de l’autel avec les concélébrants pour, éventuellement, dire avec eux des « prières eucharistiques » qui auront été composées par l’une des équipes dont il a été question plus haut. Dans le même temps, il est « fortement conseillé » de railler des pratiques telles que les processions, le chapelet, l’agenouillement… et surtout l’adoration du Saint-Sacrement. Quant au latin et au chant grégorien que Vatican II a voulu conserver dans la liturgie, il ne doit absolument plus en être question. 

 

 

http://a401.idata.over-blog.com/500x410/0/21/41/34/2011/messe-cuisine.pngLe séminariste qui ne se prête pas à ce jeu de critique systématique du Magistère et de ses enseignements ou qui se montre réticent face aux excentricités liturgiques et aux aberrations théologiques est progressivement marginalisé. Il est ensuite accusé de ne pas « s’intégrer » aux équipes de séminaristes, puis soupçonné d’être une sorte de dangereux « crypto-traditionaliste » opposé à l’ « esprit du Concile » dont se nourrit la communauté chargée de former le « prêtre de demain » : enfin, il est très vivement « invité » à prendre quelques années sabbatiques durant lesquelles les Directeurs du séminaire s’emploieront à lui faire comprendre, avec toute la charité chrétienne dont ils sont capables, que son retour au séminaire n’est pas souhaité. Bien que le témoignage rapporté ci-dessous concerne un diocèse précis, il reflète parfaitement ce qui s’est passé dans l'ensemble des séminaires diocésains et interdiocésains de France : « (...) Monseigneur et ses vicaires généraux étaient vigilants vis-à-vis des « déviants » que nous étions, je n’avais aucun doute à me faire à ce sujet. Pas un clerc n'aurait pu faire illusion plus que quelques mois, même en s'y entendant à jargonner comme les prêtres à la mode. J’ai connu personnellement plusieurs séminaristes qui ont échoué alors qu’ils parlaient pourtant le « clergé français » sans accent. Ils savaient sans rire « réarticuler leur foi au niveau de leur vécu et se laisser « réinterpeller » par le questionnement existentiel d’une pastorale d'ensemble qui fait problème. Rien n’y fit. Soumis quotidiennement à la surveillance omniprésente et au lavage de cerveau d’une équipe de « révision de vie », ils ne purent tenir plus de quelques mois ou de quelques années, pour les plus coriaces, et furent éjectés par le système. Dans un régime de délation généralisée - on ne pouvait être ordonné ou même passer en année supérieure sans l’avis favorable de l’équipe -, celui qui faisait preuve de la moindre faiblesse, de la moindre réticence à hurler avec les loups ou à dévoiler chaque coin de son âme, était immanquablement suspecté quand bien même il eût tenu le coup du point de vue nerveux. Au bout de quelques « partages d’Evangile », on était en général catalogué et mis à l’index. Le moins rapide à s’ « apitoyer » sur la tiédeur progressiste des autres risquant d’être la victime de l’ « équipe », il régnait dans les séminaires un climat de surenchère tel que rien ne pouvait échapper aux autorités. L’évêque ou les responsables des vocations n’avaient même pas à intervenir. Les sulpiciens ou les carmes qui dirigeaient les séminaires détectaient sans coup férir les mal-pensants. Ceux-ci étaient convoqués chez le supérieur en fin d'année et on leur expliquait le plus sérieusement du monde qu’ils n’étaient pas épanouis, qu’ils n'avaient pas l’esprit d’équipe, qu’ils n’avaient pas une foi adulte... et que, pour leur bien, on leur conseillait de partir. Et même si l’évêque les avait en estime, il était inutile d’aller le voir. Celui-ci, terrorisé par les commissions ou les bureaux, « ne pouvait rien faire ». Il n’aurait pas osé s’opposer aux décisions du supérieur d’un séminaire régional. A supposer même qu'un jeune ait été assez fort pour résister au lavage de cerveau et donner le change au séminaire, il se trouvait rapidement confronté dans son diocèse à de tels cas de conscience qu’il lui fallait soit perdre son âme en participant à l’inacceptable, soit se mettre de lui-même hors jeu en exprimant un refus. Il faut savoir en effet que pendant les vacances scolaires et au cours d’une succession interminable de stages venant repousser à l’infini la fin de leurs études, les séminaristes se voyaient intégrés pour la pastorale dans des équipes de prêtres et de laïcs particulièrement « choisies ». Et là, que faire si le curé les invitait à participer à une Eucharistie qu’il disait en civil avec un bout de pain et un gobelet de rouge sur la table de cuisine, si un vicaire les envoyait après la messe remettre dans la boîte avec les autres ce qui restait d’hostie consacrées, s’ils devaient participer à une réunion où on expliquait aux jeunes que les « expériences » sexuelles étaient tout à fait normales, ou s’ils entendaient enseigner aux enfants du catéchisme que « Jésus était un homme comme les autres » ? Ou bien ils acceptaient une fois, et au nom de quoi auraient-ils alors refusé ou protesté plus tard, ou bien ils s'opposaient et c’en était fait de leur accession au sacerdoce. Ils étaient renvoyés pour cause d’inadaptation à la « pastorale du diocèse ». On connut même le cas, dans le diocèse de M., d’un jeune que l’évêque, Mgr Louis K., successeur de Mgr M., avait admis au diaconat, et qu’il refusa ensuite d’ordonner prêtre, le laissant dans une situation impossible au mépris du droit canonique. Ce diacre, qui avait le tort rédhibitoire de porter le clergyman, ne se laissa pas faire. Il engagea un procès à Rome contre son évêque, procès qu’il aurait gagné à coup sûr, car on ne peut refuser l'ordination sacerdotale à quelqu'un qui a accédé au diaconat en vue du sacerdoce, sauf pour des raisons graves touchant à la foi ou aux mœurs. Malheureusement, Mgr K. ne fut jamais condamné : le diacre, entre-temps, était ordonné prêtre dans le sud de la France par un évêque intelligent, et il retira sa plainte... Quelqu’un d'extérieur à la question imaginera peut-être qu'il suffisait à ces jeunes d'adopter un profil bas, d'avaler des couleuvres, de se taire et de feindre jusqu’à leur ordination. Après tout, n'était-ce pas être profondément fidèle au Saint-Père et à l’Eglise que de durer pour devenir prêtre malgré l’orage afin que Rome trouve plus tard dans les diocèses des hommes sur qui compter pour redresser peu à peu la situation, au fil des nouvelles nominations d’évêques ? En réalité, la chose était pratiquement impossible, et je ne connais que très peu de jeunes qui se soient crus autorisés en conscience à user d’un tel subterfuge et qui aient pu le mener à terme. Résister jour après jour au bourrage de crâne et à l’inquisition permanente d’une équipe de « révision de vie » pour laquelle vous taire suffit à vous rendre suspect représente déjà, aux dires de ceux qui en ont fait l’expérience, une performance psychologique peu commune. Certains jeunes, j’en connais, qui après avoir traîné de longues années dans les séminaires de l’époque ont finalement été écartés, y ont laissé leur santé mentale. Mais, plus important encore, une telle attitude fut jugée par beaucoup inacceptable sur le plan moral. On ne peut collaborer à ce qui est vraiment mal, même en vue d’un bien futur. De plus, il faut savoir que pour un séminariste appelé aux ordres, comme pour un prêtre, l’union vraie avec l’évêque est quelque chose de spirituellement très important. Bien peu de jeunes ont pu considérer qu'une sorte de duplicité provisoire était envisageable en ce domaine afin d’être appelés au sacerdoce. Et en admettant même qu’un évêque, plus ou moins dupe ou capable de davantage d’indépendance et de largeur d’esprit, ait appelé ces jeunes aux ordres (...), leur épreuve n’aurait pas pris fin pour autant. Le courage des évêques allait rarement jusqu’à soutenir ces nouveaux prêtres différents ou à les protéger des confrères et du conseil épiscopal. Or, vis-à-vis de ces jeunes prêtres en clergyman, très motivés, et décidés en tout à obéir scrupuleusement à Rome, la hargne des aînés, en civil, plus vagues dans leur enseignement et plus « horizontaux » dans leur action pastorale, est souvent très réelle. Elle prend quelquefois un tour difficilement imaginable pour un laïc, de la part de gens pour lesquels la tolérance est le grand enseignement du Concile. (...) » (1)

 

 

http://idata.over-blog.com/0/21/41/34/2011/annee70.gifAprès exclusion systématique des candidats au sacerdoce considérés comme trop « classiques », comme trop « traditionnels » (2) - c’est-à-dire, en réalité, respectueux des enseignements de l’Eglise et demandant que le Concile soit fidèlement mis en œuvre - ne restent plus dans les séminaires de France que des futurs prêtres gagnés aux idées les plus « progressistes ». C’est sur eux que l’on pourra compter plus tard pour généraliser des pastorales du relativisme ou même de la désobéissance (3) : ils n’auront guère appris que cela. Ce seront ces séminaristes-là, sans véritable formation, qui seront ordonnés puis qui, quelques 20 années plus tard, seront nommés curés d’importantes paroisses, vicaires épiscopaux, ou seront même proposés à l’épiscopat. Ainsi, le système mis en place se verrouille et s’auto-entretient, laissant facilement deviner que la crise sera d’autant plus longue et difficile à surmonter qu’elle se greffe désormais sur l’indifférence ou l’ignorance de très nombreux fidèles laïcs. Dans les paroisses, des jeunes vicaires s’emploient à mettre en œuvre le programme pastoral élaboré dans les grands séminaires. Soit que ces nouveaux prêtres sont eux-mêmes convaincus du bien-fondé des changements envisagés, soit qu’ils subissent des pressions telles qu’il ne leur est plus possible de remonter un courant qui semble tout emporter sur son passage. De fait, les rares prêtres qui célèbrent la liturgie comme l’a vraiment voulu le Concile, qui continuent à organiser des processions, des Vêpres et des Saluts du Saint-Sacrement, qui maintiennent la pratique de la confession individuelle… sont rapidement considérés comme des « trublions » dont les avis ne méritent pas d’être pris en compte. De plus, il arrive que ces prêtres soient ouvertement critiqués par leurs propres paroissiens qui trouvent anachroniques le maintien de certaines pratiques abandonnées partout ailleurs ; ces paroissiens manifestent leurs nettes préférences pour les « nouvelles façons de vivre un christianisme ouvert » et pour les « célébrations vivantes » que présentent les tenants d’une libre réinterprétation du Concile. Celui qui n’a pas connu les années de l’immédiat après-concile ne peut plus imaginer ce qui s’est alors passé dans les églises paroissiales et ce qu’ont vécu douloureusement les fidèles de cette période pour le moins agitée.

 

 

guitarPartout, en l’espace de seulement quelques semaines, la liturgie subit des bouleversements que personne n’osait imaginer avant le Concile ; partout elle est bouleversée sur la base de principes et de directives dont on ne trouve aucune trace dans la Constitution « Sacrosanctum Concilium » : le latin et le chant grégorien, que l’Eglise demandait de conserver dans la liturgie romaine, sont les premiers à faire les frais des changements. L’usage du chant grégorien est d’abord critiqué, puis drastiquement limité, et enfin carrément interdit afin d’être oublié le plus rapidement possible. Au point qu’aujourd’hui, dans la majorité des paroisses, les fidèles ne sont plus même capables de chanter un simple « Credo ». Dans le même temps, on semble découvrir que le latin est une « langue que l’on ne comprend pas » et qui empêche la « participation active » des fidèles à la liturgie. Curieusement, quelques années auparavant, son usage ne semblait troubler que très peu de pratiquants. Conjointement, les maîtres-autels sur lesquels, de mémoire de paroissiens, la messe avait toujours été célébrée, sont abandonnés - parfois même démolis à coups de pioches sur ordres de certains curés - pour être partout remplacés par des autels « face-au-peuple » qui sont généralement de simples tables placées en avant des chœurs pour être bien visibles des assemblées. Ces deux premières nouveautés touchant à la langue cultuelle et à l’orientation des célébrations imposent immédiatement une apparence inédite aux messes paroissiales et font croire aux prêtres qu’ils auront désormais à jouer un nouveau rôle. Ils devront être tour à tour « commentateurs », « animateurs », « entraîneurs d’assemblées », « compositeurs-interprètes », « showmasters » (4) au sein de célébrations devant conduire à l’oubli de tout ce qui se faisait et était signifié jusqu’ici par la liturgie de l’Eglise. Ainsi les changements qui affectent les formes rituelles entraînent-ils des modifications du fond. Et c’est précisément ce que souhaitent bien des prêtres de la nouvelle génération « formés » dans les séminaires dont il a été question plus haut. Mais ces premiers changements qui affectent la liturgie ne s’arrêtent pas là. Presque partout ils sont accompagnés d’un véritable rejet de tous les éléments qui permettaient de sacraliser et de solenniser les célébrations. Pêle-mêle, les calices et les ciboires sont remplacés par des coupelles en terre cuite ou des paniers en osier et sont vendus à des antiquaires avec les porte-cierges et les ostensoirs devenus inutiles ; les chasubles sont remisées au fond des placards d’où elles ne sortiront plus que très rarement puisque la nouvelle tenue du célébrant français est désormais l’aube flottante en tergal (dont on se demande encore comment il peut se faire que des prêtres acceptent de la porter tellement elle est d’un mauvais goût accompli qui confère une silhouette proprement grotesque) ; les groupes d’enfants de chœur sont peu à peu supprimés tout comme sont dissoutes les chorales dont le rôle est jugé inutile puisque ce sont maintenant les assemblées qui, au nom de la « participation active » doivent chanter sous la direction d’animateurs liturgiques qui semblent choisis plus pour leurs aptitudes à entrer dans le jeu de tel célébrant s’employant à ignorer les normes liturgiques que pour leurs aptitudes à aider au bon déroulement des célébrations ; tout ce qui permet de s’agenouiller au cours d’une messe, comme le demande le Missel restauré, est supprimé ; l’orgue à tuyaux est concurrencé par un « orgue » électronique permettant l’accompagnement de refrains ou de cantiques composés en toute hâte pour détrôner définitivement les pièces grégoriennes du « propre » et du « commun »… etc.

 

 

Partout se mettent en place de nouvelles façons de célébrer la liturgie. Elles ont toutes en commun d’être plus ou moins tributaires des marottes de prêtres poussés, grâce aux autels « face au peuple », à se comporter comme des « animateurs » de communautés au sein desquelles les sentiments de tel groupe de fidèles l’emportent sur le sens profond de la liturgie. Il arrive même assez souvent que ces nouvelles façons de (mal)traiter la liturgie deviennent l’occasion d’exacerber le narcissisme de certains célébrants, généralement ceux de la génération qui a été privée de véritable formation liturgique : on aboutit alors à cette instrumentalisation systématique de la liturgie dénoncée par le Bx Jean-Paul II dans sa Lettre « Vicesimus quintus annus » pour le 25e anniversaire de la Constitution conciliaire « Sacrosanctum Concilium ». Toutes ces façons de célébrer font perdre à la liturgie son harmonie et son unité : au lieu d’être l’action sacrée par excellence qui possède sa logique interne et son harmonie, elle devient le résultat d’un empilement plus ou moins composite de pratiques calquées sur le schéma du rite originel mais qui ne sont plus véritablement le rite lui-même. La célébration apparaît alors comme fractionnée en éléments plus ou moins disparates, comme composée d’instants sans cohérence capable d’induire une foi réfléchie et, chose absolument insolite, une liturgie mise en œuvre dans le strict respect de ce que demande l’Eglise passera pour « curieuse » ou insolite aux yeux des fidèles désormais habitués à des célébrations aléatoires. Car tel est bien le problème : à force de multiplier des liturgies dysharmonieuses et de permettre que toute célébration puisse être systématiquement agencée selon les goûts des célébrants et des assemblées, une messe dignement et fidèlement célébrée passe aujourd’hui pour une curiosité tandis qu’une messe soumise aux fantaisies d’un célébrant désinvolte passera pour « normale » puisque c’est désormais comme ça qu’est traitée dans la majorité des paroisses de France la liturgie restaurée à la suite de Vatican II. (5) Plus insolite encore : de nombreux prêtres trouvent offensant ou incongru que des fidèles viennent leur demander de célébrer la liturgie en respectant le Missel romain actuel, tellement ils sont convaincus qu’ils respectent cette liturgie et qu’ils sont dans la droite ligne du Concile. Et si un groupe de fidèles demande que pour telle occasion, une messe soit célébrée qui soit respectueuse des normes données par l’Eglise, il lui faudra d’abord trouver un prêtre qui sache célébrer correctement, et ensuite obtenir du curé de la paroisse une autorisation pour qu’une telle messe puisse se faire : l’obtention d’une liturgie simplement « normale » s’apparente donc à un parcours du combattant alors qu’on ne fera aucune difficulté pour un prêtre qui accommode la liturgie à sa façon. Aujourd’hui, donc, la liturgie voulue par Vatican II semble sans arrêt osciller entre une indigence érigée sinon en norme du moins en habitude, et un « kitsch prétentieux » réservé à quelques fêtes paroissiales ou diocésaines ; quant à la mise en œuvre correcte de la liturgie, elle ne se trouve donc plus que très rarement, le mauvais goût semblant être la chose la mieux partagée au sein d’un certain clergé. 

 


betterinlatinLe fait que les fidèles ne soient plus choqués par tant de célébrations approximatives et miséreuses prouve bien qu’ils se sont habitués à ce que le soin porté à la liturgie ne soit plus une priorité, ne soit plus une nécessité ; par exemple, ils ne seront pas heurtés de voir qu’au cours d’une messe de la Fête-Dieu, le célébrant utilise un magnifique ostensoir mais mette les hosties destinées à la communion dans des corbeilles en osier, ou de voir que c’est une simple caisse couverte de tissu qui, utilisée comme autel, symbolise le Christ et est encensée, ou encore que tel évêque puisse se présenter habillé de façon proprement hétéroclite avec une magnifique chape dorée ancienne, une mitre ultra-moderne, une étole quelconque et une grotesque « aube-sac » en tergal portée sans cordon… Pourtant, n’est-ce pas l’accumulation de tant de ces maladresses et fautes de goût qui, ajoutée à la liberté prise par des célébrants peu formés, rend les célébrations si peu fascinantes que beaucoup croient à présent qu’en y ajoutant des gadgets qui n’ont rien à voir avec la liturgie (rondes d’enfants autour de l’autel, agitations de banderoles, animation liturgique, commentaires et explications, chants « qui plaisent »…), elles pourront demeurer attractives ? Les fidèles qui pensent que l’analyse de la situation faite ici est exagérée ou ne correspond pas à la réalité sont vivement invités à lire en détail la « Présentation générale du Missel romain » puis à comparer ce qui y est dit avec les messes qu’ils voient dans leurs paroisses ou même à la télévision et aussi avec les photos de messes trouvées sur les sites internet des paroisses : ils ne pourront que constater qu’un fossé profond sépare les pratiques actuelles de ce que l’Eglise a clairement établi en matière de culte divin.

 

 

Pour clore ces lignes, il reste à voir ce qui se passe dans les diocèses de France. Il apparait que dans chaque diocèse existent des commissions de liturgie ; leur création avait été envisagée par le Concile. Mais celles-ci sont à présent dirigées par des prêtres qui, appartenant à cette génération privée de formation solide, se sont souvent employés à encourager les expériences liturgiques illicites par le biais de publications largement diffusées dans les paroisses grâce aux appuis de maisons d’éditions qui avaient compris rapidement que l’intérêt porté aux questions liturgiques pouvait être lucratif. Ainsi ont été très largement diffusés dans toutes les paroisses des « fiches d’animation liturgique » et des « recueils de chants nouveaux » qui ont rapidement supplanté le Missel romain au point de devenir les seuls objets d’étude au cours de stages organisés pour les « animateurs liturgiques ». Ces derniers devenant alors les relais des prêtres gagnés à l’ecclésiologie nouvelle. Les rouages du « magistère parallèle » sont donc bien huilés ; au point que certains prêtres de la nouvelle génération qui aimeraient pouvoir célébrer la liturgie de l’Eglise en toute liberté n’hésitent plus à parler de « soviets » qui, au sein des diocèses, entravent toute velléité d’obéissance au Magistère et de réelle fidélité aux enseignements conciliaires. Cette situation n’est-elle pas sans porter un nouveau préjudice aux vocations sacerdotales ? Quel jeune, en effet, accepterait d’être prêtre en sachant qu’il devra exercer son ministère et vivre la liturgie eucharistique en étant contraint de sans cesse louvoyer entre les directives diocésaines les plus discutables et les instructions romaines les plus dignes d’être reçues dans un esprit de confiance ?

 

NOTES.
(1) Patrick CHALMEL, Ecône ou Rome ; le choix de Pierre. Ed. Fayard, Paris, 1990.
(2) Jean-Pierre DICKES, La Blessure, Ed. Clovis, Etampes, 1998 ; Cercle Jean XXIII de Nantes, Liturgie et lutte des classes, Ed. de l’Harmattan, Paris.
(3) « Depuis quelque temps, Nous avons donc eu bien des occasions d’évaluer la vitalité du catholicisme français. (...) Nous sommes très conscient, comme vous-mêmes, de réalités préoccupantes, par exemple : le problème des vocations et de la formation au sacerdoce, ici ou là des « liturgies inadmissibles », une apathie spirituelle de prêtres, de religieux et religieuses, une évolution surprenante de tel ou tel mouvement d’action catholique, l’admission, chez des personnalités ou des organismes officiellement catholiques, d’hypothèses ou de pratiques manifestement contraires à la foi ou à l’éthique chrétienne, et Nous avons le courage d’ajouter : un certain « complexe antiromain », selon le titre d’un ouvrage récent. (...) » (Cf. PAUL VI, Discours aux évêques français en visite ad limina, 5 décembre 1977.)
(4) Cardinal Joseph RATZINGER, Entretiens sur la foi, Ed. Fayard, Paris, 1985.
(5) Lorsque le Pape Benoît XVI est venu en France, des évêques ont dû expliquer aux fidèles que les messes que célébrait le Souverain Pontife étaient bien conformes à la liturgie restaurée à la suite de Vatican II.

 

Pro Liturgia

Comte-de-Paris.jpgSommes nous encore en démocratie et pour combien de temps ? La violence brutale infligée à une majorité de Français serait-elle une provocation ? Sinon, avons-nous les moyens d'y répondre ? Lesquels ? Lorsqu'on ose faire voter à main levée, comme sous la terreur, lors de la révolution de 1792, des lois d'exceptions pour arracher au bulldozer les racines de notre civilisation judéo-chrétienne, il y a violence faite à la démocratie mais aussi à l'âme et au cœur des Français, à leur culture millénaire. La haine et l'incompréhension creusent alors leurs sillons au sein du peuple de France. Une  gouvernance annoncée comme normale pourrait apparaître, au bout d'un  an, comme l'antique Moloch, idole carthaginoise : on faisait périr dans les flammes de cet idole, constamment entretenues, les  opposants, permettant alors aux fragiles gouvernances de l'époque de  croire pouvoir ainsi éteindre par le feu toute angoisse de leur propre avenir. Après, il n'y aurait plus que cendres et fumée, lorsqu'on refuse d'écouter les justes revendications, comme les besoins d'un peuple et que dans le même temps on laisse croître de façon incontrôlable la dette, le chômage et donc la misère, il y a violence faite à la personne. Nous ne sommes pas homophobes pour la plupart d'entre nous. Mais certains médias, serviteurs zélés du pouvoir, font volontiers l'amalgame opposant leurs certitudes artificielles dans un politiquement correct, avec nos sources vitales et notre croyance en la "royauté de l'homme". Ils trichent avec eux-mêmes et avec le vrai de la réalité de ce qui est. (…) Nous ne souhaitons pas que nos principes soient déviés, qu'ils soient totalement et officiellement inversés, condamnés sans référendum.

 

La liberté de chacun est un bien trop précieux pour l'abandonner à quelques dictatures que ce soient. Car une liberté axée uniquement  sur un plaisir personnel, qui n'aurait pas à cœur d'en comprendre les tenants et les aboutissants et ce qui pourrait en résulter, aura tendance à s'exercer au détriment de la liberté des autres. Le grand  poète Paul Valéry écrivait : « la liberté de chacun s'achève où commence celle de l'autre ». En écrivant cela, nous pensons bien évidement aux enfants qui pourraient se trouver doublement orphelins et privés du sens de leur vie à venir et à construire. Ne nous laissons pas instrumentaliser par ceux qui ne pensent qu'à eux-même et au plaisir qu'ils en auraient. Un bébé à faire naître artificiellement pourrait-il être comparable à un animal de compagnie que l'on achèterait ? (…) Lorsqu'en outre l'éducation nationale est confiée, au plus haut niveau à des fossoyeurs (peut être de bonne volonté) qui déjà envisagent toutes sortes d'expériences sur les embryons, devenus cobaye dans le ventre de leur mère, il y a violence faite à l'être humain au prétexte de la science et de son expérimentation. « Trop de technologie risque d'engendrer des idiots » écrivait Einstein. Je tiens à vous assurer que nous ne sommes aucunement passéistes. Un de mes ancêtres, le Roi Louis XVI, fut le premier avec toute sa famille à expérimenter le premier vaccin de la variole en 1787, pour l'exemple. Aujourd'hui nous sommes profondément tristes, nous sommes également soumis à l'obligation de nous confronter à certains régimes totalitaires qui vont à l'encontre des droits de l'homme, des droits de la personne humaine dont on oublie trop souvent sa part de sacré, d'âme.

 

En parallèle de ces sombres tableaux, il existe pourtant dans toute la France des jeunes et des moins jeunes, des Français et des Françaises de toutes origines, de toutes conditions, de toutes confessions, parfois d'aucune confession, de toutes couleurs, qui  parcourent les rue de nos villes pour crier leur incompréhension de  ce "Viol" face aux diktats qui tentent de pousser la France vers l'abîme. La seule réponse adaptée, mais d'une force incompressible, qu'ils aient trouvée est et doit rester la non violence, même si de stupides groupuscules irresponsables ou manipulés tentent parfois de  s'immiscer pour semer le désordre et la violence. J'admire cette  magnifique jeunesse, dans ce mai 68 remis à l'endroit en mai 2013, ces veilleurs non violents qui donnent l'exemple de leur force  tranquille, de leur abnégation déterminée, de leur respect d'autrui, celui de la dignité de chaque être et le rejet de l'exaspération et  de la colère. Marcher sur le fil tranchant de la non violence n'est en effet pas facile dans ce monde plein de violence. Seule la force intérieure et l'amour de l'autre peuvent désarmer l'implacabilité retorse et glaciale qui vous est opposée. Si on se laisse emporter par la colère on prend le risque non assumé de répondre oeil pour oeil. Alors nous dit le Mahatma Ghandy  « le monde deviendrait aveugle ». Je vous laisse méditer en conclusion sur cette réflexion de Mère Térésa : « le fruit  du silence est la prière... le fruit de la prière est la foi... le  fruit de la foi est l'amour... le fruit de l'amour est le service...  le fruit du service est la paix ».

 

Henri, Comte de Paris, Duc de France 

La traduction du dernier livre du pseudo-théologien suisse Hans Küng "Islam" vient de paraître en français. Dans ce livre, il soutient apparemment la thèse que les chrétiens se devraient de respecter le message de Mahomet, "authentiquement prophète" et de considérer que Jésus-Christ n'est qu'un prophète parmi d'autres, que l'Islam peut permettre aux chrétiens de "purifier" leur monothéisme en abandonnant le dogme de la Trinité. Comment ne pas s'indigner de tels propos ? Ce théologien, sensé être catholique, n'a cessé de dénigrer l'Eglise, de préconiser une évacuation de toute verticalité dans le christianisme pour en faire une religion "droits-de-l'homme", de l'horizontalité, et voilà qu'il affirme doctement que l'Islam peut nous aider à retrouver le sens de la verticalité. Un parallèle avec la liturgie : Hans Küng était aussi vraisemblablement à la pointe du "progrès" dans ce domaine, reprochant entre autres choses à Benoît XVI de célébrer la messe en latin, en "tournant le dos au peuple". A son avis, laquelle des célébrations liturgiques - forme ordinaire du rite latin célébrée en respectant les normes liturgiques ou forme extraordinaire - ou le spectacle le plus souvent médiocre et désacralisé qu'il nous est souvent donné de vivre dans nos paroisses, nous conduit-elle davantage vers Dieu ? La réponse semble évidente. Curieuse (im)posture que l'on pourrait assimiler à du masochisme, ou de la haine de soi chez certains progressistes, faisant preuve de géométrie variable, consistant à admirer dans la tradition des autres (dans ce cas particulier l'Islam), ce que l'on dénigre dans la sienne, à valoriser chez les autres ce que l'on se refuse à soi-même (et aux autres...).


La liturgie romaine offre aujourd’hui de multiples visages. Intégralement respectée dans certains monastères ou quelques communautés religieuses, elle est devenue rarissime dans la majorité des paroisses de l’Europe de l’Ouest où de nombreux célébrants ont désormais pris l’habitude de l’adapter, c’est-à-dire, en réalité, de la modifier selon les circonstances et les goûts : ajouts de commentaires personnels, suppression de prières, ajouts de chants dont les paroles sont étrangères aux textes de la liturgie du jour, rondes d’enfants autour de l’autel, absence de dignité... etc. Au demeurant, les messes retransmises par la télévision française, le dimanche matin, montrent assez clairement que les célébrants - fussent-ils évêques - ne saisissent plus très bien ce que signifie « célébrer la liturgie ». Mais le plus grave est que quelles que soient leurs origines - France, Suisse, Belgique... - les images télévisées présentent toujours des célébrations plus ou moins falsifiées. En France tout particulièrement, la tenue des célébrants laisse ordinairement grandement à désirer ; l’agencement des sanctuaires serait presque partout à revoir ; le service d’autel est soit inexistant soit improvisé ; les « ajouts, omissions, modifications » sont légions ; le chant grégorien n’est plus conservé, dans le meilleur des cas, que comme musique d’ambiance. Quant aux chorales, là où elles existent encore, elles donnent généralement l’impression de ne savoir plus exécuter que des airs qu’on entendait autrefois aux veillées scoutes... 

 

 

 

 

priestLes paroisses où la liturgie est véritablement mise en œuvre avec intelligence, fidélité et dignité, selon les données du missel romain restauré à la suite de Vatican II sont donc rarissimes, contrairement à ce que veulent faire croire les évêques lorsqu’ils prétendent que les messes qui se célèbrent dans leurs diocèses respectifs sont conformes à ce qu’a voulu le Concile. Ce n’est pas même dans les cathédrales de France qu’on trouvera des célébrations eucharistiques dignes de ce nom pouvant servir d’exemples : il y règne le plus souvent des liturgies grandiloquentes qui ne savent plus qu’osciller entre le pompeux et le kitch. Pourtant, le « Cérémonial des Evêques » de 1997 donne des précisions concernant la façon de mettre en valeur la liturgie de l’Eglise. Par exemple : 

 

 

Les vêtements

 

1. « Le vêtement liturgique commun à tous les ministres de quelque degré que ce soit est l’aube, serrée autour des reins par un cordon, à moins qu’elle ne soit confectionnée de manière à s’ajuster au corps même sans cordon. » (cf. n°65). L’aube flottante qu’on voit partout n’est donc pas autorisée. 

 

2. « On mettra un amict avant de revêtir l’aube, si celle-ci ne recouvre pas parfaitement l’habit ordinaire autour du cou. » (Id.) Il n’est donc pas « normal » qu’on puisse voir le col de chemise ou le col romain de celui qui est à l’autel. 

 

3. « Le vêtement propre au prêtre célébrant, pour la messe et les autres actions sacrées en lien direct avec la messe, est la chasuble (...). On doit la revêtir par-dessus l’aube et l’étole. » (cf. n° 66). Célébrer l’Eucharistie sans revêtir la chasuble est donc un abus.

 

4. « Dans la célébration liturgique, l’évêque porte les mêmes vêtements que le prêtre ; mais, dans une célébration solennelle, il convient que, selon l'usage reçu de l’Antiquité, il porte sous la chasuble la dalmatique qui peut toujours être de couleur blanche, en particulier pour les ordinations, la bénédiction d'un abbé ou d’une abbesse, la dédicace d’une église ou d’un autel. » (cf. n° 56). « Les insignes pontificaux que porte l’évêque sont : l’anneau, le bâton pastoral (ou crosse), la mitre, la croix pectorale, et, si le droit le lui reconnaît, le pallium. » (cf. n° 57).

 

 

 

Les livres liturgiques

 

5. « Il faut traiter les livres liturgiques avec soin et respect, puisqu’ils servent à proclamer la parole de Dieu et à exprimer la prière de l’Eglise. Aussi faut-il veiller (...) à disposer des livres liturgiques officiels dans l’édition la plus récente et dans une présentation qui soit belle par la typographie et la reliure. » (cf. n°115). L’édition la plus récente du Missel romain est introuvable en France du fait que les évêques font tout pour en retarder la parution... Quant à la belle présentation des livres liturgiques, on sait que trop souvent elle est ignorée du fait qu’en beaucoup d’endroits on préfère les pochettes plastifiées ou les petits missels jetables.

 

 

 

Le chant

 

6. « Les musiciens observeront les normes concernant notamment la participation du peuple par le chant. Il faut en outre veiller à ce que le chant manifeste le caractère universel des célébrations que préside l’évêque ; il faut donc que les fidèles puissent dire ou chanter ensemble les parties de l’ordinaire de la messe qui leur reviennent, non seulement en langue vivante, mais aussi en latin. » (cf. n° 40). Chanter en latin ? C’est devenu impossible : après avoir interdit le chant grégorien pendant des années, on nous dit maintenant que les fidèles ne savent plus le chanter... 

 

 

L’autel


7. « L’autel de l’église cathédrale sera normalement fixe et dédicacé, [élevé] à une distance du mur qui permette d’en faire facilement le tour et d’y célébrer face au peuple (...) » (cf. n° 48). « On encense l’autel de coups d’encensoir successifs de la manière suivante : a) si l’autel est isolé du mur, l’évêque l’encense en en faisant le tour ; b) si l’autel est placé contre le mur, l’évêque l’encense en passant d’abord le long du côté droit, puis du côté gauche de l’autel.” (cf. n°93). On lit bien : si l’autel est placé contre le mur... ce qui implique la légitimité de la célébration « versus orientem ». Quant à la liturgie épiscopale, elle revêt toujours une grande importance pour l’Eglise : « Les célébrations sacrées que préside l’évêque manifestent (...) le mystère de l’Eglise à qui le Christ se rend présent : elles ne sont donc pas un simple apparat de cérémonies. » (cf. n°12) « Pour que la cérémonie, surtout celle que préside l’évêque, soit remarquable par sa beauté, sa simplicité et son ordonnancement, elle a besoin d’un maître des cérémonies qui la prépare et la dirige (...). Le maître des cérémonies doit être vraiment expert en liturgie, connaître son histoire, son caractère, ses lois et ordonnances; mais il doit pareillement être compétent en pastorale afin de savoir comment organiser les célébrations en vue de favoriser la participation fructueuse du peuple aussi bien que pour donner aux rites toute leur beauté. Il veillera à observer les lois des célébrations sacrées selon leur véritable esprit, ainsi que les traditions légitimes de l’Eglise particulière qui ont une valeur pastorale. » (cf. n°34). Le maître des cérémonies doit être un « expert » en liturgie qui « observe les lois », est-il dit... Or, combien trouve-t-on, parmi les membres des actuelles équipes liturgique paroissiales qui se sont imposées presque partout, d’expert(e)s qui sachent observer les lois de la célébration ? On répondra qu’il ne s’agit là que de détails... Peut-être, aux yeux de certains. Mais ne faut-il pas reconnaitre que lorsque ces « détails » sont respectés, la messe a bien plus d’allure que la majorité des célébrations paroissiales actuelles qui donnent trop souvent l’impression d’avoir été imaginées par des amateurs ou, parfois même, par des incompétents ?

 

 

 

Il convient alors de s’interroger : pourquoi, depuis 50 ans, les données sur la liturgie de Vatican II n’ont-elles trouvé aucun champ d’application dans les diocèses ? Cette question a été posée à plusieurs évêques de France. L’un d’eux nous a donné cette réponse : « (...) une partie de la réponse à la question posée se trouve précisément dans le livre « L’esprit de la Liturgie » du Cardinal Ratzinger. Mais également dans l’allocution prononcée le 26 octobre 2006 par le Cardinal Arinze, alors Préfet de la Congrégation pour le Culte divin et la discipline des Sacrements, à l’occasion du 50ème anniversaire de l’Institut Supérieur de liturgie à Paris. » Ces quelques lignes d’un Evêque français sont éclairantes pour plusieurs raisons : - l’Evêque ne rejette pas la question posée : en y répondant, il donne implicitement la preuve que le problème liturgique évoqué est bien réel ; - l’Evêque renvoie à deux documents : un livre du Cardinal Ratzinger et une conférence du Cardinal Arinze. C’est là, dit-il, qu’on peut trouver « une partie de la réponse » à la question posée au sujet du problème liturgique. Or, que disent les deux Cardinaux cités - dont un est aujourd’hui pape - ? Simplement que bon nombre de problèmes actuels sont le résultat d’une mauvaise formation donnée aux prêtres, et parfois même à une totale absence de formation. Ainsi, dans « L’esprit de la Liturgie », le Cardinal Ratzinger insiste-t-il sur la nécessité d’un parcours éducatif qui devrait porter à rétablir la conscience que la liturgie est un don et non pas une démonstration des capacités humaines, puisque la liturgie, comme la théologie, ne vit pas tant de ce que l’on pense d’elle que de ce que l’on reçoit d’elle. Quant au Cardinal Arinze, il dit clairement que « beaucoup d’abus, dans le domaine de la Liturgie, ont pour origine, non pas la mauvaise volonté, mais l’ignorance (...), la place indue qui est accordée à la spontanéité, ou à la créativité, ou bien une fausse idée de la liberté, ou encore cette erreur qui a pour nom “horizontalisme” et qui consiste à placer l’homme au centre de la célébration liturgique au lieu de porter son attention vers le haut, c’est-à-dire vers le Christ et ses Mystères ». Et, citant le pape Jean-Paul II, il ajoute qu’ « il est urgent que dans les communautés paroissiales, dans les associations et dans les mouvements ecclésiaux on assure des cours appropriés de formation, afin que la Liturgie soit mieux connue dans toute la richesse de son langage et qu’elle soit vécue dans toute sa plénitude ». Enfin, le Cardinal souligne dans son discours que « la promotion de l’ars celebrandi [ne pourra se faire que grâce à] une solide base théologico-liturgique, une formation de qualité dans le domaine de la foi, et le respect du caractère propre de la Liturgie ». Le « manque de formation solide » des prêtres - curés, aumôniers... et même évêques ! - disent les Cardinaux Ratzinger et Arinze : c’est donc là que se trouve une des racines du mal qui ronge actuellement la liturgie et prive tant de fidèles de célébrations qui soient une expression authentique de la foi de l’Eglise.

 

Pro Liturgia

    En ce 3ème Dimanche du Temps "per annum", Jésus poursuit son ministère par sa prédication. Il appelle encore de nouveaux disciples (Année A) ; demande aux hommes de se convertir (Année B) et accomplit par Sa Parole les prophéties (Année C). Introït de la Messe (Années A et B) : « Dóminus secus mare Galilǽæ vidit duos fratres, Petrum et Andréam, et vocávit eos : Veníte post me : fáciam vos fíeri piscatóres hóminum. Ps. : Cæli enárrant glóriam Dei : et ópera mánuum eius annúntiat firmaméntum. Gloria Patri... » (« Le Seigneur marchant le long de la mer de Galilée, vit deux frères, Pierre et André. Et il les appela : Suivez-moi, et je vous ferez devenir pêcheurs d’hommes. Ps. : Les cieux racontent la gloire de Dieu, et le firmament publie les œuvres de ses mains. Gloire au Père... ») ; Introït de la Messe (Année C) : « Adoráte Deum, omnes Angeli eius : audívit, et lætáta est Sion : et exsultavérunt fíliæ Iudæ. Ps. : Dóminus regnávit, exsúltet terra : læténtur ínsulæ multæ. Gloire au Père... » (« Adorez Dieu, vous tous ses Anges, Sion a entendu et s’est réjouie, et les filles de Juda ont tressailli de joie. Ps. : Le Seigneur est roi ; que la terre tressaille de joie, que toutes les îles se réjouissent. Gloire au Père... ») Asperges Me + Kyriale XI (orbis factor) + Credo I

 

 




jesusappelapotre.jpeg• ANNÉE A - TEXTES LITURGIQUES (DOMINICA III "PER ANNUM")

 

- Isaïe 8, 23 à 9, 3 : Une lumière se lèvera sur la Galilée

- Psaume 27, 1 : Le Seigneur est lumière et salut

- 1 Corinthiens 1, 10-17 : Le scandale des divisions dans l'Église du Christ

- Matthieu 4, 12-23 : Jésus commence son ministère par la Galilée

 

• ANNÉE B - TEXTES LITURGIQUES (DOMINICA III "PER ANNUM")

 

- Jonas 3, 1-5 ; 10 : A l'appel du prophète, les païens se convertissent

- Psaume 25, 4 : Fais-nous connaître tes chemins, Seigneur !

- 1 Corinthiens 7, 29-31 : Le monde passe : vivons ce temps pour le Seigneur

- Marc 1, 14-20 : Jésus invite les hommes à la conversion

 

• ANNÉE C - TEXTES LITURGIQUES (DOMINICA III "PER ANNUM")

 

- Nehémie 8, 2-4 ; 5-6 ; 8-10 : Le peuple de Dieu redécouvre la Parole

- Psaume 19, 8 : La joie du Seigneur est notre rempart

- 1 Corinthiens 12, 12-30 : Diversité des membres dans l'unité du corps du Christ

- Luc 1, 1-4 ; 4, 14-21 : "Aujourd'hui, s'accomplit la Parole"


 

drapeau-argentine.gif *** Mémoire facultative propre à l'Argentine

• TEXTES LITURGIQUES (S. FRANCISCI DE SALES, EPISCOPI ET ECCLESIAE DOCTORIS)

 

- Ephésiens 3, 14-19 : Que le Christ habite en vos cœurs

- Psaume 33 : Hymne à la Providence

- Matthieu 11, 25-30 : L’Evangile révélé aux simples

« Tous nous avons été créés à l’image et à la ressemblance de l’Amour. Nous avons été créés par l’Amour et pour l’amour. Mais puisqu’en Adam nous avons été détournés de cette vocation, il nous faut réapprendre par excellence l’école de l’Amour. De ce point de vue, le temps des fiançailles c’est la maternelle, ou plutôt – car dès le berceau, dès l’enfance et l’adolescence on apprend à aimer comme Dieu aime – l’école primaire de l’Amour ! On imagine parfois que ce qui déclanche un amour est une sorte de mystérieuse injection sur laquelle on puiserait allégrement durant les premiers temps de la vie commune mais qui peu à peu s’épuiserait. Cette représentation simpliste est tout le contraire de notre vocation. L’Amour auquel nous sommes appelés, ne part pas du sommet – appelons-le « coup de foudre » – pour glisser peu à peu dans la vallée, mais il part de la vallée pour s’élever progressivement vers le sommet. Si l’on prête l’oreille à la description que Saint Paul fait de l’Amour dans sa lettre aux Corinthiens – « l’Amour ne se réjouit pas de ce qui est mal mais il trouve sa joie dans ce qui est vrai ; il supporte tout, il fait confiance en tout, il espère tout, il endure tout… » – on peut être pris de panique ! Il nous semble en effet que, de la vallée où nous sommes, l’Amour est un sommet inaccessible ! Comment vais-je pouvoir aimer jusqu’à donner ma vie pour l’autre, toute ma vie ? Comment répondre à cet appel alors que sans cesse je suis affronté à mes limites ? 

Avant de bâtir une maison, l’architecte enquête sur le terrain, fait des plans, choisit ses matériaux. Toutes ses précautions sont bien normales : elles évitent de cuisants échecs ! Parfois, on voudrait se marier huit jours après s’être rencontrés. C’est pour le moins imprudent. Car fonder un foyer, c’est comme construire une maison : cela demande du temps, à moins que ce soit un château de sable que l’on veuille bâtir et qui s’effondrera à la première pluie. Temps de se connaître et de se livrer… Temps d’échanger ses points de vue… Temps de raconter ses expériences… Temps d’exprimer ses projets et ses désirs… Temps d’envisager une oeuvre qui résiste au temps ! »

 

Du Père Thierry de Roucy, le 12 avril 1986

A partir de ce moment, la Très Sainte Vierge fut confiée à Saint Joseph, son Très Chaste époux. Cette union fut célébrée suivant l'usage des temps antiques ; les futurs époux se donnaient la main ; le fiancé mettait un anneau au doigt de sa fiancée, et la bénédiction du pontife donnait le sceau spirituel à la promesse réciproque de vivre ensemble pour l'éternité. Quelques temps après, les noces de la Sainte Vierge et de Saint Joseph eurent lieu à Jérusalem ; les fêtes durèrent sept jours ; ensuite, les saints époux rentrèrent à Nazareth. Depuis le XVIème siècle, l'Eglise catholique fête traditionnellement ces saintes fiançailles (qui sont bien évidemment un modèle pour tous les fiancés) le 23 janvier :

 


 


« Tout le bien du mariage est accompli chez les parents du Christ : l'enfant, la fidélité et le sacrement.

L'enfant, nous le reconnaissons en le Seigneur Jésus ; la fidélité en ce qu'il n'y eut aucun adultère ;

le sacrement en ce qu'il n'y eut aucune séparation. Une seule chose est absente : l'union charnelle »

(Saint Augustin, évêque d'Hippone - Père et Docteur de l’Eglise)

 


Liens : Les fiançailles de la Sainte Vierge avec Saint Joseph, par la Mystique et Bienheureuse Anne-Catherine Emmerich + Les fiançailles de la Sainte Vierge avec Saint Joseph, par la Mystique et Vénérable Maria d’Agreda + Rituel de la bénédiction des fiançailles + Somme Théologique, Question N°29 : Les fiançailles de la Mère de Dieu (Saint Thomas d’Aquin) + Acte de consécration d’un nouveau foyer à la Sainte Vierge Marie après la Messe de Mariage + Les fiançailles, un temps de fondation La gravité des relations sexuelles avant le mariage, par l'Abbé Guy Pagès + Mariage, comment être sûr de ne pas se tromper ?, par l'Abbé Guy Pagès + Mariage et engagement, par l'Abbé Guy PagèsPrière des époux (après le mariage) + La solitude que je ressens, je Te l'offre Seigneur + Prière des célibataires + Prière des fiancés + Homélie sur le mariage, par Saint Josemaria Escriva de Balaguer (mp3) + Prière d'intercession aux saints fiancés de Nazareth

• TEXTES LITURGIQUES (S. VINCENTII, DIACONI ET MARTYRIS)

 

- Apocalypse 21, 5-7 : Je suis l'Alpha et l'Omega, le commencement et la fin

- Psaume 125 : Ceux qui se confient au Seigneur ne chancellent point

- Luc 9, 23-26 : Les conditions pour suivre Jésus

 

*** Mémoire obligatoire pour l'Espagne ; Mémoire facultative le 23 janvier

pour les Etats-Unis ; Mémoire facultative ce 22 janvier pour l'Eglise universelle

Analogue au Stabat Mater speciosa, le Stabat Mater dolorosa a été composé au XIIIème siècle pour méditer les douleurs de la Vierge Marie qui voit mourir sur la Croix Son Divin Fils dans la plus grande des souffrances. Le vieillard Syméon avait prophétisé qu'une épée transpercerait l'âme de la Vierge Marie (Luc 2, 33-35). La douleur de la Vierge Marie envers Son Divin Fils s'étend aussi à toute l'Eglise, Corps Mystique et Epouse du Christ, crucifiée à son tour dans toutes les épreuves qu'elle traverse au cours des temps : à travers elle, c'est la Passion du Christ qui continue…

 

 

 

 

1. Stabat Mater dolórosa * Iuxta Crucem lacrymósa * dum pendébat Fílius.

Debout, la Mère des douleurs, près de la croix était en larmes, quand Son Fils pendait au bois.

2. Cuius ánimam geméntem * contristátam et doléntem * pertransívit gládius.

Dans son âme qui gémissait, toute brisée et endolorie, le glaive la transperça.

3. O quam tristis et afflícta * fuit illa benedícta * Mater Unigéniti.

Qu'elle était triste et affligée, la Femme entre toutes bénie, la Mère du Fils Unique !

4. Quæ mœrébat et dolébat * pia Mater cum vidébat Nati pœnas ínclyti.

Dans le chagrin qui la poignait, cette tendre Mère pleurait Son Fils mourant sous ses yeux.

5. Quis est homo qui non fleret * Matrem Christi si vidéret in tanto supplício ?

Quel est celui qui sans pleurer pourrait voir la Mère du Christ dans un supplice pareil ?

 

 

6. Quis non posset contristári * Christi Matrem contemplári doléntem cum Fílio ?

Qui pourrait sans souffrir comme Elle contempler la Mère du Christ douloureuse avec Son Fils ?

7. Pro peccátis suæ gentis * vidit Iesum in torméntis * et flagéllis súbditum.

Pour les péchés de tout son peuple, Elle le vit dans ses tourments, subissant les coups de fouet.

8. Vidit suum dulcem natum moriéndo desolátum * dum emísit spíritum.

Elle vit Son Enfant très cher mourir dans la désolation alors qu'Il rendait l'esprit.

9. Eia, Mater, fons amóris * me sentíre vim dolóris * fac, ut tecum lúgeam.

Daigne, ô Mère, source d'amour, me faire éprouver Tes souffrances pour que je pleure avec Toi.

10. Fac ut árdeat cor meum * in amándo Christum Deum * ut sibi compláceam.

Fais qu'en mon cœur brûle un grand feu pour mieux aimer le Christ mon Dieu et que je puisse Lui plaire.

 

 

11. Sancta Mater, istud agas * crucifíxi fige plagas * cordi meo válide.

0 Sainte Mère, daigne donc graver les plaies du Crucifié profondément dans mon cœur.

12. Tui nati vulneráti * tam dignáti pro me pati * pœnas mecum dívide.

Ton Enfant n'était que blessures, Lui qui daigna souffrir pour moi ; donne-moi part à Ses peines.

13. Fac me tecum pie flere * crucifíxo condolére * dónec ego víxero.

Qu'en bon fils je pleure avec Toi, qu'avec le Christ en croix je souffre, chacun des jours de ma vie !

14. Iuxta crucem tecum stare et me tibi sociáre * in planctu desídero.

Etre avec Toi près de la croix et ne faire qu'un avec Toi, c'est le vœu de ma douleur.

15. Virgo vírginum præclára * mihi iam non sis amára * fac me tecum plángere.

Vierge bénie entre les vierges, pour moi ne sois pas trop sévère et fais que je souffre avec Toi.

 

 

16. Fac ut portem Christi mortem * passiónis fac consórtem * et plagas recólere.

Que je porte la mort du Christ, qu'à Sa Passion je sois uni, que je médite Ses Plaies !

17. Fac me plagis vulnerári * fac me cruce inebriári * et cruóre Fílii.

Que de Ses Plaies je sois blessé, que je m'enivre de la croix et du Sang de Ton Enfant !

18. Flammis ne urar succénsus per te Virgo, sim defénsus * in die judícii

Pour ne pas brûler dans les flammes, prends ma défense, Vierge Marie, au grand jour du jugement.

19. Christe, cum sit hinc exíre * da per matrem me veníre * ad palmam victóriæ.

Ô Christ, à l'heure de partir, fais que j’obtienne de Ta Mère la palme de la victoire.

20. Quando corpus moriétur * fac ut ánimæ donétur * Paradísi glória. Amen.

À l'heure où mon corps va mourir, fais qu’à mon âme soit donnée la gloire du Paradis. Ainsi soit-il.

 

 

 

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