Ci-dessous, le document extrêmement important de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi publié ce midi. Il est accompagné d'un commentaire. A lire intégralement ! 
 
 
 
 

Introduction

Avec la Constitution Dogmatique Lumen gentium et les Décrets sur l'oecuménisme (Unitatis redintegratio) et les Églises orientales catholiques (Orientalium Ecclesiarum), le Concile Vatican II a contribué de manière décisive au renouveau de l'ecclésiologie catholique. Les Souverains Pontifes ont eux aussi voulu offrir sur ce point des approfondissements et surtout des orientations pratiques : Paul VI avec l'Encyclique Ecclesiam suam (1964) et Jean-Paul II avec l'Encyclique Ut unum sint (1995). Les recherches ultérieures des théologiens, pour toujours mieux élucider les divers aspects de l'ecclésiologie, ont permis l'essor d'une ample littérature sur ce sujet. Il s'agit là de thèmes certainement féconds, mais qui ont aussi exigé des précisions et des explications, notamment dans la Déclaration Mysterium Ecclesiae (1973), la Lettre aux Évêques de l'Église Catholique Communionis notio (1992) et la Déclaration Dominus Iesus (2000), toutes publiées par la Congrégation pour la Doctrine de la Foi. La richesse de la thématique et la nouveauté de nombreuses thèses ne cessent de provoquer la réflexion théologique ; elles donnent lieu à des études parfois non exemptes d'erreurs et d'ambiguïtés qui ont été attentivement examinées par la Congrégation. À la lumière de l'ensemble de la doctrine catholique sur l'Église, la Congrégation se propose de préciser ici la signification authentique de certaines expressions ecclésiologiques du Magistère, pour que le débat théologique ne soit pas faussé par des confusions ou des malentendus.


 
 
 




REPONSES A CINQ QUESTIONS CONCERNANT CERTAINS ASPECTS DE LA DOCTRINE DE L'EGLISE, PAR LA CONGREGATION POUR LA DOCTRINE DE LA FOI
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Première question : Le Concile Œcuménique Vatican II a-t-il changé la doctrine antérieure sur l'Église ?
Réponse : Le Concile n'a pas voulu changer et n'a de fait pas changé la doctrine en question, mais a bien plutôt entendu la développer, la formuler de manière plus adéquate et en approfondir l'intelligence. Jean XXIII l'avait très clairement affirmé au début du Concile. Paul VI le confirma ensuite ; il s'exprimait ainsi en promulguant la Constitution Lumen gentium : "Le meilleur commentaire que l'on puisse en faire, semble-t-il, est de dire que vraiment cette promulgation ne change en rien la doctrine traditionnelle. Ce que veut le Christ, nous le voulons aussi. Ce qui était, demeure. Ce que l'Église a enseigné pendant des siècles, nous l'enseignons également. Ce qui était jusqu'ici simplement vécu se trouve maintenant exprimé ; ce qui était incertain est éclairci ; ce qui était médité, discuté et en partie controversé, parvient aujourd'hui à une formulation sereine. "À plusieurs reprises, les Évêques ont manifesté et adopté le même point de vue.
 
 
 
 
Seconde question. Comment doit être comprise l'affirmation selon laquelle l'Église du Christ subsiste dans l'Église Catholique ?
Réponse : Le Christ "a établi sur la terre" une Église unique et l'institua comme "assemblée visible et communauté spirituelle" : depuis son origine, elle n'a cessé d'exister au cours de l'histoire et toujours elle existera, et c'est en elle seule que demeurent à jamais tous les éléments institués par le Christ lui-même. C'est là l'unique Église du Christ, que nous confessons dans le symbole une, sainte, catholique et apostolique [...]. Cette Église, constituée et organisée en ce monde comme une société, subsiste dans l'Église catholique gouvernée par le successeur de Pierre et les évêques en communion avec lui. Dans le numéro 8 de la Constitution Dogmatique Lumen gentium, 'subsister' signifie la perpétuelle continuité historique et la permanence de tous les éléments institués par le Christ dans l'Église catholique, dans laquelle on trouve concrètement l'Église du Christ sur cette terre. Selon la doctrine catholique, s'il est correct d'affirmer que l'Église du Christ est présente et agissante dans les Églises et les Communautés ecclésiales qui ne sont pas encore en pleine communion avec l'Église catholique, grâce aux éléments de sanctification et de vérité qu'on y trouve, le verbe 'subsister' ne peut être exclusivement attribué qu'à la seule Église catholique, étant donné qu'il se réfère à la note d'unité professée dans les symboles de la foi ('Je crois en l'Église, une') ; et cette Église une 'subsiste' dans l'Église catholique.
 
 
 
 
Troisième question. Pourquoi utilise-t-on l'expression 'subsiste dans', et non pas tout simplement le verbe 'est' ?
Réponse : L'usage de cette expression, qui indique la pleine identité de l'Église du Christ avec l'Église catholique, ne change en rien la doctrine sur l'Église, mais a pour raison d'être de signifier plus clairement qu'en dehors de ses structures, on trouve "de nombreux éléments de sanctification et de vérité", "qui, appartenant proprement par don de Dieu à l'Église du Christ, appellent par eux-mêmes l'unité catholique.’’ "En conséquence, ces Églises et Communautés séparées, bien que nous les croyions victimes de déficiences, ne sont nullement dépourvues de signification et de valeur dans le mystère du salut. L'Esprit du Christ, en effet, ne refuse pas de se servir d'elles comme de moyens de salut dont la force dérive de la plénitude de grâce et de vérité qui a été confiée à l'Église catholique.
 
 
 
 
Quatrième question. Pourquoi le Concile Œcuménique Vatican II attribue-t-il le nom "d'Église" aux Églises orientales séparées de la pleine communion avec l'Église catholique ?
Réponse : Le Concile a voulu assumer l'usage traditionnel de ce nom. "Puisque ces Églises, bien que séparées, ont de vrais sacrements, surtout en vertu de la succession apostolique : le Sacerdoce et l'Eucharistie, qui les unissent intimement à nous", elles méritent le titre d'"Églises particulières et locales", et sont appelées Églises sœurs des Églises particulières catholiques. "Ainsi donc, par la célébration de l'Eucharistie du Seigneur en chaque Église particulière, l'Église de Dieu s'édifie et grandit." Cependant, étant donné que la communion avec l'Église catholique, dont le Chef visible est l'Évêque de Rome et Successeur de Pierre, n'est pas un complément extérieur à l'Église particulière, mais un de ses principes constitutifs internes, la condition d'Église particulière dont jouissent ces vénérables Communautés chrétiennes souffre d'une déficience. Par ailleurs, la plénitude de la catholicité propre à l'Église, gouvernée par le Successeur de Pierre et les Évêques en communion avec lui, est entravée dans sa pleine réalisation historique par la division des chrétiens.
 
 
 
 
Cinquième question. Pourquoi les textes du Concile et du Magistère postérieur n'attribuent-ils pas le titre "d'Église" aux Communautés chrétiennes nées de la Réforme du XVIe siècle ?
Réponse : Parce que, selon la doctrine catholique, ces Communautés n'ont pas la succession apostolique dans le sacrement de l'ordre. Il leur manque dès lors un élément essentiel constitutif de l'Église. Ces Communautés ecclésiales, qui n'ont pas conservé l'authentique et intégrale réalité du Mystère eucharistique, surtout par la suite de l'absence de sacerdoce ministériel, ne peuvent être appelées "Églises" au sens propre selon la doctrine catholique.

Cœur et raison : le cœur, comme centre de la personnalité humaine, et la raison comme condition indispensable de toute action authentiquement personnelle. Ce sont là les grandes coordonnées de la troisième Encyclique de Benoît XVI, « Caritas in Veritate ». C’est un texte qui entrera dans l’histoire par la portée « herméneutique » de la proposition offerte. En suivant ce que nous pourrions désormais appeler une des « lignes directrices » du Pontificat, l’herméneutique de la continuité, le Saint-Père propose une relecture attentive de « Populorum Progressio » du Serviteur de Dieu Paul VI :

 

 

En effet, il déclare : « Le point de vue correct est donc celui de la Tradition de la foi des Apôtres, patrimoine ancien et nouveau hors duquel ‘Populorum Progressio’ serait un document privé de racines et les questions liées au développement se réduiraient uniquement à des données d’ordre sociologique » (n° 10). Et encore : « Le lien existant entre ‘Populorum Progressio’ et le Concile Vatican II ne représente pas une coupure entre le magistère social de Paul VI et celui des Papes qui l’avaient précédé, étant donné que le Concile est un approfondissement de ce magistère dans la continuité de la vie de l’Église. En ce sens, certaines subdivisions abstraites de la doctrine sociale de l’Église sont aujourd’hui proposées qui ne contribuent pas à clarifier les choses, car elles appliquent à l’enseignement social pontifical des catégories qui lui sont étrangères » (n° 12). Les catégories auxquelles se réfère le Saint-Père, c’est bien connu, sont celles de « tradition » et de « progrès », qui, opposées de manière illégitime, ne sont autre chose que la version « laïque » de l’herméneutique de la continuité et de la rupture ; la première, légitime ; la deuxième, porteuse d’équivoques graves et dangereuses, trop souvent appliquée au Concile Vatican II, et stigmatisée sans cesse par le Magistère Pontifical, depuis le discours historique du 22 décembre 2005 à la Curie Romaine. En effet, « Il n’y a pas deux typologies différentes de doctrine sociale, l’une préconciliaire et l’autre postconciliaire, mais un unique enseignement, cohérent et en même temps toujours nouveau. Il est juste de remarquer les caractéristiques propres à chaque encyclique, à l’enseignement de chaque Pontife, mais sans jamais perdre de vue la cohérence de l’ensemble du corpus doctrinal » (ibid. n° 12). Pour faire cela, toutefois, il est nécessaire d’être des hommes ! Il est nécessaire de ne pas vivre de « césures intérieurs », non résolues; il est nécessaire d’aimer, sincèrement et passionnément, la Vérité plus que soi-même, plus que son propre petit pouvoir, plus que sa propre opinion intellectualiste. En un mot, est nécessaire la « moralité de la connaissance » qui vient en premier, soit logiquement, soit expérimentalement, de la moralité même de l’action. Cœur et raison, Amour et Vérité, représentent les conditions mêmes de la possibilité d’une vie authentiquement humaine. Une vie qui, nécessairement, par sa propre exigence interne elle-même, demande d’être vécue dans la « continuité », qui n’est pas seulement une catégorie herméneutique, mais, en réalité, qui est une condition anthropologique : sans continuité, il n’y a pas d’histoire, il n’y a pas de culture et, en définitive, il n’y a pas l’homme. L'Eglise, comme lieu de la vie par excellence, ne peut jamais abandonner ces conditions morales et anthropologiques de la connaissance, certaine comme elle l’est du fait que le véritable progrès coïncide avec l’annonce du Christ Ressuscité ; annonce sans laquelle le monde n’a pas d’avenir et perd, en conséquence, toute force dynamique de développement.

 

Fides

Le concept des limbes, comme lieu où vont les enfants morts sans avoir été baptisés, est le reflet d’une "vision restrictive excessive du salut". Telle a été la conclusion de la Commission théologique internationale dans un document publié le 20 avril par la revue américaine Origins. Le texte, approuvé par le préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, le cardinal William Levada, avec l’accord de Benoît XVI, s’intitule ‘L’espoir de salut pour les petits enfants qui meurent sans être baptisés’.
 
 
 
 
La grâce a la priorité sur le péché et l’exclusion d’enfants innocents du paradis ne reflète pas l’amour particulier du Christ pour "les petits enfants", a ainsi expliqué la Commission théologique internationale dans son document de 41 pages, fruit d’une réflexion de plusieurs années sur les limbes et sur le sort des enfants morts sans le baptême. Dieu est miséricordieux et “veut que tous les enfants soient sauvés“, a-t-elle en effet souligné. “Notre conclusion est que les nombreux facteurs que nous avons pris en considération donnent des fondements théologiques et liturgiques sérieux pour espérer que les enfants non-baptisés qui meurent seront sauvés et bénéficieront de la vision béatifique“, ont encore affirmé la trentaine de membres de la commission présidée par le cardinal Levada. “Nous soulignons le fait que ce sont des raisons pour une pieuse espérance, plutôt que des motifs de connaissance sure“, ont-ils ajouté. Et de préciser qu’il faut en effet “que soit clairement reconnu le fait que l’Eglise n’a pas de connaissance sûre sur le salut des enfants qui meurent sans être baptisés“. Mais “il y a des raisons d’espérer que Dieu sauvera ces petits-enfants, précisément parce que ce n’était pas possible de faire pour eux ce qui aurait été le plus désirable“, c’est-à-dire “les baptiser dans la foi de l’Eglise et les incorporer de façon visible au corps du Christ“, ont insisté les théologiens. La Commission théologique internationale a estimé que le sujet devenait urgent au niveau pastoral, dans la mesure où de plus en plus d’enfants ne sont plus baptisés dans la société post-moderne et où beaucoup sont victimes d’avortement. Elle a commencé à se pencher sur le sujet en 2004. Ses documents ne relèvent pas du Magistère mais aident le Saint-Siège à réfléchir sur des questions théologiques importantes, sur lesquelles le pape peut s’il le souhaite se prononcer par la suite.
 
 
DIEU NE PEUT EXCLURE DU BONHEUR LES PETITS ENFANTS
La commission, que dirigeait le cardinal Joseph Ratzinger avant d’être élu pape, a reconnu qu’aujourd’hui “les gens trouvaient cela de plus en plus difficile d’accepter que Dieu soit juste et miséricordieux s’il excluait du bonheur éternel les petits-enfants qui n’avaient pas commis de péchés personnels“. Concernant l’enseignement de l’Eglise quant au fait que le sacrement du baptême soit nécessaire pour le salut, les théologiens ont estimé que cet enseignement requérait une interprétation, étant donné que “les nourrissons ne mettent aucun obstacle personnel à la voie de la grâce rédemptrice“. “Dieu donne la grâce du baptême sans que le sacrement soit donné, et ce fait doit être particulièrement rappelé dans les cas où il serait impossible de conférer le baptême“. Le magistère de l’Eglise a évolué vers une “compréhension plus nuancée“ de la façon dont la relation avec l’Eglise peut être réalisée, ont encore écrit les théologiens, ne renonçant pas pour autant à l’idée que tout salut s’accomplisse à travers le Christ et son Eglise. “Il n’y a pas de salut qui ne soit pas du Christ et ecclésial par sa nature même“, ont-ils ainsi précisé. Dans son texte final, la Commission théologique internationale a aussi rappelé l’origine des limbes, apparues au 13e siècle suite aux réflexions de Saint Augustin (5e siècle) sur le sort des enfants morts sans le baptême. Elle a précisé que les papes et les conciles, dans l’histoire, n’avaient pas défini les limbes - du latin limbus ou bordure, désignant la frontière de l'enfer, puis représentant ensuite un état, dans lequel les enfants auraient la félicité naturelle, sans avoir la vision surnaturelle de Dieu - comme une doctrine de foi, laissant la question ouverte. Ce qui a permis l’évolution de l’enseignement à ce sujet.
 
 
 

Les catholiques qui entrent en politique doivent proposer à la conscience des citoyens le bien ou les biens à partager. C’est un principe qui vaut sous toutes les latitudes et dans tous les systèmes politiques. Jésus a déclaré qu’il fallait donner à César ce qui était à César, et à Dieu ce qui est à Dieu, pour séparer ("distinguer", NDLR) le pouvoir de la politique du pouvoir divin, en créant le domaine de la liberté de conscience. C’est cette liberté qui fait en sorte qu’il ne puisse pas y avoir de « neutralité » en politique. La politique, n’importe quel choix politique, n’est pas et ne peut jamais être neutre. Par exemple, les expériences de laboratoires, et surtout celles qui « manipulent » la vie à l’origine, ne sont déjà pas absolument neutres, parce qu’elles supposent une anthropologie, une conception déterminée de l’homme, et influent de manière importante, même sur la vie des individus. Ainsi, même les mesures législatives ne peuvent jamais être détachées de la réalité, sous peine d’être inutiles, réalité qui révèle une conception déterminée de la société et surtout de l’homme et de sa réalité.

 

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Ce qui nous préoccupe réellement, c’est la réapparition, avec une ponctualité dramatique, dans les Parlements et dans les structures de gouvernement de nombreuses nations dans tous les Continents, de propositions qui tendent à « dénaturer par la loi » des institutions de droit naturel, comme la famille, ou à légitimer, en la dépénalisant, celle que les auteurs de la « conscience aseptique » voudraient faire « digérer », comme la « mort douce ». Il y a des « principes qui ne sont pas négociables » comme la famille, la vie et l’éducation, sur lesquels un catholique ne peut accepter un compromis, EN AUCUN CAS, ET POUR AUCUNE RAISON ; c’est pourquoi il ne peut être humilié par des attaques explicites contre ce qui est plus sacré, de la part de ceux qui désirent détruire l’ordre social actuel, pour réaliser des désirs qui, en réalité, sont des caprices, ou suivre des rêves qui sont des cauchemars. Il n’y a pas seulement la « révolution économique », il y a des révolutions plus dangereuses, rampantes et idéologiques, qui prétendent réintroduire des thèmes étrangers à la sensibilité commune, et qui révèlent une idée d’homme et d’humanité totalement idéologique et détachée de la réalité, ainsi que de la nature. Si la politique se perd dans ces méandres, que l’on se rappelle que ce n’est jamais la tâche de César d’établir qui est l’homme ! Les hommes de bonne volonté, croyants ou non, le savent bien : il y a des « principes que l’on ne peut négocier », et, lutter pour leur défense, est une raison suffisante pour donner une signification à une existence tout entière.



Lien : Note Doctrinale (2002) sur l'engagement et le comportement des catholiques dans la vie politique

 
UNICITE ET SUBSISTANCE DE L'EGLISE

Le Christ n’a fondé qu’une seule Église — son Église — sur Pierre et avec la garantie de l’indéfectibilité face aux persécutions, aux divisions, aux obstacles de tout genre qu’elle allait trouver tout au long de l’histoire (cf. Mt 16, 18). Il n’y a donc qu’une seule Église du Christ que nous confessons dans le Symbole, une, sainte, catholique et apostolique. Le concile Vatican II, au numéro 8 de la constitution dogmatique Lumen Gentium dit que « cette Église constituée et organisée en ce monde comme une société subsistit in (subsiste) dans l’Église catholique, gouvernée par le successeur de Pierre et par les évêques en communion avec lui, bien qu’en dehors de son organisme visible (licet) l’on puisse trouver de nombreux éléments de sanctification et de vérité, qui, étant les dons propres à l’Église du Christ, portent par eux-mêmes à l’unité catholique ». Il est bien connu que cette célèbre expression — subsistit in — a été l’objet d’interprétations contradictoires. L’idée que le concile n’avait pas voulu faire sienne l’affirmation traditionnelle selon laquelle l’Église du Christ est (est) l’Église catholique, comme il était dit dans le schéma préparatoire a été et est toujours largement répandue jusqu’à en arriver à affirmer que l’Église du Christ subsisterait aussi dans les communautés chrétiennes séparées de Rome. En réalité, de l’analyse des Actes du Concile découle que l’expression « subsistit in » veut non seulement confirmer le sens du est, c’est-à-dire l’identité entre l’Église du Christ et l’Église catholique, mais qu’elle veut insister, surtout, sur le fait que l’Église du Christ, avec la plénitude de tous les moyens institués par Lui, persiste (continue, demeure) à tout jamais dans l’Église catholique ». Ce sens recoupe celui du langage commun de la culture occidentale et concorde avec celui de la philosophie classique d’Aristote à Saint Thomas : subsiste ce qui existe en soi et non pas en quelqu’un d’autre. « Subsistere est un cas spécial de esse. C’est l’être dans la forme d’un sujet qui existe en lui-même. C’est ce dont il s’agit précisément ici. Le Concile veut nous dire que l’Église de Jésus-Christ, comme sujet concret de ce monde, se trouve en l’Église catholique. Ceci ne peut arriver qu’une seule fois et l’on comprend bien que l’idée selon laquelle le subsistit pourrait se multiplier, méconnaît en réalité ce qui a voulu être dit. Avec le terme subsistit le Concile a voulu exprimer la singularité et non pas la multiplicité de l’Église catholique ». Au Concile, l’affirmation de la subsistance de l’Église du Christ dans l’Église catholique est accompagnée d’une autre affirmation célèbre sur la présence de nombreux éléments de sanctification et vérité propres à l’Église en dehors d’elle. La Congrégation pour la Doctrine de la Foi, face à des interprétations erronées sur cette question, s’est prononcée, en 1985, en ces termes : « Le Concile avait choisi le terme « subsistit » pour indiquer précisément qu’il n’existe qu’une seule subsistance de la vraie Église et, qu’en dehors de sa structure visible, il n’y a que des « elementa Ecclesiæ », qui, étant des éléments de l’Église elle-même, tendent vers l’Église catholique et y conduisent ». Plus récemment, la même Congrégation pour la Doctrine de la Foi a déclaré : « Est donc contraire au sens authentique du texte conciliaire l’interprétation de ceux qui tirent de la formule « subsistit in » la thèse selon laquelle la seule Église du Christ pourrait aussi subsister dans des Églises et des Communautés ecclésiales non catholiques ».
 
 
 

 
SUBSISTANCE, UNIVERSALITE ET PARTICULARITE

À partir du contexte et du sens du subsistit in du numéro 8 de la Lumen Gentium, il est évident que l’on attribue cette subsistance à l’Église universelle. Cependant, il est arrivé parfois que l’on applique aussi l’idée de « subsistance de l’Église » avec un sens différent, non plus univoque mais analogue, aux Églises particulières. Aussi, par exemple, Jean-Paul II a affirmé que dans les Églises particulières « subsiste la plénitude de l’Église universelle » ; ou bien que « l’Église catholique elle-même subsiste en chaque Église particulière ». En effet, la plénitude de l’Église universelle peut être attribuée à chaque Église particulière dans ce sens qu’en chacune d’elles « l’Église universelle est présente avec tous ses éléments essentiels » et que, par conséquent, elles sont faites « à l’image de l’Église universelle » ; et qu’en chacune d’elles « est réellement présente et agissante (inest et operatur) l’Église du Christ, une, sainte, catholique et apostolique ». Cette plénitude de l’Église particulière ne découle cependant pas de sa particularité, mais de la présence en elle de tous les éléments essentiels de l’ecclésialité, y compris le Primat du Successeur de Pierre et le Collège épiscopal. En effet, ces éléments, bien que n’ayant pas leur origine dans la particularité des Églises, appartiennent à l’essence de ces Église « de l’intérieur ». Pour qu’il y ait une telle plénitude, l’Église particulière doit être insérée dans l’universelle Communio Ecclesiarum qui, à son tour, n’est pas possible sans la communion avec le Siège de Rome et avec son Évêque. En tout cas, cette plénitude ecclésiale n’est pas suffisante pour attribuer à l’Église particulière la subsistance dans le sens de la Lumen gentium n. 8 parce que celle-ci comprend non seulement la présence de tous les éléments essentiels de l’Église du Christ mais aussi sa permanence indéfectible et qu’aucune Église particulière ne peut assurer une telle permanence. Les Églises particulières peuvent même disparaître et de fait nombre d’entre elles n’ont pas survécu au temps. C’est dans ce sens qu’il est plus précis de dire, comme le fait le texte du décret Christus Dominus, que dans l’Église particulière est présente et agissante (inest et operatur) l’Église du Christ ; ou bien que dans les Églises particulières existe (existit) l’Église universelle.
 
 
 
 
UNICITE DE L'EGLISE ET EXISTENCE D'EGLISES NON-CATHOLIQUES

Il est opportun de noter que la Lumen gentium numéro 8, lorsqu’elle affirme la subsistance de l’Église du Christ dans l’Église catholique, gouvernée par le Successeur de Pierre et les évêques en communion avec lui (et, comme il a été dit, dans le sens que cela a lieu seulement en elle), se réfère explicitement à l’Église en tant que constituée et organisée comme société en ce monde, et, qu’immédiatement après, elle affirme qu’il y a, en dehors d’elle, de nombreux éléments de sanctification et de vérité. Ceci nous conduit à considérer l’Église non seulement dans sa dimension sociale, mais aussi dans sa dimension mystérico-sacramentelle, comme Corps Mystique du Christ. Le Concile Vatican II, se pliant à l’usage déjà traditionnel du terme, nomme Églises les communautés chrétiennes non catholiques qui ont gardé l’épiscopat et une Eucharistie valide. À propos du terme Église, attribué à ces communautés, durant l’élaboration du décret Unitatis redintegratio, l’un des rapporteurs de la commission conciliaire correspondante expliqua qu’on n’avait pas voulu débattre sur la question des conditions requises pour qu’une communauté chrétienne soit théologiquement considérée Église. Ceci porterait à croire qu’on n’ait voulu attribuer qu’un sens sociologique ou plutôt honorifique à ce terme appliqué aux communautés chrétiennes non catholiques. En réalité, ce n’est pas vraisemblable, puisque le décret sur l’œcuménisme lui-même — sans exprimer toutes les conditions requises pour être une Église — affirme que c’est « par la célébration de l’Eucharistie du Seigneur en chaque Église particulière que l’Église de Dieu s’édifie et grandit ». Il faut interpréter cette expression à la lumière de Lumen gentium, c’est-à-dire, dans le sens que dans ces Églises il y a de nombreux éléments de sanctification et de vérité propres à l’unique Église du Christ (l’Église catholique). Les développements doctrinaux et magistériels de ce sujet sont arrivés à attribuer aux communautés chrétiennes non catholiques qui ont conservé l’épiscopat et l’Eucharistie le titre, d’évidente nature théologique, d’Églises particulières. Du point de vue du magistère, les prises de position les plus importantes ont été deux interventions de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi : la lettre Communionis notio, de 1992, qui affirme que ces communautés « méritent […] le titre d’Églises particulières » ; et la déclaration Dominus Iesus, de l’an 2000, qui affirme qu’elles sont « de vraies Églises particulières ». L’on comprend aisément que là où le Christ se rend présent par le sacrifice eucharistique de son Corps et de son Sang, là est présente l’Église, Corps du Christ, moyennant laquelle Il œuvre le salut dans l’histoire. Cependant, pas toute forme de présence agissante de l’Église ne constitue une Église particulière, mais seulement celle qui en a tous les éléments essentiels. Par conséquent, pour qu’une communauté chrétienne soit vraiment une Église particulière « la suprême autorité de l’Église doit être présente en elle comme un élément propre : le Collège épiscopal « avec sa Tête, le Pontife Romain, et jamais sans elle » (Lumen gentium, 22) ». Cela peut sembler un obstacle insurmontable pour pouvoir affirmer que les Églises non catholiques sont « de vraies Églises particulières » et on a certainement encore beaucoup à approfondir sur ce sujet. Cependant, une possible voie de réflexion mène à considérer la présence réelle du primat pétrinien (et du Collège épiscopal) dans les Églises non catholiques, sur la base de l’unité de l’épiscopat, « un et indivis » ; une unité qui ne peut exister sans la communion avec l’évêque de Rome. Là où en vertu de la succession apostolique il y a un épiscopat valide, là se trouve objectivement présent, comme autorité suprême, bien qu’il ne soit pas reconnu de fait, le Collège épiscopal avec sa Tête. De plus, à chaque célébration valide de l’Eucharistie il y a une référence objective à la communion universelle avec le Successeur de Pierre et avec toute l’Église, et ce, indépendamment des convictions subjectives. Dans ce sens, on pourrait approfondir la compréhension du fait que, bien que séparées de Rome, ces communautés chrétiennes sont de « vraies Églises particulières ». Nonobstant, il faut rappeler que le manque de pleine communion avec le Pape est une blessure dans l’ecclésialité de ces Églises ; blessure qui n’est pas seulement de nature disciplinaire ou canonique, mais aussi relative au manque de plénitude dans la profession de la foi catholique. Par conséquent, pour être pleinement Église, une Église particulière non catholique ne manque que de la manifestation visible (au sens extérieur) de la pleine communion chrétienne. Finalement, il faut revenir à la donnée de foi sur l’unicité de l’unique Église du Christ, pour ne pas omettre un autre aspect d’une importance capitale : les Églises particulières non catholiques sont de véritables Églises à cause de ce qu’elles ont de catholique. L’ecclésialité de ces Églises s’appuie sur ce que « il y a une présence active de l’Église du Christ en elles » ; et qu’elles ne sont pas pleinement Églises — leur ecclésialité est blessée — parce qu’elles sont dépourvues d’éléments propres à l’Église catholique. Autrement dit, reconnaître le caractère d’Églises aux communautés qui ne sont pas en pleine communion avec l’Église catholique entraîne nécessairement que l’on dise, tout paradoxal que cela puisse paraître, que ces Églises sont aussi des portions de l’unique Église, c’est-à-dire, de l’Église catholique ; des portions en situation théologique et canonique anormale. On pourrait exprimer cela autrement en disant que leur ecclésialité est une « ecclésialité participée, selon une présence imparfaite et limitée de l’Église du Christ ». L’importance œcuménique de ces sujets ecclésiologiques est évidente. En une large mesure, ils sont encore à préciser et à approfondir. Cependant, l’engagement œcuménique auquel l’Église ne peut ni ne veut renoncer, ne se limite pas aux aspects doctrinaux. « Ce qui est plus urgent encore, est la "purification de la mémoire", tant de fois évoquée par Jean-Paul II, qui seule peut disposer les âmes à accueillir la pleine vérité du Christ ». Il y a encore des obstacles, c’est certain, mais l’espace pour la prière, l’action de grâces, le dialogue et l’espérance dans l’action du Saint-Esprit est toujours ouvert.

Je crois en Dieu, le Père tout-puissant, Créateur du ciel et de la terre. Et en Jésus-Christ, son Fils unique, notre Seigneur ; qui a été conçu du Saint Esprit, est né de la Vierge Marie, a souffert sous Ponce Pilate, a été crucifié, est mort et a été enseveli, est descendu aux enfers ; le troisième jour est ressuscité des morts, est monté aux cieux, est assis à la droite de Dieu le Père tout-puissant, d'où il viendra juger les vivants et les morts. Je crois en l'Esprit Saint, à la sainte Église catholique, à la communion des saints, à la rémission des péchés, à la résurrection de la chair, à la vie éternelle. Amen

1. Le Ciel : « L’état de bonheur suprême et définitif »
 
 
1023. Ceux qui meurent dans la grâce et l’amitié de Dieu, et qui sont parfaitement purifiées, vivent pour toujours avec le Christ. Ils sont pour toujours semblables à Dieu, parce qu’ils le voient "tel qu’il est" (1 Jn 3, 2), face à face (cf. 1 Co 13, 12 ; Ap 22, 4). De notre autorité apostolique nous définissons que, d’après la disposition générale de Dieu, les âmes de tous les saints (...) et de tous les autres fidèles morts après avoir reçu le saint Baptême du Christ, en qui il n’y a rien eu à purifier lorsqu’ils sont morts, (...) ou encore, s’il y a eu ou qu’il y a quelque chose à purifier, lorsque, après leur mort, elles auront achevé de le faire, (...) avant même la résurrection dans leur corps et le Jugement général, et cela depuis l’Ascension du Seigneur et Sauveur Jésus-Christ au ciel, ont été, sont et seront au ciel, au Royaume des cieux et au Paradis céleste avec le Christ, admis dans la société des saints anges. Depuis la passion et la mort de notre Seigneur Jésus-Christ, elles ont vu et voient l’essence divine d’une vision intuitive et même face à face, sans la médiation d’aucune créature (Benoît XII : DS 1000 ; cf. LG 49).
1024. Cette vie parfaite avec la Très Sainte Trinité, cette communion de vie et d’amour avec Elle, avec la Vierge Marie, les anges et tous les bienheureux est appelée " le ciel ". Le ciel est la fin ultime et la réalisation des aspirations les plus profondes de l’homme, l’état de bonheur suprême et définitif.
1025. Vivre au ciel c’est " être avec le Christ " (cf. Jn 14, 3 ; Ph 1, 23 ; 1 Th 4, 17). Les élus vivent " en Lui ", mais ils y gardent, mieux, ils y trouvent leur vraie identité, leur propre nom (cf. Ap 2, 17). Car la vie c’est d’être avec le Christ : là où est le Christ, là est la vie, là est le royaume. (S. Ambroise, Luc. 10, 121: PL 15, 1834A).
1026. Par sa mort et sa Résurrection Jésus-Christ nous a " ouvert " le ciel. La vie des bienheureux consiste dans la possession en plénitude des fruits de la rédemption opérée par le Christ qui associe à sa glorification céleste ceux qui ont cru en Lui et qui sont demeurés fidèles à sa volonté. Le ciel est la communauté bienheureuse de tous ceux qui sont parfaitement incorporés à Lui.
1027. Ce mystère de communion bienheureuse avec Dieu et avec tous ceux qui sont dans le Christ dépasse toute compréhension et toute représentation. L’Écriture nous en parle en images : vie, lumière, paix, festin de noces, vin du royaume, maison du Père, Jérusalem céleste, paradis : " Ce que l’œil n’a pas vu, ce que l’oreille n’a pas entendu, ce qui n’est pas monté au cœur de l’homme, tout ce que Dieu a préparé pour ceux qui l’aiment " (1 Co 2, 9).
1028. A cause de sa transcendance, Dieu ne peut être vu tel qu’Il est que lorsqu’il ouvre lui-même son mystère à la contemplation immédiate de l’homme et qu’Il lui en donne la capacité. Cette contemplation de Dieu dans sa gloire céleste est appelée par l’Église " la vision béatifique ". Quelle ne sera pas ta gloire et ton bonheur : être admis à voir Dieu, avoir l’honneur de participer aux joies du salut et de la lumière éternelle dans la compagnie du Christ le Seigneur ton Dieu, (...) jouir au Royaume des cieux dans la compagnie des justes et des amis de Dieu, les joies de l’immortalité acquise (S. Cyprien, ep. 56, 10, 1 : PL 4, 357B).
1029. Dans la gloire du ciel, les bienheureux continuent d’accomplir avec joie la volonté de Dieu par rapport aux autres hommes et à la création toute entière. Déjà ils règnent avec le Christ ; avec Lui " ils régneront pour les siècles des siècles " (Ap 22, 5 ; cf. Mt 25, 21. 23).
 
 
 
 
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2. L’Enfer : « Une séparation éternelle d’avec Dieu »
 
 
1033. Nous ne pouvons pas être unis à Dieu à moins de choisir librement de l’aimer. Mais nous ne pouvons pas aimer Dieu si nous péchons gravement contre Lui, contre notre prochain ou contre nous-mêmes : " Celui qui n’aime pas demeure dans la mort. Quiconque hait son frère est un homicide ; or vous savez qu’aucun homicide n’a la vie éternelle demeurant en lui " (1 Jn 3, 15). Notre Seigneur nous avertit que nous serons séparés de Lui si nous omettons de rencontrer les besoins graves des pauvres et des petits qui sont ses frères (cf. Mt 25, 31-46). Mourir en péché mortel sans s’en être repenti et sans accueillir l’amour miséricordieux de Dieu, signifie demeurer séparé de Lui pour toujours par notre propre choix libre. Et c’est cet état d’auto-exclusion définitive de la communion avec Dieu et avec les bienheureux qu’on désigne par le mot " enfer ".
1034. Jésus parle souvent de la " géhenne " du " feu qui ne s’éteint pas " (cf. Mt 5, 22. 29 ; 13, 42. 50 ; Mc 9, 43-48), réservé à ceux qui refusent jusqu’à la fin de leur vie de croire et de se convertir, et où peuvent être perdus à la fois l’âme et le corps (cf. Mt 10, 28). Jésus annonce en termes graves qu’il " enverra ses anges, qui ramasseront tous les fauteurs d’iniquité (...), et les jetteront dans la fournaise ardente " (Mt 13, 41-42), et qu’il prononcera la condamnation : " Allez loin de moi, maudits, dans le feu éternel ! " (Mt 25, 41).
1035. L’enseignement de l’Église affirme l’existence de l’enfer et son éternité. Les âmes de ceux qui meurent en état de péché mortel descendent immédiatement après la mort dans les enfers, où elles souffrent les peines de l’enfer, " le feu éternel " (cf. DS 76 ; 409 ; 411 ; 801 ; 858 ; 1002 ; 1351 ; 1575 ; SPF 12). La peine principale de l’enfer consiste en la séparation éternelle d’avec Dieu en qui seul l’homme peut avoir la vie et le bonheur pour lesquels il a été crée et auxquels il aspire.
1036. Les affirmations de la Sainte Écriture et les enseignements de l’Église au sujet de l’enfer sont un appel à la responsabilité avec laquelle l’homme doit user de sa liberté en vue de son destin éternel. Elles constituent en même temps un appel pressant à la conversion : " Entrez par la porte étroite. Car large et spacieux est le chemin qui mène à la perdition, et il en est beaucoup qui le prennent ; mais étroite est la porte et resserré le chemin qui mène à la Vie, et il en est peu qui le trouvent " (Mt 7, 13-14). Ignorants du jour et de l’heure, il faut que, suivant l’avertissement du Seigneur, nous restions constamment vigilants pour mériter, quand s’achèvera le cours unique de notre vie terrestre, d’être admis avec lui aux noces et comptés parmi les bénis de Dieu, au lieu d’être, comme de mauvais et paresseux serviteurs, écartés par l’ordre de Dieu vers le feu éternel, vers ces ténèbres du dehors où seront les pleurs et les grincements de dents (LG 48).
1037. Dieu ne prédestine personne à aller en enfer (cf. DS 397 ; 1567) ; il faut pour cela une aversion volontaire de Dieu (un péché mortel), et y persister jusqu’à la fin. Dans la liturgie eucharistique et dans les prières quotidiennes de ses fidèles, l’Église implore la miséricorde de Dieu, qui veut " que personne ne périsse, mais que tous arrivent au repentir " (2 P 3, 9). Voici l’offrande que nous présentons devant toi, nous, tes serviteurs, et ta famille entière : dans ta bienveillance, accepte-la. Assure toi-même la paix de notre vie, arrache-nous à la damnation et reçois-nous parmi tes élus (MR, Canon Romain 88).

fetedieu.jpg1. Si quelqu'un dit que dans le Très Saint Sacrement de l'Eucharistie ne sont pas contenus vraiment, réellement et substantiellement le Corps et le Sang en même temps que l'âme et la divinité de notre Seigneur Jésus Christ et, en conséquence, le Christ tout entier, mais dit qu'ils n'y sont qu'en tant que dans un signe ou en figure ou virtuellement qu'il soit anathème.

 

2. Si quelqu'un dit que, dans le Très Saint Sacrement de l'Eucharistie, la substance du pain et du vin demeure avec le Corps et le Sang de notre Seigneur Jésus Christ, et s'il nie ce changement admirable et unique de toute la substance du pain en son Corps et de toute la substance du vin en son Sang, alors que demeurent les espèces du pain et du vin, changement que l'Eglise catholique appelle d'une manière très appropriée transsubstantiation : qu'il soit anathème.

 

3. Si quelqu'un nie que, dans le vénérable Sacrement de l'Eucharistie, le Christ tout entier soit contenu sous chaque espèce et sous chacune des parties de l'une ou l'autre espèce, après leur séparation : qu'il soit anathème.

 

4. Si quelqu'un dit que, une fois achevée la consécration, le Corps et le Sang de notre Seigneur Jésus Christ ne sont pas dans l'admirable Sacrement de l'Eucharistie, mais seulement quand on en use en le recevant, ni avant, ni après, et que le vrai Corps du Seigneur ne demeure pas dans les hosties ou les parcelles consacrées qui sont gardées ou restent après la communion : qu'il soit anathème.

 

5. Si quelqu'un dit ou bien que le fruit principal de la Très Sainte Eucharistie est la rémission des péchés ou bien qu'elle ne produit pas d'autres effets : qu'il soit anathème.

 

6. Si quelqu'un dit que, dans le Saint Sacrement de l'Eucharistie, le Christ, Fils unique de Dieu, ne doit pas être adoré d'un culte de latrie, même extérieur et que, en conséquence, il ne doit pas être vénéré par une célébration festive particulière, ni être porté solennellement en procession selon le rite ou la coutume louables et universels de la sainte Eglise, ni être proposé publiquement à l'adoration du peuple, ceux qui l'adorent étant des idolâtres : qu'il soit anathème.

 

7. Si quelqu'un dit qu'il n'est pas permis de garder la Sainte Eucharistie dans le tabernacle, mais qu'elle doit nécessairement être distribuée aux assistants immédiatement après la consécration, ou qu'il n'est pas permis de la porter avec honneur aux malades : qu'il soit anathème.

 

8. Si quelqu'un dit que le Christ présenté dans l'Eucharistie est mangé seulement spirituellement et non pas aussi sacramentellement et réellement : qu'il soit anathème.

 

9. Si quelqu'un nie que, une fois qu'ils ont atteint l'âge de discrétion, tous et chacun des chrétiens de l'un et l'autre sexe sont tenus de communier chaque année au moins à Pâques, conformément au commandement de notre sainte mère l'Eglise : qu'il soit anathème.

 

10. Si quelqu'un dit qu'il n'est pas permis au prêtre qui célèbre de se communier lui-même : qu'il soit anathème.

 

11. Si quelqu'un dit que la foi seule est une préparation suffisante pour recevoir le Sacrement de la Très Sainte Eucharistie : qu'il soit anathème. Et pour qu'un si grand Sacrement ne soit pas reçu indignement et donc pour la mort et la condamnation, ce saint concile statue et déclare que ceux dont la conscience est chargée d'un péché mortel, quelque contrits qu'ils se jugent, doivent nécessairement au préalable se confesser sacramentellement, s'il se trouve un confesseur. Si quelqu'un a l'audace d'enseigner, prêcher ou affirmer opiniâtrement le contraire ou même le défendre dans des disputes publiques, qu'il soit par le fait même, excommunié.

 

Saint Concile de Trente, XIIIème session - Décret sur le Sacrement de l’Eucharistie, 11 octobre 1551 - Denzinger N°1651 à 1661

A la gloire du Dieu très saint et de Notre-Seigneur Jésus-Christ, confiant en l’aide de la Très Sainte Vierge Marie et des bienheureux apôtres Pierre et Paul, pour l’utilité et l’édification de l’Église, au nom de tous les pasteurs et de tous les fidèles, Nous prononçons maintenant cette profession de foi, dans la pleine communion spirituelle avec vous tous, chers frères et fils.

 

 

UN SEUL DIEU, PÈRE, FILS ET SAINT-ESPRIT.

 

Nous croyons en un seul Dieu, Père, Fils et Saint-Esprit, Créateur des choses visibles comme ce monde où s’écoule notre vie passagère, des choses invisibles comme les purs esprits qu’on nomme aussi les anges, et Créateur en chaque homme de son âme spirituelle et immortelle. Nous croyons que ce Dieu unique est absolument un dans son essence infiniment sainte comme dans toutes ses perfections, dans sa toute-puissance, dans sa science infinie, dans sa providence, dans sa volonté et dans son amour. Il est Celui qui est, comme il l’a révélé à Moïse ; et il est Amour, comme l’apôtre Jean nous l’enseigne : en sorte que ces deux noms, Etre et Amour, expriment ineffablement la même divine réalité de Celui qui a voulu se faire connaître à nous, et qui, "habitant une lumière inaccessible", est en lui-même au-dessus de tout nom, de toutes choses et de toute intelligence créée.  Dieu seul peut nous en donner la connaissance  juste et plénière en se révélant comme Père, Fils et Esprit Saint, dont nous sommes par grâce appelés à partager, ici-bas dans l’obscurité de la foi et au-delà de la mort dans la lumière éternelle, l’éternelle vie.

 

Les liens mutuels constituant éternellement les trois personnes, qui sont chacune le seul et même Être divin, sont la bienheureuse vie intime du Dieu trois fois saint, infiniment au-delà de ce que nous pouvons concevoir à la mesure humaine.  Nous rendons grâce cependant à la bonté divine du fait que de très nombreux croyants puissent attester avec Nous devant les hommes l’unité de Dieu, bien qu’ils ne connaissent pas le mystère de la Très Sainte Trinité. Nous croyons donc au Père qui engendre éternellement le Fils, au Fils, Verbe de Dieu, qui est éternellement engendré, au Saint-Esprit, personne incréée qui procède du Père et du Fils comme leur éternel amour.  Ainsi en les trois personnes divines, coaeternae sibi et coaequales, surabondent et se consomment, dans la surexcellence et la gloire propres à l’être incréé, la vie et la béatitude de Dieu parfaitement un, et toujours "doit être vénérée l’unité dans la trinité et la trinité dans l’unité".

 

 

LE CHRIST,  DIEU FAIT HOMME

 

Nous croyons en Notre Seigneur Jésus-Christ, qui est le Fils de Dieu.  Il est le Verbe éternel, né du Père avant tous les siècles et consubstantiel au Père, homoousios to Patri, et par lui tout a été fait. Il s’est incarné par l’œuvre du Saint-Esprit dans le sein de la Vierge Marie et s’est fait homme : égal donc au Père selon la divinité, et inférieur au Père selon l’humanité et un lui-même, non par quelque impossible confusion des natures mais par l’unité de la personne. Il a habité parmi nous, plein de grâce et de vérité. Il a annoncé et instauré le Royaume de Dieu et nous a fait en lui connaître le Père. Il nous a donné son commandement nouveau de nous aimer les uns les autres comme il nous a aimés.  Il nous a enseigné la voie des béatitudes de l’Evangile : pauvreté en esprit, douleur supportée dans la patience, soif de la justice, miséricorde, pureté du cœur, volonté de paix, persécution endurée pour la justice. Il a souffert sous Ponce Pilate, Agneau de Dieu portant sur lui les péchés du monde, et il est mort pour nous sur la croix, nous sauvant par son sang rédempteur. Il a été enseveli et, de son propre pouvoir, il est ressuscité le troisième jour, nous élevant par sa résurrection à ce partage de la vie divine qu’est la vie de la grâce. Il est monté au ciel et il viendra de nouveau, en gloire cette fois, pour juger les vivants et les morts : chacun selon ses mérites - ceux qui ont répondu à l’amour et à la pitié de Dieu allant à la vie éternelle, ceux qui les ont refusés jusqu’au bout allant au feu qui ne s’éteint pas. Et son règne n’aura pas de fin.

 

 

L’ESPRIT SAINT ET LA VIERGE MARIE.

 

Nous croyons en l’Esprit Saint, qui est Seigneur et qui donne la vie, qui est adoré et glorifié avec le Père et le Fils. Il nous a parlé par les Prophètes, il nous a été envoyé par le Christ après sa Résurrection et son Ascension auprès du Père ; il illumine, vivifie, protège et conduit l’Église ; il en purifie les membres s’ils ne se dérobent pas à la grâce.  Son action qui pénètre au plus intime de l’âme, rend l’homme capable de répondre à l’appel de Jésus : "Soyez parfaits comme votre Père céleste est parfait" (Mt. V, 48). Nous croyons que Marie est la Mère demeurée toujours vierge du Verbe incarné, notre Dieu et Sauveur Jésus-Christ, et qu’en raison de cette élection singulière elle a été, en considération des mérites de son Fils, rachetée d’une manière plus éminente, préservée de toute souillure du péché originel et comblée du don de la grâce plus que toutes les autres créatures.  Associée par un lien étroit et indissoluble aux mystères de l’Incarnation et de la Rédemption, la Très Sainte Vierge, l’Immaculée, a été, au terme de sa vie terrestre, élevée en corps et en âme à la gloire céleste et configurée à son Fils ressuscité en anticipation du sort futur de tous les justes ; et Nous croyons que la Très Sainte Mère de Dieu, nouvelle Ève, mère de l’Église, continue au ciel son rôle maternel à l’égard des membres du Christ, en coopérant à la naissance et au développement de la vie divine dans les âmes des rachetés.

 

 

LE PÉCHÉ, LA CROIX ET LE BAPTÊME.

 

Nous croyons qu’en Adam tous ont péché, ce qui signifie que la faute originelle commise par lui a fait tomber la nature humaine, commune à tous les hommes, dans un état où elle porte les conséquences de cette faute et qui n’est pas celui où elle se trouvait d’abord dans nos premiers parents, constitués dans la sainteté et la justice, et où l’homme ne connaissait ni le mal ni la mort.  C’est la nature humaine ainsi tombée, dépouillée de la grâce qui la revêtait, blessée dans ses propres forces naturelles et soumise à l’empire de la mort, qui est transmise à tous les hommes et c’est en ce sens que chaque homme naît dans le péché. Nous tenons donc, avec le Concile de Trente, que le péché originel est transmis avec la nature humaine, "non par imitation, mais par propagation", et qu’il est ainsi "propre à chacun". Nous croyons que Notre-Seigneur Jésus-Christ, par le sacrifice de la croix, nous a rachetés du péché originel et de tous les péchés personnels commis par chacun de nous, en sorte que, selon la parole de l’Apôtre, "là où le péché avait abondé, la grâce a surabondé". Nous croyons à un seul baptême institué par Notre-Seigneur Jésus-Christ pour la rémission des péchés. Le baptême doit être administré même aux petits enfants qui n’ont pu encore se rendre coupables d’aucun péché personnel, afin que, nés privés de la grâce surnaturelle, ils renaissent "de l’eau et de l’Esprit Saint" à la vie divine dans le Christ Jésus.

 

 

L’ÉGLISE, ÉDIFIÉE PAR JÉSUS-CHRIST

 

Nous croyons à l’Eglise une, sainte, catholique et apostolique, édifiée par Jésus-Christ sur cette pierre qui est Pierre. Elle est le corps mystique du Christ, à la fois société visible instituée avec des organes hiérarchiques et communauté spirituelle, l’Eglise terrestre ; elle est le peuple de Dieu pérégrinant ici-bas et l’Eglise comblée des biens célestes ; elle est le germe et les prémices du Royaume de Dieu, par lequel se continuent, au long de l’histoire humaine, l’œuvre et les douleurs de la Rédemption et qui aspire à son accomplissement parfait au-delà du temps dans la gloire. Au cours du temps, le Seigneur Jésus forme son Eglise par les sacrements qui émanent de sa plénitude.  C’est par eux qu’elle rend ses membres participants au mystère de la mort et de la résurrection du Christ, dans la grâce du Saint-Esprit qui lui donne vie et action. Elle est donc sainte tout en comprenant en son sein des pécheurs, parce qu’elle n’a elle-même d’autre vie que celle de la grâce : c’est en vivant de sa vie que ses membres se sanctifient ; c’est en se soustrayant à sa vie qu’ils tombent dans les péchés et les désordres qui empêchent le rayonnement de sa sainteté. C’est pourquoi elle souffre et fait pénitence pour ses fautes, dont elle a le pouvoir de guérir ses enfants par le sang du Christ et le don de l’Esprit Saint. Héritière des divines promesses et fille d’Abraham selon l’Esprit, par cet Israël dont elle garde avec amour les Écritures et dont elle vénère les patriarches et les prophètes ; fondée sur les apôtres et transmettant de siècle en siècle leur parole toujours vivante et leurs pouvoirs de pasteur dans le successeur de Pierre et les évêques en communion avec lui ; perpétuellement assistée par le Saint-Esprit, elle a charge de garder, enseigner, expliquer et répandre la vérité que Dieu a révélée d’une manière encore voilée par les prophètes et pleinement par le Seigneur Jésus. Nous croyons tout ce qui est contenu dans la parole de Dieu, écrite ou transmise, et que l’Eglise propose à croire comme divinement révélé, soit par un jugement solennel, soit par le magistère ordinaire et universel. Nous croyons à l’infaillibilité dont jouit le successeur de Pierre quand il enseigne ex cathedra comme pasteur et docteur de tous les fidèles, et dont est assuré aussi le corps des évêques lorsqu’il exerce avec lui le magistère suprême.

 

 

L’UNITÉ ET LA CATHOLICITÉ DE L’ÉGLISE

 

Nous croyons que l’Église, fondée par Jésus-Christ et pour laquelle il a prié, est indéfectiblement une dans la foi, le culte et le lien de la communion hiérarchique. Au sein de cette Église, la riche variété des rites liturgiques et la légitime diversité des patrimoines théologiques et spirituels et des disciplines particulières, loin de nuire à son unité, la manifestent davantage. Reconnaissant aussi l’existence, en dehors de l’organisme de l’Église du Christ, de nombreux éléments de vérité et de sanctification qui lui appartiennent en propre et tendent à l’unité catholique, et croyant à l’action du Saint-Esprit qui suscite au cœur des disciples du Christ l’amour de cette unité, Nous avons l’espérance que les chrétiens qui ne sont pas encore dans la pleine communion de l’unique Église se réuniront un jour en un seul troupeau avec un seul pasteur. Nous croyons que l’Église est nécessaire au salut, car le Christ qui est seul médiateur et voie de salut se rend présent pour nous dans son Corps qui est l’Église. Mais le dessein divin du salut embrasse tous les hommes ; et ceux qui, sans faute de leur part, ignorent l’Evangile du Christ et son Église mais cherchent Dieu sincèrement et, sous l’influence de la grâce, s’efforcent d’accomplir sa volonté reconnue par les injonctions de leur conscience, ceux-là, en un nombre que Dieu seul connaît, peuvent obtenir le salut.

 

 

LE CORPS ET LE SANG DU SEIGNEUR

 

Nous croyons que la messe célébrée par le prêtre représentant la personne du Christ en vertu du pouvoir reçu par le sacrement de l’ordre, et offerte par lui au nom du Christ et des membres de son Corps mystique, est le sacrifice du calvaire rendu sacramentellement présent sur nos autels.  Nous croyons que, comme le pain et le vin consacrés par le Seigneur à la Sainte Cène ont été changés en son Corps et son Sang qui allaient être offerts pour nous sur la croix, de même le pain et le vin consacrés par le prêtre sont changés au corps et au sang du Christ glorieux siégeant au ciel, et Nous croyons que la mystérieuse présence du Seigneur, sous ce qui continue d’apparaître à nos sens de la même façon qu’auparavant, est une présence vraie, réelle et substantielle. Le Christ ne peut être ainsi présent en ce sacrement autrement que par le changement en son corps de la réalité elle-même du pain et par le changement en son sang de la réalité elle-même du vin, seules demeurant inchangées les propriétés du pain et du vin que nos sens perçoivent. Ce changement mystérieux, l’Église l’appelle d’une manière très appropriée transsubstantiation. Toute explication théologique, cherchant quelque intelligence de ce mystère, doit pour être en accord avec la foi catholique, maintenir que, dans la réalité elle-même, indépendante de notre esprit, le pain et le vin ont cessé d’exister après la consécration, en sorte que c’est le corps et le sang adorables du Seigneur Jésus qui dès lors sont réellement devant nous sous les espèces sacramentelles du pain et du vin, comme le Seigneur l’a voulu, pour se donner à nous en nourriture et pour nous associer à l’unité de son Corps mystique. L’unique et indivisible existence du Seigneur glorieux au ciel n’est pas multipliée, elle est rendue présente par le sacrement dans les multiples lieux de la terre où la messe est célébrée. Et elle demeure présente, après le sacrifice, dans le Saint Sacrement, qui est, au tabernacle, le cœur vivant de chacune de nos églises. Et c’est pour nous un devoir très doux d’honorer et d’adorer dans la sainte hostie, que nos yeux voient, le Verbe incarné qu’ils ne peuvent pas voir et qui, sans quitter le ciel, s’est rendu présent devant nous.

 

 

ROYAUME DE DIEU ET CIVILISATION.

 

Nous confessons que le royaume de Dieu commencé ici-bas en l’Église du Christ n’est pas de ce monde, dont la figure passe, et que sa croissance propre ne peut se confondre avec le progrès de la civilisation, de la science ou de  la technique humaines, mais qu’elle consiste à connaître toujours plus profondément les insondables richesses du Christ, à espérer toujours plus fortement les biens éternels, à répondre toujours plus ardemment à l’amour de Dieu, à dispenser toujours plus largement la grâce et la sainteté parmi les hommes. Mais c’est ce même amour qui porte l’Église à se soucier constamment du vrai bien temporel des hommes. Ne cessant de rappeler à ses enfants qu’ils n’ont pas ici-bas de demeure permanente, elle les presse aussi de contribuer, chacun selon sa vocation et ses moyens, au bien de leur cité terrestre, de promouvoir la justice, la paix et la fraternité entre les hommes, de prodiguer leur aide à leurs frères, surtout aux plus pauvres et aux plus malheureux. L’intense sollicitude de l’Église, épouse du Christ, pour les nécessités des hommes, leurs joies et leurs espoirs, leurs peines et leurs efforts, n’est donc rien d’autre que son grand désir de leur être présente pour les illuminer de la lumière du Christ et les rassembler tous en lui, leur unique Sauveur. Elle ne peut signifier jamais que l’Eglise se conforme elle-même aux choses de ce monde, ni que diminue l’ardeur de l’attente de son Seigneur et du royaume éternel.

 

 

LES VIVANTS ET LES MORTS

 

Nous croyons à la vie éternelle.  Nous croyons que les âmes de tous ceux qui meurent dans la grâce du Christ, soit qu’elles aient encore à être purifiées au purgatoire, soit que dès l’instant où elles quittent leur corps, Jésus les prenne au paradis comme il a fait pour le bon larron, sont le peuple de Dieu dans l’au-delà de la mort, laquelle sera définitivement vaincue le jour de la résurrection où ces âmes seront réunies à leur corps. Nous croyons que la multitude de celles qui sont rassemblées autour de Jésus et de Marie au paradis forme l’Église du ciel, où dans l’éternelle béatitude elles voient Dieu tel qu’il est et où elles sont aussi, à des degrés divers, associées avec les saints anges au gouvernement divin exercé par le Christ en gloire, en intercédant pour nous et en aidant notre faiblesse par leur sollicitude fraternelle.

 

Nous croyons à la communion de tous les fidèles du Christ, de ceux qui sont pèlerins sur la terre, des défunts qui achèvent leur purification, des bienheureux du ciel, tous ensemble formant une seule Église, et Nous croyons que dans cette communion l’amour miséricordieux de Dieu et de ses saints est toujours à l’écoute de nos prières, comme Jésus nous l’a dit : Demandez et vous recevrez. Aussi est-ce avec foi et dans l’espérance que Nous attendons la résurrection des morts et la vie du monde à venir.

 

Béni soit le Dieu trois fois saint. Amen.

 

 

Le 30 juin 1968 – Sa Sainteté le Pape Paul VI

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