HippyCatholicism.jpg1. Faites en sorte que l’expression de votre foi soit quelque chose de visible... mais seulement s’il y a du monde autour de vous. Allez à la messe... mais uniquement le dimanche ; car en semaine, il n’y a pas assez de monde pour vous admirer si vous faites les Lectures, si vous dirigez le chant de l’assemblée ou - le nec plus ultra - si vous distribuez la communion. Montrez que vous êtes d’accord avec ce que dit et fait votre Curé, surtout s’il fait appel à vos services pour vous demander de faire ce qui ne correspond pas à ce qu’enseigne l’Eglise par la voix du Souverain Pontife. Et arrêtez-vous là : refusez de vous laisser remettre en place par un prêtre qui exerce son ministère comme l’Eglise lui demande de l’exercer et surtout refusez d’entrer en contact avec des fidèles qui pourraient vous interroger et éventuellement critiquer votre façon de vous montrer « visible » dans votre paroisse. Menez une double vie : « catho » le dimanche quand vous vous savez observé(e), dédaigneux (-se) le reste de la semaine, quand personne ne fait attention à vous.

 

2. Limitez votre prière aux moments où des gens peuvent vous voir. L’important n’est pas une relation personnelle avec Dieu (par exemple seul(e) devant le tabernacle), mais c’est de savoir vous montrer quand des gens vous regardent, par exemple à travers votre engagement dans l’ « animation liturgique ».

 

3. Donnez aux autres de bons conseils tout en cachant vos propres décalages. Par exemple, soyez impliqué(e) dans la catéchèse paroissiale, mais à condition que ce soit une occasion de vous occuper des enfants des autres et non de vos propres enfants qui refusent déjà d’aller à la messe et de faire leur première communion.

 

4. Témoignez combien votre paroisse est importante pour vous… quand vous n’avez rien d’autre à faire (quand vous êtes à la retraite ou que vos enfants ont quitté votre foyer). Engagez-vous dans l’ « équipe d’animation pastorale » ou l’ « équipe funérailles », mais en n’oubliant jamais que la fréquence de vos apparitions au sein de ces équipes est bien plus importante - au moins pour vous - que la qualité de votre investissement. Plus vous irez, plus on vous y verra, plus il se trouvera des gens pour croire que vous êtes la personne la plus dynamique qui soit, celle sans laquelle l’Eglise ne saurait rayonner.

 

5. Si une personne critique votre façon de vous engager au service de votre paroisse, ressortez-lui toujours les versets évangéliques où il est question de charité et d’amour du prochain. Avoir toujours le bon verset biblique à la bouche est une technique très utilisée... dans les sectes. Et si votre contradicteur ne se laisse pas démonter par vos arguments, s’il lui prend de vous rappeler que la charité ne va pas sans la vérité ou que l’amour du prochain n’oblige pas à adhérer à ses erreurs, alors employez-vous à parler de lui en le faisant passer pour quelqu’un de « borné », voir d’ « intégriste ».

 

 

Bref, sachez profiter de toutes les occasions - même de la crise que traverse l’Eglise dans votre diocèse - pour vous montrer dynamique, disponible, engagé, actif (-ve). C’est la recette parfaite pour faire fuir loin de l’église paroissiale les fidèles qui entravent votre liberté d'action : ceux qui ne supportent plus votre omniprésence étudiée et ceux qui se demandent à quoi bon aller à la messe si ce n’est que pour cautionner l’exhibition d’une poignée de comédien(ne)s. Ayant ainsi fait le vide autour de vous, vous aurez toute latitude pour créer une Eglise "rayonnante" à la mesure de vos seules ambitions.

 

Pro Liturgia

Le 19 juin, Solennité du Sacré-Cœur de Jésus, le Pape Benoît XVI a inauguré, par les Vêpres dans la basilique Saint-Pierre, l’Année Sacerdotale. Une Année entière consacrée aux Prêtres, à leur sanctification, par la prière de tout le peuple de Dieu, appelé à redécouvrir la grandeur du don reçu du Seigneur, et indispensable à la constitution même de l’Eglise. Le lien entre Eucharistie et Eglise, et le lien entre Eucharistie et Sacerdoce, fondent le lien entre Sacerdoce et Eglise : là où il n’y a pas de prêtre validement ordonnés, il n’y a pas l’Eglise, mais de simples communautés ecclésiales, dont nous pouvons nous réjouir de leur existence, dans la mesure où elles conservent la mémoire du Seigneur et en attendent la venue, mais qui, de fait, n’en ont pas, et ne pourraient avoir, la Présence Sacramentelle, c’est-à-dire Réelle.

 

 

 

Le Saint-Père, dans sa charité de Pasteur Universel, a envoyé au clergé du monde entier une très belle Lettre qui doit devenir l’objet d’une méditation attentive de la part de tous les Prêtres. C’est une Lettre dans laquelle transparaît un amour extraordinaire pour le Christ et pour l’Eglise, qui révèle une intimité avec le Mystère, qui devrait être propre à chaque cœur authentiquement sacerdotal. L’occasion de la proclamation de l’Année Sacerdotale a été le 150° anniversaire de la mort de Saint Jean-Marie Vianney, le Curé d’Ars, Patron des Curés et qui, pendant cette Année, sera déclaré Patron de tous les Prêtres. C’est une figure, si elle est bien connue, qui reflète un sens moderne impensable : ayant vécu dans la France postrévolutionnaire et anticléricale, Curé d’un village rural « pauvre de foi », pauvre Lui aussi de moyens culturels et de « structures », et de « plans pastoraux », le Curé d’Ars sut littéralement transformer la réalité qui l’entourait, par sa propre prière, par son propre ministère fidèle, par sa propre offrande radicale au Christ. La Lettre du Saint-Père montre la clef de la sainteté de Jean-Marie Vianney, et de chaque prêtre, dans le binôme « identité-mission ». En effet, chaque prêtre est appelé à cette identification au Christ qui garantit la fidélité et la fécondité de son témoignage. L’identification au Christ, qui a sa racine dans la donnée objective de la configuration ontologique et sacramentelle, reçue dans le Sacrement de l’Ordre, est aussi une parcours progressif de l’âme et de la « psyché » elle-même du prêtre. En faisant les gestes de Son Seigneur, en en répétant les Paroles, en croissant dans l’amour envers ses frères, en apprenant, jour après jour, à offrir au Père sa propre vie, en reconnaissant tout ce que le Seigneur réalise dans la réalité et dans les signes puissants qu’il y place, le Prêtre vit en réelle transparence du Mystère qui l’a « saisi » et dont il est devenu participant. Alors, l’identité sacerdotale n’est plus seulement une donnée objective, à reconnaître sacramentellement, mais elle devient, progressivement, une évidence, pour le Peuple de Dieu qui reconnaît avec une intuition surnaturelle de tels prêtres, et pour le ministre lui-même qui affirme, dans la simplicité et dans la fidélité de sa propre existence : « Ce n’est plus moi qui vis, c’est le Christ qui vit en moi » (Galates 2, 20). La lassitude de la mission dépend souvent de la faiblesse de l’identité sacerdotale : le juste refus du cléricalisme ne doit pas devenir une attitude de fléchissement, d’affaissement devant la sécularisation ; la juste promotion des laïcs ne doit pas diluer et diminuer le caractère indispensable et le caractère spécifique du ministère sacerdotal, sans lequel il n’y a pas d’Eucharistie, sans lequel il n’y a pas d’Eglise, et en conséquence, sans lequel il n’y a pas de mission.

 

Fides

Ci-dessous, un extrait de la retranscription de l'interview accordée à Radio Notre-Dame le 22 juin 2009 :

 

 

 

Un député a demandé une commission d’enquête sur le port de la burqa. Certains veulent interdire ce vêtement. Qu’en pensez-vous, Monseigneur Vingt-Trois ?

Je ne suis pas sûr que la démocratie, ce soit d’imposer un vêtement. Et donc, si on entre dans une espèce de société conforme où le législateur doit définir comment les femmes doivent s’habiller, je crains qu’on soit, quand même, dans une voie un peu difficile à suivre. D’un autre côté, je vois bien aussi comment les contraintes ou les coutumes, ou les modes de vie peuvent aliéner la liberté d’un certain nombre de personnes. Ce peut être le cas pour un certain nombre de femmes à qui la burqa est imposée… mais qui va aller sonder les consciences pour savoir à qui elle est imposée ? Mais c’est aussi le cas pour beaucoup de femmes de notre pays qui ne sont ni musulmanes, ni habillées de burqa mais qui voient le corps féminin exposé comme un produit commercial sur les affiches. Je ne vois pas pourquoi on n’interdit pas ça !

 

Le registre n’est pas forcément tout à fait le même… ?

Mais si ! C’est le registre du respect de la personne ! C'est-à-dire que je ne trouve pas que les femmes dénudées qu'on met sur les affiches pour faire de la réclame sont beaucoup plus respectées que les femmes qu’on englobe dans une burqa.

 

Via E-Deo

modernisme« On est comme on naît ! ». Telle pourrait être la devise d’une jeune génération non seulement croyante et pratiquante, mais aussi désireuse de garder la foi catholique. Cette génération-là succède à celle des soixante-huitards. Mais elle n’en est pas le fruit, ni dans les idées, ni dans les faits : elle est même aux antipodes de celle qui l’a précédée. Cette génération, pour garder et entretenir sa foi à sa manière, est contrainte de s’exiler dans des chapelles ou se déroule une liturgie qui élève autrement l’âme, en l’occurrence - et à défaut de trouver la liturgie conciliaire célébrée avec dignité et respect - dans des lieux où est célébrée la forme “extraordinaire” du rite romain. Dans les idées, cette nouvelle génération, parfaitement consciente de ce qui n’a pas marché dans l’Eglise de France (et dans la société), concentre parfois le débat d’idée dans des propos qui la font passer pour “réac”. Mais cette appellation lui passe bien au-dessus de la tête.

 

On a voulu faire croire n’importe quoi à cette génération. Et ce, depuis son enfance. Et ça ne prend plus : ce sont les 20-30 ans qui ouvrent aujourd’hui les yeux. Dans les églises, cette génération ne veut pas davantage de “tolérance” ou plus de “fraternité” : elle veut Dieu ! Dans la société, elle ne veut pas du mélange des genres ou davantage de social : elle veut affirmer son identité et pleinement l’assumer. Elle ne veut plus de ces clercs et de ces politiciens formés par les maîtres de 68 : elle n’est pas dupe ; elle ne croit plus n’importe qui ou n’importe quoi. Plus exactement elle ne croit plus ceux qui, dans les églises ou en politique, sont à l’origine de ce néant qu’elle voit autour d’elle. Le seul “bien vivre ensemble” ou le “pluralisme” prôné par les dirigeants de l’ordre moral ou civil ne suffit plus : elle ne veut plus former une société flasque. Et encore moins une Eglise composée de communautés avachies chantant “la paix ce sera toi, ce sera moi, ce sera nous” ou “je crois en Dieu qui chante et qui fait danser la vie”. Ça non ! Cette génération nouvelle aspire à être elle-même.

 

Intuitivement ou peut-être même raisonnablement, cette génération a fui ceux qui, à l’école ou au catéchisme, lui enseignaient de beaux principes en décalage avec la réalité de la vie : elle a fui les professeurs qui prônaient des idées voulant faire d’eux des veaux parfaitement intégrés dans une société sans valeurs ; elle a fui les catéchistes louant la fraternité mais demeurant eux-mêmes à l’abri dans leur petit univers “bobo”. La raison a pris le dessus : ces jeunes veulent des exemples ! Non pas des beaux discours, des préceptes humanistes : ils veulent des faits et des exemples ! C’est ce qu’ils trouvent dans des paroisses “parallèles” où le dogme - certes parfois présenté de façon sèche - leur donne un repère dont ils ne trouve pas trace dans la paroisse “officielle” du coin. Qui pourrait leur reprocher d’aller se rassasier ailleurs que là où la messe n’est plus qu’une rencontre fraternelle, solidaire ou scénique visant à célébrer l’ “absence réelle” de Dieu ? 

 

Ces jeunes ne veulent plus de ces célébrations soi-disant faites pour eux et qui, en réalité ne sont que des célébrations imaginées par des vieux pour des vieux. Ils veulent des messes pour Dieu et dignes de Dieu ! Tout comme ces jeunes n’ont pas voulu du “mariage pour tous”, ils ne veulent pas davantage de la miséricorde pour tous, c’est-à-dire d’idéologies concentrées sur l’homme qui n’ont plus rien à voir ni avec la louange due à Dieu ni avec les vertus chrétiennes. Le paradoxe est surprenant : c’est justement la génération de l’instantané et du “zapping” qui s’affirme de plus en plus fortement, à l’inverse de la génération précédente qui aura passé son temps à papillonner d’une idée à l’autre et dont la mollesse laisse des résultats désastreux. Résultats désastreux qu’elle cherche à camoufler en nous parlant d’églises vides alors que l’expression juste est “églises qu’on a vidées” ; qu’elle cherche à cacher en parlant de “crise des vocations” alors que l’expression juste est “substitution des prêtres par des laïcs” ; qu’elle cherche à taire en parlant du “manque de foi” alors qu’il faudrait d’une “perte de la foi catholique” souhaitée par la partie la plus influente du clergé postconciliaire ; qu’elle cherche à dissimuler en proposant des “célébrations attirantes” alors qu’il ne s’agit que de réunions où l’on s’autocélèbre.

 

hippyEtant donné que cette nouvelle génération en quête de sens s’identifie à des exemples sérieux (qu’ils ne retrouvent, à de rares exceptions près, ni auprès de l’épiscopat français, ni auprès de son clergé), elle transfère ses talents et son énergie dans le débat public : la foi et l’engagement politique ne sont pas incompatibles, comme l’ont rappelé bon nombre de papes. Certains diront qu’il est dommage que ces jeunes, sincères et intéressés par la foi catholique, ne fassent pas grandir et éclore les germes de vocations qui sommeillent parmi eux. Mais comment les accabler ? Dans les paroisses et les séminaires, on fait tout pour les décourager et on ne leur donne aucun exemple qui puisse donner envie d’être prêtre ! Pourtant, vifs et habiles, ils connaissent le Magistère de l’Eglise, s’intéressent au catéchisme, écoutent et suivent ce qui se passe à Rome et à l’échelle de l’Eglise universelle : l’époque des lubies consistant à tout réinterpréter le concile Vatican II et les paroles des papes est révolue. Ces jeunes tirent des conclusions de ce qu’ils voient autour d’eux et qui n’est que ruines laissées par les générations d’avant, et sont incroyablement attirés par la Majesté de Celui qu’ils ne voient pas. Ces mêmes jeunes disent ce qu’ils savent et ce qu’ils pensent : leur “oui” est “oui” et leur “non” est “non”... ou même parfois autre chose commençant par “m”. Mais toujours est-il que leurs idées sont claires.

 

Intervient désormais un choc des générations. On en ressent déjà les murmures en politique ; il va indubitablement se faire sentir dans l’Eglise de France. La génération du “on a tout essayé” et qui est la génération du “on a tout raté” (n’en déplaise à beaucoup mitrés, colromanisés, ou certaines permanentes permanentées) doit de toute urgence se mettre face à elle-même et constater ce que tout le monde voit clairement : le néant, des résultats qui trahissent le Christ et son Eglise, l’échec cuisant ! A quoi risque de ressembler l’Eglise en France dans les prochaines années si on la laisse poursuivre sur les rails posés par les générations post-soixante-huitardes ? A un “rassemblement d’esprits vides sinon de psychopathes”, osait dire un jeune prêtre ? Ne faut-il pas prendre dès aujourd’hui la mesure du problème et anticiper ce qui nous attend demain et saute déjà aux yeux : une sécheresse de la foi, des églises désertées qu’il faudra démolir ou vendre, des évêchés devenus inutiles ? 

 

Essayons de prendre le problème à l’endroit. Ça consiste d’abord à se concentrer sur l’essentiel et non pas prendre la fuite avec des ersatz qui plombent toute perspective de voir refleurir la foi et des vocations. Ça consiste ensuite à imposer une confession mensuelle, une adoration hebdomadaire et un chapelet quotidien à tous les laïcs employés par l’Eglise de France. Ça consiste enfin à trouver un évêque de France assez courageux pour avouer que si pendant cinquante ans on a voulu faire passer pour fructueuse une pastorale qui était stérile, c’est que le mal produit était volontaire et non pas simplement le résultat de maladresses successives. Certains prêtres ordonnés dans les années 60 à 90 se sont déjà remis en cause : les uns probablement par une honnête clairvoyance et les autres sans doute par l’imminence de rendre des comptes par rapport à ce qu’ils n’ont pas fait, mal fait ou trahi. On admet forcément la conversion de chacun dès lors qu’elle est sincère. Mais pour que les choses changent en profondeur, il faudra encore beaucoup d’humilité à ceux qui séjournent dans nos palais épiscopaux, aux autres qui se confondent en réunions pour atténuer leur manque de foi ou leur manque affectif, de même qu’à ces dames qui chaque dimanche chantent la vie mais jamais Dieu. L’Eglise de toujours ne sera certainement pas celle de l’échec français ; et l’Eglise de demain ne se fourvoiera pas dans les mêmes erreurs. On voit ce qu’a produit la génération de l’échec. Et maintenant il faut dire : “Ça suffit !” Pour que l’Eglise du Christ soit toujours victorieuse, il faut un changement. Et ce changement devient éminemment urgent et nécessaire !

 

Pro Liturgia

Dans son homélie de la « Fête-Dieu », Benoît XVI a parlé de l’adoration et de la sacralité de l’Eucharistie. Mais ce qui a attiré mon attention a été sa référence à la mauvaise interprétation qui avait été faite du concile Vatican II, avec de graves conséquences pour la foi des fidèles : « des visions incomplètes du Mystère lui-même, comme celles que l’on a pu constater dans un passé récent.… un malentendu sur le message authentique de la Sainte Ecriture », a-t-il déclaré. Il semblerait que le Souverain Pontife ait voulu profiter de l’anniversaire de Vatican II pour mettre en lumière de nombreuses ombres de l’après-Concile. Et l’on ne peut rappeler cet événement ecclésial le plus important du XXe siècle sans faire mémoire en même temps de la terrible crise qui s’est déchaînée ensuite. Une crise, précisons-le dès le début, dont le Concile n’est pas responsable, transparent dans ses approches, mais qui - et cela aussi il faut le dire clairement - se posait comme présupposé et fondement de toute « nouveauté » que l’on voulait implanter : tout se faisait « au nom du Concile ». La confusion doctrinale générée fut telle qu’en peu d’années beaucoup de prêtres et de religieux ne surent plus comment vivre leur vocation ; leur identité et leur rôle dans la société avaient été effacés à un point que beaucoup optèrent pour un changement de vie, abandonnant le ministère sacerdotal et la vie consacrée. Ils ne furent pas quelques uns : ils furent des milliers. Le 7 juin dernier, le Pape a souligné l’abandon de l’adoration eucharistique et la perte du sens du sacré, les erreurs doctrinales, les pratiques arbitraires en liturgie... La confusion semée dans l’esprit et le cœur des fidèles en général fut catastrophique, au point que le Paul VI s'exclama : « Il semble que la fumée de Satan est entrée dans le sein de l’Eglise ». D’une manière générale, la théologie enseignée dans les séminaires catholiques durant deux décennies n’était plus... catholique.

 

Il faut reconnaître avec amertume que la crise du catholicisme dans les sociétés européennes est en grande partie le fruit amer de la pastorale menée, au nom du Concile, par un clergé mal préparé à sa mission, sans idées claires, à qui l'on a appris que prier n’était pas l’essentiel, que la morale enseignée par l’Eglise était trop exigeante, qu’évangéliser c’était aliéner la liberté des personnes, que la messe est un repas et, pour les fidèles qui refusent d’évoluer avec leur temps, accessoirement un sacrifice... Nous payons aujourd'hui le prix fort de ce que le P. Louis Bouyer appelait « la trahison des clercs ».

 

(D’après la traduction d’un texte du P. Roberto Visier Cabezudo. Voir ici le document original.)

 

Editorial de S.E. Mgr Marc Aillet à faire connaître ("Notre Église" n°39 - Juillet 2013).

Remercions l'Evêque de Bayonne, Lescar et Oloron, pour ce magnifique message.

 

 

 

mgr-marc-aillet-bayonneComment cet été pourrait-il être calme et serein, après le vaste mouvement d’opposition pacifique à la loi Taubira qui n’a cessé de s’amplifier et qui se heurte à une répression policière et judiciaire des plus inquiétantes pour la démocratie, devant le chaos économique et social dans lequel la France s’enfonce doucement sans propositions de solutions sérieuses et crédibles à même de rassurer les français, et face aux menaces qui pèsent lourdement sur la vie humaine – avec le projet de loi sur les embryons – et sur l’éducation des enfants dans nos écoles (+) – avec l’enseignement du gender, dès l’âge de six ans ? S’il n’est pas dans le rôle de l’Église de se lancer dans la bataille politique, c’est sa mission de prendre toujours la défense des plus faibles et des plus petits. De ceux qui sont laissés pour compte sur le bord de la route par la crise économique et sociale, de ceux qui sont entretenus dans une précarité morale et spirituelle par une société politico-médiatique qui a rejeté Dieu : « Combien de pauvretés morales et matérielles viennent aujourd’hui du refus de Dieu et du fait de mettre à sa place tant d’idoles » (pape François). Plus encore, de ceux qui sont sans défense et sans voix : je pense aux embryons humains dont les papes Benoît XVI et François ont demandé la protection juridique, en soutenant officiellement l’Initiative Citoyenne Européenne « Un de nous » (http://www.oneofus.eu/). Je pense au sort réservé aux enfants par la loi Taubira, qui enregistre un grave déni de filiation – un enfant qui naît toujours d’un homme et d’une femme a besoin pour se construire, non seulement de l’affection des personnes qui l’élèvent, mais de pouvoir se référer le mieux possible à son père et à sa mère – porte ouverte sur la Procréation médicalement assistée (PMA) pour tous, voire la gestation pour autrui (GPA), qui priveraient ainsi légalement un enfant de son père ou de sa mère. Comment pourrions-nous rester les bras croisés devant de telles injustices ? 

 

Sans doute, notre première attitude sera celle de la cohérence. « Nous ne donnons à personne aucun sujet de scandale, pour que le ministère ne soit pas décrié », dit saint Paul aux Corinthiens, en donnant son comportement en exemple : « par une grande constance dans les tribulations, dans les détresses, dans les angoisses, sous les coups, dans les prisons, dans les désordres, dans les fatigues, dans les veilles, dans les jeûnes ; par la pureté, par la science, par la patience, par la bonté, par un esprit saint, par une charité sans feinte, par la parole de vérité, par la puissance de Dieu ; par les armes offensives et défensives de la justice » (2 Co 6, 3-7). « Une charité sans feinte » dit saint Paul, qui nécessite l’accompagnement concret des personnes, la prise en compte de leurs souffrances, quelles qu’elles soient, la proposition d’un vrai chemin de croissance, à l’instar du bon Samaritain qui prend en charge jusqu’au bout l’homme laissé à demi-mort sur le bord du chemin, malgré la distance culturelle, religieuse, voire ethnique, qui le sépare de lui ; et qui comporte encore la condamnation de toute forme de rejet des personnes, d’agression verbale ou physique envers quiconque. Mais aussi la parole de vérité : « Ne diminuer en rien la salutaire doctrine du Christ est une forme éminente de charité envers les âmes. Mais cela doit toujours être accompagné de la patience et de la bonté dont le Seigneur lui-même a donné l’exemple en traitant avec les hommes » (Paul VI). Pourvu que l’on fasse preuve d’une charité sans feinte envers les personnes, la mission prophétique de l’Église est hautement souhaitable pour éclairer, voire réveiller les consciences anesthésiées dans une société marquée par l’individualisme et le relativisme. Si le dialogue est toujours nécessaire au sein de nos groupes, de nos communautés humaines et chrétiennes, nous ne saurions faire l’économie de la Vérité sur l’homme que le Christ nous a révélée et qui ne peut jamais « faire l’objet d’une loi-taubira-gay-enfantsorte de négociation dialogique » (Bienheureux Jean-Paul II). Nous ne pouvons poursuivre le dialogue sur les questions sociétales qui agitent la société française aujourd’hui qu’à partir d’une conscience claire de notre identité de chrétien, attachée à une Vérité qui n’est pas purement confessionnelle, mais appartient à l’humanité tout entière. Force est de constater que les malentendus entretenus dans nos communautés proviennent d’un déficit d’adhésion à la Vérité révélée et transmise par l’Église depuis deux mille ans. Sans compter que dialoguer avec des lobbies, voire des Institutions, qui démontrent depuis des mois leur refus du dialogue, en diabolisant systématiquement leurs opposants et en usant même de manière arbitraire de la force, policière ou judiciaire, pour tuer dans l’oeuf toute forme d’expression populaire contraire, est une véritable gageure.

 

Si pour défendre le droit à l’objection de conscience face à des lois injustes, ou faire entendre sa voix sur la place publique au nom de la liberté d’expression, de réunion et de manifestation garantie par la Constitution pour promouvoir la dignité de la vie humaine, du mariage et de la famille, on devait risquer l’interpellation sans sommations, la condamnation, voire l’incarcération immédiate, ce qui n’est plus une fiction, alors cela ne rendrait ce combat que plus noble et plus nécessaire. Comme Jésus l’annonçait à ses disciples : « Méfiez-vous des hommes : ils vous livreront aux sanhédrins et vous flagelleront dans leurs synagogues ; vous serez traduits devant des gouverneurs et des rois, à cause de moi, pour rendre témoignage en face d’eux et des païens » (Mt 10, 17-18). La proclamation de la Vérité, pourvu que ce soit sans violence et dans une charité sans feinte, est un devoir dont aucun chrétien ne saurait s’exonérer. Comme le Christ, nous sommes appelés à être « un signe en bute à la contradiction …afin que se révèlent les pensées intimes de bien des coeurs » (Lc 2, 35). Autrement dit : chacun est appelé à se positionner pour ou contre la Vérité ! Nous ne pouvons faire l’économie de cette division apparente à laquelle nous répugnons tant : il en va de « la connaissance de la Vérité » (1 Tm 2, 3) qui seule « nous rendra libres » (Jn 8, 32). Oui au dialogue, pour une meilleure compréhension réciproque, mais sans ambiguïtés et en vue de se rapprocher de la Vérité. N’ayez pas peur ! Ce fut le mot d’ordre du pontificat du bienheureux Jean- Paul II. Comme on l’a dit : « Les peureux disent aux courageux : vous êtes téméraires  ».Soyons de ceux qui ne transigent pas sur la Vérité et qui appliquent l’exhortation de l’apôtre Pierre : « Soyez toujours prêts à la défense contre quiconque vous demande raison de l’espérance qui est en vous. Mais que ce soit avec douceur et respect, en possession d’une bonne conscience » (1 P 3, 15-16).

 

+ Mgr Marc AILLET, Évêque de Bayonne, Lescar et Oloron

Caricature de l'Arlequin, disponible sur son compte Facebook

Extrait de l’Encyclique "Sacerdotii nostri primordia" du Bienheureux Jean XXIII :

 

 cheminduciel


« Mon petit ami, tu m'as montré le chemin d'Ars ;
je te montrerai le chemin du Ciel ! »


 

[…] C'est vers la jeunesse chrétienne que Nous tournons un regard chargé d'affection et rempli d'espoir. « La moisson est grande, mais les ouvriers sont peu nombreux » (Matthieu 9, 37). En tant de régions, les apôtres, usés par le labeur, attendent avec un vif désir ceux qui assureront la relève ! Des peuples entiers souffrent d'une faim spirituelle plus grave encore que celle du corps ; qui leur portera la nourriture céleste de Vérité et de Vie ? Nous avons la ferme confiance que la jeunesse de ce siècle ne sera pas moins généreuse à répondre à l'appel du Maître que celle des temps passés. Certes, la condition du prêtre est souvent difficile. Il n'est pas étonnant qu'il soit le premier en butte à la persécution des ennemis de l'Eglise, car, disait le Curé d'Ars, « quand on veut détruire la religion, on commence par attaquer le prêtre ». Mais, malgré ces très grandes difficultés, que nul ne doute du bonheur profond qui est le partage du prêtre fervent appelé par le Sauveur Jésus à collaborer à la plus sainte des œuvres, celle de la rédemption des âmes et de la croissance du Corps mystique. Familles chrétiennes, pesez vos responsabilités et donnez vos fils avec joie et gratitude pour le service de l'Eglise. […] C'est à Saint Jean-Marie Vianney que Nous confions cette cause si grave et dont dépend l'avenir de tant de milliers d'âmes ! 

Vers la Vierge Immaculée Nous tournons maintenant Nos regards. Peu avant que le Curé d'Ars n'achevât sa longue carrière, pleine de mérites, elle était apparue dans une autre région de France à une enfant humble et pure pour lui communiquer un message de prière et de pénitence, dont on sait l'immense retentissement spirituel depuis un siècle. En vérité, l'existence du saint prêtre dont Nous célébrons la mémoire, était à l'avance une vivante illustration des grandes vérités surnaturelles enseignées à la voyante de Massabielle ! Il avait lui-même pour l'Immaculée Conception de la Très Sainte Vierge une très vive dévotion, lui qui, en 1836, avait consacré sa paroisse à Marie conçue sans péché et devait accueillir avec tant de foi et de joie la Définition Dogmatique de 1854. […] Nous ferons Nôtre l'invocation mariale qui était familière au Saint Curé d'Ars : « Bénie soit la Très Sainte et Immaculée Conception de la Bienheureuse Vierge Marie, Mère de Dieu ! Que toutes les nations glorifient, que toute la terre invoque et bénisse votre Cœur immaculé ! ». […] Avec la vive espérance que Saint Jean-Marie Vianney pourra susciter, dans le monde entier, un renouveau de ferveur chez les prêtres et chez les jeunes appelés au sacerdoce, et aussi qu'il pourra susciter de la part de tous les fidèles une attention plus grande et plus agissante aux problèmes de la vie et du ministère des prêtres […].

 





Liens : Message de Sa Sainteté le Pape Benoît XVI à l'occasion du 150ème dies natalis du Saint Curé d'Ars (Indiction de l'Année Sacerdotale) + Le Film "Alter Christus" de la Congrégation pour le Clergé + Men In Black + Indulgences accordées par décret de la Pénitencerie Apostolique à l'occasion de l'Année Sacerdotale + Page spéciale sur le site du Vatican + Litanies de Notre Seigneur Jésus-Christ, Prêtre et Victime + Litanies pour obtenir de Saints Prêtres Prière pour l'Année Sacerdotale + Face au relativisme de certains fidèles qui se disent catholiques... + L'Année Sacerdotale, par Mgr Luciano Alimandi + La Sainteté Sacerdotale, par Mgr Luciano Alimandi Année Sacerdotale : L'exemple de Joseph Ratzinger + Année Sacerdotale : L'exemple du Père Raphaël Prouteau + Année Sacerdotale : L'exemple de l'Abbé René-Sébastien Fournié (IBP) Site Internet officiel de l'Année Sacerdotale + L'Année Sacerdotale : entre identité et mission, par l'Abbé Nicola Bux et l'Abbé Salvatore Vitiello + Prêtres ou « fonctionnaires » ?, par l’Abbé Nicolas Bux et l’Abbé Salvatore Vitiello + Pourquoi portez-vous la soutane ? + 150ème anniversaire du dies natalis du Saint Curé d'Ars (Vidéo) + 150ème anniversaire de la mort du Saint Curé d'Ars (Vidéo) + Le Sacerdoce, une vocation150ème anniversaire du Saint Curé d'Ars : Homélie de Son Eminence le Cardinal Hummes Le Saint Curé d'Ars, Coeur à Coeur, par le Père Florian Racine (Apostolat de l'Adoration Perpétuelle) Année Sacerdotale : Une grâce pour l'EgliseLettre de Son Eminence le Cardinal Hummes pour les prêtres + Être prêtre : une vocation, non un métier + KTO : L'Ordination sacerdotale Dossier Fides : L'Année Sacerdotale : "Fidélité du Christ ; Fidélité du Prêtre" (Fichier .doc) + Soutenons nos prêtres ! + Un prêtre catholique, ça se respecte ! + Ecce Sacerdos magnus (vidéo) + Le Sacerdoce, c'est l'amour du Coeur de Jésus (Saint Curé d'Ars)Reportage sur le Séminaire de la Castille (Diocèse de Fréjus-Toulon + Le meilleur cadeauTémoignage du père Pierre le Bourgeois + La Messe (Opus Dei)Le bonheur d'être prêtre (Père Olivier Barnay)

Dans l’Homélie de la Solennité de la Fête-Dieu, le Pape Benoît XVI a rappelé de nouveau l’attention de toute l’Eglise sur le risque de la « sécularisation », même chez les fidèles, et surtout dans le clergé, et a rappelé le caractère de coexistence entre le Sacrifice et le banquet, dans l’Eucharistie. Le Saint-Père a déclaré : « En célébrant la Pâque avec les siens, le Seigneur a anticipé dans le mystère le Sacrifice qui se serait accompli le jour suivant sur la Croix. L’Institution de l’Eucharistie nous apparaît ainsi comme anticipation et comme acceptation de sa mort par Jésus. Saint Ephrem le Syrien écrit à ce propos : ‘Durant la Cène, Jésus s’est immolé lui-même ; sur la Croix, Il fut immolé par les autres ». Aujourd’hui, il est urgent plus que jamais, en vue aussi de récupérer la dimension du sacré, si nécessaire en Europe, d’aider tous les fidèles à comprendre ou à comprendre de nouveau, la dimension universelle Sacrificielle de la Liturgie Eucharistique. Sans rien céder à la religiosité "païenne" préchrétienne, mais en aidant à une compréhension correcte du Sacrifice Expiatoire du Christ Seigneur, qui s’est offert pour nous et pour notre salut. A tous les partisans de la réduction de la Sainte Messe à un banquet, il est toutefois nécessaire de rappeler qu’il est uniquement la conséquence du Sacrifice. Sans la mort du Christ en Croix, jamais les hommes n’auraient pu devenir « des participants à la table de Dieu », et ils n’auraient jamais pu vivre une communion aussi physique avec Lui, par la Communion Eucharistique, qui est une anticipation de la condition de ressuscités, capable de dépasser les liens spatiaux et temporels. Le Saint-Père a déclaré également : « Il y a aujourd’hui le risque d’une sécularisation rampante même à l’intérieur de l’Eglise, qui peut se traduire dans un culte eucharistique formel et vide, en célébrations privées de cette participation du cœur, qui s’exprime en vénération et en respect pour la liturgie. La tentation est toujours forte de réduire la prière à des moments superficiels et hâtifs, en se laissant déborder par les activités et par les préoccupations terrestres ». La compréhension correcte de l’Eucharistie comme Sacrifice met à l’abri de ces interprétations superficielles, et, surtout, la fécondation réciproque tellement souhaitée entre la forme ordinaire et la forme extraordinaire de l’unique rite latin, pourra, avec le temps, permettre, au plan liturgique également, cette « récupération théologique » qui est aujourd’hui plus nécessaire que jamais. Parce que, « Avec l’Eucharistie, le Ciel vient donc sur la terre, le demain de Dieu s’installe dans le présent, et le temps est comme embrassé par l’éternité divine Avec l’Eucharistie, le Ciel vient donc sur la terre, le demain de Dieu s’installe dans le présent, et le temps est comme embrassé par l’éternité divine ».

A tous ceux qui n’acceptent pas la foi, la liturgie, la doctrine et la morale de l’Eglise, je dis : “Soyez cohérents avec vous mêmes ; prenez acte de l’incompatibilité flagrante qui existe entre vos idées et ce que l’Eglise proclame depuis deux millénaires, ayez le courage d'un Luther et quittez-la, allez fonder votre propre Eglise ; allez donc créer ailleurs une religion à votre image. Aujourd’hui, nul n’est forcé d’adhérer aux principes catholiques. Si vous ne croyez plus à la Présence réelle, si vous ne voyez rien d’autre dans la sainte Liturgie qu’une banale réunion conviviale, si vous considérez que la morale chrétienne n’a plus sa raison d’être au XXIe siècle et que l’Eglise doit bénir tous les comportements, considérer qu’ils se valent tous, alors allez-vous en. Cessez donc de parasiter les structures diocésaines, d’occuper des places qui vous sont indues, de vous pavaner dans les sanctuaires dimanche après dimanche, nous imposant sans cesse le néant de votre médiocrité, de votre fausse “bienveillance”, et de votre désespérante sécheresse spirituelle. Oui, allez-vous en ! Nous ne voulons plus de vous. Pendant des décennies, vous avez tout détruit, et tout renié et vous ne nous avez rien transmis, pas même les enseignements pontificaux ; vous avez chassé et exclu ceux qui se voulaient fidèles à l’enseignement de l’Eglise en les soupçonnant de semer la division alors que vous étiez vous-même à l’origine de l’éclatement des paroisses ; vous avez imposé partout la ruine et la désolation ; vous avez fait fuir les fidèles, vous les avez empêché d'accéder à la vraie foi et à la source vivifiante de la liturgie authentique ; vous les avez privé du catéchisme de nos pères ; vous avez ôté aux pauvres ce que jamais aucune époque n’avait osé leur ôter : la beauté et la dignité d’une prière liturgique enracinée dans une tradition immémoriale. Oui, allez-vous en ! Et laissez-nous reconstruire la maison sur le roc. Cette maison qui s’appelle “Eglise catholique” et ce roc qui s’appelle “Jésus”. Et en partant, prenez le soin de vous retourner pour constater les paroisses, les séminaires, les congrégations religieuses qui se meurent d’avoir suivi naïvement vos projets pastoraux, liturgiques et catéchétiques.”

Le Cardinal Dziwisz (actuel Archevêque de Cracovie) a été le secrétaire particulier de Jean-Paul II :
 
 




Eminence, avez-vous déjà senti la présence du diable ?

Card. Dziwisz - Oui, je l'ai sentie. De la manière la plus forte qui soit quand le diable a été chassé d'une jeune femme. J'étais présent, je sais ce que cela veut dire. C'est terrible de ressentir la présence d'une force si grande et incontrôlable. J'ai vu comment il la maltraitait physiquement, j'ai entendu la voix avec laquelle elle criait. Cela arriva après une audience générale. Jean-Paul II récita les prières d'exorcisme, mais rien. Alors, il dit que le jour suivant, il célèbrerait la messe aux intentions de cette jeune femme. Et après la messe, de manière imprévue, elle se retrouva comme si elle était une autre personne, tout avait disparu. Au départ je n'y ai pas cru, je pensais qu'il s'agissait d'une maladie psychique. Au contraire, Satan existe.

 

Et comment reconnaît-on sa présence dans le monde ?

Card. Dziwisz - Satan existe, même si l'idéologie dominante estime que ce ne sont que des légendes. Aujourd'hui, le démon travaille pour que les hommes croient qu'il n'existe pas. C'est une méthode ô combien perfide.

 

Source

« Dieu est tout et uniquement amour, amour très pur, infini et éternel. Il ne vit pas dans une splendide solitude, mais il est plutôt source intarissable de vie qui se donne et se transmet sans cesse. Nous pouvons dans une certaine mesure le deviner en observant aussi bien le macro-univers: notre terre, les planètes, les étoiles, les galaxies; que le micro-univers: les cellules, les atomes, les particules élémentaires. Sur tout ce qui existe est en quelque sorte imprimé le "nom" de la Très Sainte Trinité, car tout l'être, jusqu'à la dernière particule, est être en relation, et ainsi transparaît le Dieu-relation, et en définitive l'Amour créateur. Tout provient de l'amour, tend vers l'amour et avance poussé par l'amour, naturellement avec des degrés divers de conscience et de liberté. "O Seigneur, notre Seigneur, qu'il est puissant ton nom par toute la terre!" (Ps 8, 2) s'exclame le psalmiste. En parlant du "nom", la Bible indique Dieu lui-même, son identité la plus authentique; une identité qui resplendit sur toute la création, où chaque être, en vertu du fait même de s'y trouver et du "tissu" dont il est fait, fait référence à un Principe transcendant, à la Vie éternelle et infinie qui se donne, en un mot: à l'Amour. "C'est en [lui] en effet que nous avons la vie - dit saint Paul dans l'Aréopage d'Athènes -, le mouvement et l'être" (cf. Ac 17, 28). La preuve la plus éloquente que nous sommes faits à l'image de la Trinité est la suivante: seul l'amour nous rend heureux, car nous vivons en relation, et nous vivons pour aimer et être aimés. Reprenant une analogie suggérée par la biologie, nous pourrions dire que l'être humain porte dans son propre "génome" l'empreinte profonde de la Trinité, de Dieu-Amour ».

 

 

 

Ces paroles du Pape Benoît XVI à l’occasion du dimanche 7 juin, Solennité de la Sainte Trinité, amènent à réfléchir sur le fait que, dans le cœur de l’homme, comme le déclare Saint Augustin, habite un souci constant de besoin de la Vérité, dans la recherche du sens qui corresponde à la raison et qui soutienne l’existence sur la terre ; cette Vérité n’est pas quelque chose d’abstrait, d’impersonnel et d’indépendant de nous, mais quelque chose qui se manifeste toujours dans une rencontre concrète avec l’homme. Les Evangiles attestent les « rencontres » de Jésus, Dieu fait chair, qui entre en rapport avec l’homme, pour révéler que l’être de l’homme est lui-même un rapport, tout tendu vers la rencontre – jamais accomplie une fois pour toutes, mais qui, toujours nouvelle, se produit chaque jour – de laquelle on déduit que notre raison correspond et adhère, finalement, seulement au Verbe Divin, le Logos. Toutefois, ce rapport entre l’homme et le Verbe de Dieu, n’est pas « symétrique » ; il ne consiste pas dans le simple et réciproque « reflet » de l’un dans l’autre. C’est plutôt, en un certain sens, un rapport asymétrique, mais avec une origine bien précise : c’est le Logos qui a pris l’initiative quand il s’est fait voir, toucher et entendre, c’est-à-dire quand il s’est fait connaître dans la chair, mais sans s’imposer à nous, comme un « Deus ex machina », mais, au contraire, en nous demandant notre « oui ! », et en continuant à la demander aux hommes, afin qu’ils s’engagent avec leur propre intelligence et leur propre chair, dans une liberté pleine et totale. Cette « demande d’engagement total » a eu lieu en tout premier lieu avec Marie, emblème parfait de l’humanité obéissante quand, à l’Annonciation, Dieu a demandé son accord : en effet, c’est uniquement de cette manière qu’il devient possible que la liberté soit vraie, parce qu’elle est en rapport avec la Vérité. De la sorte, ce qui nous a été donné par le Verbe, tout ce qu’il a donné, c’est afin que, comme le rappelle saint Paul, tout puisse devenir « nôtre ». C’est là le « quaerere Deum », reconnaître sa Présence, ce que nous cherchons quand nous entrons en relation avec celui que nous aimons, dans un amour jamais définitif humainement, mais toujours nouveau, qui demande une réciprocité humaine. Le Saint-Père écrit en effet : « C’est le propre de la maturité de l’amour d’impliquer toutes les potentialités de l’homme, et d’inclure, pour ainsi dire, l’homme dans son intégralité. La rencontre des manifestations visibles de l’amour de Dieu peut susciter en nous un sentiment de joie, qui naît de l’expérience d’être aimé. Mais cette rencontre requiert aussi notre volonté et notre intelligence. La reconnaissance du Dieu vivant est une route vers l’amour, et le oui de notre volonté à la sienne unit intelligence, volonté et sentiment dans l’acte totalisant de l’amour. Ce processus demeure cependant constamment en mouvement: l’amour n’est jamais «achevé» ni complet; il se transforme au cours de l’existence, il mûrit et c’est justement pour cela qu’il demeure fidèle à lui-même. Idem velle atque idem nolle – vouloir la même chose et ne pas vouloir la même chose; voilà ce que les anciens ont reconnu comme l’authentique contenu de l’amour: devenir l’un semblable à l’autre, ce qui conduit à une communauté de volonté et de pensée. L’histoire d’amour entre Dieu et l’homme consiste justement dans le fait que cette communion de volonté grandit dans la communion de pensée et de sentiment, et ainsi notre vouloir et la volonté de Dieu coïncident toujours plus » (Deus Caritas Est, 17).

Le fait d’être « image et ressemblance » de l’homme avec Dieu, d’un côté, comme le rappellent les Pères, est une donnée inscrite « dans le génome Humain », de l’autre côté, c’est un processus de « restauration continue » de l’image perdue, en raison de la faiblesse de la nature, conséquence tragique du péché originel. On constate en cela que l’œuvre du Créateur est sans solution de continuité avec l’œuvre du Rédempteur et celle du Saint-Esprit Sanctificateur. Parce que Jésus-Christ, comme le note Saint Ambroise, a été crucifié pour le péché, et vit à présent en Dieu, c’est Lui le « restaurateur » de notre nature humaine : ou plutôt et mieux encore, c’est « à l’image et la ressemblance de Lui » qu’est appelé à ressusciter et à vivre chaque homme créé par Dieu.

 

Fides

« Pierre, premier des Apôtres, a reçu les Clefs du Royaume des Cieux. Avec elles, il lie et délie les péchés de tous les saints, unis de manière inséparable au Corps du Christ, et il indique aux fidèles, la route juste à suivre en cette vie agitée par toutes les tempêtes. En revanche, Jean, l’Evangéliste, posa sa tête sur la poitrine de Jésus. Le geste fait penser au repos des saints, au repos qu’ils trouveront sur cette poitrine, pleinement à l’abri des flots, et au secret qu’est la vie bienheureuse ». Saint Augustin poursuit en disant que c’est non seulement aux deux Apôtres mais « à tous, qu’est ouverte par le Seigneur lui-même, la source de l’Evangile, pour que tous la boivent sur toute la terre, chacun selon sa propre capacité » (Traités sur Jean, 124, 7;CCL 36, 687)

 

 

Nous devons réfléchir sur cela chaque jour, chaque fois que nous commettons le péché, que nous faisons l’expérience de notre faiblesse. Ainsi, nous ne nous scandaliserons par des articles et des livres qui circulent, pour condamner au pilori les « déficiences » vraies ou supposées d’hommes d’Eglise, qui ont pu céder à l’Ennemi. Pierre, avec ses défauts et avec ses craintes, aimait profondément Jésus, au point de verser son sang pour Lui et se faire crucifier la tête en bas, comme le dit la Tradition, parce qu’il ne se considérait pas digne de mourir comme son Seigneur ! On comprend alors que, lorsque l’Eglise « tombe en ruine » - temporairement seulement à cause des péchés de ses membres -, la tâche qui presse est le retour à la Grâce. Il est nécessaire que se multiplient des Compagnies, des Fraternités, des Amitiés, des Communions qui mènent une vie de pauvreté, de chasteté et d’obéissance surtout, et ainsi, presque sans s’en apercevoir, on ramènera Jésus au centre, et le Christianisme à la foi. Comme l’a fait Saint François. C’est la voie de la sainteté, que Dieu suscite habituellement de manière simple, avec des tâches apparemment insignifiantes, en allant du particulier à l’universel. Au lieu de « nous mordre et de nous dévorer », il faut penser à tous ceux qui ne connaissent pas Dieu, qui ne connaissent pas le Christ, un nouveau paganisme contre lequel on ne peut lutter qu’en annonçant l’Amour de Dieu et en témoignant. Il est nécessaire de vaincre en nous la présomption d’être meilleurs que les autres. En revanche, nous devrions nous demander, comme l’a écrit le Pape Benoît XVI dans sa Lettre aux Evêques du 10 mars 2009, si nous sommes toujours disposés à apprendre la priorité suprême : l’Amour ! Mais il faut vaincre la peur ! Celle qui nous fait demeurer froids et fermés sur nous-mêmes, au lieu d’embrasser et d’étreindre ceux qui veulent nous aimer. Pour apprendre à aimer, nous devrions suivre la « méthode » de Grégoire de Nysse : « Si l’amour parvient vraiment à éliminer la peur, et si elle se transforme en amour, on découvrira alors que ce qui sauve c’est précisément l’unité. Le salut réside en effet à se sentir tous fondus dans l’amour, dans l’unique et vrai bien par cette perfection qui se trouve dans la colombe… Le lien de cette unité est une gloire authentique… Personne en effet ne peut nier que le Saint-Esprit soit appelé ‘gloire’ (Jean 17, 22) » (Homélie sur le Cantique des Cantiques, 15; PG 44, 1115.1117). Cette gloire se manifeste si, comme le Christ, nous abattons les murs de notre résistance à l’Amour, et si nous passons par Lui, ou plutôt l’un par l’autre, dans l’autre, comme la lance a ouvert Son Cœur, en accueillant et en redonnant. C’est là la Vérité de l’Amour qui vainc toute faiblesse. Paul lui aussi est passé par cette même expérience : « Une épine dans sa chair » fut la manière par laquelle Dieu humilia sa grandeur ; mais la grâce de Dieu soulagea sa blessure, en le faisant dépendre d’une communion visible, l’amitié avec celui qu’il mit à ses côtés pour sa mission apostolique. Il faut donc méditer la réponse du Seigneur à l’Apôtre : « Ma grâce de te suffit, car ma puissance se déploie dans la faiblesse » (2 Corinthiens 12, 9)

 

Fides

Le nombre de candidats au sacerdoce qui avaient été ordonnés diacres en 2012 permet de savoir quel sera le nombre de nouveaux prêtres en France pour cette année 2013. On donne le chiffre de 76... Le chiffre le plus bas jamais enregistré. Il indique non seulement une érosion du catholicisme dans notre pays, mais également l’échec d’une pastorale menée tambour battant dans les diocèses et qui a été basée sur la nomination de « laïcs en responsabilité », sur les « rassemblements diocésains festifs », sur la généralisation de « célébrations liturgiques » au sujet desquelles le Cardinal Ratzinger disait qu’elles sont « d’une pauvreté affligeante ». Depuis Vatican II reçu dans nos diocèses dans une herméneutique de rupture affirmée, il y a eu pléthore de tentatives et d’expériences pour redresser la situation : les messes évolutives, conviviales, vivantes, fraternelles... et sans cesse réformées au gré des lubies de tel prêtre, de telle équipe d’animation en sont une parmi tant d’autres. Ces liturgies qui se voulaient attirantes ont toutes échoué : le peuple ne les a jamais faites siennes puisque qu’il n’a jamais conçu la liturgie comme un produit, mais comme une révélation. Les messes actuelles, faussement attribuées à la réforme conciliaire, n’étant plus révélation mais du bavardages et de l’agitation greffés sur des rites squelettiques désormais accomplis sans le moindre souci de dignité, comment devrait-on s’étonner qu’elles n’attirent plus, qu’elles ne puisse plus susciter de vocations ? 

 

Quel jeune, en effet, voudrait donner sa vie pour une Eglise qui, localement, donne l’impression de tourner à vide ? Quel jeune voudrait s’engager dans le sacerdoce lorsqu’il voit le manque de tenue de certains prêtres ? Quel jeune accepterait de devenir ministre du Seigneur en sachant qu’une fois nommé dans une paroisse par son évêque, il lui faudra plier devant des équipes de laïcs dont les prétentions à tout régenter sont inversement proportionnelles aux réelles compétences de leurs membres ? Moins de 80 prêtres ordonnés cette année en France... N’est-ce pas un nouveau signe montrant qu’il est urgent d’abandonner les projets pastoraux diocésains abusivement présentés, à coups de slogans creux (« faire Eglise autrement », « prêtres academy », « messe qui prend son temps », « dimanche autrement »... etc.), comme conformes aux enseignements de Vatican II ? 

 

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