Cette émission est consacrée à l'évocation des 4 conciles du Latran, qui se sont déroulés à Rome entre 1123 et 1215. C'est la grande période de la réforme grégorienne qui tend à affirmer le pouvoir pontifical face au pouvoir temporel représenté par les empereurs germaniques. Ces 4 conciles sont moins le fruit de préoccupation théologiques ou spirituelles que des circonstances politiques, même s'ils soulèvent aussi la question des croisades et de certaines hérésies.


 

« Le saint précurseur de la naissance, de la prédication et de la mort du Seigneur a montré (dans sa mort) un courage digne d'attirer les regards de Dieu. Comme dit l'Ecriture, « Aux yeux des hommes, il subissait un châtiment, mais par son espérance il avait déjà l'immortalité » (Livre de la Sagesse). Nous avons raison de célébrer avec joie la naissance au ciel de celui qui, par sa passion, a rendu lui-même ce jour solennel en l'illustrant par la pourpre de son sang. Nous vénérons dans la joie la mémoire de celui qui a scellé par le sceau de son martyre le témoignage qu'il rendait au Seigneur. Il n'y a en effet aucun doute que Jean-Baptiste a subi la prison pour le Rédempteur qu'il précédait par son témoignage, et qu'il a donné sa vie pour lui. Car si son persécuteur ne lui a pas demandé de nier le Christ, mais de taire la Vérité, c'est cependant pour le Christ qu'il est mort. Le Christ a dit en effet : « Je suis la Vérité » Puisque c'est pour la Vérité qu'il a répandu son sang, c'est bien pour le Christ. Jean avait témoigné en naissant que le Christ allait naître, en prêchant que le Christ allait prêcher, en baptisant qu'il allait baptiser. En souffrant le premier sa passion, il signifiait que le Christ devait lui aussi souffrir. Cet homme si grand parvint donc au terme de sa vie par l'effusion de son sang, après une longue et pénible captivité. Lui qui avait annoncé la bonne nouvelle de la liberté d'une paix supérieure est jeté en prison par des impies. Il est enfermé dans l'obscurité d'un cachot, lui qui était venu rendre témoignage à la lumière et qui avait mérité d'être appelé flambeau ardent de lumière par la lumière elle-même qui est le Christ. Par son propre sang est baptisé celui à qui fut donné de baptiser le Rédempteur du monde, d'entendre la voix du Père s'adresser au Christ, et de voir descendre sur lui la grâce du Saint-Esprit. Mais il n'était pas pénible à des hommes tels que lui, bien plus, il leur semblait léger et désirable d'endurer pour la Vérité des tourments temporels qui laissaient entrevoir la récompense de joies éternelles. Préférant la mort qui de toute façon était naturellement inévitable, il choisissait de l'accepter en confessant le nom du Christ ; ils recevaient ainsi la palme de la vie éternelle. L'Apôtre l'a bien dit : « Il nous a été accordé par le Christ, non seulement de croire en lui, mais encore de souffrir pour lui. » Et s'il dit que souffrir pour le Christ est un don de celui-ci à ses élus, c'est parce que, comme il le dit ailleurs : « Il n'y a pas de commune mesure entre les souffrances du temps présent et la gloire que Dieu va bientôt révéler en nous ».

 

Homélie sur l’Evangile, II 23 - Saint Bède le Vénérable

Præcéssor almus grátiæ et veritátis ángelus,

lucérna Christi et pérpetis evangelísta lúminis,

Saint précurseur de la grâce, ange de la vérité,

flambeau du Christ et messager de la lumière éternelle.

 

Prophetíæ præcónia, quæ voce, vita et áctibus

cantáverat, hæc ástruit mortis sacræ signáculo.

L’annonce prophétique que chantait sa voix, sa vie et ses actions,

il l’a confirmée par le sceau d’une sainte mort.

 

Nam nascitúrum sǽculis, nascéndo quem prævénerat,

sed et datórem próprii monstráverat baptísmatis,

Car celui qui allait naître pour le monde celui qu’il avait précédé par sa naissance

et désigné comme l’initiateur d’un nouveau baptême.

 

Huiúsce mortem innóxiam, qua vita mundo est réddita,

signat sui præságio Baptísta martyr sánguinis.

Le Baptiste martyr en préfigure la mort innocente qui rendit

la vie au monde, par le signe de son sang.


Præsta, Pater piíssime, sequi Ioánnis sémitas,

metámus ut pleníssime ætérna Christi múnera. Amen.

Donne-nous, Père très bon, de suivre le chemin de Jean,

afin de récolter en toute plénitude les dons éternels du Christ.

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« J'ai vu une grande bataille sur la mer : le navire de Pierre, piloté par le Pape et escorté de bateaux de moindre importance, devait soutenir l'assaut de beaucoup d'autres bâtiments qui lui livraient bataille. Le vent contraire et la mer agitée semblaient favoriser les ennemis. Mais au milieu de la mer, j'ai vu émerger deux colonnes très hautes : sur la première, une grande Hostie - l'Eucharistie - et sur l'autre (plus basse) une statue de la Vierge Immaculée avec un écriteau : Auxilium christianorum. Le navire du Pape n'avait aucun moyen humain de défense. C'était une sorte de souffle qui provenait de ces deux colonnes, qui défendait le navire et réparait aussitôt tous les dégats. La bataille se faisait toujours plus furieuse; le Pape cherche à se diriger entre les deux colonnes, au milieu d'une tempête de coups. Tandis que les armes des agresseurs sont en grande partie détruites; s'engage une lutte corps à corps. Une première fois, le pape est gravement blessé, mais ensuite il se relève; puis une seconde fois... et cette fois il meurt tandis que les ennemis exultent. Le nouveau pape, élu immédiatement après, reprend la barre et réussit à atteindre les deux colonnes, y accrochant avec deux chaînes le navire, qui est sauvé, tandis que les bateaux ennemis fuient, se détruisent réciproquement, et coulent ».

Dans les années 70, même les prêtres les plus progressistes n'hésitaient pas à dire certaines vérités...

L'Abbé Marc Oraison (qui est un dangereux contestataire pro-contraception) osait encore dire des vérités.

Il est "amusant" de relire les progressistes d'hier, des progressistes qui seraient aujourd'hui cloués au pilori.

Ci-dessous, un extrait du "Nouvel Obervateur" du 10 mars 1969 (interview de l'Abbé Marc Oraison).

 

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« Mon âme se repose en paix sur Dieu seul, de Lui vient mon salut
Oui sur Dieu seul mon âme se repose, se repose en paix »

Ratzinger4.jpg« En 1978, au grand ennui de plus d'un liturgiste, j'ai déclaré qu'il n'y avait rien d'obligatoire à réciter le Canon en entier à haute voix. Après mûres réflexions, je maintiens ce point de vue et reprends cette thèse, dans l'espoir que, vingt ans après, elle sera peut-être mieux comprise. Entretemps les liturgistes allemands, dans leur préoccupation à réformer le Missel romain, ont explicitement admis que le Canon, point culminant de la Messe, était en crise. La réforme liturgique a tenté dans un premier temps d'y remédier en inventant constamment de nouvelles prières eucharistiques - avec pour seul résultat de s'enfoncer toujours plus avant dans la banalité. La multiplication des mots n'ajoute rien, c'est devenu par trop évident. Les liturgistes proposent maintenant toutes sortes de remèdes, avec sans doute des éléments dignes d'être pris en considération. Mais, pour autant que j'en puisse juger, ces liturgistes sont toujours réfractaires à la possibilité que le silence lui aussi, que précisément le silence, puisse souder la communauté devant Dieu. Ce n'est certes pas un hasard si très tôt déjà, à Jérusalem, certaines parties du Canon étaient priées en silence, et qu'en Occident la récitation silencieuse du Canon, en partie couverte par le chant méditatif, soit devenue la norme. C'est se rendre la tâche par trop facile que de balayer tout cela comme le résultat de malentendus.

 

Il n'est pas vrai qu'il faille réciter à haute voix l'intégralité de la Prière eucharistique pour obtenir la participation de tous à cet acte central de la messe. 
Voilà ce que je proposais à l'époque : tout d'abord une formation liturgique appropriée, qui permette aux fidèles de comprendre la signification essentielle et l'orientation fondamentale du canon de la messe. Ensuite, le prêtre pourrait prononcer à haute voix les premiers mots des diverses prières, comme point de repère pour l'assemblée, de sorte que chacun puisse s'unir à la récitation silencieuse de la Prière eucharistique, et qu'ainsi la prière liturgique nourrisse la prière personnelle et qu'à son tour la prière personnelle se fonde dans la prière de l'Église. Quiconque a fait l'expérience d'une communauté unie dans la prière silencieuse du Canon sait ce que représente un silence véritable. Là, le silence est à la fois un cri puissant, pénétrant, lancé vers Dieu, et une communion de prière remplie de l'Esprit. Prier ainsi le Canon est un acte commun des fidèles et du prêtre, qui reste cependant étroitement dépendant du ministère du prêtre à l'autel. Saisis par le Christ, guidés par l'Esprit Saint, dans cette prière commune devant le Père, tous sont unis dans le véritable sacrifice -l'amour qui réconcilie et unit Dieu et le monde ». 



 

Cardinal Joseph Ratzinger - L'esprit de la Liturgie, pp. 169-170

Que signifie pour moi la Fête-Dieu ? Quand je repense à la Fête-Dieu, (...) je vois paraître devant mes yeux le temps où le printemps incline vers l'été ; le soleil est haut dans le ciel, dans les prairies et dans les champs la moisson mûrit. Les fêtes de l'Église font revivre le mystère du Christ, mais parce que Jésus-Christ était plongé dans la foi d'Israël, ces fêtes tiennent d'Israël de s'accorder aussi au rythme de l'année, le rythme des semailles et de la moisson. Comment pourrait-il en être autrement avec une liturgie dont le cœur est constitué par le signe du pain, ce fruit de la terre et du ciel ? Ce fruit, le pain, peut désormais porter Celui en qui le ciel et la terre, Dieu et l'homme sont devenus un. Ainsi, l'accord des fêtes de l'Église avec les saisons n'a rien d'extérieur. 

Demandons-nous maintenant quel est le rythme interne de l'année liturgique et quelle place y tient la Fête-Dieu. On constate d'abord qu'elle est issue du mystère pascal et de celui de la Pentecôte : elle a pour conditions la Résurrection et l'envoi de l'Esprit. Mais elle succède immédiatement à la fête de la Trinité où apparaît pour la première fois le lien entre Pâques et la Pentecôte. C'est seulement parce que Dieu est lui-même dialogue éternel d'amour qu'il peut parler et qu'on peut lui parler. C'est seulement parce qu'il est lui-même relation qu'on peut entrer en relation avec lui ; c'est seulement parce qu'il est amour qu'il peut aimer et être aimé. C'est seulement parce qu'il est trinitaire qu'il peut devenir grain de blé mort et pain de la vie éternelle. Ainsi la Fête-Dieu est en définitive une confession de Dieu et une confession de l'amour, une confession de ce que Dieu est amour. Tout ce qu'on dit et fait à la Fête-Dieu n'est en réalité qu'une seule et même variation sur ce thème, c'est-à-dire sur ce qu'est l'amour et sur ce qu'il fait. S. Thomas d'Aquin l'a exprimé dans un de ses chants de la Fête-Dieu par la belle formule : nec sumptus consumitur – l'amour ne se consume pas, mais il donne, et en se donnant il reçoit. Il ne s'use pas en donnant, mais il se renouvelle. Parce que la Fête-Dieu est confession de l'amour, le mystère de la transsubstantiation se trouve à bon droit placé au centre de ce jour. L'amour est transformant. La Fête-Dieu nous dit : oui, l'amour existe, et parce qu'il existe, la transformation est possible, et voilà pourquoi nous pouvons espérer. Et l'espérance nous donne la force de vivre, de supporter le monde. Peut-être était-il bon que nous ayons eu des doutes quant au sens de la célébration de la Fête-Dieu. Ainsi avons-nous redécouvert cette fête dont nous avons aujourd'hui plus que jamais besoin (La célébration de la foi,Téqui, pp. 129-130).

 

Le sens de la Fête-Dieu : une méditation du Cardinal Ratzinger

R. Alléluia, alléluia, Alléluia, alléluia !
 

1. Louez Adonaï, douce est la louange,
Il est bon de chanter notre Dieu.

2. C'est lui Adonaï qui bâtit Sion
et rassemble les captifs d'Israël.

3. C'est lui qui guérit, tous les cœurs brisés
Et console les affligés.

4. Il compte les étoiles, les appelle par leur nom,
Il est grand notre maître et puissant.

5. C'est lui qui revêt les cieux des nuages
Et qui fait germer l'herbe sur les monts.

6. Refuse la violence, Dieu se plaît en l'homme
Qui le craint et espère son amour

 

 

 

 

© Communauté du Lion de Juda et de l'Agneau Immolé (1985)

Le but de cet article est de comprendre - et non pas de critiquer - le "pourquoi" de tant de divergences du Pater Noster en langue française par rapport aux autres traductions vernaculaires existantes. Pourquoi la France ferait-elle exception à la règle ? Ne serait-il pas temps que la conférence épiscopale se réunisse à nouveau (rappel de Rome en 2001 !) pour lever l’ambiguïté d’une traduction dite « œcuménique » que bien des théologiens, tant catholiques que protestants, considèrent absurde sinon blasphématoire ?

 

 

D’après un article de l’Abbé Christian Laffargue

 

 

Le problème du « vienne »

On peut se demander pourquoi la conférence épiscopale française de l’époque a imposé une nouvelle traduction du Pater alors que la précédente était satisfaisante ? Par exemple, pourquoi avoir remplacé « arrive » par « vienne » ? Le verbe « venir » marque un mouvement dont l’aboutissement reste vague, alors que le verbe « arriver » exprime, au contraire, l’aboutissement du mouvement. S’agissant du règne de Dieu par la grâce, il faut évidemment conserver « arrive » conformément au texte latin (advenire signifie arriver, advenir) et à l’enseignement de l’Evangile.

 

 

 

 

Le problème du « ne nous soumets pas à la tentation »

La faute de traduction de la sixième demande nous arrêtera plus longtemps car elle entraîne de fâcheuses conséquences. Se pose ici un problème délicat. Le texte latin dit en effet : et ne nos inducas in tentationem. Mot à mot : « et ne nous conduis pas en tentation ». Le texte grec a exactement le même sens : le verbe eisphêrein correspond au latin inducere ou, mieux, à inferre qui, d’après saint Augustin, se rencontrait dans certaines versions. A s’en tenir au mot à mot, il faudrait comprendre que Dieu, même s’il ne tente pas lui-même, conduit l’homme à subir la tentation ; l’expose donc positivement au risque de céder au mal. C’est philosophiquement impossible : le mal ne résulte que d’une insuffisance de bien due à la non-perfection de la création (seul Dieu est parfait) et au mauvais usage, par l’homme, de sa liberté. En conséquence, Dieu peut permettre le mal, mais il ne peut le favoriser ; sinon il serait l’auteur d’un mal qui limiterait le bien ; il n’aurait donc pas la perfection du bien et, limité, ne serait donc pas Dieu. C’est ce que dit la théologie catholique : « Dieu ne peut pas, en raison de son infinie perfection, être la cause d’un défaut moral » (Louis Ott). L’Ecriture le confirme : « Ne dis pas : c’est à cause du Seigneur que je me suis écarté » (Ecclés.). Saint Jacques précise : « Dieu ne tente personne » (Jc 1,13). Le nouveau texte imposé en français (toutes les autres traductions post-conciliaires dans d’autres langues traduisent bien « succomber » ou « induire » et non « soumettre ») fait table rase de tout cela. (…) Satan ne peut pas soumettre nos âmes au mal, pas même en cas de possession. Pour le texte imposé, Dieu ne se contente donc pas de laisser Satan nous tenter en raison de nos fautes et pour nous mettre à l’épreuve : il nous soumet lui-même à la tentation ! Même si l’on suppose que Satan est l’agent de la tentation, on n’en accuse pas moins Dieu d’en être l’auteur principal ! N’est-ce pas injurieux à son égard ? La tentation étant une incitation au mal, il est clair que Dieu, la Sainteté même et l’auteur de tout Bien, ne peut en aucune façon être l’auteur de la tentation. Il ne peut donc nous y soumettre mais la permettre seulement (pour un plus grand bien, pour éprouver notre Foi et notre fidélité). L’ancienne traduction est donc la meilleure car elle est conforme à la théologie catholique.

 

 

 

 

Le problème du tutoiement

Une marque de respect : le vouvoiement. La mode actuelle est au tutoiement et à la familiarité. On peut constater un peu partout, aussi bien dans la vie civile que dans la vie religieuse, un effritement (pour ne pas dire la disparition) à la fois du sentiment et des signes de respect, et du sens de l’autorité. L’abbé Jean Carmignac ajoute : « Mais il reste des arguments très forts qui plaident en faveur du « vous ». D’abord la fidélité à l’usage hébraïque qui emploie presque toujours, pour Dieu, le pluriel de majesté. Ensuite, le génie de la langue française, où le « tu » implique un accent soit d’intimité, soit de supériorité, soit de vulgarité. En conséquence, ceux qui vivent déjà avec Dieu dans une relation d’amitié apprécieront volontiers la nuance d’intimité exprimée par le tutoiement, mais ceux qui n’ont pas encore pénétré dans cette amitié de Dieu risqueront de ne pas y mettre suffisamment de respect. »

 

 

 

 

Lien :  Association des Amis de l'abbé Jean Carmignac

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