mgr-de-segur.jpgJésus-Christ et l’Église forment un tout indivisible. Le sort de l’un, c’est le sort de l’autre ; et de même que là où est la tête, là également doit se trouver le corps, de même les mystères qui se sont accomplis en Jésus-Christ durant Sa vie terrestre et mortelle doivent se parachever en Son Église durant sa vie militante d’ici-bas. Jésus-Christ a eu Sa Passion et Son crucifiement : l’Église doit avoir, elle aussi, et sa Passion, et son crucifiement final. Jésus-Christ est ressuscité et a triomphé miraculeusement de la mort : l’Église ressuscitera, elle aussi, et triomphera de Satan et du monde, par le plus grand et le plus prodigieux de tous les miracles : celui de la résurrection instantanée de tous les élus, au moment même où Notre-Seigneur Jésus-Christ, entrouvrant les cieux, en redescendra plein de gloire avec Sa sainte Mère et tous Ses Anges. Enfin, Jésus-Christ, Chef de l’Église, est monté corporellement au ciel le jour de l’Ascension : à son tour, l’Église ressuscitée et triomphante montera au ciel avec Jésus, pour jouir avec Lui, dans le sein de Dieu, de la béatitude éternelle. Nous ne connaissons d’une manière certaine « ni le jour ni l’heure » (Matth. XXV, 13) où se passeront ces grandes choses. Ce que nous savons, d’une manière générale mais infaillible, parce que cela est révélé de Dieu, c’est que « la consommation viendra lorsque l’Évangile aura été prêché dans le monde entier, à la face de tous les peuples » (Ibid. XXIV, 14). Ce que nous savons, c’est qu’avant ces suprêmes et épouvantables secousses qui constitueront la Passion de l’Église et le règne de l’Antéchrist, il y aura, dit saint Paul, l’apostasie (2 Thess. II, 3), l’apostasie générale ou quasi-générale de la foi de la sainte Église Romaine (Cornelius a Lapide). Enfin, ce que nous savons, c’est qu’à cette redoutable époque le caractère général de la maladie des âmes sera « l’affaiblissement universel de la foi et le refroidissement de l’amour divin, par suite de la surabondance des iniquités » (Matth. XXIV, 12).

 

Les Apôtres ayant demandé un jour à Notre-Seigneur à quels signes les fidèles pourraient reconnaître l’approche des derniers temps, Il leur répondit : d’abord qu’il y aurait de grandes séductions, et que beaucoup de faux docteurs, beaucoup de semeurs de fausses doctrines rempliraient le monde d’erreurs et en séduiraient un grand nombre (Matth. XXIV, 10-11) ; puis, qu’il y aurait de grandes guerres et qu’on n’entendrait parler que de combats ; que les peuples se jetteraient les uns sur les autres, et que les royaumes s’élèveraient contre les royaumes (Ibid. 6-7) ; qu’il y aurait de tous côtés des fléaux extraordinaires, des maladies contagieuses, des pestes, des famines, et de grandes tremblements de terre (Ibid. 7). « Et tout cela, ajouta le Sauveur, ce ne sera encore que le commencement des douleurs » (Ibid. 8). Satan et tous les démons en seront la cause. Sachant qu’il ne leur reste plus que peu de temps, ils redoubleront de fureur contre la sainte Église ; ils feront un dernier effort pour l’anéantir, pour détruire la foi et toute l’œuvre de Dieu. La rage de leur chute ébranlera la nature (Apoc. XII, 9-12), dont les éléments, comme nous l’avons dit, resteront jusqu’à la fin sous les influences malfaisantes des mauvais esprits. Alors commencera la plus terrible persécution que l’Église ait jamais connue ; digne pendant des atroces souffrances que son divin Chef eut à souffrir en Son corps très-sacré, à partir de la trahison de Judas. Dans l’Église aussi il y aura des trahisons scandaleuses, de lamentables et immenses défections ; devant l’astuce des persécuteurs et l’horreur des supplices, beaucoup tomberont, même des prêtres, même des évêques ; « les étoiles des cieux tomberont », dit l’Évangile. Et les catholiques fidèles seront haïs de tous, à cause de cette fidélité même (Matth. XXIV, 5-9).

 

Alors celui que Saint Paul appelle « l’homme du péché et le fils de perdition » (2 Thess. II, 3), l’Antéchrist, commencera son règne satanique et dominera tout l’univers. Il sera investi de la puissance et de la malice de Satan (Apoc. XIII, 2). Il se fera passer pour le Christ, pour le Fils de Dieu ; il se fera adorer comme Dieu, et sa religion, qui ne sera autre chose que le culte de Satan et des sens, s’élèvera sur les ruines de l’Église et sur les débris de toutes les fausses religions qui couvriront alors la terre (2 Thess. II, 4). L’Antéchrist sera une sorte de César universel, qui étendra son empire sur tous les rois, sur tous les peuples de la terre ; ce sera une infâme parodie du royaume universel de Jésus-Christ. Satan lui suscitera un grand-prêtre, parodie sacrilège du Pape ; et ce grand-prêtre fera prêcher et adorer l’Antéchrist par toute la terre. Par la vertu de Satan, il fera de grands prodiges, jusqu’à faire descendre le feu du ciel en présence des hommes ; et, au moyen de ces prestiges, il séduira l’univers. Il fera adorer, sous peine de mort, l’image de l’Antéchrist ; et cette image paraîtra vivre et parler ; également sous peine de mort, il commandera que tous, sans exception, portent au front ou sur la main droite le signe de la bête, c’est-à-dire le caractère de l’Antéchrist. Quiconque ne portera point ce signe, ne pourra ni vendre ni acheter quoique ce soit (Apoc. XIII, 11-17). Autour des images de l’Antéchrist, les prestiges de Satan seront tels, que presque tout le monde les prendra pour de vrais miracles ; et les élus eux-mêmes auraient pu être séduits à la longue ; mais, à cause d’eux, le Seigneur abrégera ces jours (Matth. XXIV, 22-24).

 

« L’abomination de la désolation régnera dans le lieu saint » (Ibid. 15) pendant « trois ans et demi, pendant quarante-deux mois » (Apoc. XIII, 5), correspondant aux quarante-deux heures qui se sont écoulées, comme nous l’avons dit déjà, depuis le commencement des ténèbres du crucifiement de Jésus, le Vendredi-Saint, jusqu’à l’heure de la résurrection, le dimanche de Pâques, au lever du soleil. Quoique toujours visible et composée de ses éléments essentiels, l’Église sera pendant tout ce temps-là comme crucifiée, comme morte et ensevelie. Il sera donné à l’Antéchrist de vaincre les serviteurs de Dieu, et de faire plier sous son joug tous les peuples, et toutes les nations de la terre ; et, sauf un petit nombre d’élus, tous les habitants de la terre l’adoreront, en même temps qu’ils adoreront Satan, auteur de sa puissance (Ibid. 7, 8, 4). Si jadis le féroce Dioclétien a pu croire un instant qu’il avait définitivement détruit le nom chrétien, que sera-ce en ces temps-là, dont ceux de Dioclétien de Néron n’ont été qu’un pâle symbole ? L’Antéchrist proclamera orgueilleusement la déchéance du christianisme, et Satan, maître du monde, se croira un instant vainqueur. Mais en ces temps-là, comme nous l’apprennent et l’Écriture et la Tradition, s’élèveront contre l’Antéchrist « les deux grands témoins » (Ibid. XI, 3) de Jésus-Christ, réservés pour ces derniers jours, à savoir le Patriarche Hénoch et le Prophète Élie, qui ne sont pas morts, comme l’enseigne expressément l’Écriture. Ils viendront prêcher les voies du Seigneur. Ils prêcheront Jésus-Christ et le règne de Dieu pendant douze cent soixante jours, c’est-à-dire pendant la durée presque entière du règne de l’Antéchrist. La vertu de Dieu les protégera et les gardera. Ils auront le pouvoir de fermer le ciel et d’arrêter la pluie pendant tout le temps de leur mission. Ils auront le pouvoir de changer les eaux en sang et de frapper la terre de toutes sortes de plaies (Ibid. 3-6). Ils feront des miracles sans nombres, semblables à ceux de Moïse et d’Aaron, lorsque ceux-ci combattirent en Égypte l’impie Pharaon et préparèrent la délivrance du peuple de Dieu. Comme Moïse et Aaron, les deux témoins de Jésus-Christ ébranleront l’empire et le prestige du Maudit. Celui-ci néanmoins parviendra à s’emparer d’eux, et ils subiront le martyre, « là où leur Seigneur a été crucifié » (Apoc. XI, 8), c’est-à-dire à Jérusalem ; ou bien peut-être à Rome, où le dernier Pape aura été crucifié par l’Antéchrist, suivant une tradition immémoriale. Après trois jours et demi, les deux grands précurseurs du Roi de gloire ressusciteront à la face de tout le peuple ; et ils monteront au ciel, sur une nuée, pendant qu’un terrible tremblement de terre jettera partout l’épouvante (Ibid. 11-13).

 

Pour relever sa puissance, l’Antéchrist, singeant la triomphale ascension du Fils de Dieu et des deux grands Prophètes, tentera, lui aussi, de monter au ciel, en présence de l’élite de ses adeptes. Et c’est alors que Notre-Seigneur Jésus-Christ, « semblable à la foudre qui de l’orient à l’occident déchire le ciel, apparaîtra tout à coup sur les nuées, dans toute la majesté de Sa puissance » (Matth. XXIV, 27-30), frappant de Son souffle et l’Antéchrist (2 Thess. II, 8) et Satan et les pécheurs. Tout ceci est prédit en termes formels (1 Thess. IV, 15). Comme nous l’avons dit, l’Archange Michel, le Prince de la milice céleste, fera retentir toute la terre du cri de triomphe qui ressuscitera tous les élus (Matth. XXIV, 31). Ce sera le « Consummatum est » de l’Église militante, entrant pour toujours dans la joie du Seigneur. Cette « voix de l’Archange » sera accompagnée d’une combustion universelle, qui purifiera et renouvellera toutes les créatures profanées par Satan, par le monde et par les pécheurs. La foi nous apprend, en effet, qu’au dernier jour, Jésus-Christ doit venir juger le monde par le feu (Rituel Romain). Ce feu vengeur et sanctificateur renouvellera la face de la terre et fera « une nouvelle terre et des nouveaux cieux » (Ps. CIII, 30 & Apoc. XXI, 1). Comme au Sinaï, comme au Cénacle, l’Esprit-Saint se manifestera ainsi par le feu, en ce jour redoutable entre tous. Telle sera la fin terrible et glorieuse de l’Église militante ; telle sera, autant du moins que la lumière toujours un peu voilée des prophéties nous permet de l’entrevoir, telle sera la Passion de l’Église ; telle sera sa résurrection suivie de son triomphe. Corps mystique du Fils de Dieu, elle aura suivi son divin Chef jusqu’au Calvaire, jusqu’au sépulcre, et par cette fidélité elle aura mérité de partager sa gloire à tout jamais.

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« Ne relâchons rien de notre zèle pour la vérité catholique, mais sachons purifier ce zèle. Veillons à ne pas être de ces "hommes charnels"... Par là nous nous exposerions à une pire infortune : celle de collaborer avec l'irréligion militante, en lui facilitant la tâche qu'elle s'assigne de reléguer l'Eglise et sa doctrine parmi les choses mortes. Nous lui fournirions, pour ainsi dire, une bonne conscience. Car cette irréligion ne comprend rien à l'actualité de l'éternel. "Que l'Eglise dit-elle reste ce qu'elle est !" - et l'on devine à quel genre d'immobilisme correspond un tel voeu - alors "on l'accueillera avec cette bienveillance qu'on a pour les débris historiques". Combien la tentation critique (malgré ses dangers) vaut-elle mieux que le naïf contentement de soi... On aurait tort de vouloir par principe en empêcher toute expression publique. Lorsque l'Eglise est humble dans ses enfants, elle est plus attirante que lorsque domine en eux le souci trop humain de la respectabilité. Jacques Maritain remarquait un jour, non sans une juste nuance de raillerie, qu'à beaucoup de chrétiens de notre âge tout aveu de nos déficiences semble "en quelque manière indécent". "On dirait qu'ils redoutent de gêner l'apologétique...". Toutefois, pour une plainte heureuse, pour un examen lucide et fécond, que d'excès, que d'intempérances ! Pour un acte courageux, que de vaine agitation ! Que de critiques négatives !... Compétence et opportunité peuvent aussi faire défaut... L'irréligion n'était pas (jadis) toujours aux aguets, pour tirer argument de tout. Aujourd'hui que de toute part l'Eglise fait figure d'accusée, aujourd'hui qu'elle est incomprise, bafouée dans son existence et dans sa sainteté même, tout catholique doit veiller à ne pas laisser exploiter contre elle ce qu'il ne voulait exprimer que dans l'intention de la mieux servir. Il doit prendre garde à des malentendus mortels. Délicatesse filiale, qui n'a rien à voir avec la pruderie ou le calcul hypocrite. Ne se mêle-t-il pas à nos inquiétudes, à dose plus ou moins subtile, je ne sais quelle timidité, quel manque d'assurance intime, quel dégoût secret de la tradition de l'Eglise ? Croyant nous émanciper d'un esprit jugé sénile, voulant lutter contre l'ankylose et la sclérose, ne serions-nous pas en train de faire quelques "maladies infantiles" ? Ce que nous prenons peut-être pour un éveil de personnalité ne serait-il pas plutôt le fruit d'un entraînement aveugle ? Ne nous mettrions-nous pas à juger toutes choses d'après des critères superficiellement "modernes" ? Les valeurs profanes que le monde étale à nos yeux ne commenceraient-elles pas de nous éblouir ? Devant ceux qui les représentent ne nous laisserions-nous pas affecter peu à peu d'un pauvre complexe d'infériorité ?

 

De tout temps l'Eglise s'est attiré le mépris d'une élite. Beaucoup d'autres parmi ces sages pensent rendre justice à l'Eglise et se récrient lorsqu'on les dit ses adversaires. Ils la protègeraient au besoin. Mais ils conservent leurs distances. Ils ne veulent pas pour eux-mêmes d'une foi qui les assimilerait à tous les misérables, au-dessus desquels ils se placent par leur culture esthétique, leur réflexion rationnelle ou leur souci d'intériorité. Ces "aristocrates" n'envisagent pas de se mêler au troupeau. L'Eglise, suivant eux, conduit les hommes par des voies trop communes... Se distinguant comme "ceux qui savent" de la masse de "ceux qui croient", ils prétendent la connaître mieux qu'elle ne peut se connaître elle-même. Ils la situent avec condescendance... Il n'y a pas de "christianisme privé". »

 

Cardinal de Lubac, Médiations sur l’Eglise, Nos tentations à l'égard de l'Eglise

« (...) Le sein de cette mère nous donne la naissance, son lait nous nourrit, son souffle nous anime. L’Epouse du Christ ne peut souffrir l’adultère ; elle est incorruptible; elle ne connaît qu’une seule maison, qu’un seul lit conjugal. C’est elle qui nous conserve pour Dieu, et qui, après nous avoir engendrés, nous conduit au Royaume céleste. Quiconque se sépare de l’Église véritable, pour se joindre à une secte adultère, renonce aux promesses de l’Église. Les promesses du Christ ne sont pas pour celui qui abandonne son Église. Cet homme est un étranger, un profane, un ennemi. Non, on ne peut avoir Dieu pour Père si on n’a pas l’Église pour Mère. Au temps du déluge, pouvait-on se sauver hors de l’arche de Noé ? De même aujourd’hui, hors de l’Église, le naufrage est certain (...) ».

 

Extrait du "De ecclesiae catholicae unitate", par Saint Cyprien de Carthage, Père de l’Eglise

Une revue chilienne vient de rééditer une intervention à la radio allemande du P. Joseph Ratzinger sur l'avenir de l'Eglise. Elle date de 1968...
Le Directeur de la revue, Jaime Antúnez, explique que Benoît XVI était alors jeune prêtre et professeur à Tübingen (D). Sa réflexion s'intitulait : "Comment se présentera l'Eglise en l'an 2000 ?".
1968 : on était alors en plein dans un bouleversement culturel et sociologique qui touchait aussi l'Eglise. A cette époque, le P. Ratzinger analysait les causes de ce qui était alors vécu et décrivait avec quarante ans d'avance ce que nous constatons aujourd'hui. Il annonçait : « Il semble évident que l'Eglise a devant elle des temps difficiles. Sa vraie crise a à peine commencé. Il faut s'attendre à de fortes secousses ». Il annonçait aussi : « L'avenir de l'Eglise peut venir et viendra (...) uniquement de la force de ceux qui ont des racines profondes et vivent de la plénitude pure de leur foi (...) L'avenir ne viendra pas de ceux qui ne font que donner des recettes. Il ne viendra pas de ceux qui ne font que s'adapter au moment présent. Il ne viendra pas de ceux qui ne font que critiquer les autres et se considèrent eux-mêmes comme la mesure infaillible. Il ne viendra pas non plus de ceux qui choisissent uniquement le chemin le plus facile, de ceux qui évitent la passion de la foi et présentent comme faux et dépassé, tyrannie et légalisme, tout ce qui est exigeant pour l'être humain, ce qui le fait souffrir et l'oblige à renoncer à lui-même. Disons-le de manière positive : l'avenir de l'Eglise, aujourd'hui, comme toujours, sera à nouveau marqué par le sceau des saints. Et donc par des êtres humains qui vont au-delà des phrases qui sont précisément modernes. Par ceux qui voient plus loin que les autres, car leurs vies embrassent des espaces plus larges ».

 

Il nous faudrait aujourd'hui ajouter ceci : les fidèles sont-ils encore persuadés que la foi catholique, dont l'Eglise est dépositaire, doit les conduire à porter un message essentiel au monde ? Rien n'est moins sûr quand on voit le peu d'empressement de bien des fidèles à témoigner de leur amour de l'Eglise...

 

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