Dire à l’autorité tout ce que nous pensons, et faire tout ce que veut l’autorité. C’est là le secret de l’unité catholique des Evêques avec le Pape, à laquelle aucune des formes où s’exprime la collégialité ne peut déroger. Et moins encore celle de la Conférence Episcopale. La parole vient du verbe « conferre » qui veut dire « apporter ensemble ». Cela suppose donc un organisme fait d’une tête et de membres où chacun a sa part à remplir, dans la pleine conscience de la responsabilité différente de chacun : la responsabilité personnelle des Evêques est particulière, et ne peut pas même être comparée à la responsabilité personnelle du Pape, qui est universelle. Personne n’est surpris qu’un bras ait son mouvement, et que, en même temps, il soit articulé avec le reste du corps ; pourquoi donc être surpris qu’un Evêque seul exerce sa propre autorité légitime, et, en même temps, soit relié avec celle du Pape ?



Si l’on comprenait cela, on ne s’étonnerait pas du fait que la primauté de l’Evêque de Rome requiert elle aussi l’exercice personnel de l’autorité. Certains voudraient en revanche que le Pape ne fasse rien sans avoir réuni auparavant tel ou tel organisme. Mais, lui aussi est un Evêque, avec un pouvoir ordinaire, avec cette différence que, parmi les membres du corps, il a une fonction « capitale », parce qu’elle correspond à la tête, et ne peut donc s’intéresser seulement de soi mais de tout le corps, afin que la communion soit organique. La « communio » de l’Eglise n’est pas vague ou spirituelle, mais hiérarchique et catholique. Si le Concile a déclaré que le Pape et l’Evêque étaient le principe visible et le fondement respectivement de l’unité universelle et de l’unité particulière, cela veut dire que les Conférences Episcopales vivent uniquement de cet apport, et ne peuvent se substituer en aucune manière à la Primauté de l’Evêque de Rome, ni à l’autorité de chaque Evêque, étant donné que eux seuls sont d’institution divine, c’est-à-dire, voulus par Jésus-Christ. Les institutions super-épiscopales, comme le Patriarcat et les Sièges Métropolitains, et les Conférences Episcopales elles-mêmes, sont de droit ecclésiastique positif et, en conséquence, ne sont jamais supérieures à l’autorité épiscopale ordinaire ; très utiles pour exercer la dimension collégiale du gouvernement épiscopal, même si elles sont limitées par plusieurs fonctions, elles restent auxiliaires, et en respect subordonné à la fonction épiscopale dans l’Eglise, parce que le Collège Episcopal est indivisible (Jean Paul II, « Pastores gregis », 63). Le Motu Proprio « Apostolos suos » rappelle aussi QU'ELLES N'ONT PAS DE PREROGATIVES DOCTRINALES, mais servent à coordonner le travail apostolique dans une région. Mais alors, si un Evêque, un prêtre, un théologien, ne peut être en désaccord avec le Magistère du Pape, presque comme si ce dernier était un docteur privé, à plus forte raison une Conférence Episcopale ou son représentant. Jean Paul II rappelle dans l’Encyclique « Veritatis Splendor » (6 août 1993) : « Le dissentiment, fait de contestations délibérées et de polémiques, exprimé en utilisant les moyens de communication sociale, est contraire à la communion ecclésiale et à la droite compréhension de la constitution hiérarchique du Peuple de Dieu. On ne peut reconnaître dans l'opposition à l'enseignement des pasteurs une expression légitime de la liberté chrétienne ni de la diversité des dons de l'Esprit. Dans ce cas, les pasteurs ont le devoir d'agir conformément à leur mission apostolique, en exigeant que soit toujours respecté le droit des fidèles à recevoir la doctrine catholique dans sa pureté et son intégrité : « N'oubliant jamais qu'il est lui aussi membre du peuple de Dieu, le théologien doit le respecter et s'attacher à lui dispenser un enseignement qui n'altère en rien la Doctrine de la Foi » (n.113). Comme cela est d’ailleurs déclaré dans le Motu Proprio « Ad tuendam fidem » qui ordonna d’ajouter au Code de Droit Canon plusieurs paragraphes relatifs à l’obligation de croire, d’adhérer et obéir aux Vérités de la Foi et de la morale proclamées par le Magistère du Pape et des Evêques unis à Lui, en précisant que c’est un élément décisif pour la certitude de la Foi de chaque croyant - un lien visible - ; et proposé de nouveau lors de l’audience générale du 10 mars 1993 sur « La mission doctrinale du Successeur de Pierre », et aussi dans le Discours aux Cardinaux le 21 décembre 1999 sur « l’assistance divine dans le Magistère du Successeur de Pierre », en pleine continuité avec la Foi des siècles, et sans aucune possibilité de lectures « opposées », entre un Pontificat et une autre. Les fidèles se scandalisent quand ils constatent la dissension des Conférences Episcopales et de certains de leurs membres, avec le Siège apostolique – presque un phénomène de néo-gallicanisme – parce que l’obéissance au Pasteur Suprême visible est le propre de la Foi catholique authentique.

 

Fides

A chaque nouvelle information diffusée par les médias (qui ont souvent donné la preuve de leurs limites quand il s'agit de traiter de sujets théologiques ou canoniques) le petit monde catholique s'agite dans tous les sens. Le pape a levé des excommunications : victoire pour les uns, catastrophe pour les autres. Le pape ne tient pas compte de ce que disent les médias : preuve qu'il ne subit pas les pressions des journalistes pour les uns, preuve qu'il est totalement coupé des réalités pour les autres. Le pape demande que Vatican II soit accepté : inadmissible pour ceux qui pensent que ce Concile est à l'origine de tous les maux, soulagement pour ceux qui se prévalent d'un Concile qu'eux-mêmes généralement ne suivent pas. Le pape a accepté la retrait de Mgr Wagner comme évêque auxiliaire de Linz : inadmissible capitulation du Souverain pontife pour les uns, preuve d'un certain bon sens pour les autres. Le pape fait un discours qui dérange (Ratisbonne) : il a raison de mettre les pieds dans le plat pour les uns, grosse bourde pour les autres.

 

Et c'est ainsi à longueur de journées... Stop ! Quand donc les catholiques se persuaderont-ils que le pape a, sur les dossiers qu'il traite, des informations que nous ne possédons pas ? Quand donc se persuaderont-ils que Benoît XVI ne navigue pas à vue, à la façon de certains politiciens, mais que ce qu'il dit et fait est mûrement réfléchi et se situe dans une vision de l'Eglise qui est globale ? Quand donc se persuaderont-ils que le Successeur de Pierre a, sur les grandes questions de notre temps, des lumières qui font grandement défaut à bien des plumitifs qui, dans les médias, font davantage du bourrage de crânes que de l'information ? Quand donc serons-nous persuadés que le Saint-Père a davantage besoin de nos prières que des leçons que nous tenons absolument à lui donner... que ce soit au nom du Concile, de la Tradition, ou d'on ne sait quoi d'autre ?

 

Pro Liturgia

http://img.over-blog.com/300x204/0/21/41/34/2010/hippycatholicism.jpgLe Père Edmund Runggaldier, Jésuite, a publié récemment dans le "Journal Officiel des Jésuites de la Province d'Allemagne" un article très éclairant sur certains aspects de la formation dispensée dans les maisons de son Ordre au cours des années 68. 
Le Père Runggaldier, aujourd'hui professeur à la Faculté de théologie d'Innsbruck (Autriche),  a fait son noviciat au monastère S. André de 1966 à 1968. Plus tard, et jusque dans les années 1970, il a étudié la philosophie à Pullach près de Munich. C'est là qu'il dit avoir vécu une véritable révolution culturelle, et avoir été témoin du développement de ce qu'il appelle « une protestantisation à retardement interne au catholicisme ». Il reconnaît qu'à cette époque il y a eu de la part des novices et des étudiants des attitudes excessives, et qu'il était lui-même pleinement impliqué dans ce mouvement : « Oui, j'ai participé activement, parfois jusqu'au fanatisme à la révolution de ce temps-là. Je me souviens avoir détruit des représentations de saints à cause de leur style romantique, Saint-Sulpicien, Nazaréen... ».
Parmi les sujets abordés par le Père Runggaldier, le plus épineux est celui de la liturgie : « Nous étions tout particulièrement virulents lorsqu'il s'agissait de "renouveau" de la liturgie, c'est-à-dire essentiellement de la liquidation de tout ce qui apparaissait à nos yeux comme des obstacles, des lourdeurs. L'encens était alors notre ennemi n°1 ! ». Le Jésuite raconte comment, de façon expérimentale, on était amené au Collège des Jésuites d'Innsbruck, à participer à des "Eucharisties authentiques" c'est-à-dire célébrées dans le cadre d'un simple repas pris en commun. Il faut reconnaître que ces messes étaient interdites par les Supérieurs. Mais elles ont eu lieu. Les lectures de l'Ancien Testament et les Lettres de S. Paul étaient alors remplacées par des textes de Marx ou de philosophes existentialistes. Et il poursuit : « Je vivais avec enthousiasme ces moments où les références classiques qui nous étaient encore enseignées par nos maîtres ont été massacrées ». Mais honnête envers lui-même, Le Père Runggaldier se demande comment des novices ont pu devenir à ce point iconoclastes, pourquoi on a pu déployer un tel enthousiasme, un tel fanatisme même à jeter par-dessus bord une philosophie authentifiée par les siècles passés, pour se mettre à la remorque de philosophies existentialistes à la mode ou encore d'idées politiques partiales.
A cette époque, on privilégiait la simplification et le retour au message biblique des origines. Le Père Runggaldier explique que l'important était alors - comme au temps de la naissance du protestantisme - de revenir aux sources, à l'ipsissima vox du Seigneur. Philosophiquement parlant, il s'établissait à cette époque un très net rapprochement entre les expériences catholiques vécues dans les camps de jeunes, et le marxisme.
Pour Runggaldier, les principes et les motivations en jeu avaient de nombreux points de convergence : « Nous étions tout particulièrement convaincus de la nécessité d'un changement continu, d'une révolution permanente, visant à nous protéger du manque d'authenticité et d'un risque d'aliénation ».
Les ennemis du "vrai christianisme" avaient aussi pour visage  la société de consommation et le capitalisme libéral. Des notions comme "la subjectivité des formes" ou "l'intériorisation de la spiritualité" étaient devenues totalement étrangères. Le père Runggaldier poursuit : « Le sentiment subjectif n'avait aucune importance, seul comptait la chose en elle-même, le message évangélique dans sa pureté originelle, l'explicitation des motifs menant à une action politique, et finalement la restructuration complète de l'Eglise et de la société. Des questions telles que : "comment te sens-tu ?",  n'avaient aucun sens ». La barre était placée très haut, la pression était forte, trop forte sans doute pour certains jésuites : ils ont quitté l'ordre ou se sont résignés.
Pour finir, le Père Runggaldier explique qu'il ne renie pas aujourd'hui la motivation qui l'animait alors, qu'il ne cherche pas à prendre de la distance. Pourtant il reconnaît que « se donner pour but de supprimer tout ce qui apparaissait comme secondaire dans le rite liturgique était en effet une erreur ». Il ajoute : « Les rites liturgiques doivent apporter à l'homme une nourriture pour les sens. La parole seule, réduite à l'essentiel qui plus est, peut être très indigeste. S. Ignace savait ces choses-là; nous, nous les avons ignorées à cette époque ». Il faut ajouter cette précision : ce qui a été vécu chez les Jésuites et qui est raconté ici a été aussi vécu à des degrés divers dans la quasi totalité des séminaires de France d'où sont issus les prêtres qui sont aujourd'hui curés de paroisses et évêques diocésains... On comprend dès lors que ce n'est pas du clergé "formé" dans les années 1970-80 qu'il faut attendre quoi que ce soit pour redresser la barre.

 

Pro Liturgia


« L’Eglise voit dans la jeunesse la rénovation constante de la vie de l’humanité, et découvre en elle un signe d’elle-même : « L’Eglise est la vraie jeunesse du monde*** ». En effet, elle voit dans la jeunesse le commencement renouvelé et la persistance de la vie, ou encore une forme de victoire sur la mort. Cela n’a pas un sens biologique seulement, mais également socioculturel, psychologique et spirituel. En effet, face aux cultures qui montrent des signes de vieillesse et de caducité, la jeunesse est appelée à apporter une revitalisation, à maintenir une « foi en la vie*** », à conserver sa « capacité de se réjouir de ce qui commence*** ». Elle a la tâche de réintroduire de façon permanente le « sens de la vie*** ». Renouveler les cultures et l’esprit signifie apporter et maintenir vifs des sens nouveaux de l’existence. La jeunesse, par conséquent, est appelée à être comme une « réactualisation de la vie*** ». Dans la jeunesse comprise ainsi, l’Eglise découvre également un signe d’elle-même. Un signe de sa foi, puisque la foi est l’interprétation eschatologique de l’existence, son sens pascal, et pour cela la « nouveauté » que contient l’Evangile. La foi, annonce du sens nouveau des choses, est le renouvellement et le rajeunissement de l’humanité. À partir de cette perspective, l’Eglise invite les jeunes « à se plonger dans les clartés de la foi*** » et à porter de cette manière la foi dans le monde afin de vaincre les forces spirituelles de la mort, c’est-à-dire « les philosophies de l’égoïsme, du plaisir, de la désespérance et du rien*** », philosophies qui implantent dans la culture des formes vieilles et caduques. La jeunesse est un symbole de l’Eglise, appelée à un constant renouvellement d’elle-même, c’est-à-dire à un rajeunissement incessant ».

 

*** Message du Concile à la jeunesse du 8/12/1965

Discours de Paul VI : 2ème assemblée générale

de l’Episcopat latino-américain à Medellin

La Conférence Épiscopale Dominicaine a envoyé une lettre, signée par tous les évêques, aux membres de l’Assemblée Nationale qui sont en train de revoir la Constitution, pour les féliciter d’avoir voté en faveur de la vie. En effet, l’Assemblée Nationale de la République Dominicaine, a approuvé le 21 avril dernier, avec 167 voix pour et seulement 32 contre, la proposition de maintenir intact l’article 30 de la Constitution qui établit l’inviolabilité de la vie humaine innocente à partir de sa conception jusqu’à sa mort naturelle...



“Nous savons que ces personnes sont soumises à de nombreuses pressions nationales et internationales – affirment les évêques dans leur lettre – qui les accusent d’être démodés, opportunistes, à double morale, parmi tant d’autres qualificatifs de tous ceux qui n’acceptent pas que le caractère sacré de leur investiture doive répondre toujours à la vérité et aux intérêts de la Nation”. Par ailleurs, comme beaucoup l’affirment, “avec l’approbation de l’article 30 on a fait un retour en arrière, en conservant un critère digne du Moyen-âge, religieux, antiscientifique, en violant les droits de la femme à décider de son propre corps”. Toutefois, les évêques montrent la conviction qu’en réalité c’est un progrès qui s’est accompli et que les membres de l’Assemblée “ont voté pour une constitution moderne, humaniste et radicalement respectueuse des droits de tous les êtres humains”. Pour les évêques “ignorer la valeur de la vie depuis le moment de la conception et approuver l’avortement, signifie retourner des milliers d’années en arrière”. Par ailleurs, pour les évêques, l’Assemblée “a démontré être avancée et pluraliste” en recevant les délégués des organismes internationaux et étrangers qui “ont donné leur opinion sur les thèmes internes à la nation”. Ils font remarquer ensuite le jeu de mots que l’on utilise pour cacher l’imposition dans la Constitution d’un plan global de contrôle démographique, en usant de termes comme “égalité des sexes”, “perspective des sexes”, “droits sexuels et reproductifs”. Les évêques concluent avec un message aux membres de l’Assemblée qui ont dit oui à la vie devant les menaces de ceux qui ont appelé la population à voter contre : “N’ayez pas peur de ces pressions, parce que ce pays estime ceux qui se sont mis du côté des intérêts de la nation”. Dans le même temps, ils assurent de leur prière ainsi que d’une bénédiction “pour légiférer selon le bien commun de notre peuple dominicain”.
















 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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