Les catholiques de France ont constaté depuis longtemps que l'épiscopat de leur pays est grosso modo composé de trois catégories bien distinctes d'évêques :

 

- la catégorie des "timorés opportunistes". Ce sont ceux qui naviguent à vue, évitant à tout prix de remettre en cause la pastorale désastreuse devenue normative dans les diocèses dès les lendemains de Vatican II. Dans cette catégorie, on trouve des évêques qui ne sont pas véritablement extravagants au plan liturgique ou catéchétique, ni véritablement "traditionnels" au sens où l'entend l'Eglise, mais qui cherchent plutôt à se montrer "ouverts" et "tolérants". Avec eux, rien n'est clairement condamné, mais rien n'est clairement affirmé non plus. Par contre, les évêques de cette catégorie peuvent se montrer très irascibles dès lors qu'ils rencontrent quelqu'un qui se permet de douter de l'efficacité de leur pastorale molle.


 

- la catégorie des "farouchement anti-romains". Les évêques de cette catégorie - dont les noms sont connus - forment un noyau influent de notre épiscopat : influent car ne trouvant aucune résistance en face de lui. L'évêque appartenant à cette catégorie prend un réel plaisir à trahir systématiquement son serment d'obéissance au Souverain Pontife en lançant des expériences pastorales qui n'ont pas lieu d'être ou en annonçant des débats sur des sujets comme le mariage des prêtres ou l'ordination sacerdotale des femmes... Ces évêques agitateurs appartiennent à la génération de séminaristes qui furent ordonnés prêtres sans qu'on sache s'ils avaient réellement la vocation. Leurs comportements narcissiques sont généralement le symptôme de souffrances dues à un état sacerdotal mal assumé qui blesse les fidèles dont ils se veulent les pasteurs.

 

- la catégorie des "ouvertement catholiques romains". Ce sont eux qui, ayant eu une bonne formation théologique et un vrai "sens de l'Eglise", répondent positivement aux baptisés qui, par fidélité aux enseignements du Souverain Pontife, demandent de la dignité, du sérieux et du sacré. Hélas, ces évêques-là demeurent très rares en France... 
En prise depuis des années avec un épiscopat aussi disparate et si peu formé, les catholiques de France ont le sentiment désagréable de devenir schizophrènes à force de devoir sans cesse distinguer entre les enseignements du Successeur de Pierre et les directives de l'évêque local.

 

Pro Liturgia

Il est triste lorsqu’il célèbre des messes sans éclat sur un autel aussi triste que lui et sur lequel brillent deux ou trois bougies tristes. Il chante avec l’assistance « Peuple de Dieu, marche joyeux » ; mais quand il lève les yeux vers la nef, il voit que le peuple n’est pas nombreux, n’est pas joyeux et ne marchera pas très loin vu son âge. Mon curé a l’air triste lorsqu’il rentre chez lui. Je le vois regagner son presbytère avec la mine de celui qui se demande comment il va pouvoir tuer le temps. Oh, de temps en temps il est très occupé : il a des réunions au cours desquelles une poignée de fidèles - souvent des retraité(e)s et des divorcé(e)s qui s’ennuient autant que mon curé - viennent établir le programme de la prochaine messe : qui fera le mot d’accueil ? Que va-t-on chanter à la place du « Gloria », du « Credo » ? Qui va aider à distribuer la communion ? C’est pitoyable.

 

Mon curé a l’air triste quand il regarde autour de lui. Il a la charge de huit clochers et il y a une trentaine d’année, chacune de ces paroisses avait son curé avec, parfois, en plus, un prêtre retraité qui donnait un coup de main. Mon curé a l’air triste quand je le rencontre. Il fait partie de cette génération qui, après le Concile, a tout bazardé en répétant avec ses confrères qu’on allait assister à un grand printemps dans l’Eglise. Le printemps n’est pas arrivé et il se trouve maintenant devant un grand vide. Et il sait que le séminaire diocésain risque fort de fermer ses portes, fautes de nouveaux candidats au sacerdoce. Il est vrai que quand je vois mon curé habillé avec ce mauvais goût qui caractérise certains « vieux garçons », je me demande quel jeune, en le regardant, pourrait avoir envie de consacrer sa vie à Dieu, à l’Eglise. Je sais bien que l’habit ne fait pas le moine ; mais je sais aussi qu’il est demandé à tout jeune qui se rend à un entretien d’embauche de veiller à avoir une présentation correcte, d’avoir un minimum de tenue. Mon curé a l’air triste. Le problème, c’est que mon évêque a l’air presque aussi triste et désabusé que lui. 

 

Pro Liturgia

Certains (trop rares) évêques de France qui aimeraient mettre de l’ordre dans leurs diocèses respectifs doivent manœuvrer avec un clergé disparate et souvent très peu formé sur le plan liturgique, qui va du « brave type » un peu naïf au narcissique en mal de reconnaissance, en passant par l'ex-prêtre ouvrier ou l’esclave de sa passion pour les nouvelles technologies ou les mondanités. On trouve de tout dans un diocèse. De tout sauf... la « forme ordinaire » correctement célébrée et une remise en cause des orientations pastorales mises en œuvre par quelques abbés intouchables s’appuyant sur d’arrogants « laïcs en responsabilité ».

 

 

 

Dans ce contexte difficile, on entend certains évêques déclarer que l’essentiel est d’évangéliser. Bien sûr, mais encore faut-il être crédible ! Dans certains diocèses, la messe est célébrée dans la « forme extraordinaire ». Certains fidèles y vont en tant qu’inconditionnels de cette liturgie. Beaucoup d’autres y vont pour faire plaisir à l’abbé X qui célèbre, ou parce que ça leur rappelle la messe de leur enfance, comme on l’entend souvent dire. Mais partout ailleurs, tout continue comme avant : la forme « ordinaire » est plus ou moins bricolée, travestie, « blessée » - selon l’expression de Mgr Aillet - sans que ces personnes qui fréquentent la forme « extraordinaire » n’y voient le moindre problème. Il arrive d’ailleurs que le prêtre qui célèbre très respectueusement la « forme extraordinaire » prenne beaucoup de liberté avec la « forme ordinaire ». Pourquoi ? Parce qu’en massacrant la « forme ordinaire », il ne passera pas pour le « tradi » du diocèse et pourra dire à ses confrères que s’il a accepté de célèbrer la « forme extraordinaire », c’est uniquement pas obéissance au Père évêque. Subtil, non ? Au royaume des aveugles... etc.

 

Ainsi, tout n’est plus que mascarade, hypocrisie, démagogie et détournement du Motu proprio « Summorum pontificum » désormais utilisé par un certain clergé pour donner l’impression d’appartenir au groupe des « purs » de la « messe en latin ». Tel est ce qui se passe dans bien des diocèses où l’on ne favorise désormais plus qu’une pastorale de la « poudre aux yeux ». Certains disent même de l’esbrouffe.

 

Pro Liturgia

danielangejeunesse.jpg[…] [Face à la violence de l’Islam], « chaque jour, [c’est] l’indifférence diplomatique, si ce n’est un négationnisme politique général dans le reste du monde. Ce semble un sujet tabou dans nos médias (peur de représailles ?), sauf quand l’affaire est trop spectaculaire et que des ONG (Amnesty, Human rights watch, etc.) tirent l’alarme. Et même alors, l’affaire est vite étouffée, oubliée. Que le grand public de pays sécularisés ne s’en inquiète guère, cela s’explique, mais que nous, baptisés, nous nous taisions – alors qu’il s’agit de nos frères de chair et de sang, ceux du Christ - c’est proprement inadmissible. […] Delpart lâche : « En France, les évêques sont muets » (p.17). […] Mais il aurait pu évoquer le black-out total de l’épiscopat français sur la persécution communiste, pendant des années. Devant celle des nazis, quelques grandes voix de l’épiscopat français ont crié, au risque de leur vie, sauvant ainsi l’honneur de l’Église de France. Face à la persécution communiste, combien furent-ils à en avoir le courage, disons simplement le fair-play ? Voici dix ans, j’ai réalisé une étude documentée sur cette « conspiration du silence » dans l’Église catholique en France, en ses instances officielles, face à la persécution communiste dans les pays d’Europe de l’Est (à notre porte !), comme en Asie. Les conclusions sont accablantes, et honteuses pour nous. [...] Il a fallu Jean-Paul II pour nous arracher, avec grand peine, à ce silence assourdissant (cf : son discours aux évêques, à Issy, lors de son premier voyage, et celui de Lourdes, le 15.08.83). Que je sache, pas une parole publique d’un évêque français pendant ces décennies, où s’écrivait le plus terrible des martyrologes de l’histoire de l’Église. Même après les insurrections de Budapest et de Prague. Tant de prêtres et d’évêques là-bas m’ont avoué leur douloureuse déception devant cette cruelle (apparente) indifférence, et leur stupeur scandalisée devant nos flirts avec le parti même qui les torturait en prison, ou les expédiait au goulag. Pas un évêque de chez nous n’a encore eu le courage de leur demander un pardon public.

 

[…] Eh bien ! j’ose poser la question politiquement, ecclésialement très incorrecte : ne recommençons–nous pas, avec la persécution islamique ? Voici quatre ans, un document de la Conférence épiscopale, remarquable par ailleurs, validé par l’Assemblée plénière à Lourdes, abordait tous les aspects du dialogue. Je n’y ai pas trouvé une allusion à cette violence islamique anti-chrétienne. Sans même parler de la question de la réciprocité par rapport aux lieux de culte, ces millions de chrétiens, entre autres libanais et philippins en Arabie Saoudite, ne pouvant disposer d’aucune chapelle, les rarissimes prêtres célébrant en totale clandestinité à leurs risques et périls. Il ne faudrait pas que dans 10 ans, lorsque les faits éclateront au grand jour, ces frères qui donnent leur vie plutôt que de renier leur foi, nous reprochent à leur tour notre indifférence coupable, notre lâcheté, osons le mot : notre couardise. Je voudrais éviter à l’Église de France, cette tache sur son Visage d’épouse du Christ. Que peut donner un dialogue d’intellectuels – ne représentant souvent qu’eux-mêmes, du côté musulman – sans ce minimum de clarté, d’honnêteté, de vérité ? Cette vérité dont Benoît XVI ne cesse de nous dire qu’elle est inséparable de la Charité : caritas con-gaudet veritati. Occulter la vérité, c’est renier la charité. Je pense à Robert Redeker, professeur de philosophie à Toulouse obligé de se cacher parce qu’a été lancée contre lui une fatwa, le menaçant de mort. Cela en France ! Pourquoi ? Parce qu’il a osé avouer dans une tribune du Figaro (17.7.06) que finalement, il préférait le Christianisme à l’Islam. Comment dans le pays dit des droits de l’homme, qui tient à la liberté de pensée, d’expression et de presse, comme à la prunelle de ses yeux, peut-on laisser un tel terrorisme nous paralyser ? J’en tremble pour demain. Vais-je aussi être la cible d’une fatwa, parce que j’ose dire en public que je préfère Jésus à un prophète qui a ordonné des massacres. Et que je préfère l’Église et son exigence de pardon et de respect de la liberté de la femme dans le mariage, à une religion qui ordonne la lapidation des adultères (femmes, bien entendu, jamais les hommes) Pour avoir osé l’insinuer délicatement à des jeunes musulmans, le Père Andréa Santoro a été tué. Pendant des siècles, l’Église s’est battue pour protéger et promouvoir la liberté de la femme, particulièrement quant au mariage, vu comme une condition sine qua non de validité. Comment au moins ne pas soulever la question de son statut en terre d’Islam ?

 

[…] Je me pose souvent cette question : si pendant le dernier demi-siècle, nos pasteurs avaient fait connaître à leur peuple les témoignages bouleversants des nombreux et héroïques martyrs du Christ, leurs contemporains et « compatriotes » européens, la ferveur de nos baptisés n’aurait-elle pas été stimulée, et peut-être ralenti l’effondrement (collapse) si rapide de la Foi en France ? Et plus particulièrement si on avait fait connaître l’héroïsme des pasteurs des courageuses Églises gréco-catholiques préférant prison, tortures et même meurtre plutôt que de se détacher de Rome, de renier Pierre, est-ce qu'une partie de notre clergé et de la soi-disant intelligentsia catholique française auraient osé leurs critiques acerbes du Pape, avec leur complexe anti-romain primaire ? Peut-être auraient-ils fini par comprendre que leur arrogance vis-à-vis de Pierre était la pire des gifles infligée à leurs propres frères catholiques versant leur sang pour leur seule fidélité au Pape. Peut-être... Aujourd’hui encore, quand un martyr du communisme est béatifié (les Stépinac, Apor, les martyrs d’Ukraine, latins et byzantins, Jerzy Popielusszko, etc.), c’est encore un quasi silence d’indifférence chez nous. Alors que ce serait l’occasion de faire briller ces scintillantes étoiles, dans cette ténébreuse période de notre histoire. Et quand les Midzenty, Popieluszko, Ghyka, Hossu, Todea, ceux d’Albanie le seront bientôt, les ferons-nous connaître et aimer ? Je dis tout cela pour éviter de récidiver. Pour conscientiser notre peuple sur cette tragédie atteignant le cœur même de notre Église. En ce moment même. Oui, en notre propre génération. La béatification d’un Andrea Santoro, de Mgr Claverie et des 7 moines de Tibhirine, ouvrira-t-elle enfin nos lèvres et d’abord nos yeux ? » (cf : Article à lire en son intégralité sur France catholique)

MesseLourdes.jpegEn France, l'Eglise se porte mal. On le sait. Même les évêques, d'habitude assez optimistes, le reconnaissent. La pratique dominicale est en chute libre; les vocations sacerdotales sont au plus bas... deux signes qui ne trompent pas.
Reste à savoir pourquoi l'Eglise se porte si mal. 
N'a-t-on pas suivi et accepté les consignes et les orientation pastorales que nous donnaient nos évêques ? Si. Et c'est peut-être de là que vient une bonne partie des problèmes. Petit tour d'horizon de ces orientations épiscopales :
- pour que les fidèles comprennent mieux la liturgie, nos évêques ont demandé que les célébrations soient progressivement débarrassées du latin. Fiasco !
- pour que les fidèles puissent participer davantage à la messe, ils ont veillé à ce que le chant grégorien soit remplacé par des petits refrains. Fiasco !
- pour que les fidèles puissent mieux voir ce qui se faisait à la messe, ils ont généralisé la célébration "face au peuple". Fiasco !
- pour que les prêtres puissent être plus proches des gens, ils ont accepté l'abandon de l'habit ecclésiastique. Fiasco !
- pour que les prêtres soient davantage dans le monde, ils ont encouragé l'engagement social des clercs au détriment de leur engagement spirituel. Fiasco !
- pour relancer les vocations sacerdotales ils ont imaginé des séminaires transformés en colonies de vacances pour adolescents attardés. Fiasco !
- pour affirmer l'autonomie de l'Eglise en France, on a passé sous silence les textes magistériels. Fiasco !
- pour attirer les jeunes, ils ont encouragé les "messes-rock". Fiasco !
- pour inciter les fidèles à prendre eux-mêmes en mains la vie de prière des communautés paroissiales, ils ont mis en place des ADAP. Fiasco !
- pour relancer la pratique, ils ont inventé les "messes anticipées du dimanche". Fiasco !
- pour inciter les fidèles à recevoir le sacrement du Pardon, ils ont largement autorisé les absolutions collectives. Fiasco !
- pour intéresser les jeunes au catéchisme, ils ont édité "Pierres Vivantes" et les parcours catéchétiques. Fiasco !
- pour rendre les messes plus "participatives", ils ont encouragé la création d'équipes d'animation liturgique. Fiasco !

 

Non contents d'avoir essuyé autant d'échecs, nos évêques s'épuisent à présent dans la création de "secteurs paroissiaux", dans la nomination d' "équipes d'animation pastorale", dans l'organisation de "dimanches-où-il-n'y-a-qu'une-messe-pour-tout-le-secteur", de "dimanches a-liturgiques", de "funérailles sans prêtres", dans la fabrications de CD style "boys band façon catho" (1)... Et puis, il y a les derniers "trucs" à la mode qui sont assurés de faire un "flop" de plus : le "dimanche autrement" et la "messe qui prend son temps". On remarquera que le "dimanche qui est un dimanche" et la "messe qui est une messe" sont toujours ignorés de nos pasteurs.
S'il y a crise dans l'Eglise qui est en France, n'est-ce pas parce qu'on a précisément réalisé servilement ce que les états-majors épiscopaux nous demandaient de réaliser, avec la naïve prétention de croire que ce qu'on faisait était nettement plus efficace que ce que le Magistère demandait de faire? Certes, des fidèles ont tiré le signal d'alarme et on attiré l'attention des évêques sur le fait que bien de leurs orientations pastorales s'éloignaient dangereusement des enseignements des Souverains Pontifes; mais à ces fidèles-là, il fut répondu qu'ils n'étaient pas dans "l'esprit du Concile" et qu'il leur fallait choisir entre se soumettre ou se démettre.
Beaucoup ont choisi (mais s'agissait-il vraiment d'un choix ?) de se démettre: à quoi bon discuter avec des pasteurs - évêques, curés - qui ne veulent rien entendre et donnent l'impression de cheminer dans le monde d' "Alice au pays des merveilles" où tout est paradoxal, absurde et bizarre ?
Beaucoup ont donc choisi... de "laisser tomber". Et tandis qu'ils prenaient leurs distances d'avec l'Eglise - ou plus exactement d'avec un certain clergé, mais les deux se confondent souvent - et que, du fait d'un mouvement généralisé, les messes dominicales étaient de plus en plus désertées, ils ont entendu des pasteurs leur dire : "Nos assemblées ont gagné en qualité ce qu'elles ont perdu en nombre." Il fallait oser le dire !


 

Il faut donc bien reconnaître, pour conclure, que si l'Eglise se porte mal en France, c'est en grande partie parce qu'on s'est appliqué pendant des années à mettre en oeuvre des orientations pastorales qui ont poussé les fidèles à progressivement ignorer les véritables enseignements du Concile, tels que les Pontifes romains demandaient de les recevoir. Tels que Benoît XVI, aujourd'hui, nous demande de les mettre en oeuvre. Si ça va mal, c'est bien parce qu'on s'est appliqué à faire très exactement ce que nous demandaient de faire certains de nos évêques, lesquels n'ont jamais tenu compte de ce que disait le pape. Là-dessus, on relira les pages de Mgr Gaidon où il est question du fonctionnement de la Conférence des Evêques de France: c'est éclairant !

 

 

(1) Prudence : La pro-pilule "Soeur Sourire" a connu les

"problèmes" qu'on sait après des années de succès.

Les évêques de France ont autorisé ou encouragé tour à tour :

 

- que les prêtres abandonnent l’habit ecclésiastique pour être "plus proches des gens" ;

- que les messes du dimanche puissent être célébrées le samedi soir pour que les fidèles puissent plus facilement participer à l’Eucharistie dominicale ;

- les « messes des jeunes » avec guitares, batteries, et chants sans rapport avec la liturgie, pour que les adolescents aient plaisir à aller à la messe ;

- que les célébrations liturgiques soient bricolées, improvisées, désacralisées afin qu’elles soient rendues plus « vivantes » pour les fidèles ;

- que des laïcs prennent place dans les sanctuaires pour « animer » les célébrations, dire « bonjour » et « au revoir » au début et à la fin des messes, distribuer systématiquement la communion et dire aux prêtres comment ils devaient (mal)traiter la liturgie de l’Eglise ;

- que les futurs prêtres soient nourris de Küng, Bultmann, « Témoignage Chrétien »... pour qu’ils puissent devenir les acteurs d’une « Eglise autre » et les leaders d’un « peuple en marche » ;

- que les papes puissent être critiqués et leurs déclarations tenues pour nulles, en sorte que les fidèles catholiques de France sachant bien qu’ils sont membre d’une Eglise autocéphale dirigée par un épiscopat qui n’a pas à recevoir d’ordres de Rome.

 

Résultats de cette pastorale mirobolante mise en place par des clercs qui ont longuement réfléchi au cours d’interminables réunions : des églises vides, des enfants décatéchisés, un clergé vieillissant et épuisé (ou désabusé), des séminaires vides et, cette années, moins de 100 ordinations sacerdotales diocésaines. 

On ne soulignera jamais assez l’immense responsabilité qui incombe aux évêques de France dans la crise lefebvriste : s’ils avaient appliqué le Concile - spécialement pour ce qui touche à la liturgie - comme Benoît XVI demande aujourd’hui qu’il soit appliqué et comme l’Eglise a toujours demandé qu’il soit appliqué, il est évident que seule une insignifiante minorité de fidèles seraient allés trouver refuge dans les bras du lefebvrisme. Mais les documents sont accablants pour l’épiscopat français : ils montrent qu’ils ont vivement encouragé les excentricités liturgiques et les catéchèses les plus farfelues, qu’ils n’ont respecté ni la Constitution Sacrosanctum Concilium, ni le Missel romain, forçant ainsi les fidèles qui refusaient de cautionner les excentricités paroissiales à se tourner vers le mouvement initié par Mgr Lefebvre. Aujourd’hui encore, les évêques de France ne disent rien et ne font rien pour que la liturgie de l’Eglise soit partout respectée.

« Il aurait mieux fait de se taire ! » : c'est sous ce titre que le journaliste et vaticaniste Guido Horst nous donne, sur le site de Kathnet, une analyse pertinente des propos tenus par le Cardinal André Vingt-Trois au sujet des rapports entre les évêques de France et le Saint-Père. Les lignes de Guido Horst témoignent de l'image pitoyable que notre épiscopat donne de lui au-delà des frontières de l'Hexagone…

 

 

 

25728.jpegSi le pape avait été un chef d'entreprise, il aurait limogé sans tambour ni trompette son homme de confiance pour la France. Mais comme le Successeur de Pierre n'est pas un chef d'entreprise, qu'il est plutôt un pasteur compatissant qui part à la recherche de chacune de ses brebis, le Cardinal André Vingt-Trois restera certainement archevêque de Paris. Il n'en est pas moins vrai que son intervention, minimisant la portée de l'événement aussitôt après la rencontre de Benoît XVI avec les évêques de France à Lourdes, aura jeté une ombre sur la visite du Pape en France, alors même que dans les médias, Benoît XVI avait incontestablement marqué des points. Le Pape s'était exprimé très clairement devant les évêques. D'une part à propos de la libéralisation de l' "ancienne messe", et des relations avec les traditionalistes, désirant qu'aucun ne devait avoir le sentiment d'être mis à l'écart par l'Eglise. D'autre part, en confirmant la sacralité des liens du mariage et en s'exprimant clairement contre la bénédiction d'unions illégitimes. Comment ne pas s'étonner que suite à de telles paroles, le Cardinal Vingt-Trois, Président de la Conférence épiscopale de France, ait déclaré aux médias que la relation entre le Pape et les évêques ne relève pas d'une « soumission servile », que cela n'a rien à voir avec un chef d'entreprise et ses subordonnés ? « Nous avons accueilli et écouté le Pape comme un frère qui vient conforter la foi de ceux avec qui il travaille et il est en communion » a dit Mgr Vingt-Trois. « Et si nous avons quelque chose à lui dire, nous le disons », a-t-il ajouté. On peut penser à juste titre que l'enthousiasme des pages consacrées hier par les journaux français à la visite du Pape n'aura pas été égratigné par la déclaration du Cardinal Vingt-Trois. Bien que dans "Le Parisien" on ait pu trouver l'opinion selon laquelle les évêques français n'ont pas vraiment applaudi aux paroles du Pape lorsque celui-ci a réaffirmé la position romaine dans les questions concernant le remariage des divorcés et la messe sous sa forme extraordinaire. Les médias français ont montré une grande sympathie à l'égard de leur hôte allemand. Chez les évêques, au contraire, ce ne fut pas que de l'enthousiasme. Mgr Vingt-Trois tiendrait-il encore un peu de gallicanisme caché dans les plis de sa soutane rouge-sang de Cardinal, dont la couleur symbolise la Vérité de la Foi qu'il convient de défendre fut-ce au prix de son sang ? Le Président de la Conférence épiscopale française a pour le moins éveillé le sentiment qu'il se voit comme le porte-parole d'une église autocéphale, c'est-à-dire indépendante de Rome. Tout d'un coup il est devenu clair, au milieu d'un séjour par ailleurs réussi en France, que les voyages du Pape ne sont pas, même pour Benoît XVI, qu'un bain de foules en jubilation. Ce que le Pape avait déjà dit du chemin qui restait à parcourir à l'Eglise de France, il l'a répété devant les évêques : il faudra trouver une nouvelle voie, pour que soient exprimées, et vécues au quotidien, les valeurs chrétiennes fondamentales sur lesquelles est construite l'identité de la nation. Le président Sarkozy avait laissé entrevoir cette possibilité. Et le Pape avait affirmé qu'alors on verrait progressivement disparaître les conditions politiques et sociétales permettant l'expression d'anciens sentiments de méfiance, voire d'animosité. L'Eglise ne revendique pas pour elle-même la place de l'Etat, elle ne veut pas se mettre à la place de l'Etat. Pourtant, et Benoît XVI l'avait déjà fait remarquer dans son discours au Palais de l'Elysée, il est devenu plus que nécessaire de lancer une nouvelle réflexion sur le vrai sens et l'importance d'une « laïcité ouverte » sur laquelle le Président Sarkozy avait déjà ouvert le débat lors de son voyage à Rome fin 2007. Pour le Pape, deux choses sont fondamentales : « d'une part, d'insister sur la distinction entre le politique et le religieux, afin de garantir aussi bien la liberté religieuse des citoyens que la responsabilité de l'Etat envers eux, et d'autre part, de prendre une conscience plus claire de la fonction irremplaçable de la religion pour la formation des consciences et de la contribution qu'elle peut apporter, avec d'autres instances, à la création d'un consensus éthique fondamental dans la société ».

Benoît XVI garde toujours l'espoir d'une renaissance possible en Europe d'une culture imprégnée de l'idée chrétienne. Que les mots qu'il avait prononcés, juste avant son élection au trône de Pierre soient repris au vol : ne plus vivre « comme si Dieu n'existait pas », mais adopter la maxime inverse : « vivez comme si Dieu existait ! Vous n'aurez jamais à le regretter » Au Collège des Bernardins devant les représentants du monde de la culture, le Pape dit on ne peut plus clairement que le non-sens, le nihilisme, le manque d'orientation et le relativisme de toutes les valeurs ne peuvent mener qu'à la destruction de toute humanité. La France, dont les racines et les traditions sont chrétiennes, n'est plus aujourd'hui un pays catholique. Mais l'Eglise y vit en liberté, et si elle était unie, elle pourrait témoigner en faveur des valeurs chrétiennes. Unie en elle-même, et unie avec le Pape à Rome. C'est bien pour cela que les propos du Cardinal Vingt-Trois ont suscité tant d'irritation. Comme s'ils posaient un point d'interrogation derrière ces mots : union avec le Pape ? Union avec les traditionalistes que Benoît XVI aimerait reconquérir pour l'Eglise ? Le Cardinal-archevêque de Paris aurait mieux fait de se taire.

 

Pro Liturgia

Nous avons aujourd’hui dans nos paroisses (et nos évêchés) des prêtres qui ont été « formés » dans les séminaires diocésains des années 1970-80. On les comprend mieux si l’on sait en quoi consistait alors cette « formation ». Pour le savoir, il est conseillé de lire le livre de Patrick Chalmel : « Ecône ou Rome : le choix de Pierre » (éd. Fayard, 1990). On y apprend ce que vivait et était obligé d’accepter, dans les séminaires de France, un jeune qui souhaitait être prêtre. Il était, entre autres choses, vivement déconseillé (car on n’interdisait jamais) :

 

- de fréquenter une paroisse dont le curé était jugé trop « conservateur »,

- de prier le chapelet,

- de faire un moment d’adoration devant le Saint-Sacrement,

- de faire allusion à l’autorité du Souverain Pontife,

- de respecter la liturgie,

- de fréquenter certaines abbayes comme Solesmes, Kergonan, Fontgombault,

- de se dire ouvert à la liturgie latine et grégorienne,

- de vouloir l’application des textes de Vatican II...

 

N’ont pu rester dans les séminaires et être ordonnés prêtres que des jeunes qui suivaient aveuglément les courants les plus « progressistes » présentés comme les bases d’un véritable renouveau de l’Eglise. Ces jeunes « à l’esprit faible » - comme l’a reconnu Mgr Gaidon - ont été soumis durant plusieurs années à un véritable « formatage de cerveau » qui les a rendus incapables de comprendre que la foi de l’Eglise n’est pas faite de la somme des bons sentiments des fidèles, que la liturgie n’est pas un « show », que le Concile n’est pas le « para-concile » des théologiens... On ne peut donc pas espérer que ces prêtres qui sont aujourd’hui nos curés, nos évêques, puissent comprendre l’Eglise autrement qu’avec les grilles de lecture erronées qu’on leur a données.

Messeigneurs,


Vous le savez : la majorité des prêtres qui sont sous votre responsabilité sabotent la liturgie. Ce faisant, ils ne célèbrent plus la foi de l’Eglise ; ce faisant ils conduisent les fidèles dans l’erreur. Et vous, Evêques, qui prétendez être dans la ligne de Vatican II, vous savez cela et vous ne dites rien ; vous observez ces choses et vous ne faites rien. Pire : vous les cautionnez par vos silences et par les mauvais exemples que vous donnez vous-mêmes lorsque vous célébrez la liturgie en vous prêtant de bon cœur à toutes les fantaisies qu’introduisent dans le culte divin les membres des « équipes liturgiques » par vous nommés. Messeigneurs, il est clair que vous tournez le dos autant aux enseignements du Concile qu’à ceux du Pape : la meilleure preuve, c’est que vous ne diffusez et n’appliquez ni les uns ni les autres.

 

Vos séminaires sont vides : ça vous est égal. Vos églises sont vides : ça vous est tout autant égal. Vous vous consolez et essayez de donner le change en créant à la pelle des « équipes d’animation pastorale » et des « regroupements de paroisses » que vous officialisez à coups de célébrations dites « festives ». Soyons clairs : vous invitez des fidèles devenus d’une incroyable naïveté - vos « groupies » - à fêter l’échec de vos projets pastoraux successifs et l’effondrement du tissu ecclésial. Vous faillez à votre mission pastorale, ce qui a pour conséquence immédiate de culpabiliser les fidèles qui aimeraient pouvoir vivre et célébrer leur foi catholique de façon sereine et épanouissante.

 

Messeigneurs, il faut désormais que vous sachiez que tant que vous ne donnerez pas des preuves éclatantes que vous êtes dans la ligne tracée par le Souverain Pontife, tant que vous ne corrigerez pas les ignominies liturgiques sur fonds de petites voix mièvres qui fleurissent un peu partout dans les églises paroissiales, tant que vous ne rappellerez pas à l’ordre les prêtres mal fagotés qui ne respectent pas la liturgie de l’Eglise et que, dans le même temps, vous n’encouragerez pas ceux qui mettent fidèlement et dignement en œuvre le Missel romain, les fidèles seront libérés de l’obligation de vous écouter et de vous suivre. Il en va de la survie du catholicisme dans nos paroisses ; il en va de l’obligation de surmonter par tous les moyens une crise au sujet de laquelle le Cardinal Ratzinger nous disait qu’elle était profonde et grave dans tous les diocèses de France.

 

Pro Liturgia

Certaines personnes - au nombre desquelles des "catholiques" - se disent choquées par les décisions prises et les propos tenus par le pape Benoît XVI. Or ce qui aurait dû choquer, ce ne sont pas les propos du Saint-Père mais bien les positions timorées de l'épiscopat français face aux attaques dirigées contre l'Eglise et contre le Successeur de Pierre. Car tout le monde peut le constater : pas un seul évêque n'est monté franchement aux créneaux ! Pas un seul n'a exigé des médias qu'ils publient l'intégralité de ce qu'à dit Benoît XVI et non un passage auquel on a fait dire n'importe quoi ! Pas un seul évêque n'a eu des arguments forts à opposer à ceux qui dénigrent l'Eglise en passant sciemment sous silence ce qu'elle fait dans les écoles, les dispensaires, les hôpitaux... On a attendu une déclaration commune des évêques pour soutenir le pape. En vain. Il n'y a pas si longtemps, nos évêques aimaient à répéter qu' "il faut oser une parole forte". On se demande aujourd'hui ce qu'ils attendent pour se mouiller en osant eux-mêmes cette "parole forte" qui aille à contre-courant de la désinformation orchestrée par les médias. Oh, il y a bien eu quelques déclarations par-ci par-là; elles furent timides, comme gênées. Aucune affirmation massive pour dire : "Nous, évêques de France, nous sommes avec le pape et nous faisons nôtres ses déclarations." Certes, il arrive que nos évêques fassent de belles déclarations. Elles sont généralement consensuelles et leurs auteurs ne risquent guère d'essuyer des critiques. Mais dès qu'il s'agit de faire bloc autour du Saint-Père, d'expliquer ses propos, de dénoncer les professionnels de la désinformation ... alors là, on ne trouve plus grand monde. Aujourd'hui, le Saint-Père est surtout défendu par des fidèles laïcs s'exprimant sur des blogs et des sites indépendants où l'on ne s'encombre pas de la bien-pensance des ecclésiastiques néo-gallicans. En paraphrasant André Frossard, disons qu'un tel silence épiscopal relève d'un christianisme poltron que seule une compréhensible retenue de style empêche de qualifier de foireux. En France, ce christianisme-là semble être devenu notre lot : nous sommes priés de nous en satisfaire en nous tenant à l'écoute, en cheminant, en bêlant avec la masse, en nous laissant interpeller, sans jamais laisser entendre que l'Eglise pourrait détenir une vérité quelconque... (Cf. Défense du pape, éd. Fayard)

 

Pro Liturgia

Il serait grand temps de reconnaître que le « traditionalisme lefebvriste » est en quelque sorte l’enfant naturel des évêques, en tout premier lieu ceux de France, qui se sont employés et s’emploient aujourd’hui encore à ignorer et déformer systématiquement les enseignements du concile Vatican II. Au lendemain du Concile, beaucoup de fidèles qui avaient accepté le concile Vatican II et la liturgie restaurée qu’il avait initié sont allés grossir les rangs du « mouvement lefebvriste » parce qu’on leur imposait des déformations de la messe à la limite du supportable (Cf. Benoît XVI, Lettre aux évêques accompagnant le Motu proprio Summorum pontificum.) Il faut avoir vécu à cette période pour savoir ce que les fidèles qui voulaient que les enseignements de Vatican II soient appliqués sans déformations arbitraires ont dû subir et essuyer comme sarcasmes de la part d’un clergé qui n’avait que le mot « Concile » à la bouche, ou plutôt qui n’avait aux lèvres que l’expression « esprit du Concile » ! Des évêques, des prêtres, ont carrément évincé les fidèles qui demandaient que, au cours des messes paroissiales, la liturgie voulue par le Concile ne soit pas remplacée par les fantaisies des curés ou de leurs vicaires. De tous les diocèses de France, des centaines de lettres ont alors été envoyés aux évêques pour leur signaler ce qui se passait dans les paroisses : pas un seul d’entre eux n’a répondu. Pas un seul ! Au contraire : celui qui écrivait à son évêque était fiché avant d’être présumé... « lefebvriste ». C’est ainsi que des organistes, des maîtres de chœurs, des séminaristes, des prêtres mêmes... ont été proprement marginalisés, puis éliminés pour être remplacés par des fidèles déjà gagnés aux idées les plus progressistes ("Signes d'Aujourd'hui", ACO, CCFD, "Témoignage Chrétien", "La vie"... etc.) et souvent même les moins catholiques. Et il ne faudrait surtout pas imaginer qu’il s’agit là de faits qui remontent au passé : ils sont encore d’actualité, et plus souvent qu’on ne le croit ! Nul ne peut aujourd’hui nier que c’est bien la pastorale mise en place par nos évêques aussitôt après Vatican II qui venue conforter le mouvement lancé par Mgr Lefebvre qui, initialement n’avait pas pour objet de s’opposer au Concile mais de s’opposer à ceux qui en brandissaient les textes pour s’opposer à son enseignement.

 

Voilà un aspect de l’histoire post-conciliaire qu’il faut connaître si l’on veut mieux juger du « lefebvrisme » et des problèmes qu’il pose aujourd’hui. Mais cette histoire est bien connue du pape Benoît XVI : non seulement il l’a vécue lui-même - il l’a dit - mais en plus, du temps où il était Préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, il a été tenu très régulièrement informé de ce que les fidèles subissaient dans leurs diocèses, dans leurs paroisses. C’est probablement ce qui l’a poussé à reconnaître qu’en France la crise, qui n’est pas que « lefebvriste », était profonde et qu’elle mettrait beaucoup de temps à se résorber.

 

Pro Liturgia

hippycatholicism« Tout prit feu en quelques heures en ce printemps qui invitait déjà aux vacances. La révolte des étudiants grondait en Allemagne et aux Etats-Unis et les échos de leurs revendications agitaient les esprits à Strasbourg et Nanterre. Bientôt le Paris de la Sorbonne se mit de la partie, sous les bannières réunies de Marx et Mao dont le petit livre rouge faisait fureur depuis quelques mois. Le mois de mai s'embrasait et la fièvre contestataire gagnait tout le pays, très spécialement dans le monde des étudiants et collégiens. Je ne m'étends pas sur des événements qui ont défrayé la chronique et qui appartiennent à la mythologie de la France révolutionnaire. La province ne fut pas en reste : les facultés se transformèrent en forums politiques ivres de discours utopiques et de rêves éveillés. Les adultes paniqués à l'idée de manquer le train de la modernité, se ruèrent à ces assemblées pour y faire acte de repentance au souvenir de leurs positions réactionnaires en matière de morale et de politique. Je fus étonné de constater combien il est difficile de résister à des courants idéologiques d'une telle ampleur; combien aussi il semble héroïque de tenir la barre à contre-courant de flots impétueux qui emportent tout sur leur passage. Pêle-mêle les flots vont charriant idées, images et cris : le tout sur fond de sciences humaines et de slogans libertaires. "Les maîtres du soupçon" occupent le terrain et leurs ouvrages font la une des titres à la mode. Marx, Freud et Nietzsche : trinité devant laquelle chacun s'incline avec la dévotion des néophytes. Ces trois-là régneront longtemps dans les esprits et deviendront point de passage obligé, sinon uniques, pour les étudiants soucieux d'initiation philosophique... Y compris dans les séminaires ! »

 

(…)

 

« Je demeure fasciné et apeuré par ce qui se déroule et qui nous parvient par le canal des médias. J'entends les discours hallucinés des "révolutionnaires en peau de lapin" qui pérorent dans la cour de la Sorbonne sous le portrait géant des dieux de l'heure. Je constate la fragilité du clergé prêt à épouser des causes généreuses mais minées de l'intérieur par des courants issus de l'athéisme, voire du nihilisme. Je rejette de toute mon âme cette propagande qui impose la figure christique de Che Guevara et précipite toute une jeunesse dans une prétendue "liberté sexuelle" qui nous coûtera cher. (...) J'ai eu souvent l'occasion de citer un petit livre rédigé à la hâte mais qui a le mérite d'expliquer très bien comment "casser la baraque". Ce manifeste du parfait maoïste ecclésial (c'est ainsi que je l'ai intitulé) indique la recette à suivre : appliquer l'onde de choc destructive sur l'axe sacramentel de l'Eglise, très spécialement sur le sacrement de l'ordre et, pour cela, contester vigoureusement le célibat sacerdotal. La recette sera appliquée avec soin ! (...) Et déjà s'amorçait le départ de ceux qui quittaient "le bateau ivre". La presse accueillait leur témoignage; la télévision leur ouvrait ses studios. Le peuple des fidèles écarquillait les yeux, et en silence, vivait la honte et le scandale de ce raz de marée inattendu. On n'a pas assez mesuré le redoutable impact de ces attitudes dites "prophétiques" sur le peuple de Dieu. Une des causes importantes de la crise des vocations dont nous ne sommes pas sortis, près de quarante ans plus tard ».

 

Extrait d’ « un Evêque français entre crise et renouveau de l'Eglise »,

par Mgr Maurice Gaidon - Editions de l'Emmanuel - Année 2007

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