Il faudra bien, tôt ou tard, que nos évêques de France aient l'honnêteté de reconnaître que ce qu'eux ou leurs prédécesseurs ont voulu faire passer pour des applications concrètes de Vatican II n'étaient en réalité que le fruit de divagations qui n'avaient aucun rapport avec les enseignements du Concile.
Il faudra bien qu'ils reconnaissent que les façons de célébrer la liturgie qui se sont imposées dans 99% des paroisses de ce pays n'ont qu'une relation très vague - dans la mesure où il en subsiste une - avec le Missel romain.
Il faudra bien qu'ils reconnaissent qu'une très grande (très grande !) partie de la crise que traverse aujourd'hui l'Eglise en France leur est imputable : ils ont encouragés les expériences liturgiques hasardeuses alors que Paul VI déjà demandait expressément d'y mettre fin; ils ont refusé d'ordonner prêtres tous les jeunes gens qui affirmaient leur attachement aux enseignements conciliaires; ils ont favorisé le chamboulement systématique - quand ce n'était pas la dévastation - de la quasi totalité des sanctuaires; ils ont placardisé ou même sanctionné les prêtres qui suivaient fidèlement le Missel romain et maintenaient l'usage du latin; ils ont remercié les organistes et les choristes qui refusaient de prêter leur concours à l'exécution de chants qui, pour être officiellement approuvés n'en étaient pas moins limités au plan musical et théologique ... etc.


 

Sur le site Internet de la Conférence des Evêques de France (CEF), on lit que "la réforme liturgique a provoqué, notamment en France, des tensions entre les fidèles adoptant cette réforme et une petite minorité qui a souhaité rester attachée à l'ancien rite (...)".
Continuer à diffuser de tels propos sur un site officiel de l'Eglise ne relève-t-il pas d'une volonté marquée de désinformer ou de carrément berner les fidèles ?
Car chacun sait bien que les tensions ne sont pas nées en premier lieu entre ceux qui avaient adopté la réforme liturgique conciliaire et ceux qui la refusaient, mais entre ceux qui avaient accepté la réforme et ceux qui s'en réclamaient non pour l'appliquer mais pour transformer la liturgie en un chantier permanent dont les décombres n'ont toujours pas été évacués. La liturgie restaurée à la suite de Vatican II ne fut pas seulement refusée par les "traditionalistes" : elle fut refusée par les clercs les plus en vue dans nos diocèses. Ces clercs-là l'ont refusée avec plus de violence que les "traditionalistes" qui eux, l'auraient acceptée si on s'était employés à la leur présenter telle qu'elle devait être.
Faire porter le chapeau à ceux qui ont refusé Vatican II relève d'une vision des choses que le pape Benoît XVI ne saurait faire sienne. Il dit tout autre chose dans la Lettre qu'il a personnellement adressée aux évêques eux-mêmes : "(...) La fracture [s'est produite] avant tout parce qu'en de nombreux endroits on ne célébrait pas fidèlement selon les prescriptions du nouveau Missel; au contraire, celui-ci finissait par être interprété comme une autorisation, voire même une obligation de créativité; cette créativité a souvent porté à des déformations de la Liturgie à la limite du supportable."


 

Tant que nos pasteurs actuels ne seront pas décidés à retrousser les manches et à prendre pelles et brouettes pour sortir de nos églises paroissiales les gravats qui restent des vieux chantiers de démolition de la liturgie, et tant qu'ils ne se voudront pas reconstruire les célébrations eucharistiques à partir des plans tracés par Benoît XVI... il est certain que le malaise persistera et que la crise durera.

 

Pro Liturgia

« Dieu est tout et uniquement amour, amour très pur, infini et éternel. Il ne vit pas dans une splendide solitude, mais il est plutôt source intarissable de vie qui se donne et se transmet sans cesse. Nous pouvons dans une certaine mesure le deviner en observant aussi bien le macro-univers: notre terre, les planètes, les étoiles, les galaxies; que le micro-univers: les cellules, les atomes, les particules élémentaires. Sur tout ce qui existe est en quelque sorte imprimé le "nom" de la Très Sainte Trinité, car tout l'être, jusqu'à la dernière particule, est être en relation, et ainsi transparaît le Dieu-relation, et en définitive l'Amour créateur. Tout provient de l'amour, tend vers l'amour et avance poussé par l'amour, naturellement avec des degrés divers de conscience et de liberté. "O Seigneur, notre Seigneur, qu'il est puissant ton nom par toute la terre!" (Ps 8, 2) s'exclame le psalmiste. En parlant du "nom", la Bible indique Dieu lui-même, son identité la plus authentique; une identité qui resplendit sur toute la création, où chaque être, en vertu du fait même de s'y trouver et du "tissu" dont il est fait, fait référence à un Principe transcendant, à la Vie éternelle et infinie qui se donne, en un mot: à l'Amour. "C'est en [lui] en effet que nous avons la vie - dit saint Paul dans l'Aréopage d'Athènes -, le mouvement et l'être" (cf. Ac 17, 28). La preuve la plus éloquente que nous sommes faits à l'image de la Trinité est la suivante: seul l'amour nous rend heureux, car nous vivons en relation, et nous vivons pour aimer et être aimés. Reprenant une analogie suggérée par la biologie, nous pourrions dire que l'être humain porte dans son propre "génome" l'empreinte profonde de la Trinité, de Dieu-Amour ».

 

 

 

Ces paroles du Pape Benoît XVI à l’occasion du dimanche 7 juin, Solennité de la Sainte Trinité, amènent à réfléchir sur le fait que, dans le cœur de l’homme, comme le déclare Saint Augustin, habite un souci constant de besoin de la Vérité, dans la recherche du sens qui corresponde à la raison et qui soutienne l’existence sur la terre ; cette Vérité n’est pas quelque chose d’abstrait, d’impersonnel et d’indépendant de nous, mais quelque chose qui se manifeste toujours dans une rencontre concrète avec l’homme. Les Evangiles attestent les « rencontres » de Jésus, Dieu fait chair, qui entre en rapport avec l’homme, pour révéler que l’être de l’homme est lui-même un rapport, tout tendu vers la rencontre – jamais accomplie une fois pour toutes, mais qui, toujours nouvelle, se produit chaque jour – de laquelle on déduit que notre raison correspond et adhère, finalement, seulement au Verbe Divin, le Logos. Toutefois, ce rapport entre l’homme et le Verbe de Dieu, n’est pas « symétrique » ; il ne consiste pas dans le simple et réciproque « reflet » de l’un dans l’autre. C’est plutôt, en un certain sens, un rapport asymétrique, mais avec une origine bien précise : c’est le Logos qui a pris l’initiative quand il s’est fait voir, toucher et entendre, c’est-à-dire quand il s’est fait connaître dans la chair, mais sans s’imposer à nous, comme un « Deus ex machina », mais, au contraire, en nous demandant notre « oui ! », et en continuant à la demander aux hommes, afin qu’ils s’engagent avec leur propre intelligence et leur propre chair, dans une liberté pleine et totale. Cette « demande d’engagement total » a eu lieu en tout premier lieu avec Marie, emblème parfait de l’humanité obéissante quand, à l’Annonciation, Dieu a demandé son accord : en effet, c’est uniquement de cette manière qu’il devient possible que la liberté soit vraie, parce qu’elle est en rapport avec la Vérité. De la sorte, ce qui nous a été donné par le Verbe, tout ce qu’il a donné, c’est afin que, comme le rappelle saint Paul, tout puisse devenir « nôtre ». C’est là le « quaerere Deum », reconnaître sa Présence, ce que nous cherchons quand nous entrons en relation avec celui que nous aimons, dans un amour jamais définitif humainement, mais toujours nouveau, qui demande une réciprocité humaine. Le Saint-Père écrit en effet : « C’est le propre de la maturité de l’amour d’impliquer toutes les potentialités de l’homme, et d’inclure, pour ainsi dire, l’homme dans son intégralité. La rencontre des manifestations visibles de l’amour de Dieu peut susciter en nous un sentiment de joie, qui naît de l’expérience d’être aimé. Mais cette rencontre requiert aussi notre volonté et notre intelligence. La reconnaissance du Dieu vivant est une route vers l’amour, et le oui de notre volonté à la sienne unit intelligence, volonté et sentiment dans l’acte totalisant de l’amour. Ce processus demeure cependant constamment en mouvement: l’amour n’est jamais «achevé» ni complet; il se transforme au cours de l’existence, il mûrit et c’est justement pour cela qu’il demeure fidèle à lui-même. Idem velle atque idem nolle – vouloir la même chose et ne pas vouloir la même chose; voilà ce que les anciens ont reconnu comme l’authentique contenu de l’amour: devenir l’un semblable à l’autre, ce qui conduit à une communauté de volonté et de pensée. L’histoire d’amour entre Dieu et l’homme consiste justement dans le fait que cette communion de volonté grandit dans la communion de pensée et de sentiment, et ainsi notre vouloir et la volonté de Dieu coïncident toujours plus » (Deus Caritas Est, 17).

Le fait d’être « image et ressemblance » de l’homme avec Dieu, d’un côté, comme le rappellent les Pères, est une donnée inscrite « dans le génome Humain », de l’autre côté, c’est un processus de « restauration continue » de l’image perdue, en raison de la faiblesse de la nature, conséquence tragique du péché originel. On constate en cela que l’œuvre du Créateur est sans solution de continuité avec l’œuvre du Rédempteur et celle du Saint-Esprit Sanctificateur. Parce que Jésus-Christ, comme le note Saint Ambroise, a été crucifié pour le péché, et vit à présent en Dieu, c’est Lui le « restaurateur » de notre nature humaine : ou plutôt et mieux encore, c’est « à l’image et la ressemblance de Lui » qu’est appelé à ressusciter et à vivre chaque homme créé par Dieu.

 

Fides

R. Mon Amour, c'est le Seigneur,
Et je veux le chanter,
Car je suis fort de ses louanges,
Et ma foi repose en lui.
J'ouvrirai ma bouche
Et par moi, son Esprit racontera
La Gloire de Dieu. (bis)


 
1. Ô mon Dieu de Vérité
Je ne désire que Toi
Je veux proclamer que Tu es Roi,
Et Sauveur pour l'éternité.
 
2. Je veux Te donner ma vie
Mettre mes pas dans Tes pas
Je veux à Ta suite prendre ma croix
Poussé par le souffle de l'Esprit.
 
3. Ta présence en mon coeur,
De paix et de douceur,
Est source d'amour et de joie,
Je ne peux vivre sans Toi.
  


(Enregistré au Festival Anuncio 2009)
 

© Communauté des Béatitudes

 

Près de 2500 personnes se sont rassemblées ce samedi 6 juin dans les rues de Bordeaux pour dire « Oui a la vie ». Enfants, parents, jeunes et moins jeunes se sont tous unis pour « chanter « et « danser » la vie. « Nous avons voulu organiser pour la première fois en province une manifestation d’ampleur rassemblant toutes les paroisses » a déclaré Nicolas, un des porte paroles de l’Association Oui à la Vie. A 16 ans, Marie, de la paroisse Sainte-Eulalie assiste pour la première fois à une manifestation de ce genre. Emue par l’ambiance festive et par la foule réunie, elle regrette de ne pas avoir fait venir ses amies : « L’année prochaine je veux rassembler encore plus de monde », s’écrit-elle. En tête de cortège ce sont des enfants qui chantent. Les slogans fusent et sont sans équivoque : « Non à l’avortement, Oui à la vie » ou encore « Papa, Maman, une famille ». Dans la foule très dense on pouvait rencontrer des prêtres diocésains aux côtés de ceux de communautés implantées à Bordeaux : Communauté de l’Emmanuel, Institut du Bon Pasteur, Fraternité Saint-Pierre ou Dominicains.

Dès qu’un évêque de la « nouvelle génération » célèbre une messe selon la forme « ordinaire » conforme au missel romain, dès qu’il célèbre selon la forme « extraordinaire », dès qu’il rétablit l’usage du latin et du grégorien... il est critiqué. Critiqué par qui ? Critiqué par celles et ceux qui, infiltrés dans les paroisses, n’y connaissent strictement rien en liturgie mais ont la main mise sur toutes les messes. Critiqué par celles et ceux qui ont fait des célébrations paroissiales leur pré carré. Critiqué par celles et ceux qui se réclament sans arrêt de Vatican II mais n’ont jamais étudié le moindre document conciliaire. Que pourrait-on suggérer à ces évêques qui aimeraient redonner à la liturgie de l’Eglise son vrai visage en corrigeant conformément aux orientations données par le Souverain Pontife les aberrations qui y ont été introduites ?

 

 

 

Qu’on nous permette de leur suggérer en tout premier lieu d’être davantage pédagogues. En effet : les fidèles ont été tellement habitués, durant les 50 dernières années, à participer à des messes paroissiales n’ayant plus qu’un rapport très lointain avec la célébration de la foi, ils ont tellement entendu leurs prêtres leur dire que le latin et le grégorien étaient des « machins » dépassés qui ne correspondent plus à la pastorale actuelle qu’ils sont devenus totalement incapables de comprendre ce qui peut pousser un évêque à réintroduire dans les célébrations liturgique des rites et des chants que d’autres, avant eux, se sont employés à liquider... au nom du Concile ! Il faudrait donc que les évêques sachent en premier lieu expliquer les choses avec un langage clair et des références précises à l’appui. Or, c’est malheureusement ce qu’ils ne font pas. Peut-être parce qu’ils n’ont pas eu eux-mêmes de solide formation liturgique. L’évêque qui aura toutes les chances de remettre de l’ordre dans la liturgie de son diocèse - pour autant qu’il veuille le faire - sans risquer d’être critiqué sera celui qui aura su expliquer les choses et - tout aussi important - qui aura su s’entourer de personnes compétentes capables de mettre en œuvre de façon irréprochable ce qui aura été décidé. Voudra-t-il, par exemple, redonner au chant grégorien la place dans la liturgie qu’a toujours voulu lui réserver l’Eglise ? Très bien. Mais dans ce cas il lui faudra impérativement s’assurer des services d’une schola, pas forcément nombreuse mais qui sait son répertoire et est capable de le chanter de façon à la fois vivante et populaire pour faire sentir aux fidèles dès la première pièce que le grégorien, ce n’est pas ringard. C’est une question d’esprit, après tout. Et il faudra qu’il y ait une cohérence dans ce qu’il mettra en œuvre : si la schola chante bien le grégorien mais que le célébrant culbute sur la moindre oraison, alors il y a fort à parier que l’objectif poursuivi sera en partie manqué. Si dans telle église on prend soin de respecter la liturgie alors que trois paroisses plus loin le célébrant fait n’importe quoi, alors l’objectif poursuivi sera manqué tout autant.

 

Tout ceci demande préparation : préparation matérielle, bien sûr, mais aussi préparation des esprits et des cœurs. Tel est le prix à payer pour qu’une action pastorale en faveur de la liturgie ne soit pas qu’un feu de paille mais s’inscrive dans un projet plus vaste et durable. Ceci s’appelle « pédagogie » : ça consiste à ne pas attendre qu’une action provoque une levée de boucliers pour devoir se justifier. Ça consiste à expliquer d’abord, répondre aux questions ensuite, enfin montrer. Si ces trois étapes ne sont pas respectées, il n’y a aucune chance de réussir quoi que ce soit et l’évêque le plus bienveillant du monde finira pas se décourager et par rejoindre les rangs de ce « magistère déficient » que constitue l’épiscopat français.

 

Pro Liturgia

 

« Pierre, premier des Apôtres, a reçu les Clefs du Royaume des Cieux. Avec elles, il lie et délie les péchés de tous les saints, unis de manière inséparable au Corps du Christ, et il indique aux fidèles, la route juste à suivre en cette vie agitée par toutes les tempêtes. En revanche, Jean, l’Evangéliste, posa sa tête sur la poitrine de Jésus. Le geste fait penser au repos des saints, au repos qu’ils trouveront sur cette poitrine, pleinement à l’abri des flots, et au secret qu’est la vie bienheureuse ». Saint Augustin poursuit en disant que c’est non seulement aux deux Apôtres mais « à tous, qu’est ouverte par le Seigneur lui-même, la source de l’Evangile, pour que tous la boivent sur toute la terre, chacun selon sa propre capacité » (Traités sur Jean, 124, 7;CCL 36, 687)

 

 

Nous devons réfléchir sur cela chaque jour, chaque fois que nous commettons le péché, que nous faisons l’expérience de notre faiblesse. Ainsi, nous ne nous scandaliserons par des articles et des livres qui circulent, pour condamner au pilori les « déficiences » vraies ou supposées d’hommes d’Eglise, qui ont pu céder à l’Ennemi. Pierre, avec ses défauts et avec ses craintes, aimait profondément Jésus, au point de verser son sang pour Lui et se faire crucifier la tête en bas, comme le dit la Tradition, parce qu’il ne se considérait pas digne de mourir comme son Seigneur ! On comprend alors que, lorsque l’Eglise « tombe en ruine » - temporairement seulement à cause des péchés de ses membres -, la tâche qui presse est le retour à la Grâce. Il est nécessaire que se multiplient des Compagnies, des Fraternités, des Amitiés, des Communions qui mènent une vie de pauvreté, de chasteté et d’obéissance surtout, et ainsi, presque sans s’en apercevoir, on ramènera Jésus au centre, et le Christianisme à la foi. Comme l’a fait Saint François. C’est la voie de la sainteté, que Dieu suscite habituellement de manière simple, avec des tâches apparemment insignifiantes, en allant du particulier à l’universel. Au lieu de « nous mordre et de nous dévorer », il faut penser à tous ceux qui ne connaissent pas Dieu, qui ne connaissent pas le Christ, un nouveau paganisme contre lequel on ne peut lutter qu’en annonçant l’Amour de Dieu et en témoignant. Il est nécessaire de vaincre en nous la présomption d’être meilleurs que les autres. En revanche, nous devrions nous demander, comme l’a écrit le Pape Benoît XVI dans sa Lettre aux Evêques du 10 mars 2009, si nous sommes toujours disposés à apprendre la priorité suprême : l’Amour ! Mais il faut vaincre la peur ! Celle qui nous fait demeurer froids et fermés sur nous-mêmes, au lieu d’embrasser et d’étreindre ceux qui veulent nous aimer. Pour apprendre à aimer, nous devrions suivre la « méthode » de Grégoire de Nysse : « Si l’amour parvient vraiment à éliminer la peur, et si elle se transforme en amour, on découvrira alors que ce qui sauve c’est précisément l’unité. Le salut réside en effet à se sentir tous fondus dans l’amour, dans l’unique et vrai bien par cette perfection qui se trouve dans la colombe… Le lien de cette unité est une gloire authentique… Personne en effet ne peut nier que le Saint-Esprit soit appelé ‘gloire’ (Jean 17, 22) » (Homélie sur le Cantique des Cantiques, 15; PG 44, 1115.1117). Cette gloire se manifeste si, comme le Christ, nous abattons les murs de notre résistance à l’Amour, et si nous passons par Lui, ou plutôt l’un par l’autre, dans l’autre, comme la lance a ouvert Son Cœur, en accueillant et en redonnant. C’est là la Vérité de l’Amour qui vainc toute faiblesse. Paul lui aussi est passé par cette même expérience : « Une épine dans sa chair » fut la manière par laquelle Dieu humilia sa grandeur ; mais la grâce de Dieu soulagea sa blessure, en le faisant dépendre d’une communion visible, l’amitié avec celui qu’il mit à ses côtés pour sa mission apostolique. Il faut donc méditer la réponse du Seigneur à l’Apôtre : « Ma grâce de te suffit, car ma puissance se déploie dans la faiblesse » (2 Corinthiens 12, 9)

 

Fides

Le lieu de départ de la Marche sera finalement la Place des Quinconces à 14H00 :


« Le jour de la Pentecôte étant arrivé, ils se trouvaient tous ensemble dans un même lieu, quand, tout à coup, vint du ciel un bruit tel que celui d'un violent coup de vent, qui remplit toute la maison où ils se tenaient. Ils virent apparaître des langues qu'on eût dites de feu ; elles se partageaient, et il s'en posa une sur chacun d'eux. Tous furent alors remplis de l'Esprit Saint et commencèrent à parler en d'autres langues, selon que l'Esprit leur donnait de s'exprimer » (Luc 2, 1-4). Par ces paroles, les Actes des Apôtres décrivent l’Evénement de la Première Pentecôte de l’Eglise, celle promise par Jésus avant de monter au Ciel (cf. Luc 24, 49). Le Saint-Esprit devait venir, mais aucun des disciples n’aurait pu imaginer comment il serait venu. Du reste, le Seigneur Jésus, parlant de l’action de l’Esprit dans l’âme, l’avait comparée au « vent » (cf. Jean 3, 8), comme pour souligner que cette action était imprévisible, incontrôlable, qu’elle ne pourra jamais être enfermée dans nos schémas humains et dans nos projets humains, qu’elle échappera toujours à contre « compréhension » parce que, pourrait-on dire, l’Esprit est la Liberté Infinie de Dieu.

 

 

 

L’Eglise, depuis toujours, est dans les mains du Saint-Esprit. Ce ne sons pas les hommes qui décident de son cours et de son développement, mais l’unique Protagoniste de ses jours, de ses célébrations, des évènements qui tiennent du mystère, de ses œuvres fécondes… C’est toujours et seulement Lui : le Saint-Esprit qui est l’âme de l’Eglise : « L’Eglise est incessamment modelée et guidée par l’Esprit de son Seigneur. C’est un Corps vivant, dont la vitalité est précisément le fruit de l’invisible Esprit Divin » (Benoît XVI, homélie de la Pentecôte, 31 mai 2009). Jésus avait annoncé que ce serait le Saint-Esprit qui introduirait les disciples dans la Vérité tout entière, « étape par étape (cf. Jean 16, 13). Cela se réalise de manière ininterrompue depuis deux mille ans, depuis qu’il a commencé à agir avec puissance dans le cœur des Apôtres, depuis le jour de la Pentecôte. Depuis ce jour, ce sera le Saint-Esprit qui, avec son Onction, donnera une force irrésistible à leur annonce. Quand on lit par exemple les Lettres de Saint Paul, on ne peut pas ne pas être surpris par la profondeur extraordinaire de ses paroles, par l’ampleur et par l’actualité des questions qu’il aborde ; elles touchent le cœur et l’intelligence de celui qui les écouter sans préjugés, mais avec l’esprit ouvert à la Vérité. Malheureusement il semble qu’il y ait parfois, chez nous, les catholiques, peu de conscience que ces lettres, comme les Evangiles et les autres Ecrits du Nouveau Testament, ont été écrits sous la puissance de l’Esprit du Christ Ressuscité ! C’est Lui le véritable auteur de ces pages. Si l’on devait parler de « droits d’auteur » de ces écrits, il ne faudrait certainement pas les attribuer à Mathieu ou à Marc, à Luc ou à Jean, à Pierre ou à Paul…, mais au Saint-Esprit qui les inspirés ! Il ne s’agit pas de simples écrits, qui semblent « gonflés, exagérés », dans le but de faire du bien, mais ils sont la « Parole de Dieu, et pas des « paroles d’hommes ». Voilà pourquoi leur harmonie étonne elle aussi : Jean ne contredit pas Pierre, Paul ne contredit pas Marc, et ainsi de suite. Comment pourraient-ils se contredire, si l’Auteur est le même : dans les Lettres de Pierre comme dans celle Paul ! « Jésus, en effet, avait promis solennellement à ses disciples : « Le Consolateur, le Saint-Esprit que le Père enverra en mon Nom, vous enseignera toutes choses et vous rappellera tout ce que je vous ai dit » (Jean 14, 26). Le Saint-Esprit « leur aurait annoncé les choses futures » (Jean 16, 13), et « aurait parlé en eux » (Matthieu 10, 20), dans les moments de persécutions ! Ainsi, les Apôtres de Jésus durent « s’exercer » à accueillir l’inspiration du Saint-Esprit, à prendre des décisions avec Lui, jamais seuls. Pierre, après la Pentecôte le déclare sans ambiguïté : « Nous avons décidé, nous et le Saint-Esprit » (Actes 15, 28). « Nous et le Saint-Esprit, voilà la « formule d’action » de l’Eglise, voilà son secret, dans les débuts comme à présent. « Nous et le Saint-Esprit » : jamais seulement nous sans Lui, jamais seulement Lui sans nous, mais toujours tout par Lui, avec Lui, soumis à Lui ». Si nous voulons glorifier le Seigneur Jésus, nous avons besoin de l’action du Paraclet dans nos âmes, autrement la gloire, au lieu de la donner à Dieu, nous la retenons pour nous ! Tous les Apôtres, après avoir été fortifiés par le Saint-Esprit, ont mis de côté leurs ambitions, la recherche de la gloire humaine, qui, comme la nôtre, est plus ou moins cachée, pour faire place à la Gloire de Dieu. Avec la Pentecôte, Jésus entrait triomphalement dans leurs âmes : « Portes, élevez vos frontons, Ouvrez-vous toutes grandes portes antiques, et qu’il entre le Roi de la gloire » (Psaume 23, 7). Oui, les portes, fermées ou entrebâillées des premiers disciples de Jésus, avec la venue du Saint-Esprit s’ouvrent en grand au Christ. Il fallait ce « vent impétueux », une brise légère n’était pas suffisante. Il fallait bien autre chose, pour ouvrir le cœur et l’esprit des disciples qui, comme les nôtres, ont mille résistances et réserves envers le Seigneur, souvent cachées. Il fallait le « feu » du Saint-Esprit que Jésus était venu apporter sur la terre (cf. Luc 12, 49).

 

Une seule créature, présente dans ce Cénacle, connaissait un tel Baptême, connaissait cette « puissance qui vient d’En-Haut » : c’était la Très Sainte Vierge Marie. Elle en avait fait l’expérience à Nazareth, lors de la toute première Pentecôte, quand l’Esprit descendit sur elle et la fit devenir Mère du Rédempteur ! Sans la Pentecôte de Nazareth, il n’y aurait pas eu la Pentecôte de Jérusalem. La Sainte Vierge était au milieu des disciples, intercédant comme Avocate auprès de Dieu, pour attirer sur l’Eglise du présent et du futur la venue du Paraclet : l’Epouse appelait l’Epoux ! La Mère de Jésus était là, comme elle se trouvait au pied de la Croix, pour rendre témoignage à Jésus, pour Lui donner l’offrande d’une foi pure, sans l’ombre d’un doute que cela serait accompli comme l’avait annoncé son Fils. Elle seulement avait une telle foi. Elle seule pouvait l’avoir. Les Apôtres, avec Marie, se sentirent en sécurité. Il y avait l’Avocate au milieu d’eux, comme aux Noces de Cana, quand le vin vint à manquer. Ce fut elle qui obtint de Jésus le signe de la transformation de l’eau en vin. Ainsi, la Gloire de Dieu se manifesta, et les disciples crurent au Seigneur (cf. Jean 2, 11). Au Cénacle de Jérusalem, il fallait obtenir une transformation beaucoup plus grande, celle du cœur et de l’esprit des Disciples de Jésus ! Et le miracle se produisit ! Que se répète pour nous aussi, par l’intercession de cette même Mère qui est notre Avocate, le miracle de la transformation dans le Christ, qu’Elle peut et qu’Elle veut nous obtenir : « Veni Sancte Spiritus, Veni per Mariam ».

 

Fides

Le nombre de candidats au sacerdoce qui avaient été ordonnés diacres en 2012 permet de savoir quel sera le nombre de nouveaux prêtres en France pour cette année 2013. On donne le chiffre de 76... Le chiffre le plus bas jamais enregistré. Il indique non seulement une érosion du catholicisme dans notre pays, mais également l’échec d’une pastorale menée tambour battant dans les diocèses et qui a été basée sur la nomination de « laïcs en responsabilité », sur les « rassemblements diocésains festifs », sur la généralisation de « célébrations liturgiques » au sujet desquelles le Cardinal Ratzinger disait qu’elles sont « d’une pauvreté affligeante ». Depuis Vatican II reçu dans nos diocèses dans une herméneutique de rupture affirmée, il y a eu pléthore de tentatives et d’expériences pour redresser la situation : les messes évolutives, conviviales, vivantes, fraternelles... et sans cesse réformées au gré des lubies de tel prêtre, de telle équipe d’animation en sont une parmi tant d’autres. Ces liturgies qui se voulaient attirantes ont toutes échoué : le peuple ne les a jamais faites siennes puisque qu’il n’a jamais conçu la liturgie comme un produit, mais comme une révélation. Les messes actuelles, faussement attribuées à la réforme conciliaire, n’étant plus révélation mais du bavardages et de l’agitation greffés sur des rites squelettiques désormais accomplis sans le moindre souci de dignité, comment devrait-on s’étonner qu’elles n’attirent plus, qu’elles ne puisse plus susciter de vocations ? 

 

Quel jeune, en effet, voudrait donner sa vie pour une Eglise qui, localement, donne l’impression de tourner à vide ? Quel jeune voudrait s’engager dans le sacerdoce lorsqu’il voit le manque de tenue de certains prêtres ? Quel jeune accepterait de devenir ministre du Seigneur en sachant qu’une fois nommé dans une paroisse par son évêque, il lui faudra plier devant des équipes de laïcs dont les prétentions à tout régenter sont inversement proportionnelles aux réelles compétences de leurs membres ? Moins de 80 prêtres ordonnés cette année en France... N’est-ce pas un nouveau signe montrant qu’il est urgent d’abandonner les projets pastoraux diocésains abusivement présentés, à coups de slogans creux (« faire Eglise autrement », « prêtres academy », « messe qui prend son temps », « dimanche autrement »... etc.), comme conformes aux enseignements de Vatican II ? 

 

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