Reine du monde, force et soutien de la milice chrétienne, ô Marie, cette jeunesse en fleurs que vous voyez aujourd'hui à vos pieds, pleine d'ardeur pour les combats de la vie, vous salue comme son soutient et son guide. Sous votre puissante protection, nous nous engageons à ne pas manquer d'honneur envers les hommes et envers Dieu. Haut est le but auquel les scouts aspirent, mais hélas, des forces hostiles travaillent en nous et autour de nous. Difficile est la lutte pour nous maintenir purs et forts. Pour cela, nous vous offrons, ô Mère, notre cœur, afin que vous nous encouragiez et nous souteniez avec la grâce du Christ. Soutenus par vous, ô Marie, élevés sous votre maternelle protection dans les sentiments de l'honneur et de la responsabilité, nous serons chacun dans notre patrouille, un levain salutaire, un miroir de pureté, de piété sincère, de fidélité au devoir, d'estime au travail, de fraternelle charité par un don de soi prompt, humble et désintéressé.

 

Exaucez, ô Mère, l'ardente prière qu'aujourd'hui, de tous les coins de France, la grande famille des scouts catholiques élève à votre trône. Qu'elle soit par votre intercession une légion pacifique d'âmes vouées à Jésus-Christ et aux intérêts de son règne, ainsi qu'une vaillante armée de cœurs sans peur et sans reproche. Qu'ici bas leur salaire soit de lutter par l'exemple en vue d'une jeunesse pure et forte, jalouse de cette foi qui a fait si grande sa patrie. Que leur ambition soit de servir Dieu, l'Eglise et leurs frères. Qu'une foi inébranlable dans votre divin fils, une ferme espérance de le glorifier un jour avec vous, ô Marie, dans l'éternité bienheureuse soit leur réconfort dans la peine et le sacrifice. Amen.

 

Sa Sainteté le Pape Pie XII, le 11 octobre 1954

« Chers amis, comme Paul, témoignez du Ressuscité ! Faites-le connaître à tous ceux qui, parmi les jeunes et les adultes, sont en recherche de la « grande espérance » qui donne sens à leur existence. Si Jésus est devenu votre espérance, dites-le aussi aux autres avec votre joie et votre engagement spirituel, apostolique et social. Habités par le Christ, après Lui avoir répondu avec votre foi et lui avoir donné toute votre confiance, diffusez cette espérance autour de vous. Faites des choix qui manifestent votre foi : montrez que vous avez compris les pièges de l’idolâtrie de l’argent, des biens matériels, de la carrière et du succès, et ne vous laissez pas attirer par ces fausses chimères. Ne cédez pas à la logique de l’intérêt égoïste, mais cultivez l’amour du prochain et efforcez-vous de vous mettre vous-mêmes et vos capacités humaines et professionnelles au service du bien commun et de la Vérité, toujours prêts à répondre « à qui vous demande raison de l’Espérance qui est en vous » (1 Pierre 3, 15). Le chrétien authentique n’est jamais triste, même s’il se trouve à devoir affronter diverses épreuves, parce que la présence de Jésus est le secret de sa joie et de sa paix. »

 

 

>>> Message de la JMJ 2009 à lire intégralement <<<

« Les nouvelles technologies digitales déterminent des changements fondamentaux dans les modèles de communication et dans les rapports humains. Ces changements sont particulièrement évidents chez les jeunes dont la croissance est étroitement liée à ces nouvelles techniques de communication. Dans le message de cette année, j’ai donc pensé m’adresser en particulier à ceux qui font partie de cette génération digitale ». C’est en ces termes que commence le Message du Pape Benoît XVI pour la XLIII° Journée Mondiale des Communications Sociales, qui se tiendra dans de nombreux Pays le 24 mai, Solennité de l’Ascension, sur le thème suivant : « Nouvelles technologies, nouvelles relations. Promouvoir une culture de respect, de dialogue, d’amitié » :

 

 

 

Le Saint-Père déclare à leur sujet: « Ces technologies sont un véritable don pour l'humanité : par conséquent, nous devons faire en sorte que les avantages qu'elles offrent soient mis au service de tous les êtres humains, surtout de ceux qui sont dans le besoin et sont vulnérables, et de toutes les communautés ». « La multiplicité de canaux à travers lesquels il est possible d’envoyer, de manière instantanée, des mots et des images aux angles les plus éloignés et les plus isolés du monde : c’est bien sûr une possibilité qui, pour les générations précédentes, était impensable. Les jeunes, en particulier, ont compris l’énorme capacité des nouveaux médias de favoriser la connexion, la communication et la compréhension entre les individus et les communautés, et ils les utilisent pour communiquer avec leurs propres amis, pour en rencontrer de nouveaux, pour créer des communautés et des réseaux, pour chercher des informations et des nouvelles, pour partager leurs idées et leurs opinions ». Tels sont les nombreux bienfaits qui découlent de cette nouvelle culture de la communication, déclare le Saint-Père, pour les familles, pour les étudiants, pour les chercheurs, et aussi pour le progrès social. La popularité et la diffusion rapide des nouvelles technologies « répondent au désir fondamental des personnes d'entrer en relation les unes avec les autres. Ce désir de communication et d'amitié est enraciné dans notre propre nature d'êtres humains et ne peut être compris de façon adéquate uniquement comme une réponse aux innovations technologiques. À la lumière du message biblique, ce désir doit plutôt être considéré comme un reflet de notre participation à l’amour communicatif et unifiant de Dieu, qui veut faire de l'humanité entière une seule famille. En réalité, lorsque nous nous ouvrons aux autres, nous accomplissons entièrement nos besoins les plus profonds et nous devenons plus pleinement humains. Aimer c’est, en effet, ce pour quoi nous avons été engendrés par le Créateur. Naturellement, il ne s’agit pas de relations passagères, superficielles, mais du véritable amour, qui constitue le centre de l'enseignement moral de Jésus ». Le Saint-Père rappelle alors l’attention sur la qualité des contenus que les nouvelles technologies diffusent, en encourageant toutes les personnes de bonne, qui sont actives dans le monde de la communication digitale, « afin qu'elles s'engagent à promouvoir une culture du respect, du dialogue, de l'amitié ». Pour ce qui concerne ces trois thèmes, le Saint-Père déclare : « Si les nouvelles technologies doivent servir au bien des individus et de la société, ceux qui les utilisent doivent éviter l’emploi de mots et d’images dégradants pour l'être humain, et donc exclure ce qui alimente la haine et l'intolérance, avilit la beauté et l'intimité de la sexualité humaine, exploite les personnes faibles et sans défenses ». « Le dialogue doit s’enraciner dans une recherche sincère et réciproque de la Vérité, afin de promouvoir le développement dans la compréhension et la tolérance. La vie n'est pas une simple succession de faits et d'expériences : elle est plutôt la recherche du vrai, du bien et du beau. C’est précisément dans ce but que nous faisons nos choix, exerçons notre liberté et en eux, c'est-à-dire dans la Vérité, dans le bien et dans le beau, nous trouvons bonheur et joie. Encore faut-il ne pas se laisser duper par ceux qui cherchent tout bonnement des consommateurs sur un marché de possibilités indifférenciées, où le choix en lui-même devient le bien, la nouveauté se fait passer pour beauté, l'expérience subjective remplace la Vérité ». « … La véritable amitié a été considérée depuis toujours comme l’une des plus grandes richesses dont puisse jouir l'être humain. C’est pourquoi il faut être attentif à ne pas banaliser le concept et l'expérience de l'amitié. Il serait regrettable que notre désir de consolider et développer des amitiés on-line se réalise au détriment de notre disponibilité envers la famille, envers les voisins et envers ceux que nous rencontrons dans notre existence quotidienne, sur notre lieu de travail, à l’école, pendant nos loisirs. En effet, lorsque le désir de connexion virtuelle devient obsessif, la conséquence en est que la personne s’isole, interrompant ainsi l’interaction sociale réelle ».

 

Dans son Message, le Souverain Pontife déclare : « Dans ce contexte, il est gratifiant de voir émerger de nouveaux réseaux digitaux qui s’efforcent de promouvoir la solidarité humaine, la paix et la justice, les droits de l’homme et le respect de la vie et le bien de la création », en rappelant toutefois la nécessité que le monde digital soit véritablement accessible à tous. « Le futur de l'humanité subirait un grave préjudice, si les nouveaux instruments de la communication, qui permettent de partager connaissances et informations de manière plus rapide et efficace, n'étaient pas rendus accessibles à ceux qui sont déjà économiquement et socialement marginalisés ou s’ils ne contribuaient qu’à creuser l’écart qui sépare les pauvres des nouveaux réseaux qui se développent au service de l'information et de la socialisation humaine ». En conclusion de son Message, le Saint-Père s’adresse en particulier aux jeunes catholiques : « Je voudrais conclure ce message en m’adressant, en particulier, aux jeunes catholiques, pour les exhorter à apporter dans le monde digital le témoignage de leur foi… L'annonce du Christ dans le monde des nouvelles technologies suppose une connaissance approfondie pour une utilisation cohérente et adéquate. C’est à vous, jeunes, qui vous trouvez presque spontanément en syntonie avec ces nouveaux moyens de communication, qu’incombe, en particulier, la tâche de l’Évangélisation de ce ‘continent digital’ ».

Les Journées Mondiales de la Jeunesse ont été et seront un évènement à grand succès car elles réunissent « une profonde expérience de foi et de prière, la joie immense d’être ensemble, l’amour envers Dieu et envers l’autre ». C’est ce qu’a dit l’Archevêque Philip Wilson, président de la Conférence épiscopale de l’Australie, en parlant aux jeunes de langue anglaise (surtout américains et australiens) du Collège pontifical nord-américain à Rome, où il se trouve pour une série de rencontres...

 

 

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Selon l’Archevêque, l’expérience des JMJ reste gravée dans les coeurs des jeunes précisément parce qu’elle réussit à toucher les coeurs au plus profond et au plus intime, les conduisant à une expérience de foi, de joie et d’amour. Pour mesurer le succès de l’évènement, a-t-il dit, on ne doit pas seulement regarder les vocations florissantes au sacerdoce ou à la vie religieuse, mais aussi le désir de former de nouvelles familles chrétiennes destinées à agir comme levain dans les Eglises locales. En outre, a noté Mgr Wilson, « les médias et la culture dominante, pénétrés d’individualisme et de consumérisme, font croire que si un jeune croit, il reste isolé. Les JMJ servent à démentir fortement ce message. Les jeunes ont besoin, à leur âge, de fortes expériences de joie et de partage », comme les JMJ, où ils reconnaissent ce qu’est la vraie vie, celle dans le Christ. L’Archevêque au aussi rappelé l’impact des JMJ à Sydney et dans les différents diocèses australiens : de nombreuses familles ont accueilli les jeunes, s’ouvrant à l’accueil, recevant beaucoup de cette expérience. Les JMJ ont été très importantes pour raviver la foi et l’enthousiasme dans toute l’Eglise australienne.

Quatre jeunes catholiques âgés de 20 à 24 ans ont été condamnés lundi par le tribunal républicain de Pau à suivre un stage de citoyenneté de deux jours pour avoir détruit des distributeurs de préservatifs fin août 2008 à Pau en expliquant lors de leur interpellation avoir agi par conviction religieuse. Motif invoqué par le tribunal ? : « Ce n'est pas la loi d'une église mais celle de la République qui s'applique quelles que soient les convictions religieuses ». En 39-45, c'était déjà le même discours. Les lois du "Reich" s'appliquaient contre la majorité des catholiques en résistance. Que ces jeunes gens se rassurent, au jugement final, c'est le Tribunal de Dieu qui aura le dernier mot, pas celui de la "République" ! 


Dieu de tendresse, nous t'offrons la jeunesse d'aujourd'hui
pleine de vie et en quête de sens.
Que la lumière de ta grâce
guide chacun de ces jeunes dans leurs défis de chaque jour.
Viens révéler à chaque jeune sa valeur,
qu'il se sache aimé de Toi,
et qu'il reconnaisse qu'il est apprécié
par les adultes qu'il côtoie.
À ces jeunes, fais don de l'espérance
pour qu'ils croient en demain,
pour qu'ils aient confiance en leur capacité
de changer quelque chose dans le monde dès maintenant.
Accorde-leur le don de la joie
pour qu'ils puissent célébrer la vie dans la vérité.
Et pour nous-mêmes, nous te demandons, Seigneur,
l'amour, la patience et la foi en la jeunesse.
Que notre regard, à la fois lucide et tendre,
nous permette de saisir les talents de cette jeunesse.
Ainsi nous pourrons leur offrir des défis pastoraux
à la mesure de leurs capacités et de leurs soifs.
Mais surtout, donne-nous le courage d'une conversion continuelle
pour que nous soyons pour eux des témoins signifiants.
Nous te le demandons au nom de Jésus.
Amen.

Dans nos paroisses, des animateurs liturgiques et les « dames-catéchistes » imaginent des « messes pour les jeunes ». Les jeunes s’y ennuient beaucoup mais comme ils sont polis ils ne disent rien et pour tuer le temps, ils font ce que les adultes ont prévu qu’ils fassent : rondes autour de l’autel, collages de petits papiers fabriqués durant les heures de catéchèse, mise à l’écart de l’assemblée durant la liturgie de la Parole... etc. Les jeunes sont surpris de voir des adultes se lancer dans des activités de gamins qui, en ôtant tout caractère sacré à la liturgie, transforment les célébrations en occupations qui ne transmettent plus rien. Mgr Georg Ratzinger, le frère de Benoît XVI, qui a formé de nombreux enfants à la musique sacrée, déclare : « On dit de plus en plus que la jeunesse se moque bien de l’Eglise (...). C’est l’inverse : beaucoup de jeunes sont spontanément attirés par l’Eglise une fois qu’ils ont compris que le quotidien ne peut répondre à leurs questions ni donner un sens à leur vie, et qu’il faut tout de même quelque chose de plus pour y parvenir : la foi. »Ces propos sont très juste : ils expliquent que les jeunes ne seront jamais attirés par l’Eglise tant qu’ils ne trouveront dans les églises que des liturgies calquées sur ce qu’ils ont déjà dans le quotidien. En venant dans une église, les jeunes doivent y découvrir du sérieux et du sacré et non des célébrations bricolées imaginées par des adultes totalement coupés des réalités et des aspirations profondes de la jeunesse. 

 

Tout cela montre bien que les « messes des jeunes » sont, en plus d’être parfaitement anti-liturgiques, totalement anti-pédagogiques. Au demeurant, les jeunes ne s’y trompent pas : on ne les voit jamais « jouer au prêtre » comme ils le faisaient du temps où les messes étaient en latin et selon le missel tridentin. Et dès qu’ils gagnent en esprit critique, ils ne mettent plus les pieds à l’église. Et face à certains délires de personnes "adultes", ils ont bien raison !

Paroles de James J. Quinn, jésuite ; chanté par le groupe "L'Angelus" :

 

 

"L'Angelus" est un groupe américain (du Dakota du Nord)

composé de 4 frères et soeurs (sur un total de huit en famille) 

 


1. This day God gives me 
Strength of high heaven,
Sun and moon shining,
Flame in my hearth,
Flashing of lightning,
Wind in its swiftness,
Deeps of the ocean,
Firmness of earth.
2. This day God sends me
Strength as my guardian,
Might to uphold me,
Wisdom as guide.
Your eyes are watchful,
Your ears are list’ning,
Your lips are speaking,
Friend at my side.
3. God’s way is my way,
God’s shield is ’round me,
God’s host defends me,
Saving from ill.
Angels of heaven,
Drive from me always
All that would harm me,
Stand by me still.
4. Rising I thank you,
Mighty and Strong One,
King of creation,
Giver of rest,
Firmly confessing
Threeness of Persons,
Oneness of Godhead,
Trinity blest.

 

 

Lien : Site web officiel du groupe

Je revois ce jeune, d’une vingtaine d’années, désireux de suivre le Christ, qui se désolait de ses tentations et de ses chutes au niveau de la chasteté. Il en était obsédé et frappait à toutes les adresses pour être délivré de ce qui l’inquiétait à longueur de temps. Nous voyons avec cet exemple que nous avons tendance à percevoir la pureté d’un point de vue moral et à nous focaliser sur la sexualité. On se positionne alors, soit du côté de l’indifférence, du laxisme, d’une « liberté sexuelle » tout azimut ; soit du côté de l’intransigeance, du pharisaïsme ou du puritanisme… Entre les deux, beaucoup entretiendront un sentiment de culpabilité. Ceux qui pratiquent le sacrement de la Réconciliation courront vers le prêtre pour confesser d’abord les péchés d’impureté liée à la sexualité, en oubliant des péchés peut-être plus importants dans l’ordre de l’amour...

 

 

 

La notion de pureté à l’époque de Jésus est différente de celle que nous connaissons aujourd’hui. Dans les Évangiles, la notion de pureté et d’impureté est celle que l’on rencontre dans la Loi de Moïse. Jésus n’est pas venu pour abolir la Loi, mais l’accomplir, même si c’est dans un dépassement que nous montrera la « nouvelle loi » des Béatitudes. Dans la loi juive, une femme sera considérée comme impure lorsqu’elle a ses règles. Ce flot de sang montre qu’il n’y a pas eu fécondation. [...] De même, tout écoulement séminal, provoqué ou non, rend l’homme impur parce qu’il n’y a pas eu fécondation. [...] On prend alors une mikvé, un bain rituel, pour se purifier et se remettre en état de donner la vie. La pureté rituelle est donc intimement liée à la vie. Jésus dépasse cette Loi et nous montre que l’important est l’unité de la personne. L’observation de règles extérieures ne suffit pas ! Il reproche aux pharisiens de se satisfaire d’observances, de « purifier le dehors de la coupe » (Matthieu 23, 25) en négligeant « l’intérieur », c’est-à-dire les intentions du cœur souvent rempli « de rapine et d’intempérance ! » (v.26). « Malheur à vous, hypocrites ! » (v.27). Étymologiquement, l’ « hypocrite » est celui qui se compose, sciemment ou non, un masque. Il s’occupe de son apparence et de sa réputation vis-à-vis de son propre regard et de celui des autres. Il entre en fait dans un véritable esclavage qui n’a rien à voir avec la glorieuse liberté des enfants de Dieu, de ceux qui vivent avant tout sous le regard du Père ! C’est ce rendez-vous avec Dieu, dans la chambre secrète de notre cœur, qui importe et la volonté de lui plaire, c’est-à-dire d’être heureux et de rendre heureux, dans le respect des personnes. Celui qui se disperse dans ses mauvaises pensées, paroles ou regards, dans certaines relations, dans une vie dissolue… justement se dissout ! Il ne se retrouve plus intérieurement ; il est divisé. Celui qui « rassemble son cœur » (Psaume 86, 11), se contient (en lui, toute sa personne est là !) dans un désir de fidélité à soi, aux autres et à Dieu. Il s’unifie et se rend plus disponible aux autres et à lui-même. Nous rejoignons ce qui résume selon Jésus toute la Loi : « Aimer Dieu de toutes ses forces et aimer son prochain comme soi-même » (Matthieu 22, 37-39). Le cœur partagé s’éloigne de ce double commandement de l’amour. Sa relation à Dieu, à soi et à ses frères est parasitée. Les raisons de désirer une pureté du cœur ne viennent donc pas d’un désir de pureté pour la pureté, mais du gage de vie et de bonheur qu’elle promet. Face aux pharisiens, Jésus nous met en garde contre le piège de l’illusion qui consiste à « se mettre en règle », simplement pour se satisfaire à ses propres yeux. Cette illusion, dans le domaine de la pureté comme ailleurs, peut nous conduire à un orgueil spirituel souvent plus dangereux que les chutes inhérentes à notre faiblesse ! Le père Molinié cite à ce sujet Sainte Thérèse de Lisieux : « C’est étonnant comme les âmes perdent facilement la paix à propos de la vertu de pureté ! Le démon ne l’ignore pas, c’est pourquoi il les tourmente tant à ce sujet. Et pourtant, il n’y a pas de tentation moins dangereuse que celle-là. Soyez sûre qu’une tentation d’orgueil est bien plus dangereuse et le bon Dieu bien plus offensé quand on y succombe que lorsqu’on fait une faute, même grave, contre la pureté. Une tentation d’orgueil devrait être crainte plus que le feu, tandis qu’une tentation contre la pureté ne peut qu’humilier notre âme et par là lui faire bien plus de bien que de mal ». Derrière l’illusion et l’orgueil spirituel se cache une méconnaissance de soi. Ce que Jésus touche du doigt auprès des pharisiens, c’est leur duplicité, c’est d’avoir le cœur mélangé et surtout de ne pas s’en apercevoir ! « Ta parole en se découvrant illumine et les simples comprennent » (Psaume 119, 130). Il ne s’agit pas d’être « simplet » ! C’est la « simplicité » ou la « droiture » de cœur, termes chers au psalmiste… Mais qui a le cœur vraiment pur ? En hébreu, on désigne le cœur par le pluriel haramim pour désigner en nous le bon et le mauvais penchant. Nos intentions sont souvent mélangées et nous avons besoin du chemin de toute une vie pour qu’elles se purifient. Nous voudrions avoir tout, tout de suite ! Or, comme dans tout art, la pureté du cœur nécessite du temps ! « La pureté est une poire qui ne se mange pas d’un coup ! » dit Saint Séraphim de Sarov. Il faut avoir l’humilité de le reconnaître, et pour cela se connaître un tant soit peu soi-même. La pureté du cœur nécessite donc une pauvreté du cœur, un dépouillement par lequel les illusions s’en vont. C’est ce travail de simplification par la grâce auquel les pharisiens, sûrs de leur bonne conduite, restent étrangers. Leur cœur obstiné s’est endurci et se sclérose. « Malheureux » sont-ils en effet, puisque leur cœur est devenu « sépulcre blanchi, pleins d’ossements de morts et de pourriture » (Matthieu 23, 27). Jésus dira aussi : « Ce peuple m’honore des lèvres, mais leur cœur est loin de moi » (Matthieu 15, 8) ou encore : « Ce qui sort de la bouche, voilà ce qui souille l’homme » (v.11), signifiant que « les mauvais desseins, meurtres, adultères, débauches, vols, diffamations » (v.19) procèdent du cœur avant tout et non de l’extérieur.

 

Vu le nombre de nos tentations et de nos chutes, un autre piège sera de porter jusqu’à l’obsession le désir d’une pureté impossible et d’entretenir une culpabilité qui nous empêcherait d’aller à Dieu. Devant ce constat d’échec, nous pouvons céder à la tentation d’acédie (paresse spirituelle et dégoût de Dieu) ou de désespoir (autre versant de l’orgueil). C’est, cette fois, ignorer toute la tendresse et l’infinie miséricorde de Dieu ! La sainteté est avant tout un chemin d’humilité confiante qui demande à la fois notre collaboration et notre abandon à la grâce. Or, après le péché, l’homme se couvre de honte et se coupe de la grâce. Il se cache de Dieu ! Après la chute, dans le jardin d’Eden, Dieu est toujours au rendez-vous et cherche celui qu’il aime inconditionnellement comme son Fils unique : « Adam, où es-tu ? » (Genèse 3, 9). La pureté du cœur n’est pas de ne jamais chuter, mais de se relever aussi vite que l’on est tombé ! C’est d’avoir le courage de revenir sans cesse. C’est la magnifique parabole de l’enfant prodigue (Luc 15) qui montre à la fois le repentir du fils et la prodigalité d’amour du père. « Heureuse faute qui nous valut un tel Rédempteur ! » nous dit Saint Paul. Jésus, le seul juste, le seul pur, est venu pour nous sauver. Il est le médecin de nos âmes. Allons à l’Eucharistie chercher la source et le remède plutôt que de s’en éloigner sous prétexte d’indifférence ou d’indignité. Dieu est amour et miséricorde. Nous verrons au Ciel combien nos péchés ne sont qu’une goutte d’eau perdue dans l’océan de son Amour ! Bien sûr, ne pas nous justifier de nos péchés, mais revenir à l’amour dans les sacrements et vis-à-vis de nos frères ; car « la charité couvre une multitude de péchés » (1 Pierre 4, 8) et nous décentre de nous-mêmes. Jésus dit de la femme pécheresse qui le couvrit de parfum : « Ses nombreux péchés lui sont remis parce qu’elle a montré beaucoup d’amour. » (Luc 7,47). L’amour est un feu qui brûle tout : il suffit d’un geste, d’un sourire, d’un service rendu pour que la « pompe de l’amour » en nous soit réactivée ! Mendions la grâce, prions Marie, la toute pure, celle qui est incapable de retour sur elle-même ! Au ciel, nous serons transformés complètement et rendus participants de cette transparence et de cette communion qui lient, tout en les différenciant, les trois Personnes de la Trinité en un seul Dieu, le Dieu de toute Vérité, Beauté et Bonté ! « Nous lui serons semblables, car nous le verrons tel qu’il est. Quiconque a cette espérance en lui, se rend pur comme celui-là est pur » (1 Jean 3, 2-3).

 

Frère Bernard de Clairvaux (Communauté des Béatitudes)

Extrait de "Feu & Lumière" n° 234 de Décembre 2004

Nos encouragements et nos prières pour ces jeunes Versaillais :



« Heureux serez-vous quand on vous persécutera à cause de Moi… »

sydney2I. « Les Journées Mondiales de la Jeunesse me remplissent de confiance pour l’avenir de l’Eglise et pour l’avenir de notre monde » (Benoît XVI)

 

La cérémonie de bienvenue au Pape Benoît XVI a eu lieu le jeudi 17 dans la matinée au Palais du Gouvernement de Sydney, en présence des Autorités civiles et religieuses australiennes. Arrivé dimanche dernier en Australie, le Saint-Père a passé quelques jours de repos ; il a remercié pour l’hospitalité et pour l’accueil, et a rappelé le but de sa visite à la Nation, les 23° Journées Mondiales de la Jeunesse. « Certains pourraient se demander ce qui pousse des milliers de jeunes à entreprendre un voyage qui, pour beaucoup d’entre eux, est long et fatigant, afin de participer à un événement de ce genre. Depuis les Premières Journées Mondiales de la Jeunesse, en 1986, il a été évident qu’un grand nombre de jeunes appréciait l’occasion de se retrouver ensemble pour approfondir leur propre foi dans la Christ, et partager les uns les autres une expérience heureuse de communion en son Eglise. Ils ont besoin d’écouter la Parole de Dieu, et d’apprendre plus de choses sur leur foi chrétienne. Ils sont désireux de prendre part à un grand événement qui met en évidence les grands idéaux qui les inspirent, et ils retournent chez eux remplis d’espérance, renouvelés dans leur décision de construire un monde meilleur. Pour moi, c’est une joie d’être avec eux, de prier avec eux, et de célébrer l’Eucharistie avec eux. Les Journées Mondiales de la Jeunesse me remplissent de confiance pour l’avenir de l’Eglise et pour l’avenir de notre monde ». Retraçant l’histoire du Continent, le Saint-Père a déclaré : « L’Eglise en Australie, outre le fait qu’elle est la plus jeune parmi les Eglises des différents Continents, est aussi une des plus cosmopolites ». Le premier établissement européen, vers la fin du XVIII° siècle, témoigne que le Pays a accueilli les émigrés venus d’Europe et de toutes les parties du monde. « Pendant des milliers d’années, déjà avant l’arrivée des colons occidentaux, les seuls habitants de ce sol étaient toutefois des personnes originaires du Pays, des Aborigènes et des Insulaires du Détroit de Torres ». Le Saint-Père a cité alors « la décision courageuse du Gouvernement australien de reconnaître les injustices commises dans le passé à l’égard des peuples indigènes », grâce à laquelle on fait de grands pas en avant pour « parvenir à une réconciliation fondée sur le respect réciproque ». L’engagement à combler le fossé entre les Australiens indigènes et non indigènes, dans tous les domaines, et cet exemple de réconciliation, présentent un signe d’espérance « dans tout le monde, pour ces peuples qui désirent ardemment voir reconnus leurs droits, et reconnue et promue leur contribution à la société ». Après avoir rappelé la contribution apportée par les catholiques arrivés sur cette terre pour la construction de la Nation, et particulièrement dans le domaine de l’éducation et de la santé, le Pape Benoît XVI a cité la première Bienheureuse australienne, sœur Mary MacKillop : Sa persévérance face aux adversités, ses interventions pour défendre tous ceux qui étaient traités injustement, et l’exemple concret de sainteté, sont devenus une source d’inspiration pour tous les Australiens ». La communauté catholique continue aujourd’hui encore, dans un contexte plus sécularisé, à apporter sa contribution importante à la vie nationale, par l’éducation et la santé, « mais spécialement en indiquant la dimension spirituelle des questions qui sont le plus en évidence dans le débat contemporain ». Des milliers de jeunes sont venus en Australie ces jours derniers : aussi est-ce un devoir de réfléchir sur quelle sorte de monde nous remettons aux futures générations, a déclaré le Saint-Père : « Les merveilles de la création de Dieu nous rappellent la nécessité de protéger le milieu, et d’exercer une administration responsable des biens de la terre… De la même manière, pour ce qui concerne le milieu humain, ce Pays a soutenu généreusement les opérations internationales pour le maintien de la paix, en contribuant à la résolution de conflits dans le Pacifique, dans le Sud-est Asiatique et ailleurs. En raison des nombreuses traditions religieuses représentées en Australie, c’est un terrain particulièrement fertile pour le dialogue œcuménique ou interreligieux ». Enfin, le Saint-Père est revenu sur la raison principale de sa visite : « Je suis ici pour rencontrer les jeunes, d’Australie et de toutes les parties du monde, et pour prier pour une nouvelle effusion du Saint-Esprit sur tous ceux qui prendront part à nos cérémonies… Je prie pour que le Saint-Esprit apporte un renouveau spirituel à ce Pays, au Peuple australien, à l’Eglise en Océanie, et, en vérité, jusqu’aux extrémités de la terre. Les jeunes aujourd’hui se trouvent face à une variété déconcertante de choix de vie, en sorte que pour eux, il est parfois ardu de savoir comment orienter au mieux leur idéal et leur énergie. C’est l’Esprit qui donne la sagesse pour discerner le chemin jute, et l'encourage pour le parcourir ». Après la cérémonie de bienvenue, le Saint-Père s’est rendu à la "Mary MacKillop Memorial Chapel" de Sydney où se trouve la tombe de la première Bienheureuse australienne Mary MacKillop, co-fondatrice des Sœurs de Saint Joseph ; il s’y est recueilli en prière, et a été accueilli par une centaine de Religieuses de la Congrégation. Puis il a rendu une visite de courtoisie au Gouverneur Général de l’Australie et Représentant de la Reine Elizabeth II, le Général Michael Jeffery, à la Drawing Room de l’Admiralty House de Sydney, où il a eu un bref entretien avec le Premier Ministre, M. Kevin Rudd.

 

 

 

 

 

II. « Notre cœur et notre esprit désirent ardemment une vision de la vie où règne l’amour, où les dons soient partagés, où s’édifie l’unité, où la liberté trouve sa propre signification dans la vérité, et où l’identité soit trouvée dans une communion respectueuse »

 

Le jeudi 17 dans l’après-midi, le Pape Benoît XVI est arrivé au Môle de Rose Bay, où il a été accueilli par des danses et des chants traditionnels, par les Chefs les plus anciens de la Population Aborigène d’Australie. Puis le Saint-Père s’est embarqué sur le bateau "Sydney 2000" pour se rendre au Môle de Barangaroo, pour la fête d’accueil des jeunes. Là, un groupe de jeunes aborigènes australiens et de jeunes de la région du Pacifique, ont entonné des chants indigènes et le « Tu es Petrus ». Après le salut de l’Archevêque de Sydney le Cardinal George Pell, et du Président de la Conférence Episcopale d’Australie, S. Exc. Mgr Philip Edward Wilson, le Saint-Père a prononcé son premier discours destiné aux jeunes. « Quel que soit le Pays d’où nous provenons, a déclaré le Saint-Père, finalement, nous sommes ici, à Sydney ! Et, ensemble, nous sommes présents dans ce monde qui est le nôtre comme Famille de Dieu, comme Disciples du Christ, confirmés par son Esprit pour être des témoins de son Amour et de sa Vérité à la face de tous ». Le Saint-Père a remercié les Anciens des Aborigènes pour leur bienvenue et a déclaré qu’il était « profondément ému », en connaissant les souffrances et les injustices perpétrées sur cette terre, « mais conscient aussi de l’amélioration et de l’espérance à présent en cours ». Devant moi, je vois une image vibrante de l’Eglise Universelle. La variété des Nations et des cultures dont vous provenez, démontre que, véritablement, la Bonne Nouvelle du Christ est pour tous et pour chacun ; elle a atteint les extrémités de la terre. Et toutefois, je sais aussi qu’un bon nombre d’entre vous est toujours à la recherche d’une patrie spirituelle. Plusieurs parmi vous, qui sont absolument les bienvenus parmi nous, ne sont pas catholiques ni chrétiens. D’autres, parmi vous, peut-être, se trouvent à la limite de la vie de la paroisse et de l’Eglise. Je désire vous offrir à tous mon encouragement : approchez-vous de l’embrassement affectueux du Christ ; reconnaissez l’Eglise comme étant votre maison. Personne n’est obligé de rester à l’extérieur, parce que, depuis le jour de la Pentecôte, l’Eglise est Une et Universelle ». Le Saint-Père a exprimé une pensée particulière pour les malades, pour les handicapés mentaux, pour les jeunes en prison, pour tous ceux qui peinent en marge de nos sociétés, et à ce qui, pour une raison ou pour une autre, se sentent rejetés par l’Eglise. « A eux tous, je dis : Jésus est proche de toi ! Fais l’expérience de son accolade qui guérit, de sa compassion, de sa miséricorde ! ». Puis, le Saint-Père a rappelé l’événement de la Pentecôte, comme il est raconté dans les Actes des Apôtres : « En ce moment extraordinaire, qui marqua la naissance de l’Eglise, la confusion et la peur qui avaient saisi les disciples du Christ, se transformèrent en une conviction vigoureuse et en une conscience d’un but. Ils se sentent poussés à parler de leur rencontre avec Jésus Ressuscité, qu’ils appelaient désormais le Seigneur, de manière affectueuse… Depuis ce moment, des hommes et des femmes sont allés à l’extérieur pour raconter ce même événement, en témoignant de l’Amour du Christ et de sa Vérité, et en contribuant à la Mission de l’Eglise ». Le Saint-Père a invité alors à penser à ces pionniers – prêtres, religieuses et frères – qui arrivèrent en Australie, venus de toutes les parties du monde : « La plus grande partie d’entre eux étaient des jeunes, et même des jeunes de moins de vingt ans… Leur vie fut un témoignage chrétien privé de tout intérêt égoïste. Ils devinrent des bâtisseurs humbles mais tenaces d’une très grande partie de l’héritage social et spirituel qui apporte aujourd’hui encore la bonté, la compassion, et un but à ces Nations. Et ils furent capables d’inspirer une autre génération ». Le Saint-Père cita à ce sujet, la Bienheureuse Mary MacKillop et le Bienheureux Peter To Rot, en invitant les jeunes à regarder eux aussi à leurs grands-parents et à leurs parents, « les premiers maîtres dans la foi ». Durant le vol qui le conduisait en Australie, le Saint-Père a déclaré qu’il avait apprécié de manière particulière la « magnifique « vue de notre planète : « Le miroitement de la Méditerranée, la magnificence du désert nord-africain, la forêt luxuriante de l’Asie, la vaste étendue de l’Océan Pacifique, l’horizon sur lequel se lève et se couche le soleil, la splendeur majestueuse de la beauté naturelle de l’Australie… Plongés dans une telle beauté, comment pourrait-on ne pas faire écho aux paroles du Psalmiste pour louer le Créateur : ‘Qu’il est grand ton Nom su toute la terre’ (Psaume 8, 2) ? Mais il y a plus encore, quelque chose qu’il est difficile de percevoir du haut des cieux : des hommes et des femmes, créés rien de moins que à l’image de Dieu et à sa ressemblance. Au cœur de la merveille de la créations, nous sommes, vous et moi, la famille humaine ». Le Pape Benoît XVI a parlé ensuite des « blessures qui marquent la superficie de la terre : l’érosion, la déforestation, le gaspillage des ressources minérales et marines pour alimenter un consumisme insatiable ». Et, parlant de l’homme, sommet de la création de Dieu, le Saint-Père a déclaré : « Chaque jour, nous rencontrons le génie des conquêtes humaines… De nombreuses et différentes manières, croissent de manière constante la qualité et la satisfaction de la vie des gens ». Toutefois, non seulement le milieu naturel, mais aussi le milieu social « ont leurs cicatrices, leurs blessures, qui sont là pour indiquer que quelque chose n’est pas à sa place ». Parmi elles, l’usage de l’alcool et des drogues, l’exaltation de la violence, et la dégradation sexuelle, « présentées souvent par la télévision et par Internet comme divertissement », le relativisme qui amène à séparer des expériences de toute considération de ce qui est bon et vrai. « Chers amis, la vie n’est pas gouvernée par le hasard, elle n’est pas fortuite. Votre existence personnelle a été voulue par Dieu, bénie par lui, et il lui a été donné un but !... Ne vous laissez pas tromper par tous ceux qui voient en vous simplement des consommateurs, dans un marché de possibilités indifférenciées, où le choix en lui-même devient le bien, où la nouveauté se fait passer comme beauté, où l’expérience subjective supplante la Vérité. Le Christ offre bien plus ! Et même, il offre tout ! Lui seul, qui est la Vérité, peut être la Voie, et donc la Vie. Ainsi, la ‘voie’ que les Apôtres ont apportée jusqu’aux extrémités de la terre est la ‘vie’ dans le Christ. C’est la vie de l’Eglise. Et l’entrée dans cette voie, dans la vie chrétienne, c’est le Baptême ». La Saint-Père a alors parlé du Baptême : « Ce Sacrement est une grâce, il est une Oeuvre de Dieu ». Puis il a invité les jeunes, « chez eux, à l’école, à l’université, dans leurs lieux de travail et de divertissement », à se rappeler toujours qu’ils sont « des créatures nouvelles… En tant que chrétiens, vous êtes dans ce monde, en sachant que Dieu a un visage humain, Jésus-Christ, la ‘voie’ qui satisfait tout désir humain, et la ‘vie’ dont nous sommes appelés à donner témoignage, en marchant toujours dans sa lumière ». « La tâche de témoin n’est pas facile » a reconnu le Saint-Père, et aujourd’hui, beaucoup prétendent « que Dieu doit être laissé ‘à l’écart’, et que la religion et la foi, pour autant qu’elles soient acceptables au plan individuel, doivent être ou bien exclues de la vie publique, ou bien utilisées seulement pour obtenir des biens pragmatiques limités ». Cette vision sécularisée veut « former la société avec peu de références, et même sans aucune référence au Créateur… Si Dieu est sans importance dans la vie publique, alors, la société pourra être formée selon une image sans Dieu, et le débat et la politique qui concernent le bien commun, seront menés plus à la lumière des conséquences que des principes enracinés dans la vérité ». L’expérience montre que « le fait de se détacher de Dieu Créateur, entraîne un désordre qui a des répercussions inévitables sur le reste du monde créé » et sur le milieu social lui-même. « La création de Dieu est unique et elle est bonne. Les préoccupations pour la non-violence, pour le développement soutenable, pour la justice et pour la paix, le soin apporté à notre milieu, sont d’une importance vitale pour l’humanité. Mais tout cela ne peut toutefois pas être compris en se passant d’une réflexion profonde sur la dignité innée de chaque vie humaine, depuis sa conception jusqu’à sa mort naturelle, une dignité qui lui est conférée par Dieu et qui est donc inviolable. Notre monde s’est lassé de l’avidité, de l’exploitation et de la division, de l’ennui des fausses idoles et des réponses partielles, et de la peine de fausses promesses. Notre cœur et notre esprit désirent ardemment une vision de la vie où règne l’amour, où les dons soient partagés, où s’édifie l’unité, où la liberté trouve sa propre signification dans la Vérité, et où l’identité soit trouvée dans une communion respectueuse. C’est là l’œuvre du Saint-Esprit ! C’est là l’espérance offerte par l’Evangile de Jésus-Christ. C’est pour rendre témoignage à cette réalité que vous avez été recréés dans le Baptême, et renforcés par les dons du Saint-Esprit à la Confirmation. Que ce soit là le message que vous apportez, de Sydney, au monde ».

 

 

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III. « Dans la promotion des valeurs chrétiennes, nous ne devons pas négliger de proclamer la source en donnant un témoignage commun à Jésus-Christ Seigneur. C’est Lui qui a confié la Mission aux apôtres, c’est Lui dont ont parlé les prophètes, et c’est Lui que nous offrons au monde ».

 

Le 18 juillet, à 10 heures 30, dans la Crypte de la St. Mary’s Cathedral de Sydney a eu lieu la rencontre œcuménique du Saint-Père le Pape Benoît XVI avec plusieurs dirigeants d’autres Eglises et Confessions chrétiennes, et avec les membres du New South Wales Ecumenical Council. « L’Australie est un Pays marqué par une grande diversité ethnique et religieuse, a déclaré le Saint-Père. Votre Nation elle aussi est une Nation qui reconnaît l’importance de la liberté religieuse. C’est là un droit fondamental qui, s’il est respecté, permet aux citoyens d’agir sur la base de valeurs enracinées dans leurs convictions les plus profondes, en contribuant ainsi au bien-être de la société tout entière. De cette manière, les chrétiens contribuent, avec les membres des autres religions, à la promotion de la dignité humaine et à l’amitié entre les nations ». Après avoir reconnu les résultats positifs obtenus par le chemin œcuménique en Australie, qui montrent « non seulement qu’il est possible de trouver des solutions concrètes pour une collaboration fructueuse dans le présent, mais aussi que nous avons besoin de poursuivre des discussions patientes sur les points théologiques de divergence ». Le Saint-Père a rappelé que nous célébrions cette année le bimillénaire de la naissance de Saint Paul, « travailleur infatigable en faveur de l’unité dans l’Eglise primitive… Le chemin de l’œcuménisme vise en définitive à une célébration commune de l’Eucharistie, que le Christ a confiée à ses Apôtres comme le Sacrement par excellence de l’unité de l’Eglise. Même s’il y a encore aujourd’hui des obstacles à surmonter, nous pouvons être sûrs que, un jour, l’Eucharistie ne fera que souligner notre décision de nous aimer et de nous servir les uns les autres à l’imitation de Notre Seigneur… Pour cette raison, un dialogue sincère concernant la place de l’Eucharistie – encouragé par une étude nouvelle et attentive de l’Ecriture, des écrits patristiques, et des documents des deux millénaires de l’histoire chrétienne – aidera certainement à faire avancer le mouvement œcuménique, et à unifier notre témoignage à la face du monde ». « Chers amis dans le Christ, a poursuivi le Saint-Père, je pense que vous serez d’accord pour considérer que le mouvement œcuménique est arrivé à un point critique. Pour aller de l’avant, nous devons continuer à demander à Dieu de renouveler nos esprits par la grâce du Saint-Esprit qui nous parle dans les Ecritures et nous guide à la vérité tout entière. Nous devons être en garde contre toute tentation de considérer la doctrine comme source de division, et donc comme empêchement à ce qui semble être la tâche la plus urgente et la plus immédiate pour améliorer le monde dans lequel nous vivons ». Puis le Saint-Père a souligné « l’interconnexion entre le don de connaissance et la vertu de la charité », si bien exprimée par Saint Augustin ; et il a déclaré : « Le dialogue œcuménique avance non seulement par un échange d’idées, mais aussi en partageant des dons qui nous enrichissent mutuellement. Une ‘idée’ a en vue d’atteindre la Vérité ; un ‘don’ exprime l’amour. Tous deux sont essentiels au dialogue. Nous ouvrir nous-mêmes à accepter les dons spirituels d’autres chrétiens encourage notre capacité de percevoir la lumière de la Vérité qui vient du Saint-Esprit ». En prenant en considération les images bibliques complémentaires de « corps » et de « temps » utilisées pour décrire l’Eglise, le Saint-Père a déclaré : « Chaque élément de la structure de l’Eglise est important : mais tous vacilleraient et s’écrouleraient sans la pierre angulaire qu’est le Christ. Comme ‘concitoyens » de cette ‘Maison de Dieu’, les chrétiens doivent travailler ensemble pour faire en sorte que l’édifice reste solide, en sorte que d’autres personnes soient attirées à y entrer et à découvrir les trésors abondants de grâce qui se trouvent à l’intérieur. Dans la promotion des valeurs chrétiennes, nous ne devons pas négliger de proclamer la source en donnant un témoignage commun à Jésus-Christ Seigneur. C’est Lui qui a confié la Mission aux apôtres, c’est Lui dont ont parlé les prophètes, et c’est Lui que nous offrons au monde ».

 

 

 

 

 

IV. « Dans un monde menacé par des formes de violence sinistres et aveugles, la voix commune de tous ceux qui ont un esprit religieux encourage les Nations et les communautés à résoudre les conflits par des instruments pacifiques, dans le plein respect de la dignité humaine ».

 

Après la rencontre œcuménique, le Saint-Père s’est rendu, dans la matinée du 18 juillet, dans la Salle du Chapitre de la St. Mary’s Cathedral, où il a rencontré les représentants d’autres religions. Après les discours de salutation du Cardinal George Pell, du Rabbin Chef de la Grande Synagogue de Sydney, Jeremy Lawrence, et du Cheikh Shardy, le Saint-Père a prononcé un discours dans lequel il a tout d’abord rappelé combien l’Australie était une Nation qui tenait « en grande considération la liberté de religion ». Votre Pays reconnaît que le respect de ce droit fondamental donne aux hommes et aux femmes la possibilité d’adorer Dieu selon leur conscience, d’éduquer leur esprit et d’agir selon leurs convictions éthiques qui découlent de leur credo ». Puis, le Saint-Père a souligné l’importance d’une « corrélation harmonieuse entre la religion et la vie publique », surtout à notre époque où certains considèrent que la religion est « cause de division plutôt que force d’unité… Dans un monde menacé par des formes de violence sinistres et aveugles, la voix commune de tous ceux qui ont un esprit religieux encourage les Nations et les communautés à résoudre les conflits par des instruments pacifiques, dans le plein respect de la dignité humaine ». La religion se met donc au service de l’humanité de différentes manières, dont l’une d’entre elles « consiste à offrir une vision de la personne humaine qui souligne notre aspiration innée à vivre avec magnanimité, en tissant des liens d’amitié avec notre prochain ». En outre, le sens religieux ouvre les hommes et les femmes vers Dieu « et les guide pour découvrir que la réalisation personnelle ne consiste pas dans la gratification égoïste de désirs éphémères. Il nous guide plutôt à aller au-devant des besoins des autres, et à chercher des voies concrètes pour contribuer au bien commun ». Le Saint-Père a rappelé ensuite que les religions enseignaient aux personnes que « le service authentique requérait le sacrifice et l’autodiscipline, qui, à leur tour, doivent être cultivées par l’abnégation, par la tempérance, et par l’usage modéré des biens naturels ». Ainsi, « les hommes et les femmes sont amenés à considérer l’environnement comme une chose merveilleuse à admirer et à respecter, au lieu de le considérer comme une chose utile simplement à consommer. C’est un devoir qui s’impose à ceux qui ont un esprit religieux de démontrer qu’il est possible de trouver de la joie dans une vie simple et modeste, en partageant avec générosité leur propre superflu avec ceux qui sont dans le besoin ». « Ces valeurs sont particulièrement importantes, a insisté le Saint-Père, pour une formation adéquate des jeunes ». Même s’ils sont souvent tentés de considérer la vie « comme un produit de consommation », les jeunes possèdent aussi la capacité du contrôle d’eux-mêmes, et quand se présentent des idéaux élevés, « de nombreux jeunes sont attirés par l’ascétisme et par la pratique de la vertu morale, par le respect de soi et par l’attention envers les autres ». Le Saint-Père a incité ensuite les écoles confessionnelles et les écoles publiques à faire beaucoup plus « pour développer la dimension spirituelle de chaque jeune », en considérant que, en Australie, « la religion a été un facteur décisif dans la fondation de nombreuses institutions éducatives, et continue aujourd’hui, à bon droit, d’occuper sa place dans les programmes scolaires ». Toutes les religions portent une attention constante à la merveille de l’existence humaine, à la capacité de l’esprit, à la possibilité de dresser une vision de l’avenir, à la capacité non seulement d’imaginer de quelle manière les choses pourraient être meilleures, mais aussi d’investir leurs énergies pour les rendre telles. « La religion, toutefois, en nous rappelant le caractère limité de l’homme et sa faiblesse, nous pousse aussi à ne pas mettre nos espérances ultimes dans ce monde qui passe… L’Eglise partage ces considérations avec les autres religions… Stimulée par la charité, elle aborde le dialogue avec la conviction que la source véritable de la liberté se trouve dans la personne de Jésus de Nazareth. Les chrétiens croient que c’est Lui qui nous révèle pleinement les possibilités humaines pour la vertu et pour le bien ; c’est Lui qui nous libère du péché et des ténèbres ». « Chers amis, je suis venu en Australie comme ambassadeur de paix, a conclu le Saint-Père. Pour cela, je suis heureux d’aider le monde à parvenir à la paix… Notre effort pour arriver à la réconciliation entre les peuples jaillit de cette Vérité, et est dirigé vers cette Vérité qui donne un but à la vie. La religion offre la paix, mais – chose plus importante encore – elle suscite dans l’esprit humain la soif de la Vérité et la faim de la vertu ».

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