Pour les catholiques français, ils ne sont que 4,5% à répondre par l’affirmative selon une enquête réalisée par l’Ifop. « Avec 4,5 %, la France est aujourd'hui le pays catholique où la pratique dominicale est la plus basse » note Denis Pelletier dans le journal La Croix. C’est un triste constat, mais c’est malheureusement une réalité. Cette enquête nous refait bien évidemment le coup entre les catholiques « pratiquants » et les catholiques « non-pratiquants ». Pour être plus juste, il faudrait plutôt faire la différence entre les catholiques « qui aiment Jésus » et les catholiques « qui n’aiment pas Jésus » …car lorsque l’on aime une Personne, on se déplace au minimum une fois par semaine pour aller à Sa rencontre, comme nous le demande l’Eglise. N’ayons donc pas peur de le dire au risque de blesser : les "catholiques" qui ne pratiquent pas ne sont que de sales hypocrites qui n’aiment pas Jésus et qui, de surplus, commettent un « péché grave » (CEC N°2181). Cela dit, beaucoup de ces « non-pratiquants » ont sûrement souffert de la crise iconoclaste ravageant la France dans les années 70. En effet, ne l'oublions pas, la France a été (et reste toujours) le plus grand laboratoire d'expériences liturgiques aussi farfelues que désastreuses. Ceci explique - en partie au moins - la crise actuelle dans notre pays. La courbe des personnes allant à la messe tous les dimanches plonge à partir du milieu des années 1970. C'est bien évidemment durant cette période que le vent de folie a soufflé le plus fort sur la liturgie et sur le catéchisme. Lorsque l’Episcopat français aura le courage de virer SES ACTUELS (!!!) « référents liturgiques », la pratique dominicale des catholiques augmentera, pas avant. Le problème actuel au sein de nos paroisses est essentiellement liturgique. « Je suis convaincu que la crise de l'Eglise que nous vivons aujourd'hui repose largement sur la désintégration de la liturgie » (cf : Cardinal Joseph Ratzinger).

 

 

Lien : Non-pratiquant, avez-vous dit ?

En cette période de la paix de Noël, il faut hélas déplorer une nouvelle guerre terrible et insidieuse se déclarant contre le catholicisme, voire toute la chrétienté. L'idéologie du GENDER considère l'orientation sexuelle vers la féminité et la masculinité comme issue d'une culture judéo-chrétienne contraire à l'égalité. Il faut que tous les citoyens soient libres de s'orienter dans le sens désiré, et de choisir leur propre identité sexuelle. Ce qui va à l'encontre des plus élémentaires notions, à la fois génétiques, anatomiques, physiologiques, psychologiques, mentales et sociales. La promotion de l'homosexualité procède de l'idéologie du GENDER. En France, on a vu avant Noël des manifestants protester  avec violence contre la vente de poupées à des petites filles et de voitures aux petits garçons. Anecdotique ?

 

 

La Grande-Bretagne est à la pointe de cette idéologie. Pas une offre d'emploi ne faisant référence au GENDER. Un pasteur est en prison pour avoir dénoncé en chaire l'homosexualité. En 2007, les œuvres catholiques d'adoption, obligées par la loi à placer des enfants chez des couples homosexuels ont pour les deux tiers fermé leurs portes, le troisième tiers retirant le nom de catholique de leur appellation. Mais surtout, il a été créé un « Ministère de l'Egalité » confié à une dénommée Harriet Harman. Celle-ci vient d'annoncer un projet de loi sur « l'égalité des genres ». Il en résulterait que quiconque s'opposerait à ce que les prêtres soient mariés, homosexuels, concubinaires, serait lourdement condamné. Les clôtures des moines et des moniales sauteraient au nom de la discrimination liée au sexe. Ce qui ferait entrer l'Eglise catholique d'Angleterre en une guerre frontale avec l'Etat lui-même. L'épiscopat anglais, s'il s'opposait à cette loi au nom de la liberté de conscience et d'exercice de la religion, annonce qu'un « torrent » d'amendes diverses aboutira rapidement à la séquestration des biens de l'Eglise et à l'emprisonnement de ses représentants. Les évêques ont déclaré que ce clash visait une éradication délibérée du catholicisme dans le pays notamment par la suppression de la messe en public, la laïcisation des écoles catholiques par l'évacuation de l'enseignement religieux et de tous les  symboles catholiques, notamment des crucifix. Assertion démentie par le gouvernement ; lequel précise que les prêtres refusant d'appliquer le projet de loi ne seraient pas poursuivis à la condition suivante : plus de 51 % de leur activité doit être réservé au culte et aux prêches... Ce qui est évidemment strictement illusoire précisent les évêques. Un amendement au projet de loi visant à protéger l'Eglise vient d'être repoussée par 314 voix contre 170. Le roi Henri VIII d'Angleterre faisait écarteler les prêtres catholiques. Celui de M. Gordon Brown les condamnera à l'exil. (Info Catholic Herald 11 et 25 décembre 2009) (...).

 

Dr Jean-Pierre DICKES, Président de l'ACIMPS

Daniel Duigou a choisi de coiffer son crâne de plusieurs casquettes. Il est en effet à la fois psychologue, journaliste, et prêtre de l'Eglise-qui-est-en-France. L'individu, dont le parcours est à tout le moins atypique, a été ordonné prêtre en 1999, en évitant le séminaire grâce à une dérogation. Progressiste à tout crin, le pauvre homme ne se distingue guère en ceci de la plupart des catholiques apostats que nous voyons tous les jours. Malheureusement, le père Duigou a un autre vice : il écrit... n'importe quoi ! Il vient de publier un livre intitulé "Psychanalyse des miracles du Christ". On pouvait avec cela s'attendre au pire : on n'a pas été déçu... Le tout n'est qu'un ramassis d'absurdités blasphématoires, avec interprétations freudiennes à trois francs six sous. C'est que Daniel Duigou ne croit pas aux miracles, on s'en serait douté...

 

 

 

 

danielduigou2.jpg"Psychanalyse des miracles du Christ", tel est le titre d'un livre publié en 2003 aux Presses de la Renaissance par le Père Daniel Duigou. L'Auteur, journaliste et ancien présentateur TV, "fils spirituel de Mgr Noyer (Amiens) et de Mgr Gaillot" (peut-on lire sur certains sites internet) s'emploie à démontrer, dans ses pages, que les miracles rapportés dans les Evangiles pourraient être expliqués par le biais de la psychanalyse. Ça va loin... très loin même, comme on va le voir. Prenons, par exemple, l'explication que donne le Père Duigou à propos de la résurrection de Lazare. Voici ce qu'il écrit : « Jean nous précise plusieurs fois que Jésus entretient des liens très forts avec Marthe, Marie et Lazare, même s'il n'est pas de leur famille. C'est Marie qui dans un geste qui ne manque pas d'affection et même de sensualité, avait « oint le Seigneur d'une huile parfumée et lui avait essuyé les pieds avec ses cheveux ». Et si le lecteur n'a pas compris, Jean souligne un peu loin, à nouveau, le lien d'amour entre ces personnes : « Jésus aimait Marthe et sa sœur et Lazare ». En plus, Jean révèle, dans la présentation des personnages au fur et à mesure du récit, qu'il existe un lien encore plus particulier entre les deux garçons, Jésus et Lazare. Les sœurs de Lazare utilisèrent d'ailleurs ce fait comme premier argument pour toucher Jésus et le convaincre de venir : "Seigneur, celui que tu aimes est malade". Quand à Lazare, son sentiment à l'égard de Jésus est également très fort, puisque les deux sœurs n'hésitent pas à dire à Jésus, chacune de leur côté : "Seigneur, si tu avais été ici, mon frère ne serait pas mort". N'y a-t-il pas quelque chose de l'ordre de la déception amoureuse chez Lazare qui se serait laissé mourir en ne voyant pas revenir Jésus le sauver ? Au fond, il n'y aurait rien d'étonnant à ce qu'il ait gardé de son adolescence une relation de type homosexuel avec Jésus. L'inconscient ne connaît pas la différence sexuelle. En tout cas, si nous retenons cette hypothèse, le malaise de Jésus et son hésitation à agir sont alors plus facilement explicables. (...) ». Et voilà comment en affirmant que "l'inconscient ne connaît pas la différence sexuelle", ce que ne s'emploie pas à prouver l'Auteur (le pourrait-il ?), on en vient a induire l'idée selon laquelle il y aurait eu, entre Jésus et Lazare, une... "aventure".

 

danielduigou1.jpgMieux vaut laisser ici au Père Duigou la liberté de se battre avec ses propres illusions. Mais ce genre de propos permet d'aller plus loin dans la mesure où il se fait parfois, sans le vouloir, révélateur d'autres questions. Ainsi, troublé par les affirmations peu catholiques du Père Duigou, un lecteur - qui a probablement flairé que les thèses du Père Duigou permettaient au loup d'entrer dans la bergerie - fait part de son indignation légitime via un site internet. Il reçoit alors d'un autre prêtre, le père Etienne Uberall (prêtre de Strasbourg connu pour son ultra-modernisme !), la réponse suivante : « Vraiment, en parcourant les extraits du livre du père Duigou (...), je ne vois pas ce qu'il y a de nouveau... Votre site laisse augurer d'une nouvelle ère d'obscurantisme, dont je croyais l'Eglise libérée à jamais. Que ce soit pour Cana ou la multiplication des pains, l'auteur ne dit rien d'autre que ce disent les exégètes depuis des décennies... quant à Lazare, il n'est pas question d'une relation homosexuelle avec Jésus, mais d'une relation de type homosexuel, ce qui est bien différent. (...) Vos courriers à tous les niveaux de responsabilité de votre Eglise s'apparentent à la délation. Ce doit être une nouvelle vertu, mais je n'en trouve pas trace dans l'Evangile du Christ. Bien fraternellement ». Le Père Uberall, qui répond ainsi, est le Vicaire épiscopal de Strasbourg. On peut s'étonner de ce que ce prêtre exerçant de hautes fonctions auprès de son Evêque :


- ne soit pas lui même choqué par les affirmations pour le moins ambigues du Père Duigou, 

- en arrive à affirmer que la fidélité à la vérité évangélique s'apparente à de l'obscurantisme, 

- préfère se montrer docile à l'enseignement de quelques exégètes - sans préciser lesquels - plutôt qu'à l'enseignement de l'Eglise, 

- soutient que s'opposer aux propos d'un ministre de l'Eglise qui égarent les fidèles est une forme de la délation. (On peut écrire n'importe quoi au sujet de Jésus : ce n'est pas grave. Mais mettre un clerc en cause, voilà qui devient inadmissible. Non, le cléricalisme n'est pas mort...).

 

On observera, en outre, la subtile différence que fait le Père Uberall entre une "relation homosexuelle" et une "relation de type homosexuel". Le Vicaire épiscopal de Strasbourg chercherait-il à justifier certaines orientations sexuelles qu'il ne s'y prendrait probablement pas autrement... Mais revenons au Père Duigou. Interrogé à propos de l'élection du Benoît XVI, il déclare : « Ma crainte, c'est qu'on s'oriente vers une Eglise de combat, avec un retour au dogmatisme et au fondamentalisme, par besoin de se rassurer, et de rassurer ces chrétiens qui s'étaient sentis déstabilisés par les réformes de Vatican II (...) Le nouveau pape ne va pas se priver, par exemple, de souligner les normes liturgiques ». Qui ne voit pas là la contradiction dans les propos du Père Duigou ? Ce dernier, en effet, souhaite l'application de Vatican II, mais reproche au pape actuel de vouloir souligner les normes liturgiques... lesquelles sont précisément issues de Vatican II ! Et le Père Duigou de poursuivre : « [avec le choix des cardinaux pour l'élection du successeur de Jean-Paul II] c'est le retour à une Eglise enseignante qui, comme au Moyen Age, croit détenir la vérité sur tout (...) ». L'envie nous prend alors de poser deux questions au Père Duigou : premièrement, pourquoi a-t-il choisi librement d'exercer un ministère au service d'une Eglise qui, selon lui, n'aurait rien à dire dans la mesure où elle n'a pas la Vérité ? Et deuxièmement, pourquoi s'arrête-t-il au Moyen-Age pour ce qui concerne la mission d'enseignement de l'Eglise, alors qu'il conviendrait de remonter au temps des premiers disciples pour entendre Jésus lui-même leur dire : « Allez donc, enseignez à toutes les nations, baptisez-les au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit » (cf. Mt 28, 19). 

 

Bref, "Psychanalyse des miracles du Christ", du Père Duigou, est un ouvrage qui n'apporte aucun éclairage pour la foi catholique. Tout au plus sa lecture met-elle mal à l'aise dans la mesure où elle fait naître l'impression désagréable que l'Auteur aurait quelques comptes à régler avec d'éventuelles inquiétudes personnelles qu'on imagine - à tort ou à raison - être en rapport avec ses propres choix existentiels. 

 

Pro Liturgia

• TEXTES LITURGIQUES (S. THOMÆ BECKET, EPISCOPI ET MARTYRIS)


- 2 Timothée 2, 8-13 : Assurer la transmission des enseignements

- Psaume 34, 2 : Je veux bénir le Seigneur en tout temps

- Matthieu 16, 24-27 : Les conditions pour suivre Jésus

 

*** Fête pour l'Angleterre ; Mémoire facultative pour l'Eglise universelle

Nous publions ci-dessous l’homélie quasi-intégrale de Mgr Jean-Pierre Ricard, Archevêque de Bordeaux, prononcée le dimanche 6 décembre 2009 à l'occasion de l'élévation de l'église Notre-Dame d'Alençon au rang de "basilique". Une homélie qui est centrée sur la sainte vie des Bienheureux Louis et Zélie Martin, béatifiés par l'Eglise en juillet 2008 :

 

 

 

Chers frères et sœurs dans le Christ,

 

zelieetlouismartin.jpg« […] [Chez] les Bienheureux Louis et Zélie Martin, […] la première chose qui me frappe en découvrant leur vie, c'est l'appel qu'ils nous lancent à vivre la sainteté dans le quotidien le plus ordinaire des jours. […] La sainteté fait partie de leur projet de vie. Un jour, Zélie Martin écrira à ses filles Marie et Pauline : « Je veux devenir une sainte, ce ne sera pas facile il y a bien à bûcher et le bois est dur comme une pierre. Il eût mieux valu m'y prendre plus tôt, pendant que c'était moins difficile, mais enfin « mieux vaut tard que jamais ». Louis et Zélie ont compris que la sainteté n'était pas autre chose que la vie chrétienne prise au sérieux, que l'expérience croyante qu'on laisse se déployer dans toute son existence. Le secret de leur vie chrétienne a tenu en trois mots : « Dieu premier servi ». Ils sont pour nous aujourd'hui un appel : la recherche et la découverte de l'amour du Seigneur sont-elles vraiment la boussole de notre vie ? La vie des époux Martin ressemble à la nôtre. Certes, nous la voyons aujourd'hui marquée par leur époque, par la mentalité du temps et la culture de leur milieu. Mais, fondamentalement leur existence ressemble à celle de millions d'autres : une vie de couple où les tempéraments de Louis et de Zélie, si différents par certains côtés, apprennent à s'ajuster, une vie de famille nombreuse, une petite entreprise qui est source de revenus mais aussi de bien des soucis, des joies familiales, le souci des vieux parents, des épreuves de santé, des deuils, une pratique religieuse fidèle qui devait être semblable à celle d'un certain nombre de pratiquants pieux de cette paroisse Notre-Dame au 19° siècle. Pourtant, chez eux, cette vie quotidienne qui n'a rien d'extraordinaire ni d'héroïque va être habitée par cette perception profonde de la présence mystérieuse de Dieu, par cette conviction que nous sommes sous sa Providence, c'est-à-dire que tout concourt au bien de ceux qui aiment Dieu. Cette foi qui les guide s'exprime en une confiance profonde dans cet amour que Dieu a pour nous. Si le Seigneur est là, s'il nous aime, s'il veille sur nous et nous guide, pourquoi avoir peur ? Laissons-nous conduire par lui. Zélie dit : « Quand je pense à ce que le bon Dieu, en qui j'ai mis toute ma confiance et entre les mains de qui j'ai remis le soin de mes affaires, a fait pour moi et mon mari, je ne puis douter que sa divine Providence ne veille avec un soin particulier sur ses enfants  ». Qu'en est-il pour nous ? Vivons-nous dans cet accueil de la présence de Dieu en nous ? Demeurons-nous en Dieu comme Lui en nous ? Laissons-nous le Seigneur nous établir dans la confiance et dans la paix ?

 

Louis et Zélie cherchent à découvrir ce que Dieu attend d'eux et à faire sa volonté. C'est cette recherche qui guide les décisions qu'ils sont amenés à prendre ou leurs actions quotidiennes, dans les grandes comme dans les petites choses. Inviter à faire la volonté de Dieu est également au cœur de l'éducation qu'ils donnent à leurs filles. Ils cherchent à déchiffrer à travers les événements de leur vie ce que Dieu veut leur faire comprendre, pour qu'ils puissent dire « oui », comme la Vierge Marie à l'ange de Dieu. Ils cherchent à faire la volonté de Dieu dans leur vie de couple, dans l'éducation de leurs filles, dans leur vie de famille, dans leur travail professionnel, dans leur vie de paroisse ou d'association. Ils ne font pas de séparation entre une sphère religieuse de leur existence et une sphère profane. Ils savent que c'est toute leur vie qui doit être sanctifiée, qui doit être vécue sous le regard de Dieu. Qu'en est-il pour nous ? Notre vie est-elle toute éclairée par l'Evangile ? A-t-elle ses zones d'ombre ? Ses résistances à l'Esprit ? […] Zélie et Louis cherchent, chacun à leur manière et chacun aux différentes étapes de leur existence, à discerner l'attitude de foi que Dieu attend d'eux. Devant le danger de mort qui guette tel ou tel de leur nouveau-né, devant l'apparition du cancer pour Zélie, celle de la maladie cérébrale pour Louis, ils prient, ils demandent au Père, comme le Christ aux Jardin des oliviers, d'éloigner cette coupe d'eux-mêmes mais ils ajoutent aussitôt comme lui : « que ta volonté soit faite et non la mienne ». Zélie dit à ses filles : « Nous devons nous mettre dans la disposition d'accepter généreusement la volonté du bon Dieu, quelle qu'elle soit, car ce sera toujours ce qu'il peut y avoir de mieux pour nous ». Ne voyons pas dans ces expressions un quelconque masochisme ou une complaisance sacrificielle morbide. Louis et Zélie cherchent l'attitude juste pour se donner à Dieu et se donner aux autres. Dans sa dernière lettre, adressée à son frère, quelques jours avant sa mort, Zélie écrit : « Que voulez-vous ? Si la Sainte Vierge ne me guérit pas, c'est que mon temps est fait et que le bon Dieu veut que je me repose ailleurs que sur la terre... ». Louis, de son côté, voit partir chacune de ses filles vers la vie religieuse. Il risque de se retrouver seul mais il ne veut pas les garder pour lui. Il vit la situation d'Abraham à qui Dieu demande son fils. Lors de l'entrée de Thérèse au Carmel, à quelqu'un qui lui dit qu'il n'a rien à envier à Abraham, il répond vivement : « Oui, mais, je l'avoue, j'aurais levé lentement mon glaive, espérant l'ange et le bélier ». Oui, Louis et Zélie Martin veulent suivre le Christ qui prend cette route du don total de soi-même et ils savent dans la foi quelle fécondité contient un tel don. En contemplant leur vie, nous voyons que c'est bien dans la prière, dans l'Eucharistie, dans une vie ecclésiale régulière et dans une attention très réaliste aux autres, qu'ils puisent, au jour le jour, le dynamisme de leur don de soi. Ils sont ainsi les témoins de la joie, de la vraie joie, celle de croire et de vivre dans le Christ […].

Pour la troisième année consécutive (cf : 2007 et 2008), l’Église catholique espagnole a organisé dimanche 27 décembre 2009 à Madrid un rassemblement monstre (700.000 personnes) - bien évidemment complètement occulté des médias francophones - en défense de l'Evangile de la vie, au premier rang duquel figure la famille et le mariage naturel composé d’un homme et d’une femme. Cette année, ce rassemblement a pris la forme d’un avertissement particulier au gouvernement socialiste qui s’apprête à prendre la Présidence tournante de l’Union européenne pour une période de six mois (1er janvier au 30 juin 2010) :

 

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« Le futur de l’Europe, son futur moral, spirituel et même biologique passe par la famille, par vous autres, chères familles chrétiennes »
, a proclamé hier le cardinal-archevêque madrilène Mgr Rouco Varela dans une homélie prononcée lors de la messe pour la défense de la famille devant des dizaines de milliers de personnes sur la place de Lima. Le rassemblement comportait la présence très visible de délégations venues d’autres pays européens : 14 évêques européens siégeaient aux côtés des 40 évêques espagnols (10 cardinaux, 1 200 prêtres) et des groupes dans le public agitaient des drapeaux français, hollandais, polonais, italiens, tchèques, portugais et hongrois… Mgr Rouco a encore estimé dans son homélie que la situation de la famille traditionnelle en Europe « se dégrade » à cause du mariage des couples homosexuels, de l’avortement (« on ne peut jamais justifier le meurtre d'un innocent »), de l’euthanasie et du divorce, que sa facilité « assimile à la répudiation ». Sans la famille chrétienne, « l’Europe se retrouverait pratiquement sans enfants, soit sans vie future ». Sa Sainteté le Pape Benoît XVI a bien sûr manifesté son soutien enthousiaste à cette grand-messe en s’exprimant par connexion vidéo en direct de Rome sur écran géant. Le souverain pontife a parlé de « l’importance suprême pour le présent et l’avenir de l’humanité » de « la famille fondée sur le mariage entre un homme et une femme ».

« La conception de l'enfant s'inscrit dans la fécondité spirituelle et sacramentelle d'un couple , mais celle-ci ne se réduit pas à la présence des enfants », rappelle le Père Matteuuws. A l'occasion du 40ème anniversaire de la promulgation de l'encyclique de Paul VI, « Humanæ vitæ » (25 juillet 1968), le Père Alain Mattheeuws, jésuite belge, revient en effet sur l'importance de ce document du Magistère. Après avoir défendu sa thèse en théologie morale à l'Institut Catholique de Toulouse, le Père Mattheeuws est devenu professeur ordinaire de théologie morale et sacramentaire à la Faculté de Théologie de la Compagnie de Jésus à Bruxelles (Institut d'Etudes théologiques). Sa première étude publiée concernait la genèse de la doctrine du mariage concernant l'acte conjugal : « Union et Procréation. Développements de la doctrine des fins du mariage » (Cerf, 2006). Le livre est préfacé par le cardinal G. Danneels. Publié en français, il a été traduit dans d'autres langues.

 

 

 

 

 

Carine Brochier - La question de la contraception est-elle si importante ?

P. Mattheeuws - Certains acceptent encore d'en parler, d'autres nient que ce soit encore une question éthique. Que ce soit sous forme de déni ou de refus, d'acceptation paisible ou douloureuse, la réalité d'une possible dissociation des significations unitive et procréative de l'acte conjugal, reste bien présente dans la vie et la conscience des hommes et des femmes de notre temps. L'enjeu n'est pas celui des slogans ou des statistiques : « l'Eglise est contre la pilule » ou bien « la plupart des couples chrétiens ont une contraception chimique ». Signalons au passage que le mot « contraception » n'apparaît pas dans l'encyclique ! L'enjeu est celui d'une bonne ou meilleure compréhension de la grandeur de l'acte conjugal et de la signification des corps sexués. L'homme et la femme ont une grande responsabilité lorsqu'ils posent cet acte qui les unit aussi au Créateur. Quelle est la vérité de cette union intime et personnelle ? Est-il possible de faire le bien en se donnant charnellement et ainsi de grandir en sainteté dans la relation conjugale et parentale ?

 

 

C. Brochier - Pourriez-vous nous rappeler-nous les affirmations décisives de l'encyclique ?

P. Mattheeuws - Du point de vue doctrinal, Humanae vitae affirme que « chaque acte conjugal doit rester ouvert à la transmission de la vie humaine » (HV n°11). Il s'agit de respecter « le lien indissoluble que Dieu a voulu et que l'homme ne peut rompre de son initiative, entre les deux significations de l'acte conjugal : union et procréation » (HV n°12). Du point de vue doctrinal et pastoral, les implications morales sont les suivantes : que « le couple ne se pose pas en maître de la vie humaine mais plutôt en ministre du dessein établi par le Créateur » (HV n°13). Poser l'acte conjugal en période infertile reste une expression de l'amour car il est « ordonné à exprimer et consolider l'union des conjoints » (HV n°11). Les deux significations « unitive et procréative » ne sont pas des fonctions biologiques mais des traits essentiels de l'acte à respecter. Cette présence simultanée des deux significations authentifie la vérité du don conjugal. C'est pourquoi il faut éviter « toute action qui, soit en prévision de l'acte conjugal, soit dans son déroulement, soit dans le développement de ses conséquences naturelles, se proposerait comme but ou comme moyen de rendre impossible la procréation » (HV n°14, repris par Familiaris consortio n°32). Ce qui dissocie les significations de l'acte conjugal n'est jamais un « bien ». La responsabilité du ou des époux est toujours engagée mais de manières très diverses : disons-le clairement.

 

 

C. Brochier - N'est-ce pas une question d'ordre privé, intime, personnel ?

P. Mattheeuws - Certainement, et il faut veiller à en parler avec tact, discrétion et pudeur dans les échanges pastoraux entre couples et aussi avec des célibataires, conseillers conjugaux ou spirituels. Il y a divers langages pour parler de la même question et il est bon de les respecter. Pour la même vérité, le langage est différent dans l'enseignement, la recherche, le dialogue personnel ou le sacrement de réconciliation. N'oublions pas que la question spirituelle ou morale n'est pas seulement celle d'un conjoint. Elle dépasse déjà le cadre strictement privé et individuel pour les époux. Bien sûr, il est bon et indispensable qu'ils puissent parler ensemble de la manière dont ils exercent leur parenté responsable, ou pour mieux dire, parler de la manière dont ils sont « responsables de la paternité » de Dieu. Car la régulation des naissances dans l'acte conjugal concerne le Créateur. La plupart du temps, dans les débats, les témoignages et les arguments utilisés, le grand absent, c'est Dieu. La plupart d'entre nous, peinons à « voir » combien l'acte conjugal est un « signe » de l'amour divin dans l'histoire humaine et qu'il y est présent. Sa présence discrète, mais ultimement décisive pour l'union et la procréation, est à respecter. Dans la manière de poser l'acte conjugal, l'homme et la femme accueillent ou refusent une présence divine dans l'histoire. Personne ne vient à l'existence sans avoir été voulu par Dieu. Toute procréation humaine suppose une intervention créatrice de Dieu. Nos actes humains correspondent-ils à la grandeur de l'acte Créateur ? Telle est la question : elle atteint une profondeur infinie dans cette intimité des corps et dépasse ainsi l'ordre des sphères du privé et du public. Les époux sont les coopérateurs de l'amour de Dieu dans l'histoire humaine.

 

 

C. Brochier - Pourquoi tant de difficultés à comprendre le message ?

P. Mattheeuws - Les causes sont multiples, mais il faut éviter de juger les personnes. Ces difficultés peuvent aussi varier suivant les générations et les couples. Il est instructif de relire les principaux documents des conférences épiscopales au moment de la publication de l'encyclique. Ne faisons pas cependant d'anachronisme : nous ne sommes plus en 1968 ! Aujourd'hui, je soulignerais trois points : une ignorance et une méconnaissance des enseignements de l'Eglise, un appauvrissement de la compréhension des expressions de l'amour conjugal souvent réduites à l'acte sexuel, une peur réelle de donner la vie car elle n'a plus toujours une signification éternelle. Pour rendre compte de l'ampleur de la difficulté à travers le temps, j'ajouterais deux points. Il me semble qu'Humanae vitae en 1968, ainsi que d'autres textes de Jean-Paul II par la suite, commencent à expliciter un enseignement renouvelé de la beauté et de la grandeur de l'acte conjugal. Qui dit grandeur, dit exigence spirituelle. Cette « nouveauté » est dans la tradition, mais elle s'est révélée comme « neuve » à notre époque. Je dirais même qu'on a assisté à une continuité évolutive qui concerne non pas le dogme mais un point précis de la doctrine morale concernant l'amour conjugal. Il est normal qu'il faille du temps à l'Eglise comme corps pour intégrer ce « nouvel » apport de la Révélation. Par ailleurs, les aspects techniques ou les argumentations qui entourent l'intuition d'Humanae vitæ cachent parfois un point central : s'il s'agit vraiment d'un enjeu vital, d'une manière décisive d'aimer Dieu et le conjoint, il est clair que les difficultés à vivre ce qui est proposé et à l'intégrer en profondeur sont signes d'un combat spirituel et non pas d'un malentendu, d'une argumentation défaillante ou d'une incompréhension des situations historiques. L'horizon de la civilisation de l'amour et du respect de la vie éclaire pour chacun de nous l'enjeu de ce combat spirituel.

 

 

C. Brochier - Est-ce une affaire de conscience pour les chrétiens ?

P. Mattheeuws - La conscience d'un chrétien n'est ni une île ni une caverne : elle s'éclaire d'un enseignement qui vient toujours d'au-delà d'elle-même. La conscience chrétienne est toujours « dépassée » par une révélation qui vient d'ailleurs : elle s'appartient dans l'abandon d'elle-même et dans la libre démaîtrise. C'est le sens profond du baptême, où nous ne revêtons pas le Christ de manière superficielle et extérieure. [...] La conscience tend à rester en communion avec l'enseignement ecclésial. Cette lumière est dès lors décisive. Chacun de nous ne peut pas - sans erreur et sans dommage pour lui et pour les autres - juger juste et bon ce que l'Eglise déclare contraire au bien commun et à l'économie sacramentelle. Le « mal » moral non perçu comme mal reste un mal et « fait mal ». Le Concile Vatican II a affirmé que la conscience est un « sanctuaire » personnel. Cette expression souligne l'intimité du jugement ultime de chacun. Elle dit aussi comment Dieu est intime à ce jugement. Ce sanctuaire où s'élabore un jugement et où se prend une décision, appartient à Dieu : il est le lieu d'une prière qui peut lui être adressée, que ce soit dans le jugement, la réflexion, la décision. Il y est présent. Il l'habite. Dieu est proche de celui qui se décide. Il le fait avec discrétion et amour. A nous d'observer comment l'Esprit saint illumine notre esprit pour nous donner de comprendre toute l'amplitude de l'amour dont nous pouvons vivre.

 

 

C. Brochier - Ne faudrait-il pas une nouvelle encyclique sur cette question ?

P. Mattheeuws - La question est posée par certains chercheurs et par des pasteurs. On me la pose régulièrement. Je ne crois pas que ce soit nécessaire en ce moment. Nous n'avons pas encore intégré, en région francophone et occidentale, tous les apports réflexifs du Pontificat de Jean-Paul II. Nous découvrons à peine, surtout dans les nouvelles générations, la beauté de sa théologie du corps et les intuitions personnalistes de sa pensée. Nous ne mesurons pas assez la profondeur de sa vision trinitaire de la Création ni les conséquences de sa vision du « don » dans l'acte libre de celui qui cherche à faire le bien. J'invite pour ma part ceux et celles qui sont de bonne volonté à suivre le chemin tracé par les catéchèses de Jean-Paul II. Ensuite, je les convie à réfléchir à partir de la présentation « unifiante » de l'amour faite par Benoît XVI dans son encyclique Deus caritas est. L'amour est « un » et ses dimensions diverses, particulièrement l'éros, acquièrent leur statut dans la personne unifiée et dans une relation conjugale qui respecte cette unité de la personne et du couple.

 

 

C. Brochier - Que pensez-vous des méthodes naturelles pour une paternité et une maternité responsables ?

P. Mattheeuws - En quelques années, les recherches se sont fort bien développées dans ce domaine. La plupart de ces méthodes sont reconnues scientifiquement fiables, mais elles sont peu connues du grand public et peu enseignées. C'est vraiment dommage. Par ailleurs, j'attirerais l'attention sur trois points en ce qui concerne les méthodes. Ce n'est pas leur caractère « naturel » qui les rend catholiques. Il vaut mieux parler de méthodes d'auto-observation. Elles comportent d'ailleurs toutes un aspect « artificiel ». La nature pure est un mirage et l'adjectif « naturel » n'est pas à soi seul un argument. Par ailleurs, du point de vue moral, ce n'est pas la méthode (l'objet matériel) qui rend un acte « bon » ou mauvais. Il n'y a pas de méthode « catho ». Il y a des méthodes qui permettent de respecter le « lien indissoluble des deux significations de l'acte » et que les époux peuvent utiliser à bon escient. Un dernier point : mon expérience pastorale et de nombreux témoignages montrent que parmi les méthodes « naturelles », certaines conviennent mieux à tel couple, à telle épouse, et pas à d'autres. Il s'agit donc de chercher celle qui s'adapte au mieux. Il ne faut pas « absolutiser » l'usage d'une méthode ni surtout, dans la vie pastorale, se disputer entre chrétiens sur l'efficacité d'une méthode. La sagesse et la prudence doivent s'exercer également dans ce domaine.

 

 

C. Brochier - Le point difficile, n'est-ce pas la continence périodique que supposent toutes les méthodes « naturelles » ?

P. Mattheeuws - Oui, c'est le plus souvent une difficulté de la vie conjugale puisqu'il faut dialoguer et prévoir, si on a le désir de postposer une naissance, de ne pas s'unir durant les périodes fécondes. Le défi premier est la maîtrise du désir et la libre décision à prendre. Mais plus profondément (en morale fondamentale), ce qui est en jeu, ce n'est pas une « pratique » ni une « vertu », mais la bonté d'un acte. La continence périodique n'est pas « négative » : elle est positive. L'abstention d'une relation conjugale est aussi une manière d'exprimer son amour. L'acte conjugal est un signe privilégié de l'amour dans le mariage, mais son abstention peut également, dans certaines circonstances, être un signe d'amour. L'abstention est un comportement bon, choisi pour un temps. Il vise à dire l'amour pour autrui. Il vise la vérité de l'amour mutuel. La continence périodique n'introduit pas de division dans la personne et dans l'amour qui s'offre. Dans la continence périodique, les époux ne s'aiment pas moins : ils continuent à dire en leur corps ce qu'ils veulent se dire : leur amour. L'abstention de relations sexuelles comporte en raison la décision de ne pas générer d'enfants et de rester dans la vérité du langage de l'amour.

 

 

C. Brochier - Selon vous, quels sont les point délicats, peut-être encore à approfondir ?

P. Mattheeuws - Ils sont nombreux, tant du point de vue doctrinal que pastoral. S'ils sont à approfondir, cela ne signifie pas que la doctrine enseignée est fausse ! Au contraire, c'est la richesse de l'intuition et des affirmations de Paul VI qui poussent à réfléchir et à vivre. Comment tout d'abord ne pas identifier la fécondité d'un couple ou d'une famille à la seule procréation des enfants ? Il convient de montrer l'ampleur de la fécondité spirituelle et sacramentelle d'un couple : la conception de l'enfant s'inscrit dans cette fécondité, mais celle-ci ne se réduit pas à la présence des enfants. L'acte conjugal, posé dans le mariage est un acte commun aux époux, mais leur conscience n'épouse pas de la même manière la décision d'unir ou de dissocier les significations « unitives et procréatives ». Il n'y a jamais fusion des consciences des époux : le vade-mecum sur le sacrement de réconciliation l'explique très bien. Les méthodes dites « naturelles » ne qualifient pas ultimement ce que font les époux : ils peuvent être respectueux de la méthode avec une réelle intention contraceptive. Comment appliquer avec justesse la fameuse « loi de gradualité » dont parle Familiaris consortio n°34 à cette situation conjugale ? Dans ce contexte, quelle est la valeur visée dans la continence périodique ? Quelle est la place de Dieu dans l'union conjugale ? L'ouverture à la vie est-elle toujours possible ? Quels liens tisser historiquement entre le refus de la doctrine d'Humanae vitae et l'anti-life mentality ? Comment cette « nouvelle » exigence éthique de l'encyclique (en 1968) montre-t-elle encore son actualité à l'intérieur des nouveaux débats bioéthiques ?

 

 

C. Brochier - Un dernier souhait ?

P. Mattheeuws - Que la conscience chrétienne visite à nouveau cette période difficile de l'Eglise et découvre la richesse de la personnalité de Paul VI. Ce pape courageux, d'une grande intelligence et délicatesse de cœur mérite qu'on le connaisse mieux. Qu'on puisse voir tout ce qu'il a fait sans réduire toute son action à la promulgation d'Humanae vitæ et aux critiques qu'on lui a faites. On percevra ainsi son souci des pauvres et du respect de leur dignité personnelle, en lien avec Populorum progressio. Les questions sont d'ailleurs liées entre elles. Et pour ceux et celle qui le peuvent, qu'ils lisent le discours de Paul VI aux Equipes Notre Dame (1970) : ils y trouveront un commentaire personnel que le pape fait de son encyclique Humanae vitæ. Il témoigne de sa bienveillante bonté.

 

Zenit

Un livre référence sur l'ensemble de la pensée du Pape François sort vendredi : « Jorge Mario Bergoglio, pape François. Seul l'amour nous sauvera » est préfacé par Son Eminence le Cardinal André Vingt-Trois. Grâce au Figaro, en voici quelques extraits marquants (Copublié par Parole et Silence, Éditions du Rocher, La Librairie éditrice vaticane, 190 p., 15 €). A méditer et à diffuser ! Malgré un "style" liturgique un peu différent que Benoît XVI, le Magistère de notre nouveau Pape sera sûrement d'une richesse spirituelle très importante. Rendons grâce à Dieu et continuons de bien prier pour l'Eglise du Seigneur.

 

 

 

 

• Société de « caprices adolescents »

 

livre-françois-pape« Nous sommes poussés par l'appétit insatiable de pouvoir, le consumérisme et la fausse éternelle jeunesse qui rejettent les plus faibles comme une matière méprisable d'une société devenue hypocrite, occupée à assouvir son désir de “vivre comme il nous plaît” (comme si c'était possible) et guidée uniquement par la satisfaction de caprices adolescents. Le bien public et commun nous semble de peu d'importance, pourvu que notre “ego” soit satisfait. Nous sommes scandalisés de certaines réalités sociales exposées par les médias… Mais nous reprenons au plus vite notre carapace, et rien ne saurait nous décider à assumer la conséquence politique qui devrait être la plus haute expression de la charité. Les plus faibles sont éliminés : les enfants et les personnes âgées. Il m'arrive de penser que nous nous conduisons envers les enfants et les jeunes comme des adultes ayant renoncé »

  

 

 • « Le vrai pouvoir, c'est l'amour »

 

« Concernant le pouvoir : l'exercice consistant à rechercher toujours plus de pouvoir, en guise d'adrénaline, crée aujourd'hui un sentiment artificiel de plénitude et conduira demain à l'autodestruction. Le vrai pouvoir, c'est l'amour. C'est lui qui donne aux autres leur force, qui suscite des initiatives, lui qu'aucune chaîne ne peut entraver puisqu'il est possible d'aimer jusque sur la croix ou sur son lit de mort. Il n'a besoin ni de beauté juvénile, ni de reconnaissance ou d'approbation, ni d'argent ou de prestige. Il se contente de jaillir… Et on ne peut l'arrêter. Si on le calomnie ou qu'on le détruit, il en acquiert une reconnaissance encore plus incontestable. Ce Jésus, si faible et insignifiant aux yeux des politologues et des puissants de la terre, a révolutionné le monde »

 

 

• Contre le mariage homosexuel

 

« Nous ne voulons pas juger ceux qui pensent et ressentent différemment que nous. (…). Le mariage précède l'État, il est le socle de la famille, la cellule de la société, antérieure à toute loi et même à l'Église. Par conséquent, l'adoption du projet de loi serait un grave recul anthropologique. Le mariage (formé d'un homme et d'une femme) n'est pas la même chose que l'union de deux personnes de même sexe. Distinguer n'est pas discriminer, mais respecter; différencier pour discerner consiste à évaluer correctement, pas à discriminer. (…) Nous ne pouvons pas enseigner aux générations futures qu'il est équivalent de se préparer à développer un projet familial fondé sur un engagement de relation stable entre un homme et une femme, que de vivre avec une personne du même sexe (…). Je vous en conjure, qu'il n'y ait de votre part, ni dans vos paroles ni dans vos cœurs, aucune marque d'agressivité ou de violence envers aucun frère »

 

 

• « Satan » et les « ténèbres »

 

« Attention : nous ne luttons pas contre des pouvoirs humains, mais contre la puissance des ténèbres. Comme il l'a fait avec Jésus, Satan cherchera à nous séduire, à nous égarer, à nous offrir des “alternatives viables”. Nous ne pouvons pas nous payer le luxe d'être crédules ou suffisants. Il est vrai que nous devons dialoguer avec tout le monde, mais on ne dialogue pas avec la tentation »

 

 

• Les hypocrites du clergé

 

« À ceux qui étaient scandalisés de le voir manger avec les pécheurs, les publicains, Jésus répond : “Les publicains et les prostituées vous précéderont”, alors que c'était la lie de la société de l'époque. Jésus ne les supporte pas. Ce sont eux qui ont cléricalisé - pour dire les choses clairement - l'Église du Seigneur. Ils l'encombrent de préceptes. Je le dis avec tristesse, et pardonnez-moi si j'ai l'air de les dénoncer ou de les insulter, mais il y a dans notre région ecclésiastique des prêtres qui refusent de baptiser les enfants de mères célibataires sous prétexte qu'ils ont été conçus hors des liens sacrés du mariage. Ce sont les hypocrites d'aujourd'hui. Ceux qui ont cléricalisé l'Église. Ceux qui éloignent du salut le peuple de Dieu. Et cette pauvre fille qui, alors qu'elle pouvait renvoyer son enfant à l'expéditeur, a eu le courage de le mettre au monde, erre de paroisse en paroisse en demandant qu'on le baptise ! (…) Cléricaliser l'Église est une hypocrisie pharisienne. L'Église du “entrez par ici que nous vous disions les règles à suivre, et ce qui n'y entre pas n'en est pas” est pharisienne. Jésus nous montre l'autre voie : sortir. Sortir pour témoigner, pour s'approcher de son frère, pour partager, pour questionner. S'incarner »

 

 

• « Non à la frivolité spirituelle »

 

« Le pire des maux qui puissent atteindre l'Église, c'est de tomber dans la frivolité spirituelle, comme l'indiquait le Cardinal de Lubac. C'est le pire des maux dont puisse souffrir l'Église, pire encore que la débauche des papes d'autrefois. Cette frivolité spirituelle qui consiste à faire ce qui fait bonne impression, à être comme les autres, de cet embourgeoisement spirituel, du respect des horaires, du statut : “Je suis chrétien, je suis consacré ou consacrée, je suis prêtre.” Ne vous commettez pas avec le monde, dit Jacques. Non à l'hypocrisie. Non au cléricalisme hypocrite. Non à la frivolité spirituelle (…). Oui à la proximité, au chemin parcouru avec le peuple de Dieu, à la tendresse spéciale envers les pécheurs, ceux qui sont plus loin, et souvenons-nous que Dieu vit au milieu d'eux. Que Dieu nous accorde cette grâce de la proximité, qui nous préserve de tout comportement gestionnaire, frivole, prosélyte, clérical, et qui nous rapproche de sa voie : marcher avec le peuple saint de Dieu »

Le 28 décembre, l’Église célèbre depuis le IIème siècle, la mémoire des enfants victimes de la fureur aveugle d’Hérode le Grand, qui désirait tuer Jésus (cf. Matthieu 2, 16-17). La tradition liturgique les appelle les "Saints Innocents" et elle les considère comme des martyrs historiquement massacrés à cause du Christ. Livrés sans défense, ce sont de nouveaux « agneaux conduits à l'abattoir » (Isaïe 53, 7; Actes 8, 32). De nos jours, les enfants subissent encore d’innombrables formes de violence, qui attentent à leur vie et constituent des attaques contre leur dignité, leur vie morale et leur droit de recevoir une éducation digne de ce nom. Il faut toujours avoir présent à l’esprit la foule innombrable des enfants vivant encore dans le sein de leurs mères et qui sont tués avant même de voir le jour, à cause des lois qui autorisent l'avortement, ce crime abominable. Attentive aux problèmes concrets, l'Eglise encourage en de nombreux endroits, des initiatives d’ordre cultuel mettant en valeur le respect du caractère sacré de la vie, ainsi que des gestes de charité dans des domaines aussi divers que l’assistance aux mères qui attendent un enfant, l’adoption des enfants et le développement de leur instruction. Confiteor + Kyriale XII (Pater cuncta)

 

      

 

http://img.over-blog.com/284x364/0/21/41/34/liturgie/saintsinnocents.jpg« (…) Voilà donc que des milliers de pierres précieuses viennent s'attacher à la couronne de cet Enfant qui naît pour rajeunir la vieillesse d'un monde devenu caduc. Avant d'être fixés à l'auréole du Sauveur, les diamants de Bethléem, les petits innocents avaient été arrachés des mamelles de leurs mères. Le glaive du cruel persécuteur ayant abattu ces précoces et tendres fleurs, celui qui distribue les couronnes en avait fait une couronne pour orner son diadème, et leurs tiges devaient d'autant mieux briller sur son front, qu'elles étaient de couleur pourpre. C'étaient des lis, en raison de leur innocence; ils sont devenus des roses, parce qu'ils ont été teints dans leur sang. C'étaient des pépites d'or sorties des riches entrailles de leurs mères; ils sont devenus des lingots aux mains des anges, en attendant l'heure de leur incrustation dans la couronne du Premier-né. Le sein maternel est la mine où on les a séparés d'avec la terre, pour en faire des martyrs précieux. Bienheureuses mères ! Elles ont acquis du prix, elles ont brillé comme des mines d'or, puisqu'elles ont enfanté au Christ des martyrs. De même que les mines d'or sont placées sous la sauvegarde du fisc, de même elles jouissent du repos, sous l'oeil protecteur des anges : dès lors que leurs enfants ont subi le martyre, elles ont donné au Sauveur des pépites d'or ; aussi sont-elles placées sous la double sauvegarde de la grandeur de leurs fils et de leur propre sécurité. D'autre part, les hommes, condamnés à creuser les mines d'or, sont coupables, puisqu'ils sont condamnés ; c'est pourquoi les satellites d'Hérode sont déjà condamnés au jugement du Christ, il est, toutefois, bon de le remarquer : les criminels condamnés à l'extraction de l'or dans les mines sont seuls coupables; ainsi en a-t-il été des serviteurs d'Hérode : ils fouillaient en quelque sorte des mines d'or, et en extrayaient des sortes de pépites qui étaient les innocents, et tandis que les bourreaux devenaient noirs, ces petits enfants brillaient d'un vif éclat ; car, sous le glaive, ils étaient purs de toute faute. A leur exemple, tous ceux qui rendent témoignage au Christ naissant et se manifestant ont tout espoir de recevoir dans le royaume des cieux la couronne immortelle ».
 

Extrait du 39ème Sermon de Saint Augustin pour l’Epiphanie du Sauveur


 




• TEXTES LITURGIQUES (SS. INNOCENTIUM, MARTYRUM)


- 1 Jean 1, 5 à 2, 2 : C’est Lui la Victime de propitiation

- Psaume 124, 2 : Quand on sauta sur nous…

- Matthieu 2, 13-18 : Massacre des Innocents




Liens : Sermon de Saint Bernard de Clairvaux sur les Saints Innocents + Sermons de Saint Augustin sur les Saints Innocents (1) + (2) + Les Saints Innocents, par Dom Guéranger (Année Liturgique) + Sermons de Saint Jean Chrysostome sur Matthieu 2, 11-16 et Matthieu 2, 16-23 + Saints Innocents (Lectures de l'Office) - (1969 - 1971) + Vers pour les jour des Saints Innocents (Blog de l'Année Liturgique) + Messe et Commentaires Liturgiques (forme extraordinaire) + Audit tyránnus ánxius  (à Matines, avant 1960) + Salvéte, flores Mártyrum (à Laudes, avant 1960)

comite-jupeInterdiction de rigoler. Pendant plus de 2000 ans, l’Eglise s’est trompée. Heureusement, "sainte" Christine Pedotti arriva avec pour mission divine de corriger les erreurs du Saint-Esprit. Dans son dernier bouquin-poubelle, « Jésus, cet homme inconnu » (Editions XO), via l'Alsace, elle nous apprend qu’il y a erreur sur la date de la naissance de Jésus. Enfin... elle croit nous l’apprendre parce que ça, il y a belle lurette qu’on le sait. Mais Christine Pedotti fait d’autres « révélations » fracassantes : Jésus ne serait pas né à Bethléem, mais à Nazareth (complètement faux, NDLR) ; et puis, il aurait eu quatre frères et deux sœurs (complètement faux aussi, NDLR), ce qui remet en cause  le Dogme de la Virginité de Marie. C’est certain : dans l’Evangile selon Pedotti, « Jésus n’est pas fils unique ». On apprend aussi qu’en grandissant, Jésus a entretenu un quasi rapport de séduction avec les femmes. Là, chacun comprendra que l’Auteure  qui aime bien mettre des jupes plaide pour sa chapelle. Enfin, nous dit-on, Jésus « bouleverse l’ordre religieux, public et symbolique ».

 

Pauvres fidèles catholiques qui jusqu’à présent avaient naïvement cru que les Evangélistes disaient vrai lorsqu’ils présentaient Jésus se pliant aux rites juifs ! Maintenant, vous savez que c’est faux. Christine Pedotti en "théologienne", c'est un peu comme les Vamps caricaturant les grands-mères... Nombreuses sont les femmes intelligentes mais force est de constater que ceux qui prétendent parler en leur nom (et de quel droit d'ailleurs ?) le sont beaucoup moins. Il y a peu de temps, sa comparse Anne Soupa rendait hommage à l'assassin Lucien Neuwirth, père de la contraception, bien souvent abortive. Outre ses blasphèmes contre la Mère de Dieu, le Cardinal Vingt-Trois a bien raison : "le plus difficile, c'est d'avoir des femmes qui soient formées. Le tout n'est pas d'avoir une jupe, c'est d'avoir quelque chose dans la tête".

 

Pour agir et aider les femmes en détresse, rejoignez à votre tour la section Sos-Tout-Petits au plus près de chez vous. De nombreux groupes commencent à voir le jour, notamment en Isère, à Toulouse et bien évidemment à Paris. S'il n'y a encore rien dans votre secteur, prenez vous en main, n'ayez pas peur de vous "bouger" pour défendre avec ardeur l'Evangile de la Vie ! Avec toute la Charité et la Miséricorde pour les femmes qui ont - pour de multiples raisons qu'il ne nous appartient pas de juger - accepté de tuer dans leur sein un enfant innocent, il nous faut aussi avoir le courage de proclamer haut et fort que l'avortement est un « crime abominable » (Gaudium et Spes, N°53, §3) qui ne peut et ne pourra jamais être admis, même à titre exceptionnel : Sainte Jeanne Beretta Molla en est un exemple vivant. Pour faire pression sur ce gouvernement totalitaire massacrant plus de 220 000 enfants chaque année, n'oubliez pas la Grande Marche pour la Vie du 17 janvier 2010 à Paris, de nombreux cars sont organisés. A part quelques évêques courageux, nous attendons bien évidemment - comme cela se passe partout ailleurs - le soutien de la Conférence Episcopale Française (rêvons un peu...) :

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