L’Église catholique est en train de se transformer en une boutique où la grâce deviendra l’objet d’une grande braderie. Selon le théologien et pasteur protestant Dietrich Bonhoeffer (1906-1945), la grâce bradée, c’est la grâce distribuée à tous comme une vulgaire “camelote”. Il écrivait : « Les sacrements, le pardon du péché et les apaisements de la religion sont vendus à prix réduits. La grâce devient accessible à toute personne qui ne se pose plus de questions. »


La grâce bradée, c’est la prédication du pardon sans repentance ; c’est le baptême sans la discipline de l’Église ; c’est la communion sans confession personnelle ni absolution ; c’est une religiosité minimaliste sans la Croix et sans Jésus-Christ Fils de Dieu fait homme. C’est, pour résumer, un ersatz de christianisme vécu au sein d’assemblées devenues perméables à tout ce qui, de loin ou de près, ressemble vaguement à de la religion.

Dans de nombreuses Lettres Pastorales, on ne cite plus le Pape comme étant le point de référence de l’authenticité et le garant de la catholicité de l’enseignement épiscopal, mais, le Cardinal, ou le théologien, ou le laïc, même non croyant, ou le moine de renom du moment, en les considérant comme des interprètes autorisés de l’enseignement officiel de l’Eglise. En outre, on donne parfois l’impression que l’on pense que l’une de leurs déclarations, même si elle diffère de la Vérité Catholique, a un poids égal à celui d’une intervention pontificale. On procède de même dans le domaine œcuménique et interreligieux, en considérant que la voix d’un rabbin ou d’un imam puisse exprimer la pensée de tout le peuple juif, ou de tout le monde musulman, alors qu’ils n’ont pas une « hiérarchie », mais seulement des spécialistes ou docteurs « privés », n’étant ni prêtres ni « Evêques » :

 

 


Que s’est-il passé ? En oubliant que "Lumen Gentium" a réaffirmé que l’Eglise était le Peuple de Dieu, ordonné hiérarchiquement, on se livre à une soustraction et à une sourde opposition au Magistère de l’Eglise, constitué par le lien inséparable et nécessaire entre l’Evêque d’une Eglise particulière et le Pasteur Suprême de l’Eglise Universelle. Comme si on pouvait concevoir une « responsabilité locale » non en dépendance étroite et en étroite relation théologique, et donc juridique, avec le Pasteur Suprême. Les historiens considèrent que tout cela a commencé en 1968, avec la contestation de l’Encyclique "Humanae Vitae" de Paul VI. Même si, grâce aux moyens de communication de masse, quelques bribes - sans queue ni tête - de la parole du Pape arrivent à domicile, les fidèles communs ont, toutefois, le droit de la recevoir dans son entier de la part des Pasteurs des Eglises particulières, et des prêtres et des laïcs, leurs collaborateurs. Depuis les Apôtres, ce qui a fait « fonctionner » l’Eglise, a été l’assiduité à l’enseignement, une des conditions pour devenir un seul cœur et une seule âme. C’est la « Traditio » ou transmission de la foi qui se réalise de manière massive dans la catéchèse et dans la liturgie, en particulier dans les homélies. Sans Tradition de la foi, il n’y a pas de réception de la part des fidèles. Le paradoxe auquel on en est arrivé, c’est que l’on parle beaucoup de réception des documents œcuméniques, mais que, dans le même temps on met le « silencieux », ou pire encore, on censure le Magistère Pétrinien. Il est toujours bon de se rappeler que le magistère de l’Evêque n’est authentique que s’il est en communion effective (et affective) avec celui du Pape. Cinq ans après le Concile, le 8 décembre 1970, le Pape Paul VI mit en garde contre « une tendance à reconstruire, en partant des données psychologiques et sociologiques, un Christianisme étranger à la Tradition ininterrompue qui le relie à la foi des Apôtres, et à mettre en relief une vie chrétienne privée d’éléments religieux ». Un tel phénomène produit des divisions et des oppositions dans l’Eglise. Les catholiques ont-ils été peut-être contaminés par l’autocéphalie orthodoxe, ou par le libre arbitre protestant ? S’est-on mis à croire qu’il existait, comme en politique un duumvirat ou un triumvirat entre Rome, Constantinople et Moscou ? Mais cela n’a rien à faire avec les principes catholiques de l’œcuménisme, énoncés par le Concile Vatican II. Que l’on doive attaquer l’Eglise à partir du monde est physiologique, mais que cela doive venir de l’intérieur est préoccupant. Cela conditionne en effet, au moins du point de vue humain, l’efficacité de l’évangélisation. Il n’est pas rare que les fidèles quand ils entendent prêcher un prêtre ou un Evêque, d’une manière différente de celle du Pape, souffrent de la confusion que cela engendre, et demandent l’uniformité de l’enseignement ! C’est une opposition, et parfois un mépris pour l’Eglise actuelle au nom de l’Eglise future, une herméneutique qui marche toujours avec un Pape de retard : ils exaltent aujourd’hui Jean-Paul II, ceux qui l’ont catalogué de réactionnaire et de conservateur quand il était en vie. La désobéissance est un péché à confesser, par le fait aussi qu’il finit par entraîner chez les fidèles l’indifférence envers le Magistère, sans oublier la confusion et la désorientation. Seul le Magistère vivant du Pape et des Evêques en communion avec Lui - nous soulignons « en communion avec Lui » - constitue l’orientation sûre de la barque de l’Eglise même à notre époque, afin d’aider à former le jugement de foi et de morale, pour choisir le bien, et refuser le mal, à la lumière de la Vérité du Christ. Il a confié à Pierre « mes brebis », c’est-à-dire toutes. C’est là l’herméneutique catholique.

 

Fides

Le grand mystère de la sainte nuit de Noël, la contemplation du Verbe Divin fait chair dans la crèche, la douce joie et la paix aimante qui habitent le cœur de tous ceux qui s’approche de Jésus-Christ : tout cela doit nous faire désirer savoir comment s’est réalisée l’Incarnation du Fils de Dieu en Sa Deuxième Personne Divine, et savoir qui est réellement cet enfant si fragile et si grand qui s’offre à notre adoration, à notre amour et à notre imitation…

 

 

 

 

C’est ainsi que la Révélation Divine nous apprend que Jésus-Christ est une seule personne, une Personne Divine, la seconde personne de la Très Sainte Trinité, et qu’Il possède deux natures : la nature divine, éternellement, consubstantiellement avec le Père et le Saint-Esprit, et la nature humaine, assumée par la Personne Divine du Verbe et unie à la nature divine, dans l’acte même de sa création. Cette nature humaine a été créée par Dieu lorsqu’il a uni un corps virginalement formé du Sang Très Pur de la Très Sainte Vierge Marie, et une âme spécialement produite pour donner vie à ce corps. La nature humaine de Jésus-Christ est exactement semblable à la nôtre (corps et âme, intelligence et volonté, sensibilité etc.) mais comme cette nature ne s’achève pas en elle-même, comme elle ne forme pas un être autonome, Jésus-Christ n’est pas une personne humaine (+). La nature est achevée dans son Unique Personne Divine. Elle est donc la nature humaine d’une Personne Divine. Cette nature humaine est immaculée, sans la moindre ombre de trace de péché. Elle est cependant dans l’état consécutif au péché originel, sujette aux conséquences communes du péché originel que sont la mort et la souffrance. Étant unies dans la Personne Divine du Verbe (union hypostatique), les deux natures de Notre-Seigneur Jésus-Christ, tout en demeurant strictement intègres et distinctes et infiniment distantes, sont indissociables. Quand Notre-Seigneur Jésus-Christ s’offrit en toute volonté, et de manière sanglante sur la Croix, sa mort sera réelle : son corps et son âme se sépareront totalement, mais chacun d’eux, à part de l’autre, demeurera uni à la nature divine.

 

La Sainte Vierge Marie est Mère d’un Fils qui est un seul être et qui est Dieu : elle est Mère de Dieu. La maternité s’achève à la Personne, et la Personne de Notre-Seigneur est Divine. Jésus-Christ ne tient pas sa nature divine de la Sainte Vierge Marie, mais Notre-Dame est Mère de cet être qui est Dieu (tout comme nous ne tenons pas notre âme de nos parents, puisque l’âme est directement créée par Dieu, et pourtant ils sont père et mère de nous tout entiers). La foi est exprimée depuis les origines de l’Église d’une façon très simple et parfaitement exacte, que nous devons, à l’exemple de la Sainte Vierge Marie, conserver et méditer dans notre cœur : Jésus-Christ est l'Unique Vrai Dieu, l'Unique Vrai Homme, et la Sainte Vierge Marie est vraiment Mère de Dieu. Qu’ils soient bénis à jamais !

 

 

*** En rigueur de terme, l'union hypostatique du Verbe commence à l'Incarnation,
c'est-à-dire au "fiat" de la Très Sainte Vierge Marie lors de l'Annonciation





RAPPEL DOCTRINAL CONCERNANT

L’UNION HYPOSTATIQUE DU VERBE INCARNE

 


« Suivant donc les saints pères, nous enseignons tous unanimement que nous confessons un seul et même Fils, notre Seigneur Jésus Christ, le même parfait en divinité, et le même parfait en humanité, le même vraiment Dieu et vraiment homme composé d'une âme raisonnable et d'un corps, consubstantiel au Père selon la divinité et le même consubstantiel à nous selon l'humanité, en tout semblable à nous sauf le péché (voir
He 4,15), avant les siècles engendré du Père selon la divinité, et aux derniers jours le même engendré pour nous et notre salut de la Vierge Marie, Mère de Dieu selon l'humanité, un seul et même Christ, Fils, Seigneur, l'unique engendré, reconnu en deux natures, sans confusion, sans changement, sans division et sans séparation, la différence des natures n'étant nullement supprimée à cause de l'union, la propriété de l'une et l'autre nature étant bien plutôt gardée et concourant à une seule personne et une seule hypostase, un Christ ne se fractionnant ni se divisant en deux personnes, mais un seul et même Fils, unique engendré, Dieu Verbe, Seigneur Jésus Christ, selon que depuis longtemps les prophètes l'ont enseigné de lui, que Jésus Christ lui-même nous l'a enseigné, et que le Symbole des pères nous l'a transmis. Tout ceci ayant donc été formulé par nous avec la plus scrupuleuse exactitude et diligence, le saint concile œcuménique a défini qu'il n'était permis à personne de professer, de rédiger ou de composer une autre confession de foi, ni de penser ou d'enseigner autrement ». (CF : DENZINGER N°301-302-303 - Profession de Foi du IVème Concile œcuménique de Chalcédoine - 22 octobre 451)

Question de Vittorio Messori à Jean-Paul II : "Votre allusion à l'intransigeance de Pierre et de Jean dans les Actes des Apôtres lorsqu'ils déclarent : « Quant à nous, il nous est impossible de ne pas dire ce que nous avons vu et entendu » (Actes 4, 20) nous rappelle que, malgré le désir de dialogue exprimé par l'Église, les paroles du Pape ne sont pas toujours bien accueillies et ne font pas l'unanimité. Si on se fie au miroir, peut-être déformant, du réseau médiatique international, on constate qu'il n'est pas rare que vos prises de position soient nettement (voire violemment) contestées, alors que l'Église ne fait là que confirmer son enseignement, surtout dans le domaine de la morale" :

 


 

 

« Aujourd'hui comme hier, la force de l'Église, en Orient comme en Occident,

réside à l'évidence dans le témoignage des saints, ces hommes et ces femmes

qui ont fait leur la Vérité du Christ, ces hommes et ces femmes

qui n'ont suivi d'autre chemin que le Christ Lui-même, qui ont vécu la vie

que le Christ donne dans l'Esprit Saint » (Jean-Paul II)





Réponse de Jean-Paul II : Vous abordez ici le problème de l'accueil réservé à l'enseignement de l'Église dans le monde d'aujourd'hui, surtout dans le domaine de l'éthique et de la morale. Quelqu'un a écrit qu'en matière de morale, et surtout d'éthique sexuelle, l'Église et le Pape s'opposent à la tendance qui prévaut dans le monde contemporain, c'est-à-dire à la libéralisation des mœurs. Et puisque le monde court dans cette direction, on a l'impression que l'Église recule ou plutôt, que le monde s'éloigne. Ainsi, le monde d'aujourd'hui s'éloigne du Pape et de l'Église. C'est une opinion très largement répandue. Je suis persuadé qu'elle est totalement injuste. L'Encyclique Veritatis Splendor le montre précisément même si l'objet de l'exposé ne concerne pas directement l'éthique sexuelle, mais la menace que le relativisme moral fait peser sur la civilisation occidentale. Paul VI déjà s'en était rendu compte et il avait conscience que son devoir était de lutter contre ce relativisme (théorie basée sur la relativité de la connaissance) pour le bien essentiel de l'homme. Dans son Encyclique Humanae Vitae, il a répondu à l'appel de l'apôtre Paul, qui écrivait à son disciple Timothée : « Proclame la Parole, interviens à temps et à contretemps. (...) Un temps viendra où l'on ne supportera plus renseignement solide » (2Timothée 4, 2-3). L'apôtre n'avait-il pas là parfaitement décrit par avance la situation contemporaine ? Les média ont habitué les différents groupes sociaux à n'entendre que ce qui « caresse les oreilles » (Cf. : 2Tm 4, 3). La situation ne fera qu'empirer si les théologiens, et surtout les moralistes, au lieu de se faire les témoins de "l'enseignement solide", se font les complices des média lesquels, bien entendu, donnent alors une large diffusion à leurs doctrines nouvelles. Lorsque la vraie doctrine est impopulaire, il n'est pas permis de rechercher la popularité au prix d'accommodements faciles. L'Église doit faire face en répondant sans se dérober à la question : « Que dois-je faire de bon pour avoir la vie éternelle ? (Mt 19,16) » Le Christ nous en a averti : le chemin qui mène au salut est étroit et escarpé, ce n'est pas la voie large et glissante de la facilité (Cf. : Mt 7,13-14.). Nous n'avons pas le droit d'abandonner "l'enseignement solide" ni de le modifier. Le transmettre dans son intégralité est le rôle du Magistère (La mission d'enseignement du pape et des évêques telle qu'elle a été confiée par le Christ aux apôtres) de l'Église. C'est aussi le devoir des théologiens - surtout des moralistes - qui ont une responsabilité particulière, comme collaborateurs de l'Église enseignante. Bien entendu, gardent toute leur valeur les paroles adressées par Jésus aux légistes qui placent sur les épaules des hommes de lourds fardeaux, alors qu'eux-mêmes refusent de les porter (Cf : Lc 11, 46). Mais il faut tout de même savoir quel est le fardeau le plus lourd : la Vérité, même si ses exigences paraissent difficiles à porter, ou l'apparence de la Vérité qui donne l'illusion de la rectitude morale. L'Encyclique Veritatis Splendor nous conduit à affronter ce dilemme fondamental que les consciences commencent à mieux discerner aujourd'hui qu'en 1968, lorsque Paul VI a publié l'Encyclique Humanae Vitae. Est-il vrai que l'Église reste immobile alors que le monde s'éloigne d'elle ? Peut-on affirmer que la course du monde vers une liberté de mœurs toujours accrue est irréversible ? Ces croyances ne masquent-elles pas, justement, la conception relativiste de l'existence si néfaste pour l'homme ? Ne nous y trompons pas, ce qui est enjeu pour l'avortement comme pour la contraception, c'est en définitive la Vérité sur l'homme. Or, l'éloignement de cette Vérité ne constituera jamais un progrès. Il est impossible de voir dans la libéralisation des mœurs les caractéristiques du "progrès éthique". Face à de telles tendances, tous les pasteurs de l'Église, et en particulier le pape, doivent être particulièrement attentifs, pour ne pas ignorer la ferme injonction de saint Paul dans sa Deuxième épître à Timothée : « Mais toi, en toute chose garde ton bon sens, supporte la souffrance, travaille à l'annonce de l'Évangile, accomplis jusqu'au bout ton ministère » (2Tm 4, 5). La foi dans l'Église aujourd'hui ? Dans le Credo, aussi bien le Symbole des Apôtres que la confession de Foi de Nicée-Constantinople, nous affirmons : « Je crois en l'Église ». D'une certaine façon, nous plaçons l'Église au même niveau que les mystères de la Sainte-Trinité, de l'Incarnation et de la Rédemption. Cependant, comme l'a montré le père de Lubac, la foi en l'Église n'a pas le même sens que la foi dans les grands mystères de Dieu Lui-même. En effet, nous ne faisons pas que croire en l'Église : nous la constituons aussi. D'après le Concile, nous pouvons dire que nous croyons en l'Église en tant que mystère. Mais, en tant que Peuple de Dieu, nous avons conscience d'être l'Église. Nous sommes l'Église en qualité de membres de sa structure hiérarchique, mais surtout parce que nous participons à la triple mission du Christ : prophétique, sacerdotale et royale. Notre foi en l'Église a été renouvelée et approfondie d'une manière significative par le Concile. Pendant longtemps, on a insisté sur la dimension institutionnelle et hiérarchique de l'Église, en oubliant un peu qu'elle ne subsiste que par la grâce, et qu'en tant que peuple de Dieu, elle est essentiellement charismatique. On peut dire qu'à travers l'enseignement du Concile, la foi en l'Église nous a été redonnée comme mission. Le renouveau postconciliaire porte surtout sur la redécouverte de cet aspect particulièrement fécond de la foi. La foi en l'Église, telle que l'enseigne Vatican II, nous incite à revoir nos schémas trop rigides : les anciennes divisions, comme celle qui distinguait l'Église qui enseigne et l'Église qui écoute, doivent être revues à la lumière du fait que tout baptisé participe - à la place qui lui est propre - à la mission prophétique, sacerdotale et royale du Christ. [...]
 Aujourd'hui comme hier, la force de l'Église, en Orient comme en Occident, réside à l'évidence dans le témoignage des saints, ces hommes et ces femmes qui ont fait leur la Vérité du Christ, ces hommes et ces femmes qui n'ont suivi d'autre chemin que le Christ Lui-même, qui ont vécu la vie que le Christ donne dans l'Esprit Saint. Et de nos jours, l'Église ne manque pas de saints, ni en Orient, ni en Occident ! Les saints de notre siècle sont pour la plupart des martyrs. Les systèmes totalitaires, qui ont dominé l'Europe au milieu du XXe siècle, en ont beaucoup offert à l'Église. L'univers concentrationnaire, celui des camps de la mort, a été le lieu et le moyen du monstrueux holocauste des juifs. Mais il a aussi donné de véritables saints parmi les catholiques, les orthodoxes et les protestants. Il s'agit là de véritables martyrs. Il suffit de rappeler les noms du père Maximilien Kolbe et d'Edith Stein, sans oublier les martyrs de la guerre civile en Espagne. En Europe de l'Est, ces martyrs sont foule, surtout parmi les orthodoxes - russes, ukrainiens et biélorusses -, sans oublier ceux qui viennent d'au-delà de l'Oural. On compte aussi des martyrs catholiques en Russie, en Biélorussie, en Lituanie, dans les pays baltes, dans les Balkans, en Ukraine, en Galicie, en Roumanie, en Bulgarie, en Albanie, dans les pays de l'ex-Yougoslavie. Ils représentent la multitude de ceux qui, comme le dit l'Apocalypse de Saint Jean, « suivent l'Agneau »  (Apocalypse 14, 4.). Ils complètent dans leur martyre le témoignage Rédempteur du Christ (Cf. : Col 1, 24), et par là même, ils rendent simultanément possible un nouveau monde, une nouvelle Europe, une nouvelle civilisation.

 

Source

 

Objections :

 

1. Il semble que la coquetterie féminine ne soit pas exempte de péché mortel. Tout ce qui est contraire à un commandement de la loi divine est en effet péché mortel. Or la coquetterie féminine est contraire à un commandement de la loi divine. S'adressant aux femmes, S. Pierre dit (1 P 3, 3) : "Que votre parure ne soit pas extérieure, faite de cheveux tressés, de cercles d'or et de toilettes bien ajustées." Ce que la Glose de Cyprien commente ainsi : "Celles qui se revêtent de soie et de pourpre ne peuvent sincèrement revêtir le Christ; celles qui se parent d'or, de perles et de bijoux, ont perdu la parure de l'âme et du corps." Or cela ne se produit que par le péché mortel. La coquetterie féminine ne peut donc être exempte de péché mortel.

2. "Ce n'est pas seulement aux vierges ou aux veuves, dit S. Cyprien, mais aussi aux femmes mariées et à toutes les femmes sans exception qu'il faut dire qu'elles ne doivent en aucune façon falsifier l'oeuvre et la créature de Dieu en usant de teinture blonde, ou de poudre noire, ou de rouge, ou de quelque autre préparation destinée à modifier leurs traits naturels." Et S. Cyprien ajoute : "Elles font violence à Dieu quand elles s'efforcent de refaire ce que lui-même a fait. C'est un assaut contre l'oeuvre divine, une trahison de la vérité. Tu ne pourras plus voir Dieu, quand tu n'auras plus les yeux que Dieu a faits, mais ceux que le diable a défaits: Tu t'es fait parer par ton ennemi, tu brûleras tout autant que lui." Mais cela ne s'impose qu'au péché mortel. La coquetterie féminine n'est donc pas exempte de péché mortel.

3. Il ne convient pas plus à la femme de faire une toilette contraire à la règle, qu'il ne convient de se servir de vêtements masculins. Or cela est un péché, selon le Deutéronome (22,5) : "Une femme ne portera pas un costume masculin, et un homme ne mettra pas un vêtement féminin." Il semble donc que l'excès dans la coquetterie féminine soit un péché mortel.

Cependant, à ce compte, il semble que les artisans qui préparent ces parures pécheraient eux-mêmes mortellement.

 

 

Conclusion :

 

En ce qui concerne la parure féminine, il faut faire les mêmes observations que celles faites plus haut de façon générale à propos du vêtement extérieur; en ajoutant cependant cette remarque particulière que la toilette féminine provoque les hommes à la sensualité, comme on le voit dans les Proverbes (7, 10) : "Voilà qu'une femme l'aborde, parée comme une courtisane, et préparée à tromper." Cependant une femme peut licitement s'employer à plaire à son mari, de peur qu'en la dédaignant il ne tombe dans l'adultère. C'est pourquoi S. Paul dit (1 Co 7, 34) : "La femme qui s'est mariée a souci des affaires du monde, des moyens de plaire à son mari." Si une femme mariée se pare afin de plaire à son mari, elle peut donc le faire sans péché. Mais les femmes qui ne sont pas mariées, qui ne veulent pas se marier, et qui sont dans une situation de célibat ne peuvent sans péché vouloir plaire aux regards des hommes afin d'exciter leur convoitise, car ce serait les inviter à pécher. Si elles se parent dans cette intention de provoquer les autres à la convoitise, elles pèchent mortellement. Mais si elles le font par légèreté, ou même par vanité à cause d'un certain désir de briller, ce n'est pas toujours un péché mortel, mais parfois un péché véniel. Et sur ce point, les mêmes principes s'appliquent aux hommes. C'est pourquoi S. Augustin écrit à Possidius : "je ne veux pas que tu prennes une décision précipitée en interdisant les parures d'or et les vêtements précieux, si ce n'est à l'égard de ceux qui ne sont pas mariés et qui, ne désirant pas se marier, ne doivent penser qu'aux moyens de plaire à Dieu. Pour les autres, ils ont les pensées du monde: les maris cherchent à plaire à leurs épouses, et les épouses à leurs maris. Toutefois il ne convient pas aux femmes, même mariées, de laisser voir leurs cheveux, car l'Apôtre leur ordonne de se voiler la tête." Dans ce cas cependant, certaines pourraient ne pas commettre de péché, si elles ne le font pas par vanité, mais à cause d'une coutume contraire, bien que cette coutume ne soit pas à recommandera.

 

 

Solutions :

 

1. Comme dit la Glose au même endroit, "les femmes de ceux qui étaient dans la tribulation méprisaient leurs maris et, pour plaire à d'autres, se paraient de beaux atours; ce que l'Apôtre leur interdit". S. Cyprien parle lui aussi du même cas, mais il n'interdit pas aux femmes mariées de se parer pour plaire à leurs maris, afin de leur enlever l'occasion de pécher avec d'autres femmes. C'est pourquoi S. Paul écrit (1 Tm 2, 9) : "Que les femmes aient une tenue décente; que leur parure, modeste et réservée, ne soit pas faite de cheveux tressés, d'or, de pierreries, de somptueuses toilettes." Ce qui laisse à entendre qu'une parure sobre et modérée n'est pas interdite aux femmes, mais seulement une parure excessive, insolente et impudique.

2. Les fards dont parle S. Cyprien sont une espèce de mensonge qui ne peut éviter le péché. C'est pourquoi S. Augustin écrit à Possidius : "Se farder, pour paraître plus rouge ou plus blanche, est un artifice fallacieux. Les maris eux-mêmes, je n'en doute pas, ne veulent pas être trompés de la sorte. Or c'est pour eux seuls qu'il est permis aux femmes de se parer; encore est-ce une tolérance, et non un ordre." L'utilisation de ces fards n'est cependant pas toujours péché mortel, mais seulement quand elle se fait par luxure ou par mépris de Dieu; ce sont les cas visés par S. Cyprien.

Il faut néanmoins distinguer entre feindre une beauté que l'on n'a pas, et cacher une laideur qui provient de quelque cause, comme la maladie. En effet, ceci est licite, car, selon S. Paul (1 Co 12, 23), "les membres du corps que nous tenons pour les moins honorables sont ceux-là mêmes que nous entourons de plus d'honneur".

3. Nous l'avons dit, la toilette extérieure doit être en rapport avec la condition de la personne, conformément aux usages communément reçus. C'est pourquoi il est de soi vicieux qu'une femme mette des vêtements masculins, ou l'inverse; et principalement parce que cela peut être une cause de débauche. C'est spécialement interdit par la loi, parce que les païens utilisaient de tels changements de vêtements pour se livrer à la superstition idolâtrique.- Parfois cependant, lorsqu'il y a nécessité, cela peut se faire sans péché: ou bien pour se cacher des ennemis, ou bien par manque d'autres vêtements, etc.

4. Si un art avait pour but de fabriquer des produits dont les hommes ne pourraient se servir sans péché, il en résulterait que les ouvriers commettraient un péché en fabriquant de tels articles, car ils offriraient alors directement aux autres une occasion de pécher; ce serait le cas de celui qui fabriquerait des idoles ou objets servant au culte idolâtrique. Au contraire, si un art se rapporte à des ouvrages dont les hommes peuvent faire un bon ou un mauvais usage, comme les glaives, les flèches, etc., la pratique de cet art n'est pas un péché. Seul celui-ci d'ailleurs mérite le nom d'art. Comme dit S. Jean Chrysostome, "il faut appeler arts ceux-là seuls qui fournissent et fabriquent des choses nécessaires et qui contribuent à maintenir notre vie". - Cependant, si l'on faisait la plupart du temps un mauvais usage des produits d'un art, bien qu'ils ne soient pas en eux-mêmes illicites, ce serait le devoir du prince, selon Platon. de les exclure de la cité.

Donc, puisqu'il est permis aux femmes de se parer, pour maintenir ce qui convient à leur condition, ou même pour ajouter quelque ornement afin de plaire à leurs maris, il en résulte que les ouvriers qui fabriquent de telles parures ne pèchent pas en pratiquant leur art, à moins qu'ils n'en viennent à inventer des modes excessives et étranges. C'est ce qui fait dire à S. Jean Chrysostome : "Il y aurait beaucoup à retrancher même à l'art de la chaussure et du vêtement. On l'a dirigé en effet vers la luxure, en altérant sa nécessité, et en mêlant un art à un autre pour un but mauvais."

 

Extrait de la Somme Théologique de Saint Thomas d’Aquin

« Dignitas Personae », l’Instruction publiée vendredi 12 décembre sur plusieurs questions de bioéthique par la Congrégation pour la Doctrine de la Foi - et qui met à jour « Donum Vitae » -, exprime un grand « oui » à la vie humaine, depuis la conception jusqu’à la mort naturelle. La première partie rappelle des aspects anthropologiques, théologiques et éthiques, les deuxième et troisième parties concernent la procréation et les problèmes qui ressortent de l’évolution des possibilités scientifiques…

 


 Mgr Rino Fisichella - Mgr Luis Ladaria Ferrer - Fr. Federico Lombardi - Mgr Elio Sgreccia - Prof. Maria Luisa Di Pietro



Pour la procréation, on exclut les techniques de fécondation artificielle hétérologue et homologue, qui substituent l’acte conjugal ; sont considérées comme licites « les interventions qui visent à enlever les obstacles qui s’opposent à la fertilité naturelle », s’ils se présentent comme des thérapies ; on souhaite que soient encouragées par des mesures législatives, la procédure de l’adoption, les recherches et investissements consacrés à la prévention de la stérilité. Pour la fécondation « in vitro » et l’élimination volontaire des embryons, le texte souligne d’une part le grand nombre d’embryons sacrifiés (supérieur à 80%), d’autre part, la technique du transfert multiple des embryons. Technique qui a pour but d’assurer, autant que possible, l’implantation d’au moins un embryon, par un nombre d’embryons supérieur à l’enfant désiré, en prévoyant que plusieurs seront perdus, et que l’on évite une grossesse multiple : un traitement instrumental des embryons. L’Instruction considère comme éthiquement inacceptable « la dissociation de la procréation, du contexte intégralement personnel de l’acte conjugal », et définit « intrinsèquement illicite » l’ICSI, la technique la plus en usage dans l’optique de la plus grande efficacité. La cryoconservation - la congélation d’embryons en prévision d’un second cycle de traitement -, est déclarée « incompatible avec le respect dû aux embryons humains ». A propos des ces embryons considérés comme « orphelins », l’Instruction déclare inacceptables les propositions « d’utiliser ces embryons pour la recherche, ou de les destiner à des usages thérapeutiques » ; parce qu’elles traitent les embryons comme du « matériel biologique », et comportent leur destruction ; de les décongeler et, « sans les raviver, de les utiliser pour la recherche comme s’ils étaient des cadavres normaux » ; de s’en servir pour la « thérapie de l’infertilité » des couples infertiles. De même, la proposition « d’adoption prénatale » de ces embryons, présente des problèmes de caractère éthique. La congélation d’ovocytes est « moralement inacceptable », proposition avancée pour éviter les graves problèmes éthiques posés par la conservation des embryons humains. La réduction embryonnaire est appelée « avortement sélectif intentionnel », qui entend réduire le nombre des embryons ou de foetus présents dans le sein maternel par leur suppression directe. C’est une « pratique abortive précoce » le diagnostic de pré-implantation - forme de diagnostic prénatal liée aux techniques de fécondation artificielle - « finalisée à une sélection qualitative avec la destruction d’embryons, qui s’ensuit ». L’Instruction fait rentrer l’usage des moyens d’interception (techniques qui interceptent l’embryon avant l’implantation dans l’utérus maternel) et de contra-gestation (en provoquant l’élimination de l’embryon à peine implanté), dans le « péché d’avortement ».

A propos des « Nouvelles propositions thérapeutiques qui comportent la manipulation de l’embryon ou du patrimoine génétique humain », on considère comme licites les interventions faites par les techniques d’ingénierie génétique sur les cellules somatiques (tissus et organes du corps) avec une finalité strictement thérapeutique : on affirme en revanche que, dans le cas de thérapie génétique apportée aux cellules souches, dans l’état actuel des recherches « il n’est pas admissible moralement d’agir de manière à ce que les dégâts potentiels qui en découlent se répandent dans la descendance ». Sur l’hypothèse de finalités applicatives de l’ingénierie génétique, différentes des finalités thérapeutiques, pour manipuler, en l’améliorant et en la renforçant, la dotation génétique des individus, le Document déclare que « dans la tentative de créer un type nouveau d’homme, on discerne une dimension idéologique, selon laquelle l’homme prétend se substituer au Créateur ». Le clonage est jugé comme étant intrinsèquement illicite, parce qu’il entend « donner origine à un nouvel être humain, sans lien avec l’acte de donation réciproque entre deux époux, et sans lien aucun avec la sexualité ». Sur le clonage reproductif - celui qui veut déterminer arbitrairement les caractéristiques génétiques d’une autre personne - le Document déclare qu’il représente « une offense grave à la dignité de la personne, et à l’égalité fondamentale entre les hommes ». Le clonage thérapeutique est considéré comme étant plus grave encore (car il veut créer des embryons avec l’intention de les détruire, même si c’est avec l’intention de soigner les malades), parce qu’il est « incompatible avec la dignité humaine ».

 

Le Document (intégralité) encourage le soutien apporté à la recherche concernant l’utilisation de cellules souches adultes, et il faut considérer comme licite l’utilisation des cellules souches qui dérivent du cordon ombilical au moment de l’accouchement, et des tissus de fétus morts de mort naturelle. Ce que l’on appelle le « clonage hybride » représente « une offense à la dignité de l’être humain, à cause du mélange d’éléments humains et animaux ; capables de perturber l’identité spécifique de l’homme : c’est ce qui se passe quand on utilise des ovocytes animaux pour la reprogrammation de noyaux de cellules somatiques humaines. L’expérimentation sur les embryons est considérée comme une source de désordre moral, et le rappel est fort pour les chercheurs à ne pas utiliser « du matériel biologique » d’origine illicite, produit en dehors de leur centre de recherche, ou que l’on trouve dans le commerce.

 



Liens :
Synthèse vaticane concernant l’InstructionPour que la science soit vraiment au service de la vie + Les embryons congelés ? Pas d’issue morale déplore le Vatican + Derrière chaque non de l’Eglise, un grand oui à la vie + Vaccins illicites, congélations d’ovocytes : quelques réponses pratiques + L’embryon humain à la dignité de la personne + Rome défend l’Homme, par Pierre-Olivier Aduin + Dignitas Personae : « Des balises pour éclairer les consciences », par T. Derville

infaillibilite-pontificale.jpgUn « fil rouge » relie l’homélie de la Veillée Pascale du Saint-Père, à sa célèbre méditation du Chemin de Croix en 2005, à celle du 22 février 2006 sur le carriérisme, et du mois d’avril suivant sur ceux qui « s’introduisent dans le bercail » et, récemment, à l’homélie de la Messe Chrismale où il déclare que « Le fait de s’unir au Christ suppose le renoncement. Cela comporte que nous ne voulions pas imposer notre propre voie et notre propre volonté ; que nous ne désirions pas devenir tel ou tel autre, mais que nous nous abandonnions à Lui partout, et quelle que soit la manière dont il veut se servir de nous ». Toutefois, il avait déjà exposé cette pensée dans son livre « Introduction au Christianisme » : « Les vrais croyants ne donnent jamais un poids excessif à la lutte pour la réorganisation des formes ecclésiales. Ils vivent de ce que l’Eglise est toujours. Et si l’on veut savoir ce qu’est réellement l’Eglise, il faut aller auprès d’eux. L’Eglise, en effet, n’est pas, qui plus est là où elle s’organise, se dirige, mais au contraire est présente chez ceux qui croient avec simplicité, en recevant en elle le don de la foi qui devient pour eux source de vie […] Cela ne veut pas dire qu’il faut laisser tout comme cela est, et le supporter comme il est. Le fait de supporter peut être aussi un processus hautement actif…’ (ed. Queriniana-Vaticana, 2005, à propos de l’article sur l’Esprit et l’Eglise, en particulier pages 333-337). La foi catholique a besoin d’un pluralisme théologique sain et serein : toute opinion a droit de cité dans l’Eglise, à condition qu’elle puisse présenter des raisons théologiques pertinentes. Pour arriver à cela, il est nécessaire de savoir distinguer entre ce que les chrétiens doivent croire, c’est-à-dire la doctrine proposée avec autorité par le Magistère ecclésiastique comme étant une Vérité divinement révélée (la doctrine sûre, certaine et pure dont parle saint Paul à Timothée), et ce qu’ils croient, c’est-à-dire une opinion qu’ils se sont faite, ou bien l’adhésion à l’opinion d’un théologien. Le pouvoir d’enseigner la Vérité, le Christ l’a donnée seulement à son Eglise. Le Pape mène à sa juste maturation la véritable application du Concile Vatican II, en continuité avec la Tradition, et cela ne se produit qu’en communiquant la doctrine sûre : « Sine doctrina – disait déjà Caton - vita est quasi mortis imago ». Saint Paul parle de doctrine sûre, saine et pure (cf. Tite 1,7-11; 2,1-8) : à notre avis la doctrine est « sûre » si elle est fondée sur Jésus-Christ et sur la Primauté de Pierre ; elle est « saine » si elle est exempte de pensées fallacieuses ; et elle est « pure » si elle est exempte des altérations frauduleuses mondaines. C’est pourquoi Joseph Ratzinger, rappelait alors que l’Eglise ne pouvait changer la foi et en même temps demander aux croyants de lui rester fidèles. Elle est intimement obligée à s’en tenir à la Parole de Dieu, et à la tradition. Cela explique ses gestes. Cela veut dire, comme certains l’ont noté, que le Concile Vatican II n’a créé et n’a nié aucun dogme, et qu’il ne les a pas interprétés d’une manière différente de celle de Tradition. L’indéfectibilité de l’Eglise est précisément ceci : être assistée par l’Esprit-Saint à tel point de ne pas vouloir et de ne pas pouvoir renier la foi transmise par les Apôtres. Ce qu’on appelle la « fracture de l’après-Concile » a été produite par une certaine théologie qui a voulu interpréter de manière arbitraire le Concile, en parlant d’un soi-disant ‘esprit’, différent certes de l’Esprit Saint qui, jusqu’alors, avait guidé l’Eglise (cf. Benoît XVI, Discours à la curie romaine, 22 décembre 2005). C’est ainsi que l’on a commencé à parler de « théologie préconciliaire » à supprimer et à éliminer pour toujours, en y substituant les représentants de la « théologie conciliaire ». Mais, la vraie théologie ne prétend pas être porteuse d’une vérité absolue que tous doivent accepter comme de foi ; une opinion, ou une école théologique ne peut s’imposer comme étant l’unique manière de vivre la foi, et ne peut « excommunier » les autres écoles et els autres opinions. La véritable théologie est seulement une tentative d’interprétation de la doctrine de la foi, toujours fondée sur le dogme, sans mettre avant la Parole de Dieu une opinion humaine. La véritable théologie ne prétend pas éliminer le dogme (en lui enlevant des parties, c’est-à-dire en faisant une sélection entre les « articles de foi »), ni le dépasser (en lui ajoutant de nouveaux « articles de foi »). Et ainsi, la crise actuelle de la foi chez le peuple chrétien est née de l’erreur très grave qui consiste à confondre la théologie avec le Magistère, et le Magistère avec la théologie. Les théologiens sont considérés, ou se considèrent, comme étant plus importants que les Evêques et que le Pape, presque comme les interprètes légitimes de Vatican II, qu’ils auraient « devancé » et puis « inspiré ». La vérité de la foi catholique n’est pas seulement par le Magistère du Pape, et des Evêques unis réellement à Lui.

 

Fides

La Solennité de la Toussaint (1er novembre) et la commémoration de Tous les fidèles défunts (2 novembre) nous rappellent l’existence de la réalité de l’Enfer, du Purgatoire et du Paradis. Ce qu’on appelle les « fins dernières » est loin d’être une pieuse légende, il s’agit d’une réalité spirituelle fondamentale qui « dès les premiers temps (…) a influencé les chrétiens jusque dans leur vie quotidienne en tant que critère permettant d’ordonner la vie présente, comme appel à leur conscience et, en même temps, comme espérance dans la justice de Dieu » (Benoît XVI, Spe Salvi 41). Il semble qu’aujourd’hui cette perspective fondamentale soit trop souvent reléguée au second plan. Un essai rapide de mise au point et d’explication sur cette géographie de l’au-delà semble donc utile. Réfléchir sur la mort, les fins dernières et l’au-delà suppose, tout d’abord, de comprendre ce que nous sommes en tant que vivants…

 

 

 

 

 

 

Introduction

 

Nous sommes constitués de deux réalités, l’une matérielle (le corps) et l’autre spirituelle (l’âme). Le Concile Vatican II le souligne très précisément : « Corps et âme, mais vraiment un, l’homme est, dans sa condition corporelle même, un résumé de l’univers des choses, qui trouvent ainsi, en lui, leur sommet, et peuvent librement louer leur Créateur. (…) Ainsi, lorsqu’il reconnaît en lui-même une âme spirituelle et immortelle, (…) il atteint le tréfonds même de la réalité. » (Gaudium et Spes 14). La mort est la séparation de l’âme et du corps comme l’évoque la prière de recommandation de l’âme : « Quitte ce monde âme chrétienne (…). Retourne auprès de ton Créateur qui t’a formé de la poussière du sol. (…) Qu’à l’heure où ton âme sortira de ton corps, Marie, les anges et tous les saints se hâtent à ta rencontre (…). » La foi chrétienne affirme, après la mort, la survivance et la subsistance de l’âme. Le corps tombe d’abord en corruption tandis que l’âme va vers le jugement de Dieu. Elle ne sera réunie au corps ressuscité, que lors du jugement dernier, quand le Christ reviendra dans la gloire.

 

 

 

 

Le jugement particulier

 

L’épître aux Hébreux affirme : « Les hommes ne meurent qu’une fois, après quoi il y a un jugement. » (He 9, 27) Il faut faire attention de ne pas comprendre le jugement du Christ de façon légaliste et humaine. Cela nous ferait faire un grave contresens, et surtout, cela n’aurait pas grand-chose à voir avec le message évangélique. Dans le langage biblique, le mot juger signifie : conduire, diriger, protéger, sauver. Pour bien comprendre cela, il suffit de relire le livre des Juges. La justice de Dieu n’est pas celle qui punit mais celle qui justifie, fait justice et sauve. Le Christ nous révèle que le critère du jugement est l’amour du prochain (Mt 25) et il l’a lui-même mis en pratique en mourant sur la croix : « Père, pardonne-leur… ». Ce terme de jugement ne doit pas nous effrayer, et nous devons nous rappeler que « Dieu a envoyé son Fils dans le monde, non pas pour juger le monde, mais que par lui le monde soit sauvé (…). Et le jugement, le voici : quand la lumière est venue dans le monde, les hommes ont préféré les ténèbres à la lumière, parce que leurs œuvres étaient mauvaises. En effet tout homme qui fait le mal déteste la lumière : il ne vient pas à la lumière de peur que ses œuvres ne lui soient reprochées ; mais celui qui agit selon la Vérité vient à la lumière, afin que ses œuvres soient reconnues comme des œuvres de Dieu. » (Jn 3, 17-21) Le jugement particulier est donc une sorte de mise en lumière de notre propre vie par la lumière divine, qui enfin nous rend totalement justice. L’âme assume, alors, pour toujours ce qu’elle a choisi durant sa vie terrestre : « l’ascension à la Béatitude du Ciel, aussitôt ou après une purification proportionnée, ou au contraire (…) la condamnation éternelle de l’enfer. » (Abrégé du Catéchisme de l’Eglise catholique 208)

 

 

 

 

L’Enfer

 

Comment comprendre le sens de l’enfer ? Le catéchisme nous rappelle que « Nous ne pouvons pas être unis à Dieu à moins de choisir librement de L’aimer. Mais nous ne pouvons pas aimer Dieu si nous péchons gravement contre Lui, contre notre prochain ou contre nous-mêmes. » (CEC 1033) Donc si nous mourons en état de péché mortel, c’est-à-dire sans nous repentir et en persévérant dans le rejet de Dieu, nous demeurons librement et volontairement séparés de Dieu pour toujours. C’est cette situation d’auto-exclusion volontaire et définitive de la communion avec Dieu que l’Eglise appelle « Enfer ». L’enfer respecte le choix de notre liberté. « La peine principale de l’enfer consiste en la séparation éternelle d’avec Dieu en qui seul l’homme peut avoir la vie et le bonheur, pour lesquels il a été créé, et auxquels il aspire. » (CEC 1035) Dans les représentations de l’enfer, il faut faire la part de l’imagerie. Au cœur de ces allégories, il y a pourtant une question fondamentale : Qui est damné ? Il ne nous appartient pas d’y répondre, Jésus le dit : « Ne jugez pas et vous en serez pas jugés » ! Dieu veut sauver tous les hommes mais pas malgré eux.

 

 

 

 

Le Purgatoire

 

Si nous mourons en amitié avec Dieu tout en conservant encore quelques traces de péché, nous aurons besoin d’une purification. L’ Église nomme Purgatoire cette ultime purification. Le catéchisme de Saint Pie X enseigne que « le Purgatoire est la souffrance temporaire consistant dans la privation de Dieu et en d’autres peines qui purifient l’âme de tout reste de péché pour la rendre digne de voir Dieu. » Dans l’Encyclique Spe Salvi, Benoît XVI rappelait l’origine de la prière pour les âmes du purgatoire : « Dans le judaïsme ancien, il existe aussi l’idée qu’on peut venir en aide aux défunts, dans leur condition intermédiaire par la prière (cf. par exemple 2M 12, 38-45). La pratique correspondante a été adoptée très spontanément par les chrétiens, et elle est commune à l’Eglise, orientale et occidentale. » (48) C’est pourquoi, l’Eglise encourage et recommande les prières, les aumônes, les indulgences et les œuvres de pénitence en faveur des défunts. (cf. CEC 1032)

 

 

 

 

Le Paradis

 

Si, durant notre vie, nous avons correspondu parfaitement à l’Amour de Dieu et vécu selon sa volonté, nous serons accueillis au Paradis. Nous y verrons Dieu, en compagnie des anges et des saints. Il s’agit de « la fin ultime et la réalisation des aspirations les plus profondes de l’homme, l’état de bonheur suprême et définitif. » (CEC 1024) Cet état paradisiaque dépasse notre compréhension et nos représentations. La Bible nous le décrit par des images : le festin des noces, la maison du Père, la Jérusalem céleste où tout est vie, lumière et joie. Le poète Paul Claudel décrit, dans un poème, la joie de l’âme sauvée : « Tout s’est tu, mais l’Esprit qui contient toute chose ne se contient pas en moi. / L’esprit qui tient toute chose ensemble a la science de la voix, / Son cri intarissable en moi comme une eau qui fuse et qui déferle ! / Il n’est à ce discours parole ou son, pause ou sens, / Rien qu’un cri, la modulation de la Joie, la Joie même qui s’élève et qui descend, / Ô Dieu, j’entends mon âme folle en moi qui pleure et qui chante ! / Tant qu’il fait jour encore et que ce n’est pas la nuit, / J’entends mon âme en moi comme un petit oiseau qui se réjouit, / Toute seule et prête à partir, comme une hirondelle jubilante ! »

 

 

 

 

Et les Limbes ?

 

Un autre « espace » de l’au-delà est désigné sous le terme de « limbes ». Ce terme est utilisé pour parler du sort des enfants morts sans baptême. La doctrine des limbes n’a jamais été de foi. Récemment la Commission théologique internationale a dit que les limbes restent une opinion théologique possible tout en relevant que qu’il ne s’agit plus de l’enseignement commun de l’ Église. Cette doctrine semble relever d’une démarche purement rationnelle et non pas théologique

 

Il y a soixante-dix ans, le Cardinal Eugenio Pacelli était élu Pape et prenait le nom de Pie XII. Personne alors ne pouvait concevoir que le collège des Cardinaux et le Collège Episcopale ne doivent être « tous unanimes dans le langage, selon les paroles de l’Apôtre, pour qu’il n’y ait pas de divisions entre vous, mais que vous soyez en parfaite union de pensée et d’intentions » (1 Corinthiens 1, 11). Jean XXIII lui aussi, dans son discours d’ouverture du Concile, pouvait parler « d’adhésion nouvelle ; sereine et tranquille à tout l’enseignement de l’Eglise, dans son intégrité et dans sa précision, tout comme elle brille encore dans les actes conciliaires, de Trente à Vatican I ». Pourrait-on imaginer en effet que l’Eglise, Corps Mystique du Christ, s’exprimât de manière incohérente ? Pourrait-on concevoir l’ecclésiologie de communion, en oubliant ce que le Concile a déclaré sur la Primauté (cf. Lumen Gentium 13, 22 e 23) ? Alors il faut que tous, dans l’Eglise, Evêques, prêtres et fidèles, réfléchissent sur les paroles humbles et bien fondées de notre Saint-Père le Pape Benoît XVI prononcées au Grand Séminaire de Rome et à l’occasion de l’Angélus du 22 février, et fassent cesser les polémiques qui « naissent là où la foi dégénère en intellectualisme, et où l’humilité est remplacée par l’arrogance d’être meilleurs que l’autre. C’est là une caricature de l’Eglise qui devrait former un seul cœur et une seule âme ». Ces paroles manifestent l’exercice de la Primauté dans la patience, et à cette Primauté doit correspondre la docilité humble de tous les catholiques. Le Saint-Père sait que la Primauté a une ‘structure martyrologique’, parce que « la Parole de Dieu n’est pas enchaînée » (2 Timothée 2, 9), et cela vaut pour chaque Pape.

 

La Primauté Pétrinienne existe et œuvre, parce que la communion ecclésiale ne peut être destructrice, au contraire, le Credo la déclare ‘Catholique’. Il convient d’aller, à ce sujet, à tout ce qu’il a écrit, en tant que théologien dans « Introduzione al Cristianesimo » (Introduction au Christianisme) : « Une idée fondamentale est documentaire, dès le début, comme déterminante ; par cette parole on se réfère à l’unité de lieu : c’est seulement la communauté unie à l’Evêque qui est ‘Eglise Catholique’, et non pas les groupes partiels qui, pour n’importe quelle raison, s’en sont détachés. En deuxième lieu, est rappelée ici l’unité des Eglises locales entre elles, qui ne peuvent se fermer sur elles-mêmes, mais ne peuvent rester Eglise qu’en se maintenant ouvertes l’une vers l’autre, formant une unique Eglise […]. Dans l’adjectif ‘catholique’ s’expriment la structure épiscopale de l’Eglise, et la nécessité de l’unité de tous les Evêques entre eux […] » ((ed. Queriniana-Vaticana, 2005, p 335). Après avoir observé que cela n’était pas l’élément premier, il déclare, comme un rappel : « Les éléments fondamentaux de l’Eglise apparaissent plutôt être le pardon, la conversion, la pénitence, la Communion Eucharistique, et à partir de cette dernière, la pluralité et l’unité : pluralité des Eglises locales, qui restent toutefois Eglise uniquement par leur insertion dans l’organisme de l’unique Eglise […]. La constitution épiscopale apparaît sur le fond comme un moyen de cette unité […]. Un autre stade, toujours dans l’ordre des moyens, sera constitué ensuite pas le service de l’Evêque de Rome. Une chose est claire : l’Eglise ne doit pas être pensée en partant de son organisation, mais c’est l’organisation qui doit être comprise en partant de l’Eglise. Toutefois, il est clair dans le même temps que, pour l’Eglise visible, l’unité visible est quelque chose de plus que la simple ‘organisation’ […]. C’est seulement en tant que ‘catholique, c’est-à-dire visiblement Une malgré sa multiplicité, qu’elle correspond à tout ce requiert le Symbole. Dans le monde déchiré et divisé, l’Eglise doit être un signe et un instrument d’unité ; elle doit dépasser les barrières, et réunir les Nations, les races et les classes. Jusqu’à quel point, y compris dans cette tâche, a-t-elle manqué à son devoir, nous le savons assez bien […]. Malgré tout… au lieu de nous limiter à dénigrer le passé, nous devrions surtout nous montrer prêts à accueillir l’appel du présent, en cherchant à ne pas nous limiter à confesser la catholicité du Credo, mais de la réaliser dans la vie de notre monde déchiré » (Ibid. p 336-337).

 

Fides

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Mesdames et Messieurs,

 

C’est avec une grande joie que je vous accueille pour cette audience spéciale que j’ai volontiers réservée à votre représentation qualifiée, à l’occasion du Congrès international convoqué pour rappeler le 20ème anniversaire de l’Encyclique Humanae Vitae. En vous adressant mon cordial salut, avec une pensée particulière pour le professeur Bausola que je remercie de son allocution, je désire exprimer ma vive satisfaction aux responsables du « centre d’études et de recherches sur la régulation naturelle de la fertilité » de l’université catholique du Sacré-Cœur qui ont pris cette initiative, qui se renouvellera dans quelques jours à Bologne. La continuité sans interruption avec laquelle l’Eglise l’a proposé naît de sa responsabilité envers le vrai bien de la personne humaine. De la personne humaine des conjoints, en tout premier lieu. En effet, l’amour conjugal est leur bien le plus précieux. La communion interpersonnelle qui s’établit entre deux baptisés en vertu de cet amour est le symbole réel de l’amour du Christ pour son Eglise. La doctrine exposée dans l’Encyclique Humanae Vitae constitue donc la nécessaire défense de la dignité et de la vérité de l’amour conjugal. Comme envers toute valeur éthique, l’homme a une grave responsabilité à l’égard de l’amour conjugal. Les conjoints sont les premiers responsables de leur amour conjugal, en ce sens qu’ils sont appelés à le vivre dans sa vérité entière. L’Eglise les aide dans cette tâche en éclairant leur conscience et en leur assurant, par les sacrements, la force qui est nécessaire à la volonté pour qu’elle choisisse le bien et évite le mal. Je ne peux cependant passer sous silence le fait que beaucoup aujourd’hui n’aident pas les conjoints en cette grave responsabilité qui est la leur, mais au contraire leur créent des obstacles notables. A cet égard, tout homme qui a perçu la beauté et la dignité de l’amour conjugal ne peut demeurer indifférent devant des tentatives qui se font jour pour assimiler, à tous les effets, le lien conjugal et la simple cohabitation de fait. C’est là une égalisation injuste, destructrice, d’une des valeurs fondamentales de toute convivialité civile – l’estime du mariage – et peu éducative pour les jeunes générations, tentées ainsi d’avoir une conception et de faire une expérience de liberté qui se révèlent déformées à leur racine même. De plus, les conjoints peuvent rencontrer de sérieux obstacles dans leurs efforts pour vivre correctement l’amour conjugal à cause d’une certaine mentalité hédoniste courante, des moyens de communication sociale, des idéologies et des pratiques contraires à l’Evangile. Mais cela peut aussi arriver, et avec des conséquences réellement graves et désagrégatrices, quand la doctrine enseignée par l’Encyclique est mise en discussion, comme cela est arrivé, même de la part de certains théologiens et pasteurs d’âmes. Cette attitude, en fait, peut insinuer le doute sur un enseignement qui, pour l’Eglise, est certain, obscurcissant ainsi la perception d’une Vérité qui ne peut-être discutée. Ce n’est pas là un signe de « compréhension pastorale » mais d’incompréhension du vrai bien des personnes. La Vérité ne peut-être mesurée d’après l’opinion de la majorité. La préoccupation qui vous avez eue dans votre Congrès, d’insérer la réflexion de caractère plus spécifiquement technique et scientifique sur le contrôle naturel de la fertilité dans le contexte de larges réflexions théologiques, philosophiques et éthiques, doit être soulignée et louée. Une autre manière d’affaiblir chez les conjoints leur sentiment qu’ils sont responsables de leur amour conjugal est, en effet, de diffuser l’information sur les méthodes naturelles sans qu’elle s’accompagne de la nécessaire formation des consciences. La technique ne résout pas les problèmes éthiques, tout simplement parce qu’elle n’est pas en mesure de rendre meilleure la personne. L’éducation à la chasteté est un moment que rien ne peut remplacer. S’aimer comme des conjoints, cela n’est possible qu’à l’homme et à la femme qui sont arrivées à une véritable harmonie au plus profond de leur personnalité.

 

Vingt ans après la publication de l’Encyclique, on peut voir clairement que la norme morale qu’elle enseigne n’est pas seulement une défense de la bonté et de la dignité de l’amour conjugal, et donc du bien de la personne des conjoints. Elle a une portée éthique encore plus vaste. En effet, la logique profonde de l’acte contraceptif, sa racine ultime, que Paul VI avait déjà identifiées de manière prophétique, sont maintenant manifestes. Quelle logique ? Quelle racine ? La logique anti-vie : au cours de ces vingt dernières années, de nombreux Etats ont renoncé à leur dignité d’être les défenseurs de la vie humaine innocente, par des législations favorables à l’avortement. UN VERITABLE MASSACRE D’INNOCENTS S’ACCOMPLIT CHAQUE JOUR DANS LE MONDE ! Quelle racine ? C’est la rébellion contre Dieu créateur, unique Seigneur de la vie et de la mort des personnes humaines ; c’est la non reconnaissance de Dieu comme Dieu ; c’est la tentative, intrinsèquement absurde, de construire un monde où Dieu soit totalement étranger. Dans l’Encyclique Humanae Vitae, Paul VI exprimait sa certitude de contribuer, en défendant la morale conjugale, à l’instauration d’une civilisation véritablement humaine (cf N°18). Vingt ans après la publication de ce doucement, les confirmations du bien-fondé de cette conviction ne font vraiment pas défaut. Et ce sont des confirmations que peuvent vérifier non seulement les croyants mais aussi tout homme soucieux du destin de l’humanité : chacun peut voir à quelles conséquences on en est arrivé en n’obéissant pas à la Sainte Loi de Dieu. Votre engagement – comme celui de tant d’autres personnes de bonne volonté – est un signe d’espérance non seulement pour l’Eglise mais pour toute l’humanité. En invitant cordialement chacun d’entre vous à persévérer avec générosité sur la route commencée, je vous accorde à tous ma bénédiction, en gage de l’aide céleste.

 

Un des nombreux discours de Jean-Paul II pour les vingt ans d’Humanae Vitae - DC 1988, p. 439

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