"Puissent les jeunes ici réunis pour la Journée Mondiale de la Jeunesse avoir le courage, sous l'action de l'Esprit, de devenir des saints ! Voilà ce dont le monde a besoin, plus que de tout autre chose". Tel est l'appel lancé par le Pape Benoît XVI aux jeunes lors des dernières JMJ. Depuis ces dernières années, de nombreux jeunes sont en cours de béatification. À leur manière et au coeur du contexte spécifique de leur époque, de leur pays, ils ont su témoigner de l'amour de Dieu dans leur vie et illustrer la joie du don. Quels modèles de Sainteté pour les jeunes d'aujourd'hui ? Comment peuvent-ils répondre à cet appel dans le contexte actuel ? Lumières sur la jeunesse avec le père Alexis Leproux, aumônier d'étudiants à la paroisse Saint-Germain-des-Prés à Paris et le père Yves Combeau, religieux dominicain.

 

 

En préparation aux XXIIIe Journées mondiales de la jeunesse, qui auront lieu à Sydney (Australie) du 15 au 20 juillet 2008 sur le thème : “Vous aurez la force de l’Esprit Saint qui descendra sur vous et vous serez mes témoins” (Actes 1, 8), le Saint-Père Benoît XVI a envoyé un Message aux jeunes du monde, dans lequel il rappelle que « le fil conducteur de la préparation spirituelle au rendez-vous de Sydney est l’Esprit Saint et la mission »…
 
 
 
 
Articulé en huit paragraphes, signé à Lorenzago le 20 juillet 2007, le Message évoque avant tout le chemin de préparation vers Sydney, appelant les jeunes à réfléchir cette année « sur l’Esprit de force et de témoignage, qui nous donne le courage de vivre l’Evangile et l’audace de le proclamer ». Benoît XVI exhorte les jeunes par ces mots : « N’oubliez jamais que l’Eglise, et même l’humanité, celle qui est autour de vous et qui vous attend dans votre avenir, attend beaucoup de vous jeunes, parce que vous avez en vous le don suprême du Père, l’Esprit de Jésus ». Puis le pape résume les points saillants de la « promesse de l’Esprit Saint dans la Bible » : « L’effusion de l’Esprit Saint sur l’Eglise naissante fut l’accomplissement d’une promesse de Dieu beaucoup plus ancienne, annoncée et préparée dans tout l’Ancien Testament ». La Pentecôte représente le « point de départ de la mission de l’Eglise » : elle renouvela intérieurement les Apôtres, et « de pêcheurs effrayés » ils devinrent des « hérauts courageux de l’Evangile ». « Rien ne pouvait les arrêter... Ainsi naquit l’Eglise, qui depuis le jour de la Pentecôte n’a pas cessé d’irradier la Bonne Nouvelle ‘jusqu’aux extrémités de la terre’.
 
Pour comprendre la mission de l’Eglise, le Saint-Père invite à revenir au Cénacle, où les disciples étaient persévérants dans la prière avec Marie, la « Mère », en attente de l’Esprit promis. « Toute communauté chrétienne doit constamment s’inspirer de cette image de l’Eglise naissante - recommande Benoît XVI. La fécondité apostolique et missionnaire n’est pas principalement le résultat de programmes et de méthodes pastorales sagement élaborées et ‘efficaces’, mais est le fruit de l’incessante prière communautaire. L’efficacité de la mission présuppose, en outre, que les communautés soient unies, c'est-à-dire qu’elles aient ‘un seul cœur et une seule âme’, et qu’elles soient disposées à témoigner de l’amour et de la joie que l’Esprit Saint répand dans les cœurs des fidèles ». Enfin le pape souligne « que l’Esprit Saint est le don le plus haut de Dieu à l’homme, donc le témoignage suprême de son amour pour nous, un amour qui s’exprime concrètement comme « oui à la vie » que Dieu a voulu pour sa créature. Ce « oui à la vie » a sa forme pleine en Jésus de Nazareth et dans sa victoire sur le mal par la rédemption ». L’Evangile de Jésus, précisément dans la force de l’Esprit, « ne se réduit pas à une pure constatation, mais veut devenir ‘belle nouvelle pour les pauvres, libération pour les prisonniers, vue pour les aveugles… C’est ce qui se manifesta avec vigueur le jour de la Pentecôte, et devînt grâce et devoir de l’Eglise envers le monde, sa mission prioritaire ». Enfin le pape affirme : « Nous portons à l’intérieur de nous ce sceau de l’amour du Père en Jésus-Christ qu’est l’Esprit Saint. Ne l’oublions jamais, parce que l’Esprit du Seigneur se rappelle toujours de chacun et veut, par vous jeunes en particulier, susciter dans le monde le vent et le feu d’une nouvelle Pentecôte ».
 
Dans le paragraphe dédié à l’Esprit Saint comme « Maître intérieur », Benoît XVI rappelle qu’aujourd’hui encore l’Esprit Saint continue à agir dans l’Eglise « et ses fruits sont abondants dans la mesure où nous sommes disposés à nous ouvrir à sa force rénovatrice ». Mais à ce point il est naturel de se demander « qui est pour moi l’Esprit Saint ? Nombreux sont en effet les chrétiens pour lesquels Il continue à être le ‘grand inconnu’. C’est pourquoi, nous préparant aux prochaines Journées mondiales de la jeunesse, j’ai voulu vous inviter à approfondir la connaissance personnelle de l’Esprit Saint… Cependant il ne suffit pas de Le connaître ; il faut l’accueillir comme guide dans nos âmes, comme le ‘Maître intérieur’ qui nous introduit dans le Mystère trinitaire, parce que Lui seul peut nous ouvrir à la foi et nous permettre de la vivre chaque jour en plénitude. Il nous pousse vers les autres, allume en eu le feu de l’amour, nous rend missionnaires de la charité de Dieu ». Notre renouvellement intérieur et la croissance de notre vie spirituelle se font à travers les Sacrements, avant tout ceux de l’initiation chrétienne : le Baptême, la Confirmation et l’Eucharistie, par lesquels « l’Esprit Saint nous rend fils du Père, frères de Jésus, membres de son Eglise, capables d’un vrai témoignage à l’Evangile, dispensateurs de la joie et de la foi ». Benoît XVI exhorte en particulier les jeunes à « redécouvrir le sacrement de la Confirmation et à en retrouver la valeur pour notre croissance spirituelle ». Ce sacrement « nous donne une force spéciale pour témoigner et glorifier Dieu par toute notre vie : il nous rend intimement conscients de notre appartenance à l’Eglise, ‘Corps du Christ’, dont tous nous sommes des membres vivants, solidaires les uns avec les autres ». Pour grandir dans la vie chrétienne, il est donc nécessaire de se nourrir du Corps et du Sang du Christ. « Source et sommet » de la vie ecclésiale, l’Eucharistie est une « Pentecôte perpétuelle », puisque « chaque fois que nous célébrons la messe nous recevons l’Esprit Saint qui nous unit plus profondément au Christ et nous transforme en Lui… Là où nos forces n’y arrivent pas, c’est à l’Esprit Saint de nous transformer, de nous remplir de sa force et de nous rendre témoins pleins de l’ardeur missionnaire du Christ ressuscité ».
 
Dans le septième paragraphe de son Message, le pape s’arrête sur la « nécessité et l’urgence de la mission ». Face aux inquiétudes devant les événements du monde et aux questions que les jeunes se posent pour leur avenir, Benoît XVI rappelle que « seul le Christ peut combler les aspirations les plus intimes du cœur de l’homme… Par la puissance de l’Esprit Il répand en nous la charité divine, nous rend capables d’aimer notre prochain et prêts à nous mettre à son service… Et celui qui se laisse conduire par l’Esprit comprend que se mettre au service de l’Evangile n’est pas une option facultative, parce qu’il sent combien il est urgent de transmettre aussi aux autres cette Bonne Nouvelle ». S’inscrivant dans la lignée de ses prédécesseurs immédiats, le pape Benoît XVI rappelle qu’« annoncer l’Evangile et témoigner de la foi est aujourd’hui plus que jamais nécessaire. Certains pensent que présenter le trésor précieux de la foi aux personnes qui ne la partagent pas signifie être intolérants envers eux, mais il n’en est pas ainsi, car proposer le Christ ne signifie pas l’imposer… aujourd’hui encore il faut des disciples du Christ qui n’épargnent pas leur temps ni leur énergie pour servir l’Evangile… En particulier, je vous assure que l’Esprit de Jésus vous invite aujourd’hui vous, jeunes, à être porteurs de la belle nouvelle de Jésus aux jeunes de votre âge… Que chacun de vous ait le courage de promettre à l’Esprit Saint d’amener un jeune à Jésus-Christ, de la façon qu’il considère la meilleure, sachant « rendre compte de l’espérance qui est en lui, avec douceur’… Mais pour atteindre ce but, chers amis, soyez saints, soyez missionnaires, puisqu’on ne peut jamais séparer la sainteté de la mission. N’ayez pas peur de devenir des saints missionnaires comme Saint François Xavier, qui a parcouru l’Extrême-Orient en annoçant la Bonne Nouvelle jusqu’au bout de ses forces, ou comme Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus,  qui fut missionnaire tout en n’ayant pas quitté le Carmel : autant l’un que l’autre sont ‘patrons des missions’. Soyez prêts à mettre en jeu votre vie pour éclairer le monde de la Vérité du Christ ; pour répondre avec amour à la haine et au mépris de la vie ; pour proclamer l’espérance du Christ ressuscité dans tous les coins de la terre ».
 
Le pape Benoît XVI conclut son Message en invitant les jeunes à participer nombreux aux XXIIIe Journées mondiales de la jeunesse de Sydney 2008, « ce sera une occasion providentielle d’exprimer pleinement la puissance de l’Esprit Saint », et à consacrer du temps à la prière et à la formation spirituelle sur ce dernier tronçon du chemin de préparation, « afin qu’à Sydney vous puissiez renouveler les promesses de votre baptême et de votre confirmation. Ensemble nous invoquerons l’Esprit Saint, demandant avec confiance à Dieu le don d’une Pentecôte renouvelée pour l’Eglise et pour l’humanité du troisième millénaire ».
 
 
 
 

Lien : Message intégral du pape pour les 23èmes journées mondiales de la jeunesse


« En ce moment, je me souviens du 22 octobre 1978, quand le Pape Jean-Paul II commença son ministère ici, sur la Place Saint-Pierre. Les paroles qu’il prononça alors résonnent encore et continuellement à mes oreilles : « N’ayez pas peur, au contraire, ouvrez tout grand les portes au Christ ». Le Pape parlait aux forts, aux puissants du monde, qui avaient peur que le Christ les dépossède d’une part de leur pouvoir, s’ils l’avaient laissé entrer et s’ils avaient concédé la liberté à la foi. Oui, il les aurait certainement dépossédés de quelque chose : de la domination de la corruption, du détournement du droit, de l’arbitraire. Mais il ne les aurait nullement dépossédés de ce qui appartient à la liberté de l’homme, à sa dignité, à l’édification d’une société juste. Le Pape parlait en outre à tous les hommes, surtout aux jeunes. En quelque sorte, n’avons-nous pas tous peur - si nous laissons entrer le Christ totalement en nous, si nous nous ouvrons totalement à lui - peur qu’il puisse nous déposséder d’une part de notre vie ? N’avons-nous pas peur de renoncer à quelque chose de grand, d’unique, qui rend la vie si belle ? Ne risquons-nous pas de nous trouver ensuite dans l’angoisse et privés de liberté ? Et encore une fois le Pape voulait dire : Non ! Celui qui fait entrer le Christ ne perd rien, rien, absolument rien de ce qui rend la vie libre, belle et grande. Non ! Dans cette amitié seulement s’ouvrent tout grand les portes de la vie. Dans cette amitié seulement se dévoilent réellement les grandes potentialités de la condition humaine. Dans cette amitié seulement nous faisons l’expérience de ce qui est beau et de ce qui libère. Ainsi, aujourd’hui, je voudrais, avec une grande force et une grande conviction, à partir d’une longue expérience de vie personnelle, vous dire, à vous les jeunes : n’ayez pas peur du Christ ! Il n’enlève rien et il donne tout. Celui qui se donne à lui reçoit le centuple. Oui, ouvrez, ouvrez tout grand les portes au Christ, et vous trouverez la vraie vie. Amen ».

 

Source

« Chers amis, […] je sais que votre jeunesse est piégée par l'appel des gains faciles, de la tentation de se réfugier dans les paradis artificiels ou de se laisser attirer par des formes fausses de satisfaction matérielle. Ne vous laissez pas enjôler par les pièges du mal ! Recherchez plutôt une existence riche de valeurs, pour donner vie à une société plus juste et plus ouverte au futur. Faites fructifier les dons dont Dieu vous a comblés avec la jeunesse : la force, l'intelligence, le courage, l'enthousiasme et l'envie de vivre. C'est à partir de ce bagage, en comptant toujours sur le soutien divin, que vous pourrez alimenter en vous et autour de vous l'Espérance. Il dépend de vous et de votre cœur de faire en sorte que le progrès se transforme en un bien majeur pour tous. Et la voie du bien - vous le savez - a un nom : il s'appelle Amour. Dans l'Amour, seulement, dans l'Amour authentique, on trouve la clé de chaque espoir, parce que l'Amour a sa racine en Dieu.

 

[…] Le Christ, cependant, est exigeant et fuit les demi-mesures. Il sait pouvoir compter sur votre générosité et votre cohérence : pour cela, il attend beaucoup de vous. Suivez-Le fidèlement et, pour pouvoir Le rencontrer, aimez son Église, sentez-vous en responsables ! […] Voilà un point sur lequel je voudrais appeler votre attention : cherchez à connaître l'Église, à la comprendre, à l'aimer, en prêtant attention à la voix de ses Pasteurs. Elle est composée d'hommes, mais le Christ en est le Chef et son Esprit la guide solidement. De l'Église, vous êtes le visage jeune : ne lui faites donc pas manquer votre contribution, afin que l'Évangile qu'elle proclame puisse se répandre partout. Soyez des apôtres de vos contemporains !

 

 

 

« Soyez toujours jeunes ! La "vraie jeunesse" n'est pas une question d'années ou d'efficacité, cela ne veut pas dire être à la mode ou suivre des "mythes voyants" et les "mensonges diffus", mais se montrer bons et généreux. La vraie bonté, c'est Jésus. Mais hélas, il y a des jeunes qui sont vieux intérieurement tout en ne manquant pas de biens terrestres. Ce qui leur manque, c'est la chose la plus importante, ce quelque chose qui remplit vraiment l'âme. […] Pour être sincère, nous devons dire que pour beaucoup, l'avenir est aussi obscur, plein de menaces. On se demande : ‘Est-ce que je trouverai un emploi ? Est-ce que je trouverai une maison ? Est-ce que je trouverai l'amour ? Quel sera mon véritable avenir ?' Et devant ces menaces l'avenir peut aussi apparaître comme un grand vide. C'est pourquoi beaucoup veulent arrêter le temps par peur d'un avenir dans le vide ; ils veulent consommer immédiatement toutes les beautés de la vie, et ainsi, l'huile de la lampe est consommée au moment où la vie devrait commencer. Il est important de choisir les vraies promesses, qui ouvrent à l'avenir, même avec des renoncements. Qui a choisi Dieu a encore dans la vieillesse un avenir sans fin, et sans menaces devant soi. […] Allez, chers jeunes, dans les différents milieux de vie, dans vos paroisses, dans les quartiers les plus difficiles, sur les routes ! Annoncez le Christ Seigneur, espérance du monde. Plus l'homme s'éloigne de Dieu, sa Source, plus il se perd lui-même, la coexistence humaine devient difficile, et la société s'effeuille. Soyez unis entre vous, aidez-vous à vivre et à grandir dans la foi et dans la vie chrétienne, pour pouvoir être des témoins ardents du Seigneur. Soyez unis, mais pas renfermés. Soyez humbles, mais pas peureux. Soyez simples mais pas ingénus. Soyez réfléchis mais pas compliqués. Entrez en dialogue avec tous, mais soyez vous-mêmes. Restez en communion ». (Benoît XVI, Dimanche 18 mai 2008)

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"Vivre sans temps morts et jouir sans entraves". Ce slogan programmatique de Mai 68, si séduisant et si facile, est entré en application progressive depuis quarante ans : nous avons eu la contraception, l'avortement, l'amour libre, la facilitation du divorce, la diffusion du concubinage, la reconnaissance de l'homosexualité, etc... autant de "libérations" qui ont montré et montrent toujours davantage, à mesure que le processus s'accélère et entraîne tout sur son passage (selon le fameux effet "boule de neige", la dynamique de l'emballement idéologique), ses effets pervers. Misère morale, misère sociale, misère affective, misère sentimentale, misère sexuelle, misère amoureuse.

 

 

 

elephantkiss.jpegLe grand mensonge de la libération sexuelle a mené à l'aliénation sexuelle, de même que l'illusion de l'émancipation de la femme a conduit à sa chosification barbare et marchande. Du féminisme à l'étalage pornographique, le raccourci est saisissant. Du "jouir sans entraves", on est vite passé au "jouir sur commande", zappette en main. Et puisque Thanatos n'est jamais loin d'Eros, voyons où nous mène le "vivre sans temps morts" : suicide, euthanasie, culture de mort. Mort, où est ton dard, où est ta victoire ? Aujourd'hui, partout, dans toutes les interstices de la vie, jusqu'à l'intimité sexuelle où ce qui donne la vie est changé en ce qui cause la mort. Mais sans doute, le désastre n'étant pas assez complet, il faut aller plus loin, toujours plus avant dans l'émancipation de l'humanité de l'oppression biologique qu'elle subit : gender studies (études de genre) à l'appui, soutenons le droit au transsexualisme, garanti par la loi et remboursé par la Sécurité sociale... Et ainsi, de nihilisme en nihilisme, parviendrons-nous à affranchir l'humanité du dernier obstacle à sa liberté : elle-même. « Au nom de rien on supprimera l'homme; On supprimera le nom de l'homme; Il n'y aura plus de nom; Nous y sommes ». (Armand Robin). [...] Le sexualisme soixante-huitard, l'idéologie sexuelle de la société de consommation, sous ses appels à la jouissance et au plaisir, révèle sa vraie nature : un nihilisme négateur de la chair, de sa beauté propre comme de ses servitudes. Une aliénation déguisée en émancipation, une fois de plus, une négation grimée en affirmation. De "l'esprit qui toujours nie", le oui est encore un non. Le pansexualisme contemporain est tout sauf une défense et illustration du sexe, du plaisir, du désir, de la jouissance. Il est leur réduction à un subjectivisme consumériste, à une mécanique hédoniste vouée à l'insatisfaction et à la perversion. L'érotisme spectaculaire de l'époque n'est qu'une pornographie vénale. Voici le temps du sexe triste et du coït solitaire - plus solitaire encore - à mesure qu'on multiplie les partenaires. Masse et solitude vont de pair. En toute chose, on a congédié le visage, la personne, le temps, la durée, l'attente, le don sans retour, l'engagement, la fidélité : on a cru libérer le sexe, on n'a fait que licencier l'amour, lui préférant la fausse intensité d'expériences passagères qui sont autant d'échecs, quantité n'a jamais remplacé qualité.

 

L'idéologie hédoniste et son impératif catégorique de jouissance - voire de performance -, voilà le grand tue-l'amour de notre temps. "Je jouis, donc je suis". Le nombrilisme a toujours existé, mais jamais il ne s'est autant affiché, glissant sous la ceinture qui plus est. [...] Mai 68, ou l'enterrement de l'amour. On se souvient que Léo Ferré chantait Amour anarchie. Mais on a oublié que le pouvoir libérateur de la passion ne s'exerce que s'il existe des normes à dépasser. Aujourd'hui, on cherche ces normes en vain. Tout est permis et donc rien n'est amoureusement possible. Le cœur n'a plus de raisons secrètes quand la raison s'est affectée. Dans un monde en totale ébullition, où les hommes cherchent sans arrêt à s'oublier dans le divertissement, l'amour ne pourra se perpétuer, et avec lui l'âme humaine, que s'il redevient ce qu'il est, c'est-à-dire le fondement stable et indestructible de notre humanité. Le paradoxe est qu'il ne suffit pas pour cela que d'un mot et du courage de s'y tenir. Bernanos écrivait, il y a maintenant longtemps : « Je voudrais que la jeunesse de France fasse le serment de ne plus mentir ». Ne serait-ce pas le moment, ne serait-ce pas la tâche de cette génération ?

 

L'enterrement de l'amour, par Jacques de Guillebon et Falk van Gaver

Extrait de "Valeurs Actuelles" de la semaine du 11 au 17 avril 2008

« Il est un bon moyen de se créer une âme amicale : le sourire. Pas le sourire ironique et moqueur, le sourire en coin de lèvres, qui juge et rapetisse. Mais le sourire large net, le sourire scout à fleur de rire. Savoir sourire : quelle force ! Force d'apaisement, force de douceur, de calme, force de rayonnement. Un type fait une réflexion sur ton passage... tu es pressé... tu passes... mais souris, souris vastement. Si ton sourire est franc joyeux, ton type sourira aussi... et l'incident sera clos dans la paix... Essaie. Tu veux faire à un camarade une critique que tu juges nécessaire, lui donner un conseil que tu crois utile. Critique, conseil, choses dures à avaler. Mais souris, compense la dureté des mots par l'affection de ton regard, le rire de tes lèvres, par toute ta physionomie joyeuse. Et ta critique, ton conseil porteront mieux... parce qu'ils n'auront pas blessé. Il est des moments où, devant certaines détresses, les mots ne viennent pas, les paroles consolatrices ne veulent pas sortir... Souris avec tout ton cœur, avec toute ton âme compatissante. Tu as souffert et le sourire muet d'un ami t'a réconforté. Tu ne peux pas ne pas avoir fait cette expérience. Agis de même pour les autres. « Christ, disait Jacques d'Arnoux, quand ton bois sacré me harasse et me déchire, donne-moi quand même la force de faire la charité du sourire ». Car le sourire est une charité. Souris à ce pauvre à qui tu viens de donner deux sous..., à cette dame à qui tu viens de céder ta place..., à ce monsieur qui s'excuse parce qu'il t'a écrasé le pied en passant. Il est malaisé parfois de trouver le mot juste, l'attitude vraie, le geste approprié. Mais sourire ! C'est si facile... et cela arrange tant de choses ! Pourquoi ne pas user et abuser de ce moyen si simple. Le sourire est un reflet de joie. Il en est source. Et là où la joie règne - je veux dire la vraie joie, la joie en profondeur et en pureté d'âme - là aussi s'épanouit cette "âme amicale" dont parlait si bien Schaeffer. Routiers, soyons des porteurs de sourires, et par là des semeurs de joie ».

 

 

Guy de Larigaudie - Etoile au grand large, p.15

Les dangers de la vie chrétienne pour un jeune catholique en 2008 : le compromis ! 

  

 


Pensez bien que grand danger qui vous guette, c’est la piété de façade, le « vernis catho », le simulacre d’une existence chrétienne basée sur les apparences. C’est d’estimer que l’on peut concilier la vie mondaine et la vie intérieure, et finalement (tôt ou tard) les ténèbres avec la lumière, autrement dit le péché et la grâce. Si le Christ avait été un homme de compromis, il ne serait pas mort sur la Croix ! Relisez la parabole du pharisien et du publicain : vous y voyez un homme qui limite sa piété à l’accomplissement de préceptes. Vous y voyez un autre qui veut vivre sa relation à Dieu dans la cohérence et dans la sincérité. Lequel d’entre eux êtes-vous ? Avez-vous cette unité de vie qui a toujours été la caractéristique première de tous les saints que l’Eglise nous montre en exemple ? Le Seigneur, nous le savons bien, n’aime pas les demi-mesures ; il n’aime pas la tiédeur ; il n’aime pas la grisaille ; il n’aime pas le respect humain. Il n’a que faire des jeunes qui se limitent à une piété formaliste, fade, et qui est bien souvent hypocrite : par exemple, avant de communier, combien se posent la question de savoir s’ils ont assisté à la Messe avec attention et respect, ou s’ils sont en état de recevoir le Corps du Christ ? Etre honnête avec Dieu, c’est la meilleure façon d’être honnête avec soi-même et avec son prochain. Il n’a que faire des jeunes […] qui ont peur des ricanements de leurs amis ou de leur « milieu ». Vous craignez qu’on se moque de vous, vous redoutez qu’on vous traite de « coincé » ou de « rigoriste » ? Regardez donc un crucifix, et cherchez au fond de votre cœur à qui vous voulez ressembler.

 

Dieu merci, il y a des jeunes qui, semblables à Saint Jean, sont prêts à suivre le Seigneur jusqu’au pied de la croix. Il y a des héritiers de Baden-Powell, de Guy de Larigaudie, de Pier Giorgio Frassati, du général Mac Arthur («On ne devient pas vieux pour avoir vécu un certain nombre d’années : on devient vieux parce qu’on a déserté son idéal.»)

 

Inspiré d’une lettre aux jeunes, par M. l’Abbé Philippe Jouachim, FSSP

 

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La Bible parle d’un amour plus fort que la mort, plus brûlant que le feu,

où corps et âme, deux amants ne pensent qu'à leur amour

dans une totale réciprocité et oubli d'eux-mêmes.


 

 


Dieu est-il contre le sexe ?

 

Ce serait difficile puisque c'est lui qui l'a créé ! La Genèse insiste sur la joie de Dieu à créer l’être humain homme et femme : « Homme et femme il le créa ». C’est une bonne nouvelle car l’homme s’écrie : « Oui vraiment celle-là est os de mes os et chair de ma chair ! » (Genèse 2,23). Nous avons été marqués par des siècles de méfiance et de puritanisme mais il ne faut pas mêler la Bible à tout ça. Pour la Bible, l'être humain est créé sexué. Il a un corps et c'est ce corps qui entre en contact avec Dieu, c'est ce corps qui est appelé à être sauvé, qui est appelé à s'unir à d'autres. Et l'engagement le plus profond est celui que rappelle Jésus : « L'homme abandonnera son père et sa mère et s'attachera à sa femme et tous deux ne feront plus qu'un » (Matthieu 19,5). C'est unité n'est pas fusion. Elle exprime ce désir de se donner tout entier à l'autre, corps et âme, et c’est dans l’acte sexuel que cette union prend le plus fortement sens. Rien de ce que nous faisons avec notre corps n'est étranger à notre foi. N'oublions pas qu'au cœur de l'Ancien Testament il y a ce magnifique chant d'amour : le Cantique des Cantiques. Il parle d'un amour fort comme la mort, plus brûlant que le feu, où deux amants ne pensent qu'à leur amour dans une totale réciprocité et oubli d'eux-mêmes. Ce chant exprime le Cœur de Dieu : entrer avec nous dans une relation d'amour, personnelle, faite de don de soi et de réciprocité. La meilleure image qui en existe sur terre est celle d'un amour véritable. 



 

 

 

Mais pourquoi Dieu a t-il créé l'homme sexué ? Cela provoque aussi bien des souffrances !


 

Bien sûr ! Comme la vie elle-même ! Dès le départ cette dimension sexuée introduit un manque. Nul ne se suffit à soi-même. Chacun a comme un trop plein d'amour à donner et il cherche quelqu'un qui l'accueillerait. Dieu a trouvé un merveilleux moyen pour nous faire comprendre le secret de la vie. « Qu'il y a plus de bonheur à donner qu'à recevoir » comme résume saint Paul. Un manque et un désir de l'autre est inscrit au cœur de notre nature humaine. Dans l'amour il y a son propre plaisir bien sûr et parfois, on s'aime soi-même lorsqu'on aime, mais, au bout du compte, la surprise est que c'est le désir de l'autre et non le sien propre, qui l'emporte dans un amour véritable. Alors on est prêt à donner sa vie pour que l'autre vive et l'on oublie même son petit intérêt. Saint Paul le résume d’une phrase qui est très exigeante : « La femme ne dispose pas de son corps mais le mari. Pareillement le mari ne dispose pas de son corps mais la femme » (1 Corinthiens 7,4). C’est une véritable révolution à l’échelle de l’humanité ! Pour la première fois dans l’histoire, les droits et devoirs des conjoints sont définis de façon totalement réciproque. Alors bien sûr cette dépossession mutuelle, cela n'est pas facile, c'est même un chemin de toute une vie. Mais c'est le secret du bonheur.


 

 

 

Pourquoi Jésus ne s'est-il pas marié ?

 

Jésus a vécu ce don d'une autre façon. Il dit « nul n'a de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis ». Jésus a fait une révolution d'une portée inouïe. En rendant la vie consacrée possible, il a fait du mariage et de la sexualité, une vocation. Autrefois, et encore aujourd'hui dans bien des sociétés traditionnelles, tout le monde doit se marier et avoir des enfants. C'est une chose naturelle et même obligatoire. Pas d'échappatoire et, s'il n'y a pas d'enfants, l'homme a le droit de divorcer ou répudier sa femme pour en avoir. Jésus dit non : l'amour humain a sens et valeur pour lui-même. Deux personnes qui s'aiment, même s'ils ne peuvent avoir d'enfants, font alliance. C'est un don de soi réciproque. S'il y a des enfants tant mieux; c'est un fruit mais l'arbre peut être beau même s'il ne porte pas de fruits. On peut toujours aimer. Ce sont les fruits de la charité et toute personne peut en porter qu'elle soit mariée ou non, stérile ou non. 
Non ! nul n'est obligé de coucher pour être normal ! Aujourd’hui on fait croire que si l’on n’a pas quelqu’un, on est nul : « Si t’es seul, c’est que t’es pas intéressant ». Non c’est un choix libre. Tant que je n’ai pas construit une relation solide vraiment fondée sur un amour sincère, je peux très bien rester tout seul, avoir des amis, des relations, des gens que j’aime. On ne se donne tout entier que pour aimer vraiment et en s’engageant par une parole.



 

 

 

Comment éviter les blessures ?

 

Chacun a à vivre sa sexualité quelle que soit sa situation. C’est un don merveilleux mais pas facile à utiliser. La sexualité est à l’origine de très grandes joies mais aussi de grandes blessures. C’est risqué comme conduire une superbe Ferrari sur autoroute. Si je ne veux pas finir dans le décor, il vaut mieux que je me connaisse moi-même comme chauffeur et que je connaisse la voiture ! Si je prends les moyens de ne pas faire n’importe quoi, je pourrais faire de ce cadeau une formidable occasion pour entrer en communication et même en communion avec les autres. Si je transforme l’autre en objet pour mon plaisir ; si je fais confiance à quelqu’un en croyant qu’il s’engage comme moi alors qu’en fait il ne m’a rien promis ; si j’agis sans penser aux conséquences, je cours le risque d’être très profondément déçu. Tout ce que je fais avec mon corps marque ma personnalité profonde, mon être intime, mon âme.

 

 

 

Est-ce que l'on est obligé de se marier pour vivre sa sexualité ?

 

Pourquoi le mariage (+) (+) est-il décisif ? Parce qu’il est fondé sur une parole libre et réciproque de se donner à l’autre pour toujours. C’est le désir naturel de l’amour. Celui qui dirait qu’il veut bien se marier mais pour cinq ans ne récolterait que le plus profond mépris. L’amour porte ce désir de durer : « Je te fiancerai à moi pour toujours » (Osée 2,21). Et même le désir de dépasser la mort ; C’est pourquoi le Cantique des Cantiques conclut par ces mots : « L’amour est fort comme la Mort… Les grandes eaux ne pourront éteindre l'amour, ni les fleuves le submerger. Qui offrirait toutes les richesses de sa maison pour acheter l'amour, ne recueillerait que mépris » (Cantique 8, 6.7). Le don de son corps dans l’amour à un être que j’aime est le plus grand signe que je puisse donner de mon désir de me donner. D’un autre côté, c’est aussi le lieu de ma plus grande vulnérabilité. Se rendre vulnérable en se mettant dans de mauvaises conditions c’est comme partir à la guerre en maillot de bain, c’est aller au casse-pipes !
 Vécue sans l’engagement de tout l’être, sans une délibération où tout ce que je suis - sentiment, passion, mémoire, intelligence et volonté - est engagé, la sexualité devient brute et animale. Elle prend tout son sens par la parole libre par laquelle un être humain engage sa vie et sa liberté vis-à-vis d’un autre. Elle acquiert alors une noblesse extraordinaire. C’est géant !



 

 

 

Pour aller plus loin...




Alors le Seigneur Dieu fit tomber une torpeur sur l’homme, qui s’endormit. Il prit une de ses côtes et referma la chair à sa place. Puis, de la côte qu’il avait tirée de l’homme, Le Seigneur Dieu façonna une femme et l’amena à l’homme. Alors celui-ci s’écria : « Pour le coup, c’est l’os de mes os et la chair de ma chair ! Celle-ci sera appelée “femme” car elle fut tirée de l’homme, celle-ci ! ».
« C’est pourquoi l’homme quitte son père et sa mère et s’attache à sa femme, et ils deviennent une seule chair » (Genèse 2, 21-24).
 « Trouve ta joie dans la femme de ta jeunesse : 
Biche aimable, gracieuse gazelle !
 Qu’en tout temps ses seins t’enivrent,
 Sois pour toujours épris de son amour » (Proverbes 5, 18-19). « La sexualité, par laquelle l’homme et la femme se donnent l’un à l’autre, n’est pas quelque chose de purement biologique, mais elle concerne la personne humaine dans ce qu’elle a de plus intime. Elle ne se réalise de façon vraiment humaine que si elle est partie intégrante de l’amour dans lequel l’homme et la femme s’engagent entièrement l’un vis-à-vis de l’autre jusqu’à la mort. La donation physique totale serait un mensonge si elle n’était le fruit d’une donation personnelle totale » (Jean Paul II)

 

 

Extrait de la revue Croire Aujourd'hui jeunes chrétiens (par Marc Rastoin)

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