Gloire à vous, ô Père, Dieu caché, impénétrable. A vous aussi est due la louange, Fils unique, incompréhensible. A vous nos chants, Esprit-Saint, inexprimable, complément de la Trinité indivise et qu’on ne peut sonder. Le Père engendre, le Fils est engendré de son sein, et l’Esprit procède du Père et du Fils. Le Père est créateur, il a tiré le monde du néant ; le Fils est créateur, avec le Père il a fait tout ce qui est ; L’Esprit-Saint Paraclet, sceau de toutes choses, parfait tout ce qui est, a été, ou sera. Le Père est l’intelligence, le Fils la parole, l’Esprit la voix : trois noms de trois personnes, qui n’ont toutefois qu’une seule volonté, une seule puissance. Telle est la foi de la sainte Église, qu’elle a apprise par l’écho des mystères célébrés dans les cieux : Saint, Saint, que trois fois soit dit Saint le Dieu un, célébré par les habitants du ciel et de la terre.

« Dans le Sacrement de l'autel, le Seigneur vient à la rencontre de l'homme, créé à l'image et à la ressemblance de Dieu (cf. Gn 1, 27), se faisant son compagnon de route. En effet, dans ce Sacrement, le Seigneur se fait nourriture pour l'homme assoiffé de Vérité et de liberté. Puisque seule la Vérité peut nous rendre vraiment libres (cf. Jn 8, 36), le Christ se fait pour nous nourriture de Vérité. Avec une profonde connaissance de la réalité humaine, Saint Augustin a mis en évidence que l'homme se meut spontanément, et non sous la contrainte, quand il se trouve en relation avec ce qui l'attire et ce qui suscite en lui du désir. S'interrogeant alors sur ce qui peut en dernier ressort mouvoir l'homme au plus profond de lui-même, le Saint Évêque s'exclame : « Qu'est-ce que l'âme désire avec plus de force que la Vérité ? ». Tout homme porte en effet en lui le désir inextinguible de la Vérité, ultime et définitive. C'est pourquoi le Seigneur Jésus, « le Chemin, la Vérité et la Vie » (Jn 14, 6), s'adresse au cœur désirant de l'homme, qui se sent pèlerin et assoiffé, au cœur qui aspire ardemment à la source de la vie, au cœur quêtant la Vérité. En effet, Jésus Christ est la Vérité faite Personne, qui attire le monde à soi. « Jésus est l'étoile polaire de la liberté humaine : sans Lui elle perd son orientation, puisque, sans la connaissance de la Vérité, la liberté se dénature, s'isole et se réduit à un arbitraire stérile. Avec Lui, la liberté se retrouve ». Dans le Sacrement de l'Eucharistie, Jésus nous montre en particulier la Vérité de l'Amour, qui est l'essence même de Dieu. C'est cette Vérité évangélique qui intéresse tout homme et tout l'homme. Par conséquent, l'Église, qui trouve dans l'Eucharistie son centre vital, s'engage sans cesse à annoncer à tous, à temps et à contretemps (cf. 2 Tm 4, 2), que Dieu est Amour. C'est justement parce que le Christ s'est fait pour nous nourriture de la Vérité que l'Église s'adresse à l'homme, l'invitant à accueillir librement le don de Dieu ». (Sacramentum Caritatis N°2).

Lorsqu'un fidèle s'adresse à son curé pour lui faire remarquer qu'il ne respecte pas la liturgie ou qu'il n'a pas le courage de s'opposer à l'équipe liturgique locale qui ne respecte pas la liturgie, il s'entend généralement répondre : « Vous manquez de charité ». Ce qui signifie pêle-mêle : ne vous croyez pas mieux que les autres, soyez ouvert, soyez tolérant... etc.
Dans la bouche de certains, le mot "tolérance" est devenu un mantra : un truc qu'on répète quand on ne sait plus ni quoi dire ni quoi répondre.
Si le fidèle écrit à son curé ou à son évêque pour se plaindre des distorsions liturgiques généralisées dans les paroisses, il obtiendra (dans le meilleur des cas !) une réponse dilatoire qui n'abordera jamais le fond du problème soulevé, mais qui se terminera inévitablement par une citation biblique, généralement tirée de la première Epître aux Corinthiens, qui lui rappellera les principes de la charité chrétienne.
Curieux, non ?

 

Quand on pose aujourd'hui une question claire qui appelle une réponse précise, on obtient une citation de l'Ecriture... Pratique très utilisée dans certaines sectes qui ont toujours le bon verset biblique à vous mettre en pleine figure pour vous clouer le bec.
Cependant, au sujet de la charité dont il convient de faire preuve à l'égard du prochain - qu'on soit laïc ou clerc -, il est évident qu'elle ne saurait être séparée de la Vérité. Saint Paul nous dit clairement qu'elle est à chercher dans la parole de Vérité (cf. 2 Co 6, 6-7). 
Et voici encore ce qu'écrit le pape Pie IX à ce sujet : « Jésus-Christ lui-même, notre Dieu, qui est charité (cf. 1 Jn 4, 8) a clairement ordonné de considérer comme païens et comme publicains ceux qui n'écouteraient pas l'Eglise (cf. Mt 18, 17) ». 
Et le Souverain Pontife d'en tirer une conclusion qui demeure d'une grande actualité : « Du reste, notre prédécesseur S. Gélase répondait à Euphème, Evêque de Constrantinople (...) : "C'est au troupeau de suivre le pasteur lorsque celui-ci veut le ramener aux pâturages salutaires, et non point au pasteur de suivre le troupeau à travers les sentiers égarés » (cf. Epist. I ad Euphem., n.15). Il faut, en effet, instruire le peuple et non pas le suivre; et notre devoir est de lui faire connaître, s'il l'ignore, ce qui est permis ou ce qui ne l'est pas, et non point de nous rendre à ses volontés ». (Pie IX, Enc. Quartus supra, du 6 janvier 1873).

 

Il s'ensuit qu'on ne peut pas invoquer la tolérance ou la charité dès lors qu'il s'agit de capituler devant un célébrant ou une équipe liturgique qui ne respecte pas le missel romain, c'est-à-dire qui ne respecte pas la vérité de la liturgie donnée par l'Eglise. C'est d'ailleurs ce qu'a enseigné en d'autres termes, Jean-Paul II lorsqu'il a invité « tous les fidèles catholiques [à] réfléchir sincèrement sur leur propre fidélité à la Tradition de l'Eglise, authentiquement interprétée par le Magistère ecclésiastique, ordinaire et extraordinaire, spécialement dans les Conciles oecuméniques, depuis Nicée jusqu'à Vatican II. De cette réflexion, tous doivent retirer une conviction renouvelée et effective de la nécessité d'approfondir encore leur fidélité à cette Tradition en refusant toutes les interprétations erronées et les applications arbitraires et abusives en matière doctrinale, liturgique et disciplinaire ». (cf. Motu proprio Ecclesia dei adflicta).
Il n'est donc guère possible de pratiquer la charité si celle-ci doit conduire à faire admettre l'arbitraire, c'est-à-dire ce qui, par définition, s'oppose à la Vérité.

 

Pro Liturgia

« Dieu est Amour » ! C’est par ces paroles que Jean nous présente la Vérité suprême, pour ainsi dire, sur Dieu. De cette Vérité découle tout le reste. D’elle, part et se développe tout le projet de la Création et de la Rédemption, et c’est à elle que tout doit retourner. Et voici que l’Evangile de Jean centre précisément sur l’Amour de Dieu, le Mystère de l’Incarnation du Fils de Dieu : « Dieu a tant aimé le monde, qu’il a donné son Fils Unique » (Jean 3, 16). Ces paroles devraient se répandre dans le cœur du croyant, comme une douce poésie qui raconte l’histoire la plus belle de notre salut, comme un cantique qui n’aura jamais de fin.

 

 

Notre Saint-Père, le Pape Benoît XVI, a donné à toute la catholicité, dans sa première Encyclique, une réflexion profonde, et un enseignement élevé du Magistère sur cette vérité ecclésiale : « "Dieu est amour : celui qui demeure dans l’amour, demeure en Dieu, et Dieu, demeure en lui" (1 Jean 4, 16). Ces paroles de la Première Lettre de Saint Jean expriment avec une particulière clarté ce qui fait le centre de la foi chrétienne : l’image chrétienne de Dieu, ainsi que l'image de l'homme et de son chemin, qui en découle. De plus, dans ce même verset, Jean nous offre pour ainsi dire une formule synthétique de l’existence chrétienne : "Nous avons reconnu et nous avons cru que l’amour de Dieu est parmi nous" » (Deus Caritas Est, 1). Le pivot de la vie spirituelle, le centre autour duquel doit se dérouler notre existence humaine, la source à laquelle puiser toute force et tout désir de bien, c’est l’Amour Divin. Mais cet Amour doit être avant tout reconnu et cru, comme nous le rappelle le Saint-Père, dans la ligne de l’enseignement de Jean. En Dieu, il y a seulement l’Amour, uniquement l’Amour ! Cette Vérité sublime pourrait, à première vue, sembler évidente pour le croyant ; mais, en réalité, il n’en est pas ainsi. Il y a tellement besoin de purification du cœur et de l’esprit pour « entrer » en elle. En effet, l’image de l’Amour de Dieu pour nous a été déformée par le péché, nos « yeux » ont été obscurcis par le « non amour » - par cet amour qui n’est pas amour – et voilà pourquoi nous avons de la peine à reconnaître l’Amour Divin avec lequel Dieu aime infiniment ses créatures. Nous portons ainsi au-dedans de nous, en même temps, l’image de l’amour authentique, mais aussi celui de sa défiguration, due à l’héritage de notre péché et du péché du monde, qui influence tellement notre culture, notre éducation, nos jugements, et nos projets de vie… Sans un authentique « metànoia » (une conversion authentique) - ce changement progressif de mentalité qui suppose aussi le reniement de soi -, on ne parvient pas à « rencontrer » la Vérité sublime de Dieu, qui s’est incarnée en Notre Seigneur Jésus, l’Emmanuel, Dieu-avec-nous, et Dieu-pour-nous ! Quand on ressent la difficulté de croire que Dieu nous aime, précisément tels que nous sommes, de manière absolument gratuite et inconditionnelle, c’est le signe que les yeux de notre cœur sont encore un peu obscurcis par l’amour propre. L’Evangile nous en témoigne, en nous parlant précisément de l’attitude des Apôtres qui, parfois, ne parvenaient à regarder au-delà des apparences, et, surtout, quand ils devaient se mesurer au mystère de la souffrance qui voile celui de l’amour, ils se fermaient et refusaient de regarder en profondeur. Il y a également parmi ces épisodes, la scène émouvante de l’Agonie de Jésus au Jardin des Oliviers où, au lieu de veiller avec leur Maître déjà plongé dans l’océan d’amour et de douleur pour l’humanité tout entière, les trois Apôtres s’endorment, « parce que leurs yeux étaient alourdis » (Marc 14, 40). Nos yeux, eux aussi s’alourdissent, si nous ne restons pas dans l’amour par la confiance continue en Dieu, et par la charité mutuelle et réciproque. L’égoïsme nous appesantit, alors que l’abandon à Dieu, par la prière et par la charité vécue et donnée, nous soulagent, nous délivrent, et nous rendent disponibles au souffle du Saint-Esprit, qui est un pur souffle de liberté. Il y a ceux qui ont comparé l’âme humaine à un voile qui, si elle est déployée, est capable d’accueillir le vent et d’en expérimenter toute la force. C’est seulement si nous déployons nos voiles au « vent » de Dieu, c’est-à-dire si nous ouvrons notre volonté à son amour, en nous disposant à la bienveillance envers tous nos frères, que nous serons alors capables « d’entrer », par la foi, dans le grand mystère de vie éternelle.

Puisque « Dieu est Amour », tout se ramène à cet Amour.
Même le péché et la mort elle-même ont été vaincus par cet Amour, parce que rien et personne ne peut lui résister. C’est cela que nous annonce la Résurrection du Christ ! Certes, l’Amour de Dieu nous a créés libres, parce qu’un amour sans liberté serait impensable ; et c’est pour cela que l’homme a la responsabilité « redoutable » de ne pas élever des murs contre l’Amour de Dieu. Un non, sec et total, peut même arrêter Dieu, en L’empêchant de pénétrer, par son Amour, dans cette créature qui s’oppose à Lui. Merveilleuse et terrible liberté humaine : avec un « oui » total à Dieu, à l’heure de la mort, on peut voler vers le Ciel, comme le Bon Larron (Luc 23 43), et avec un « non » total à la Miséricorde Divine, la créature rebelle peut se précipiter dans l’abîme infernal. Comment ne pas ressentir la nécessité de saisir la main experte de Marie, la Mère de Jésus et notre Mère, Reine de ce Mois de Mai, qui veut nous accompagner et nous protéger de tout mal durant ce merveilleux voyage vers l’éternité ! Un voyage, celui-là, sans retour, parce que chacun naît et meurt une seule fois, pour pouvoir naître de nouveau, dans le Christ Jésus, dans la joie sans fin de l’éternité et de l’Amour Infini du Père.

 

Fides

 

"J'suis professeur d'histoire-géographie"... et je raconte n'importe quoi  



R. Le peuple crie sa joie, exulte et danse, Alléluia (x4)

 


1. Nous allons voir la Gloire de Dieu, nous allons contempler sa Face
Les fils de Lévi s’avancent pour ouvrir les portes de l’Arche !

2. Voici le Temple de son corps, le Lieu Saint de l’Amour ouvert, 
car le voile est déchiré, nos yeux enfin se sont ouverts.

3. Voici la foule qui nous précède, les armées du ciel immense, 
les Chérubins aux six ailes, dont les yeux sont innombrables.

4. La Jérusalem d’en haut a rejoint celle de la terre, il n’est plus ni jour ni nuit, 
car luit le Soleil de l’Amour.

5. Et l’Ange dit : ne pleure plus, Il est Vainqueur l’Agneau sans tâche, 
Il a lavé de son sang ceux qu’Il purifie au Feu de l’Esprit.

 

 

© Communauté du Lion de Juda et de l’Agneau Immolé (1986)

chapelet.jpgDepuis déjà de nombreuses années on entend des missionnaires, surtout des religieuses travaillant dans des pays musulmans affirmer qu'elles reçoivent tous les enfants dans leurs écoles, de quelque religion qu'ils soient. Et cela est très bien. Mais elles poursuivent en disant : « Mais nous ne leur parlons pas de Jésus, ni de notre religion, nous les respectons trop ! ». J'ai encore entendu cette réflexion, venant d'une religieuse, il y a à peine deux mois. Instantanément je réagis intérieurement en me disant : mais alors, pourquoi sont-elles missionnaires ? Et je pense immédiatement à Jésus avant son Ascension, disant à ses apôtres : « Allez ! Enseignez toutes les nations, les baptisant au Nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit ! ». Jésus ne respectait-il donc pas ceux qui ne croiraient pas en Lui ? Si l'on regarde l'Histoire des nations, les enseigner, leur donner le Christ, c'est ce que les missionnaires ont fait pendant des siècles, à leurs risques et périls. Et les périls furent souvent très grands… J'ai lu récemment que Charles de Foucault, parlant des musulmans, aurait dit à des responsables français, au sujet de l'Algérie, encore française : « Si vous ne les convertissez pas, ils vous chasseront ». Nous ne les avons pas convertis, et ils nous ont chassés. Depuis près de 50 ans, on n'évangélise plus le monde, ou si peu. Mais des missionnaires disent, parlant de ceux qu'ils devraient évangéliser : « Ils nous voient vivre; ils se poseront des questions ! ». Tant de païens ont vu vivre ces religieuses, mais ils n'ont rien compris. Et non seulement ils ne comprirent rien, mais que d'athées français se sont moqués de ceux qui allaient encore à la messe ! Pour évangéliser, il faut parler, enseigner. Sinon, la foi se perd. Et nous voyons l'islam et les sectes envahir tous les milieux ex-chrétiens. Nous devons nous ressaisir.

 

Nous devons nous ressaisir et faire quelque chose. Mais quoi ? Il faut parler de Dieu car on ne peut choisir que ce que l'on connaît. Mais comment parler de Dieu sans se faire rabrouer, moquer ? Dieu n'intéresse plus; seul le mensonge règne. Le laxisme a conduit au plus grand des laisser-aller. Et notre clergé ne réagit pas. Les gens ne prient plus parce qu'ils ne savent plus ce qu'est la prière. Heureusement des groupes d'adoration naissent un peu partout. Mais nos enfants ne sont plus ni enseignés, ni formés. Les costumes religieux et sacerdotaux ont disparu : pourquoi ? Oui, pourquoi, puisque le Code de Droit Canonique (Canon N°284) mais aussi le Concile Vatican II (Perfectae Caritatis, N°17) disent explicitement l’inverse ? Heureusement, de nos jours, des foyers chrétiens, de vrais foyers chrétiens apparaissent, remarquables signes d'amour et de référence chrétienne. Que de bien ils font autour d'eux, par leur seul exemple de fidélité et d'amour mutuel visible ! Vrai témoignage… Car il faut témoigner. Le témoignage est, me semble-t-il, la première étape vers la vraie mystique, vers une nouvelle évangélisation dans le témoignage. Et, bien sûr, il y a la prière. À ce propos un point me semble particulièrement important. Depuis longtemps, Notre Église et la plus grande majorité des chrétiens ont banni tout ce que ressemble à de la mystique. On ne veut pas de mystique, mais en réalité, personne ne sait plus ce qu'est la vraie mystique. La mystique, ce ne sont pas des phénomènes extraordinaires, des révélations ou des prophéties sensationnelles : non, la mystique, c'est tout simplement la vie avec Dieu, et cela, c'est l'obligation de tous les chrétiens.

 

Les hommes qui prient régulièrement, qui obéissent à la Loi de Dieu, qui vivent les Béatitudes de Jésus, sont des mystiques. Car la vraie mystique, je le redis encore une fois, la vraie mystique c'est tout simplement la vie d'union à Dieu, dans un grand amour mutuel. Et tous les vrais chrétiens sont des mystiques. Et le rôle de tous ces chrétiens, leur mission, c'est d'évangéliser. Et ces chrétiens qui font cela sont tous heureux, voire très heureux. Ils ont découvert la tendresse de Dieu.

 

Texte de Mme Leblanc 

A la Messe, après la Consécration, le célébrant proclame : "Il est grand, le mystère de la foi...".
La version latine de la liturgie est un peu différente. On dit simplement "Mysterium fidei..." On ne qualifie pas le mystère de la foi de "grand". Dans d'autres langues, on a conservé le sens de l'acclamation latine : "Mistero della fede", disent les Italiens; "Este es el Sacramento de nuestra fe", disent les Espagnols; "Geheimnis des Glaubens", disent les fidèles de langue allemande (Allemands, Suisses, Autrichiens); "Let us proclaim the mystery of faith", disent ceux qui parlent l'anglais; "Eis o mistério da fé", chantent les fidèles qui célèbrent en portugais... Il n'y a guère que dans les messes célébrées en français qu'on peut qualifier le mystère de notre foi de "grand". Or un mystère n'est jamais "grand" : il est "profond", c'est-à-dire insondable. Un mystère - disait André Frossard - n'est pas quelque chose qu'on ne peut pas comprendre, mais quelque chose qu'on n'a jamais fini de comprendre.

 

 

 

Le mystère de notre foi est "profond" car il s'enracine dans la puissance de Dieu, une puissance qui est d'abord, en la Personne de Jésus, un condensé d'humilité, de pauvreté, d'effacement. A la messe, le fidèle devrait pouvoir se nourrir de cette Vérité qui fonde sa liberté. Benoît XVI affirme que Jésus est l'étoile polaire de la liberté humaine : sans Lui, la liberté de l'homme (qu'il ne faut pas confondre avec l'indépendance) perd son orientation : sans la connaissance de la Vérité, la liberté se réduit à un arbitraire stérile. L'Eglise a donc pour nature d'être au service de la Vérité : Vérité qui vient de Dieu; Vérité qui est Dieu; Vérité qui se reçoit par le Christ humble, pauvre, effacé. Et ce n'est que dans la mesure où elle trouve sa source en Dieu - et non en l'homme - que la liturgie de l'Eglise peut communiquer et faire rayonner la Vérité. Par sa liturgie, l'Eglise illumine les consciences. C'est pour cette raison que les célébrations doivent être particulièrement soignées : on ne peut pas y faire, y dire, y chanter n'importe quoi, car n'importe quoi ne permet pas d'illuminer les consciences. A chaque étape de son histoire, l'Eglise a proposé de faire rayonner toute la richesse de son enseignement dans le rite liturgique. La liturgie se situe donc toujours dans le sillage de l'histoire de l'Eglise et en même temps dans celui de l'histoire générale. Mais c'est toujours l'histoire de l'Eglise qui doit orienter la liturgie et non l'histoire générale.
Il y a quelques années, des théologiens avaient souhaité que pour célébrer l'Eucharistie, les Chinois soient autorisés à utiliser des galettes de riz : on voulait ainsi adapter la liturgie à une culture particulière. C'était en quelque sorte soumettre l'histoire de l'Eglise à l'histoire de la Chine... Que n'a-t-on pas entendu lorsque Rome refusa l'emploi de galettes de riz ! C'est sûr : les cardinaux étaient enfermés dans leurs palais et ne connaissaient rien à la Chine. Peut-être, mais ils connaissaient quelque chose à la liturgie, et par leur refus ils lui ont évité de se dissoudre dans une culture particulière qui lui aurait fait perdre sa fonction, son rôle de vecteur de la Vérité.
L'Eglise catholique a toujours su faire preuve d'un souci d'adaptation pour une pastorale qui puisse répondre aux besoins des hommes d'une époque donnée. Ainsi s'accorde-t-on à reconnaître l'influence bénéfique qu'a eue pour la vie de l'Eglise la réforme liturgique réalisée à la suite de Vatican II. Là où l'Eglise a connu une grave crise qui se prolonge à l'heure actuelle, c'est là où la restauration liturgique voulue par le Concile a été mal comprise, mal menée, mal réalisée et non là où il a été correctement mis en oeuvre. Là où la réforme liturgique a été "menée à la hussarde" - pour reprendre une expression du Cardinal Lustiger - effectivement, une crise qui couvait depuis de longues années a pu exploser. Mais celle-ci n'est en rien imputable au Concile : sa nature est complexe et elle a ses racines dans les idéologies nées au siècle des Lumières et qui ont permis à des intelligences déformées depuis le XVIème siècle de s'exprimer.
LA CRISE ACTUELLE DE LA LITURGIE N'A AUCUN RAPPORT AVEC VATICAN II : elle s'alimente d'abord aux erreurs de ceux qui ne voient plus en l'Eglise qu'une sorte de club à visée humanitaire, au lieu de la considérer avec le regard de la foi qui permet de distinguer en elle sa dimension surnaturelle. Ces erreurs dissimulent souvent un orgueil : l'orgueil du désespéré qui veut faire la leçon à l'Eglise par liturgie interposée, en imaginant que la célébration de la foi doit se plier à l'histoire et aux idéologies qui la traversent. Ces erreurs sont révélatrices d'une étonnante inculture doublée d'une psychologie raidie (alors même qu'elle se prétend ouverte !) et sectaire commune aux courants dans lesquels s'enracine bien souvent une suffisance qui est d'ordre pathologique.
Le refus de la liturgie de l'Eglise, quelle que soit sa forme, croît généralement dans les esprits devenus incapables d' "intérioriser" l'Eglise : la liturgie est alors instrumentalisée pour pouvoir prendre les fidèles en otages. Alors, au lieu de demeurer un corps vivant et structuré qui ouvre sur l'indiscible - sur le mysterium fidei - la célébration eucharistique devient un instrument de pouvoir dont se servent certains célébrants et certains fidèles membres des omniprésentes équipes liturgiques. Une telle "instrumentalisation de la liturgie" - l'expression est de Jean-Paul II - est généralement le résultat de l'éloignement inconscient d'une authentique vie intérieure : un éloignement qui ne permet plus d'entrer dans la liturgie authentique et d'en savourer les richesses : rites, beauté, chant sacré, dignité, expressivité...
C'est aussi, dans les cas les plus extrêmes, le résultat d'une incapacité (probablement faute d'avoir pu bénéficier d'une solide catéchèse) d'assimiler à sa vie spirituelle et humaine le mystère de la Passion-Résurrection du Christ.
C'est enfin le résultat d'un oubli : bien des fidèles ont aujourd'hui oublié que l'Eglise fondée par le Seigneur n'a sa finalité ni dans le monde d'ici-bas, ni dans le temps, mais dans le fait qu'elle conduit les hommes à la contemplation de la Sainte Trinité. Ne pas comprendre cela, ne pas l'admettre, ne pas l'accepter, c'est vivre "sur" l'Eglise comme une sangsue vit le corps d'un animal. Ceux qui en sont là en arrivent alors à vouloir s'affirmer par la liturgie au lieu de chercher à vivre de la liturgie.


 

Il nous faut donc retrouver, à partir d'une juste vision de l'Eglise, la dimension intérieure de la célébration eucharistique : la liturgie doit nous y aider. La beauté des célébrations eucharistique doit nous y aider aussi, à sa façon, lorsqu'elle est en lien direct avec le mysterium fidei. Car en liturgie, la beauté est une chose essentielle : elle permet à la transcendance d'illuminer le quotidien. Tous les dictateurs savaient cela : voilà pourquoi ils ont généralement confisqué l'art sacré véritable et ont enfermé les individus dans de froides oeuvres en béton élevées à la gloire du Führer, du Duce, du Grand Timonnier ou du Petit Père du Peuple... Malheureusement il se trouve encore, dans bien des paroisses, des fidèles qui aimeraient évacuer de la liturgie la dignité, la beauté des ornements ou du chant grégorien, au motif que "les gens ne comprennent pas". Une telle conception de la liturgie conduit à imaginer des célébrations desquelles il ne peut sourdre ni consolation, ni espérance, mais où tout finit par n'être plus que duperie.
Mépriser le besoin de beauté en liturgie revient à mépriser l'homme afin de le réduire peu à peu à sa seule animalité. Dans la liturgie, la beauté n'est pas seulement un élément décoratif : elle est d'abord d'une valeur qui conduit à avoir des attitudes dignes dans l'exécution du rite, afin que soit davantage rendue perceptible la présence divine et sanctifiante du Seigneur. En liturgie, la beauté invite le fidèle à entrer dans l'intériorité du mysterium fidei : on ne célèbre pas la liturgie comme on mange dans un fast-food; une messe "simple" n'est pas synonyme de célébration galvaudée et un sanctuaire n'est pas un espace prévu pour une rave : la liturgie de l'Eglise n'a jamais voulu concurrencer la liturgie d'un quelconque Woodstock.
Ceux qui ont négligé la beauté en liturgie ont presque toujours été à l'origine de toutes les dérives dénoncées par les Souverains Pontifes. Dérives qui furent ensuite des facteurs psychologiques conduisant au recul de la pratique religieuse et à l'émergence du relativisme doctrinal qui accompagne aujourd'hui le recul de la culture chrétienne.
 « L'ars celebrandi - a précisé Benoît XVI - découle de l'obéissance fidèle aux normes liturgiques dans leur totalité, puisque c'est justement cette façon de célébrer qui a assuré, depuis 2000 ans, la vie de foi de tous les croyants, qui sont appelés à vivre la célébration en tant que peuple de Dieu, sacerdoce royal, nation sainte (cf. 1 P2, 4-5.9) » (Cf. Sacramentum Caritatis n.38). Ce n'est pas faire preuve de pharisianisme que de vouloir respecter les normes liturgiques et de souhaiter de la dignité et de la beauté dans les célébrations: c'est simplement se donner les moyens de pouvoir plonger dans la profondeur du mysterium fidei qui est le fondement de toute célébration eucharistique.

 

Pro Liturgia

 

Du Père Hubert Lelièvre, Fondateur de la Famille Missionnaire L'Evangile de la Vie : "Dimanche 17 mai, Lyon a connu sa deuxième "Marche pour la Vie". Plus de 250 personnes y ont participé. Etait présent à cette Marche, le Cardinal Philippe Barbarin. C'est le premier Cardinal en France à vivre une telle démarche. Fin des années 60, ou même lors des votes de la Loi Veil, puis de la loi Veil-Pelletier, aucun Evêque en France n'avait parlé en faveur du respect de la vie, s'était ouvertement engagé, personnellement exposé, ni même avait soutenu la grande manifestation de novembre 1979 qui avait pourtant rassemblé 52 000 personnes, dans les rues de Paris. C'est dire si la présence du Primat des Gaules, dimanche 17 mai, est significative et encourageante. Lyon est le premier diocèse de France dans l'ordre d'importance. Son Evêque est appelé le "Primat des Gaules". Que le Primat des Gaules descende dans la rue est encourageant tant pour les personnes qui prient, se forment, oeuvrent, servent, annoncent l'Evangile de la Vie et de la Famille que pour ceux qui organisent de telles initiatives. Elle l'est tout autant pour nos Evêques qui pourront désormais le suivre et petit à petit se retrouver en tête de ces "Marches pour la Vie". Cela fait 50 ans que nous attendions une telle présence ! Désormais, rien en France de ce qui se vit au service de la Vie et de la Famille ne sera comme avant le 17 mai. Avec la présence de Mgr Barbarin, c'est un nouveau pas qui est franchi et rend bien des initiatives constructives, possibles. Autant le dire clairement : jusqu'ici, nous nous sentions un peu orphelins. Certes, depuis 15 ans, de plus en plus d'Evêques parlent ouvertement avec clarté, en faveur du respect de la vie. Ce qui n'était pas le cas avant, bien au contraire. Avec la présence du Cardinal Philippe Barbarin, une nouvelle étape des actes des apôtres des temps modernes s'ouvre. Oui, grande est notre joie pour cet acte prophétique posé dimanche 17 mai dans les rues de Lyon. Monseigneur, nous voulons tout simplement vous dire merci. Merci pour votre présence, fruit de votre paternité".

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