1. L'homme est fait à image et ressemblance de Dieu, et pour vivre et vivre avec Lui. Ni l'athéisme, ni l'agnosticisme, ni l'indifférence religieuse sont des situations naturelles de l'homme et ne peuvent pour autant être des situations définitives pour une société. Les hommes que nous sommes sont reliés essentiellement à Dieu, comme une maison l'est en référence à l'architecte qui l'a construit. Les douloureuses conséquences de nos péchés peuvent obscurcir cet horizon, mais, tôt ou tard, nous aurons la nostalgie de la maison et de l'amour du Père du Ciel. Il nous passe comme au fils prodigue de la parabole : il n'a pas laissé d'être fils lorsqu'il est partit de la maison de son père et pour cela, malgré tous ces éloignements, il ressent le désir irrésistible de revenir. En fait, tous les hommes sentent toujours la nostalgie de Dieu et ils ont la même expérience que St Augustin, même s'ils ne sont pas capables de l'exprimer avec la même force et beauté que lui : « tu nous as fait, Seigneur, pour toi, et notre cœur ne reposera pas, jusqu'à ce qu'il repose en toi. ».

 

2. Conscient de cette réalité, la famille chrétienne situe Dieu à l'horizon de la vie de ses enfants des les premiers instants de son existence consciente. C'est une ambiance qu'ils respirent et incorporent. Cela les aide à découvrir et à accueillir Dieu, Jésus Christ, l'Esprit Saint et l'Eglise. Avec pleine cohérence, dès le premier instant de sa naissance, les parents demandent à l'Eglise le baptême pour eux et les portent avec joie pour recevoir les eaux baptismales. Ensuite, ils les accompagnent dans la préparation à la première Communion et à la confirmation et les inscrivent à la catéchèse paroissiale et cherche pour eux le collège qui les éduque le mieux dans la religion catholique.

 

3. Cependant, la véritable éducation chrétienne des enfants ne se limite pas à inclure Dieu entre les choses importantes de cette vie, de telle façon que toutes les autres activités et réalités : l'intelligence, le sentiment, la liberté, le travail, le repos, la douleur, la maladie, les joies, les biens matériels, la culture, en un mot : tout, soient modelés et gérés par l'amour a Dieu. Les enfants doivent s'habituer à penser avant chaque action ou omission : « qu'est ce que Dieu veut que je fasse ou ne fasse pas maintenant ? » Jésus Christ a confirmé la foi et la conviction des fidèles de l'Antique Alliance, sur ce qu'il considérait « le grand commandement », lorsqu'il a répondu au docteur de la Loi que « le premier commandement est celui-ci : « tu aimeras le Seigneur, ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme, de toutes tes forces ».

 

4. Cette éducation centré sur l'amour de Dieu doit-être réalisée par les parents, surtout, a travers les réalités de la vie quotidienne : en priant en famille avant le repas, en apprenant la gratitude envers Dieu pour les dons reçus, en allant à Lui dans les moments de douleur sous tous les aspects qu'elle puisse prendre, en participant à la Messe dominicale avec eux, en les accompagnant pour recevoir le sacrement de la Réconciliation, etc.

 

5. La question du docteur de la Loi incluait « quel est le premier commandement». Mais Jésus, en lui répondant, ajouta : le second est semblable à celui-ci : « tua aimeras ton prochain comme toi-même ». l'amour, donc, au prochain est « son commandement » et « le distinctif » des ses disciples. Comme St Jean concluait avec une fine psychologie : « si nous n'aimons pas notre prochain que nous voyons, comment pouvons nous aimer Dieu que nous ne voyons pas ? ».

 

6. Les parents doivent aider leurs enfants à découvrir le prochain, spécialement le nécessiteux, et à réaliser de petits services mais cependant constants: partager avec ses frères les jouets et les cadeaux, aider les plus petits, donner l'aumône au pauvre de la rue, visiter ceux de ma famille qui sont malades, accompagner les grands parents et leur offrir des petits services, accepter les personnes en oubliant et pardonner les petites limitations et offenses de chaque jour, etc. Ces choses, répétées de manière continue, configurent la mentalité et créent de bonnes habitudes ; pour faire front à la vie du « préjudice » procuré par l'amour aux autres, et ainsi les rendre capables de créer une nouvelle société.

 

 

VIème Rencontre Mondiale des Familles, du 14 au 18 janvier 2009 à Mexico

Indulgence plénière accordée par le pape Benoît XVI aux conditions habituelles :

1. Esprit de rejet du péché, confession, communion et prières aux intentions papales

2. Récitez en famille le Notre-Père, le Credo et des prières d’invocation à la Miséricorde

1. La famille, née de la communion intime de vie et d'amour conjugal fondée sur le mariage d'un homme et d'une femme, est le lieu premier des relations interpersonnelles, le fondement de la vie des personnes et le prototype de toute organisation sociale. Ce berceaux de vie et d'amour est le lieu approprié dans lequel l'homme naît et grandit, reçoit les premières notions de vérité et de bien, là où il apprend ce que veut dire aimer et être aimé et, par conséquent, que veut dire être une personne. La famille est la communauté naturelle où se passe la première expérience et le premier apprentissage de la socialité humaine, en elle non seulement on découvre la relation personnelle entre le « moi » et le « toi », mais on passe au « nous ». La donation réciproque de l'homme et de la femme unis en mariage, crée une ambiance de vie dans laquelle l'enfant peut développer ses capacités, prendre conscience de sa dignité et se préparer à affronter son destin unique et qui ne se peut répéter. Dans ce climat d'affection naturelle qui unit les membres de la communauté familiale, chaque personne est reconnue et responsabilisée dans sa singularité.

 

2. La famille éduque l'homme selon toutes ses dimensions vers la plénitude de sa dignité. C'est le terrain le mieux approprié pour l'enseignement et la transmission des valeurs culturelles, éthiques, sociales, spirituelles et religieuses, qui sont essentielles pour l'épanouissement et le bien-être autant des propres membres que de la société. C'est en effet la première école des vertus sociales dont ont besoin toutes les nations. La famille aide les personnes à développer des valeurs fondamentales qui sont indispensables pour former des citoyens libres, honnêtes et responsables : la vérité, la justice, la solidarité, l'aide aux plus faibles, l'amour envers les autres et soi-même, la tolérance, etc.

 

3. La famille est la meilleure école pour créer des relations communautaires et fraternelles, face aux actuelles tendances individualistes. En effet, l'amour -qui est l'âme de la famille dans sous toutes ses dimensions- est possible seulement si il y a donation sincère de soi-même aux autres. Aimer signifie donner et recevoir ce qui ne se peut ni vendre ni acheter mais seulement offrir de façon libre et réciproque. Grâce à l'amour, chaque membre de la famille est reconnu, accepté et respecté dans sa dignité. De l'amour naissent des relations vécues comme donation gratuite, et surgissent des relations désintéressées et de profonde solidarité. Comme le démontre l'expérience, la famille construit un réseau de relations interpersonnelles et prépare pour la vie en société dans un climat de respect, justice et vrai dialogue.

 

4. La famille chrétienne fait découvrir aux enfants que les grands-parents et les personnes âgées ne sont pas inutiles parce qu'ils ne produisent pas, ni pesant parce qu'ils ont besoin de soin désintéressés et constant de la part des enfants et des petits-enfants ; elle enseigne aux nouvelles générations, qu'en plus des valeurs économiques et fonctionnelles, il y a d'autres biens : humains, culturels, moraux, sociaux qui leur sont même supérieurs.

 

5. La famille aide à découvrir la valeur sociale des biens qu'ils possèdent. Une table autour de laquelle tous partagent les mêmes aliments, adaptés à la santé et l'âge des membres est un exemple, simple mais très efficace, pour découvrir le sens social des biens créés, L'enfant assimile ainsi des critères et des attitudes qui l'aideront plus tard dans cette autre famille plus ample qui est la société.

 

 

VIème Rencontre Mondiale des Familles, du 14 au 18 janvier 2009 à Mexico

Indulgence plénière accordée par le pape Benoît XVI aux conditions habituelles :

1. Esprit de rejet du péché, confession, communion et prières aux intentions papales

2. Récitez en famille le Notre-Père, le Credo et des prières d’invocation à la Miséricorde

1. L'Eglise voit dans l'homme, dans chaque homme, l'image vivante de Dieu lui-même ; image qui trouve -et elle est appelée à le découvrir chaque fois plus profondément- sa pleine raison d'être dans le mystère du Christ. Le Christ nous révèle Dieu dans sa Vérité ; mais, en même temps, il manifeste aussi l'homme aux hommes. Cet homme a reçu de Dieu une incomparable et inaliénable dignité, il a été créé à son image et ressemblance et fut destiné à être enfant adoptif. Le Christ, par son incarnation s'est uni, pour ainsi dire, avec chaque homme.

 

2. Parce qu'il a été fait à l'image de Dieu, l'être humain possède la dignité de personne : ce n'est pas seulement quelque chose mais quelqu'un. Il est capable de se connaître, de se donner librement et d’entrer en communion avec d'autres personnes. Cette relation avec Dieu peut être ignorée, oubliée, enlevée, mais ne peut être éliminée, parce que la personne humaine est un être personnel créé par Dieu pour entrer en relation et vivre avec lui.

 

3. L'homme et la femme ont la même dignité parce que les deux sont images de Dieu et parce que, en outre, ils se réalisent eux-mêmes profondément en se retrouvant en tant que personnes à travers le don sincère d’eux-mêmes. La femme est complément de l'homme tout comme l'homme l'est de la femme. Femme et homme se complètent mutuellement, non seulement du point de vu physique y psychique, mais encore ontologiquement, seulement grâce à la dualité du « masculin » et du « féminin » se réalise pleinement « l'humain ». C'est « l'unité des deux » qui permet à chacun d'expérimenter la relation interpersonnelle et réciproque. En outre, seulement à cette « unité des deux » Dieu leur confie l'œuvre de la procréation et de la vie humaine.

 

4. Toute la création a été faite pour l'homme. En revanche, l'homme a été créé et aimé pour lui-même. L'homme existe en tant qu'être unique et non répétable. C'est un être intelligent et conscient, capable de réfléchir sur lui-même et, par conséquent, d'avoir conscience de soi et de ses actes.

 

5. La dignité de la personne humaine -de toute personne humaine- ne dépend d'aucune instance humaine, mais bien de son être même, créé à image et ressemblance de Dieu. Personne ne peut donc maltraiter cette dignité sans commettre une grave violation de l'ordre voulu par la Créateur. Par conséquent, une société juste ne peut que se réaliser dans le respect de la dignité transcendante de la personne humaine.

 

6. Les personnes handicapées, malgré ses limitation et les souffrances dans son corps et ses facultés, ne cesse pas d'être des sujets pleinement humains, titulaires de droits et devoirs, que personne ne peut transgresser ni discriminer.

 

7. Les enfants à naître sont également des personnes depuis le moment de leur conception ; et leur vie ne peut être détruite par l'avortement ou l'expérience scientifique. Détruire la vie d'en enfant à naître, qui est complètement innocent, est un acte de suprême violence e de très grave responsabilité devant Dieu.

 

 

VIème Rencontre Mondiale des Familles, du 14 au 18 janvier 2009 à Mexico

Indulgence plénière accordée par le pape Benoît XVI aux conditions habituelles :

1. Esprit de rejet du péché, confession, communion et prières aux intentions papales

2. Récitez en famille le Notre-Père, le Credo et des prières d’invocation à la Miséricorde

1. Le problème principal que doit affronter aujourd'hui la famille dans l'éducation chrétienne de ses enfants n'est pas religieux mais plutôt anthropologique : le relativisme radical éthico-philosophique selon lequel il n'existe aucune Vérité Objective pour l'Homme et par conséquent non plus pour le mariage et la famille. La différence sexuelle, manifestée dans la biologie de l'homme et de la femme, ne s'appuie pas sur la nature mais c'est un simple produit culturel, que chacun peut changer. Avec cela on nie et on a détruit la possibilité même du mariage et de la famille.

 

2. Le relativisme affirme aussi que Dieu n'existe pas ainsi que la possibilité de le connaître (athéisme et agnosticisme religieux). Il nie également l'existence de normes éthiques et valeurs permanentes. Les seules vérités sont celles qui émanent des majorités parlementaires.

 

3. Face à cette réalité autant radicale et d'influence, la famille a aujourd'hui la tâche inéluctable de transmettre à ses enfants la Vérité de l'Homme. Comme il advint aux premiers siècles, il est aujourd'hui d'importance capitale connaître et comprendre la première page de la Genèse : il existe un Dieu personnel et bon, qui créa l'homme et la femme revêtus de la même dignité mais distincts et complémentaires entre eux. Il leur a donné la mission d'engendrer des enfants par l'union indissoluble des deux en une seule chair (le mariage). Les textes qui racontent la création de l'homme, mettent en évidence que le couple homme et femme sont - selon le dessein de Dieu - la première expression de la communion de personnes, Eve est en effet créée semblable à Adam comme celle qui, dans son altérité, le complète (cf. Gn 2, 18) pour ne former avec lui qu'une seule chair (cf. Gn 2, 24). En même temps, ils ont ensemble la mission procréatrice qui les fait collaborateurs du Créateur (cf. Gn 1, 28).

 

4. Cette Vérité de l'Homme et du mariage fut également connue de la droite raison humaine. En effet, toutes les cultures ont reconnu dans leurs coutumes et loi que le mariage consiste seulement en la communion entre un homme et une femme […].

 

5. Saint Paul a décrit tout cela par de vigoureux traits dans son épître aux Romains, lorsqu’il trace la situation de paganisme de son époque et du désordre moral dans lequel il était tombé pour ne pas avoir voulu reconnaître dans leur vie le Dieu qu'ils avaient connus par la raison (cf. Rom 1, 18-32). Cette page du nouveau testament doit être bien connue aujourd'hui par la famille, afin de ne pas édifier son action éducatrice sur des sables mouvants. L'ignorance sur Dieu conduit aussi à l'offuscation de la Vérité sur l'Homme.

 

6. Les Pères de l'Eglise offrent une doctrine abondante et sont un bon exemple de la façon dont procéder : ils durent expliquer avec précision l'existence d'un Dieu Créateur et Provident, qui créa le monde, l'homme et le mariage comme des réalités bonnes : et combattre le désordre moral du paganisme qui affectait le mariage et la famille.

 

 

VIème Rencontre Mondiale des Familles, du 14 au 18 janvier 2009 à Mexico

Indulgence plénière accordée par le pape Benoît XVI aux conditions habituelles :

1. Esprit de rejet du péché, confession, communion et prières aux intentions papales

2. Récitez en famille le Notre-Père, le Credo et des prières d’invocation à la Miséricorde

1. Dieu veut que tous les hommes connaissent et acceptent son plan de salut révélé et réalisé en Jésus-Christ (cf. 1 Tim 1, 15-16). Dieu parla de plusieurs façon à nos pères (cf. Hb 1, 1; tout l'AT). Lorsque arriva la plénitude des temps (cf. Ga 4, 4) il nous parla de manière complète et définitive en et par le Christ (cf. Hb 1, 2-4): Le Père n'a pas de Parole à « ajouter », parce qu'en Jésus-Christ il nous en donna la « seule et dernière » (cf. Jn 1, 1ss).

 

2. L'Eglise a reçu le commandement d'annoncer à tous les hommes cette grande nouvelle : « Allez dans le monde entier et faite de mes disciples toutes les nations, en les baptisant au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit » (Mt 28, 19). Les apôtres le comprirent ainsi et le mirent en pratique depuis le jour de la Pentecôte, Remplissant Jérusalem de l'annonce du Christ Mort et Ressuscité pour notre salut (Ac cap.1-5) ainsi qu'à tout le monde connu d'alors (Actes des Apôtres et Epîtres).

 

3. La famille chrétienne, Eglise domestique, participe à cette mission. Et plus encore, la famille a comme premiers et principaux destinataires de cette annonce missionnaire ses enfants et les différents membres qui la composent, comme nous le confirme les Epîtres de Saint Paul et la praxis postérieure. Les époux saints et les parents chrétiens de tous les temps l'ont vécu ainsi (les parents de Sainte Thérèse d'Avila, les parents de Sainte Thérèse de Lisieux et bien d'autres parents de nos jours). A la lumière de l'heureuse expérience des sociétés chrétienne d'Europe (lorsque la famille réalisa cette mission éducatrice envers ses enfants), et également à la lumière des graves répercussion négatives que l'on constate aujourd'hui (à cause de l'abandon et de la négligence de cette mission), il faut que la famille redevienne la première éducatrice dans la foi de ces nations -qui ne sont plus chrétiennes aujourd'hui dans les faits-, dans celle où la foi est en train de se consolider et dans celle où l'Eglise est en train de s'implanter. Le principal apostolat missionnaire des parents doit se passer dans sa propre famille, il serait, en effet, un contre témoignage et peu ordonner prétendre évangéliser les autres, sans se préoccuper de l'évangélisation des nôtres. Les parents transmettent la foi à leurs enfants avec le témoignage de leur vie chrétienne et par leurs paroles.

 

4. Le noyau central de cette éducation dans la foi est « l'annonce joyeuse et vibrante du Christ, Mort et Ressuscité pour nos péchés ». En étroite liaison avec ce noyau se trouvent les autres vérités contenues dans le Credo des Apôtres, les sacrements et les commandements du décalogue. Les vertus humaines et chrétiennes font parties de l'éducation intégrale de la foi. (Ce bagage fondamental ne peut presque jamais se présupposer aujourd'hui, même pas dans les pays dits « chrétiens » et dans les cas où les parents demandent les sacrements de l'initiation pour leurs enfants, étant donné la grande ignorance religieuse et le peu de pratique religieuse des parents).

 

 

VIème Rencontre Mondiale des Familles, du 14 au 18 janvier 2009 à Mexico

Indulgence plénière accordée par le pape Benoît XVI aux conditions habituelles :

1. Esprit de rejet du péché, confession, communion et prières aux intentions papales

2. Récitez en famille le Notre-Père, le Credo et des prières d’invocation à la Miséricorde

Bien qu'elle ait été publiée il y a 40 ans, l'Encyclique Humanæ Vitæ suscite encore un vif débat. C'est sur ce sujet que le professeur José María Simón Castellví, président de la Fédération internationale des associations des médecins catholiques (FIAMC), a publié dans L'Osservatore Romano du 4 janvier, un document intitulé « Les 40 ans de l'Encyclique Humanæ vitæ d'un point de vue médical ». Il y illustre tous les problèmes que la pilule contraceptive a fait émerger, relatifs à la santé de la femme (cancer), à la pollution de l'environnement, à l'infertilité masculine, et à la dégradation des relations du couple. ZENIT l'a interviewé (cliquez sur l'image ci-dessous pour retrouver l'interview dans son intégralité) : 

 

 

Lien : La pilule du lendemain : mensonges, mensonges…, par Pierre-Olivier Arduin

« Qui n'a pas vu quelquefois une femme chrétienne prenant les petites mains de son enfant, les lui croisant sur la poitrine, et lui apprenant à balbutier le Nom de Jésus ? Ce doux Nom n'est pas seulement force, santé et vie; il est aussi lumière. C'est pourquoi la mère qui forme son enfant à bégayer le Nom de Jésus lui donne par la même la première leçon de catéchisme, la seule qui soit à la portée de sa faible intelligence. En disant simplement : Jésus ! le petit enfant se met, dans la mesure de ses forces, à l'unisson de l'Eglise catholique chantant son Credo. L'enseignement chrétien que cet enfant recevra plus tard n'aura pas d'autre but que de développer en lui la connaissance de ce Nom de Jésus, qu'il invoque aujourd'hui dans l'aurore de sa foi naissante. Voilà, mères chrétiennes, quelque chose de ce que vous faites, quand vous mettez le Nom de Jésus sur les lèvres de vos petits enfants. Dans cette jeune bouche, Jésus veut dire foi, espérance, amour. Jésus ! c'est sa prière, c'est toute sa religion. Et cette religion suffit actuellement pour qu'il fasse partie de la société des saints. Cet enfant, avec la grâce entière de son baptême que le péché n'a pas encore altérée, c'est la représentation de Jésus dans la famille. Aussi, comme on aime à entendre une mère dire à son enfant ces mots si simples et si pleins de charmes : Fais Jésus ! La mère ne demande que des signes extérieurs, que de petites gentillesses. Qu'elle aille plus loin, et prête l'oreille, aux inspirations de foi; alors elle verra dans cette frêle créature l'image véritable du petit Jésus. Le Sauveur n'a-t-il pas dit : « Celui qui reçoit en mon Nom un de ces petits me reçoit moi-même ». Comprenez donc toute votre dignité, et en même temps tout votre bonheur, ô mères ! Que votre enfant soit pour vous Jésus ! qu'il soit, votre joie et la consolation de votre foyer qu'il grandisse en faisant grandir en lui Jésus ! A vous de développer les germes déposés dans son âme au baptême par le sang de Jésus. Il dépend de vous, du moins en grande partie, que ces mots : Fais Jésus, deviennent une douce réalité ».

 

Article tiré de la revue "le clocher" du 9 février 1879 (n°33) 

1. Nous basant sur la doctrine contenue dans l'Encyclique Humanæ vitæ nous entendons tracer une esquisse de la spiritualité conjugale. Dans la vie spirituelle des époux, les dons de l'Esprit-Saint sont aussi à l'œuvre et, en particulier, le « donum pietatis », c'est-à-dire le don du respect pour ce qui est œuvre de Dieu.

 

2. Ce don, uni à l'amour et à la chasteté, aide à identifier, dans l'ensemble de la convivialité conjugale, cet acte, dans lequel, au moins potentiellement, la signification nuptiale du corps est liée à sa signification procréatrice. Cela aide à comprendre, parmi les possibles « manifestations d'affection », la signification particulière et même exceptionnelle de cet acte : sa dignité et donc la grave responsabilité qui y est attachée. De ce fait, l'antithèse de la spiritualité conjugale est constituée, en un certain sens, par le manque subjectif de cette compréhension, liée à la pratique et à la mentalité anticonceptionnelles. Plus que tout, ceci constitue un énorme dommage au point de vue de la culture intérieure de l'homme. La vertu de chasteté conjugale et, plus encore, le don de respect pour ce qui vient de Dieu, modèlent la spiritualité des époux afin de protéger la dignité particulière de cet acte, de cette « manifestation d'affection » dans laquelle la vérité du « langage du corps » ne peut être exprimée qu'en sauvegardant la potentialité procréatrice. La paternité et la maternité responsables signifient l'évaluation spirituelle - conforme à la vérité - de l'acte conjugal dans la conscience et dans la volonté de chacun des deux époux qui, dans cette « manifestation d'affection », après avoir considéré les circonstances internes et externes et en particulier les circonstances biologiques, expriment leur mûre disponibilité à la paternité et à la maternité.

 

3. Le respect pour l'œuvre de Dieu contribue à faire en sorte que l'acte conjugal ne soit pas dévalué et privé d'intériorité dans l'ensemble de la convivialité conjugale - qu'il ne devienne pas « habitude » - et qu'en lui s'exprime une adéquate plénitude de contenus personnels et éthiques, et aussi de contenus religieux, c'est-à-dire la vénération pour la majesté du Créateur, unique et ultime dépositaire de la source de la vie et pour l'amour nuptial du Rédempteur. Tout ceci crée et élargit, pour ainsi dire, l'espace intérieur de la mutuelle liberté du don dans lequel se manifeste pleinement la signification nuptiale de la masculinité et de la féminité. L'obstacle à cette liberté est constitué par la contrainte intérieure de la concupiscence, orientée vers l'autre « ego » comme objet de jouissance. Le respect de ce que Dieu a créé libère de cette contrainte, libère de tout ce qui réduit l'autre « ego » à un simple objet : il fortifie la liberté intérieure du don.

 

4. Ceci ne peut se réaliser que par une profonde compréhension de la dignité personnelle, tant de l'« ego » féminin que de l'« ego » masculin, dans la convivialité réciproque. Cette compréhension spirituelle est le fruit fondamental du don de l'Esprit qui pousse la personne à respecter l'œuvre de Dieu. C'est de cette compréhension, et donc indirectement de ce don, que prennent leur vraie signification nuptiale toutes les « manifestations d'affection » qui constituent la trame de la persistance de l'union conjugale. Cette union s'exprime par l'acte conjugal, seulement dans des circonstances déterminées, mais elle peut et elle doit se manifester continuellement, chaque jour grâce à différentes « manifestations d'affection » qui sont déterminées par la capacité de l'« ego » d'éprouver une émotion « désintéressée » par rapport à la féminité et - réciproquement - par rapport à la masculinité. L'attitude de respect pour l'œuvre de Dieu que l'Esprit suscite chez les époux a une énorme signification pour ces « manifestations d'affection », car va de pair avec cela la capacité de la profonde satisfaction, de l'admiration, de l'attention désintéressée à l'égard de la beauté « visible » et en même temps « invisible » de la féminité et de la masculinité, et enfin l'appréciation profonde du don désintéressé de l'autre.

 

5. Tout ceci décide de l'identification spirituelle de ce qui est masculin ou féminin, de ce qui est « corporel » et en même temps personnel. De cette identification spirituelle émerge la conscience de l'union « à travers le corps » en sauvegardant la liberté intérieure du don. Au moyen des « manifestations d'affection » les époux s'aident l'un l'autre à persister dans l'union et, en même temps, ces manifestations protègent en chacun d'eux « cette paix intérieure » qui est, en un certain sens, la résonance intérieure de la chasteté guidée par le don du respect pour ce qui est créé par Dieu. Ce don comporte une profonde et universelle attention à la personne dans sa masculinité et sa féminité, créant ainsi le climat intérieur favorisant la communion personnelle. Ce n'est que dans un tel climat de communion personnelle des époux que mûrit correctement cette procréation que nous qualifions de « responsable ».

 

6. L'Encyclique Humanæ vitæ nous permet de tracer une esquisse de la spiritualité conjugale. Voilà le climat humain et surnaturel dans lequel – tenant compte de l'ordre biologique et, en même temps, se basant sur la chasteté soutenue par le donum pietatis - se forme l'harmonie intérieure du mariage dans le respect de ce que l'encyclique appelle « double signification de l'acte conjugal » (HV n. 12). Cette harmonie signifie que les époux vivent ensemble dans la vérité intérieure du « langage du corps ». L'Encyclique Humanæ vitæ proclame que le lien entre cette « vérité » et l'amour est indissoluble.

 

Jean-Paul II - Audience générale, le 21 novembre 1984 (DC 1985 p. 43-44)

1. A la lumière de l'Encyclique Humanæ vitæ, l'élément fondamental de la spiritualité conjugale est l'amour répandu dans le cœur des époux comme don de l’Esprit-Saint (cf. Rm 5, 5). Les époux reçoivent ce don dans le sacrement en même temps qu'une particulière « consécration ». L'amour est

uni à la chasteté conjugale qui, se manifestant comme continence, réalise l'ordre intérieur de la convivialité conjugale. La chasteté, c'est vivre dans l'ordre du cœur. Cet ordre permet le développement des « manifestations d'affection » dans la proportion et au sens qui leur sont propres. De cette manière se trouve également confirmée la chasteté en tant que « vie de l'Esprit » (cf. Ga 5, 25), selon l'expression de saint Paul. L'Apôtre pensait non seulement aux énergies immanentes de l'esprit humain mais surtout à l'influence sanctifiante de l'Esprit-Saint et à ses dons particuliers.

 

2. Au centre de la spiritualité conjugale, il y a donc la chasteté, non seulement comme vertu morale (formée par l'amour) mais aussi vertu liée aux dons de l'Esprit-Saint - avant tout au don du respect de ce qui vient de Dieu (donum pietatis). C'est à ce don que pense l'auteur de l'Épître aux Éphésiens quand il exhorte les époux à être « soumis les uns aux autres dans la crainte du Christ » (Ép 5, 21). Ainsi donc, l'ordre intérieur de la convivialité conjugale, qui permet que les « manifestations d'affection » se développent selon leur juste proportion exacte et leur signification, est le fruit non seulement de la vertu à laquelle les époux s'exercent, mais aussi des dons de l'Esprit-Saint avec lequel ils collaborent. Dans quelques passages (particulièrement en 21 et 26), traitant de l'ascèse conjugale spécifique, c'est-à-dire des efforts pour acquérir les vertus d'amour, de chasteté et de continence, l'Encyclique Humanæ vitæ parle indirectement des dons de l'Esprit-Saint auxquels les époux deviennent sensibles dans la mesure où ils ont acquis la maturité dans la vertu.

 

3. Ceci correspond à la vocation de l'homme au mariage. Ces « deux » êtres qui - selon l'expression la plus ancienne de la Bible - « seront une seule chair » (Gn 2, 24) ne peuvent réaliser une telle union au niveau des personnes (communio personarum) si ce n'est moyennant les forces provenant de l'esprit, et précisément de l'Esprit-Saint qui purifie, vivifie, fortifie et perfectionne les forces de l'esprit humain : « C'est l'esprit qui donne la vie, la chair ne sert de rien. » (Jn 6,63.) Il en résulte que les lignes essentielles de la spiritualité conjugale sont inscrites « dès l'origine » dans la vérité biblique sur le mariage. Cette spiritualité est aussi, « depuis l'origine », ouverte aux dons de l'Esprit-Saint. Si l'Encyclique Humanæ vitæ exhorte les époux à une « prière persévérante » et à la vie sacramentelle (en disant « qu'ils cherchent surtout dans l'Eucharistie la source de la grâce et de la charité » ; qu’«ils recourent avec humble persévérance à la miséricorde de Dieu qui est accordée dans le sacrement de la pénitence », Humanæ vitæ, 25), elle le fait en se rappelant que c'est l'Esprit-Saint qui « donne la vie » (2 Co 3,6).

 

4. Les dons de l'Esprit-Saint, et en particulier le don du respect de ce qui est sacré, semblent avoir ici une importance fondamentale. En effet, ce don soutient et développe chez les conjoints une sensibilité particulière à l'égard de tout ce qui, dans leur vocation et leur convivialité, porte le signe du mystère de la création et de la rédemption : à l'égard de tout ce qui est un reflet créé par la sagesse et l'amour de Dieu. C'est pourquoi ce don semble initier l'homme et la femme de manière particulièrement profonde au respect des deux significations inséparables de l'acte conjugal dont parle l'encyclique (n. 12), par rapport au sacrement de mariage. Le respect des deux significations de l'acte conjugal ne peut se développer pleinement que sur la base d'une référence profonde à la dignité personnelle de ce qui, dans la personne humaine, appartient de manière intrinsèque à la masculinité et à la féminité, et, inséparablement, en référence aussi à la dignité personnelle de la nouvelle vie qui peut naître de l'union conjugale de l'homme et de la femme. Le don du respect de ce que Dieu a créé s'exprime précisément dans cette référence.

 

5. Le respect de la double signification de l'acte conjugal dans le mariage, qui naît du don de respect pour la création de Dieu, se manifeste également comme crainte salvifique : crainte de détruire ou de dégrader ce qui porte en soi le signe  du mystère divin de la création et de la rédemption. C'est précisément de cette crainte que saint Paul parle aux Éphésiens : « Soyez soumis les uns aux autres dans la crainte du Christ. » (Ép 5, 21.) Si cette crainte salvifique s'associe immédiatement à la fonction « négative » de la continence (ou à la résistance opposée à la convoitise de la chair), elle se manifeste également - et de manière croissante au fur et à mesure que cette vertu mûrit - comme une sensibilité pleine de vénération pour les valeurs essentielles de l'union conjugale : pour « les deux significations de l'acte conjugal » (ou, pour parler le langage des précédentes analyses : pour la vérité intérieure du réciproque « langage du corps »). Sur la base d'une profonde référence à ces deux valeurs essentielles, ce que signifie l'union des époux s'harmonise dans le sujet avec ce que signifie paternité et maternité responsables. Le don du respect pour tout ce que Dieu crée fait graduellement disparaître l'apparente « contradiction » et réduit graduellement la difficulté découlant de la concupiscence, grâce à la maturité de la vertu et à la force du don de l’Esprit-Saint.

 

6. S'il s'agit de la problématique de la continence périodique (du recours aux « méthodes naturelles »), le don du respect pour l'œuvre de Dieu aide, en principe, à concilier la dignité humaine avec les « rythmes naturels de fécondité », c'est-à-dire avec la dimension biologique de la féminité et de la masculinité des conjoints ; dimension qui a également une signification propre pour la vérité du « langage mutuel du corps » dans la coexistence conjugale. De cette manière également, ce qui se réfère à « l'union conjugale dans le corps » - moins au sens biblique qu'au sens « biologique » - trouve sa forme humainement mûre grâce à la vie « selon l'Esprit ». Toute la pratique de la régulation honnête de la fertilité, si étroitement liée à la paternité et à la maternité responsables, fait partie de la spiritualité conjugale et familiale chrétienne; et ce n'est qu'en vivant « selon l'Esprit » qu'elle devient intérieurement vraie et authentique.

 

Jean-Paul II - Audience générale, le 14 novembre 1984 (DC 1985 p. 42-43)

1. Nous allons poursuivre l'analyse de la vertu de continence à la lumière de la doctrine exprimée par l'Encyclique Humanæ vitæ. Il convient de rappeler que les grands classiques de la pensée éthique (et anthropologique) tant préchrétiens que chrétiens (Thomas d'Aquin) voient dans la vertu de continence non seulement la capacité de « contenir » les réactions corporelles et sensuelles, mais aussi et plus encore la capacité de contrôler et guider toute la sphère sensuelle et émotive de l'homme. Dans le cas qui nous occupe, il s'agit de la capacité de diriger soit la ligne de l'excitation vers son développement correct, soit la ligne de l'émotion elle-même, en l'orientant vers l'approfondissement et l'intensification intérieure de son caractère « pur » et, en un certain sens, « désintéressé ».

 

2. Cette différenciation entre la ligne de l'excitation et la ligne de l'émotion n'est pas une contradiction. Elle ne signifie pas que l'acte conjugal, comme effet de l'excitation, ne comporte pas en même temps l'émotion de l'autre personne. Il en est certainement ainsi et de toute façon il ne devrait pas en être autrement. Dans l'acte conjugal, l'union intime devrait comporter une intensification particulière de l'émotion et même l'intense émotion de l'autre personne. Cela est aussi contenu, dans la Lettre aux Éphésiens, sous forme d'exhortation adressée aux conjoints : « Soyez soumis les uns aux autres dans la crainte du Christ. » (Ep 5,21.) La distinction entre « excitation » et « émotion » relevée dans cette analyse, ne prouve rien d'autre que la richesse subjective, réactive-émotive de « l'ego » humain ; cette richesse exclut toute réduction unilatérale, et fait que la vertu de continence peut être réalisée comme capacité de diriger la manifestation, tant de l’excitation que de l’émotion suscitée par la réaction réciproque de la masculinité et de la féminité.

 

3. La vertu de continence ainsi comprise a un rôle essentiel dans le maintien de l'équilibre intérieur entre les deux significations, l’unitive et la procréative, de l'acte conjugal (cf. Humanæ vitæ, n. 12), en vue d'une paternité et d'une maternité vraiment responsables. L'Encyclique Humanæ vitæ accorde l'attention qui se doit à l’aspect biologique du problème, c'est-à-dire au caractère rythmique de la fécondité humaine. Même si cette « périodicité » peut, à la lumière de l'encyclique, être appelée indice providentiel pour une paternité et une maternité responsables, toutefois ce n'est pas seulement à ce niveau que trouve sa solution un problème comme celui-ci, un problème qui a une signification si profondément personnaliste et sacramentelle (théologique). L'encyclique enseigne que la paternité et la maternité responsables constituent « la vérification d'un amour conjugal en pleine maturité » - et pour cette raison on y trouve non seulement la réponse à l'interrogation concrète que l'on se pose dans le cadre de l'éthique de la vie conjugale mais aussi, comme je l'ai déjà dit, l'indication d'un trait de spiritualité conjugale que nous désirons au moins esquisser.

 

4. La manière correcte d'entendre et de pratiquer la continence périodique en tant que vertu (ou, selon Humanæ vitæ n. 21, la « maîtrise de soi ») décide aussi essentiellement du « caractère naturel » de la méthode appelée, elle aussi, « méthode naturelle » : celle-ci est « naturelle » au niveau de la personne. On ne saurait donc penser à une application mécanique des lois biologiques. La connaissance elle-même des « rythmes de fécondité » - même si elle est indispensable - ne crée pas encore cette liberté intérieure du don qui est de nature explicitement spirituelle et dépend du degré de maturité de l'homme intérieur. Cette liberté suppose une faculté à diriger les réactions sensuelles et émotives de telle manière qu'elle rend possible le don de soi à l'autre « ego » sur la base de la mûre possession de son propre « ego » dans sa subjectivité corporelle et émotive.

 

5. Comme on le sait par les analyses bibliques et théologiques faites précédemment, le corps humain est, dans sa masculinité et féminité, ordonné intérieurement à la communion des personnes (Communio personarum). C'est en ceci que consiste sa signification nuptiale. C'est précisément cette signification nuptiale du corps qui a été déformée, presque à sa base même, par la concupiscence (en particulier par la convoitise de la chair dans le cadre de la « triple concupiscence »). Dans sa forme venue à maturité, la vertu de continence dévoile graduellement l'aspect « pur » de la signification nuptiale du corps. De cette manière, la continence développe la communication personnelle de l’homme et de la femme, une communion qui n'est pas en mesure de se former et de se développer dans la pleine vérité de ses possibilités uniquement sur le terrain de la concupiscence. C'est précisément cela qu'affirme l'Encyclique Humanæ vitæ. Cette vérité a deux aspects : un aspect personnaliste et un aspect théologique.

 

Jean-Paul II - Audience générale, le 7 novembre 1984 (DC 1984 p. 1169)

1. Poursuivons l'analyse de la continence à la lumière de l’enseignement contenu dans l’Encyclique Humanæ vitæ. On pense souvent que la continence provoque des tensions intérieures dont l'homme doit se libérer. A la lumière des analyses accomplies, la continence, intégralement comprise, se révèle plutôt l'unique moyen pour libérer l'homme de ces tensions. Elle ne signifie rien d'autre que l'effort spirituel qui vise à exprimer « le langage du corps » non seulement dans la vérité, mais aussi dans l'authentique richesse des « manifestations d'affection ».

 

2. Cet effort, est-il possible ? En d'autres termes (et sous un autre aspect), nous retrouvons ici l'interrogation au sujet de la « possibilité de réaliser la norme morale » que rappelle et confirme Humanæ vitæ. Cette interrogation est une des plus essentielles (et aussi, actuellement, une des plus urgentes) dans le cadre de la spiritualité conjugale. L'Église est absolument convaincue de la justesse du principe qui affirme la paternité et la maternité responsables - au sens expliqué dans les précédentes catéchèses – et ceci non seulement pour des motifs « démographiques », mais pour des raisons plus essentielles. Nous appelons responsables la paternité et la maternité qui correspondent à la dignité personnelle des conjoints comme parents, à la vérité de leur personne et de l'acte conjugal. D'où découle l’étroite et stricte relation qui rattache cette dimension à toute la spiritualité conjugale. Dans Humanæ vitæ, le Pape Paul VI a exprimé ce qu'avaient déjà, d'autre part, exprimé de nombreux moralistes et savants influents même non catholiques, c'est-à-dire que précisément dans ce domaine, si profondément et essentiellement humain et personnel, il faut avant tout se référer à l'homme comme personne, au sujet qui décide de lui-même et non aux « moyens qui en font un objet » (de manipulation) et le « dépersonnalisent ». Il s'agit donc ici d'une authentique signification « humaniste » du développement et du progrès de la civilisation humaine.

 

3. Cet effort, est-il possible ? Toute la problématique d'Humanæ vitæ ne se  réduit pas simplement à la dimension biologique de la fertilité humaine (à la question des « rythmes naturels de fécondité »), mais remonte à la subjectivité même de l'être humain, à cet « ego » personnel qui fait qu'il est homme ou qu'il est femme. Déjà, durant la discussion du Concile Vatican II au sujet du chapitre de Gaudium et spes concernant la « Dignité du mariage et de la famille et sa mise en valeur », on parlait de la nécessité d'une analyse approfondie des réactions (et aussi des émotions) en relation avec l'influence réciproque de la masculinité et de la féminité sur le sujet humain. Ce problème appartient non pas tant à la biologie qu'à la psychologie : de la biologie et psychologie, il passe ensuite dans la sphère de la spiritualité conjugale et familiale. Ici, en effet, ce problème est en rapport étroit avec la manière de comprendre la vertu de continence, c'est-à-dire la maîtrise de soi et en particulier la continence périodique.

 

4. Une analyse attentive de la psychologie humaine (qui est en même temps une autoanalyse subjective et devient par la suite analyse d'un « objet » accessible à la science humaine) permet d'arriver à quelques affirmations essentielles. De fait, dans les relations entre personnes où s'exprime l'influence réciproque de la masculinité et féminité, se libère dans le sujet psycho-émotif humain, dans l' « ego » humain, à côté d'une réaction qu'on peut qualifier d' « excitation », une autre réaction qu'on peut appeler « émotion ». Bien que ces deux réactions apparaissent en même temps, il est possible de les distinguer de manière expérimentale et de les « différencier » quant à leur contenu ou à leur objet. La différence objective entre l'un et l'autre genre de réaction consiste dans le fait que l'excitation est avant tout « corporelle » et en ce sens « sexuelle » ; l'émotion, par contre - bien que suscitée par la réaction réciproque de la masculinité et de la féminité - se réfère surtout à l'autre personne comprise dans son « intégralité ». On peut dire qu'il s'agit d'une « émotion causée par la personne » en relation avec sa masculinité ou féminité.

 

5. Ce que nous affirmons ici relativement à la psychologie des réactions réciproques de la masculinité et féminité aide à comprendre la fonction de la vertu de continence dont nous avons parlé précédemment. Celle-ci n'est pas seulement - ni même principalement - la capacité de « s'abstenir », c'est-à-dire la maîtrise des multiples réactions qui s'entrelacent dans la réciproque influence de la masculinité et féminité : une telle fonction pourrait se définir comme « négative ». Il existe aussi une fonction (que nous pouvons appeler « positive ») de la maîtrise de soi : c'est la capacité de guider les réactions respectives, tant en ce qui concerne leur contenu qu'en ce qui concerne leur caractère. Il a déjà été dit que dans le domaine des réactions réciproques de la masculinité et de la féminité, l'« excitation » et l'« émotion » apparaissent non seulement comme deux expériences distinctes et différentes de l'« ego » humain, mais très souvent elles apparaissent conjointement dans le cadre de l'expérience même en tant que deux éléments différents de celle-ci. De diverses circonstances de nature intérieure et extérieure dépend la proportion réciproque dans laquelle ces deux éléments apparaissent dans une expérience déterminée. Parfois, c'est l'un des éléments qui prévaut nettement; d'autres fois il y a plutôt un équilibre entre eux.

 

6. La continence comme capacité de diriger « l'excitation » et « l'émotion » dans la sphère de l'influence réciproque de la masculinité et de la féminité a pour tâche essentielle de maintenir l'équilibre entre la communion où les époux ne désirent exprimer réciproquement que leur union intime et celle où (au moins implicitement) ils accueillent la paternité responsable. De fait, « l'excitation » et « l'émotion » peuvent porter préjudice, de la part du sujet, à l’orientation et au caractère du réciproque « langage du corps ». L'excitation cherche avant tout à s'exprimer sous forme de plaisir sensuel et corporel, c'est-à-dire qu'elle tend à l'acte conjugal qui (dépendant des « rythmes naturels de fécondité ») comporte la possibilité de procréation. Par contre, l'émotion provoquée par un autre être humain comme personne, même si son contenu émotif est influencé par la féminité ou masculinité de « l'autre », ne tend pas d'elle-même à l'acte conjugal, mais se limite à d'autres « manifestations d'affection » dans lesquelles s'affirme la signification nuptiale du corps et qui, toutefois, ne comprennent pas sa signification (potentiellement) procréatrice. Il est facile de comprendre quelles conséquences découlent de ceci relativement au problème de la paternité et maternité responsables. Ces conséquences sont de nature morale. L’excitation cherche surtout à s'exprimer au plan physique et elle comporte évidemment une possibilité de procréation. Par contre l'émotion peut se manifester sans aboutir à l'acte conjugal et à ses conséquences possibles. Cette distinction permet vraiment de mieux comprendre que le problème de la « paternité-maternité » responsable est d'ordre moral. Je supplie Dieu de faire accéder les chrétiens et tous les gens de bonne volonté à ce niveau de vérité libératrice et humanisante. Et je bénis tous les pèlerins présents à cette audience.

 

Jean-Paul II - Audience générale, le 31 octobre 1984 (DC 1984 p. 1167)

1. Conformément à ce que j'ai annoncé, nous allons entreprendre aujourd'hui l'analyse de la vertu de continence. La « continence » qui fait partie de la vertu plus générale de tempérance, consiste en la capacité de dominer, contrôler et orienter les pulsions à caractère sexuel (convoitise de la chair) et leurs conséquences dans la subjectivité psychosomatique de l'homme. En tant que disposition constante de la volonté, cette capacité mérite d'être appelée vertu. Les précédentes analyses nous ont appris que la convoitise de la chair, et le désir à caractère sexuel qu'elle suscite, s'exprime par une pulsion spécifique dans la sphère de la réactivité somatique et, en outre, par une excitation psycho-émotive de l'impulsion sexuelle. Pour arriver à maîtriser cette pulsion, cette excitation, le sujet personnel doit s'engager, dans une progressive éducation, au contrôle personnel de la volonté, des sentiments, des émotions, qui doit se développer à partir des gestes les plus simples à travers lesquels il est relativement facile de traduire en acte la décision intérieure. Ceci suppose évidemment la claire perception des valeurs exprimées dans la norme et la maturation qui s'ensuit de solides convictions qui, si les accompagne la disposition de la volonté, donnent naissance à la vertu qui y correspond. Voilà ce qu'est précisément la vertu de continence (maîtrise de soi) qui se révèle comme condition fondamentale soit pour maintenir dans la Vérité le langage réciproque du corps, soit pour que les époux soient « soumis les uns aux autres dans la crainte du Christ », selon les paroles bibliques (Ép 5, 21). Cette soumission réciproque « signifie la sollicitude commune pour la vérité du « langage du corps »; par contre, la soumission « dans la crainte du Christ » indique le don de la crainte de Dieu (don de l'Esprit-Saint) qui accompagne la vertu de continence.

 

2. Ceci est très important pour une juste compréhension de la vertu de continence et, en particulier, de la « continence périodique » dont il est question dans l'Encyclique Humanæ vitæ. La conviction que la vertu de continence « s'oppose » à la convoitise de la chair est juste, mais pas absolument complète. Elle n'est pas complète, spécialement quand on tient compte du fait que cette vertu n'apparaît pas et n'agit pas de manière abstraite et donc isolément, mais toujours en liaison avec les autres (nexus virtutum), donc en liaison avec la prudence, la justice, la force et surtout avec la charité. Il est facile de comprendre, à la lumière de ces considérations, que la continence ne se limite pas à opposer une résistance à la convoitise de la chair ; mais grâce à cette résistance elle s'ouvre également aux valeurs plus profondes et plus mûres inhérentes à la signification nuptiale du corps dans sa féminité et masculinité, comme également à l'authentique liberté du don dans les relations réciproques des personnes. Dans la mesure où elle recherche avant tout le plaisir charnel et sensuel, la concupiscence même de la chair rend, en un certain sens, l'homme aveugle et insensible aux valeurs plus profondes qui jaillissent de l'amour et qui, en même temps, constituent l'Amour dans la Vérité intérieure qui lui est propre.

 

3. De cette manière se manifeste également le caractère essentiel de la chasteté conjugale dans son lien organique avec la « force » de l'amour qui est répandue dans le cœur des époux en même temps que la « consécration » du sacrement de mariage. Il devient en outre évident que l'invitation directe adressée aux époux d'être « soumis les uns aux autres dans la crainte du Christ » (Ép 5, 21) semble ouvrir cet espace intérieur dans lequel ils deviennent l'un et l'autre toujours plus sensibles aux valeurs les plus profondes et les plus mûres qui sont liées à la signification nuptiale du corps et à la véritable liberté du don. Si la chasteté conjugale (et la chasteté en général) se manifeste d'abord comme capacité de résister à la concupiscence de la chair, par la suite elle se révèle graduellement comme une capacité particulière de percevoir, d'aimer et de réaliser les significations du « langage du corps » qui demeurent absolument inconnues à la concupiscence elle-même et qui enrichissent progressivement le dialogue conjugal des époux en le purifiant et en l'approfondissant en même temps. C'est pourquoi l'ascèse de la continence dont parle l'encyclique Humanæ vitæ (n. 21), loin d'entraîner l'appauvrissement des «manifestations affectives » les rend au contraire spirituellement plus intenses et par conséquent les enrichit.

 

4. En analysant de cette manière la continence dans la dynamique propre à cette vertu (anthropologique, éthique et théologique), nous nous apercevons que disparaît cette apparente « contradiction » que l'on reproche souvent à l'Encyclique Humanæ vitæ et à la doctrine de l'Église au sujet de la morale conjugale. Selon ceux qui soulèvent cette objection, il existerait une contradiction entre les deux significations de l'acte conjugal, la signification unitive et la signification procréative (cf. Humanæ vitæ, 12), de sorte que s'il n'est pas permis de les séparer, les époux se trouveraient privés du droit à l'union conjugale quand ils ne peuvent, de manière responsable, se permettre de procréer. Si l'on étudie à fond l'Encyclique Humanæ vitæ on se rend compte qu'elle donne la réponse à cette apparente « contradiction ». Le Pape Paul VI confirme en effet que cette « contradiction » n'existe pas; il existe seulement une « difficulté » liée à toute la situation intérieure de « l'homme de la concupiscence ». Par contre, précisément en raison de cette « difficulté », c'est à l'engagement intérieur ascétique des conjoints qu'est confié l'ordre véritable de la convivance conjugale en vue duquel ils sont « fortifiés et comme consacrés » (cf. Humanæ vitæ n. 25) par le sacrement de mariage.

 

5. Cet ordre de la convivance conjugale signifie en outre l'harmonie subjective entre la paternité (responsable) et la communion personnelle, harmonie créée par la chasteté conjugale. Dans celle-ci mûrissent, en effet, les fruits intérieurs de la continence. Grâce à cette maturation intérieure, l'acte conjugal lui-même acquiert l'importance et la dignité qui lui sont propres dans sa signification potentiellement procréative; en même temps acquièrent une adéquate signification toutes les « manifestations affectives » (Humanæ vitæ, 21) qui servent à exprimer la communion personnelle des époux, proportionnellement à la richesse subjective de la féminité et masculinité.

 

6. Conformément à l'expérience et à la Tradition, l'Encyclique relève que l'acte conjugal est également une « manifestation d'affection » (cf n. 16), mais une « manifestation d'affection particulière parce qu'en même temps, elle a une signification potentiellement procréative. Par conséquent, elle est destinée à exprimer l'union personnelle, mais pas seulement celle-ci. En même temps, l'Encyclique indique - même si c'est de manière indirecte - de multiples « manifestations d'affection », efficaces exclusivement pour exprimer l'union personnelle des conjoints. Le but de la chasteté conjugale, et encore plus précisément celui de la continence, ne consiste pas seulement à protéger l'importance et la dignité de l'acte conjugal par rapport à sa signification potentiellement procréative; il consiste également à protéger l'importance et la dignité propres de l'acte conjugal lui-même en tant qu'il exprime l'union entre les personnes et dévoile à la conscience et à l'expérience des époux toutes les autres « manifestations d'affection » possibles pour exprimer ainsi leur profonde communion. Il s'agit en effet de ne pas porter préjudice à la communion des époux dans le cas où, pour de justes raisons, ils doivent s'abstenir de l'acte conjugal. Et encore plus, que cette communion, construite continuellement, jour après jour, grâce à des « manifestations affectives » conformes, constitue pour ainsi dire un vaste terrain sur lequel, dans des conditions opportunes, mûrit la décision d'un acte conjugal moralement droit.

 

Audience générale de Jean-Paul II, le 24 octobre 1984 (DC 1984 p. 1017)

1. Nous continuons à tracer les grandes lignes de la spiritualité conjugale à la lumière de l'Encyclique Humanæ vitæ. Suivant la doctrine qu'elle contient, conformément aux sources bibliques et à toute la tradition, l'amour est - au point de vue subjectif - une « force » c'est-à-dire une capacité de l'esprit humain de caractère « théologique » (ou plutôt « théologal »). Donc, la force donnée à l'homme pour participer à cet amour par lequel Dieu lui-même aime dans le mystère de la Création et de la Rédemption. C'est cet amour qui « se complaît dans la Vérité » (1 Co 13, 6), en qui s'exprime la joie spirituelle (le « frui » augustinien) de toute valeur authentique : joie semblable à celle du Créateur lui-même lorsqu' « il vit tout ce qu'il avait fait » et trouva que « c'était très bien » (Gn 1, 31). Si les forces de la concupiscence tentent de séparer de la Vérité le « langage du corps », c'est-à-dire si elles tentent de le falsifier, la force de l'amour, au contraire, le corrobore toujours de nouveau dans cette Vérité afin que le mystère de la Rédemption du corps puisse fructifier en elle.

 

2. Ce même amour qui rend possible le langage conjugal et fait qu'il se réalise suivant la pleine Vérité de la vie des époux est en même temps une force c'est-à-dire une faculté de caractère moral, orientée activement vers la plénitude du bien et, pour cela même, orientée vers tout véritable bien. C'est pourquoi sa tâche consiste à sauvegarder l'unité inséparable des « deux significations de l'acte conjugal » dont il est question dans l'encyclique (HV, 12), c'est-à-dire à protéger aussi bien la valeur de la véritable union des conjoints (donc de la communion personnelle) que celle de la paternité et maternité responsables (dans leur forme mûrie et digne de l'homme).

 

3. Suivant le langage traditionnel, l'amour, en tant que « force » supérieure, coordonne les actions de la personne, du mari et de la femme, dans le cadre des fins du mariage. Bien que ni la Constitution conciliaire ni l'encyclique n'utilisent - quand elles affrontent le sujet - le langage jadis habituel, elles n'en traitent pas moins de ce à quoi se réfèrent les expressions traditionnelles. Comme force supérieure que l'homme et la femme reçoivent de Dieu en même temps que la particulière « consécration » du sacrement de mariage, l'amour comporte une coordination correcte des fins selon lesquelles - dans l'enseignement traditionnel de l'Église - se constitue l'ordre moral (ou plutôt « théologal et moral ») de la vie des époux. La doctrine de la Constitution Gaudium et spes comme aussi celle de l'Encyclique Humanæ vitæ jettent la lumière sur ce même ordre moral dans leur référence à l'amour entendu comme force supérieure qui confère contenu et valeur adéquats aux actes conjugaux, selon la vérité des deux significations, l'unitive et la procréative, dans le respect de leur inséparabilité. Dans cette présentation rénovée, l'enseignement traditionnel sur les fins du mariage (et leur hiérarchie) se trouve confirmé et en même temps approfondi du point de vue de la vie intérieure des conjoints, c'est-à-dire de la spiritualité conjugale et familiale.

 

4. La tâche de l'amour, qui est « infusé dans les cœurs » (Rm 5, 5) des époux comme force spirituelle fondamentale de leur pacte conjugal consiste, comme il a été dit, à protéger tant la valeur de la véritable communion des époux, que celle de la paternité-maternité vraiment responsable. La force de l'amour - authentique au sens théologique et éthique - s'exprime en ceci que l'amour unit correctement « les deux significations de l'acte conjugal », excluant non seulement en théorie mais aussi en pratique la « contradiction » qui pourrait se révéler en ce domaine. Cette « contradiction » constitue le plus fréquent motif d'objection contre l'Encyclique Humanæ vitæ et contre l'enseignement de l'Église. Il suffit d'une analyse bien approfondie, non seulement théologique mais aussi anthropologique (nous avons cherché à le faire dans toute la présente réflexion), pour démontrer qu'il ne faut pas parler ici de « contradiction » mais seulement de « difficulté ». Or, l'Encyclique elle-même souligne dans divers passages une telle « difficulté ». Celle-ci découle du fait que la force de l'amour est greffée dans l'homme en proie aux embûches de la concupiscence : dans les sujets humains l'amour se heurte à la triple concupiscence (cf. 1 Jn 2, 16), particulièrement à la concupiscence de la chair qui déforme la vérité du « langage du corps ». C'est pourquoi l'amour lui-même n'est pas en mesure de se réaliser dans la vérité du « langage du corps » sinon moyennant la domination sur la concupiscence.

 

5. Si l'élément clé de la spiritualité des époux et des parents - cette « force » essentielle que les époux doivent continuellement tirer de la « consécration » sacramentelle - est l'amour, cet amour est, par nature, comme il résulte du texte de l'Encyclique (Humanæ vitæ, 20) lié à la chasteté qui se manifeste comme maîtrise de soi, c'est-à-dire comme continence : en particulier comme continence périodique. Dans le langage biblique, l'auteur de la Lettre aux Éphésiens semble faire allusion à ceci quand, dans son texte « classique », il exhorte les époux à être « soumis les uns aux autres dans la crainte du Christ » (Ep 5,21). On peut dire que l'Encyclique Humanæ vitæ constitue précisément le développement de cette Vérité biblique concernant la spiritualité chrétienne conjugale et familiale. Toutefois pour le rendre encore plus manifeste, il faut une analyse plus profonde de la vertu de continence et de sa signification particulière pour la vérité du mutuel « langage du corps » dans la convivance conjugale et (indirectement) dans le vaste domaine des rapports réciproques de l'homme et de la femme. Nous entreprendrons cette analyse durant les prochaines réflexions du mercredi.

 

Audience générale de Jean-Paul II, le 10 octobre 1984 (DC 1984 p. 1016)

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