L’Association nationale des directeurs des ressources humaines propose de permettre aux salariés de remplacer des jours fériés chrétiens par d'autres, à leur convenance. La proposition indique que trois jours fériés instaurés en raison de fêtes chrétiennes (jeudi de l’Ascension, lundi de la Pentecôte et Assomption) seraient « banalisés ». En vertu de cette proposition, resteraient donc Noël, le lundi de Pâques et la Toussaint comme jours fériés communs. Monseigneur Bernard Podvin, porte parole de la Conférence des Evêques de France, a déclaré que « la République est laïque. C'est elle qui, en fonction du droit du travail, a posé les jours fériés. La signification religieuse, nous y sommes attachés, mais le respect de la diversité, c'est certainement une des sources de paix de la société ». Décidément, nous avons un épiscopat de « capitulards » qui trouveront bientôt normal l’interdiction de sonner les cloches, d’associer un jour de l’année à un saint ou une sainte, d’entretenir les croix en bordure des routes... Ce n’est même plus l’Eglise de l’enfouissement qu’ils veulent mais carrément celle de la capitulation devant le laïcisme radical.

 

Réflexion d'un jeune prêtre : « Heureusement que plus personne ne fait attention à ce que disent les évêques de France. Quand on veut garder la foi, on écoute plutôt le Pape ! »

Dans « Ouest-France » du 19 juin 2012, Mgr Hippolyte Simon, Evêque de Clermont, déclare à propos des lefebvristes qu’un grief de Mgr Lefebvre était la liturgie : « Seule comptait "la messe de toujours"... qui n'est pas celle de toujours, puisqu’on est passé du grec au latin et qu'on peut passer du latin à autre chose. Les lefebvristes n'ont pas réalisé que le « toujours » a bougé. Sous prétexte de tradition, vous n'en faites qu'à votre tête. » Le « vous n’en faites qu’à votre tête » pourrait très bien s’appliquer à Mgr Simon (et à la majorité des évêques de France - puisque lui non plus ne suit pas la liturgie de l’Eglise et autorise dans son diocèse que chacun puisse n’en faire qu’à sa tête lorsqu’il célèbre l’Eucharistie. D’ailleurs, dans une vidéo sur Vatican II, on entend le même Mgr Simon déclarer que « le Concile a supprimé l’usage du latin »... Preuve que l’évêque de Clermont n’a pas dû lire la Constitution sur la liturgie. Plus loin, dans le même article de « Ouest-France », Mgr Simon déclare que « dans des océans d'incertitude, les jeunes qui se sentent agressés, se raccrochent au premier radeau qui passe. » Mais, Monseigneur, vos liturgies sont des « océans d’incertitudes » ; et l’on comprend dès lors que des fidèles aillent chercher ailleurs ce que vous ne leur donnez plus dans vos messes. C’est d’ailleurs ce que vous a dit Benoît XVI dans un courrier qui vous fut adressé. En avez-vous tenu compte ?

 

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Comme les lefebvristes, Mgr Hippolyte Simon refuse Vatican II

en célébrant une liturgie qui n'a absolument rien de "conciliaire"

Il y a plus de 20 ans, l’académicien André Frossard disait aux évêques de France : “L’un de vous, mes pères, nous a dit qu’il y avait, certes, moins de fidèles dans les églises, mais qu’ils étaient de meilleure qualité. Somme toute, moins les chrétiens sont nombreux, plus ils progressent. Quand il n’y en aura plus du tout, ils seront parfaits.”

 

Il leur disait aussi : “Vous n’avez qu’un seul parti à prendre, le parti de Dieu, et vous nous donnez depuis quelque temps un christianisme dévitalisé, dépouillé de ses mystères et de ses miracles, réduit à la sociologie et à l’histoire, et qui est à la religion ce que le centrisme est à la politique. Vous multipliez les concessions à la mode intellectuelle, les compromis avec le monde ; or le monde qui vit dans l’angoisse et la pénurie spirituelle, le monde qui a eu des espérances et n’a plus que des désillusions, attend de vous des raisons de croire, et votre timidité ne lui fournit que des raisons de douter.”

 

Le parti de Dieu ; lettre aux évêques”, éd. Fayard.

Depuis près de 50 ans, les initiatives des évêques de France pour redynamiser la vie catholique en France n’ont pas manqué. Elles ont été élaborées - nous disait-on à chaque fois - par des spécialistes de la liturgie, de la catéchèse, de la pastorale... et allaient porter des fruits comme on n’en avait jamais vus. 

 


Pêle-mêle citons pour mémoire :

- la suppression du latin et du chant grégorien ;
- la généralisation des messes « face au peuple » ;
- les messes dominicales anticipées (samedi soir) ;
- les « messes des jeunes » avec guitare et chants rythmés ;
- les baptêmes différés ;
- le catéchisme « Pierres Vivantes » et les « parcours catéchétiques » ;
- les absolutions collectives ;
- l’abandon du vêtement ecclésiastique ;
- l’ouverture des séminaires diocésains à toutes les nouveautés pastorales, exégétiques et liturgiques ;
- la désacralisation de la liturgie ;
- l’abandon de la piété populaire ;
- la généralisation des « équipes d’animation liturgique » ;
- l’obligation d’adapter - ou souvent même d’ignorer - les enseignements magistériels ;
- la mise en place d’ « équipes d’animation pastorale » ;
- la « Prêtre Academy » ;
- la création de nouvelles « unités paroissiales » regroupant plusieurs clochers ;
- les « messes qui prennent leur temps » ;
- les « dimanches autrement » ;
- la distribution de la communion par des fidèles laïcs ;
- les applaudissements, agitations de foulards, installations de banderoles durant les célébrations liturgiques ;
- ...

 

Tout ça a été imaginé par nos évêques conseillés par de grands spécialistes. 
Tout ça a été accepté à contrecœur par des fidèles qui ne croyaient pas un seul instant au succès de telles innovations. 
Tout ça est en grande partie à l’origine de la situation catastrophique de l’Eglise en France.

« Cano quia absurdum. Telle pourrait être la devise des « animateurs en liturgie » : je chante parce que c[e que je chante] est absurde. Tant sur le plan musical que sur celui des paroles. Ce qui est triste - et je l’ai souvent vu - c’est que ces personnes qui « animent » les messes et qui dans la plupart des cas ne connaissent rien ni en liturgie ni en musique ont plus de pouvoir que les prêtres : ils font désormais partie du « mobilier » qu’un prêtre trouve dans le chœur à son arrivée dans une paroisse ; et ce « mobilier » liturgique est protégé par des lois non écrites qui le garantissent contre toute atteinte (bien plus sûrement qu’une chaire du XVIIe ou un maître-autel en bois doré). On peut se débarrasser d’un autel ; pas d’un « animateur ». Et encore moins d’une « animatrice » ! Si un prêtre entre en conflit avec ces nouveaux princes et princesses de l’Eglise, il peut s’attendre à ce que l’on fasse de lui un mauvais prêtre qui « ne sait pas travailler avec les laïcs ». Malheureusement, je crois de plus en plus qu’il faudra attendre la mort de tous ces gens chargés d’ « animer » pour qu’une application de la Constitution conciliaire sur la Liturgie puisse véritablement commencer. 

 

La lettre du Concile - c’est-à-dire les textes qui seuls font autorité - est une chose tabou dans les paroisses tombées sous la coupe d’ « équipes d’animation ». Pratiquement on a fait entrer l’Eglise-qui-est-en-France dans une forme de schizophrénie : certains de ses responsables se comportent comme des menteurs pathologiques auxquels on demande de dire la vérité. Ce qui conduit à la pire des situations : ils interdisent concrètement et pratiquement qu’on applique ce que l’Eglise a pourtant officiellement promulgué dans un Concile, dans le Code de droit canonique, dans le Catéchisme... Personnellement, je n’ai pas voulu vivre un enfer dans le sacerdoce ; aussi me suis-je borné à manifester aux princes et princesses de l’Eglise - nos animateurs et animatrices - une souriante inertie, une prudente et aimable indifférence, n’allant à aucune réunion et les laissant faire ce qu’ils ont toujours fait. 

 

Nous savons bien que les organes officiels de l’Eglise-qui-est-en-France préfèrent de loin ces personnes « de qualité » à ses prêtres, à ses lois, à ses conciles désormais privés de toute autorité. Dans ces conditions, comment croire, en France, à l’avenir d’une Eglise pilotée par des institutions diocésaines qui récompensent toujours ceux qui violent ses lois officielles et ne manquent jamais une occasion de sanctionner, de vexer ou d’écarter les malheureux prêtres et les malheureux laïcs qui aimeraient appliquer - ou appliquent tant bien que mal - les normes officielles ? N’est-on pas dans une Eglise devenue schizophrène par la faute d’un clergé qui prêche la vérité et la liberté tout en mentant effrontément dès qu’il est question de liturgie ? ».

 

Pro Liturgia

S’il est facile de fustiger l’attentisme de l’épiscopat français sur les questions d’avortement, force est de constater qu’avant même que ne soit adoptée la loi Veil, cet épiscopat avait été passablement poignardé dans le dos par ses propres troupes - ou du moins par ceux qui s’en considéraient comme l’élite. Qu'ait préféré suivre, avec les conséquences que l'on sait, la trace de ces « experts catholiques » auto-congratulés plutôt que le bon sens du peuple chrétien attaché au Magistère est un autre sujet, mais le fait reste que c’est bel et bien affaiblie de l’intérieur que l’Eglise de France aborda les année 70, décisives en matière de respect de la vie. 

 

 

 

T124b.jpegNous en avons ici une très bonne description, avec le noyautage du Centre catholique des médecins français par une clique favorable à la dépénalisation, mais aussi à travers les discours des clercs (visiblement choisis à cette fin), notamment des prêtres dominicains comme le théologien hérétique Jacques Pohier (NDLR : ancien doyen à la faculté du Saulchoir et militant pro-euthanasie à l’ADMD !), réinventant le thème eugénique des vies ne valant pas la peine d’être vécues (p. 181 « Il n’est pas vrai que tous les incapables mentaux ont la possibilité de faire vivre un minimum de vie humaine au produit de leur conception, ni que le but de la société ou celui de la grâce serait de les en rendre miraculeusement capables ») et Roqueplo (qui parvient dans un discours ahurissant, où les phrases ne cessent de se contredire elles-mêmes, que l’utilisation des embryons pour la recherche destructive est moralement licite). Certes, tous les intervenants ne font preuve d’un tel extrémisme, mais il reste que tous semblent incapable de concevoir l’évolution de la position du chrétien autrement, au mieux, qu’en terme d’accompagnement d’une régression de la loi (quand elle n’est pas tout bonnement perçue comme une progression) vers la dépénalisation, dont il s’agit alors « de limiter » la casse. L’attitude s’exprime très clairement dans l’intervention du P. Roy (p. 172) : « Il me semble, dans la conjoncture où nous vivons, que le rôle [du médecin chrétien] est d’attirer l’attention sur des valeurs parfois difficiles à percevoir, mais essentielles; sans doute est-il vraisemblable que la loi sera modifiée. Notre rôle me semble devoir être, dès lors, de tout faire pour que malgré tout et dans toute la mesure du possible, toutes les valeurs en jeu soient prises en considération ». Telle fut l’origine sans doute de l’attitude qui consista pour le CLER à s’engager dans les entretiens pré-avortement, et pour l’épiscopat de s’en tenir là. Si les concepts ont une genèse, force est de constater (et c’est là tout l’intérêt de se replonger après vingt-cinq ans dans des les actes d’un tel colloque) que la notion de « résistance » active à l’oppression que constitue l’avortement était absolument absente des esprits, du moins sous la forme d’une expression catholique collective, en 1972. Il faudra attendre l’année 1995 pour que Jean-Paul II rappelle expressément dans Evangelium vitae le devoir d’opposition - qui exclut bien évidemment toute collaboration volontaire - aux lois injustes concernant la vie humaine.

 

Plusieurs passages des actes du colloque de 1972 méritent d’être étudiés et décortiqués du point de vue philosophique et idéologique, seul ou en groupes. Il s’agit avant tout des interventions de P. Pohier, Roqueplo et Bruno Ribes (NDLR : jésuite défroqué et maintenant marié, ancien "animateur" de la revue anti Humanae Vitae "Etudes", et ayant collaboré avec le franc-maçon Pierre Simon à la rédaction de la loi Veil. Pour lui, l'avortement est "une décision désespérée qui doit être prise par des femmes et des hommes mis en face de leurs responsabilité". Il ajoute : "Quand nous parlons d'une refonte de la législation sur l'avortement, il n'est pas question d'envisager un catalogue de cas permis et défendus comme le fait le projet de loi Peyrat, actuellement en discussion. Une loi donnerait bonne conscience à chacun et empêcherait de poser le problème personnel dans toute son ampleur" - cf : Hebdomadaire socialiste "l'Unité", N°47, janvier 1973), exprimant un eugénisme proche de celui du début du siècle (p. 195) mais d’autres méritent aussi une attention particulière. Ils sont en effet particulièrement représentatifs d’un état d’esprit persistant encore aujourd’hui à tous les degrés de la hiérarchie ecclésiale en partant des laïcs, et qui expliquent bon nombre des blocages rencontrés aujourd’hui dans les tentatives de changement. Comprendre l’origine de tels blocages nous semble un passage obligé, et nous semble désormais possible en soumettant par exemple les actes du colloque de 1972 à une grille de lecture différente, celle d’Evangelium vitae. Un autre intérêt du livre est de mesurer l’ancienneté (et donc peut-être l’essoufflement ?) des concepts qui empoisonnent aujourd’hui encore les débats. On sera surpris de constater que la notion de personne humaine dépendante du désir des parents (pas de désir = pas de personne) figurait déjà dans l’exposé du P. Roqueplo. Ou encore que le Pr. Boué (membre du Comité national d’éthique) exposait déjà en 1972 la thèse selon laquelle le diagnostic pré-natal (par le biais de l’avortement des « anomalies conçues » permettant à contrario la naissance d’enfants sains qui n’auraient pas vu le jour sans cela) serait une oeuvre de vie. On mesurera aussi combien la fécondation in-vitro et la recherche sur l’embryon étaient au coeur des débats sur l’avortement.

 

Un troisième intérêt est d’étudier (en groupe de préférence) la rhétorique qui fait florès au travers des discours et des débats (dactylographiés intégralement, ce qui est très précieux). Ainsi un intervenant, présentant les résultats d’un sondage, conclut-il que les « médecins catholiques sont moins tolérants que le reste de l’échantillon », l’intolérance consistant apparemment à avoir assez de respect pour la femme et pour l’enfant à naître pour refuser les indications socio-économiques de l’avortement. Autre exemple : l’emploi du qualificatif « profile-type du médecin plutôt favorable à la libération de la femme » pour désigner des médecins favorables à l’avortement suppose que l’avortement soit pour la femme une libération. Ou encore la dichotomie faite entre ceux qui pensent que la loi ne doit pas être changée, et ceux qui « considèrent quand même qu’une option pratique, possible dans certaines conditions déterminées, est licite, et dès lors nous sommes présents au monde, aux souffrances de nos contemporains, à leurs difficultés », formule sous-entendant que ceux qui s’opposent à l’avortement ne sont pas, eux, présents au monde et ouverts aux souffrances de leurs contemporains... Un quatrième intérêt réside dans l’étude des faiblesses de la contre-argumentation de l'époque. Il y aurait pourtant eut à contre-dire ! Un dernier intérêt enfin, historique, réside dans la connaissance des acteurs du débat, dont beaucoup occupent encore, vivants ou décédés, un rôle aujourd’hui : Pr. Boué, Pr. Réthoré, Mme Dolto.

Benoît XVI aura passé son pontificat à nous rappeler qu’il fallait recevoir et appliquer le Concile Vatican II. En France, les évêques nous disent aussi qu’il faut recevoir et appliquer le concile Vatican II... Il est cependant évident, pour tous les fidèles un tant soit peu attentifs et observateurs, que les mots « recevoir », « appliquer » et « Concile » n’ont pas du tout le même sens selon que l’on est à Rome ou que l’on est dans un diocèse français, selon qu’ils sont dans la bouche du Pape ou dans celle d’un évêque français pris au hasard. Pour comprendre l’origine de cette différence de sens des mots, il faut rappeler comment s’est faite la réception et l’application du Concile en France. 

 

 

 

Elle s’est faite selon deux courants opposés dont nous a souvent entretenu Benoît XVI : d’un côté le courant « progressiste » où se sont trouvés ceux qui enseignaient que Vatican II n’était qu’un point de départ qu’il fallait absolument dépasser pour « dynamiser » l’Eglise, et d’un autre côté le courant « traditionaliste » où se sont retrouvés ceux qui, derrière Mgr Lefebvre, ont pris appui sur les dérives postconciliaires orchestrées par nombre de prêtres pour faire de Vatican II la source d’une rupture avec ce qu’ils définissent et considèrent comme étant « la » tradition. En France, le « progressisme » a culminé vers les années 1970-75 et a trouvé des « supporters » au sein d’un clergé souvent touché par une profonde crise d’identité du prêtre s’ajoutant à la déficience de la formation théologique. Si ce courant est aujourd’hui moins puissant, il ne demeure pas moins vrai qu’il a laissé dans les mentalités des fidèles - clercs et laïcs - des traces qui seront très difficiles à effacer. De son côté, le « traditionalisme » vit encore mais ne constitue pas un bloc monolithique et - quoi que disent certains de ceux qui s’en réclament - n’a pas de grande influence dans les paroisses. Entre ces deux courants se retrouvent des fidèles plus sensibles aux conséquences d’une désacralisation qui, à partir des années postconciliaires, a touché les messes célébrées dans la majorité des paroisses françaises : ces fidèles, de moins en moins nombreux en raison de la baisse de la pratique religieuse et de leur âge, ne comprennent généralement pas grand-chose en liturgie et confondent souvent la « messe en latin » avec la « messe comme c’était avant le Concile ». Leurs critiques portent le plus souvent - et à juste titre - sur la banalisation et l’enlaidissement des célébrations, ainsi que sur les stériles expérimentations liturgiques imposées par des prêtres donnant surtout l’impression d’avoir perdu tout sens de l’Eglise et de l’Eucharistie, et tout souci de la beauté qui sied au culte rendu à Dieu.

 

Mais d’où vient ce « progressisme » qui a durablement grippé tous les rouages de l’Eglise en France pour aboutir à la non-réception du Concile ou du moins à sa réception partielle et sous des formes erronées engendrant la crise que l’on connaît aujourd’hui ? Dès avril 1964, Paul VI avait appelé l’Académicien Jean Guitton au Vatican pour lui faire part de son inquiétude touchant l’information sur le Concile en France. Bien des journalistes - y compris des journalistes catholiques - présentaient en effet Vatican II sur le modèle des débats parlementaires et des arbitrages politiques, usant d’épithètes commodes comme « conservateurs » ou « progressistes », la première étant connotée péjorativement. Dans le même temps, des médias présentaient l’Eglise de Hollande comme « le » modèle à suivre alors qu’elle était en train de s’effondrer sous les coups portés par des prêtres vivant « en couples » ou ouvertement homosexuels et prêts à tenter toutes les « expériences ». Parallèlement, dans le journal « Le Monde », Henri Fesquet se faisait le héraut d’une interprétation de l’ « esprit du Concile » qui ne correspondait plus du tout à la lettre des textes conciliaires eux-mêmes. Dans « La Croix » du 15 septembre 1966, Antoine Wenger note : « Neuf mois ont passé depuis la clôture du Concile. Nous assistons à une fermentation des idées ; il est vrai que certains attribuent volontiers au Concile leurs propres opinions et identifient trop facilement les décisions conciliaires avec leurs propres désirs. » Un mois plus tard, Jacques Maritain publie « Le paysan de la Garonne » où il observe que la masse des fidèles est en train de s’éloigner de l’Eglise tandis que de nombreux clercs vont carrément la quitter en raison d’une crise qui n’est pas imputable au Concile lui-même mais à un « néo-modernisme » se recommandant à tort d’un « esprit du Concile ». D’autres théologiens s’inquiètent des dérives postconciliaires dont certaines sont orchestrées par des clercs et des laïcs qualifiés d’ « assassins de la foi » (Cf. P. Jean Daniélou, « La Croix » du 18 mai 1968.) Quant au Père de Lubac, il considère qu’un « redressement urgent » est à opérer « dans le sens authentique du Concile et du véritable aggiornamento » voulu par Jean XXIII. Mais dans le même temps, le théologien déplore que « les évêques ne semblent guère oser y engager leur autorité » pour empêcher l’ « accentuation d’une scission entre une aile soi-disant marchante qui donne l’impression de mondaniser la foi et la vie chrétiennes (...) et une masse dite « intégriste » à laquelle sont tentés de se rallier beaucoup d’excellents chrétiens qui tiennent à l’intégralité de la foi. » Et le P. de Lubac de considérer que « la tradition la plus classique offre incomparablement plus de ressources à la pensée qu’une certaine attitude critique aujourd’hui trop répandue. » Pour faire face à ce que le P. Louis Bouyer qualifiera de « décomposition du catholicisme », quelques théologiens jettent alors les bases d’une nouvelle revue théologique - « Communio » - dont le premier numéro de l’édition française paraîtra en 1975. Parmi ces théologiens clairvoyants et authentiquement « conciliaires », on retrouve les Pères Henri de Lubac, Hans Urs von Balthasar, Louis Bouyer, Jean-Robert Armogathe et... Joseph Ratzinger.

 

En 1985, Joseph Ratzinger, devenu Cardinal et Préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, publie « Entretiens sur la foi » (éd. Téqui) presque au moment où les évêques français tentent de dresser un bilan du Concile et d’évaluer son processus de réception. Avant même la publication de son ouvrage, le Cardinal Ratzinger donne sa propre appréciation sur le sujet débattu par les évêques de France en évoquant une « évolution postconciliaire pernicieuse. » « Ce qui a dévasté l’Eglise durant la décennie n’était pas le concile, mais le refus de sa réception », écrira-t-il par la suite. Dans sa majorité, l’épiscopat français - déjà vivement critiqué suite à la parution de « Pierres vivantes » présenté abusivement comme un catéchisme - ne partage pas l’appréciation du Cardinal. Ainsi, Mgr Rozier, alors Evêque de Poitiers, écrit-il : « Certains raccourcis des propos du Cardinal Ratzinger expriment un bilan de l’évolution postconciliaire de l’Eglise, bilan tout entier situé sous le signe de la négativité, et dans lequel les évêques français ne se reconnaissent pas. Ceci est un fait. » On voit ici qu’entre le Cardinal Ratzinger, futur Pape, et l’épiscopat français, les désaccords existent... et dureront sans doute. Au cœur des turbulences de l’Eglise en France, Mgr Rozier persiste et signe : ignorant le point de vue du Préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, il se félicite de ce que « l’épiscopat a le soutien du peuple de Dieu ». Et il fait état d’une lettre que lui a envoyée un « animateur du centre théologique interdiocésain de Montpellier » pour le remercier de sa pastorale et lui dire qu’il soutenait son initiative d’une opération lancée dans l’opinion publique dans la perspective du prochain synode « pour aider à un ressaisissement dans le sens de la fidélité à Vatican II ». L’Evêque de Poitiers fait ici référence à l'initiative d'un groupe de chrétiens réunis à Montpellier soucieux de ne pas voir enterrer les réformes attribuées plus à l’ « esprit du Concile » qu’au véritable Concile lui-même. « L’appel de Montpellier » lancé par ce groupe de chrétiens - parmi lesquels se trouvent un certain nombre de prêtres ayant le soutien de leurs évêques - ne tarde pas à recueillir une audience importante qui ne manquera pas d’interroger NN.SS. Boffet, Evêque de Montpellier, Rozier, Evêque de Poitiers déjà cité, Favreau, Evêque de La Rochelle... A Nancy, Mgr Bernard dévoile ses craintes en s’interrogeant : « Comment maintenir les acquis très positifs de Vatican II sans se fermer à certaines insistances venant d’ailleurs, au sein de la communauté de l’Eglise ? » 

 

En fait, on voit qu’à chaque fois que les évêques de France parlent du concile Vatican II, ils ne font allusion qu’à cet « esprit du Concile » dénoncé par le Cardinal Ratzinger. Ne voulant pas reconnaître que de ce quiproquo jaillit la majorité des problèmes qui secouent l’Eglise en France, Mgr Bernard adopte la ligne classique - mais stérile - de l’épiscopat français : l’irénisme. C’est dans son édition du 21 juin 1985 que « Le Figaro » évoque des « tensions entre le Vatican et plusieurs évêques français ». Le quotidien dénonce très clairement l’attitude de l’épiscopat français à l’égard du Cardinal Ratzinger : « La thèse des opposants [i.e. les évêques français] est claire : « Rome s’apprête à enterrer Vatican II alors que les forces vives du « peuple de Dieu » se mobilisent pour le sauver ». Ces lignes sont signées du Dominicain Joseph Vandrisse qui ajoute que « dès lors, toute tentative de bilan s’apparente au blasphème ». Le P. Vandrisse qui défend avec vigueur la fermeté du Cardinal Ratzinger, constate encore qu’ « il est difficile à certains évêques de dire « non » à des cénacles qui intimident, tant il est par contre facile pour eux de parler « d’espoir » en évoquant de réconfortants lendemains ». Dans le même temps, les évêques ne dissimulent plus leurs préoccupations quant à l’hypothétique mise en œuvre d’une « contre-réforme » qu’ils soupçonnent orchestrée par le « Panzerkardinal » Ratzinger. Ceux d’entre eux qui préparent le synode extraordinaire de la région Provence-Méditerranée écrivent : « Devant le décalage de plus en plus accusé entre les modes culturels et le message évangélique que nous pouvons constater aujourd’hui, (...) il nous semble que le synode ne doit pas se laisser tenter par une restauration (...). Il ne faut pas que prédomine la peur et que soit cassé le dynamisme missionnaire de beaucoup de communautés chrétiennes. » (Cf. « Eglise de Corse », n°14, 1er août 1985.) Puis ils posent cette question révélatrice du type d’Eglise qu’ils souhaitent : « Ne faudrait-il pas souligner l’importance des liens et échanges entre Eglises locales dont la région apostolique et la conférence épiscopale sont des expressions privilégiées ? Ne faudrait-il pas également réfléchir dans cette perspective, aux rapports entre les conférences épiscopales ou les Eglises locales et l’Eglise de Rome et ses dicastères dans le sens d’une communion respectueuse des identités et des responsabilités propres ? Ne conviendrait-il pas de préciser la signification du « ministère de Pierre » dans son rapport aux épiscopats ? » On le devine à travers ces lignes : ce que veulent les évêques de France, c’est que le Cardinal Ratzinger se contente d’occuper un bureau tandis que le Pape se satisfera de distribuer des bénédictions aux pèlerins rassemblés place Saint-Pierre.

 

Ce complexe anti-romain qui s’est développé et manifesté après Vatican II a-t-il laissé des séquelles ? Oui, si l’on considère qu’aucun des textes magistériels laissés par Benoît XVI n’a fait l’objet de diffusions et d’applications concrètes dans les diocèses et les paroisses de France ; oui, si l’on se souvient du Cardinal Vingt-Trois affirmant - à l’occasion du voyage de Benoît XVI en France - que « le Pape n’était tout de même pas le patron » ; oui, si l’on se souvient que lorsque Benoît XVI a célébré des messes en France, il fallut expliquer aux fidèles habitués aux « messes-bazar » de leurs paroisses que le Souverain Pontife respectait bien la liturgie voulue par le Concile ; oui, si l’on se souvient des campagnes faites pour persuader les fidèles de rester chez eux pour voir le Pape à la télévision plutôt que de se déplacer pour l’acclamer (les fidèles viendront toutefois en nombre accueillir le Pape, à la grande stupéfaction des évêques qui tenteront alors de tourner la situation à leur profit) ; oui, si l’on se souvient que Mgr Doré, alors Archevêque de Strasbourg, dans une homélie prononcée lors d’une messe d’ordinations sacerdotales, s’est déclaré favorable au mariage des prêtres ; oui quand on se souvient qu’une conférence sur la liturgie du Cardinal Arinze à Paris sera passée sous silence ; oui, lorsqu’on entend Mgr Le Gall dire qu’il n’y a pas de problèmes liturgiques en France... Oui enfin, quand on lit les récentes critiques de Mgr Noyer - figure emblématique de l’épiscopat postconciliaire - dirigées contre Benoît XVI et publiées par « Témoignage Chrétien ». Qui pourrait imaginer que devenu Pape, Joseph Ratzinger ait oublié cette mentalité anti-romaine propre à une partie non négligeable de l’épiscopat français et qui s’est propagée dans les rangs du clergé paroissial ? Qui peut imaginer que devenu Pape, Joseph Ratzinger savait qu’il ne pourrait guère compter sur l’épiscopat français pour appliquer les directives magistérielles et les orientations conciliaires permettant de stimuler la foi chrétienne en même temps que l’amour de l’Eglise ? On peut légitimement penser que Benoît XVI a pu être fatigué d’avoir à supporter l’inertie de certains épiscopats dont, en tout premier lieu, celui de France.

 

Pro Liturgia

Dans les diocèses de France se vit un catholicisme qui est souvent très loin d'être "romain", c'est-à-dire manifestation de l'existence d'un lien étroit qui unit chaque communauté locale au Siège apostolique. De plus en plus apparaît une "Eglise de France" qui tend à faire perdre de vue que l' "Eglise en France" ne peut être que l' "Eglise de Rome". L' "Eglise de France" se singularise dans sa manière originale de traiter la liturgie romaine et par sa façon particulière d'habiller son clergé. L' "Eglise de France" vit de moins en moins au rythme de l' "Eglise de Rome". Elle préfère vivoter à son rythme grâce à des compromis permanents : compromis avec l'Eglise romaine d'abord, mais aussi compromis entre des vrais "catholiques romains" qui attendent en vain de pouvoir participer à la vraie "liturgie romaine" et des vrais "catholiques non-romains" qui s'emploient à adapter la liturgie romaine aux spécificités de cette mosaïque de communautés locales qui composent l' "Eglise de France".

 

 

 

 

Quand ils vont au Vatican, les "catholiques non-romains" de France acceptent de participer à la "liturgie romaine" que célèbre le pape : ils sont ouverts et tolérants et les messes qu'ils voient à Saint-Pierre font en quelque sorte partie du "folklore" local, un peu comme les Gardes suisses. Mais dès qu'ils sont de retour chez eux, dans leurs paroisses françaises, ces "catholiques non-romains" reprennent leurs vieilles habitudes "hexagonales" : le latin, le grégorien, les soutanes, les chasubles, l'encens... retrouvent illico presto les placards de sacristies d'où ils ne ressortiront qu'à l'occasion d'un voyage du pape dans notre pays ou d'une visite ad limina de nos évêques. En-dehors de ces rares occasions de faire "acte de romanité", le catholicisme "à la française" doit s'employer à ne regarder que de loin ce qui vient de la Ville éternelle. Même ce que dit le pape - cet évêque dont le diocèse est nettement plus petit en surface que le plus petit des diocèses de France - doit être tenu pour un simple avis qui ne saurait engager l' "Eglise de France".Une bonne partie des catholiques français s'est déconnectée de Rome à force d'avoir suivi, écouté et imité des pasteurs et des théologiens qui se sont employés à présenter Vatican II comme un concile obligeant à rompre avec une Eglise devant être considérée comme définitivement dépassée. C'est ce qui fait que depuis des années, rien de ce qu'enseigne Rome ne trouve d'écho dans les paroisses de France, à quelques exceptions près. Dans les meilleurs des cas, le dimanche, certaines messes prennent quelques "allures romaines"... mais ne respectent toujours pas les règles de la liturgie romaine. C'est une façon de donner le change. Dans telle paroisse, par exemple, le célébrant a réintroduit l'usage d'une clochette au moment de l'Elévation... mais il continue à changer quelques mots par-ci par-là dans la Prière eucharistique. Dans telle autre paroisse, on a réintroduit du grégorien... mais le prêtre ne revêt pas de chasuble et c'est une dame qui, sans réelle raison, aide le célébrant à distribuer la communion. Chacun fait un peu ce qu'il veut, mais personne fait exactement ce que l' "Eglise catholique romaine" demande de faire. C'est ça, le catholicisme "à la française" : c'est une manière de pratiquer l'adaptation permanente en liturgie, en catéchèse, en doctrine... afin que jamais rien ne puisse clairement apparaître comme ça doit être. On est un peu dans la situation d'un Alsacien qui dirait à ami un Italien : "Elles sont vraiment excellentes, tes pizzas... mais je les trouverais plus à mon goût si tu acceptais de remplacer les anchois par de la saucisse de Strasbourg."

 

Ainsi sont les "catholiques non-romains" de l' "Eglise de France". Ils constituent une Eglise constituée de micro-communautés disparates que les évêques s'emploient à conserver dans une unité de façade. Et pour que ce semblant d'unité puisse continuer à faire illusion sans déranger trop de monde, il est nécessaire de surmultiplier, dans les paroisses et les diocèses, les bureaux, équipes, commissions... qui en arrivent souvent à distraire les fidèles de l'essentiel. Le "catholique romain", lui, cherche à dépasser les structures de l'Eglise locale, de la communauté locale : il tourne son regard vers Rome parce que c'est là qu'est Pierre et que c'est par Pierre que l'Eglise acquiert sont caractère authentiquement "catholique", c'est-à-dire "universel". Certes, lorsque nous récitons le Credo, nous disons que nous croyons à l' "Eglise une, sainte, catholique et apostolique" et nous n'ajoutons pas "romaine". Mais c'est justement parce l'Eglise ne peut être une, sainte, catholique et apostolique que dans la mesure où elle est romaine, c'est-à-dire enracinée dans ce lieu où Pierre et ses successeurs ont reçu le titre d'évêque qui faisait de chacun d'eux un dépositaire de l'autorité reçue du Christ et le garant de l'unité. Les fidèles de l' "Eglise de France" ne pourront mériter le titre de "catholiques" que lorsqu'ils auront (re)pris conscience qu'ils aussi "romains", c'est-à-dire attachés affectivement au Souverain Pontife et capables de prouver cet attachement en abandonnant leur particularismes qui entravent la croissance ou le retour de la vraie foi.

 

Pro Liturgia

Dans les années 1975, la majorité des évêques français soutenaient ouvertement des mouvements d’Eglise qui avaient signé une charte intitulée « Chrétiens pour le socialisme » et qui voulaient faire en sorte que chaque communauté paroissiale puisse « inventer de nouvelles liturgies en subvertissant les symboles de la liturgie religieuse traditionnelle et en partant des liturgies profanes de ceux qui luttent pour un monde plus juste ». Ces mouvements avaient précisé que pour eux « le marxisme [devait constituer] l’instrument privilégié d’analyse de la réalité économique, sociale et politique » et avaient affirmé que la politique était le lieu de la foi chrétienne basée sur les exigences de Jésus-Libérateur opposé tant au pouvoir des clercs qu’aux responsables politiques de droite liés au capitalisme. Au cours des célébrations organisées par ces mouvements avec la bénédiction des évêques diocésains, on proclamait le texte suivant : « Les participants constatent la complète contradiction entre leur pratique militante et socialiste et la liturgie officielle [de l’Eglise], celle-ci véhiculant l’idéologie de la classe contre laquelle ils sont en lutte quotidiennement. Ils veulent sortir de l’impasse dans laquelle s’est enfermée l’institution ecclésiale et dominer le malaise qu’ils éprouvent en présence des liturgies actuelles dans les paroisses et autres communautés des institutions ecclésiales. Les participants se proposent (dans leurs communautés respectives) de continuer à rechercher des formes d’expression de leur foi qui soient conformes au climat socioculturel et politique de notre époque. Ils considèrent que l’enjeu de leur lutte est indissociablement politique et de l’ordre de la foi. (...) De telles initiatives doivent s’inscrire dans une stratégie d’ensemble visant à modifier radicalement les rapports de pouvoir, donc à décléricaliser l’Eglise et à redonner au peuple chrétien, à la recherche d’une libération collective, l’initiative de l’interprétation de la Parole. » La proclamation de ces lignes était habituellement suivie du chant de « l’âge d’or » de Léo Ferré...

 

(Source : Le Cercle Jean XXIII de Nantes, Liturgie et lutte des classes ; symbolique et politique, éd. de l’Harmattan, 1976)

Avoir tout fait pour apparaître comme le principal obstacle à l'application des directives magistérielles en général, et de Vatican II en particulier est bien la principale erreur de l’épiscopat français… Il faut oser le dire et savoir faire son auto-critique…

 
 
 
 
Il y a eu le scandale de la « note doctrinale » face à l’Encyclique Humanae Vitae, il y a eu la publication de "Pierre Vivantes" (qui n'était pas un catéchisme comme l’a dit le cardinal Ratzinger en 1982), il y a eu les connivences des évêques diocésains avec le socialo-communisme, il y a eu l'affaire du Comité Catholique contre la Faim et pour le Développement (CCFD) mouvement qui, officiellement soutenu par les évêques français, finançait les promoteurs de la théologie marxiste de la libération, il y a eu les critiques de certains pasteurs diocésains contre Jean-Paul II (critiques dénoncées par André Frossard et par François-Georges Dreyfus) et contre le Cardinal Ratzinger, il y a eu les grincements de dents à l'annonce de l'élection du Cardinal Ratzinger sur le siège de Pierre, il y a eu le silence orchestré autour du discours sur la liturgie prononcé par le Cardinal Arinze à l'Institut catholique de Paris en octobre 2006, il y a eu les levées de boucliers à l'annonce de la publication d'un Motu proprio sur la liturgie par le pape Benoît XVI, il y a toujours l'absence d'une édition française du missel romain de 2002...
 
Bref, autant de faits qui, accumulés, laissent à penser qu'entre Rome et l'épiscopat français, quelque chose ne passe plus. Or les fidèles catholiques de France ne veulent plus de ce corporatisme d'un épiscopat gallican. Il ne veulent plus de cette "exception française" qui, en gangrenant depuis plus de 40 ans la catéchèse et la liturgie, vide les églises et les séminaires. Les fidèles catholiques de France ne se reconnaissent plus dans les slogans d'une pastorale mise en place par des clercs qui ont comme soviétisé les instances diocésaines après avoir réussi à se présenter abusivement comme les vrais du courant conciliaire, alors que leur vision de l'Eglise était faussée par les a-priori hérités des courants de la pensée soixante-huitarde. Oui, aux yeux de beaucoup, l'épiscopat français apparaît bien aujourd'hui - à tort ou à raison - comme le premier obstacle à la réception des enseignements magistériels et à leur application. Non pas que ces enseignements soient refusés, mais ils sont sans cesse atténués, relativisés, édulcorés, réinterprétés dans un sens qui fait qu'entre les directives romaines et leurs applications "sur le terrain", apparaissent de multiples décalages quand ce ne sont pas carrément des contradictions. Et c'est ce qui fait que de plus en plus de fidèles se demandent, à l'instar de Mgr Gaidon, s'ils peuvent toujours se dire en pleine communion avec des évêques qui ont pris l'habitude de faire part de points de vue pastoraux souvent discordants dès qu'il ne devrait s'agir que d'appliquer sans arrières pensées les enseignements du Souverain Pontife.
 
Ce que les fidèles catholiques de France attendent aujourd'hui de leurs évêques, ce ne sont ni des négociations ni des tergiversations portant sur la façon d'appliquer tel ou tel document magistériel, ce qu'ils attendent, c'est la diffusion la plus large de tous les textes émanant du Siège apostolique et leur application immédiate sans le moindre faux-fuyant. Cela concerne essentiellement la Constitution Sacrosanctum Concilium dont beaucoup attendent encore la mise en oeuvre, l'Exhortation Sacramentum Caritatis dont il y a beaucoup à espérer, et le Motu proprio Summorum Pontificum plutôt qu'à cette actuelle réticence épiscopale (dénoncée par Rome !) qui sonne d'autant plus faux que la liturgie restaurée à la suite de Vatican II n'est elle-même pas respectée dans nos diocèses.
 
Inspiré librement de Pro Liturgia

Ce qui manque le plus à la majorité des évêques de France, c’est le courage de dire la vérité. Une vérité qui tient en ces mots : tous les grands projets pastoraux de ces 50 dernières années, lancés à grands renforts d’onéreuses publicités, ont conduit à vider les églises et à déchristianiser les fidèles. De « Pierres vivantes » aux actuels « synodes diocésains » en passant par les absolutions collectives, les messes minimalistes en rupture avec l’héritage liturgique de l’Eglise, la « prêtre academy », la mise en place d’EAP (équipes d’animation pastorale)... tout à fait lamentablement flop. Les chiffres le disent clairement et contredisent les promesses épiscopales : 3% de pratique dominicale, de moins en moins d’enfants catéchisés, de moins en moins de jeunes acceptant de faire leur profession de foi...

 

 

Il est vrai que  les célébrations grotesques auxquelles ont leur demande de participer ne peuvent pas leur donner l’envie, pour peu qu’ils réfléchissent, d’être membres de l’Eglise. Et un effondrement dramatique des vocations sacerdotales... Le problème, c’est qu’on s’habitue à cette situation. Tout comme on s’est d’ailleurs habitué à des clercs sans tenue célébrant ces liturgiques paroissiales sans relief qui ont fait dire à un célèbre cardinal belge qu’elles ressemblaient à de mauvais spectacles qui ne valent pas le déplacement. Derrière les réunions épiscopales d’où émanent de nouveaux projets et de nouveaux documents se cache une pusillanimité dont Mgr Gaidon s’était fait l’écho dans l’un de ses derniers ouvrages :  « Un évêque français entre crise et renouveau » (éd. de l’Emmanuel). Nos évêques ont peur de voir la vérité et de la dire. Mais les fidèles ne sont pas dupes : ils savent désormais qu’à de rares exceptions près, tout nouveau projet pastoral diocésain ne sera qu’une figure de style : comme de précédents programmes, il n’aura aucune chance d’être appliqué et de donner de bons fruits. Et sur le marché des synodes diocésains ou des rassemblements dits « festifs », les grands-messes célébrées dans les stades ou les salles de spectacles ne sont qu’une sorte de publicité mensongère visant à « faire croire que ». 

 

L’épiscopat français, qui rêvait d’une Eglise « cool » et d’une religion « soft, ne semble plus en mesure de prendre les décisions qui permettraient de redresser la situation des diocèses et des paroisses : il se contente de créer de nouvelles « unités paroissiales », de nouvelles « zones », de nommer des « équipes d’animation ». Autant de structures qui visent une fois de plus « à faire croire que ». Le spectacle est complet. Il est aussi pitoyable.

 

Pro Liturgia

Pour la CEF, l'Encyclique Humanae vitae de Paul VI ne serait pas infaillible.

Le péché serait-il donc recommandable pour la Conférence Episcopale ?

Indignez-vous de toute urgence à la Conférence Episcopale via ce lien.

 


 

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Pour trois grandes raisons : 1. Durant des années, les évêques ont systématiquement évincé les candidats au sacerdoce qui se montraient trop « romains » et qui, par conséquent, risquaient de remettre en cause les orientations (souvent problématiques) de la pastorale diocésaine ; 2. Les vocations sont étouffées par des « équipes d’animation pastorale » devenues le réceptacle de laïcs qui ne cessent de critiquer et d’entraver les prêtres souhaitant accomplir fidèlement leur mission sacerdotale ; 3. Les jeunes gens équilibrés redoutent la compagnie d’autres candidats à la prêtrise dont l’équilibre psychologique s’avère fragile et qui pensent trouver une réponse à leurs problèmes existentiels d’abord dans des « séminaires-cocons » puis dans une vie sacerdotale réduite à de vagues bons sentiments.

 

De ces trois points, le dernier est sûrement celui dont les évêques devraient s’inquiéter le plus s’ils ne veulent pas que de prochaines ordinations sacerdotales soient à l’origine de drames aussi bien spirituels qu’humains, tant chez ces prêtres eux-mêmes que chez les fidèles qu’il seront amenés à guider.

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