Que de talents chacun de nous a reçus et reçoit du Seigneur ! Qui pourra jamais le dire ? A partir du don de la vie, notre existence sur cette terre est parsemée de nombreux « dons-talents », naturels et surnaturels, que le Bon Dieu nous confie, afin que, avant tout pour notre bien, on les fasse fructifier, en les vivant, et les mettant au service de Celui qui nous les a donnés, et du prochain. Comme l’a déclaré le Saint-Père, le Pape Benoît XVI, les talents se multiplient au moment où nous les partageons avec les autres : « Oui, ce que le Christ nous a donné, se multiplie en le donnant ! C’est un trésor fait pour être dépensé, investi, partagé avec tous, comme nous l’enseigne ce grand administrateur des talents de Jésus qu’est l’Apôtre Paul » (Benoît XVI, Angélus, 16 novembre 2008). Le talent se multiplie : de la « prière » si l’on prie ; de la « foi », si l’on témoigne ; de « l’amour » si l’on aime ; de la « consolation », si l’on console ; de la « miséricorde » si l’on pardonne… La liste pourrait se poursuivre et devenir très longue, parce que le Seigneur n’est pas « mesuré » comme nous le sommes nous autres, en donnant, et, surtout, en Se donnant. Son unique mesure est celle de n’en avoir point. Ce sont Ses créatures qui, par leurs choix de vie, décident de multiplier ou d’enterrer les talents-dons, qu’Il offre avec une telle longanimité et une telle magnanimité.

 

 

 

 

« Seigneur, que veux-tu que je fasse » ? Combien il faut de discernement pour découvrir le talent de sa propre « vocation » ! Ce talent, après cette vie, est précieux, parce que si l’on emboîte la voie juste, celle pour laquelle le Seigneur m’a créé et m’a appelé, alors, les dons qu’Il a réservés pour moi, qu’il a inscrits dans l’histoire de ma vocation, pourront se développer en mesure précisément de cet appel. Si un jeune perçoit dans son cœur que le Seigneur l’appelle au Sacerdoce, et, après beaucoup de prière, parvient à découvrit que c’est cela le « talent » central de sa vie, et s’il se décide pour Jésus, chemin faisant, il verra de ses propres yeux combien ce talent portera du fruit pour lui et pour tous les autres. Et quel est le fruit le plus beau, le prix le plus convoité ? Jésus lui-même ! Il est le but de nos talents. Que nous soyons appelés au sacerdoce, ou que l’on soit appelé à une autre vocation, nous tous, chrétiens, nous devrons avoir comme but final, absolu, le Seigneur Jésus. Le Pape Benoît XVI, toujours dans son commentaire de la parabole des talents, à l’occasion de l’Angélus, a déclaré : « La Parole de Dieu de ce dimanche… parle d'un « homme, qui partait en voyage » et qui « appela ses serviteurs et leur confia ses biens » (Mt 25, 14). L'homme de la parabole représente le Christ lui-même, les serviteurs sont les disciples et les talents sont les dons que Jésus leur confie. Par conséquent, ces talents ne représentent pas seulement les qualités naturelles mais aussi les richesses que le Seigneur Jésus nous a laissées en héritage, afin que nous les fassions fructifier : sa Parole, déposée dans le saint Evangile ; le Baptême, qui nous renouvelle dans l'Esprit Saint ; la prière - le « Notre Père » - que nous élevons à Dieu en tant que fils unis dans le Fils ; son pardon, qu'il a commandé de porter à tous ; le sacrement de son Corps immolé et de son Sang versé. En un mot : le Royaume de Dieu, qu'Il est Lui-même, présent et vivant au milieu de nous ». Jésus est le Talent par excellence. Il se remet à chacun de nous, à partir de notre Baptême, et nous décidons de Le faire grandir dans notre vie, comme une vigne unie au sarment : « Comme le sarment ne peut porter de fruit de lui-même s’il ne reste pas dans la vigne, de même, vous aussi, si vous ne restez pas en moi » (Jean 15, 4). Le secret pour faire fructifier le Talent et les talents, Jésus nous l’enseigne toujours : « Si quelqu’un veut venir derrière moi, qu’il se renie lui-même, qu’il prenne sa croix chaque jour et qu’il me suivre » (Luc 9, 23). Si, sur ce chemin, nous pensons faire les « malins », c’est-à-dire pouvoir vivre seulement en apparence l’appartenance au Christ, alors, il se produira que nous ne verrons pas et que l’on ne verra pas les fruits ; notre amitié avec Jésus ne fleurira pas ; nous ne serons pas des « personnes conquises » par le Christ ; au contraire, nous chercherons, nous, à Le conquérir ; nous ne serons pas des « serviteurs, mais nous prendrons peut-être la place des patrons, patrons de notre propre vie et aussi de la vie des autres… Avec une logique égoïste, on sort résolument en dehors de la route, parce que personne ne peut tromper Dieu. L’Evangile nous montre que, en plusieurs occasions, les scribes et les pharisiens ont cherché à tromper Jésus, en pensant qu’Il était un homme faillible comme eux. Ils se sont complètement trompés. On peut tromper les autres, et même se tromper soi-même, mais pas le Seigneur ! C’est la vie qui parle, et, à la fin de notre existence, ce seront nos œuvres qui nous jugeront : si nous avons donné notre vie, notre vocation et nos talents à Jésus, pour notre salut et pour celui des âmes, alors, nous recevrons de Lui le Prix éternel ; si nous avons été avares, de nous-mêmes et des dons reçus, si nous avons enterré notre vocation, alors, comme le mauvais riche, … nous serons dans les tourments (cf. Luc 16, 19-31). Combien de paroles de Jésus nous parlent de la récompense donnée aux justes, et de la peine réservée aux méchants ! On ne peut avoir aucune illusion : Dieu est miséricordieux, mais il est juste aussi : « De la mesure avec laquelle vous mesurez, on mesurera pour vous en retour » (Luc 6, 38). Outre ce passage sur la Justice Divine, on pourrait en citer de nombreux autres, qui nous couperaient le souffle en nous rendant réellement compte comment nous serons jugés.

 

La vraie mesure du chrétien, de ses choix et de ses désirs, c’est la vie éternelle, qui commence déjà ici-bas. Ce sont les choses d’En-haut qui doivent servir de fondement aux choses d’ici-bas, parce que ce sont elles qui décident du caractère bon de ces dernières, et non pas vice versa. C’est Dieu qui, à la fin des temps, jugera les hommes, même si, ici-bas, dans le temps, ce sont souvent les hommes qui jugent Dieu ! Pour cela, le chrétien ne peut pas faire autre chose que d’invoquer, chaque jour, pour lui et pour tous, la clémence divine, en s’adressant à la Médiatrice du genre humain, la Très Sainte Vierge, avec les paroles de l’Ave Maria : « … Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous, pauvres pécheurs, maintenant, et à l’heure de notre mort. Ainsi-soit-il ».

 

Fides

La vie spirituelle se fonde sur la communion avec le Seigneur Jésus : désiré, recherché, invoqué, célébré, annoncé… En d’autres termes, la vie de grâce, dans une âme, croît dans la mesure où elle se vide de soi-même pour faire place, dans la confiance et dans l’amour, à Jésus. L’Evangile tout entier en donne témoignage : « Si quelqu’un veut venir derrière moi, qu’il se renie lui-même, qu’il prenne sa croix et qu’il me suive » (Marc 8, 34), « et, là où je suis, là aussi sera mon serviteur » (Jean 12, 26). Ces paroles de Jésus, ainsi que de nombreuses autres paroles que l’on trouve en abondance dans les quatre Evangiles, définissent le statut de ceux qui veulent Lui appartenir...

 

 


Ce n’est pas nous qui décidons ce qui est important pour être disciple du Christ, dans la « sequela Christi », parce que tout a été décidé par Jésus, et l’Eglise en rend un témoignage fidèle tout au long des siècles. Seuls ceux qui mettent en pratique l’Evangile sont réellement sanctifiés ; ce sont eux qui « suivent l’Agneau partout où il va » (Apocalypse 14, 4). On ne peut se tromper sur ce qui est essentiel dans la vie, parce que, si manque l’essence, il reste seulement l’apparence. L’essentiel est entièrement écrit dans l’Evangile sans qu’il soit besoin de « si » ou de « mais » de notre part. L’essence du Christianisme en effet, est constituée par la vie, par les paroles, par les actions, par tout l’enseignement de Jésus fixé pour toujours ! La présence vivante de Jésus, qui demeure au long des siècles dans l’Eglise, réalise parfaitement sa promesse : « Et voilà, je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde » (Matthieu 28, 20). L’attrait d’une vie sainte comme celle d’un François d’Assise, est constitué par l’amour vécu pour le Jésus réel et historique de l’Evangile. C’est seulement ce Jésus que l’Eglise annonce depuis deux mille ans, pour donner du goût, apporter de la lumière à la vie du chrétien de tous les temps. François a voulu établir son Ordre, ses règles et ses disciplines, sur le fondement de l’Evangile, et il invitait ses frères en ces termes : « Maintenons-nous donc fidèles aux paroles, à la vie, à la doctrine et au Saint Evangile de celui qui a daigné prier son Père pour nous, et nous en manifester son Nom » (Règle de 1221). Dans son Testament écrit peu de temps avant sa mort, il disait : « Personne ne m’enseignait ce que je devais faire, mais le Très-Haut lui-même me révéla que je devais vivre selon le Saint Evangile ». « Vivre selon le Saint Evangile », voilà le programme de tout saint, l’essence de la sainteté, le secret du bonheur ! Dans la vie personnelle du chrétien, tout comme dans la vie d’une communauté, comme par exemple une paroisse ou une famille religieuse, tout doit se référer et tourner autour du Seigneur Jésus, parce que Lui seul a le pouvoir de nous faire reprendre le chemin, de nous pardonner nos péchés, de réanimer en nous l’amour du prochain. Combien, il est vrai que « sans Jésus nous ne pouvons rien faire » (cf. Jean 15, 5) véritablement, rien de bon ! … Une âme qui ne se lie pas à Jésus, tourne à vide sur elle-même et traîne avec elle, sur son manège fou, celui qui se laisse attirer dans cette orbite d’affections mondaines, d’intérêts purement terrestres, d’engagements de travail qui ne tendent pas à la gloire de Dieu, mais qui sont dominés par des logiques d’avantage… Voilà pourquoi Jésus nous met en garde contre les faux guides (Matthieu 15, 14). Saint Jean de la Croix déclare que trois guides peuvent être les guides aveugles de l’âme. A la première place, il met ces « directeurs spirituels » qui ne guident pas l’âme à Dieu, parce qu’ils ne comprennent pas les voies de l’esprit et leurs prérogatives » ; en deuxième place, il met « le Démon » qui « étant précisément aveugle, veut que l’âme le soit aussi », et enfin, à la troisième place il met « l’âme » elle-même qui, « ne se comprenant pas elle-même, se trouble et se détruit » (Flamme Vive d’amour).

 

Comme il est facile de se perdre dans le labyrinthe des occasions qui se présentent à notre liberté ! Chaque jour, on pourrait se compromettre sérieusement avec des choix qui, au début, à la limite, ne semblaient pas graves mais qui, avec le temps, s’ils ne sont pas corrigés par le repentir et par la conversion, font dévier l’âme du chemin de Dieu. Nous ne savons presque rien sur les raisons qui ont amené Judas à trahir le Christ ; peut-être que, au début de son cheminement avec Jésus, il faisait seulement de petits compromis avec le monde, avec son orgueil, compromis qui n’étaient certes pas méconnus ni de Jésus ni de Satan. Et puis, peu à peu, Judas a laissé place à d’autres, et à d’autres encore, jusqu’à créer un abîme entre lui et Jésus. Dans cette fosse de désespoir, creusée par la propre liberté dont il s’était servie à mauvais escient, il s’y est précipité : « et c’était la nuit » nous dit l’Evangile de Jean, après que Judas, « ayant pris la bouchée » sortit du Cénacle pour aller consommer la trahison du Fils de Dieu (Jean 21, 27) ! Nous nous étonnons souvent des « changements » tragiquement négatifs, qui se produisent chez telle ou telle personne que nous connaissons ; mais nous voyons seulement le « terminus », et nous ne savons pas d’où tout cela est parti, nous ne voyons pas le compromis initial qui a fait dévier la liberté vers des directions qui se sont éloignées toujours plus de l’Evangile. S’il est vrai que la miséricorde de Dieu est sans limites, il est aussi vrai, toutefois, que la liberté de l’homme est inconditionnée à tel point qu’existe l’enfer : la possibilité réelle pour l’homme de se refuser pour toujours à son Dieu. On ne doit pas alors s’étonner que de grands saints, comme Saint Louis-Marie Grignion de Montfort, devant la possibilité pour l’homme de se dérober, et de dévier hors des voies de Jésus, aient ressenti la nécessité très forte et l’urgence de se consacrer sans réserves à la Sainte Vierge, en Lui confiant toute leur propre liberté, en devenant Ses « esclaves ». Par ce terme, on voulait souligner le besoin angoissé, de l’homme qui désire Dieu ardemment, de « se lier pour toujours » à la créature qui n’a jamais dévié des voies de l’Evangile, et qui est l’image même du disciple parfait du Christ : la Vierge Marie, Mère de Jésus, et notre Mère ! Que notre cœur ne se lasse jamais de Lui redire : « Totus tuus ego sum »

 

Fides

Le mois de novembre commence avec deux cérémonies qui sont très ressenties, par la liturgie et par la piété populaire : la Solennité de la Toussaint, et la Commémoraison des Fidèles Défunts. Ces deux moments donnent une note particulière à ce mois, que la tradition consacre au souvenir, dans la prière, de ceux qui ont franchi le seuil de l’espérance. Quand nous prions pour nos frères défunts, ou mieux, pour ceux qui sont vivants dans l’Au-delà, on ressent un rappel aux fins dernières de l’existence. Le chrétien authentique perçoit plus que jamais cette dimension, quand il s’adresse à Dieu en faveur des âmes du Purgatoire, qui ne peuvent s’aider elles-mêmes, et dépendent de notre prière. « Ô mon Jésus, pardonnez-nous nos péchés, préservez-nous du feu de l’Enfer, prenez au Paradis toutes les âmes, spécialement celles qui ont le plus besoin de votre miséricorde ». Par cette prière brève et intense, la Sainte Vierge, à Fatima, a demandé d’intercéder auprès de Jésus pour les âmes du Purgatoire. Si chacun d’entre nous, qui est appelé à la sainteté, prenait au sérieux la vocation surprenante à vivre ici-bas en communion avec le Seigneur Jésus, alors, la mort serait « prendre son vol » vers le Paradis…

 

 

 

 

Quand je pense à la liberté de l’homme, ces paroles du Seigneur me viennent à l’esprit : « Beaucoup sont appelés, mais peu sont élus » (Matthieu 22, 14). Dieu appelle à la sainteté, mais seul un petit nombre accueille cet appel au banquet de la communion la plus intime avec Jésus, à ce banquet de vie éternelle qui commence déjà sur cette terre. Nous sommes en effet distraits par trop de choses, comme les invités au repas, dont parle l’Evangile, qui se justifient auprès du maître de maison en disant : « J’ai acheté une terre, et il me faut aller la voir, je t’en prie, tiens-moi pour excusé. Un autre dit : ’J’ai acheté cinq paires de bœufs, et je pars les essayer ; je t’en prie, tiens-moi pour excusé’. Un autre dit : ‘Je viens de me marier, et pour cette raison je ne puis venir’ » (Luc 14, 18-20). Il peut arriver que l’on puisse se sentir excusés à vivre sa propre vie, sans la confier, jour après jour, à Celui qui nous a créé et racheté, sans la mettre entièrement au service du Royaume de Dieu, parce qu’il y a tellement d’autres choses pour lesquelles il semble important d’y consacrer sa vie : le succès, le gain, ce qu’on appelle « le bien-être », la carrière, le pouvoir… en général tout ce qui favorise l’affirmation de soi-même, dans la gamme multiple que nous offre le monde. Et c’est alors que la vie se remplit de soucis, qui étouffent l’attention amoureuse pour notre propre Seigneur et Dieu, et même, l’intérêt à son égard disparaît. Le croyant est tenté de renvoyer à « après » sa conversion radicale : quand j’aurai plus de temps, je prierai, quand j’aurai moins de préoccupations, je m’occuperai des autres, quand j’en aurai l’envie, j’irai plus souvent à l’église… La vie que les Saints ont vécue n’a pas été un renvoi au lendemain, tout simplement parce que le lendemain ne nous appartient pas. Nous avons seulement le moment présent, et c’est précisément aujourd’hui même que l’on doit se convertir, sans accepter de compromis avec le péché qui est le véritable ennemi de notre bonheur, qu’il soit terrestre ou céleste. Le péché grave bloque la vie surnaturelle, et, en conséquence, la sainteté, c’est-à-dire notre croissance en Jésus-Christ. A l’horizon de la vie, le croyant, et tout homme, ne peut pas ne pas voir aussi sa mort. Certes, on fait fête pour la naissance terrestre, on l’entoure de nombreuses attentions ; Mais il ne faudrait pas oublier que cette « naissance » prélude à la grande naissance au Ciel ! Pour celui qui croit au Christ, en effet, la vie sur la terre s’écoule sans interruption, vers la Vie éternelle en Dieu. Les Saints en étaient conscients, et c’est alors que leurs obsèques se transformaient en une grande fête, parce que leur mort était vécue comme leur « naissance » au Ciel.

 

La vie sur la terre ressemble à une goutte d’eau qui, d’en haut, tombe en bas, vers l’océan qui attend de l’accueillir. Le temps de sa chute est un temps bref, limité. Quelle chose étonnante, quelle vérité consolante qu’est, pour un croyant, de vivre en étant conscient, avec le certitude qui vient de la foi, qui vit avec les promesses de Jésus Ressuscité, que la vie ne tombe pas dans le vide, dans le néant, mais va se joindre définitivement avec l’Amour de Dieu, qu’elle va se plonger dans la mer sans limites de Sa Divine Miséricorde ! Comme l’a rappelé le Pape Benoît XVI, par ces paroles lumineuses XVI : « Nous renouvelons aujourd'hui l'espérance de la vie éternelle fondée réellement dans la mort et la Résurrection du Christ. "Je suis ressuscité et à présent je suis toujours avec toi", nous dit le Seigneur, et ma main te soutient. Où que tu puisses tomber, tu tomberas entre mes mains et je serai présent jusqu'à la porte de la mort. Là où personne ne peut plus t'accompagner et où tu ne peux rien emporter, c'est là que je t'attends pour transformer pour toi les ténèbres en lumière » (Benoît XVI, Angélus, 2 novembre 2008).

 

Fides

En lisant l’événement de la conversion de Paul, après sa rencontre avec le Christ Ressuscité qui lui était apparu sur le Chemin de Damas (cf. Actes 9, 1-9), nous sommes amenés, en un certain sens, à souligner cette « lumière venue du Ciel » qui caractérise l’événement, certes extraordinaire, mais à oublier la terrible épreuve dans laquelle cet homme était tombé : « Saul se releva de terre, mais, ayant ouvert les yeux, il ne voyait plus rien » (Actes 9, 8). C’est un fait indéniable que, pour Paul, la rencontre avec Jésus a été « bouleversante » : il s’est retrouvé, non seulement à terre, mais dans une situation absolument nouvelle… rempli d’inquiétude, du sens angoissé de fautes. Paul se trouvant devant le Seigneur, a expérimenté aussi un grand échec personnel. Il était devenu aveugle, in voyait plus rien du tout ! Lui qui, jusqu’à ce moment, était tellement assuré de ses convictions, qu’il se faisait le paladin de la persécution des chrétiens, lui, précisément, qui avait assisté, impassible à la lapidation d’Etienne (cf. Actes 7, 58), qui jetait contre les chrétiens des milliers d’autres « pierres » : préjugés, condamnations, sentences sans possibilité d’appel. A présent, lui, il se retrouve à terre, à l’improviste, sans aucun signe prémonitoire. Après cette lumière fulgurante, et ces paroles d’une vérité absolue, le puissant Saul était devenu un pauvre aveugle ! En reprenant une expression utilisée aujourd’hui par les jeunes Italiens, on pourrait dire : Saul se sentait « a pezzi », détruit, réduit à rien.

 

 

 

 

http://img.over-blog.com/252x515/0/21/41/34/r-pertoire-2/paul.JPGOui, il sentait qu’il avait échoué qu’il était un « raté » ; mais c’est précisément de cet échec que naît Paul. Ainsi, celui qui persécutait son Dieu lui-même, devint un persécuté à cause de Son Nom, du Nom de « Jésus » qui, depuis cette rencontre de Damas, commença à marquer son cœur avec des lettres de feu ! Le Pape Benoît XVI, qui a ordonné pour toute l’Eglise une « Année de Saint Paul », nous invite à réfléchir sur la conversion de Paul, en ces termes : « En ce sens, ce ne fut pas simplement une conversion, une maturation de son "moi", mais ce fut une mort et une résurrection pour lui-même : il mourut à sa vie et naquit à une autre vie nouvelle avec le Christ ressuscité. D'aucune autre manière on ne peut expliquer ce renouveau de Paul. Toutes les analyses psychologiques ne peuvent pas éclairer et résoudre le problème. Seul l'événement, la rencontre forte avec le Christ, est la clé pour comprendre ce qui était arrivé; mort et résurrection, renouveau de la part de Celui qui s'était montré et avait parlé avec lui ». (Benoît XVI, Audience générale, 3 septembre 2008).Que de fois, derrière ces “échecs” se cachent des appels de la Divine Providence à une conversion radicale; mais nous ne nous en rendons pas compte parce que nous n’allons pas à Jésus ! Nous nous trouvons sur le « Chemin de Damas », jetés « à terre » par des assurances brisées, abasourdis par des crises sans nom… Mais, à la différence de Paul, nous n’avons pas l’humilité de nous mettre à l’écoute de cette même Voix que lui, par un privilège spécial, il avait entendue d’une manière extraordinaire. Nous aussi, nous pourrions l’entendre, dans le silence de notre conscience, si nous faisons le « silence devant nos échecs », petits ou grands. Cette « voix peut être entendue dans le secret du confessionnal, si on a le courage de faire une bonne confession. Combien de « crises » intérieures, petites ou grandes, pourraient ainsi être transformées, avec la grâce de Dieu et l’humble coopération humaine, en événements de conversion ! N’oublions pas ceci : chaque épreuve, avec la prière et l’écoute intérieure de la Vérité que Jésus ne fait jamais manquer, peut nous faire repartir de Dieu, une véritable et propre renaissance, qui fait entrer l’âme en communion plus profonde avec Celui qui « est en agonie jusqu’à la fin du monde » (Pascal), parce qu’il a pris sur lui tous nos échecs. « Il a été transpercé à cause de nos crimes, écrasé à cause de nos iniquités. Le châtiment qui nous sauve s’est abattu sur lui ; par ses plaies nous avons été guéris » (Isaïe 53, 5). Nous nous imaginons souvent la dynamique de la conversion comme quelque chose de « tranquille », résultat de facteurs exclusivement « positifs » ; certes, cela peut être tout, cela, mais que de fois les conversions fortes secouent les fondements de l’existence, comme ce fut le cas pour Paul ! Là, c’est un homme qui est jeté à terre, qui perd presque sa propre identité, qui se sent désorienté et perdu, parce que ce qui a caractérisé sa vie jusqu’alors était totalement erroné ! Devant soi s’ouvrent seulement deux voies : ou se désespérer, ou se confier à Dieu. Paul s’est engagé sur la voie juste parce qu’il a eu confiance en Jésus ! Seul le Seigneur Jésus est la Voie qui conduit infailliblement à la rencontre avec l’Amour Miséricordieux dont Paul deviendra l’annonciateur infatigable : « Qui nous séparera de l'amour du Christ ? La tribulation, l'angoisse, la persécution, la faim, la nudité, les périls, le glaive ? Selon le mot de l'Écriture : A cause de toi, l'on nous met à mort tout le long du jour ; nous avons passé pour des brebis d'abattoir.Mais en tout cela nous sommes les grands vainqueurs par celui qui nous a aimés. Oui, j'en ai l'assurance, ni mort ni vie, ni anges ni principautés, ni présent ni avenir, ni puissances, ni hauteur ni profondeur, ni aucune autre créature ne pourra nous séparer de l'amour de Dieu manifesté dans le Christ Jésus notre Seigneur ». (Romains, 8 35-39).

 

Rien et personne n’est capable d’empêcher à l’amour du Christ de parvenir à une personne et de la transformer, même si elle est plongée dans l’abîme de ses propres péchés. Lui seul a le pouvoir de lui redonner l’innocence, comme il l’a fait avec le malfaiteur crucifié à côté de lui. Ce larron a trouvé la bonté en rencontrant Jésus. Quels crimes avait-il commis pour avoir été condamné à finir sa vie sur le bois ignominieux de la croix : mais Jésus les lui a tous pardonnés et lui, il a « volé » le Paradis (cf. Luc 23, 43) ! C’est dans la lumière de l’appel à la conversion personnelle que nous devrions lire et relire les épreuves de notre vie, les périodes plus ou moins sombres qu’elle comporte, avec les échecs subis et les histoires qui se sont comme « brisées »… Là, au milieu de la poussière qu’il s’élevait alors qu’on tombait à terre, dans la souffrance qui faisait le vide autour de soi, dans ce que nous avons souvent appelé les « disgrâces »  de notre vie, il y avait et il y a toujours Quelqu’un, qui veut nous atteindre avec un rayon de Sa Lumière, qui veut nous relever par la force de Son Amour, qui veut nous redonner vie avec la chaleur de Son Pardon ; mais il faut Le reconnaître et L’invoquer de tout notre cœur : « Jésus, j’ai confiance en Toi » !

 

Fides

« Rendez à Dieu ce qui est à Dieu » (Marc 12, 17). Quand le Seigneur invite à « rendre à Dieu ce qui est à Dieu », il ne demande pas peu de choses. En effet, c’est seulement « en donnant que l’on reçoit » et cela vaut avant tout dans notre relation fondamentale avec Dieu : pour donner à l’homme tout ce qu’Il est, Dieu demande à l’homme de mettre dans ses mains ce qu’il est : Combien de fois, la Sainte Liturgie que nous célébrons guide notre cœur et notre esprit à implorer cet « échange admirable » : nous donnons à Dieu notre pauvreté, afin qu’Il nous donne Sa richesse !

 

 

 

A Dieu, appartient non seulement une partie de nous, mais la totalité de notre être. Une lecture vraiment profonde de l’existence humaine, qui n’est possible qu’à la lumière de la foi, nous nous rendons compte que toute la vie appartient au Seigneur de la Vie. En regardant la vie, on ne peut pas penser que seule une partie d’elle appartienne au Seigneur, tout comme lorsque nous étions des enfants, il était logique de se confier et de se donner au Seigneur, alors que devenus grands, on se sent « capables » de vivre une sorte « d’autonomie » vis-à-vis de Dieu. En effet, il n’est pas rare de penser et de vivre ainsi, mais la vie, ce souffle de vie qui coule en chacun de nous, depuis le premier instant de notre existence terrestre jusqu’au dernier instant, n’est-ce pas le Seigneur qui, de fait, nous maintient sans cesse dans l’existence ? « Tu caches ta face, ils s’épouvantent, tu retires leur souffle ils expirent, à leur poussière ils retournent. Tu envoies ton souffle ils son créés, tu renouvelles la face de la terre » (Psaume 104 (29-30). La vie, la vie humaine tout entière et surnaturelle, est un grand mystère, parce qu’elle s’écoule directement de Dieu qui est la source de la vie : « En toi est la source de vie, par ta lumière nous voyons la lumière » (Psaume 35, 10). Mais Dieu nous l’a donnée avec la liberté, et-, pour cela, l’homme, chaque homme, est totalement libre de donner ou de ne pas donner à Dieu, ce qui Lui appartient. En vainquant son propre égoïsme, en rentrant en soi-même, l’homme peut reconnaître que, sans Dieu, il n’est rien, que la vie n’a de sens que si elle est vécue avec Lui. Un vrai croyant ne pourra que répéter avec Saint Paul : « …Qu’as-tu donc que tu n’aies reçu ? Et si tu l’as reçu, pour quoi te vanter comme si tu ne l’avais pas reçu ? » (1 Corinthiens 4, 7). Ces paroles valent avant tout pour l’existence humaine elle-même ! Nous avons reçu de Dieu la capacité de penser et de vouloir, de désirer et d’aimer, d’imaginer et de faire des projets… Ces talents extraordinaires ne sont pas un « produit » qui vient de nous, et ils ne sont pas les « enfants du hasard » mais c’est Lui qui nous les a donnés. A présent, l’invitation de Jésus est claire : « Rends à Dieu ce qui lui appartient » ! Ne t’approprie pas de ce qui ne t’appartient pas, mais offre le à Celui qui te l’a donné ! Dans la parabole des dix talents (Matthieu 25, 14-30), Jésus invite ses disciples à se maintenir vigilants dans cette vie, en faisant fructifier tous les talents qu’ils ont reçus de leur « Patron ». Ces talents doivent retourner dans les mains de Celui qui les a donnés, afin que la vie atteigne son but divin. « Sachez que lui, le Seigneur est Dieu, lui qui nous a faits, et nous sommes à lui, son peuple et le troupeau de son bercail » (Psaume 100, 3). La vigilance, avec la prière, est d’une importance absolue pour se maintenir dans la Vérité, pour reconnaître tout ce que Dieu nous donne, que sa Providence nous confie ici-bas. Sainte Thérèse de Jésus (d’Avila), dans son œuvre magistrale « le Château intérieur », déclare clairement que la « porte du château », c’est-à-dire de sa propre âme, « est l’oraison : aussi, prétendre entrer au ciel sans entrer d’abord en nous-mêmes pour mieux nous connaître et pour connaître notre misère, pour voir tout ce que devons à Dieu, et le besoin que nous avons de sa miséricorde, est une vraie folie » (Château intérieur, deuxième partie, n° 11). C’est pourquoi il est nécessaire, comme nous le dit Jésus, de « prier sans cesse sans se lasser » (Luc 18, 1), avec la conscience vive que Dieu est notre Père, « quand vous priez, dites Père… » (Luc 11, 2), c’est-à-dire, en reconnaissant la vérité fondamentale de notre existence humaine : Dieu est mon Père, parce qu’Il me donne TOUT dans Son Fils Jésus, qui est venu et vient par l’opération du Saint-Esprit, par l’intermédiaire de Marie !

 

Ouvrons donc, mieux, ouvrons toutes grandes les portes de notre cœur, de notre conscience tout entière au Christ, comme nous y a invités avec insistance le Serviteur de Dieu Jean Paul II qui a prononcé pour la première fois ces paroles, il y a trente ans, place Saint-Pierre, le 22 octobre 1978, « N’ayez pas peur, ne craignez pas, ouvrez toutes grandes les portes au Christ ! A sa puissance salvatrice ouvrez les frontières des Etats, les systèmes économiques tout comme les systèmes politiques, les vastes champs de la culture, de la civilisation, du développement. N’ayez pas peur ! Le Christ, sait ‘ce qu’il y a au-dedans de l’homme’. Lui seul le sait ».

 

Fides

Le Seigneur Jésus est venu sur la terre pour révéler à chacun d’entre nous la volonté de Dieu : le chemin de la sainteté, c’est-à-dire de la communion la plus intime avec Lui, et, par Lui, avec le Père dans l’amour du Saint-Esprit. Les Saints sont ceux qui l’ont suivi, en marchant derrière Lui, en accomplissant chacune de Ses volontés. Aucun homme sur la terre n’est exclu de cette voie, parce que l’appel de Dieu à la sainteté, est universel : il atteint chacun, et nous embrasse tous. Pour devenir comme Dieu nous veut, c’est-à-dire saints, nous avons besoin de connaître Jésus, étant donné que Lui seul est notre perfection. Il est la « Voie », pour parvenir à la « Vérité », et avoir ainsi « la Vie » en nous (cf. Jean 14, 6)

 

 

 

Le Seigneur Jésus est venu sur la terre, et il y est demeuré, pour se faire connaître, et nous conduire au Père. Il a fondé Son Eglise, Son Corps Mystique, pour continuer cette oeuvre de salut, en tout temps et en tout lieu. Il a institué le Sacerdoce ministériel pour se donner à ceux qui croient en Lui, comme Pain de Vie éternelle, dans la Très Sainte Eucharistie qui est célébrée sur les autels du monde entier par les seuls ministres ordonnés. La seule raison d’être de l’Eglise est donc Son Epoux, le Seigneur Jésus. C’est Lui qu’elle célèbre, c’est Lui qu’elle annonce, c’est de Lui qu’elle témoigne, c’est Lui qu’elle loue, qu’elle proclame comme Unique Sauveur du monde. Combien elle est grande alors la tâche de chaque chrétien ! Combien est grand le Seigneur Jésus que le chrétien porte dans son cœur ! Mais il y a une lutte que le chrétien ressent en-dedans de lui. Le combat spirituel se fait entre la chair, c’est-à-dire sa propre volonté centrée sur le « moi », et l’Esprit, c’est-à-dire Dieu et Sa Volonté. En effet, « Dieu est Esprit, et ceux qui veulent l’adorer, doivent l’adorer en esprit et en vérité » (Jean 4, 24) ; mais cela n’est possible que si l’homme, comme le dit Jésus, « renonce à lui-même », à son propre égoïsme, « prend sa croix », et s’unit à Jésus, et « le suit » (Cf. Marc 8, 34). Dans son ouvrage « De Civitate Dei », Saint Augustin écrit que l’histoire humaine peut prendre deux directions : l’amour envers Dieu construit la cité de Dieu (Jérusalem), l’amour fermé sur lui-même construit la « cité du Diable » (Babylone). « Deux amours ont construit les deux Cités : l’amour terrestre de soi-même, jusqu’au mépris de Dieu, et l’amour céleste de Dieu, jusqu’au mépris de soi-même ». La voie de la perfection consiste alors à suivre Jésus, à s’unir à Lui, comme un époux s’unit à son épouse dans le sacrement nuptial, en lui promettant pour toujours la fidélité d’un cœur sans partage. Les grands Docteurs de l’Eglise, comme Sainte Thérèse de Jésus (d’Avila), ont souligné sans cesse la nécessité absolue, pour suivre Jésus jusqu’au bout, d’avoir un cœur non partagé, c’est-à-dire une vie qui n’est pas dédoublée, mais ouverte à Dieu, et qui se développe ainsi dans une unique direction, celle de la sainteté. C’est seulement avec la ferme décision d’aimer Dieu, et une vie sacramentelle et de prière profonde, que l’on parviendra à marcher dans l’Esprit, en fuyant l’esclavage des passions. L’Apôtres nations l’enseigne, comme dans ce passage de la Lettre aux Galates : « Mais si l'Esprit vous anime, vous n'êtes pas sous la Loi… Mais le fruit de l'Esprit est charité, joie, paix, longanimité, serviabilité, bonté, confiance dans les autres, douceur, maîtrise de soi : contre de telles choses il n'y a pas de loi. Or ceux qui appartiennent au Christ Jésus ont crucifié la chair avec ses passions et ses convoitises. Puisque l'Esprit est notre vie, que l'Esprit nous fasse agir » (Galates 5, 18. 22-25).

 

L’homme peut se tromper soi-même et tromper les autres, mais il ne peut tromper Dieu ; pour ce qui est des intentions propres de son cœur : Dieu le scrute et le connaît parfaitement. L’homme, qui désire ardemment Dieu, ne doit donc pas se tromper lui-même. Pour appartenir totalement à Dieu, il n’existe qu’une seule voie, celle indiquée par Jésus : « Celui qui voudra sauver sa propre vie la perdra, mais celui qui perdra sa propre vie pour moi et pour l’Evangile, la sauvera » (Marc 8, 35). Ce processus de perte de soi-même, c’est-à-dire de sa propre volonté égoïste qui se laisse facilement envoûter par l’orgueil, par la vanité, par l’hypocrisie… s’appelle « conversion » ; ce n’est toutefois pas une conversion destinée à elle-même, ce n’est pas se perdre pour se perdre ; mais c’est une « conversion à Dieu », c’est-à-dire, destinée à Le recevoir, Lui, et Sa Vie elle-même ! La Vierge Marie nous a été donnée comme Mère sur ce chemin, pour nous défendre des multiples tentations, et pour nous enseigner à nous perdre en Dieu, comme Elle fait constamment, Elle qui ne s’est jamais cherchée elle-même, mais Lui seulement ! En nous consacrant à son Cœur Immaculé, nous lui demandons chaque jour humblement de nous attirer à Elle, de rester dans le climat spirituel qui rayonne de sa présence maternelle, pour maintenir en nous un cœur pur et sans partage.

 

Fides

L’acte de foi "Jésus, j’ai confiance en Toi" qui imprègne à lui seul toute la spiritualité de la Divine Miséricorde et le culte à Jésus Miséricordieux, répandu par Sainte Faustine Kowalska, devrait toujours animer notre vie chrétienne. En effet, une vie est chrétienne seulement si, à sa base et tout au long de cette vie, on y trouve la foi dans le Seigneur, et si cette foi grandit. La confiance dans le Seigneur Ressuscité résume parfaitement la réponse de l’homme à la révélation de Dieu, qui s’est pleinement accomplie en Jésus-Christ. 

 

 

 

 

A propos de « Jésus j’ai confiance en Toi », dans la ligne de son Prédécesseur, le Pape Benoît XVI déclara : « Dans ces paroles, se résume la foi du chrétien, qui est une foi dans la toute puissance de l’Amour Miséricordieux de Dieu » (Benoît XVI, Regina Caeli, Dimanche de la Divine Miséricorde, 15 avril 2007). Avec l’acte de foi en Jésus, que l’on peut exprimer par « Jésus, j’ai confiance en Toi », celui qui croit dans le Christ, voit et interprète toute la réalité qui l’entoure. Il ne laisse rien en dehors de la foi, il fait tout entrer en elle, afin que la foi en Jésus pénètre toutes les fibres de son être et de ses actions, en renouvelant toutes choses « de l’intérieur ». Cette foi en Jésus est totalisante, parce qu’Il est le Verbe du Père, l’Homme-Dieu qui, s’adressant aux hommes, peut dire : « Je suis la Voie, la Vérité et la Vie. Personne ne vient au Père si ce n’est pas Moi » (Jean 14, 6). « Omnia nobis est Christus », « le Christ est tout pour nous » ! C’est en ces termes que Saint Ambroise traduit parfaitement le caractère central et total que la Personne de Jésus doit occuper dans le cœur de chaque véritable disciple. Pour eux, Jésus « est tout non seulement maintenant, mais il est le principe de tout, depuis le début, y compris de la création » ! C’est là ce que nous enseigne l’Eglise, Epouse fidèle du Christ. Toute la Parole de Dieu, révélée dans l’Ancien et dans le Nouveau Testament, trouve en Jésus de Nazareth son centre et son accomplissement, comme en témoignent les Evangiles : « Oui, de sa plénitude nous avons tous reçu, et grâce pour grâce. Car la Loi fut donnée par Moïse ; la grâce et la vérité sont venues par Jésus Christ. Nul n'a jamais vu Dieu ; le Fils unique, qui est tourné vers le sein du Père, lui, l'a fait connaître. Le témoignage de Jean » (Jean 12, 16-18). Ainsi, quand nous nous penchons sur le Nouveau Testament, qui éclaire l’Ancien et en est éclairé, nous nous approchons du Jésus réel, du Jésus historique, du Jésus de notre foi, et non pas une quelconque « copie », plus ou moins réussie. Les Evangélistes ne sont pas les auteurs de l’histoire de Jésus, ni même, les protagonistes : ils en sont les témoins et, en tant que tels, ils sont devenus ministres, c’est-à-dire serviteurs de la Parole. Cette Parole n’a pas été arrangée par eux, mais simplement transmise, et cela a été possible parce que le Saint-Esprit, l’Auteur des Ecritures, les a inspirés (cf. « Dei Verbum », n.11, Concile Vatican II), et leur a tout rappelé, comme Jésus le leur avait annoncé (cf. Jean 14, 26). Saint Luc insiste avec force, dès le début, sur les sources historiques de son Evangile : « Puisque beaucoup ont entrepris de composer un récit des événements qui se sont accomplis parmi nous, d'après ce que nous ont transmis ceux qui furent dès le début témoins oculaires et serviteurs de la Parole, j'ai décidé, moi aussi, après m'être informé exactement de tout depuis les origines, d'en écrire pour toi l'exposé suivi, excellent Théophile, pour que tu te rendes bien compte de la sûreté des enseignements que tu as reçus » (Luc 1, 1-4).

 

La Parole de Jésus veut éclairer notre vie, nous remplir de sa lumière, nous guider sur la voie droite ; aujourd’hui, comme hier, comme toujours, c’est une Parole de vie éternelle, comme le reconnut, par inspiration divine Simon-Pierre : « Seigneur, à qui irons-nous, tu as les paroles de la vie éternelle ; nous avons cru et reconnu que tu es le Saint de Dieu » (Jean 6, 68). En tant qu’enfants de l’Eglise, nous faisons nôtre l’exhortation du Saint-Père, en comprenant toujours mieux que, avoir la foi, veut dire se donner à Jésus sans réserves : « La Parole de Dieu est comme une échelle sur laquelle nous pouvons monter, et, avec le Christ, descendre aussi dans la profondeur de son amour. C’est une échelle pour arriver à la Parole, dans les paroles… ‘Je suis à toi’. La Parole a un visage, elle est une Personne, le Christ… Dans le chemin de la Parole, en entrant dans le mystère de son Incarnation, de son existence avec nous, nous voulons nous approprier son être, nous voulons nous exproprier de notre existence, en nous donnant à Lui qui s’est donné à nous. ‘Je suis à toi’. Prions le Seigneur de pouvoir apprendre, durant toute notre existence, à dire cette parole. Nous serons ainsi dans le cœur de la Parole. Nous serons ainsi sauvés » (Benoît XVI, Méditation à l’occasion de l’ouverture du Synode des Evêques, 6 octobre 2008)

Fides

Nous lisons dans l’Apocalypse (12, 7-11) : « Alors, il y eut une bataille dans le ciel : Michel et ses Anges combattirent le Dragon. Et le Dragon riposta, avec ses Anges, mais ils eurent le dessous et furent chassés du ciel. On le jeta donc, l'énorme Dragon, l'antique Serpent, le Diable ou le Satan, comme on l'appelle, le séducteur du monde entier, on le jeta sur la terre et ses Anges furent jetés avec lui. Et j'entendis une voix clamer dans le ciel : « Désormais, la victoire, la puissance et la royauté sont acquises à notre Dieu, et la domination à son Christ, puisqu'on a jeté bas l'accusateur de nos frères, celui qui les accusait jour et nuit devant notre Dieu. Mais eux l'ont vaincu par le sang de l'Agneau et par la parole dont ils ont témoigné, car ils ont méprisé leur vie jusqu'à mourir » :

 

 

 

Ce passage de l’Apocalypse est impressionnant : il nous révèle la lutte terrible qui eut lieu, dans le monde angélique, quand, d’une part, Michel et ses Anges, et, de l’autre, le Dragon avec les siens, s’affrontèrent. C’était la première lutte spirituelle de l’histoire de la création et, en partant d’elle, nous pouvons apprendre beaucoup de choses. Comme le révèle l’Apocalypse, la victoire revient à ces frères qui font confiance non pas déjà sur leurs forces, mais sur la force de Jésus, « sur le Sang de l’Agneau », et qui « méprisent leur vie jusqu’à mourir », c’est-à-dire, vivent dans une humilité radicale. Combien il est important, dans les luttes spirituelles, de renouveler quotidiennement la confiance totale dans la force de l’Agneau, de nous unir à Lui, de nous attacher à Lui, comme un naufragé qui, pour se sauver, s’agrippe de toutes ses forces à la chaloupe de sauvetage. Malheur à qui se confie à soi-même, dans la lutte contre ces forces, que Saint Paul appelle « les dominateurs de ce monde de ténèbres ». Fort de son expérience d’apôtre, il nous invite à nous mettre entièrement dans les mains de Dieu : « En définitive, rendez-vous puissants dans le Seigneur et dans la vigueur de sa force. Revêtez l'armure de Dieu, pour pouvoir résister aux manœuvres du diable. Car ce n'est pas contre des adversaires de sang et de chair que nous avons à lutter, mais contre les Principautés, contre les Puissances, contre les Régisseurs de ce monde de ténèbres, contre les esprits du mal qui habitent les espaces célestes » (Ephésiens 6, 10-12). Personne ne peut éviter le combat spirituel, le chrétien le sait bien, et pour cette raison, il doit prier et veiller sans cesse, comme le déclare le Seigneur : « L’esprit est prompt, mais la chair est faible » (Marc 14, 38). Saint Pierre l’a bien compris, après avoir fait lui aussi l’expérience sur sa propre personne que le « Diable, comme un lion rugissant, rôde cherchant qui dévorer. Résistez-lui, fermes dans la foi (1 Pierre 5, 8-9). Quelle aide sont prêts à nous donner les Saints Anges dans cette lutte, qui nous concerne personnellement, eux qui l’ont surmontée, une fois pour toutes, à l’heure de la grande épreuve ! Il suffit de les invoquer dans la prière : c’est tellement simple, et à la portée de tous. Dès notre enfance, nous avons appris à réciter la prière à l’Ange Gardien ; puis, on nous a enseigné à nous adresser de manière particulière à Sant Michel, au Chef de la Milice Céleste, qui, avec Saint Gabriel et Saint Raphaël, a un rôle tout spécial dans la stratégie de Dieu pour appeler les hommes à la conversion. En effet, ces esprits célestes merveilleux ont à cœur notre salut. Combien de vérités il y aurait à apprendre sur les Anges, et des Anges, eux qui sont placés à nos côtés comme compagnons de route, remplis de bonté et de sollicitude pour chacun de nous ! Mais si l’homme se sent autosuffisant, s’il se fie seulement sur ses propres forces, les Anges ne trouveront pas de place dans son espace étroit et égocentrique. Les Anges ne se laissent certes pas "enfermer" par notre égoïsme, ils ne sont pas au service de nos désirs terrestres. Ces "ailes" avec lesquelles nous les voyons souvent représentés dans l’art religieux, nous renvoient à leur mission, qui est celle de nous guider vers le Ciel. Combien de Saints manifestent un amour particulier en vers les Anges ! Que de fois, nous avons lu le récit de "rencontres" particulières entre des hommes et des femmes de Dieu, avec les Anges. Mais, avant la vie des Saints, la vie même de Jésus, contenue dans l’Evangile, raconte la merveilleuse coopération des Anges avec le Seigneur et avec Sa Mère Très Sainte, à partir de l’événement central de notre foi chrétienne, l’Incarnation du Verbe : « Angelus Domini nuntiavit Mariae » : « L’ange du Seigneur annonça à Marie ». La mission des Anges ne se termine certes pas avec la Mort et la Résurrection de Jésus, mais elle continue dans le temps : depuis l’Eglise des origines, comme en témoignent les Actes des Apôtres, jusqu’à nos jours, et jusqu’à la consommation des siècles comme le révèle l’Apocalypse. Il faut penser beaucoup aux Anges, il faut les invoquer plus souvent et avec plus de foi ; le silence à leur égard ne se justifie en aucune manière, comme cela se produit souvent chez les catholiques et dans la prédication.

 

Dans ses Mémoires, Sœur Lucie de Fatima, une des trois voyantes qui ont eu le privilège de recevoir les confidences de la Reine du Ciel en 1917, décrit en ces termes l’apparition de l’Ange de la Paix : « Nous étions en train de jouer depuis quelque temps, lorsqu'un vent violent secoua les arbres, et nous fit lever la tête pour voir ce qui arrivait, car le temps était serein. Nous aperçûmes alors, à une certaine distance, au-dessus des arbres qui s'étendaient du côté du levant, une lumière plus blanche que la neige, qui avait la forme d'un jeune homme de quatorze ou quinze ans. Elle était transparente, plus brillante qu'un cristal traversé par les rayons du soleil, et d'une grande beauté. En arrivant près de nous, il dit : « Ne craignez pas ! Je suis l'Ange de la Paix. Priez avec moi ! » Il s'agenouilla à terre, et courba le front jusqu'au sol et nous fit répéter trois fois : « Mon Dieu, je crois, j'adore, j'espère et je vous aime ! Je vous demande pardon pour ceux qui ne croient pas, qui n'adorent pas, qui n'espèrent pas, qui ne vous aiment pas ! ». Puis il se releva et nous dit : « Priez ainsi ! Les Cœurs de Jésus et de Marie sont attentifs à la voix de vos supplications » Et il disparut ». (Mémoires de Sœur Lucie, 2° édition, 1991, pages 63-64). Laissons-nous donc aider par les Anges Gardiens pour adorer, louer, invoquer, aimer Dieu, et nous marcherons plus vite à la rencontre du Seigneur !

 

Fides

Pour sortir de notre « monde » où, en général, tout tourne autour de notre « moi » - étant donné que notre nature, blessée par le péché, est devenue égocentrique - nous avons besoin de la prière. C’est seulement en nous ouvrant à Dieu, avec humilité et avec confiance, que la lumière et la force de Sa Vérité entreront dans notre cœur, et éclaireront notre esprit. « Portes, élevez vos frontons, Elevez-vous, portes antiques, et qu’entre le Roi de la Gloire » (Psaume 23, 7). Ces paroles du Psalmiste nous invitent à cela, nous poussent à faire entrer en nous le « Roi de la Gloire », le Seigneur Jésus. Les « portes » des puissances supérieures de l’âme - intelligence, mémoire et volonté - doivent s’ouvrir à la grâce, et ce « mouvement » de l’être est aidé, en premier lieu par la prière. La prière humble et confiante a le pouvoir non seulement « d’ouvrir » nos portes, mais aussi d’aider les autres à ouvrir leurs portes. Si les portes du cœur sont fermées au Christ, tous nos autres efforts ne valent rien.

 

 

 

La grâce du moment coule dans l’âme, uniquement si elle s’ouvre au Seigneur dans la prière. Celui qui croit dans la puissance de la prière, la place avant tout : avant toute action pastorale, c’est en elle qu’elle se réfugie et se renforce ; elle se laisse accompagner par la prière durant l’action, et, à travers la prière, elle la porte à son accomplissement. C’est cela que nous enseignent les Saints ! Que de sagesse nous transmettent, à ce sujet, les paroles de Saint Jean de la Croix : « Que ceux donc qui sont très actifs et qui pensent embrasser le monde par leurs prédications et par leurs œuvres extérieures, se rappellent qu’il serait d’un plus grand profit pour l’Eglise, et qu’ils seraient mieux acceptés par Dieu, sans parler du bon exemple qu’ils donneraient, s’ils dépensaient au moins la moitié de leur temps à rester avec lui en oraison, même s’ils n’étaient pas parvenus à une oraison aussi haute que celle-là. Certainement alors, et avec moins de peine, ils obtiendraient plus avec une œuvre qu’avec mille, par le mérite de leur oraison et les par les forces spirituelles acquises en elle ; autrement tout se réduira à donner vraiment des coups de marteau, et à faire à peine plus que rien, et même parfois rien, voire même du tort. Que Dieu ne permette pas que le sel devienne insipide, parce que, dans ce cas, bien qu’il semble que cela produise quelque effet bon à l’extérieur, de fait, cela ne fait rien, étant certain que les œuvres ne peuvent se faire, si ce n’est en vertu de Dieu » (Cantique Spirituel B, Strophe 29, 3). La prière a aussi un pouvoir de purification : elle purifie nos intentions et nous guide pour chercher, dans tout ce que nous faisons, la volonté et la gloire de Dieu, et à mettre à part notre avantage et notre honneur. Chaque saint a été un homme de grande oraison, et les saints les plus « actifs » ont été ceux qui prié le plus. Quand on demandait à Mère Teresa de Calcutta quelle était la force secrète de sa Congrégation, elle citait l’exemple de ses religieuses qui, dans la chapelle, devant le Très Saint Sacrement, se consacraient à l’adoration depuis les premières heures du matin. Là, les Missionnaires de la Charité trouvent la force pour ne pas se limiter dans l’aide envers les plus pauvres des pauvres ! Un géant de sainteté, Saint Pio de Pietrelcina, durant toute sa vie, a placé la prière à la première place : chaque jour, il lui consacrait plusieurs heures, et plus il allait de l’avant dans les années, et plus augmentaient l’intensité et la durée de sa prière. Notre Saint-Père, le Pape Benoît XVI, a fait, du rappel à la prière, un des points forts de son Magistère. A Lourdes, récemment, il a déclaré : « Marie vient nous rappeler ici que la prière, intense et humble, confiante et persévérante, doit avoir une place centrale dans notre vie chrétienne. La prière est indispensable pour accueillir la force du Christ. « Celui qui prie ne perd pas son temps, même si la situation apparaît réellement urgente et semble pousser uniquement à l'action » (Deus caritas est, n. 36). Se laisser absorber par les activités risque de faire perdre à la prière sa spécificité chrétienne et sa véritable efficacité. La prière du Rosaire, si chère à Bernadette et aux pèlerins de Lourdes, concentre en elle la profondeur du message évangélique. Elle nous introduit à la contemplation du visage du Christ. Dans cette prière des humbles, nous pouvons puiser d'abondantes grâces ».

 

L’enseignement de l’Eglise et la vie des saints nous montrent clairement que le progrès spirituel d’une âme est possible uniquement si elle avance dans la voie de la prière. Il ne s’agit pas d’ajouter des « prières » à des « prières », de multiplier les « exercices » de piété, mais de s’habituer à vivre en présence de Dieu sous son regard plein d’amour pour chaque créature. Combien cela est vrai, quand nous nous trouvons en prière devant un tabernacle, où est conservée la Sainte Eucharistie ! Là, il y a la Présence Réelle de Jésus : c’est Lui vraiment qui nous regarde, qui nous attend, qui nous aime… comme nous sommes. Rester en silence devant Jésus Eucharistie est une des plus belles prières que nous puissions faire, et c’est si simple pour tous. Il suffit de le vouloir ! Que la médiation maternelle de Marie et l’exemple des saints nous fortifient dans notre décision de suivre Jésus sur la voie de la prière, qui la voie la meilleur de toutes !

 

Fides

La prière, en tant que telle, a tenu et tiendra toujours une place centrale dans la vie de l’Eglise et de tout chrétien, parce qu’elle en est une partie essentielle : « Pourtant, il en faut peu : une seule chose. C’est Marie qui a choisi la meilleur part » (Luc 10, 42). Ces paroles que Jésus adresse à Marthe, la sœur affairée de Marie, pourraient aussi être lues comme un appel permanent du Seigneur à la vie de prière, qui constitue l’essentiel de la vie du chrétien. La prière, en effet, n’est-elle pas « la seule chose dont il est besoin » ? N’est-il pas vrai que, la prière étant comme la respiration spirituelle, sans elle, il ne peut y avoir de vie dans l’âme ? Saint Alphonse de Liguori écrivait de manière lapidaire : « Celui qui prie se sauve, celui qui ne prie pas se damne ».

 

 

 

Certes, on ne devient pas des hommes et des femmes de prière du jour au lendemain ; il faut un long chemin, comme le démontre la vie des Saints qui ont eu de nombreuses difficultés pour parvenir à la "prière continue", c’est-à-dire à la prière du cœur : le cœur bat toujours, sans interruptions. Ainsi, la disposition de l’âme envers Dieu devrait rester dans un désir continu de Lui. Il est évident que, tout seul, on ne peut gravir la "montagne de la prière" ; combien il est vrai, précisément pour la vie de prière, que « sans Jésus nous ne pouvons rien faire » (cf. Jean 15, 5). Il faut donc partir du bon pas, qui est le pas de l’humilité. Une grande experte de la vie d’oraison, Sainte Thérèse d’Avila, nous le confirme ; elle écrit que l’édifice de la prière repose entièrement sur l’humilité. C’est d’elle qu’il faut partir, et c’est à elle qu’il faut arriver. Dans son « Chemin de perfection », nous pouvons lire : « Je savais très bien que j’avais une âme, mais je n’en comprenais pas la valeur, ni qui l’habitait, parce que les vanités de la vie m’avaient bandé les yeux pour ne pas me laisser voir. Si j’avais compris, comme à présent, que, dans la petite auberge de mon âme, habitait un Roi aussi grand, il me semble que je ne l’aurais pas laissé aussi seul, mais que de temps en temps je lui aurais tenu compagnie, et que j’aurais été plus diligente pour me conserver sans tache » (Chemin 28, 10-11). Dieu écoute et bénit les prières qui sont humbles, c’est-à-dire qui viennent d’un cœur humble, d’un cœur d’enfant. Comme elle était humble la prière du publicain dans le Temple ! A la différence du Pharisien qui priait lui aussi, il n’osait pas même lever les yeux vers le ciel, et il se frappait la poitrine en demandant miséricorde à Dieu (cf. Luc 18, 13). Le Seigneur veut nous donner une vie de prière, mais, pour cela, comme il nous l’enseigne dans l’Evangile, il demande que nous nous décidions à prier « sans cesse et sans se lasser » (Luc 18, 1). Il faut, pour cela, cette « détermination résolue » dont parle toujours Thérèse d’Avila dans ses écrits. Il faut faire tourner toute notre vie, chaque détail de notre vie, autour de la prière, afin que « arrive ce qu’il veut qu’il veut qui arrive », qu’elle devienne le pivot, le centre de toute notre activité et tous nos projets Quand on se décide à commencer un chemin de prière, même si c’est après plusieurs tentatives qui ont échoué, parce qu’elles n’étaient pas suffisamment "décidées", on ne doit plus s’arrêter, sous aucun prétexte. Certainement, les écrits sur la prière sont parmi les plus nombreux que l’on puise trouver chez les maîtres de la vie de l’esprit, du moment que la première nécessité de l’homme c’est précisément celle « d’écouter » et « de parler » à Dieu. Un jour, les disciples demandèrent à Jésus : « Apprends-nous à prier » (Luc 11, 1). Ce n’est pas par hasard. De cet enseignement et de l’apprentissage qui s’ensuit, dépend en effet toute la sainteté du disciple. Il y a ainsi deux catégories de chrétiens : les saints, et les saints manqués. Les premiers ont fait de la prière leur respiration, les deuxième, malheureusement non !

 

Laissons-nous donc prendre par la prière, parce que ce sera Jésus lui-même qui prendra possession toujours plus de notre âme. « La prière, ou dialogue avec Dieu, est un bien suprême. C’est, en effet, une communion intime avec Dieu. Comme les yeux de notre corps, en voyant la lumière, en sont éclairés, de même aussi l’âme qui est tendue vers Dieu est éclairée par la lumière ineffable de la prière. Elle doit être, toutefois, une prière qui n’est pas faite par habitude, mais qui procède du cœur. Elle ne doit pas être circonscrite à des temps ou à des heures déterminées, mais elle doit fleurir sans cesse, nuit et jour. Il ne faut pas en effet élever notre esprit vers Dieu seulement quand nous nous livrons de tout notre cœur à la prière. Il faut aussi que, quand nous sommes occupés à d’autres affaires, soit dans le soin envers les pauvres, soit dans d’autres activités, même enrichies par la générosité envers le prochain, nous ayons le désir et le souvenir de Dieu, pour que tout, enrichi de saveurs par l’amour de Dieu, comme avec du sel, devienne un aliment délicieux pour le Seigneur de l’univers. Nous pouvons bénéficier sans cesse de cet avantage, et même pendant toute notre vie, si nous consacrons à ce type de prière, le plus de temps possible. La prière est la lumière de l’âme, une connaissance vraie de Dieu, médiatrice entre Dieu et l’homme… La prière… rend l’âme heureuse, parce qu’elle comble ses aspirations. Je parle toutefois de la prière authentique, et non plus des seules paroles. Elle exprime un désir de Dieu, un amour ineffable qui ne provient pas des hommes, mais qui est un fruit de la grâce divine… Embellis ta maison de modestie et d’humilité par la pratique de la prière… » (Homélies de Saint Jean Chrysostome, Evêque - Homélie 6 sur la prière, PG 64, 462-466).

 

Fides

Ne nous faisons pas d’illusions : l’expérience du Seigneur Jésus dans notre vie, le goût de sa présence qui pacifie et qui guérit, doivent être pris au sérieux ! Accueillir Jésus veut dire Lui donner toujours plus de place dans notre existence par une foi authentique qui nous fait nous engager à fond et pas seulement en partie, dans la voie de la conversion personnelle, quel que soit notre état de vie. Si l’engagement de conversion est seulement partiel, cela veut dire que Jésus n’est pas considéré comme le Seigneur de la vie, mais comme quelqu’un qui mérite seulement la moitié, seulement une partie de notre cœur, et non pas la totalité de notre être.

 

 

 

Nous réduisons souvent notre engagement à aimer et à servir le Seigneur, et nous le fragmentons dans le temps, et, si l’on ne s’en rend pas compte, cela rend impossible l’admirable échange entre son Esprit Saint et notre esprit, étant donné que l’on empêche l’action constante et merveilleuse de la grâce sanctifiante, qui n’admet pas l’obstacle que constitue le péché. Dieu voudrait transformer notre existence, il voudrait l’éclairer tout entière de sa Lumière, et, au contraire... « Les hommes ont préféré les ténèbres à la lumière, parce que leurs œuvres étaient mauvaises » (Jean 3, 19). L’Evangile nous montre clairement qu’il n’est pas permis de suivre le Seigneur d’une autre manière que celle qu’il a Lui même indiquée. D’où la nécessité de la présence de la Sainte Tradition dans l’Eglise, pour que ce qui est vrai, saint, sacré, ne soit pas balayé par le temps qui passe et par les hommes qui vivent dans leur temps. Les vérités de la foi, les exigences pour suivre le Christ, restent inchangées au long des siècles, tout comme la Parole de Dieu ; et pour cela, il ne peut y avoir de chemins plus faciles, moins exigeants, ou des raccourcis vers la sainteté. Le Seigneur n’est pas venu pour tromper les hommes, et moins encore pour vendre une marchandise au meilleur offrant. Le Seigneur, à la différence avec nous, n’est pas un opportuniste. Les hommes, qui ne peuvent plus supporter la force invincible de la Vérité qui émanait de toute sa Personne, de chacune des ses Paroles, de chacune de ses Actions, - signe indélébile que Dieu était descendu sur la terre et marchait au milieu d’eux - l’ont mis en Croix ! Le Seigneur Jésus, en vertu du mandat divin ne vient pas pour négocier le salut, mais il est Lui-même le salut ; il n’est pas venu nous apporter un peu plus de lumière, mais il est Lui-même la Lumière ; il n’est pas venu nous dire des vérités en plus, mais il est Lui-même la Vérité, toute la Vérité ! Pour cela, on ne peut laisser place au doute sur ce qu’il nous demande : « Si quelqu’un m’aime, il observera ma parole, et mon Père l’aimera, et nous viendrons chez lui et nous ferons notre demeure chez lui » (Jean 14, 23). Le Seigneur Ressuscité, précisément parce qu’il est ressuscité, est digne d’être l’objet de toute notre attention et de tout notre engagement, comme le déclare ce passage de l’Apocalypse : « Tu es digne, ô notre Seigneur et notre Dieu, de recevoir la gloire et l’honneur et la puissance, car c’est toi qui créas l’univers ; par ta volonté, il n’était pas, et il fut créé » (Apocalypse 4, 11). A la lumière de la Vérité qu’est le Seigneur Jésus, les épreuves mêmes de la vie, petites ou grandes, acquièrent une valeur nouvelle, qui est aussi une vérification concrète et précise de l’orientation réelle de notre cœur vers le Royaume de Dieu. Quand une Croix nous arrive, quelle que soit la situation où elle nous trouve, nous devons dire avec Saint Paul : « Tout concourt au bien de ceux qui aiment Dieu » (Romains, 8, 28). Tout ! Même dans les épreuves les plus dures, si elles sont vécus avec le Seigneur - en adhérant à sa parole, en croyant sans mettre de « si », ni de « mais » aux promesses des Béatitudes - nous ferons l’expérience que le ciel sombre se déchirera, et que notre esprit s’ouvrira à des horizons meilleurs et plus élevés, à des biens infiniment plus grands que ceux que l’épreuve elle-même est venue nous enlever ici-bas : la santé, les affections, les certitudes, les songes de réalisation humaine, la renommée, les honneurs...

 

Prendre le Seigneur au sérieux, tout au long de cette brève vie sur la terre, veut dire pouvoir s’unir au Ciel avec le nombre de tous ceux « qui sont passés par la grande tribulation et ont lavé leurs vêtements et les ont blanchis dans le Sang de l’Agneau. C’est pourquoi ils sont devant le trône de Dieu, le servant jour et nuit dans son Temple ; et Celui qui siège sur le trône étendra sur eux sa tente. Jamais plus ils ne souffriront de la faim ni de la soif ; jamais plus ils ne seront accablés ni par le soleil, ni par aucun vent brûlant. Car l’Agneau qui se tient au milieu du trône sera leur pasteur et les conduira aux sources des eaux de la vie. Et Dieu essuiera toute larme de leurs yeux » (Apocalypse, 7, 14-17). A la tête de cette armée de lumière, il y a la Reine des Saints qui, dans son « testament », nous a laissé sur la terre une seule consigne : prenez mon Fils au sérieux, « Faites tout ce qu’il vous dira » (Jean 2, 5).

 

Fides

« Pour vous, qui suis-je ? » (Matthieu 16, 15). Cette demande faite par le Seigneur à ses disciples, à Césarée de Philippe, se présente de nos jours avec la même inflexibilité qu’à cette époque. De la réponse à cette question, ne dépend pas seulement la croissance ou non de la Figure du Christ, parce que, Etant Homme et Dieu, Il est Celui qui est, il est le même « hier, aujourd’hui et à jamais » (Hébreux 13, 8). Pour nous, en revanche, êtres humains, la réponse à cette question détermine le cours de notre existence. Si nous pouvons répondre, par nos paroles et par notre vie, que Jésus est le Seigneur, notre Sauveur, alors, notre existence se conforme toujours plus à Lui. Nous sommes en communion avec Dieu, et cette union est ‘’transformante’’ : elle nous fait devenir des créatures nouvelles…

 

 

 

C’est cela qu’expérimentent les premiers convertis à Jésus, les Apôtres. Simon Pierre précisément parce que, comme les autres disciples, il a « cru et reconnu » que « Jésus-Christ était le Saint de Dieu » ; il a fait l’expérience que la vie sans Lui serait une vie vaine, et il l’a déclaré au Seigneur : « Seigneur, à qui irons-nous, tu as les paroles de la vie éternelle » (Jean 6, 68-69). En revanche, ceux qui n’entrent pas en communion avec Jésus, par la foi et par l’amour, quelle réponse peuvent-ils donner à cette question : « Pour vous, qui suis-je ? ». Pour connaître réellement le Seigneur Jésus, il faut croire en Lui et L’aimer ; en d’autres termes, il est nécessaire de « Le suivre ». « Suivre Jésus », dans le langage évangélique, veut dire croire en Lui, avoir confiance en sa Parole. De cette manière, l’amour pourra pénétrer toute l’existence de celui qui croit au Christ, et cet Amour, c’est-à-dire le Saint-Esprit, changera tout en lui. Etant donné que chaque personne est un être en relation, sa propre existence ne peut se passer du fait d’établir des relations, mais si, dans cette recherche de relations, il manque la relation avec Dieu Père, avec Jésus, et avec le Saint-Esprit… qu’en sera-t-il de cette existence ? Si, en revanche, s’établit la relation avec le Seigneur par ce fait de « demeurer » en Lui (cf. Jean 15, 4), qui est rappelé si souvent dans l’Evangile de Jean, alors l’existence change parce l’on n’est plus seul, isolé, mais l’on est en communion avec le Ressuscité, et ainsi, avec tous les rachetés, tournés vers l’éternité. La véritable conversion se mesure précisément sur cette « permanence » en relation avec Jésus. Il ne suffit pas de se convertir au Seigneur une fois pour toutes, il faut s’adresser à Lui, s’orienter de nouveau vers Lui, jour après jour. Dieu nous a dotés de volonté, d’intelligence, de mémoire, et ce sont précisément ces facultés supérieures de notre âme qui doivent être « converties » à Jésus, orientées fermement vers Lui. Celui qui le fait, reçoit infailliblement une force particulière, une providence qui dirige enveloppe sa vie, un amour qui ne se lasse jamais d’aimer, une paix toujours plus profonde. L’Année Paulinienne, qui vient tout juste de commencer, est une grande aide pour ne pas hésiter à se mettre sur la voie de la conversion personnelle, mais à accueillir généreusement la lumière qui irradie du Seigneur Jésus. Dans la Sainte Liturgie, cette lumière de Vérité et de grâce devient particulièrement intense, et c’est « vraiment une chose bonne et juste », à chaque Messe, de rendre grâce de manière digne à Dieu, avec la dignité de la célébration liturgique, avec l’offrande à Dieu d’un cœur pur, ouvert entièrement à Lui. Pour celui qui croit au Christ, la participation digne à la Sainte Messe, c’est une réponse par l’adoration, par la louange, par l’offrande de notre vie, à la question : « Pour vous, qui suis-je ? ». Le Pape Benoît XVI nous aide à vivre de manière plus digne la célébration de la Sainte Messe, lorsqu’il nous rappelle par exemple que, « Dans l’Église ancienne, il était habituel que l’Évêque ou le prêtre après l’homélie exhorte les croyants en s’exclamant : « Conversi ad Dominum » – tournez-vous maintenant vers le Seigneur. Cela signifiait avant tout qu’ils se tournaient vers l’Est – dans la direction du lever du soleil comme signe du Christ qui revient, à la rencontre duquel nous allons dans la célébration de l’Eucharistie. Là où, pour une raison quelconque, cela n’était pas possible, en tout cas, ils se tournaient vers l’image du Christ, dans l’abside ou vers la Croix, pour s’orienter intérieurement vers le Seigneur. Car, en définitive, il s’agissait d’un fait intérieur : de la conversio, de tourner notre âme vers Jésus Christ et ainsi vers le Dieu vivant, vers la vraie lumière. Était aussi lié à cela l’autre exclamation qui, aujourd’hui encore, avant le Canon, est adressée à la communauté croyante : « Sursum corda » – élevons nos cœurs hors de tous les enchevêtrements de nos préoccupations, de nos désirs, de nos angoisses, de notre distraction – élevez vos cœurs, le plus profond de vous-même ! Dans les deux exclamations, nous sommes en quelque sorte exhortés à un renouvellement de notre Baptême : Conversi ad Dominum – nous devons toujours de nouveau nous détourner des mauvaises directions dans lesquelles nous nous mouvons si souvent en pensée et en action. Nous devons toujours de nouveau nous tourner vers Lui, qui est le Chemin, la Vérité et la Vie. Nous devons toujours de nouveau devenir des « convertis », tournés avec toute notre vie vers le Seigneur. Et nous devons toujours de nouveau faire en sorte que notre cœur soit soustrait à la force de gravité qui le tire vers le bas, et que nous l’élevions intérieurement vers le haut : dans la Vérité et l’amour… » (Homélie, 22 mars 2008 : Veillée Pascale).

 

Que la Sainte Vierge nous aide à tenir toujours ouverts notre cœur et notre esprit au Seigneur Jésus, comme nous y invite le Pape ; qu’Elle nous accompagne, comme des enfants, à la source de Vie, la Très Sainte Eucharistie, pour désaltérer toute notre soif d’amour et d’unité.

 

Fides

« Le Royaume des Cieux est semblable à un trésor qui était caché dans un champ et qu’un homme vient à trouver : il le recache, et s’en va, ravi de joie vendre tout ce qu’il possède, et achète ce champ. Le Royaume des Cieux est encore semblable à un négociant en quête de perles fines : en a-t-il trouvé une de grand prix, il s’en va vendre tout ce qu’il possède et achète cette perle » (Matthieu, 13, 44-46).

 

 

 

Les deux paraboles du trésor caché dans le champ et de la perle précieuse, que le Seigneur raconte pour faire comprendre le Royaume de Dieu, nous révèlent – comme cela se passe toujours avec la Parole de Dieu – des vérités profondes, qui sont des vérités salvifiques pour notre vie de foi. Sans la connaissance de la Vérité, nous irions à tâtons dans la nuit noire (cf. Jean 8, 12), nous serions des aveugles qui ne savent ni d’où ils viennent ni où ils vont. Pour cela, Jésus est venu dans le monde pour que nous connaissions la Vérité, afin que la Vérité nous rende libres (Jean 8, 32). Quelle est la Vérité sur le Royaume de Dieu, sur Celui qui nous conduit et est ce Royaume ? Jésus nous l’explique en se servant, de préférence, des paraboles. Son enseignement s’adresse à tous, et donc, il utilise le langage des gens simples et non des gens instruits qui sont une petite minorité de l’humanité. Il s’est fait pauvre avec les pauvres, petit avec les petits, pour atteindre précisément tous les hommes. Celui qui veut avoir accès à sa doctrine doit parcourir nécessairement Sa Voie (cf. Jean 14, 6), qui est faite de simplicité et d’humilité : « Ce qu’il y a de fou dans le monde, voilà ce que Dieu a choisi pour confondre les sages, ce qu’il y a de faible dans le monde, voilà ce que Dieu a choisi pour confondre la force ; ce qui dans le monde est sans naissance et ce que l’on méprise, voilà ce que Dieu a choisi ; ce qui n’est pas, pour réduire à rien ce qui est, afin qu’aucune chair n’aille se glorifier devant Dieu » (1 Corinthiens 1, 27-29). Malheur à celui qui méprise le langage et les contenus si simples de Jésus, car il sortirait de la bonne voie. Ceux qui attendent uniquement de Dieu des manifestations « grandioses », ou des choses « grandes », sont déçus, parce qu’Il privilégie la grandeur qui se cache derrières les « petites » choses. Dieu aime se révéler par la petitesse ! Ainsi, les paraboles de Jésus sont de « petits » récits, mais ils révèlent de grandes vérités ; ceux qui les sous-estiment, aujourd’hui comme alors, perdent de vue le Royaume des Cieux qu’Il apporte et qu’il offre à ceux qui y entrent par la porte de l’humilité : « Je te bénis ô Père, Seigneur du Ciel et de la terre, parce que as caché ces choses aux sages et aux savants, et les a révélées aux petits. Oui, ô Père, car tel a été ton bon plaisir » (Matthieu 11, 25-26). La parabole du trésor caché dans le champ et de la perle précieuse, nous disent que le Royaume, c’est-à-dire le Seigneur, ne peut vraiment « être trouvé » si on ne Le cherche pas sérieusement ! Du reste, il est en ainsi pour toute chose que nous jugeons sérieuse dans notre vie : nous y consacrons beaucoup plus d’attention qu’aux autres. Combien cela devrait être vrai pour le Seigneur ! Comment pourrait-on Le trouver si l’on ne Le désirait pas, si on ne Le recherchait pas en y engageant tout ce que nous sommes ! Et, une fois trouvé, comment pourrait-on Le « posséder », si l’on n’était pas disposé à se laisser « posséder » par Lui ? En effet, dans les récits en question, Jésus souligne que, celui qui trouve le trésor dans le champ, et le marchand qui trouve la perle, « vend tout ce qu’il possède », pour « posséder » ce qu’il a finalement trouvé. Malheureusement, une grande tentation pour le chrétien qui a « trouvé » Jésus, est de vouloir Le « posséder », sans renoncer à son amour propre. Mais cela est impossible, parce que, pour posséder le Seigneur, c’est-à-dire pour entrer en communion profonde avec Lui et être transformé par Lui, il faut abandonner son propre égoïsme, pour devenir comme Lui : rempli d’amour de Dieu, c’est-à-dire des saints !

 

« Soyez saints, parce que je suis Saint » (Luc 11, 45, « soyez parfaits comme est parfait votre Père Céleste » (Matthieu 5, 48) ! La vérité de notre appel à la sainteté, révélée dans l’Ancien Testament, et annoncée à plusieurs reprises par Jésus dans le Nouveau Testament, est d’une importance fondamentale : celui qui veut être disciple du Christ, doit renoncer tout d’abord à soi-même, autrement il ne parviendra pas à Le suivre, en portant sa propre croix (cf. Matthieu 16, 24). Cette croix, c’est-à-dire la souffrance qui fait partie de toute existence humaine, sera accueillie non comme une bénédiction, mais comme une malédiction, si l’on n’accepte pas la réalité que notre « moi » doit se purifier et se libérer de lui-même, pour faire « place » au Moi de Jésus. Cette purification est surtout alimentée par la souffrance, c’est-à-dire par les épreuves que chaque chrétien rencontre sur son propre chemin en suivant le Seigneur. « DANS UN MONDE OU LE MONSONGE EST PUISSANT, LA VERITE SE PAYE PAR LA SOUFFRANCE. Celui qui veut éviter la souffrance, la garder loin de lui, garde loin de lui la vie elle-même et sa grandeur; il ne peut pas être un serviteur de la Vérité et donc un serviteur de la foi. Il n'y a pas d'amour sans souffrance, sans la souffrance du renoncement à soi-même, de la transformation et de la purification du moi pour la véritable liberté. Là où il n'y a rien qui vaille la peine de souffrir, la vie elle-même perd sa valeur. » (Benoît XVI, homélie du 28 juin 2008). Le processus de « vendre tout » pour « acheter le trésor » est facilité par la croix, parce que l’homme, à l’école du sacrifice par amour, est éduqué à découvrir toujours plus la signification véritable de son existence : devenir un saint. Le reste, pour le dire avec le Livre du Qohélet, est « vanité des vanités, et tout est vanité » (Qohélet 1, 2). Sainte Marie Libératrice, priez pour nous !

 

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