Les Saints et les Saintes qui nous accompagnent tout au long de l’Année liturgique et dont nous célébrons la mémoire, nous disent clairement que l’Evangile qu’ils ont proclamé, non seulement par les lèvres mais aussi par le témoignage de leur propre vie, arrivé chez les martyrs jusqu’à l’effusion de leur sang, a eu le pouvoir de la transformer en une existence remplie de Dieu. Toute promesse évangélique se réalise parce que Celui qui l’a faite est Dieu, et ceux qui correspondent à ses désirs, manifestés pleinement par le Seigneur Jésus, deviennent réellement ses enfants, citoyens de son royaume, et participent à la vie de grâce qui vivifie son Eglise qui, de ce Royaume, est le signe visible sur la terre. Comme les promesses contenues dans les Béatitudes, qui, chez les Saints, se voient réalisées d’une manière splendide, chaque Parole du Seigneur, qui trouve une réponse dans la vie du disciple, porte un fruit abondant, trente, ou soixante ou cent (cf. Matthieu 13, 8). Tout dépend de l’ampleur du comportement avec lequel le croyant adhère, intérieurement et extérieurement, à la parole de l’Evangile. La ressemblance avec Jésus est, en effet, la sainteté : plus il y a imitation du Christ, et plus il y a sainteté...

 

 

 

 

Voilà pourquoi l’Eglise, avant de proclamer l’héroïcité des vertus d’un Serviteur ou d’une Servante de Dieu, en étudie à fond le comportement, en scrutant leur témoignage intégral. La sainteté évangélique en effet, est totalement incarnée dans la vie, elle n’est pas théorique mais pratique, elle produit des œuvres de sainteté, plus ou moins cachées, mais réelles, comme réelles sont les vertus ! Ces œuvres justes des Saints forment le vêtement de lin pur rayonnant qui orne l’Eglise, Epouse de l’Agneau (cf. Apocalypse, 19, 8-9). Seuls ceux qui mettent en pratique l’Evangile sont reconnus comme de vrais disciples de l’Agneau, et siègent à son banquet de noces, c’est-à-dire qu’ils partagent avec Lui, au Ciel, la gloire, l’honneur et le pouvoir que le Père lui a donnés. Ce sont ces « Serviteurs de Dieu » qui éclairent le monde, comme les étoiles éclairent la nuit ; ce sont eux les plus grands bienfaiteurs de l’humanité, « parce qu’il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses propres amis » (Jean 15, 13). Les Saints, eux, avaient tous les hommes pour amis, sans faire de différence d’aucune sorte ! Qu’il est beau de savoir que, en Jésus, un Saint François, un Saint Dominique, une Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus… ont donné leur vie pour nous aussi, pour que nous puissions avoir le courage de faire comme eux, de devenir des amis authentiques de Jésus : sans aucune réserve à son égard, avec un amour inconditionné qui se donne sans rien retenir pour soi et pour le monde. Qui d’autre, sinon Dieu lui-même, en Jésus-Christ, est digne de cet amour ? Le chemin qui mène à la sainteté n’est toutefois possible que lorsque s’instaure avec le Saint-Esprit un rapport tellement essentiel qu’Il devient vraiment et de manière permanente, le Doux Hôte de l’âme ! Saint Paul nous avertit que c’est seulement par l’intermédiaire de l’Esprit de Jésus qu’il est possible d’invoquer Dieu comme notre Père (cf. Romains 8, 15 ; Galates 4, 6). L’invocation du Saint-Esprit devrait imprégner la vie de chaque disciple authentique du Seigneur, qui désire ardemment à la sainteté. Le Saint-Esprit, en effet, éclaire notre esprit et donne la force à notre volonté pour discerner le bien du mal, et choisir toujours ce qui est agréable à Dieu. Pour chacun de nous, il est impossible de vaincre cette bataille spirituelle qui traverse d’un bout à l’autre notre existence humaine, sans le soutien recherché et accueilli de la Force qui vient d’En-Haut. Lorsque, dans la Séquence de la Pentecôte nous demandons : « Lave ce qui est souillé, baigne ce qui est aride, guéris ce qui est blessé. assouplis ce qui est raide, échauffe ce qui est froid, rends droit ce qui est faussé », nous demandons au Saint-Esprit de nous guérir, de nous libérer, de nous convertir, de nous transformer. Où, en effet, y a-t-il quelque chose à laver à soigner, à assouplir, à réchauffer, à rendre droit, si ce n’est au plus intime de notre cœur, là où se fonde la vraie vie de l’homme, précisément dans son âme ?

Le Saint-Père, de manière magistrale, a indiqué aux jeunes réunis à Sydney, cette action merveilleuse du Saint-Esprit, auquel il a consacré toute la Rencontre Mondiale de la Jeunesse en 2008 : « La puissance de l’Esprit ne cesse jamais de remplir l’Église de vie ! À travers la grâce des Sacrements de l’Église, cette force pénètre profondément en nous, comme une rivière souterraine qui nourrit l’esprit et nous attire toujours plus près de la source de notre vraie vie, qui est le Christ. Saint Ignace d’Antioche, qui est mort martyr à Rome, au début du deuxième siècle, nous a laissé une description splendide de la puissance de l’Esprit qui demeure en nous. Il parle de l’Esprit comme d’une fontaine d’eau vive qui jaillit dans son cœur et murmure : « Viens, Viens au Père ! » (cf. Rm 6, 1-9). Cependant, cette force, la grâce le l’Esprit, n’est pas quelque chose que nous pouvons mériter ou acquérir, mais nous pouvons seulement la recevoir comme un don. L’Amour de Dieu peut répandre sa puissance uniquement quand nous lui permettons de nous transformer intérieurement. Nous devons lui permettre de traverser dans la dure carapace de notre indifférence, de notre lassitude spirituelle, de notre conformisme aveugle à l’esprit de notre temps. Alors seulement nous pouvons lui permettre d’enflammer notre imagination et de façonner nos désirs les plus profonds. Voilà pourquoi la prière est si importante : la prière quotidienne, la prière personnelle, dans le silence de notre cœur et devant le Saint-Sacrement ainsi que la prière liturgique en Église. Elle est réceptivité pure de la grâce de Dieu, amour en acte, communion avec l’Esprit qui demeure en nous et nous conduit, à travers Jésus, dans l’Église, à notre Père céleste. Par la puissance de son Esprit, Jésus est toujours présent en nous, attendant tranquillement que nous nous mettions en silence à côté de Lui pour écouter sa voix, demeurer dans son amour et recevoir la « force qui vient d’en-haut », force qui nous rend capables d’être sel et lumière pour notre monde » (Homélie du Pape Benoît XVI à Sydney, 20 juillet 2008)

 

Fides

L’Evangile de Marc, qui est proclamé dans nos églises durant cette année, nous fait contempler la beauté de l’œuvre extraordinaire de Jésus-Rédempteur qui guérit les malades de toutes sortes de maladies, qui libère les possédés, pacifie par sa parole les cœurs et les esprits, en déversant dans les âmes des fleuves d’amour avec sa présence salvifique. L’existence humaine est traversée par mille épreuves, dont celles de la maladie physique, psychique, morale et spirituelle. Ainsi, le Seigneur parcourt aujourd’hui encore les routes du monde pour « imposer » ses mains et pour nous guérir, pour « proclamer » la Bonne Nouvelle et nous instruire, pour « chasser » le Malin et nous libérer, pour « intercéder » en notre faveur et nous exaucer… Jésus est toujours le même : hier, aujourd’hui, et toujours. Il ne fait de préférences de personnes, il n’a pas besoin des faveurs des gens ; pour intervenir, il demande uniquement l’acte de foi dans sa Toute-Puissance.

 

 

 

Nous ne devons pas oublier que, à côté des guérisons physiques, il y a d’autres formes de miracles que le Seigneur opère chez ceux qui recourent à Lui ; il y a d’autres moyens d’intervention divine qui, si elles ne changent pas la situation douloureuse, la rendent toutefois supportable, et même, la transforment en un bien supérieur pour les personnes concernées qui, dans la foi profonde, ont appris à unir leur souffrance à celle de Jésus sur la Croix. Il a pris sur Lui chacune de nos souffrances pour l’enlever au pouvoir du mal et la plonger dans l’océan de l’Amour de Dieu. C’est l’Amour Divin qui la transforme et qui nous transforme. Celui qui souffre et qui s’offre à Jésus-Christ dans l’amour, se trouvera au centre de la Rédemption universelle, et goûtera la consolation de vivre une communion spéciale avec le Rédempteur du monde, pour son propre compte et pour le salut d’autrui, en pouvant déclarer avec saint Paul : « Je suis heureux des souffrances que je supporte pour vous, et je complète dans ma chair ce qui manque aux souffrances du Christ, en faveur de son Corps qui est l’Eglise » (Colossiens 1, 24). Jésus, dans son Eglise, est vivant, et il agit, en premier lieu, par les Sacrements administrés par les prêtres qui, en vertu de l’Ordination sacerdotale « agissent in Persona Christi ». Cette action sacramentelle du Christ, par l’intermédiaire de l’Eglise, culmine dans la Très Sainte Eucharistie. Que de miracles visibles et invisibles se produisent pendant la Sainte Messe ou pendant la Bénédiction du Saint-Sacrement, ou pendant une prière fervente devant le Tabernacle ! Quel grand mystère est le mystère de l’Eglise où, tous les baptisés forment un seul corps, le Corps Mystique du Christ, comme nous le décrit l’Apôtre Paul dans ses Lettres : « Il n’y a qu’un Corps et qu’un Esprit, comme il n’y a qu’une espérance au terme de l’appel que vous avez reçu ; un seul Seigneur une seule foi, un seul baptême ; un seul Dieu et Père de tous, qui est au-dessus de tous, par tous, et en en tous » (Ephésiens 4, 6). Jésus, témoigne l’Evangile, opère le miracle là où il y a l’acte de foi en Lui, là où l’homme lui ouvre son cœur avec humilité et avec confiance. Que de fois l’Evangile de Marc rapporte les miracles de Jésus en décrivant simplement quand cela se passait alors : « Ayant achevé la traversée, ils touchèrent terre à Génésareth et accostèrent. Quand ils furent sortis de la barque, aussitôt des gens qui l'avaient reconnu parcoururent toute cette région et se mirent à transporter les malades sur leurs grabats, là où l'on apprenait qu'il était. Et en tout lieu où il pénétrait, villages, villes ou fermes, on mettait les malades sur les places et on le priait de les laisser toucher ne fût-ce que la frange de son manteau, et tous ceux qui le touchaient étaient sauvés » (Marc 6, 53-56).

 

« Tous cherchent Jésus » (Marc 1, 37). Et Il se laisse trouver, hier comme aujourd’hui, par ceux qui croient en Lui. Ceux qui ne s’intéressent pas à Lui, ne sont pas « forcés » par le Seigneur qui n’est pas insistant, et moins encore envahissant, ni ombrageux ou susceptible comme nous, quand nous nous sentons repoussés ou entourés d’indifférence. Le Seigneur est « patient et miséricordieux, lent à la colère et riche en grâces. Le Seigneur est bon envers tous, sa tendresse se répand sur toutes les créatures » (Psaume 145, 8-9). Celui qui le cherche, le trouve, et souvent, l’homme le cherche inconsciemment. Le Seigneur se laisse trouver avec facilité. Parfois, cette « rencontre » avec Lui se produit comme « par hasard », même si le hasard n’existe pas parce qu’existe la Providence ; cela se produit d’autres fois après un long parcours de recherche, come ce fut le cas pour les Mages. Avec la lumière d’une foi qui a mûri dans le temps, le croyant qui regarde en rétrospective sa vie et des événements précis, même douloureux, qui l’ont caractérisée, y trouve, d’une manière beaucoup plus reconnaissable que dans le passé, la présence incomparable et unique de Jésus qui a guidé ces événements. Un chant spontané monte du cœur, un hymne de louange s’élève vers son propre Dieu pour les bienfaits reçus, que l’on découvre toujours plus nombreux à mesure que l’on avance dans le pèlerinage de la foi. Plus l’on croit, plus l’on aime, plus l’on connaît et reconnaît l’œuvre de Dieu dans sa propre vie : « (De David). Bénis Yahvé, mon âme, du fond de mon être, son saint nom, bénis Yahvé, mon âme, n'oublie aucun de ses bienfaits. Lui qui pardonne toutes tes offenses, qui te guérit de toute maladie; qui rachète à la fosse ta vie, qui te couronne d'amour et de tendresse;  qui rassasie de biens tes années, et comme l'aigle se renouvelle ta jeunesse » (Psaume 103)

 

Fides

Dans la vie, nous connaissons tous des moments d’épreuve, quand la “mer” sur laquelle nous naviguons devient tempête, avec les vagues qui nous submergent, alors que nous, étant sur la barque avec Jésus, nous sommes tentés de « crier » comme les Apôtres pour « le réveiller » : « Maître, Maître, nous périssons ! » (Luc, 8, 24), « Maître, tu ne te soucies pas que nous périssons » (Marc 4, 38). Jésus, effectivement, à ce cri de supplique, se lève et impose aux vents et aux flots menaçants le silence et le calme ; mais, aussitôt après, il reproche aux Apôtres, leur manque de foi : « Pourquoi avez-vous peur ainsi ? Comment n’avez-vous pas de foi ? » (Marc 4, 40). Jésus nous enseigne que rien ni personne ne doit compromettre notre rapport de confiance avec Lui si nous voulons être ses disciples. Pour cela, l’épreuve, chaque épreuve, dans la pédagogie et dans la providence divine, a une valeur inestimable, parce que, dans l’épreuve, le chrétien peut fortifier le don précieux qu’il a reçu : la foi.

 

 

 

Au fond, les épreuves sont une occasion pour « prouver » à Dieu qui nous avons vraiment confiance en Lui, que l’acte de foi professé par les lèvres devient un acte d’amour, c’est-à-dire de toute la volonté, dans la pleine adhésion à sa Providence, qui ne nous épargne pas la souffrance, mais la transforme en grâce. Vivre la certitude que l’on ne peut « tomber au fond », si l’on est avec Jésus, est une des plus belles expériences de la vie chrétienne, qui fait jaillir des hymnes de louange à Celui qui vient toujours nous libérer, même si, souvent, les « manières » et les « temps » de cette libération dépassent notre imagination : « Que rendrai-je au Seigneur pour tout ce qu’il m’a donné ? Je prendrai le calice du salut et j’invoquerai le Nom du Seigneur. J’accomplirai mes vœux envers Dieu ; que tout son peuple soit présent ! Elle coûte aux yeux de Dieu la mort de ses amis. Ah ! Dieu, moi ton serviteur, moi ton serviteur fils de ta servante, tu défais mes liens » (Psaume 116, 12-17). Dieu nous donne toujours plus que ce que nous attendons. Lui, les miracles, il veut les faire à partir de notre cœur qu’il veut « élargir » progressivement pour le préparer à l’immensité du Ciel, auquel nous sommes tous destinés. Dieu se rend présent dans l’épreuve, souvent caché dans un silence qui semble être presqu’une absence, mais qui, en réalité, cache le mystère indicible de son amour Tout-puissant, qui fait tout concourir aux bien de ceux qui l’aiment (cf. Romains 8, 28). Seuls l’orgueil et la superbe « empêchent » à la force de l’Amour de Dieu de se rendre efficace en nous. En revanche, l’humilité du croyant, qui se confie dans un plein abandon à la sollicitude du Père Céleste, rend possible n’importe quel miracle. Qu’il est beau, pour le chrétien, de pouvoir dire, dans la tempête de l’épreuve : Seigneur, je ne t’ai pas réveillé, même si tout semblait s’écrouler, je n’ai pas douté de ta Présence. Il n’est pas nécessaire de s’agiter pour calmer les vagues et le vent, parce que tu es là. Précisément comme tu l’as dit : « Et voici, je suis avec vous tous les jours, jusqu’à la fin du monde » (Matthieu, 28, 20). Oui, Seigneur, Tu nous suffis ! La Vierge Marie a toujours vécu une foi solide, et un abandon sans conditions à Dieu, en suivant les traces de son Fils Jésus, de Nazareth jusqu’au Calvaire, à Jérusalem, dans une complète ressemblance avec Lui. La Mère des Douleurs sous la Croix, au milieu de la plus grande tempête de l’histoire, là même où l’enfer s’était déchaîné contre le Rédempteur du monde pour le submerger, Lui, et ainsi, toute l’humanité, quand tout semblait perdu, elle n’a pas douté. Elle n’a pas « crié », mais elle a fait entièrement confiance à la promesse de Jésus, que, le troisième jour, il ressusciterait (cf. Luc 9, 22). La Sainte Vierge ne s’est pas rendue au tombeau, comme les autres femmes, parce qu’elle n’a eu aucun doute que ce sépulcre était vide. Oui, la Mère de notre foi, nous aide à ne pas douter de la puissance salvifique de la Rédemption « puissance de l’Amour Miséricordieux ». L’Eglise nous enseigne à nous confier à Elle, comme en témoignent les Papes qui recourent à elle, spécialement dans les moments cruciaux de l’existence humaine : « Ô Mère des hommes et des peuples, toi qui connais toutes leurs souffrances et leurs espérances, toi qui ressens d'une façon maternelle toutes les luttes entre le bien et le mal, entre la lumière et les ténèbres qui secouent le monde contemporain, reçoit l'appel que, mus par l'Esprit-Saint, nous adressons directement à ton Cœur, et avec ton amour de mère et de servante du Seigneur, embrasse notre monde humain, que nous t'offrons et te consacrons, pleins d'inquiétude pour le sort terrestre et éternel des hommes et des peuples. Nous t'offrons et te consacrons d'une manière spéciale les hommes et les nations qui ont particulièrement besoin de cette offrande et de cette consécration. "Sous l'abri de ta miséricorde, nous nous réfugions, sainte Mère de Dieu ! Ne rejette pas nos prières alors que nous sommes dans l'épreuve !". "Pour eux, a-t-il dit, je me consacre moi-même, afin qu'ils soient eux aussi consacrés en vérité" (Jean 17, 19). Nous voulons nous unir à notre Rédempteur en cette consécration pour le monde et pour les hommes, laquelle, dans le cœur divin, a le pouvoir d'obtenir le pardon et de procurer la réparation. La puissance de cette consécration dure dans tous les temps, elle embrasse tous les hommes, peuples et nations, elle surpasse tout mal que l'esprit des ténèbres est capable de réveiller dans le cœur de l'homme et dans son histoire, et que, de fait, il a réveillé à notre époque. Combien profondément nous sentons le besoin de consécration pour l'humanité et pour le monde, pour notre monde contemporain, dans l'unité du Christ lui-même ! A l'œuvre rédemptrice du Christ, en effet, doit participer le monde par l'intermédiaire de l'Église. C'est ce que manifeste la présente Année de la Rédemption, le Jubilé extraordinaire de toute l'Église. En cette Année sainte, bénie sois-tu par-dessus toute créature, toi, la servante du Seigneur, qui as obéi de la manière la plus pleine à ce divin appel ! Sois saluée, toi qui t'es entièrement unie à la consécration rédemptrice de ton Fils ! Mère de l'Église ! Enseigne au Peuple de Dieu les chemins de la foi, de l'espérance et de la charité ! Éclaire spécialement les peuples dont tu attends de nous la consécration et l'offrande ! Aide-nous à vivre dans la Vérité de la consécration du Christ pour toute la famille humaine du monde contemporain ! En te confiant, ô Mère, le monde, tous les hommes et tous les peuples, nous te confions aussi la consécration même du monde et nous la mettons dans ton cœur maternel. Ô Cœur immaculé ! Aide-nous à vaincre la menace du mal qui s'enracine si facilement dans le cœur des hommes d'aujourd'hui et qui, avec ses effets incommensurables, pèse déjà sur la vie actuelle et semble fermer les voies vers l'avenir ! De la faim et de la guerre, délivre-nous ! De la guerre nucléaire, d'une autodestruction incalculable, de toutes sortes de guerres, délivre-nous ! Des péchés contre la vie de l'homme depuis ses premiers moments, délivre-nous ! De la haine et de la dégradation de la dignité des fils de Dieu, délivre-nous ! De tous les genres d'injustice dans la vie sociale, nationale et internationale, délivre-nous ! De la facilité avec laquelle on piétine les commandements de Dieu, délivre-nous ! De la tentative d'éteindre dans les cœurs humains la Vérité même de Dieu, délivre-nous ! De la perte de la conscience du bien et du mal, délivre-nous ! Des péchés contre l'Esprit Saint, délivre-nous ! Délivre-nous ! Écoute, ô Mère du Christ, ce cri chargé de la souffrance de tous les hommes ! Chargé de la souffrance de sociétés entières ! Aide-nous, par la puissance de l'Esprit-Saint, à vaincre tout péché : le péché de l'homme et le “péché du monde”, le péché sous toutes ses formes. Que se révèle encore une fois dans l'histoire du monde l'infinie puissance salvifique de la Rédemption, la puissance de l'amour miséricordieux ! Qu'il arrête le mal ! Qu'il transforme les consciences ! Que dans ton Cœur immaculé se manifeste pour tous la lumière de l'espérance ! ». (Jean-Paul II, La Consécration du monde au Cœur Immaculé de Marie le 25 mars 1984)

 

Fides

La fête de la Conversion de l’Apôtre Paul, en cette Année qui lui est dédiée, célébrée dimanche dernier, a été une grande grâce pour nous chrétiens, qui sommes liés à la Sainte Liturgie « Source » de vie. C’est une pause de réflexion et de prière pour renouveler notre projet le plus important : notre conversion ! Oui, la conversion est ce qu’il y a de plus important, mais aussi de plus beau, qu’il puisse y avoir dans la vie de foi. En effet, le chrétien authentique est un converti à Jésus, qui se convertit toujours plus, un croyant en Lui, qui croit toujours plus, quelqu’un qui a été conquis par Lui, et qui se laisse toujours plus conquérir par l’Evangile. Il n’y a pas de sainteté de vie sans une conversion permanente, parce qu’il est impossible de suivre Jésus sans avoir dans le cœur, de manière stable, la disposition de la conversion, c’est-à-dire la volonté de laisser son propre égoïsme, de se vider de soi-même, pour Lui laisser la place…

 

 

 

Le Seigneur l’affirme avec des paroles claires : « En vérité je vous le dis : si vous ne vous convertissez pas et si ne vous devenez pas comme des enfants, vous n’entrerez pas dans le Royaume des Cieux » (Matthieu 18, 3). La conversion, c’est donc devenir des enfants, se rapetisser et se simplifier devant ses propres yeux, devant les autres, et avant tout, devant Dieu. On se convertit précisément pour être capables de prendre pour soi les dispositions du Cœur de Jésus : Ses vertus. Ces vertus, à cause du péché, nous ne les pratiquons pas sans un effort. Avec Sa grâce, nous devons les conquérir, avec un élan intérieur, jour après jour. La conversion chrétienne, que Saint Paul lui aussi a vécue et a témoignée dans toutes ses lettres, est essentiellement dynamique. C’est « devenir » continuellement des enfants, c’est-à-dire doux et humbles, simples et transparents, pour être toujours plus semblables à Jésus : « Apprenez de moi que je suis doux et humble de cœur, et vous trouverez le repos pour vos âmes » (Matthieu 11, 29). Cette école de conversion, que le chrétien doit fréquenter chaque jour, a comme livre fondamental l’Evangile de Jésus. Ceux qui l’enseignent, qui représentent l’Unique Maître de tous, ce sont les Apôtres et leurs successeurs, les Evêques avec comme Tête le Pape, Vicaire du Christ, Successeur de Pierre, Evêque de Rome. Ils nous transmettent ce que, à leur tour, ils ont reçu, dans le sillon d’une Tradition ininterrompue conservée par l’Eglise. Les étudiants déjà « promus » sont les Saints qui, depuis le Ciel sont toujours prêts à nous aider, à nous donner des leçons supplémentaires pour vivre ce qu’eux-mêmes ont vécu, à commencer par le commandement le plus grand, celui de l’Amour de Dieu et du prochain. Dans cette école, nous sommes tous dans la même classe, parce que l’on ne fait pas de préférences, que la Vérité est unique. L’Evangile est en effet égal pour tous, et ceux qui veulent vraiment l’apprendre, doivent le mettre en pratique. Personne ne peut faire valoir, devant Dieu, des titres ou des conditions sociales spéciales, pour obtenir une « remise », un traitement de faveur. Le Nouveau testament l’affirme clairement, précisément par la bouche du premier Pape : « Dieu ne fait pas acception des personnes » (Actes 10, 34). Tous, sur ces « bancs » de l’école de l’Evangile, sont frères entre eux, parce que un seul est leur Seigneur et Maître : Jésus de Nazareth. Il distribue à chacun les talents nécessaires pour apprendre et pour vivre la communion avec Lui dans l’Eglise. Puis, à la fin de l’école, il y aura l’examen final, qui aura lieu à l’heure de notre mort, quand chacun d’entre nous devra répondre à Dieu pour soi-même : « Seigneur, tu m’as confié cinq talents, voilà, j’en ai gagné cinq autres » (Mathieu 25, 20) ; et le Seigneur donnera la récompense promise : « C’est bien, bon et fidèle serviteur… Tu as été fidèle en peu de chose, je te donnerai autorité sur beaucoup ; prends part à la joie de ton maître » (Matthieu 25, 21).

 

Ainsi, le chrétien, à l’école de l’Evangile, se présente comme disciple toujours prêt à apprendre des choses nouvelles, à recommencer depuis le début, à repartir de la Parole de Jésus, que l’Eglise, comme Mère et Maîtresse, lui annonce sans cesse. Que de gratitude il porte dans son cœur pour son Seigneur et Maître qui, en tant que Bon Pasteur, le « mène vers les eaux du repos », le « guide par le juste chemin pour l’amour de son nom », et lui met comme compagne à ses côtés « grâce et bonheur » tous les jours de sa vie (cf. Psaume 23, 3.6.) La conversion est la première annonce de l’Eglise, parce qu’elle est la première annonce de l’Evangile, et qu’elle doit être la première tâche du chrétien. Que l’Apôtre Saint Paul nous aide à nous convertir, à incarner dans notre vie l’Evangile de Jésus, comme le Pape Benoît XVI nous l’a enseigné : « En réalité, l'expérience de l'apôtre peut être le modèle de toute conversion chrétienne authentique. Celle de Paul a mûri dans la rencontre avec le Christ ressuscité; c'est cette rencontre qui changea radicalement son existence. Sur le chemin de Damas, il lui est arrivé ce que Jésus demande dans l'Evangile d'aujourd'hui : Saul s'est converti parce que, grâce à la lumière divine, "il a cru à l'Evangile". C'est en cela que consiste sa conversion et la nôtre : croire en Jésus mort et ressuscité et s'ouvrir à l'illumination de sa grâce divine. A ce moment-là, Saul a compris que son salut ne dépendait pas des bonnes oeuvres accomplies selon la loi, mais du fait que Jésus était mort aussi pour lui - le persécuteur - et qu'il était ressuscité. Cette vérité qui, grâce au Baptême, illumine l'existence de chaque chrétien, bouleverse totalement notre façon de vivre. Se convertir signifie, pour chacun de nous aussi, croire que Jésus "a donné sa vie pour moi", en mourant sur la croix (cf. Galates 2, 20) et, ressuscité, qu'il vit avec moi et en moi. En me confiant à la puissance de son pardon, en le laissant me prendre la main, je peux sortir des sables mouvants de l'orgueil et du péché, du mensonge et de la tristesse, de l'égoïsme et de toute fausse sécurité, pour connaître et vivre la richesse de son amour ». (Benoît XVI, Angélus, dimanche 25 janvier 2009).

 

Fides

« Le lendemain, Jean se tenait là, de nouveau, avec deux de ses disciples.  Regardant Jésus qui passait, il dit : « Voici l'agneau de Dieu. » Les deux disciples entendirent ses paroles et suivirent Jésus » (Jean 1, 35-37). La figure de Jean le Baptiste revient à plusieurs reprises dans l’Evangile, aux moments cruciaux de la vie de Jésus et de l’Eglise « naissante ». Il est son Précurseur, depuis le début, depuis que, dans le sein de sa Maman Elizabeth, il se réjouit de la présence du Messie à l’arrivée de la Vierge Marie (cf. Luc 1, 44). Le Baptiste l’indiquera, après le Baptême, à ses disciples au bord du fleuve Jourdain, quand les cieux s’ouvrent et que descend sur Lui le Saint-Esprit sous forme de colombe (cf. Marc 1, 10). Il le présentera sous cette exclamation qui, aujourd’hui encore, se fait entendre dans les églises du monde entier quand, durant la Messe, le prêtre présente aux fidèles la Très Sainte Eucharistie, en disant : « Voici l’Agneau de Dieu qui enlève les péchés du monde ».

 

 

 

Ce sont là les paroles du Précurseur qui continue au long des siècles sa mission extraordinaire : préparer les âmes à la rencontre avec Jésus, l’Epoux ! En effet, il dit de lui-même qu’il est « l’ami de l’époux, qui est présent et l’écoute, et exulte de joie à la voix de l’époux » (Jean 3, 29). Cette exclamation joyeuse a fait tressaillir l’âme des deux premiers disciples de Jésus, qui avaient été des disciples de Jean le Baptiste : « entendant ses paroles » (Jean 1, 37), ils trouvèrent la force de suivre Jésus. C’étaient les premiers pas derrière le Divin Maître, et ils seraient suivis par bien d’autres. Les pas initiaux sont toujours décisifs pour chaque histoire de vocation ! André et Jean, sans cette « poussée » ne seraient pas sortis de leur « coquille », ils n’auraient pas fait l’expérience merveilleuse, pendant des années, de s’identifier à Jésus, qui est la fin unique et véritable de tout appel à Le suivre. Et cela a été l’amour de Jean-Baptiste pour Jésus qui les a lancés sur la voie de la sainteté. Il y a toujours quelque personne spéciale, souvent celle d’un prêtre, au début de chaque appel sacerdotal ! Grâce à l’amour, Jésus pouvait avoir Ses premiers disciples : « Que cherchez-vous ? » furent les premières paroles qu’Il leur adressa, voyant qu’ils le suivaient. La réponse ne tarda pas, mais était comme embarrassée : « Maître, où demeures-tu ? » Et ainsi, Jésus put les attirer à Lui : « Venez et voyez » (Jean 1, 38,-39). A l’origine de ce chemin de vocation, il y a l’amour du Baptiste pour Jésus. Eux aussi apprirent, dès ce jour, à « fixer » leur regard sur Jésus. Ils apprennent à L’aimer de tout leur cœur. Quand on aime une personne, on pose tendrement son regard sur lui : comme une Maman qui regarde son propre enfant ; elle seule peut le fixer de cette manière ; comme un époux qui regarde son épouse, lui seul peut la regarder ainsi ! S’éprendre d’amour pour Jésus c’est, au fond, l’appel de chacun. A cette vocation doivent correspondre avant tout ceux qui « représentent » Jésus, c’est-à-dire les prêtres. C’est le prêtre, en effet, qui, le premier, doit « présenter » Jésus aux autres ; non seulement à la Sainte Messe, quand il présente à tous le Corps et le Sang du Christ, après la Consécration ; non seulement dans la prédication quant il L’annonce, mais il doit Le présenter aussi par sa propre vie. On Le suit vraiment si on L’aime. Souvent, à l’origine de l’appel à suivre Jésus, il y a eu l’exemple d’un regard qui s’est posé avec amour sur Lui, d’un cœur qui s’est fixé en Lui, d’une parole fascinante qui a jailli de l’abondance d’un amour sincère pour Lui. Bienheureux ceux qui savent parler ainsi, et bienheureux ceux qui savent L’écouter ! Sans cela, il n’y a pas de véritable pastorale des vocations, il n’existe pas d’évangélisation authentique, parce que le Seigneur s’est lié à notre amour. Il veut avoir besoin de nous ; pour réaliser Son plan de salut, il a voulu la collaboration humaine avec Sa grâce. Une collaboration qui consiste à l’Aimer, Lui, de tout notre cœur, de tout notre esprit, et de toutes nos forces, et le prochain, précisément, avec cet amour !

 

Nous le voyons de manière exemplaire dans la vocation de la Bienheureuse Vierge Marie : c’est seulement par son « fiat » que l’Incarnation du Verbe de Dieu pouvait s’accomplir. Elle est devenue pour cela notre Mère dans l’ordre de la grâce. Le titre de « Mère de l’Humanité » n’est pas simplement un titre honorifique, mais exprime une des plus belles vérités de notre foi chrétienne : le don inconditionné de l’humble Servante du Seigneur au plan du salut, a rendu possible chaque donation personnelle et communautaire, de notre part, et même celle de Jean-Baptiste ! Nous pouvons dire ainsi que ces paroles « Voici l’Agneau de Dieu », avant même Jean, la Vierge Marie les avait prononcées qui sait combien de fois, dans le plus profond de son cœur. Ce Coeur Immaculé, en effet, avait reçu et conservé en lui, avant nous tous, le Fils de Dieu pour Le donner au monde, comme elle Le donna à Elizabeth et au petit Jean-Baptiste. Elle continue à Le donner à chacun de nous, en nous enseignant à L’accueillir avec Elle : en toute humilité et avec amour, pour L’offrir aux autres.

 

Fides

Marcher dans la “voie mariale”, c’est-à-dire la voie de la foi et de l’humilité de Marie, nous amène à découvrir toujours plus, la présence merveilleuse du Seigneur Jésus qui a voulu vivre en tout, à l’exception du péché, notre condition humaine. Son existence a commencé dans le sein d’une Maman, la plus sainte de toutes les Mamans, la Vierge Marie qui L’a engendré et qui L’a suivi comme disciple, forte d’une foi robuste et authentique. Au cours des siècles, l’Eglise s’est unie à la louange qu’Elizabeth fit à Marie lors de la Visitation, et l’a répétée continuellement : « Vous êtes bénie entre les femmes et béni est le fruit de votre sein ! Et comment m’est-il donné que la Mère de mon Seigneur vienne à moi ?... Oui, bienheureuse celle qui a cru celle qui a cru en l’accomplissement de ce qui lui a été dit de la part du Seigneur » (Luc 142a-43.45)

 

 

 

La Conception de Jésus par l’opération du Saint-Esprit et Sa naissance à Bethléem, de la très humble Vierge Mère, sont des chefs-d’œuvre de la grâce de Dieu, qui se sont répandus sur l’humanité tout entière, et qui sont apparus à nos yeux le jour de Noël. Un Noël extraordinaire qui a marqué un tournant dans l’histoire de l’homme. Les anges du Ciel annoncèrent ainsi aux bergers de Bethléem cet événement grandiose : « … je vous annonce une grande joie, qui sera celle de tout le peuple : aujourd’hui, dans la cité de David, un Sauveur vous est né, qui est le Christ Seigneur. Et ceci vous servira de signe : vous trouverez un nouveau-né enveloppé de langes et couché dans une crèche » (Luc 2, 10-12). Les « langes » continuent à envelopper le Seigneur même à notre époque, parce qu’Il aime se cacher derrière les choses humbles et il aime se révéler aux petits, les seuls en mesure de Le reconnaître sous les simples dépouilles dont il se revêt ; que l’on pense au Mystère de la Très Sainte Eucharistie ! Précisément, dans le plus grand Sacrement qui nous assimile à Jésus, Il est enveloppé dans des « langes », et seule la foi des simples, de ceux qui marchent dans la « voie mariale », sont capables de Le croire réellement présent avec Son Corps, Son Sang, Son Ame et Sa Divinité. A chaque Messe célébrée, le Mystère de Noël se rend de nouveau présent, et les Anges nous invitent à adorer, dans le Pain de Vie, le Seigneur Jésus, qui a choisi de pauvres hommes, qu’il a lui-même consacrés prêtres, pour se rendre présent de manière perpétuelle sur les Autels du monde entier. Oui, la voie de la petitesse, qui part de Nazareth et se manifeste à Bethléem, est la voie par excellence de la Mère, et elle continue à être parcourue par ses enfants en très grand nombre, disciple de ces Béatitudes de Jésus qui, non pas par hasard, commencent avec « ceux qui ont l’esprit de pauvreté », et se terminent avec ceux «  qui sont persécutés pour la justice » (cf. Matthieu 5, 3-11). Les Béatitudes, nous les trouvons vécues de manière splendide par la Vierge Marie qui, marchant la première sur la voie de la petitesse et de l’abandon total à Dieu, a indiqué à nous tous comment arriver infailliblement au Seigneur Jésus, sans se perdre le long du chemin. Ceux qui prient le Rosaire, prière mariale par excellence, avec un cœur simple et confiant, se rendent compte de la douceur et de la clarté de ce chemin, parce que, de mystère en mystère, on est guidé par la main de la Vierge Marie qui, par sa très puissante intercession, ne fait manquer à personne son soutien et la voie à suivre. Dans l’une des nombreuses catéchèses consacrées à la Vierge Marie, le Serviteur de Dieu Jean-Paul II s’exprimait ainsi à propos de la prière du Rosaire et du culte marial en général : « …Dans la dévotion mariale, le Rosaire a pris une place de choix, et, par la répétition des ‘Ave Maria’, il amène à contempler les mystères de la foi. Cette prière simple, elle aussi, en alimentant l’amour du peuple chrétien pour la Mère de Dieu, oriente plus clairement la prière mariale vers son but : la glorification du Christ. Le Pape Paul VI, comme ses Prédécesseurs, spécialement Léon XIII, Pie XII et Jean XXIII, eut une grande considération pour la pratique du Rosaire et souhaita sa diffusion dans les familles. En outre, dans l’Exhortation Apostolique ‘Marialis Cultus’, il en expliqua la doctrine, en rappelant qu’il s’agissait d’une ‘prière évangélique, centrée sur le mystère de l’Incarnation rédemptrice’, et en en rappelant ‘l’orientation nettement christologique’ (n°46)… Comme le montrent la liturgie et la piété chrétienne, l’Eglise a toujours eu une grande considération pour le culte envers Marie, en le considérant comme lié de manière indissoluble à la foi au Christ. En effet, il trouve son fondement dans le dessein du Père, dans la volonté du Sauveur, et dans l’action inspiratrice du Paraclet ». « Ayant reçu du Christ le salut et la grâce, la Vierge est appelée à jouer un rôle important dans la rédemption de l’humanité. Avec la dévotion mariale, les chrétiens reconnaissent la valeur de la présence de Marie dans le chemin qui mène au salut, en recourant à Elle pour obtenir toutes sortes de grâces. Ils savent surtout qu’ils peuvent compter sur son intercession maternelle pour recevoir du Seigneur tout ce qui est nécessaire au développement de la vie divine, et pour obtenir le salut éternel » (Jean-Paul II, audience générale, 5 novembre 1997).

 

Aller à Jésus, guidés par Marie, est la synthèse de Noël et de tout le christianisme. Il n’est pas possible en effet de séparer le Fils de sa Mère : celui qui trouve l’Enfant trouve la Mère, et qui trouve la Mère trouve le Fils de Dieu. Comme l’Eglise nous l’enseigne, « le culte envers Marie est liée de manière indissoluble à la foi au Christ », en sorte que notre dévotion envers la Sante Vierge nous renforce dans notre foi en Jésus. Rester en prière devant la Très Sainte Eucharistie, avec le chapelet en mains, alors que l’on fait défiler les perles du chapelet avec la récitation de l’Ave Maria, est une des plus belles expressions de cette marche vers le Roi guidés par la main de la Reine, de cette adoration de Lui avec la foi de Marie. C’est le chemin marial qui nous fait découvrir toute la beauté d’appartenir à Jésus ! Parcourons ce chemin avec le chapelet dans les mains, tous les jours de cette année nouvelle.

 

Fides

La présence de Jean-Baptiste nous a accompagnés pendant tout le temps de l’Avent, et nous l’avons retrouvée dans notre cheminement liturgique et spirituel lors de la récente fête du Baptême de Jésus. Le Baptiste est une figure mystérieuse et fascinante. Il a été le Précurseur du Christ, non seulement il y a deux mille ans, mais, en un certain sens, il continue à l’être de nos jours, dans notre cœur. Il est en effet l’ami de l’Epoux, la voix qui fait entendre la Parole qui nous introduit dans le Mystère de la Rédemption, qui nous aide à accueillir l’invitation à la conversion, avec humilité et avec amour. Il nous fait comprendre que l’homme, chaque homme, face au Seigneur Jésus, se trouve devant le plus grand mystère de l’existence : le Mystère de l’Homme-Dieu !

 

 

 

L’homme ne peut se mettre devant Jésus comme s’il n’était pas ce qu’Il est réellement : Dieu né de Dieu, Lumière né de la Lumière, vrai Dieu, né du vrai Dieu ! C’est seulement quand l’homme se place dans un rapport d’humilité avec le Seigneur, qu’il peut recevoir la foi qui éclaire l’esprit et réchauffe le cœur. L’athéisme est, en réalité, le produit de l’orgueil humain qui rend l’homme incapable de croire, parce qu’il est fermé à la Vérité, c’est-à-dire à, l’humilité. Le binôme Vérité-humilité est inséparable ! Jean-Baptiste est un héraut de Vérité précisément parce qu’il est un héraut d’humilité et vice versa. Ses paroles sont comme un feu qui veut brûler tout reste d’orgueil qui serait déposé dans le cœur de ses disciples, qui entrent en crise devant la figure de Jésus, de son succès apostolique, de sa manière vraiment surprenante d’annoncer le Royaume de Dieu : un Messie qu’ils imaginaient bien différent. L’Evangile nous parle de ces « crises » des disciples du Baptiste, que l’on pourrait peut-être appeler « crise d’humilité », parce qu’elles touchent cette disposition fondamentale de l’esprit humain devant le mystère de Dieu qui se révèle en Jésus. L’Evangile nous dit en effet (Jean 3, 26-31) : « Ils vinrent trouver Jean et lui dirent : « Rabbi, celui qui était avec toi de l'autre côté du Jourdain, celui à qui tu as rendu témoignage, le voilà qui baptise et tous viennent à lui ! ». Jean répondit : « Un homme ne peut rien recevoir, si cela ne lui a été donné du ciel. Vous-mêmes, vous m'êtes témoins que j'ai dit : « Je ne suis pas le Christ, mais je suis envoyé devant lui ». Qui a l'épouse est l'époux ; mais l'ami de l'époux qui se tient là et qui l'entend, est ravi de joie à la voix de l'époux. Telle est ma joie, et elle est complète. Il faut que lui grandisse et que moi je décroisse. Celui qui vient d'en haut est au-dessus de tous ». Ces paroles sont parmi les témoignages les plus forts et les plus émouvants sur l’identité réelle du Christ, sur sa grandeur inestimable par rapport à notre petitesse. Le fait que cet avertissement soit adressé par le Baptiste précisément à ses disciples, qui avaient été préparés à accueillir le Messie, nous fait saisir combien est insidieuse la tentation d’entrer en « crise d’humilité » : ne pas vouloir reconnaître que tout est grâce, que les dons de Dieu ne nous appartiennent pas, que « nul ne peut rien s’attribuer, qui ne lui soit donné du ciel » (Jean 3, 27). Que de fois le disciple considère qu’il est le maître ; le serviteur, le patron. Jean-Baptiste savait bien que le péché des origines avait été celui de s’enorgueillir, de s’approprier des dons de Dieu, en faisant abstraction de leur origine et de l’identité des dons, à commencer par la liberté ! Combien il est dangereux pour le croyant de perdre la conscience du néant qu’il est et du tout que Dieu seul est. Cette tentation des origines est toujours prête à émerger de notre esprit. Combien il est alors salutaire de se répéter, de temps en temps, « toi seul, Seigneur, tu es tout » ! ». Au début précisément du début du cheminement spirituel de Catherine de Sienne, le Seigneur lui disait : « Sais-tu, ma fille, qui tu es, et qui je suis ? Si tu sais ces deux choses, tu seras bienheureuse. Tu es celle qui n’est pas, Moi, je suis Celui qui Est. Si tu as cette connaissance dans ton âme, l’ennemi ne pourra te tromper, et tu échapperas à toutes ses pièges, tu n’accepteras jamais aucune chose contraire à mes commandements, et tu obtiendras sans difficultés en abondance, grâce, vérité et lumière » (Raimondo da Capua, La vita di S. Caterina da Siena, I, X, 92, ed. Cantagalli).

 

Même si c’est avec d’autres paroles, Jean-Baptiste donnait le même enseignement à ses disciples : « Il faut que lui grandisse et que moi je décroisse » ; pour faire place au Tout qu’Il est, nous qui ne sommes rien, nous devons nous mettre de côté. C’est là la dynamique extraordinaire de la conversion annoncée par le Baptiste et reprise par Jésus : nous perdre nous-mêmes pour trouver Dieu, se faire plus petits pour devenir grands, être les derniers pour devenir les premiers dans le Royaume des Cieux ! La voie de l’humilité nous ouvre à la connaissance des dons de Dieu en nous et chez les autres, signe de la bonté qu’Il répand dans le cœur de ses créatures. Celui qui suit les traces de Jésus, de Marie, de Joseph et de Jean-Baptiste, s’ouvrira toujours plus au témoignage joyeux des dons de Dieu, et chassera de son propre cœur toute jalousie et rivalité, toute envie et ambition, parce qu’il comprendra que la vraie grandeur consiste à laisser croître dans son âme, non pas le propre « moi », mais celui qui est l’unique Grand : Dieu ! Marie est le plus grand exemple de tout cela.

 

Fides

Cette année a commencé sous le signe de la Sainte Vierge, la Mère de Dieu, que nous avons fêtée le 1° janvier précisément, en rappelant sa Maternité divine. Combien nous avons besoin d’avoir une telle Mère à nos côtés, chaque jour de notre vie, pour expérimenter de mille manières concrètes sa protection, son aide, sa grâce qui enveloppe tout, qui pénètre avec sa chaleur maternelle, si elle est accueillie ! Pour accueillir la présence douce et silencieuse de Marie, pour goûter dans notre cœur sa grâce typique, il est nécessaire de se faire de petits enfants. En effet, seul un cœur d’enfant sait comprendre cet amour maternel, et est capable d’ouvrir ses bras pour l’accueillir, pour qu’il se répande en chacun de ceux qui le cherchent et le demandent, comme savent le faire de manière particulière les petits...

 

 

 

Dans les Sanctuaires Mariaux du monde, ce n’est certainement pas par hasard que viennent de nombreux fidèles qui, avec humilité et avec confiance, se rendent auprès de la Mère Céleste, lui ouvrent leur cœur, et retournent chez eux « changés ». Cette rencontre avec la Sainte Vierge, qui prépare au mieux la rencontre avec son Fils, est quelque chose de réel, de profond, de naturel. Elle se passe dans la sphère la plus intime de l’humain, là précisément où demeure en nous « l’enfant des origines ». Chaque homme, précisément parce qu’il est créé à l’image et à la ressemblance de Dieu, porte au-dedans de soi, de manière indélébile, la touche d’une Innocence originelle, d’une Enfance spirituelle, avec une capacité de pureté, de vérité, d’amour, de paix, qui, si elle est aidée, permet de goûter le bonheur. Avec le Baptême, nous sommes nés comme enfants de la lumière, mains notre liberté peut nous faire devenir des enfants des ténèbres, si nous nous en servons mal, en vivant sans Dieu. Malgré le péché, qui s’insinue dans le cœur de l’homme dès ses premiers choix erronés, cette nostalgie de l’Innocence originelle ne peut être supprimée, elle reste poignante, avec la nostalgie du retour à l’état intérieur d’enfants, où la Vérité aimée et vécue est l’essence de toutes les choses. Gare à étouffer dans l’âme ce désir surnaturel de Vérité, qui vient de Jésus, pour suivre n’importe quel mensonge misérable, qui vient du Diable, comme celui de croire que l’on se suffit à soi-même. S’il en est ainsi, nous nous détruisons.

L’homme, voulu “déiforme”, créé pour devenir toujours plus semblable à Dieu dans la communion avec le Christ, avec l’usage erroné de la liberté se conforme au monde, aux choses d’ici-bas, en perdant progressivement le désir pour les choses de Dieu, avec le risque, réel, de le perdre pour toujours. Quelle tragédie humaine c’est alors ! Voilà pourquoi la Sainte Vierge vient nous visiter. Elle vient parce que l’homme perd la voie du salut. La voie qui nous mène à Dieu est précisément celle qui a mené Dieu vers nous. C’est la « voie mariale », choisie par Dieu pour venir dans le monde, nécessaire donc pour retourner à Lui, comme l’a décrit de manière magistrale Saint Louis-Marie Grignion de Montfort dans son célèbre « Traité de la Vraie Dévotion à la Marie ». La voie mariale est fondamentalement la voie de l’humilité parcourue par la Sainte Vierge, qui a dit d’elle-même à l’Annonciation : « Voici la servante du Seigneur » (Luc 1, 38). Elle aurait pu dire « je suis la Mère du Seigneur », après que l’ange lui ait annoncé la maternité divine, mais elle a dit « je suis la servante ». Oui, la Sainte Vierge nous enseigne son humilité radicale, à nous tenir devant Dieu et devant les hommes comme des serviteurs. Quel titre surprenant est ce titre de ‘serviteur’ » ! Ce n’est pas par hasard que la Pape se donne ce titre « serviteur des serviteurs de Dieu ». Un serviteur non seulement ne possède rien, mais il est vraiment tel quel aux yeux de Dieu, s’il ne se possède plus soi-même, et s’il vit en « exproprié ». Voici ce qu’est la « voie mariale » : apprendre de Marie l’art le plus difficile : celui de « se vider de soi » de se « rapetisser » pour laisser croître en nous la vie divine. C’est là la voie lumineuse que les saints ont parcourue.

 

Pour reconnaître cette grande lumière du Christ, comme nous l’enseigne le Saint-Père en nous parlant du Mystère de Noël, il faut précisément l’humilité : « C’est cela Noël ! Événement historique et mystère d’amour qui depuis plus de deux mille ans interpelle les hommes et les femmes de tout temps et de tous lieux. C’est le jour saint où resplendit la « grande lumière » du Christ, porteuse de paix ! Il est vrai que pour la reconnaître, pour l’accueillir, il faut la foi, il faut l’humilité. L’humilité de Marie, elle qui a cru à la parole du Seigneur et qui, la première, inclinée au-dessus de la mangeoire, a adoré le Fruit de son sein ; l’humilité de Joseph, homme juste, qui eut le courage de la foi et préféra obéir à Dieu plutôt que d’avoir soin de sa réputation ; l’humilité des bergers, des pauvres bergers anonymes, qui ont accueilli l’annonce du messager céleste et sont allés en hâte vers la grotte où ils ont trouvé l’enfant qui venait de naître, et là, pleins d’étonnement, ils l’ont adoré en louant Dieu (cf. Luc 2, 15-20). Les petits, les pauvres de cœur : voilà les protagonistes de Noël, hier comme aujourd’hui ; ce sont les protagonistes de toujours dans l’histoire de Dieu, les bâtisseurs infatigables de son Royaume de justice, d’amour et de paix » (Benoît XVI, Message Urbi et Orbi, Noël 2007).

 

Fides

 « Jean répondit : « Un homme ne peut rien recevoir, si cela ne lui a été donné du ciel. Vous-mêmes, vous m'êtes témoins que j'ai dit : «Je ne suis pas le Christ, mais je suis envoyé devant lui ». Qui a l'épouse est l'époux ; mais l'ami de l'époux qui se tient là et qui l'entend, est ravi de joie à la voix de l'époux. Telle est ma joie, et elle est complète. Il faut que lui grandisse et que moi je décroisse ». (Jean 3, 27-30). Par ces paroles, le Précurseur du Seigneur révèle le mystère de sa joie. Elles culminent dans un programme synthétique de vie, à l’enseigne de la plus sincère humilité : « Jésus doit grandir et moi en revanche je dois disparaître ».

 

  

 

La joie la plus authentique se cache, en effet, derrière le mystère de l’humilité de Jésus : « Apprenez de moi que je suis doux et humble de cœur » (Matthieu 11, 29). Jésus veut remplir de joie le cœur de ses disciples : « Je vous ai dit cela, pour que ma joie soit en vous et que votre joie soit complète » (Jean 15, 11), mais ils tardent à répondre, parce qu’ils ont de la peine à entreprendre le chemin. Cette voie, en revanche, la Vierge Marie l’a prise dès le début et ne l’a jamais quittée. Elle est la créature humble en plénitude, qui a fait en sorte, par toute sa vie, de plaire seulement au Seigneur, de vivre uniquement pour Sa gloire ; en d’autres termes, elle ne s’est jamais cherchée elle-même, en rien et avec personne : elle était la créature parfaitement libre, celle qui aimait Dieu de tout son être. C’est pourquoi son Cœur Immaculé est la demeure de la joie, et ce fut précisément la joie messianique - du Messie ! - qu’elle a apportée à sa parente Elizabeth quand elle lui a rendu visite. La joie de l’Enfant Jésus, qu’elle portait dans son sein virginal, a débordé de son âme, comme un fleuve en crue, et a enveloppé sa parente âgée qui était enceinte de Jean-Baptiste. Celui-ci, « tressaillit de joie » (Luc 1, 44), et plus jamais il n’oublia cette touche de la grâce. Quand, des années plus tard, le Précurseur du Seigneur appellera le peuple à la conversion, à préparer la voie au Seigneur, ce dont il témoignera auprès de chacun sera le même mystère que celui qui l’a conquis. C’était le mystère de l’Avent du Christ qui, pour être accueilli, devait être reconnu ; mais on ne pouvait le reconnaître si l’on ne « s’abaissait », si l’on ne se « vidait », comme le déclare très bien Saint Augustin : « Que veut dire : préparez le voie, si ce n’est : soyez humbles de cœur ? Prenez exemple sur le Baptiste qui, pris pour le Christ, déclare qu’il n’est pas celui que les gens croient qu’il est… Il se maintint dans l’humilité. Il vit avec justesse là où trouver le salut. Il comprit qu’il n’était qu’une lumière, et il craignait de la voir éteinte par le vent de l’orgueil » (Disc. 293, 3). L’orgueil est la racine de nos « éternelles » tristesses, alors que l’humilité ouvre toutes grandes les portes de l’âme aux joies les plus grandes. Voilà pourquoi, quand nous étions enfants, la joie était la compagne naturelle de nos journées. On était heureux d’être tout simplement ce que l’on était : petits ! Avec le fait de devenir « grands », cette joie s’est éloignée de nous, parce que nos voies n’ont plus été les siennes. Celui qui, en revanche, malgré les années, est resté simple dans son cœur, pauvre, humble comme un enfant, aura découvert un jour ou l’autre que la joie des simples est la joie de Jésus, qu’elle est un don de son Amour pour nous, qui vient du Ciel, et que, pour cette raison, le monde ne peut donner. C’est comme la paix que nous donne Jésus : « Je vous laisse ma paix, je vous donne ma paix. Je ne vous la donne pas comme le monde la donne » (Jean 14, 27). Le monde ne connaît pas la joie, mais seulement son succédané, le plaisir, le plaisir des sens, du pouvoir, du succès de l’auto-affirmation de soi, du luxe, du « bien-être »… Mais le plaisir coûte énormément, et s’en va toujours du cœur de l’homme. A peine en a-t-on profité que déjà il n’existe plus. Ainsi, l’homme le poursuit, désespéré, en se faisant l’illusion que, un jour ou l’autre, il en sera comblé, il en sera rempli, qu’il s’arrêtera chez lui : mais il n'en est pas ainsi. Le plaisir est un tyran, il n’a pas de pitié pour le cœur humain : il s’en sert et il le jette. Jean Baptiste avait « goûté », depuis sa naissance, le mystère de la vraie joie, de cette plénitude de vie que Dieu te donne quand tu laisses tomber les barrières de l’orgueil et quand tu t’abandonnes à Lui, comme le fait un enfant quand il s’endort dans les bras de sa mère. Le petit, grand Jean, avait compris, au plus profond de son âme, que le Seigneur venait sur la terre pour apporter la joie à ses habitants, pour les réconcilier avec le Ciel, pour les ramener à ces Hauteurs célestes, d’où ils étaient tombés.

 

Noël s’est fait parce que Dieu, l’infiniment Bienheureux, voulait donner à ses enfants la joie des joies : le Sauveur. Les Anges l’avaient proclamé à sa naissance : « Ne craignez pas, voilà que je vous annonce une grande joie, qui sera pour tout le peuple : aujourd’hui vous est né un Sauveur dans la ville de David, c’est le Christ Seigneur. Et voici comment vous le reconnaîtrez : vous trouverez un enfant enveloppé dans des langes, et couché dans une mangeoire » (Luc 2, 10-12). Le signe de cette « grande joie » est d’une « grande humilité ». Seuls ceux qui se font petits, qui s’humilient devant Dieu, repentis de leurs péchés, et qui se penchent sur les autres pour les servir et non pas pour se faire servir, découvrent le mystère de la joie. Les orgueilleux et les présomptueux, comme Hérode et son entourage, qui ne « descendent » pas à Bethléem, mais préfèrent rester accrochés sur leur propre « moi », ne sont pas capables de trouver la Joie qu’annonce l’étoile ; ils préfèrent le misérable plaisir d’eux-mêmes à la joie inestimable de Dieu. Et pourtant, pour accueillir Jésus, on ne perd rien, on y gagne à n’en point douter ! « Celui qui fait entrer le Christ ne perd rien, rien – absolument rien de ce qui rend la vie libre, belle et grande. Non ! Dans cette amitié seulement s’ouvrent tout grand les portes de la vie. Dans cette amitié seulement se dévoilent réellement les grandes potentialités de la condition humaine. Dans cette amitié seulement nous faisons l’expérience de ce qui est beau et de ce qui libère. … Il n’enlève rien et il donne tout » (Pape Benoît XVI, 24 avril 2005).

 

Fides

Noël est proche, et l’Evangile nous rappelle que nous devons préparer la voie au Seigneur qui vient. Que peut signifier cela pour nous ? Saint Augustin nous dit que « préparer la voie », va de pair avec l’humilité du cœur, parce que, comme le Baptiste, nous aussi nous pouvons accueillir le Messie, en lui préparant une place, en devenant plus humbles. Puisque Dieu est Amour, Lui préparer la voie n’est pas indifférent à l’amour, et marche avec l’amour, avec une « augmentation » de la bonté de notre cœur. En d’autres termes, il ne peut pas accueillir le Seigneur celui qui n’est pas orienté vers une bonté authentique, un amour désintéressé envers ses frères…

 

 

 

Que de fois, même les personnes consacrées, donnent pour acquis, précisément dans les rapports avec le prochain, ce qui ne l’est pas : être bons avec les autres ! La véritable bonté du cœur, pour être telle, ne peut être conditionnée : « Si vous aimez ceux qui vous aiment, quel mérite aurez-vous ? Même les pécheurs font de même » (Luc 6, 32), nous dit Jésus. Le monde qui nous observe sera freiné dans sa conversion tant qu’il ne verra pas en nous cette charité vécue qui a fait dire à Saint Paul : « La charité est longanime ; la charité est serviable ; elle n’est pas envieuse ; le charité ne fanfaronne pas, ne se rengorge pas ; elle ne fait rien d’inconvenant, ne cherche pas son intérêt, ne s’irrite pas, ne tient pas compte du mal ; elle ne se réjouit pas de l’injustice, mais elle met sa joie dans la vérité. Elle excuse tout, croit tout, espère tout, supporte tout. La charité ne passe jamais… » (1 Corinthiens 13, 4-8a). Le Pape Benoît XVI nous enseigne que « dans un petit acte d’amour authentique, il y a tout le sens de l’univers » (Angélus du 18 novembre 2007). C’est précisément cette bonté authentique qui est ce qu’il y a de plus précieux au monde. Quand il s’agit alors « d’aimer », un vrai chrétien ne peut se limiter à faire ce que font de nombreux autres, qui se contentent d’un « amour opportuniste » ; autrement la voie pour le Seigneur n’est pas préparée, mais bloquée, pour soi et pour les autres ! Comment et à quel point un chrétien doit-il aimer, jusqu’à quel point doit-il être bon avec son prochain ? La grande Solennité de Noël, précisément, qui porte à son terme le temps de la grande attente, nous révèle que le véritable amour ne se limite pas à soi-même, ne se laisse pas conditionner, mais s’offre totalement, ne se trompe pas soi-même pour ne pas tromper. L’amour vrai imite toujours Dieu qui « a tant aimé le monde qu’il lui a donné son Fils Unique » (Jean 3,16). Dieu n’a trompé personne, parce qu’il s’est donné entièrement. Une Maman qui se donne entièrement à la créature qu’elle porte dans son sein, imite Dieu ; elle ne se trompe pas, et elle ne trompe pas, parce qu’elle aime vraiment ! Il est beau de méditer, dans l’Evangile, la Vérité de l’Amour de Dieu qui est comparé à la lumière. Ceux qui aiment sont immergés dans la lumière, ils sont enfants de la lumière, comme le déclare saint Jean : « Celui qui aime son frère, demeure dans la lumière, et il n’y a en lui aucune occasion de chute » (1 Jean 2, 10). En dehors de Dieu, Lumière véritable qui éclaire le monde, comment pouvons-nous trouver le véritable amour ? Jamais Marie et Joseph, les Pasteurs et les Rois Mages, les apôtres et tous les autres, n’auraient pu le trouver. Si Dieu ne s’était pas révélé en Jésus-Christ, dans la nuit de Noël, comment aurions pu le trouver ? C’est pourquoi cette Nuit est la plus lumineuse de toutes les nuits de l’humanité ; sa splendeur atteint tout les hommes de bonne volonté, tous ceux qui sont prêts à aimer vraiment. L’Avent, qui se termine avec Noël, est le temps opportun pour se décider à devenir meilleurs avec les autres, et surtout envers ceux qui ne le sont pas avec nous. C’est seulement si nous sommes plus charitables, si nous éprouvons une véritable compassion, en renonçant à nos opportunismes que nous arriverons alors à la Grotte de Bethléem. L’étoile de Jésus apparaîtra à l’horizon de notre existence et l’éclairera. En effet, celui qui cherche de tout son cœur la Vérité de l’Amour, se trouvera un jour ou l’autre devant l’Enfant Jésus et sa Mère. Ce chemin vers la crèche de Bethléem est, au fond, le début de notre conception. Dans le sein maternel, se trouve le premier berceau de l’amour, le premier contact que, comme créatures encore inconscientes, nous avons avec l’Amour de Dieu qui a créé la vie comme don. Dans le sein maternel, nous fêtons ainsi, en un certain sens, le premier Noël de notre existence, notre première naissance à la vie. Quand, par la suite, accompagnés surtout par l’amour et par la foi de nos parents, nous arrivons à trouver le Seigneur Jésus et Marie sa Mère, dans le grand Mystère de Noël, c’est comme retrouver alors ce premier sein, ce premier baiser d’amour, mais avec cette différence, celui-là est vraiment « nouveau » et « éternel ».

 

Puisse ce Noël lui aussi renouveler en nous la joie d’appartenir pour toujours à Dieu, avec l’émerveillement de se savoir protégés dans la paume de sa main, précisément comme nous l’assure Jésus : « Mes brebis écoutent ma voix, et je les connais, et elles me suivent. Je leur donne la vie éternelle, et elles ne seront pas perdues, et personne ne les arrachera à ma main. Le Père, qui me les a données, est plus grand que tous, et personne ne peut les arracher à la main de mon Père » (Jean 10, 27-29).

 

Fides

« Je suis la voix de celui qui crie dans le désert : préparez la voie du Seigneur » (Jean 1, 23). Durant le temps de l’Avent, la « voix » du Précurseur se fait entendre de nouveau, qui nous gêne et nous secoue, pour faire refleurir en nous le désir, parfois éteint, de l’intimité avec Dieu. Cette « voix » nous rappelle avant tout que rien ne se purifie, que rien ne se redresse sans l’humilité. La superbe et l’orgueil rendent en effet impossible le chemin vers le Seigneur. Il est plus que connu que l’orgueil est comme un « syndrome de super-moi », qui amène à se considérer comme meilleur et plus important que les autres. Ce syndrome peut être surmonté seulement si, de toutes nos forces, nous nous jetons comme des enfants dans les bras de Dieu, et si nous reconnaissons humblement que, sans Lui, il n’y a aucune consistance dans l’homme. L’orgueil est la lèpre de l’âme, dont il faut guérir bien vite si l’on ne veut pas que ce mal s’étende comme une tache d’huile, jusqu’à compromettre même les actions les plus pieuses et les plus généreuses.

 

 

 

Le Baptiste l’a bien compris, et, dans le désert, il a fait la meilleure école pour donner sa place au Seigneur qui vient : l’exercice intense et constant de l’humilité qui est la vertu des vertus ! Il apprit à « se mettre à part », à choisir d’être au milieu des hommes, à ne pas s’élever, mais à s’humilier, à ne pas apparaître, mais à se cacher, à ne pas « compter », mais à se réduire à une faible « voix ». Quand les prêtres et les lévites vinrent de Jérusalem pour lui demander qui il était, « Il confessa, il ne nia pas, il confessa : « Je ne suis pas le Christ. » « Qu'es-tu donc ? lui demandèrent-ils. Es-tu Élie ? » Il dit : « Je ne le suis pas. » - « Es-tu le prophète ? » Il répondit : « Non ». Ils lui dirent alors : « Qui es-tu, que nous donnions réponse à ceux qui nous ont envoyés ? Que dis-tu de toi-même ? » - Il déclara : « Je suis la voix de celui qui crie dans le désert : Rendez droit le chemin du Seigneur, comme a dit Isaïe, le prophète. » (Jean 1, 20-23). Jésus l’aimait profondément, parce qu’il voyait en lui le serviteur authentique de Dieu, qui ne se cherche pas lui-même en quoi que ce soit, mais qui recherche la gloire de son Seigneur. Jean Baptiste vivait déjà par avance ces Béatitudes que le Seigneur aurait prêchées un jour : « Bienheureux ceux qui ont l’esprit de pauvreté, car le Royaume des Cieux est à eux… Bienheureux les cœurs purs parce qu’ils verront Dieu » (Matthieu 5, 3 ss). Oui, tu es bienheureux, Jean, parce tu ne t’es pas assis à table pour être servi, mais que tu as toujours servi et que, à la fin, tu as disparu. Non seulement tu t’es revêtu de peaux de chameau, mais, sans t’en rendre compte, tu te revêtais toujours plus du Christ, parce que tu savais te dépouiller progressivement de ton « moi ». Ton programme était le suivant : « Il doit grandir et moi, en revanche, je dois disparaître » (Jean 3, 30). Il n’a pas été difficile pour les disciples de Jean Baptiste, comme André et Jean, de suivre Jésus, d’être attirés par Sa « voix », parce qu’ils étaient déjà habitués, formés par l’autre « voix », à reconnaître la Vérité. Jean ne faisait pas ombrage à Jésus, il ne se plaçait pas devant ou de côté pour être « vu », et « considéré » lui aussi. Il était toujours derrière Jésus ! Jean a tout donné au Seigneur, lui-même, et ses disciples, ses fidèles, sa mission… et sa vie elle-même, en mourant pour la Vérité ! En lui s’est réalisé en plénitude ce que Jésus dira un jour : « Celui qui voudra sauver sa propre vie, la perdra, mais celui qui perdra sa propre vie pour moi et pour l’Evangile, la sauvera » (Marc, 8, 35). Le « moi », le prisonnier éternel du cœur, est vaincu seulement par l’humilité qui amène à se perdre soi-même. Se décider pour Jésus ne suffit pas ; si l’on veut devenir semblable à Lui, ses amis authentiques, il faut « apprendre à perdre ». Jour après jour, on doit s’exercer à cet « art » ardu de s’oublier, de ne pas se contempler, pour Le fixer et regarder là où Il porte son regard. Ce lui qui progresse dans cet art, cessera de juger le prochain, de considérer qu’il est meilleur que les autres, de vouloir avoir raison, de compter, d’apparaître, de devenir jaloux, de se plaindre… La voie de l’humilité véritable est un dépouillement progressif de soi, pour devenir toujours plus semblable à un enfant, à cet enfant que nous étions un jour. Ce « jour » n’est pas si loin, et pourtant, pour le retrouver, il faut faire un effort et beaucoup de temps, parce que l’orgueil du cœur et de l’esprit gonfle le « moi », en le rendant pesant et encombrant comme une pierre qui ne veut pas se déplacer de là où elle se trouve.

 

Seuls d’innombrables actes d’humilité, venus du plus profond de notre cœur, peuvent déplacer cette pierre pesante, peuvent « délier » les lacets de l’orgueil qui maintiennent prisonnière la volonté. Seule l’humilité du cœur cache l’esprit du mal, et nous fait découvrir la joie de ne rien posséder, d’être vraiment libres comme nous l’étions quand nous étions petits, quand nous ne connaissions pas encore cette malice des orgueilleux, cette « intelligence » au service de ses propres intérêts, qui empêchent l’abandon à Dieu. La « voix » continue à crier : préparez la voie au Seigneur, redevenez des enfants, autrement vous trébucherez au lieu de courir vers Jésus qui vient, enfant Lui aussi, pour visiter les « petits » de la terre !

 

Fides

Nous pourrions comparer le projet que Dieu a sur nous à une mosaïque très originale, composée de nombreux petits morceaux, qui s’emboitent à la perfection. Chacun d’eux est irremplaçable, parce qu’il fait partie d’un ensemble qui apparaîtra, seulement à la fin, dans toute sa beauté. L’Amour de Dieu a un chef-d’oeuvre merveilleux à réaliser avec chaque créature, dans lequel sa Providence fait une partie, et notre liberté, l’autre partie, pour accueillir tous ces petits morceaux qui composent la mosaïque. Une mosaïque est belle, quand elle est réussie, c’est-à-dire, sans qu’il y manque un morceau ; mais, pour avoir l’œuvre complète, il faut suivre l’ordre de la Divine Providence, autrement, ce sera la confusion au lieu de l’harmonie. Qui connaît chacun des morceaux qui doivent former ma mosaïque, sinon Dieu qui m’a pensé de toute éternité ? Lui seul voit l’ensemble, et personne d’autre ! Lui qui, « dans le Christ nous a choisis avant la création du monde, pour être saints et immaculés en sa présence, dans l’amour, déterminant d’avance que nous serions des fils adoptifs pour Lui par Jésus-Christ » (Ephésiens, 1, 4-6)

 

 

 

Son action infaillible, qui s’appelle Providence, unifie notre vie si nous laissons faire sa divine Volonté ! Si nous croyions vraiment, nous serions plus attentifs aux petits choix de chaque jour, en apprenant à les orienter selon ce projet que Jésus a sur nous, sans mettre notre volonté avant Sa volonté. Celui qui vit en s’abandonnant à la volonté de Dieu, veille et découvre dans sa propre existence, les signes qu’Il donne, afin que notre propre histoire personnelle puisse faire partie de l’histoire du salut. Nous sommes trop distraits par la pensée du monde qui enseigne aux hommes à « prendre en mains » leur propre vie, à mépriser les choses humbles, pour se mettre à la recherche des choses « grandes », considérées comme importantes. Dans la logique de Dieu, en revanche, révélée complètement par l’Evangile de Jésus, ce n’est pas « la grandeur » qui est la mesure importante, mais « la petitesse » qui est la mesure que Dieu préfère et chérit pour juger notre histoire. Le Saint-Père nous le rappelle avec des paroles merveilleuses : « A la fin de nos jours sur la terre, au moment de la mort, nous serons jugés sur la base de notre ressemblance avec l’enfant qui doit naître dans la pauvre grotte de Bethléem, parce que c’est Lui le critère de mesure que Dieu a donné à l’humanité » (Benoît XVI, Angélus, 9 décembre 2007). C’est précisément derrière un fragment que, souvent, se cachent la grandeur, la beauté et l’amour de Dieu. L’organisme humain lui-même, dans sa constitution étonnante, n’est-il pas le résultat de parties innombrables et microscopiques ? Ainsi en est-il dans le monde de Dieu. Son grand projet d’amour avec chacun de nous est formé d’innombrables « parties », qu’Il a préparées et mises ensemble pour en faire un chef-d’œuvre unique de grâce ! Si l’homme a vraiment confiance en Dieu, alors, un jour, il s’étonnera en contemplant les merveilles que la Grâce a réalisées pour lui : bienheureux les cœurs purs car ils verront tout ce que Dieu a fait avec leur vie ! Le chrétien ne peut sous-estimer les petites choses faites avec amour : une rencontre, une réflexion, un conseil, un geste d’aide, une lettre… Un jour il pourra entendre Jésus lui dire : « c’était Moi derrière cette rencontre, derrière cette réflexion, derrière ce conseil, derrière ce geste… ». Chaque petit événement de notre vie prend un sens, si nous nous habituons à le faire passer à travers les lentilles de ce microscope spécial qui s’appelle la foi ! « Si vous aviez la foi comme un grain de sénevé » (Matthieu 17, 20), ne pourrait-il signifier aussi avoir une foi qui sait voir dans le petit ? Qui sait reconnaître l’empreinte de Dieu, son passage parmi nous, dans les petites choses ? Celles que le monde ne considère pas, qu’il ne daigne même pas regarder. « Je te bénis ô Père, Seigneur du Ciel et de la terre, d’avoir caché cela aux sages et aux savants et de l’avoir révélé aux tout petits » (Matthieu 11, 25). Oui, le Père veut révéler les petites choses, qui cachent les grandes, aux petits seulement, à ceux qui n’ont pas des yeux concupiscents, avides de grandeur. La Vierge Marie avait la foi la plus grande de tous, parce qu’Elle avait l’humilité la plus profonde. Et l’Avent précisément est le temps propice pour nous mettre en chemin avec Elle sur la voie de la petitesse, pour ressembler toujours plus à « l’Enfant qui doit naître dans la pauvre grotte de Bethléem, parce que c’est Lui le critère de mesure que Dieu a donné à l’humanité » (Benoît XVI, Angélus 9 décembre 2007).

 

Fides

Le Temps de l’Avent est tout proche. C’est un temps liturgique qui nous présente avec insistance la Vierge Marie : Elle est au centre de l’Avent, c’est Elle qui a porté à son achèvement l’attente des peuples, et enfin le Messie, le « Désiré des nations » est venu grâce au « Fiat » de Marie, « qu’il me soit fait selon votre parole ».

   

 

 

L’Avent devient ainsi un temps privilégié qui nous permet aussi de redécouvrir l’immense mystère de la Maternité Divine de la Vierge et de son rôle de Maman dans la vie de chaque racheté qui ne peut que naître spirituellement du même sein dans lequel a été conçu Jésus : le sein Immaculé de Marie. Pour entrer dans le merveilleux climat de l’avent et goûter à pleine la grâce typique de cette période liturgique, nous sommes invités à parcourir la voie qui conduit au Cœur de la Mère de Celui qui, attendu, vient, et, déjà venu, reste pour toujours avec nous : d’où son Nom « Emmanuel », « Dieu avec nous ». Avec Marie, nous allons à Nazareth, et, de Nazareth à Bethléem. C’est un chemin pavé d’une grande simplicité, d’une grande humilité, d’une attention particulière aux petites choses, où rien n’est donné pour prévu, mais où chaque chose, sur cette voie, est une occasion de rendre grâces. Oui, cet itinéraire a le nom de « petitesse » et personne ne le trouve s’il ne quitte pas les sentiers tortueux de l’autosuffisance. On ne peut entrer dans le Cœur de Marie, dans son mystère de grâce, si l’on ne s’engage pas complètement cette voie, et se décidant à devenir, véritablement, petits ! « Bienheureux ceux qui ont l’esprit de pauvreté parce que le Royaume des Cieux leur appartient » (Matthieu 5, 3). La pauvreté d’esprit, proclamée par les Béatitudes, qui conduit nécessairement au Royaume de Dieu, est la petitesse. Vivre l’Avent avec Marie veut dire alors se convertir à ce que le monde méprise et juge faible : et précisément la petitesse. Jésus, dans l’Evangile parle clairement : « En vérité je vous les dis : si vous ne vous convertissez pas et ne devenez comme de petits enfants, vous n’entrerez pas dans le Royaume des Cieux » (Matthieu 18, 3). Un chant bien connu de piété populaire en Italie, reprend précisément cette phrase de l’Evangile : mais, en disant « vous n’entrerez pas », le texte change quelque peu : « vous n’entrerez jamais » ! Cette phrase de l’Evangile nous renvoie à la tendresse d’une Mère qui nous enseigne à devenir petits, à ne pas aspirer à des choses trop grandes, mais à préférer toujours l’humilité du cœur, qui devient humilité dans l’attitude, dans la parole, dans le regard, dans la manière de se présenter devant Dieu et devant le prochain. Cette humilité devient attention à chaque personne, c’est le coup d’œil des situations qui fait découvrir ceux qui, autour de nous, sont dans la difficulté et ont besoin d’aide : c’est la petitesse évangélique qui, précisément parce qu’elle ne peut rester passive, est enflammée par la charité.

 

Que la Vierge de l’Avent nous aide à devenir de vrais enfants de l’attente, qui attendent tout de Lui et ne découragent pas d’être tout petits, mais, au contraire deviennent audacieux et se lancent dans l’aventure de l’amitié et de la collaboration avec Jésus, comme le Pape Benoît XVI qui déclarait dans l’homélie de l’Immaculée Conception de Marie : « Ainsi Marie se trouve devant nous comme signe de réconfort, d'encouragement, d'espérance. Elle s'adresse à nous en disant : "Aie le courage d'oser avec Dieu ! Essaye ! N'aie pas peur de Lui ! Aie le courage de risquer avec la foi ! Aie le courage de risquer avec la bonté ! Aie le courage de risquer avec le cœur pur ! Engage-toi avec Dieu, tu verras alors que c'est précisément grâce à cela que ta vie deviendra vaste et lumineuse, non pas ennuyeuse, mais pleine de surprises infinies, car la bonté infinie de Dieu ne se tarit jamais !" » (8 décembre 2005).

 

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