L’homélie prononcée par le Pape Benoît XVI, le samedi 12 septembre, dans la Basilique Saint-Pierre, à l’occasion de la consécration épiscopale de cinq Evêques, a suscité un grand écho. Un écho injustifié sous certains aspects, mais plausible pour d’autres. Il est toujours nécessaire de se souvenir que, lorsque Pierre parle, il s’adresse à toute l’Eglise, et que son Magistère a constamment un caractère universel, lié à la responsabilité personnelle du Pape ; et il est donc impropre d’attribuer, à telle ou telle intervention, des références spécifiques à des situations ou à des personnes, ou pire encore, à des réalités politiques mondaines. Malheureusement, l’information publique tend, pour des raisons de chronique, à faire ces passages, en attribuant fréquemment, une volonté d’intention dirigée vers des discours généraux.

 

 

 

Une autre donnée d’un certain intérêt est la réaction des moyens d’informations à certaines affirmations que le Saint-Père, dans une homélie ample et de grande importance théologique, a faites, comme si elles étaient des « révélations extraordinaires », jamais connues auparavant par quelqu’un. Le Pape Benoît XVI a déclaré : « La fidélité est un altruisme, et précisément ainsi, elle est libératrice pour le ministre lui-même et pour tous ceux qui lui sont confiés. Nous savons comment les choses dans la société civile et, fréquemment aussi dans l’Eglise, souffrent du fait que nombre de ceux auxquels une responsabilité a été confiée, travaillent pour eux-mêmes et non pas pour la communauté, pour le bien commun. Le Seigneur trace en peu de lignes une image du mauvais serviteur qui se met à faire la fête et à frapper ceux qui dépendent de lui, en trahissant ainsi l’essence de sa charge. En grec, la parole qui indique la ‘fidélité » coïncide avec la parole qui indique la foi ». La plus grande partie des journaux s’est arrêtée sur cet aspect, en négligeant le fait que, c’est la société civile qui avait été mise à la première place, et donc, s’il y a eu un rappel, il faut vraiment le comprendre comme s’adressant à tous ceux qui sont investis de responsabilités dans chaque domaine. Ensuite, deux indications concernant l’Eglise manifestent un courage extraordinaire et prophétique : « fréquemment », et « nombreux ». Etant donné que l’adjectif « nombreux » se réfère à la société civile mais aussi à l’Eglise, le « fréquemment », est, sans l’ombre d’un doute, un jugement clair et sans équivoque, un vibrant appel du Pasteur de l’Eglise Universelle à la conversion pour tous ceux qui ont été investis de responsabilités dans l’Eglise, et en particulier pour les successeurs des Apôtres. Et c’est une chose tout à fait naturelle et humaine qu’un Père rappelle à l’ordre ses propres enfants, c’est un signe de l’amour et de la charité miséricordieuse envers eux. Une certaine reconnaissance « d’imperfection » au sein de la hiérarchie catholique pourrait étonner, et, de fait, cela a fait sensation, mais, pour un Pontife qui, en des temps non suspects, a publiquement dénoncé la « saleté qui se trouve au sein de l’Eglise » (Chemin de Croix au Colisée, en 2005), cela ne devrait absolument ni surprendre ni étonner. Le fait est que, exercer le ministère, mais aussi n’importe quelle responsabilité publique civile, en se servant des autres, au lieu de servir ses frères, rend malheureux avant tout ceux qui sont responsables de cette attitude. En termes psycho-anthropologiques ou en termes évangéliques, nous savons tous très bien comment l’égoïsme et le mal étouffent progressivement ceux en vivent, et, du reste, celui qui a encore besoin de servir du pouvoir pour s’affirmer lui-même, c’est parce qu’il n’a pas une idée claire que l’expérience « d’être confirmé par Dieu », confirmé et saisi par ce Mystère Bon qui fait toutes les choses, c’est seulement cela qui fait les Pasteur. La véritable préoccupation, à la limite, pourrait être d’avoir des personnes établies dans des responsabilités, mais qui sont encore incertaines de l’Amour gratuit de Dieu, au point de devoir chercher des gratifications et des justifications humaines, probablement trop humaines, en croyant de manière illusoire qu’ils trouveront une réponse à leur propre besoin existentiel. La vraie liberté, en revanche, n’a pas de prix ! Celle qui naît de la certitude joyeuse d’avoir en Dieu seul sa propre référence et la véritable garantie de sa propre réalisation : dans l’accomplissement humble et fidèle de Sa Volonté, l’homme se trouve lui-même, et découvre un équilibre inespéré, qui devient capacité d’un don réel gratuit, en surmontant, avec l’aide de la grâce tout égoïsme humain. Prions ensemble le Maître le la Moisson, pour qu’il nous donne des « Pasteurs selon Son Cœur », des contemplatifs de la Miséricorde Divine, et qui possèdent ainsi un grand équilibre intérieur et public.

 

Fides

« … A l’origine du fait d’être chrétien, il n’y a pas une décision éthique » (Deus Caritas Est, n° 1). Le résultat moral, pour important qu’il soit, ne peut être l’unique mesure de la Vérité. Parce que l’Eglise est habitée par la Puissance de l’Esprit, on ne peut rien contre elle, pas même la fragilité des chrétiens. Les Apôtres eux-mêmes dans leur attitude, n’ont pas été irréprochables : que l’on pense au moment de l’arrestation de Jésus. Sommes-nous différents d’eux ? Certes, il y a deux mille ans d’expérience, qui rendent moins justifiables certains comportements humains ; toutefois « le cœur est toujours nouveau, et doit toujours être rééduqué, à chaque génération ». L’Esprit, descendu à la Pentecôte, garantit l’indéfectibilité de l’Eglise et rend possible la Présence de Jésus-Christ, qui « brûle », mais ne consume pas. Il faut toujours se souvenir d’un paradoxe évangélique fascinant : la force de l’Eglise, la force de chaque vrai chrétien, atteint sa plus grande efficacité dans la faiblesse. Donnons un exemple : une certaine critique biblique, qui a cherché de « démythologiser » l’Ancien Testament, n’a pas conduit souvent à une foi plus authentique, mais à des attitudes d’orgueil réel et dangereux : on en est arrivés à penser que les témoins oculaires, et ceux qui ont écrit le Nouveau Testament, sur la base de témoignages directs, avaient seulement « projeté » leur personnalité sur les événements du Christ : ainsi, est né le Christ de la foi, séparé de manière inexplicable et illogique du Christ de l’histoire. Nous pourrions nous demander : « Ne pourrait-il s’être produit que les exégètes modernes aient projeté leur scepticisme, leur style et leur attitude sur les gens du I° siècle ? » (M.D.O’Brien, Il Nemico, Cinisello Balsamo 2006, pp. 175-176; 308). C’est dans ce contexte de faiblesse qu’a fleuri la force du récent Magistère des deux derniers Pontifes. Seule l’invocation au Saint-Esprit, de la part de nombreuses âmes qui prient et jeûnent pour la victoire contre les esprits ennemis, est le remède à de tels « désorientations ». L’Eglise reçoit la grâce – c’est là la parole et la réalité beaucoup trop oubliée – d’écouter et d’obéir à tout ce que Dieu demande. Un don, non pas une force ou une sagesse humaines. Il faut accepter d’être humbles et faibles, mendiants, et Celui qui a créé l’univers remplit de force. Il est nécessaire que chaque rapport, chaque amitié soit « à trois » : deux, plus la conservation de la Vérité elle-même du rapport qu’est le Christ. Autrement, c’est la mort de l’Amour.

 

Dans l’Eglise, il faut seulement désirer être saints, en arrivant à dépasser radicalement des attitudes en se déclarant comme « conservateur » ou « progressiste ». En outre, après l’amour pour le Christ, il faut mettre l’obéissance au-dessus de toute autre chose, car elle est inséparable de l’amour sincère. Depuis toujours, le danger tenaille l’Eglise Universelle qui, comme la Vierge Marie, est atteinte au talon par Satan, l’Ennemi. Mais elle survivra à tout, parce que le Christ, la Lumière du Monde est avec elle et l’assimile à Lui. Seul le Christ est l’Etoile du Matin qui ne connaît pas de coucher, et l’Eglise doit se réfléchir en Lui qui est Lumen Gentium, comme le déclare le Concile Vatican II dans la Constitution qui porte ce nom.

 

Fides

En ce début de l’Année Sacerdotale qui a commencé le 19 juin à Saint-Pierre, le Pape Benoît XVI, avec l’affection pour la Vérité et le calme qui lui sont propres, indique plusieurs « foyers » autour desquels doit se concentrer l’attention des prêtres et de la doctrine. Les interventions qui présentent un intérêt particulier, et qu’il faudrait reprendre pour entrer dans l’esprit authentique de l’Année Sacerdotale (outre la Proclamation remontant à l’Allocution faite à la Plénière du Clergé, le 16 mars 2000) sont notamment la très belle Lettre aux Prêtres, émouvante par son esprit, par sa foi et par sa beauté, ainsi que par l’affection extraordinaire pour l’Eglise qui s’y manifeste, l’Homélie durant les Vêpres du 19 juin, et les deux Catéchèses lors des deux Audiences générales hebdomadaires du 24 juin et du 1° juillet. En cette époque de l’année, pendant laquelle il sera possible à beaucoup de consacrer quelques jours au repos, il serait intéressant d’approfondir, au moins, la lecture de ces textes, pour comprendre ce à quoi nous sommes invités par le Successeur de Pierre, et où Son regard est tourné, de manière à pouvoir, nous aussi « regarder là où Il regarde ».

 

 

 

Pour aider notre lecture, deux points sont à souligner, qui sont d’une extraordinaire actualité et efficacité. La première concerne l’identification du Prêtre avec son propre ministère : en un temps où il semble devoir « succomber » à la « frénésie pastorale » qui touche souvent l’action des prêtres, il nous est proposé comme modèle Saint Jean-Marie Vianney, le Curé d’Ars, qui s’identifia totalement avec son propre ministère, en ne le vivant jamais comme une « soustraction » à soi-même, mais comme « l’autel du sacrifice de soi », c’est-à-dire le lieu de l’offrande de sa propre vie au Christ, dans une obéissance humble aux circonstances que le Seigneur lui-même permet pour notre sanctification. C’est la vie de l’homme nouveau qui, ayant tout abandonné pour la perle qu’il a trouvée, oublie le passé, tout tendu vers l’avenir, dans la joyeuse espérance, qui est une certitude, que le Seigneur réalisera ce qui fait partie de sa vie humaine, dans la mesure où la liberté adhérera totalement, et renouvellera le « oui » du premier instant. Toute la promesse de Dieu à l’homme, et toute la fécondité du ministère sacerdotal est en effet contenue dans le premier « oui » ! Le Magistère souligne aussi un autre point en ce début de l’Année Sacerdotale : c’est la correction que, de fait, le Saint-Père voudrait suggérer, à l’opposition « théologico-pastorale » entre sacerdoce compris au sens ontologique, et service interprété au sens de fonction. On retrouve de nombreuses fois, dans les différentes interventions pontificales, la terminologie classique de « configuration ontologique » au Christ. Il semble que nous entendons des Vérités de Foi trop souvent oubliées et négligées dans les récents traités sur les Sacrements, ou, comme cela se passe souvent, de traités sur l’Ecclésiologie ; comme si l’Ordre Sacré n’était pas un Sacrement, parmi les Sept, mais un « super-ministère » au sein d’une Eglise « toute ministérielle ». Si tout est grâce, rien n’est grâce, et si tout est « ministère », rien n’est ministère. La perspective ontologique, a rappelé le Pape Benoît XVI, n’exclut certainement pas celle du service, mais elle en indique objectivement la cause : le Prêtre est radicalement au service des hommes, parce qu’il est au service de Dieu, et c’est ce « changement ontologique » qui concerne donc l’être du ministre, qui garantit l’efficacité de son action, la fécondité de son ministère, et, donnée qui n’est pas indifférente, la réalisation humaine, si elle est accueillie avec docilité, acceptée en pleine connaissance de cause et, dans l’humilité de celui qui sait qu’il doit conserver un trésor qui lui a été confié, défendue avec fierté. En cette période estivale, mettons-nous à l’écoute attentive du Magistère du Pape Benoît XVI, qui regarde loi, et qui nous invite, dans la simplicité, à regarder avec lui vers le Christ.

 

Fides

Extrait de l’Audience Générale du 5 août 2009 :

  


« Dans la France post-révolutionnaire qui faisait l'expérience d'une sorte de "dictature du rationalisme" visant à effacer la présence même des prêtres et de l'Eglise dans la société, il vécut [Le Curé d’Ars, NDLR], d'abord - pendant sa jeunesse - une clandestinité héroïque en parcourant des kilomètres dans la nuit pour participer à la Messe. Puis - comme prêtre - il se distingua par une créativité pastorale singulière et féconde, en mesure de montrer que le rationalisme, qui régnait alors sans partage, était en réalité loin de satisfaire les authentiques besoins de l'homme et qui, en définitive, n'était pas vivable. Chers frères et soeurs, à 150 ans de la mort du Saint Curé d'Ars, les défis de la société d'aujourd'hui ne sont pas moins difficiles, ils sont même devenus peut-être plus complexes. Si à l'époque régnait la "dictature du rationalisme", à l'époque actuelle, on note dans de nombreux milieux, une sorte de "dictature du relativisme". Elles apparaissent toutes deux comme des réponses inadaptées au juste besoin de l'homme d'utiliser pleinement sa propre raison comme élément distinctif et constitutif de son identité. Le rationalisme fut inadapté parce qu'il ne tint pas compte des limites humaines et prétendit élever la seule raison comme mesure de toute chose, en la transformant en déesse; le relativisme contemporain mortifie la raison, parce que, de fait, il en vient à affirmer que l'être humain ne peut rien connaître avec certitude au-delà du domaine scientifique positif. Mais aujourd'hui, comme alors, l'homme "assoiffé de signification et d'accomplissement" va à la recherche constante de réponses exhaustives aux questions de fond qu'il ne cesse de se poser. Les Pères du Concile oecuménique Vatican II avaient bien présents à l'esprit cette "soif de vérité" qui brûle dans le coeur de tout homme, lorsqu'ils affirmèrent que c'est aux prêtres, "comme éducateurs de la foi", qu'il revient de former "une authentique communauté chrétienne" capable de "frayer la route à tous les hommes vers le Christ" et d'exercer "une véritable maternité" à leur égard, en indiquant ou en facilitant à celui qui ne croit pas "un chemin vers le Christ et son Eglise" et "pour réveiller les fidèles, les nourrir, leur donner des forces pour le combat spirituel" (cf. Presbyterorum ordinis, n. 6). L'enseignement que continue de nous transmettre le Saint Curé d'Ars à cet égard est que, à la base de cet engagement pastoral, le prêtre doit placer une union personnelle intime avec le Christ, qu'il faut cultiver et accroître jour après jour. C'est seulement s'il est amoureux du Christ que le prêtre pourra enseigner à tous cette union, cette amitié intime avec le divin Maître, qu'il pourra toucher les coeurs des personnes et les ouvrir à l'amour miséricordieux du Seigneur. C'est seulement ainsi, par conséquent, qu'il pourra transmettre enthousiasme et vitalité spirituelle aux communautés que le Seigneur lui confie ».

Le Saint Curé d’Ars témoigne :

 

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« Mes enfants, un bon prêtre avait eu le malheur de perdre un ami qu'il chérissait tendrement, aussi
priait-il beaucoup pour le repos de son âme. 
Un jour, Dieu lui fit connaître qu'il était au Purgatoire et qu'il souffrait horriblement.
 Ce saint prêtre ne crut rien faire de mieux que d'offrir le Saint-Sacrifice de la Messe pour son cher défunt. Au moment de la consécration, il prit l'hostie entre ses doigts et dit : « Père Saint et Eternel, 
faisons un échange ; Vous tenez l'âme de mon ami qui est en Purgatoire et moi je tiens le Corps de 
Votre fils qui est entre mes mains. Père Bon et Miséricordieux, délivrez mon ami et je Vous offre Votre 
fils avec tous les mérites de Sa Mort et de Sa Passion ». Sa demande fut exaucée. En effet, au moment de l'élévation, il vit l'âme de son ami, toute 
rayonnante de gloire, qui montait au Ciel : Dieu avait accepté l'échange. 
Mes enfants, quand nous voulons délivrer du Purgatoire une âme qui nous est chère, faisons de
même. Offrons à Dieu, par le Saint-Sacrifice, Son Bien-Aimé Fils, avec tous les mérites de Sa Mort et 
de Sa Passion. Il ne pourra rien nous refuser » (Catéchisme du Saint Curé d'Ars).

 

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Prions pour les âmes délaissées et abandonnées du purgatoire. sur Hozana

cardinalsiri« J'attire votre attention sur un problème qui est en train de devenir de la plus grande importance : celui de l'habit ecclésiastique. (…) L'habit ecclésiastique normal est uniquement la soutane. Ainsi en a décidé la Conférence Épiscopale Italienne (CEI) en mars 1966. Il est simplement permis d'utiliser le « clergyman » avec de fortes restrictions : pas pour l'exercice du ministère, ni pour l'administration des Sacrements et des Sacramentaux, ni pour la célébration de la Sainte Messe, ni pour la prédication, ni pour le catéchisme. Cette disposition de la CEI est complétée par les indications que le décret cité donne pour le clergyman : noir ou gris foncé avec le col romain. Ce col devient l'élément le plus qualifiant de l'habit "toléré". (…) Par la grâce de Dieu, dans notre diocèse, hors quelques originaux, l'énorme majorité du clergé utilise seulement la soutane et le nombre de ceux qui utilisent le clergyman est très réduit. (…) [Il faut savoir] que l'habit conditionne fortement et souvent forge la psychologie de qui le porte. L'habillement est la première des choses qui se voit. Il rappelle l'appartenance, le décorum, l'esprit de corps, la dignité ! Et il le fait de façon continue. Il crée des limites à l'action, il rappelle constamment ces limites, il maintient la barrière de la pudeur, de la renommée, du devoir, de la résonance publique, des conséquences de nos actes et de leur interprétation. Il oblige à y réfléchir, à se contenir, à être en consonance avec l'environnement auquel l'habit nous oblige. Il a la capacité de donner, pour notre sauvegarde, une force qui sans lui n'existerait pas autant; il réussit à empêcher que l'on outrepasse certains seuils. 

 

(…) Il arrive ailleurs qu'à Gênes où le cas est rarissime sinon unique que l'on commence à enlever le col romain du clergyman, c'est à dire l'unique élément "signifiant" du costume ! Certains ont déjà adopté en violation du Décret de la CEI l'habit gris clair. Finalement nous en arriverons au costume bourgeois sans aucun signe distinctif. De façon analogue, on en arrive dans certaines villes, par l'absence de cette barrière, à des divertissements interdits par le Code de Droit Canon, aux night clubs, aux maisons mal famées et pis encore... Tout cela à cause de l'habit "trahi". (…) La soutane reste l'habit ecclésiastique normal, ce qui signifie que le clergyman n'est pas l'habit normal. (…) Il est franchement clair que le clergyman reste une concession tolérée et non pas une solution désirée. En conclusion, si la Loi admet le clergyman, il ne représente pas la solution idéale; et celui qui entend garder l'intègre esprit ecclésiastique doit garder sa soutane. La défense de la soutane c'est la défense de la vocation et des vocations. Mon devoir de pasteur m'oblige à regarder au plus loin. Je dois constater que l'introduction du clergyman est une cause, probablement la première, de la grave décadence de la discipline ecclésiastique en Italie ». 

 

Texte extrait d’une précision disciplinaire du 20 août 1972, adressé aux Supérieurs des deux

Séminaires diocésains de Gênes par le Cardinal Giuseppe Siri à propos de l'habit Ecclésiastique

Nul n'est obligé d'avoir la foi catholique; nul n'est obligé de se marier religieusement ou de demander par testament des obsèques religieuses; nul n'est obligé d'entrer dans une église... Mais si déjà on entre dans une église, qu'on demande de se marier à l'église, de se faire enterrer à l'église, de faire baptiser un enfant à l'église, alors il est tout à fait logique de respecter les lois de l'Eglise en matière de rites et de sacrements. Et il est tout à fait logique d'exiger du prêtre qui assure la célébration du sacrement de se conformer lui-même à ce que l'Eglise dont il est le ministre a établi. En conséquence, une église n'est ni une salle de réunion, ni une salle de concert, ni un lieu d'exposition. Elle est une maison de prière et le lieu où le Seigneur assure sa présence réelle. La liturgie qui doit s'y célébrer n'a pas à être un travestissement de ce que l'Eglise a fixé. Une église n'est construite que pour que puisse s'y dérouler la liturgie par laquelle Dieu est honoré et l'homme est sanctifié: c'est très clairement dit dans la liturgie de la dédicace ainsi que dans la messe anniversaire de la dédicace d'une église qui commence par ces mots : « Terribilis est locus iste : hic domus Dei est et porta caeli... » (« Ce lieu est redoutable : c'est la demeure de Dieu et la porte du ciel. On l'appellera maison de Dieu... ») (Gen. 28, 17, 22). L'église est consacrée pour être la demeure de Dieu : pas autre chose.

 

La loi civile française reconnaît d'ailleurs cette réalité : la destination de l'église-bâtiment est le culte catholique assuré par des prêtres soumis à leur hiérarchie, c'est-à-dire à l'évêque diocésain et au Souverain Pontife. (Cf. Loi du 9 décembre 1905 complétée par la loi du 2 janvier 1907). De plus, un arrêt de la Cour de Cassation (Cass. 5 février 1912) précise qu'en cas de conflit entre deux prêtres pour l'occupation d'une église catholique « l'attribution de celle-ci doit être exclusivement réservée à celui qui se soumet aux règles d'organisation générale du culte dont il se propose d'assurer l'exercice, notamment à celles de la hiérarchie ecclésiastique, et qui demeure en communion avec son évêque ». La loi française apparait comme très respectueuse du Droit ecclésiastique puisqu'elle précise que dans une église, le prêtre doit se "soumettre" aux règles du culte... Peut-on en déduire qu'un célébrant qui ne respecte pas la liturgie de l'Eglise est... hors la loi ? Cette question mériterait parfois d'être posée, essentiellement lorsque des prêtres célèbrent des mariages ou des funérailles sans tenir compte des rites liturgiques établis par l'Eglise et dont le bon accomplissement doit être garanti par l'évêque diocésain.

 

Pro Liturgia

Extrait de la toute nouvelle édition du Directoire pour le ministère et la vie des prêtres (N°61) :

 

 

 

« Dans une société sécularisée et qui tend au matérialisme, où les signes extérieurs des réalités sacrées et surnaturelles s’estompent souvent, on ressent, particulièrement aujourd’hui, la nécessité pour le prêtre – homme de Dieu, dispensateur de ses mystères – d’être reconnaissable par la communauté, également grâce à l’habit qu’il porte, signe sans équivoque de son dévouement et de son identité de détenteur d’un ministère public. Le prêtre doit être reconnu avant tout par son comportement mais aussi par sa façon de se vêtir, pour rendre immédiatement perceptible à tout fidèle et même à tout homme son identité et son appartenance à Dieu et à l’Église. L’habit ecclésiastique est le signe extérieur d’une réalité intérieure : « En effet, le prêtre n’appartient plus à lui-même, mais, par le sceau sacramentel reçu (cf. Catéchisme de l’Église catholique, 1563 ; 1582), il est “propriété” de Dieu. Ce fait “d’être à un Autre” doit devenir reconnaissable par tous, à travers un témoignage transparent. Dans la manière de penser, de parler, de juger les faits du monde, de servir et d’aimer, de se mettre en relation avec les personnes, même dans l’habit, le prêtre doit trouver la force prophétique de son appartenance sacramentelle ». Pour cette raison, le prêtre comme le diacre ordonné en vue du sacerdoce, doit :

 

a) Porter soit la soutane ou « un habit ecclésiastique digne, selon les normes indiquées par la conférence épiscopale et selon les coutumes locales légitimes ». Lorsque l’habit n’est pas la soutane, il doit être différent de la manière de se vêtir des laïcs, et conforme à la dignité et à la sacralité du ministère. La coupe et la couleur doivent en être établies par la conférence épiscopale.

b) À cause de leur incohérence avec l’esprit de cette discipline, les pratiques contraires ne contiennent pas de fondements suffisants pour devenir des coutumes légitimes et doivent être supprimées par l’autorité compétente.

 

À l’exception de certaines situations, ne pas utiliser l’habit ecclésiastique peut manifester chez le clerc un faible sens de son identité de pasteur entièrement disponible au service de l’Église. En outre, la soutane – dans sa forme, couleur et dignité – est particulièrement indiquée car elle distingue les prêtre des laïcs et fait mieux comprendre le caractère sacré de leur ministère en rappelant au prêtre lui-même qu’il est toujours et en tout moment prêtre, ordonné pour servir, pour enseigner, pour guider et pour sanctifier les âmes, principalement par la célébration des sacrements et la prédication de la Parole de Dieu. Porter un habit clérical est, en outre, une sauvegarde pour la pauvreté et la chasteté ».

stop-perversion.jpgLa voici donc passée. Le 18 mai dernier, le président de la République promulguait la loi accordant aux pédérastes l’accès au statut juridique des personnes mariées, avec pour corollaire le droit à l’adoption. Quelque dramatique que soit le pas ainsi franchi, il n’est que la conséquence d’une autre loi, celle-ci vieille de quarante ans, reconnaissant un « droit » à l’avortement. Ce jour là, notre cité prononçait son ultime non serviam et rompait les dernières amarres l’unissant encore à Dieu. Certes, 1789 avait brisé les liens surnaturels et plus que millénaires qui faisaient de notre pays la fille ainée de l’Eglise. Décapiter le roi avait eu valeur de symbole : il s’agissait de s’affranchir de Celui dont il était le lieutenant, à savoir le Christ, Roi tant des rois que des nations. La Révolution ne voulut reconnaître pour Dieu que la raison et pour seuls droits ceux de l’homme. Malgré l’immensité d’une telle révolte, restait néanmoins une certaine dépendance à l’endroit de Dieu. Quoiqu’à leur insu, les héritiers de la Révolution reconnaissaient encore peu ou prou, tout au moins dans les faits, l’existence d’une certaine loi transcendant les individus et les cités : la loi naturelle. Le jusqu’au-boutisme révolutionnaire réclamait de briser ce dernier lien. Ce que fit 1974. Autorisant le meurtre de l’innocent, la loi sur l’avortement s’opposait frontalement à l’idée même de loi naturelle, opposition assumée et clamée depuis : « Il n’y pas de loi au dessus de la loi française », disait M. Jacques Chirac.

 

La loi naturelle éradiquée, les conséquences ne peuvent que se manifester, toujours plus dramatiques. Aujourd’hui le « mariage » homosexuel, demain la PMA et la GPA, mais aussi l’eugénisme systématique et l’euthanasie, et pourquoi pas bientôt la polygamie, la pédophilie ou la zoophilie. Tant que le principe à la racine de ces déchéances ne sera pas remis en cause, ces conséquences seront à plus ou moins long terme inéluctables. Plus que jamais, il importe donc de rappeler qu’il y a une loi divine au-dessus de la loi humaine, qu’il existe des principes intangibles que seul le Christ est capable de nous faire vivre, lui qui est l’unique Sauveur du monde. Des assemblées épiscopales aux veilleurs de rue, l’heure n’est donc plus aux fausses hontes et demis discours. On sait la violence inhérente à toute idéologie, précisément parce qu’elle ne respecte pas la nature. Elle se vérifie tant chez les nazis d’hier qu’en ceux qui aujourd’hui gazent parents ou enfants. A la violence de la révolte, il est certes bon d’opposer la douceur du Sacré-Cœur. Mais on ne réagit aux ténèbres de l’aveuglement que par l’éclat jaillissant de la pure lumière. L’urgence est donc à la franche affirmation de l’intègre vérité, sans fausse honte de son entière identité.

 

Témoigner de la transcendance de la loi divine mais aussi du salut concret qui ne se trouve que dans le Christ Jésus. Témoigner par des propos aussi clairs que pacifiés, et tout autant par son mode de vie. En ces temps d’idéologie du Gender, d’égalitarisme et de perte d’identité, témoigner par exemple des richesses spécifiques de la masculinité ou de la féminité : que les hommes soient des hommes, que les femmes soient des femmes, et que tous deux se manifestent comme tels dans leur comportement comme dans leur apparence. Témoigner à temps et à contretemps ; en un mot, vivre en « fils de lumière » (Jn 12, 36). Telle est la grande attente de Notre Seigneur à notre endroit. Pour le bien de la Cité.

 

Abbé P. de LA ROCQUE, FSSPX (Bulletin l’Hermine, N°39)


La mort n’est rien.
Je suis seulement passé dans la pièce à côté.
Je suis moi, tu es toi. 
Ce que nous étions l’un pour l’autre, nous le sommes toujours.
Donne-moi le nom que tu m’as toujours donné.
Parle-moi comme tu m’as toujours fait.
N’emploie pas un ton différent.
Ne prends pas un air solennel ou triste.
Continue à rire de ce qui nous faisait rire ensemble.
Prie, souris, pense à moi, prie avec moi.
Que mon nom soit prononcé à la maison comme il l’a toujours été
sans emphase d’aucune sorte, sans une trace d’ombre.

La vie signifie tout ce qu’elle a toujours signifié.
Elle est ce qu’elle a toujours été : le fil n’est pas coupé.
Pourquoi serais-je hors de ta pensée,
Simplement parce que je suis hors de ta vue,
Je ne suis pas loin,
juste de l’autre côté du chemin...
tu vois, tout est bien.



Encyclique "Caritas in Veritate"











SYNTHESE DE L’ENCYCLIQUE

"CARITAS IN VERITATE"

 

 

« L’Amour dans la Vérité, dont Jésus s’est fait le témoin », c’est « la force dynamique essentielle du vrai développement de chaque personne et de l’humanité tout entière » : Ainsi commence Caritas in Veritate, l’encyclique adressée au monde catholique et « à tous les hommes de bonne volonté ». Dans son Introduction, le Pape rappelle que « la charité est la voie maîtresse de la doctrine sociale de l’Eglise ». D’autre part, à cause du « risque de la comprendre de manière erronée, de l’exclure de la vie morale », elle est reliée à la Vérité. Avec cette mise en garde : « Un Christianisme de charité sans Vérité peut facilement être confondu avec un réservoir de bons sentiments, utiles pour la coexistence sociale, mais n’ayant qu’une incidence marginale » (§ 1-4).
Le développement a besoin de la Vérité. Sans celle-ci, nous dit le Pape, « l’agir social devient la proie d’intérêts privés et de logiques du pouvoir, qui ont pour effets d’entraîner la désagrégation de la société » (§ 5). Benoît XVI s’appesantit sur deux « critères d’orientation de l’action morale » découlant du principe de « l’Amour en Vérité » : la justice et le bien commun. Tout chrétien est appelé à aimer à travers une « voie institutionnelle » influant sur la vie de la cité (pólis), du vivre ensemble (§ 6-7). L’Eglise, répète-t-il, « n’a pas de solutions techniques à offrir » ; toutefois, elle a « une mission de Vérité à remplir » en vue d’une « société à la mesure de l’homme, de sa dignité et de sa vocation » (§ 8-9).

 

Le premier chapitre du document est consacré au Message de Populorum Progressio de Paul VI : «  Sans la perspective d’une vie éternelle - avertit le Pape - le progrès humain demeure en ce monde privé de souffle ». Sans Dieu, le développement devient négatif, « déshumanisé » (§ 10-12). Paul VI, peut-on lire, a souligné « l’importance déterminante de l’Evangile pour l’édification d’une société de liberté et de justice » (§ 13). Dans Humanae Vitae, Paul VI « montre les liens forts qui existent entre éthique de la vie et éthique sociale » (§ 14-15). Le Pape explique le concept de vocation dans Populorum Progressio. « Le développement est vocation » puisqu’il naît d’un appel transcendant ». Il souligne le fait qu’un tel développement est « intégral », car il doit « promouvoir tout homme et tout l’homme ». Et il ajoute : « La foi chrétienne se préoccupe du développement sans s’appuyer sur des privilèges ou sur des positions de pouvoir », « mais uniquement sur le Christ » (§ 16-18). Paul VI met en évidence le fait que « les causes du sous-développement ne sont pas d’abord d’ordre matériel ». Elles résident avant tout dans la volonté, la pensée et d’avantage « dans le manque de fraternité entre les hommes et entre les peuples ». « La société toujours plus globalisée nous rapproche, mais elle ne nous rend pas frères ». Il faut donc se mobiliser, afin que les processus économiques évoluent « vers des formes pleinement humaines » (§ 19-20).

 

Au deuxième chapitre, le Pape traite du Développement humain aujourd’hui. La visée exclusive du profit, n’ayant pas « le bien commun pour but ultime, risque de détruire la richesse et d’engendrer la pauvreté ». Il en vient à citer des exemples de déviances du développement : activités financières « spéculatives », flux migratoires « souvent provoqués » et ensuite gérés de façon inappropriée, et « l’exploitation anarchique des ressources de la terre ». Devant de tels problèmes liés les uns aux autres, le Pape lance un appel à « une nouvelle synthèse humaniste ». Cette crise « nous oblige à reconsidérer notre itinéraire » (§ 21).
Le développement, nous dit le Pape, « est aujourd’hui multipolaire ». « La richesse mondiale croît en terme absolu, mais les inégalités augmentent », avec l’émergence de nouvelles formes de pauvreté. La corruption est présente dans tous les pays, riches ou pauvres ; trop souvent, les entreprises multinationales ne respectent pas les droits des travailleurs. D’ailleurs, « les aides internationales ont souvent été détournées de leur destination, en raison d’irresponsabilités », aussi bien des donateurs que des bénéficiaires. En même temps, dit le Pape, « il existe des formes excessives de protection des connaissances de la part des pays riches à travers l’utilisation trop stricte du droit à la propriété intellectuelle, particulièrement dans le domaine de la santé » (§ 22).
Depuis la fin des « blocs », Jean-Paul II avait demandé une « refonte globale du développement », mais cela  n’est « advenu que partiellement ». Il y a aujourd’hui une « évaluation nouvelle » du rôle des « pouvoirs publics de l’Etat », et on peut espérer un renforcement des « nouvelles formes de participation à la politique nationale et internationale ». Le Pape se tourne ensuite vers la recherche, de la part de pays riches, de lieux où délocaliser les productions à bas coût. « Ces processus ont entraîné l’affaiblissement des réseaux de protection sociale », avec « de graves menaces sur les droits des travailleurs ». A cela, on peut ajouter que « les coupes dans les dépenses sociales, souvent recommandées par les Institutions financières internationales, peuvent laisser les citoyens désarmés face aux risques nouveaux et anciens ». De toute manière, l’on peut constater que des « gouvernements, pour des raisons d’utilité économique, posent souvent des limites à la liberté syndicale ». Avec ce rappel aux gouvernants, à savoir que « l’homme, la personne, dans son intégrité, est le premier capital à sauvegarder et à valoriser » (§ 23-25).
 Sur un plan culturel, la possibilité d’interaction ouvre de nouvelles perspectives de dialogue, avec un double danger cependant. Le premier est celui de l’éclectisme culturel, où toutes les cultures sont considérées comme étant « substantiellement équivalentes ». Le danger opposé est celui du « nivellement culturel », de « l’uniformisation des comportements et des styles de vie » (§ 26). Le Pape se penche ensuite sur le scandale de la faim. Ce qui manque, c’est une « organisation des institutions économiques » en mesure de faire face à une telle urgence. Et de formuler le souhait de « nouvelles frontières » dans les techniques de production agricole et de réforme agraire dans les pays en voie de développement (§ 27). Benoît XVI en vient ensuite à souligner que le respect de la vie « ne peut en aucun cas être disjoint des questions relatives au développement des peuples. Il existe des endroits dans le monde où subsistent des pratiques de contrôle démographique allant « jusqu’à imposer l’avortement ». Dans des pays économiquement avancés, il y a « une mentalité antinataliste que l’on cherche souvent à transmettre à d’autres Etats comme si c’était là un progrès culturel ». En outre, l’on peut « soupçonner les aides au développement d’être parfois liées » à « certaines politiques sanitaires impliquant de fait l’obligation » d’un contrôle des naissances. Sont également préoccupantes les « législations qui admettent l’euthanasie ». « Quand une société s’oriente vers le refus et la suppression de la vie, elle finit par ne plus trouver les motivations et les énergies nécessaires pour œuvrer au service du vrai bien de l’homme » (§ 28). Il y a un autre aspect lié au développement : le droit à la liberté religieuse. Les violences « freinent le développement authentique », et cela « s’applique spécialement au terrorisme de nature fondamentaliste ». En même temps, la promotion de l’athéisme dans de nombreux Pays « s’oppose aux exigences du développement des peuples, en leur soustrayant l’accès aux ressources spirituelles et humaines » (§ 29). Le développement a besoin de l’interaction des divers niveaux de connaissance, mis en harmonie par l’amour (§ 30-31). Il est à espérer que les choix économiques continuent « à se donner comme objectif prioritaire l’accès au travail ou son maintien » pour tous. Benoît XVI nous met en garde contre l’économie « à court, voire très court terme », conduisant à « l’abaissement du niveau de protection des droits des travailleurs » pour donner « au pays une plus grande compétitivité internationale ». Pour cela, il nous exhorte à corriger les dysfonctionnements dans les modèles de développement, comme l’exige « l’état de santé écologique de la planète ». Il conclut avec la mondialisation : « Sans l’orientation de l’Amour dans la Vérité, cet élan planétaire risque de provoquer des dommages inconnus jusqu’alors ainsi que de nouvelles fractures ». Il est urgent de s’atteler à « une tâche inédite et créatrice » (§ 32-33).

 

Fraternité, Développement économique et Société civile, tel est le thème du 3ème chapitre de l’Encyclique, s’ouvrant avec une louange à l’expérience du don, souvent non reconnue « en raison d’une vision de l’existence purement productiviste et utilitariste ». La conviction de l’autonomie de l’économie des « influences de caractère moral » « a conduit l’homme à abuser de l’instrument économique y compris de façon destructrice ». Pour « être authentiquement humain », le développement doit inclure « le principe de gratuité » (§ 34). Ceci est particulièrement vrai en ce qui concerne le marché.
« Sans formes internes de solidarité et de confiance réciproque, le marché ne peut pleinement remplir sa fonction économique ». Le marché « ne peut pas compter seulement sur lui-même », il doit « puiser des énergies morales auprès d’autres sujets » et ne doit pas considérer les pauvres comme étant un « fardeau, mais comme une ressource ». Le marché ne doit pas devenir « le lieu de la domination du fort sur le faible ». La logique marchande doit « viser la recherche du bien commun, que la communauté politique d’abord doit aussi prendre en charge ». Le marché n’est pas négatif par nature. Aussi, c’est l’homme qui est interpellé, ainsi que sa « conscience morale et sa responsabilité ». La crise actuelle montre que « les principes traditionnels de l’éthique sociale, tels que la transparence, l’honnêteté et la responsabilité ne peuvent être négligées ou sous-évaluées ». En même temps, le Pape nous rappelle que l’économie n’élimine pas le rôle de l’Etat, et que l’on a besoin de « lois justes ». Reprenant Centesimus Annus, il dit la « nécessité d’un système impliquant trois sujets : le marché, l’Etat et la société civile », et lance un appel à la « civilisation de l’économie ». Nous avons besoin de « formes d’activité économique caractérisées par une part de gratuité et de communion ». Le marché et la politique a besoin de « personnes ouvertes au don réciproque » (§ 35-39).
La crise actuelle appelle de « profonds changements dans la façon de concevoir l’entreprise ». La gestion de l’entreprise « ne peut pas tenir compte des intérêts de ses seuls propriétaires », mais doit également se préoccuper de la communauté locale. Le Pape mentionne les managers qui, souvent, « ne répondent qu’aux indications des actionnaires », et nous invite à éviter un emploi « spéculatif » des ressources financières (§ 40-41). Le chapitre se termine avec une nouvelle évaluation du phénomène de la mondialisation, qui ne devrait pas se comprendre comme étant seulement un « processus socio-économique ». « Nous ne devons pas en être les victimes, mais les protagonistes, avançant avec bon sens, guidés par la charité et par la vérité ». La mondialisation devrait « favoriser une orientation culturelle personnaliste et communautaire, ouverte à la transcendance », capable d’en « corriger les dysfonctionnements ». Il y a « la possibilité d’une grande redistribution de la richesse au niveau planétaire », mais la diffusion du bien-être ne doit pas être freinée par des projets égoïstes, protectionnistes » (§ 42). 

 

Au 4ème chapitre, l’Encyclique traite du développement des peuples, droits et devoirs, environnement. On peut remarquer la « revendication du droit au superflu » dans les sociétés opulentes, alors que manquent la nourriture et l’eau potable dans certaines régions sous-développées. « Les droits individuels, détachés du cadre des devoirs qui leur confère un sens plénier, s’affolent ». Les droits et les devoirs sont en lien avec un contexte éthique. Cependant, si « les droits de l’homme ne trouvent leur fondement que dans les délibérations d’une assemblée de citoyens », ils peuvent alors « être modifiés à tout moment ». Les gouvernements et les institutions internationales ne doivent pas oublier « l’objectivité et l’ « indisponibilité » des droits » (§43). A ce sujet, l’on peut noter les « problématiques liées à la croissance démographique ». C’est une erreur de « considérer l’augmentation de la population comme la cause première du sous-développement ». Le Pape affirme que la sexualité ne saurait se « réduire à un pur fait hédoniste et ludique ». L’on ne peut réguler la sexualité par des « politiques de planification forcée des naissances ». Et d’ajouter que « l’ouverture moralement responsable à la vie est une richesse sociale et économique ». « Les Etats sont appelés à mettre en œuvre des politiques qui promeuvent le caractère central et l’intégrité de la famille » (§ 44).
« Pour fonctionner correctement, l’économie a besoin de l’éthique ; non pas d’une éthique quelconque, mais d’une éthique amie de la personne ». La même centralité de la personne humaine devrait être le principe moteur dans les « interventions en faveur du développement » de la coopération internationale, et dans lesquelles les bénéficiaires devraient toujours être impliqués. « Les Organismes internationaux devraient s’interroger sur l’efficacité réelle de leurs structures bureaucratiques », « souvent trop coûteuses ». Le Pape remarque que, trop souvent, « les pauvres servent de prétexte pour faire subsister des organisations bureaucratiques coûteuses ». D’où son appel à une « pleine transparence » concernant les fonds reçus (§ 45-47). Les derniers paragraphes de ce chapitre concernent l’environnement. Pour le croyant, la nature est un don de Dieu, à utiliser de manière responsable. C’est dans ce contexte qu’il faut penser le problème de l’énergie. « L’accaparement des ressources » par certains Etats et groupes de pouvoir constitue « un grave obstacle au développement des pays pauvres ». Il faut donc que la communauté internationale trouve « les voies institutionnelles pour réglementer l’exploitation des ressources non renouvelables ». « Les sociétés technologiquement avancées peuvent et doivent diminuer leur propre consommation énergétique », tout en cherchant à « faire progresser la recherche d’énergies alternatives ». Ce qui est requis est « un véritable changement de mentalité », nous amenant « à adopter de nouveaux styles de vie ». Un style qui, jusqu’à présent, dans le monde, « est porté à l’hédonisme et au consumérisme ». L’enjeu décisif est ainsi la « tenue morale de la société dans son ensemble ». Le Pape nous avertit : « Si le droit à la vie et à la mort naturelle n’est pas respecté », « la conscience commune finit par perdre le concept d’écologie humaine et, avec lui, celui d’écologie environnementale » (§ 48-52).

 

La Collaboration de la famille humaine est au cœur du 5ème chapitre, dans lequel Benoît XVI montre que « le développement des peuples dépend surtout de la reconnaissance du fait que nous formons une seule famille ». D’autre part, on peut lire que la religion chrétienne peut contribuer au développement « seulement si Dieu a aussi sa place dans la sphère publique ». Par « la négation du droit de professer publiquement sa religion », la politique devient « opprimante et agressive ». Le Pape nous avertit : « Dans le laïcisme et dans le fondamentalisme, la possibilité d’un dialogue fécond » entre la raison et la foi religieuse s’évanouit. Une rupture qui a « un prix très lourd au regard du développement de l’humanité » (§ 53-56). Le Pape en vient alors au principe de subsidiarité, qui offre une aide à la personne humaine « à travers l’autonomie des corps intermédiaires ». La subsidiarité « est l’antidote le plus efficace contre toute forme d’assistance paternaliste », particulièrement apte à gouverner la mondialisation et à l’orienter vers un véritable développement humain. Les aides internationales « peuvent parfois maintenir un peuple dans un état de dépendance » ; il faut donc que tous les sujets de la société civile y soient impliqués, et pas seulement les gouvernants. « Trop souvent, les aides n’ont servi qu’à créer des marchés marginaux pour les produits de ces pays » (§ 57-58). Le Pape en appelle aux nations économiquement plus avancées de consacrer « un pourcentage plus important » de leur PIB, en respectant les engagements pris. Il se fait l’avocat d’un meilleur accès à l’éducation, et de faire davantage en vue d’une « formation complète de la personne », car le relativisme appauvrit. Un exemple vient du phénomène pervers du tourisme dit sexuel. « Il est douloureux de constater que cela se produit souvent avec l’aval des gouvernements locaux, avec le silence de ceux d’où proviennent les touristes et avec la complicité de nombreux opérateurs de ce secteur » (§ 59-61). Le Pape se penche ensuite sur le phénomène des migrations, caractéristique de notre époque. « Aucun pays ne peut penser être en mesure de faire face seul aux problèmes migratoires de notre temps ». Tout migrant est « une personne humaine » qui « possède des droits fondamentaux inaliénables » et qui doivent « être respectés par tous et en toute circonstance ». Le Pape demande à ce que les travailleurs étrangers ne soient pas considérés comme une marchandise, et montre « le lien étroit existant entre pauvreté et chômage ». Il plaide en faveur d’un emploi décent pour tous, et invite les autorités autres que celles en politique à se mobiliser en faveur des travailleurs dans les pays où les droits sociaux sont violés (§ 62-64). La finance, « après le mauvais usage qui en a été fait et qui a eu des conséquences néfastes sur l’économie réelle », doit redevenir « un instrument visant à une meilleure production de richesses et au développement ». « Les opérateurs financiers doivent redécouvrir le fondement véritablement éthique de leur activité ». En outre, le Pape lance un appel en faveur d’une « réglementation de ce secteur » afin de « protéger les sujets les plus faibles » (§ 65-66). Le dernier paragraphe du chapitre concerne « l’urgence de la réforme de l’Onu comme celle de l’architecture économique et financière internationale ». Il est « urgent que soit mise en place une véritable Autorité politique mondiale », qui cherche à « se conformer de manière cohérente aux principes de subsidiarité et de solidarité ». Une autorité jouissant d’un « pouvoir effectif ». Le Pape conclut avec un appel à instituer « un degré supérieur d’organisation à l’échelle internationale » pour la gouvernance de la mondialisation (§ 67).

 

Le 6ème et dernier chapitre est centré sur le développement des peuples et la technique. Le Pape nous met en garde contre la « prétention prométhéenne » qui voudrait nous faire croire que l’humanité a le pouvoir de « se recréer en s’appuyant sur les prodiges de la technologie ». La technologie ne saurait jouir d’une « liberté absolue ». « Le processus de mondialisation pourrait substituer la technologie aux idéologies » (§ 68-72). Liés au développement technologique sont les « moyens de communication sociale », appelés à promouvoir « la dignité des personnes et des peuples » (§ 73). Un domaine primordial et crucial de « l’affrontement culturel entre la technique considérée comme un absolu et la responsabilité morale de l’homme est aujourd’hui celui de la bioéthique ». Le Pape ajoute : « La raison sans la foi est destinée à se perdre dans l’illusion de sa toute-puissance ». La question sociale est devenue une « question anthropologique ». La recherche sur les embryons, la possibilité du clonage « sont promues dans la culture contemporaine », qui « croit avoir dissipé tous les mystères ». Le Pape dit sa crainte devant « une planification eugénique systématique des naissances » (§ 74-75). Il ajoute : « Le développement doit comprendre une croissance spirituelle, et pas seulement matérielle ». Et de conclure, en nous exhortant à avoir un « cœur nouveau » afin de « dépasser la vision matérialiste des événements humains » (§ 76-77).

 

Dans sa conclusion, le Pape souligne que le développement « a besoin de chrétiens qui ont les mains tendues vers Dieu dans un geste de prière » ; il a besoin « d’amour et de pardon, de renoncement à soi-même, d’accueil du prochain, de justice et de paix » (§78-79).







Liens : Caritas in Veritate, dans la continuité, par l'Abbé Nicola Bux et l'Abbé Salvatore Vitiello« L’enseignement social de l’Eglise n’est pas une troisième voie », par Mgr Follo + Audience générale du 8 juillet 2009  : L´Amour dans la Vérité + La question sociale est une question anthropologique + Caritas in Veritate, une Encyclique durable, par Jean-Yves Naudet + Caritas in Veritate : primauté de la morale, par le Frère Edouard Divry, OP + Unis comme des frères dans la charité, par Jacques Bichot + Caritas in Veritate : le social, le global, et la doctrine, par Antonio GaspariLe cardinal Vingt-Trois présente l’encyclique « Caritas in Veritate » + Promouvoir une « approche éthique » du développement, par Mgr Tomasi + N°75 de l'Encyclique Caritas in VeritateLe cardinal Barbarin commente l’encyclique « Caritas in Veritate » + « Le pape mériterait un ’Nobel’ en économie », affirme un banquier italien + Caritas in veritate : Le secret du renouveau de l’homme et de la société + Caritas in Veritate : l’Eglise inspire mais ne fait pas de politique + Caritas in Veritate : Ni socialiste, ni capitaliste, mais fraternelle et chrétienne + Caritas in veritate, ou « du bon usage de la liberté » + Une encyclique « sur le développement humain intégral », clefs de lecture + Caritas in veritate : Le développement des peuples et la technique + Populorum progressio  : le progrès « a besoin de Dieu »  + « Le développement humain aujourd’hui » et l’impératif du bien commun + Encyclique : « Fraternité, développement économique et société civile » + « La collaboration de la famille humaine », et la responsabilité de chacun + Encyclique : Développement des peuples, droits et devoirs, environnement + Caritas in veritate : La Librairie éditrice du Vatican détient les droits d’auteur + « Caritas in Veritate et théorie du genre », par Mgr Tony Anatrella + « Caritas in Veritate et théorie du genre », par Mgr Anatrella (2) + « Caritas in Veritate et théorie du genre », par Mgr Anatrella (3) + Réflexion du card. Bertone sur l’encyclique « Caritas in veritate » + Réflexion du card. Bertone sur l’encyclique sociale « Caritas in veritate » (2) + Réflexion du card. Bertone sur l’encyclique sociale «Caritas in veritate» (3) + « Sur les causes lointaines de la crise financière », par le card. Bertone (4)

Le Pape Clément de Rome, racontant la mort des Apôtres Pierre et Paul, observe que l’envie de certains dans la communauté chrétienne elle-même, la facilita. Deux mille ans plus tard, le péché est toujours présent chez les hommes. Il y a ceux qui se réjouissent du Magistère Pontifical, en raison aussi du fait qu’il a mis un frein à l’interprétation « discontinue » du Concile Vatican II, en expliquant que les conflits qui se sont répandus dans le domaine de la doctrine, de l’éducation et de la liturgie, étaient le résultat d’une mauvaise interprétation, et que le Concile avait été clair. Le Pape est « Pierre », le chef des Apôtres. Ses frères Evêques paissent légitimement le troupeau du Christ en union effective et affective avec la Chaire de Pierre. Autrement, on retourne à l’expérience du IV° siècle, quand presque tous les Evêques du monde se plièrent au vouloir d’un Empereur Romain qui était arien. Seul le Pape, et une poignée d’Evêques fidèles à lui, persévérèrent dans la foi catholique. Le Pape est là pour rappeler que l’Eglise n’est pas une structure humaine. C’est là aussi la raison pour laquelle de nombreuses cultures et de nombreux peuples trouvent en elle leur identité. Comme l’a rappelé (N°9) à plusieurs reprises le Serviteur de Dieu Jean-Paul II, nous sommes au cœur d’une « apostasie silencieuse », qui devient toujours moins silencieuse et toujours plus évidente. Dans l’histoire de l’Eglise, il n’y a jamais eu un manque de foi aussi répandu. L’adversaire est subtil et plante des flèches au plus profond du cœur des hommes, tellement profondément qu’elles sont presque invisibles. Que l’on pense au Prophète Daniel, qui avertissait que l’adversaire aurait obtenu le pouvoir sur toutes les nations de manière pacifique, et par les illusions. Le Cardinal J.H. Newman supposait que l’apostasie du Peuple de Dieu, à différentes époques et en en différents endroits, avait toujours précédé la venue des « antéchrists », de tyrans comme Antiochus et Néron, Julien l’Apostat, les dirigeants de la Révolution Française, chacun étant un « type » ou un « présage de l’Antéchrist qui viendrait à la fin de l’histoire, quand le mystère d’iniquité manifesterait sa folie finale et terrible. L’incapacité des croyants de vivre leur propre foi, avertissait Newman, comme lors des époques précédentes, conduirait « au règne de l’homme du péché, qui nierait la Divinité du Christ, et s’élèverait à sa place » (M.D.O’Brien, Il Nemico, Cinisello Balsamo 2006, pp. 175-176).

Il y a cette tentative de réduire l’Eglise à une agence mondiale humanitaire, et l’utopie que l’unité des nations puisse être réalisée par les organismes internationaux, et non pas par le Christ
. Mais le Seigneur, même s’il dort dans la barque pendant la tempête, au moment final, se réveillera et apaisera les flots. Puis il reviendra à nous et nous demandera pourquoi nous avons eu si peu de foi. Dans l’intervalle, nous portons la Croix. Nous observons la trahison. Nous souffrons. Newman écrit encore : 
« Le but du Diable, quand il sème la révolution dans l’Eglise, c’est de la jeter dans la confusion, pour que son attention soit détournée, et que ses énergies soient dispersées. De cette manière, nous sommes affaiblis au moment de l’histoire où nous aurions besoin d’être plus forts ». « Pourquoi le Saint-Père n’agit-il pas ? Ne peut-il imposer l’obéissance à ces Prélats ? ». « Il l’a fait maintes fois et de la manière la plus chrétienne. Mais il ne commande pas une police, ou une armée. Récemment, il a été plus ferme avec les dissidents […]. Mais la solution n’est pas l’autoritarisme, parce qu’il jetterait seulement de l’huile sur le feu de la révolte. Le Saint-Père travaille tant qu’il y a la lumière. Il nous rappelle à tous Celui qui a porté la Croix et qui est mort sur elle. Dans ses mains, il porte seulement cela, une Croix. ; Il parle toujours du triomphe de la Croix. Ceux qui ne veulent pas écouter ne répondront pas à Dieu » (Ibidem, Pages 402-403).

 

Fides

Extrait d’un entretien avec Alice von Hildebrand (professeur, philosophe et théologienne catholique). Elle était mariée avec le célèbre philosophe et théologien Dietrich von Hildebrand (1889-1977), très apprécié de Benoît XVI. Alice von Hildebrand vit actuellement aux Etats-Unis et a notamment écrit un livre sur « Le privilège d'être une femme » (2002). A ma connaissance, ce livre n'a pas encore été traduit en français. Si des blogueurs en savent plus que moi, qu’ils n’hésitent pas à me le faire savoir via les commentaires :

 



tereska.jpg« […] Le féminisme, au lieu d'aider les femmes à prendre davantage conscience de la beauté et de la dignité de leur rôle en tant que femmes et mères, et du pouvoir spirituel qu'elles peuvent exercer sur leurs maris, les a convaincues qu'elles devaient adopter une mentalité "sécularisée" ; qu’elles devaient entrer dans le monde du travail ; qu'elles devaient prouver à elles-mêmes qu'elles étaient "quelqu'un" en obtenant des diplômes, en entrant en compétition avec les hommes sur le marché du travail, en montrant qu'elles étaient égales à eux, et quand l'opportunité se présentait, qu'elles pouvaient être plus malines qu'eux. [Les femmes] se sont laissées convaincre que féminité signifiait faiblesse. Elles ont commencé à mépriser les vertus comme la patience, le désintéressement, le don de soi, la tendresse, et ont cherché à devenir comme les hommes en tout [...] Elles sont devenues aveugles au fait que les hommes et les femmes, bien qu'égaux en dignité ontologique, ont été créés différents par choix de Dieu : homme et femme il les créa. Différents et complémentaires. Chaque sexe a ses propres forces et ses propres faiblesses. Selon le plan admirable de Dieu, le mari doit aider sa femme à surmonter ses faiblesses afin que tous les trésors de sa féminité puissent s'épanouir pleinement, et vice versa. Combien d'hommes deviennent vraiment "eux-mêmes" grâce à l'amour de leurs femmes ? Combien de femmes sont transformées par la force et le courage de leurs maris ? […] Etant donné que du point de vue de la nature les hommes sont plus forts, non seulement parce qu'ils sont physiquement plus forts mais aussi parce qu'ils sont plus créatifs, plus inventifs et plus productifs, la plupart des grandes œuvres en théologie, en philosophie et dans les beaux arts ont été réalisées par des hommes. Ils sont les grands ingénieurs, les grands architectes. Mais le message chrétien dit que, sans nier la valeur de toutes ces inventions, elles ne sont que poussière et cendres comparé à tout acte vertueux. Puisqu'une femme de par sa nature, est maternelle - car toute femme mariée ou non, est appelée à la maternité biologique, psychologique ou spirituelle - elle sait de manière intuitive que donner, nourrir, prendre soin des autres, souffrir avec et pour eux - car la maternité implique la souffrance - a infiniment plus de valeur aux yeux de Dieu que de conquérir des nations ou d'aller sur la lune. […] Lorsqu'on lit la vie de Sainte Thérèse d'Avila ou de Sainte Thérèse de Lisieux, on est frappé par le fait qu'elles font continuellement référence à leur "faiblesse". La vie de ces femmes héroïques - et il y en a beaucoup - nous enseigne que la conscience et l'acceptation de sa propre faiblesse, associée à une confiance sans limite dans l'amour et la puissance de Dieu, donne à ces âmes privilégiées une force extraordinaire parce que surnaturelle. La force naturelle ne peut pas se mesurer à la force surnaturelle. C'est pourquoi Marie, la femme bénie, est "aussi forte qu'une armée prête pour le combat". Et pourtant elle est appelée "clemens, pia, dulcis Virgo Maria". La force surnaturelle explique, comme l'indique Dom Prosper Guéranger dans "l'Année Liturgique", que le diable craint cette humble vierge plus que Dieu car sa force surnaturelle, qui écrase sa tête, est plus humiliante pour lui que la force de Dieu. C'est pour cela que le Mauvais est aujourd'hui en train de lancer la pire des attaques qui aient été lancées contre la féminité au cours de l'histoire du monde. Se rapprochant de la fin des temps et sachant que sa défaite finale approche, il redouble d'efforts pour attaquer son grand ennemi : la femme. On lit dans la Genèse 3, 15 : "Je mettrai une hostilité entre toi et la femme". La victoire finale appartient à la femme, comme on le voit dans la femme couronnée de soleil. Le féminisme a commencé dans les pays protestants, pour la simple raison qu'ils avaient tourné le dos à la Mère du Christ, comme si le Sauveur du monde devait se sentir privé de l'honneur donné à sa Mère bien-aimée. Marie - que l'Apocalypse entoure de tant de gloire - est le modèle des femmes. C'est en se tournant vers elle, en la priant et en contemplant ses vertus, que les femmes retrouveront le chemin de la beauté et de la dignité de leur mission. Marie nous a enseigné deux voies conduisant à la sainteté. La première : "Je suis la servante du Seigneur. Qu'il me soit fait selon ta parole". Ceci indique que la mission de la femme est de se laisser féconder par la grâce, la sainte réceptivité. La deuxième : "Faites tout ce qu'il vous dira". C'est le saint programme que l'Eglise nous offre. Il est évident que si les femmes comprenaient ce message, le mariage, la famille et l'Eglise surmonteraient la crise terrible que nous traversons. Comme le dit la liturgie, "Dieu a mis le salut entre les mains d'une femme" ».
 

 

 

 

Liens : Lettre de la CDF sur le rapport homme / femme + La femme, le voile et l'invisible

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