Interview exclusive de Sa Sainteté le Pape Jean-Paul II accordée à FR3 dans sa résidence italienne de Castelgondolfo, à l'occasion de sa prochaine visite à Lourdes. Il répond en français à Michel Vial : - Sur la souffrance des malades "La souffrance se trouve dans la perspective de la Rédemption et c'est pour cela qu'elle est tellement bien vécue à Lourdes, où avec cette perspective de le Rédemption nous retournons toujours à sa source". - Sur son rôle autre que religieux "je suis un évêque, un pasteur, c'est tout". - Sur l'importance de sa mission au regard de sa propre sécurité, "je me trouve toujours dans les mains de Dieu, de la Providence et de la Mère".



Marie, Mère de Jésus, Mère dans la foi
et disciple de ton Fils,
toi qui a permis à Jésus dans le foyer de Nazareth
de grandir en âge, en maturité et en grâce,
nous te confions toutes les mamans.
Qu’elles apprennent de toi
la fidélité à leur mission,
qu’elles soient pour ceux et celles
qu’elles ont mis au monde
donneuses de vie
chaque jour de leur existence
par leur écoute et leur tendresse.
Qu’elles apprennent de toi à être attentives
à ce qui grandit et mûrit
dans le coeur de leurs enfants,
qu’elles sachent aussi recevoir autant que donner,
qu’elles sachent reconnaître
les richesses du coeur et de l’esprit
de ceux et celles qu’elles ont
pour mission d’aider à grandir.

 

 

O Dieu, envoie-nous des fous,
Qui s’engagent à fond,
Qui s’oublient,
Qui aiment autrement qu’en paroles,
Qui se donnent pour de vrai et jusqu’au bout,
Qui ont une foi, une loi et une morale conforme à l’Eglise catholique

 du Concile Vatican II et aux directives du Pape.

 

Il nous faut des fous,
des déraisonnables,
des passionnées d’Amour,
capables de sauter dans l’insécurité :
la pauvreté matérielle mais surtout la pauvreté spirituelle.

 

Il nous faut des fous du présent,
épris de vie simple,
amants de paix,
purs de compromission,
décidés à ne jamais trahir,
méprisant leur propre vie,
capables d’accepter n’importe quelle tâche,
de faire la volonté de Dieu quoi qu’il nous demande :
à la fois libres et obéissants,
spontanés et tenaces,
doux et forts.

 

Il nous faut des fous du présent,
humble, miséricordieux,
n’ayant qu’un seul but : vouloir mettre en pratique dans leurs vies
l’Evangile même si cela doit les conduire au martyr physique
ou plus souvent au martyr moral.

 

O Dieu, envoie-nous des fous,
des fous d’amour,
des fous, pour Dieu, aux yeux des hommes et du monde.

 

par Louis-Joseph LEBRET corrigé par François Lugan

 

"EXTRA OMNES !"

 

 

 

 

En cette heure de grande responsabilité, nous écoutons avec une attention particulière ce que le Seigneur nous dit à travers ses paroles mêmes. Des trois lectures, je ne voudrais choisir que quelques passages qui nous concernent directement dans un moment comme celui-ci. La première lecture offre un portrait prophétique de la figure du Messie - un portrait qui prend toute sa signification à partir du moment où Jésus lit ce texte dans la synagogue de Nazareth, lorsqu'il dit:  "Aujourd'hui s'accomplit à vos oreilles ce passage de l'Ecriture" (Lc 4, 21). Au centre de ce texte prophétique, nous trouvons un mot qui - tout au moins à première vue - apparaît contradictoire. Le Messie, en parlant de lui-même, dit qu'il a été envoyé "proclamer une année de grâce de la part de Yahvé et un jour de vengeance pour notre Dieu" (Is 61, 2). Nous écoutons, avec joie, l'annonce de l'année de grâce:  la Miséricorde Divine pose une limite au mal - nous a dit le Saint-Père. Jésus Christ est la Miséricorde Divine en personne:  rencontrer le Christ signifie rencontrer la miséricorde de Dieu. Le mandat du Christ est devenu notre mandat à travers l'onction sacerdotale; nous sommes appelés à promulguer - non seulement à travers nos paroles mais également notre vie, avec les signes efficaces des sacrements, "l'année de grâce du Seigneur". Mais que veut dire Isaïe lorsqu'il annonce un "jour de vengeance pour notre Dieu"? Jésus, à Nazareth, lors de sa lecture du texte prophétique, n'a pas prononcé ces paroles - il a conclu en annonçant l'année de grâce. Peut-être cela a-t-il été le motif du scandale qui a eu lieu après sa prédication? Nous ne le savons pas. Quoi qu'il en soit, le Seigneur a offert son commentaire authentique à ces paroles avec sa mort sur la croix:  "Lui qui, sur le bois, a porté lui-même nos fautes dans son corps...", dit saint Pierre (1 P 2, 24). Et saint Paul écrit aux Galates:  "Le Christ nous a rachetés de cette malédiction de la Loi, devenu lui-même malédiction pour nous, car il est écrit:  Maudit quiconque pend au gibet, afin qu'aux païens passe dans le Christ Jésus la bénédiction d'Abraham et que par la foi nous recevions l'Esprit de la promesse" (Ga 3, 13sq).

 

 

La Miséricorde du Christ n'est pas une grâce à bon marché, elle ne suppose pas la banalisation du mal. Le Christ porte dans son corps et sur son âme tout le poids du mal, toute sa force destructrice. Il brûle et transforme le mal dans la souffrance, dans le feu de son amour qui souffre. Le jour de la vengeance et de l'année de grâce coïncident avec le mystère pascal, dans le Christ mort et ressuscité. Telle est la vengeance de Dieu:  lui-même, en la personne du Fils, souffre pour nous. Plus nous sommes touchés par la miséricorde du Seigneur, plus nous devenons solidaires de sa souffrance - et plus nous somme prêts à compléter dans notre chair "ce qu'il manque aux épreuves du Christ" (Col 1, 24). Passons à la deuxième lecture, à la Lettre aux Ephésiens. Il s'agit ici, en substance, de trois choses:  tout d'abord des ministères et des charismes dans l'Eglise, comme dons du Seigneur ressuscité et monté au ciel; puis, de la maturation de la foi et de la connaissance du Fils de Dieu, comme condition et contenu de l'unité dans le Corps du Christ; et, enfin, de la participation commune à la croissance du corps du Christ, c'est-à-dire de la transformation du monde dans la communion avec le Seigneur. Arrêtons-nous sur deux points. Le premier est le chemin vers "la maturité du Christ", c'est ce que dit, en simplifiant un peu, le texte italien. Pour être plus précis, nous devrions parler, selon le texte grec, de la "mesure de la plénitude du Christ", à laquelle nous sommes appelés à arriver pour être réellement adultes dans la foi. Nous ne devrions pas rester des enfants dans la foi, dans un état de minorité. Et en quoi consiste le fait d'être des enfants dans la foi? Saint Paul répond: "Ainsi nous ne serons plus des enfants, nous ne nous laisserons plus ballotter et emporter à tout vent de la doctrine" (Ep 4, 14). Une description très actuelle !

 

 

Combien de vents de la doctrine avons-nous connus au cours des dernières décennies, combien de courants idéologiques, combien de modes de la pensée... La petite barque de la pensée de nombreux chrétiens a été souvent ballottée par ces vagues - jetée  d'un  extrême  à l'autre:  du marxisme au libéralisme, jusqu'au libertinisme; du collectivisme à l'individualisme radical; de l'athéisme à un vague mysticisme religieux; de l'agnosticisme au syncrétisme et ainsi de suite. Chaque jour naissent de nouvelles sectes et se réalise ce que dit saint Paul à propos de l'imposture des hommes, de l'astuce qui tend à les induire en erreur (cf. Ep 4, 14). Posséder une foi claire, selon le Credo de l'Eglise, est souvent défini comme du fondamentalisme. Tandis que le relativisme, c'est-à-dire se laisser entraîner "à tout vent de la doctrine", apparaît comme l'unique attitude à la hauteur de l'époque actuelle. L'on est en train de mettre sur pied une dictature du relativisme qui ne reconnaît rien comme définitif et qui donne comme mesure ultime uniquement son propre ego et ses désirs.

 

 

Nous possédons, en revanche, une autre mesure: le Fils de Dieu, l'homme véritable. C'est lui la mesure du véritable humanisme. Une foi "adulte" ne suit pas les courants de la mode et des dernières nouveautés; une foi adulte et mûre est une foi profondément enracinée dans l'amitié avec le Christ. C'est cette amitié qui nous ouvre à tout ce qui est bon et qui nous donne le critère permettant de discerner entre le vrai et le faux, entre imposture et vérité. Cette foi adulte doit mûrir en nous, c'est vers cette foi que nous devons guider le troupeau du Christ. Et c'est cette foi, - cette foi seule - qui crée l'unité et qui se réalise dans la charité. Saint Paul nous offre à ce propos - en contraste avec les tribulations incessantes de ceux qui sont comme des enfants ballottés par les flots - une belle parole:  faire la vérité dans la charité, comme formule fondamentale de l'existence chrétienne. Dans le Christ, vérité et charité se retrouvent. Dans la mesure où nous nous rapprochons du Christ, la vérité et la charité se confondent aussi dans notre vie. La charité sans vérité serait aveugle; la vérité sans charité serait comme http://idata.over-blog.com/0/21/41/34/0419ratzinger.jpg"cymbale qui retentit" (1 Co 13, 1). Venons-en à présent à l'Evangile, de la richesse duquel je ne voudrais tirer que deux petites observations. Le Seigneur nous adresse ces paroles merveilleuses: "Je ne vous appelle plus serviteurs... mais je vous appelle amis" (Jn 15, 15). Nous avons parfois le sentiment de n'être - comme il est vrai - que des serviteurs inutiles (cf. Lc 17, 10). Et malgré cela le Seigneur nous appelle amis, fait de nous ses amis, nous donne son amitié. Le Seigneur définit l'amitié d'une double façon. Il n'y a pas de secrets entre amis: le Christ nous dit tout ce qu'il entend du Père; il nous donne pleinement sa confiance et, avec la confiance, également la connaissance. Il nous révèle son visage, son coeur. Il nous montre sa tendresse pour nous, son amour passionné qui va jusqu'à la folie de la croix. Il nous fait confiance, il nous donne le pouvoir de parler en son nom: "ceci est mon corps...", "je te pardonne...". Il nous confie son corps, l'Eglise. Il confie à nos faibles esprits, à nos faibles mains, sa vérité - le mystère du Dieu Père, Fils et Esprit Saint; le mystère du Dieu "qui a tant aimé le monde qu'il a donné son Fils unique" (Jn 3, 16). Il nous a fait devenir ses amis - et nous, comment répondons-nous à cela ?

 

 

Le deuxième élément, avec lequel Jésus définit l'amitié, est la communion des intentions. "Idem velle - idem nolle", était également pour les Romains la définition de l'amitié. "Vous êtes mes amis si vous faites ce que je vous commande" (Jn 15, 14). L'amitié avec le Christ coïncide avec ce qu'exprime la troisième demande du Notre Père: "Que ta volonté sois faite sur la terre comme au ciel". A l'heure du Géthsémani, Jésus a transformé notre volonté humaine rebelle en volonté conforme et unie à la volonté divine. Il a souffert de tout le drame de notre autonomie - et, précisément en conduisant notre volonté entre les mains de Dieu, il nous donne la liberté véritable: "Pas ma volonté, mais la tienne" (Mt 21, 39). Dans cette communion des volontés se réalise notre rédemption: être amis de Jésus, devenir amis de Dieu. Plus nous aimons Jésus, plus nous le connaissons, plus grandit notre liberté véritable, plus grandit la joie d'être rachetés. Merci Jésus pour ton amitié ! L'autre élément de l'Evangile - dont je voulais parler - est le discours de Jésus sur le fait de porter du fruit: "C'est moi qui vous ai établis pour que vous alliez et portiez du fruit" (Jn 15, 16). Apparaît ici le dynamisme de l'existence du chrétien, de l'apôtre: je vous ai constitués pour que vous alliez... Nous devons être animés par une sainte préoccupation : la préoccupation de porter à tous le don de la foi, de l'amitié avec le Christ. En vérité, l'amour, l'amitié de Dieu nous a été donnée pour qu'elle arrive également aux autres. Nous avons reçu la foi pour la donner aux autres - nous sommes des prêtres pour servir les autres. Et nous devons porter un fruit qui demeure. Tous les hommes veulent laisser une trace qui demeure. Mais qu'est-ce qui demeure? Pas l'argent. Même les constructions ne demeurent pas; les livres non plus. Après un certain temps, plus ou moins long, toutes ces choses disparaissent. L'unique chose qui reste pour l'éternité est l'âme humaine, l'homme créé par Dieu pour l'éternité. Le fruit qui reste est donc ce que nous avons semé dans les âmes humaines - l'amour, la connaissance; le geste capable de toucher le coeur, la parole qui ouvre l'âme à la joie du Seigneur. Alors, allons et prions le Seigneur, pour qu'il nous aide à porter du fruit, un fruit qui demeure. Ce n'est  qu'ainsi  que la terre peut être transformée d'une vallée de larmes en un jardin de Dieu. Nous revenons enfin, encore une fois, à la Lettre aux Ephésiens. La lettre dit - en reprenant les paroles du Psaume 68 - que le Christ, en montant au ciel, "a donné des dons aux hommes" (Ep 4, 8). Le vainqueur distribue des dons. Et ces dons sont les apôtres, les prophètes, les évangélistes, les pasteurs et les maîtres. Notre ministère est un don du Christ aux hommes, pour édifier son Corps - le monde nouveau. Nous vivons notre ministère ainsi, comme un don du Christ aux hommes ! Mais en cette heure, en particulier, nous prions avec insistance le Seigneur afin qu'après le grand don du Pape Jean-Paul II, il nous donne à nouveau un pasteur selon son coeur, un pasteur qui nous guide à la connaissance du Christ, à son amour, à la joie véritable. Amen.

Dans cette homélie exceptionnelle prononcée devant les chefs d'états de tous pays, le cardinal Joseph Ratzinger a rendu hommage au pape polonais, affirmant qu'il a assumé une charge « au delà des forces humaines » :

 

 

 

 

« Suis-moi », dit le Seigneur ressuscité à Pierre; telle est sa dernière parole à ce disciple, choisi pour paître ses brebis. « Suis-moi » - cette parole lapidaire du Christ peut être considérée comme la clé pour comprendre le message qui vient de la vie de notre regretté et bien-aimé Pape Jean-Paul II, dont nous déposons aujourd'hui le corps dans la terre comme semence d'immortalité - avec le coeur rempli de tristesse, mais aussi de joyeuse espérance et de profonde gratitude. Tels sont les sentiments qui nous animent, Frères et Soeurs dans le Christ, présents sur la place Saint Pierre, dans les rues adjacentes et en divers autres lieux de la ville de Rome, peuplée en ces jours d'une immense foule silencieuse et priante. Je vous salue tous cordialement. Au nom du Collège des Cardinaux, je désire aussi adresser mes salutations respectueuses aux Chefs d'État, de Gouvernement et aux délégations des différents pays. Je salue les Autorités et les Représentants des Églises et des Communautés chrétiennes, ainsi que des diverses religions. Je salue ensuite les Archevêques, les Évêques, les prêtres, les religieux, les religieuses et les fidèles, venus de tous les continents; et de façon particulière les jeunes, que Jean-Paul II aimait définir comme l'avenir et l'espérance de l'Église. Mon salut rejoint également tous ceux qui, dans chaque partie du monde, nous sont unis par la radio et la télévision, dans cette participation unanime au rite solennel d'adieu à notre Pape bien-aimé.


Suis-moi - depuis qu'il était jeune étudiant Karol Wojtyla s'enthousiasmait pour la littérature, pour le théâtre, pour la poésie. Travaillant dans une usine chimique, entouré et menacé par la terreur nazie, il a entendu la voix du Seigneur : Suis-moi ! Dans ce contexte très particulier il commença à lire des livres de philosophie et de théologie, il entra ensuite au séminaire clandestin créé par le Cardinal Sapieha et, après la guerre, il put compléter ses études à la faculté de théologie de l'université Jagellon de Cracovie. Très souvent, dans ses lettres aux prêtres et dans ses livres autobiographiques, il nous a parlé de son sacerdoce, lui qui fut ordonné prêtre le 1er novembre 1946. Dans ces textes, il interprète son sacerdoce en particulier à partir de trois paroles du Seigneur. Avant tout celle-ci : « Ce n'est pas vous qui m'avez choisi, c'est moi qui vous ai choisis et établis afin que vous partiez, que vous donniez du fruit, et que votre fruit demeure » (Jn 15, 16). La deuxième parole est celle-ci : « Le vrai berger donne sa vie pour ses brebis » (Jn 10, 11). Et finalement : « Comme le Père m'a aimé, moi aussi je vous ai aimés. Demeurez dans mon amour » (Jn 15, 9). Dans ces trois paroles, nous voyons toute l'âme de notre Saint-Père. Il est réellement allé partout, et inlassablement, pour porter du fruit, un fruit qui demeure. « Levez-vous, allons ! », c'est le titre de son avant-dernier livre. « Levez-vous, allons ! » - par ces paroles, il nous a réveillés d'une foi fatiguée, du sommeil des disciples d'hier et d'aujourd'hui. « Levez-vous, allons ! » nous dit-il encore aujourd'hui. Le Saint-Père a été ensuite prêtre jusqu'au bout, parce qu'il a offert sa vie à Dieu pour ses brebis, et pour la famille humaine tout entière, dans une donation de soi quotidienne au service de l'Église et surtout dans les épreuves difficiles de ces derniers mois. Ainsi, il s'est uni au Christ, le Bon Pasteur qui aime ses brebis. Et enfin, « demeurez dans mon amour »: le Pape, qui a cherché la rencontre avec tous, qui a eu une capacité de pardon et d'ouverture du coeur pour tous, nous dit, encore aujourd'hui, avec ces différentes paroles du Seigneur : en demeurant dans l'amour du Christ nous apprenons, à l'école du Christ, l'art du véritable amour. Suis-moi ! En juillet 1958, commence pour le jeune prêtre Karol Wojtyla une nouvelle étape sur le chemin avec le Seigneur et à la suite du Seigneur. Karol s'était rendu comme d'habitude avec un groupe de jeunes passionnés de canoë aux lacs Masuri pour passer des vacances avec eux. Mais il portait sur lui une lettre qui l'invitait à se présenter au Primat de Pologne, le Cardinal Wyszylski et il pouvait deviner le but de la rencontre : sa nomination comme évêque auxiliaire de Cracovie. Laisser l'enseignement académique, laisser cette communion stimulante avec les jeunes, laisser le grand combat intellectuel pour connaître et interpréter le mystère de la créature humaine, pour rendre présent dans le monde d'aujourd'hui l'interprétation chrétienne de notre être - tout cela devait lui apparaître comme se perdre soi-même, perdre précisément ce qui était devenu l'identité humaine de ce jeune prêtre. Suis-moi - Karol Wojtyla accepta, entendant la voix du Christ dans l'appel de l'Église. Et il a compris ensuite jusqu'à quel point était vraie la parole du Seigneur : « Qui cherchera à conserver sa vie la perdra. Et qui la perdra la sauvegardera » (Lc 17, 33). Notre Pape - nous le savons tous - n'a jamais voulu sauvegarder sa propre vie, la garder pour lui; il a voulu se donner lui-même sans réserve, jusqu'au dernier instant, pour le Christ et de ce fait pour nous aussi. Il a fait ainsi l'expérience que tout ce qu'il avait remis entre les mains du Seigneur lui était restitué de manière nouvelle. Son amour du verbe, de la poésie, des lectures, fut une part essentielle de sa mission pastorale et a donné une nouvelle fraîcheur, une nouvelle actualité, un nouvel attrait à l'annonce de l'Évangile, même lorsque ce dernier est signe de contradiction. Suis-moi ! En octobre 1978, le Cardinal Wojtyla entendit de nouveau la voix du Seigneur. Se renouvelle alors le dialogue avec Pierre, repris dans l'Évangile de cette célébration : « Simon, fils de Jean, m'aimes-tu ? Sois le pasteur de mes brebis ! » À la question du Seigneur, Karol, m'aimes-tu ? l'Archevêque de Cracovie répond du plus profond de son coeur : « Seigneur, tu sais tout: tu sais bien que je t'aime ». L'amour du Christ fut la force dominante de notre bien-aimé Saint-Père; ceux qui l'ont vu prier, ceux qui l'ont entendu prêcher, le savent bien. Ainsi, grâce à son profond enracinement dans le Christ, il a pu porter une charge qui est au-delà des forces purement humaines : être le pasteur du troupeau du Christ, de son Église universelle. Ce n'est pas ici le moment de parler des différents aspects d'un pontificat aussi riche. Je voudrais seulement relire deux passages de la liturgie de ce jour, dans lesquels apparaissent des éléments centraux qui l'annoncent. Dans la première lecture, saint Pierre nous dit - et le Pape le dit aussi avec saint Pierre : « En vérité, je le comprends : Dieu ne fait pas de différence entre les hommes; mais, quelle que soit leur race, il accueille les hommes qui l'adorent et qui font ce qui est juste. Il a envoyé la Parole aux fils d'Israël, pour leur annoncer la paix par Jésus Christ : c'est lui, Jésus, qui est le Seigneur de tous » (Ac 10, 34-36). Et, dans la deuxième lecture, - saint Paul, et avec saint Paul notre Pape défunt - nous exhorte à haute voix : « Mes frères bien-aimés que je désire tant revoir, vous, ma joie et ma récompense; tenez bon dans le Seigneur, mes bien-aimés » (Ph 4, 1). Suis-moi ! En même temps qu'il lui confiait de paître son troupeau, le Christ annonça à Pierre son martyre. Par cette parole qui conclut et qui résume le dialogue sur l'amour et sur la charge de pasteur universel, le Seigneur rappelle un autre dialogue, qui s'est passé pendant la dernière Cène. Jésus avait dit alors : « Là où je m'en vais, vous ne pouvez pas y aller ». Pierre lui dit : « Seigneur, où vas-tu ? ». Jésus lui répondit : « Là où je m'en vais, tu ne peux pas me suivre pour l'instant; tu me suivras plus tard » (Jn 13, 33.36). Jésus va de la Cène à la Croix, et à la Résurrection - il entre dans le mystère pascal; Pierre ne peut pas encore le suivre. Maintenant - après la Résurrection - ce moment est venu, ce « plus tard ». En étant le Pasteur du troupeau du Christ, Pierre entre dans le mystère pascal, il va vers la Croix et la Résurrection. Le Seigneur le dit par ces mots, « Quand tu étais jeune... tu allais où tu voulais, mais quand tu seras vieux, tu étendras les mains, et c'est un autre qui te mettra ta ceinture, pour t'emmener là où tu ne voudrais pas aller » (Jn 21, 18). Dans la première période de son pontificat, le Saint-Père, encore jeune et plein de force, allait, sous la conduite du Christ, jusqu'aux confins du monde. Mais ensuite il est entré de plus en plus dans la communion aux souffrances du Christ, il a compris toujours mieux la Vérité de ces paroles: « C'est un autre qui te mettra ta ceinture... ». Et vraiment, dans cette communion avec le Seigneur souffrant, il a annoncé infatigablement et avec une intensité renouvelée l'Évangile, le mystère de l'amour qui va jusqu'au bout (cf. Jn 13, 1). Il a interprété pour nous le mystère pascal comme mystère de la Divine miséricorde. Il écrit dans son dernier livre la limite imposée au mal « est en définitive la Divine miséricorde » (Mémoire et identité, p. 71). Et en réfléchissant sur l'attentat, il affirme : « En souffrant pour nous tous, le Christ a conféré un sens nouveau à la souffrance, il l'a introduite dans une nouvelle dimension, dans un nouvel ordre : celui de l'amour [...]. C'est la souffrance qui brûle et consume le mal par la flamme de l'amour et qui tire aussi du péché une floraison multiforme de bien» (ibid., p. 201-202). Animé par cette perspective, le Pape a souffert et aimé en communion avec le Christ et c'est pourquoi le message de sa souffrance et de son silence a été si éloquent et si fécond. Divine miséricorde : le Saint-Père a trouvé le reflet le plus pur de la miséricorde de Dieu dans la Mère de Dieu. Lui, qui tout jeune avait perdu sa mère, en a d'autant plus aimé la Mère de Dieu. Il a entendu les paroles du Seigneur crucifié comme si elles lui étaient personnellement adressées : « Voici ta Mère ». Et il a fait comme le disciple bien-aimé : il l'a accueillie au plus profond de son être (eis ta idia : Jn 19, 27) - Totus tuus. Et de cette Mère il a appris à se conformer au Christ.

Pour nous tous demeure inoubliable la manière dont en ce dernier dimanche de Pâques de son existence, le Saint-Père, marqué par la souffrance, s'est montré encore une fois à la fenêtre du Palais apostolique et a donné une dernière fois la Bénédiction Urbi et Orbi. Nous pouvons être sûrs que notre Pape bien-aimé est maintenant à la fenêtre de la maison du Père, qu'il nous voit et qu'il nous bénit. Oui, puisses-tu nous bénir, Très Saint Père, nous confions ta chère âme à la Mère de Dieu, ta Mère, qui t'a conduit chaque jour et te conduira maintenant à la gloire éternelle de son Fils, Jésus Christ, notre Seigneur. Amen.

 

Our homeland is in heaven by kingtut98
 

« Notre Patrie à nous, c'est nos villages, nos autels, nos tombeaux, tout ce que nos pères ont aimé avant nous. Notre Patrie, c'est notre Foi, notre terre, notre Roi... Mais leur Patrie à eux, qu'est-ce que c'est ? Vous le comprenez, vous ? Ils veulent détruire les coutumes, l'ordre, la tradition... Alors, qu'est-ce que cette Patrie narguante du passé, sans fidélité, sans amour ? Cette Patrie de billebaude et d'irréligion ? Beau discours, n'est-ce pas ? Pour eux, la Patrie semble n'être qu'une idée ; pour nous, elle est une terre. (...) Il est vieux comme le diable leur monde qu'ils disent nouveau et qu'ils veulent fonder dans l'absence de Dieu... Vieux comme le diable... On nous dit que nous sommes les suppôts des vieilles superstitions ; faut rire ! Mais en face de ces démons qui renaissent de siècle en siècle, sommes une jeunesse, Messieurs ! Sommes la jeunesse de Dieu. La jeunesse de la fidélité ! Et cette jeunesse veut préserver pour elle et pour ses fils, la créance humaine, la liberté de l'homme intérieur... » (Charette, héros des guerres de Vendée)

Credo in unum Deum, Patrem omnipoténtem, factórem cǽli et terræ, visibílium ómnium et invisibílium.

collection4.jpgJe crois en un seul Dieu, le Père tout puissant, créateur du ciel et de la terre, de l'univers visible et invisible.

Et in unum Dóminum IESUM CHRISTUM, Fílium Dei unigénitum.

Je crois en un seul Seigneur, Jésus-Christ, le Fils unique de Dieu.

Et ex Patre natum ante ómnia sǽcula.

Né du Père avant tous les siècles.

Deum de Deo, lumen de lúmine, Deum verum de Deo vero.

Il est Dieu, né de Dieu, lumière, né de la lumière, vrai Dieu, né du vrai Dieu.

Génitum, non factum, consubstantiálem Patri per quem ómnia facta sunt.

Engendré non pas créé, consubstantiel au Père, et par Lui tout a été fait.

Qui propter nos hómines et propter nostram salútem descéndit de cǽlis.

Pour nous les hommes, et pour notre salut, Il descendit du ciel.

ET INCARNATUS EST DE SPIRITU SANCTO EX MARIA VIRGINE ET HOMO FACTUS EST.

Par l'Esprit Saint, Il a pris chair de la Vierge Marie et s'est fait homme.

Crucifíxus étiam pro nobis, sub Póntio Piláto passus, et sepúltus est.

Crucifié pour nous sous Ponce Pilate, Il souffrit Sa Passion et fut mis au tombeau.

Et resurréxit tértia die, secúndum Scriptúras.

Il ressuscita le troisième jour, conformément aux Ecritures.

Et ascéndit in cǽlum : sedet ad déxteram Patris.

Et Il monta au ciel : Il est assis à la droite du Père.

Et íterum ventúrus est cum glória judicáre vivos et mórtuos cuius regni non erit finis.

Il reviendra dans la gloire, pour juger les vivants et les morts et son règne n'aura pas de fin. 

 

Et in Spíritum Sanctum, Dóminum et vivificántem, qui ex Patre, Filióque procédit.

Je crois en l'Esprit Saint, qui est Seigneur et qui donne la vie, Il procède du Père et du Fils.

Qui cum Patre, et Fílio simul ADORATUR, et conglorificátur : qui locútus est per Prophétas.

Avec le Père et le Fils, Il reçoit même adoration et même gloire : Il a parlé par les prophètes.

 

Et unam, sanctam, cathólicam, et apostólicam Ecclésiam.

Je crois (en) l'Eglise, une, sainte, catholique et apostolique.

Confíteor unum baptísma in remissiónem peccatórum.

Je reconnais un seul baptême pour le pardon des péchés.

Et expécto resurrectiónem mortuórum,

J'attends la résurrection des morts,

Et vitam + ventúri sǽculi. Amen.

Et la vie + du monde à venir. Ainsi soit-il.

 

 

 

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(Credo I - XIème siècle)
(Pour les Dimanches per annum 
dit du "Temps Ordinaire")
 

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(Credo II - XIème siècle)
(Pour la Nativité du Seigneur
et autres Fêtes Liturgiques)
 

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(Credo III - XVIIème siècle)
(Pour les Dimanches de Pâques 
 et autres Fêtes Liturgiques)
 

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(Credo IV - XVème siècle)
(Pour les Fêtes de la Sainte
Vierge et de St Joseph)
 

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(Credo VI - XIème siècle)
(Pour les Solennités et
autres Fêtes Liturgiques)

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(Credo VII - XIIIème siècle)
(Pour les Dimanches du Temps
de l'Avent et/ou du Carême)

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(Credo Ambrosien)
(Pour les Dimanches du Temps
de l'Avent et/ou du Carême)

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(Credo de Dumont - Année 1669)
(Pour les Grandes Solennités
             de l'Année Liturgique)              

 

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