sydney3V. « Nous aussi nous pouvons être tentés de réduire la vie de foi à une question de simple sentiment, en affaiblissant ainsi son pouvoir d’inspirer une vision cohérente du monde, et un dialogue rigoureux avec les nombreuses autres visions qui s’affrontent pour se gagner l’esprit et le cœur de nos contemporains »

 

Dans la St. Mary’s Cathedral de Sydney, le samedi 19 juillet à 9 heures 30, le Pape Benoît XVI a célébré la Messe avec les Evêques australiens, pour les séminaristes, les novices masculins et féminins. Pendant la cérémonie, le Pape a consacré également le nouvel autel de la Cathédrale. « Alors que nous admirons cet édifice magnifique, comment ne pas penser à la foule des prêtres, des religieux et des fidèles laïcs qui, chacun selon leur propre rôle, ont contribué à construire l’Eglise en Australie ? ». Puis il a invité les fidèles « à poursuivre leurs efforts pour la diffusion de l’Evangile, pour la conversion des cœurs, et pour la croissance de l’Eglise dans la sainteté et dans la charité ». « Chaque autel, a rappelé le Saint-Père, est symbole de Jésus-Christ, présent au milieu de son Eglise comme Prêtre, Autel et Victime… Et surtout, dans la Sacrifice de la Messe, consumé sur les autels du monde, Il nous invite, nous, les membres de son Corps Mystique, à partager l’oblation de lui-même… Comme autel, nous aussi nous avons été consacrés, mis ‘à part’ pour le service de Dieu et pour l’édification de son royaume. Trop souvent, nous nous trouvons toutefois immergés dans un monde qui voudrait mettre Dieu ‘à part’. Au nom de la liberté et de l’autonomie humaines, le Nom de Dieu est mis entièrement en silence, la religion est réduite à une dévotion personnelle, et la foi est écartée de la place publique. Parfois, cette mentalité, aussi totalement opposée à l’essence de l’Evangile, peut même estomper jusqu’à notre propre compréhension de l’Eglise et de sa Mission. Nous aussi nous pouvons être tentés de réduire la vie de foi à une question de simple sentiment, en affaiblissant ainsi son pouvoir d’inspirer une vision cohérente du monde, et un dialogue rigoureux avec les nombreuses autres visions qui s’affrontent pour se gagner l’esprit et le cœur de nos contemporains ». L’histoire, jusqu’à nos jours, démontre que « la question de Dieu ne peut jamais être obligée de se taire… L’indifférence à la dimension religieuse de l’existence humaine, en dernière analyse, diminue l’homme lui-même et le trahit ». La foi nous enseigne que c’est seulement en Jésus-Christ que nous pouvons comprendre « la grandeur de notre humanité elle-même, le mystère de notre vie sur la terre, et le destin sublime qui nous attend au Ciel… Elle nous enseigne que nous sommes de créatures de Dieu, faites à son image et à sa ressemblance, dotées d’une dignité inviolable, et appelées à la vie éternelle. Là où l’homme est rabaissé, c’est tout le monde qui nous entoure qui est rabaissé ; il perd sa propre signification ultime, et il manque son objectif. Ce qui en ressort est une culture non de la vie, mais de la mort ». Le Saint-Père a parlé ensuite de la difficulté du chemin de la consécration, en souhaitant que cette cérémonie, en présence du successeur de Pierre « puisse être un moment de nouvelle consécration et de renouveau de l’Eglise tout entière en Australie !... Je désire faire ici une pause pour reconnaître la honte que nous avons tous ressentie à la suite des abus sexuels sur de jeunes mineurs, de la part de plusieurs prêtres et religieux dans cette Nation. Vraiment, j’ai été profondément peiné pour la souffrance et la peine qu’ont supportées les victimes, et je les assure que, en tant que leur Pasteur, moi aussi je partage leur souffrance. Ces méfaits, qui sont une trahison grave de la confiance, doivent être condamnés sans équivoque. Ils ont causé une grande peine et ont nui au témoignage de l’Eglise. Je vous demande à tous de soutenir et d’aider vos Evêques, et de collaborer avec eux pour combattre ce mal. Les victimes doivent recevoir votre compassion et vos soins, et les responsables de ces maux doivent être conduits devant la justice. C’est une priorité urgente que de promouvoir un milieu plus sûr et plus sain, spécialement pour les jeunes ». Aux séminaristes et aux jeunes religieux, le Saint-Père a déclaré : « Je vous invite à mettre votre confiance dans la Vérité de la Parole de Dieu, et à espérer fermement dans ses promesses… Marchez chaque jour dans la lumière du Christ par la fidélité à la prière personnelle et liturgique, nourris par la méditation de la Parole inspirée de Dieu… Que la prière et la méditation de la Parole de Dieu soient donc la lampe qui éclaire, purifie et guide vos pas tout au long de la voie que le Seigneur a indiquée pour vous. Faites, de la célébration quotidienne de l’Eucharistie, le centre de votre vie… N’oubliez jamais que la chasteté pour le Royaume veut dire embrasser une vie consacrée complètement à l’amour, un amour qui vous rend capables de vous consacrer vous-mêmes sans réserves au service de Dieu, pour être pleinement présents auprès de vos frères et sœurs, et spécialement de tous ceux qui sont dans le besoin ». Le Saint-Père a terminé son homélie en demandant l’intercession de la Sainte Vierge, Secours des Chrétiens, afin qu’elle soutienne l’Eglise en Australie, et que la puissance du Saint-Esprit consacre dans la vérité les fidèles de cette terre, afin qu’ils produisent « des fruits abondants de sainteté et de justice, pour la rédemption du monde ».

 

 

 

 

 

VI. « Accueillez dans votre cœur et dans votre esprit les sept Dons du Saint-Esprit ! Reconnaissez et croyez en la puissance du Saint-Esprit dans votre vie ! »

 

La Veillée de Prière avec les jeunes s’est déroulée le samedi 19 juillet à l’hippodrome de Randwick, sur le thème des XXIII° Journées Mondiales de la Jeunesse : « Une fois encore, ce soir, nous avons entendu la grande promesse du Christ – ‘Vous recevrez la force du Saint-Esprit qui descendra sur vous – et nous avons entendu son commandement – ‘Vous serez mes témoins… jusqu’aux extrémités de la terre’ ». C’est ce qu’a rappelé le Saint-Père dans son homélie, en évoquant l’attitude des Apôtres réunis en prière, avec les femmes et avec Marie. « Ce soir, nous faisons la même chose. Rassemblés devant notre Croix qui a beaucoup voyagé et devant la statue de Marie, sous la splendeur céleste de la constellation de la Croix du sud, nous prions. Ce soir, je prie pour vous et pour les jeunes de toutes les parties du monde. Laissez-vous inspirer par l’exemple de vos Patrons ! Accueillez dans votre cœur et dans votre esprit les sept Dons du Saint-Esprit ! Reconnaissez et croyez en la puissance du Saint-Esprit dans votre vie ! ». Le Saint-Père a invité les jeunes à fixer leur attention sur leur manière de devenir des témoins : « Pour cela, nous avons besoin de connaître la personne du Saint-Esprit et sa présence vivifiante dans notre vie. Ce n’est pas une chose facile !... Toutefois, nous savons que c’est le Saint-Esprit, même s’il est silencieux et invisible, qui offre la direction et la définition à notre témoignage sur Jésus-Christ ». Le témoignage chrétien est offert aujourd’hui au monde qui, pour beaucoup, est fragile. « L’unité de la création de Dieu est affaiblie par des blessures qui vont en profondeur… La société contemporaine subit un processus de fragmentation à cause d’une manière de penser qui est, par sa propre nature, d’une vision limitée ». La réponse des chrétiens ne peut compter seulement sur l’engagement personnel : « Dieu nous a faits l’un pour l’autre, et c’est seulement en Dieu et dans son Eglise que nous pouvons trouver cette unité que nous cherchons ». Face aux tentatives pour construire artificiellement une communauté « parfaite », le Saint-Père a déclaré : « Séparer du Christ le Saint-Esprit présent dans la nature institutionnelle de l’Eglise, compromettrait l’unité de la communauté chrétienne, qui est précisément le don de l’Esprit !... Malheureusement, la tentation ‘d’aller tout seuls de l’avant’ persiste. Certains parlent de leur communauté locale comme de quelque chose de séparé de ce que l’on appelle l’Eglise institutionnelle, en décrivant la première comme étant flexible et ouverte à l’Esprit, et la seconde comme étant rigide et privée de l’Esprit. L’unité appartient à l’essence de l’Eglise ; elle est un don que nous devons reconnaître, et qui doit nous être cher ». Le Saint-Père a invité les jeunes à savoir écouter, « malgré les dissonances et les divisions du monde », la voix concordante de l’humanité : « De l’enfant abandonné dans un camp du Darfour, à un adolescent perturbé et troublé, à un parent dans l’angoisse dans n’importe quelle périphérie, ou peut-être, en ce moment même précisément, des profondeurs de votre cœur, s’élève le même cri humain qui aspire profondément à une reconnaissance, à une appartenance, à l’unité. Qui satisfait ce désir humain essentiel d’être quelqu’un, d’être plongé dans la communion, d’être édifié, d’être guidé dans la Vérité ? Le Saint-Esprit… Le Saint-Esprit maintient l’Eglise unie à son Seigneur, et fidèle à la Tradition Apostolique. Il est l’inspirateur des Saintes Ecritures, et guide le peuple de Dieu à la plénitude de la Vérité… Ainsi, plus nous permettons à l’Esprit de nous diriger, plus est profonde notre immersion dans la vie de Dieu Un et Trine ».Même si en certains moments de la vie nous pouvons être tentés de rechercher une certaine satisfaction en dehors de Dieu, « l’éloignent de Dieu est seulement une tentative futile de nous fuir nous-mêmes. Dieu est avec nous dans la réalité de la vie et non pas dans l’imagination ! Affronter la réalité, ce n’est pas la fuir : c’est cela que nous cherchons ! C’est pourquoi le Saint-Esprit, avec délicatesse, mais aussi de manière résolue, nous attire à ce qui est réel, à ce qui est durable, à ce qui est vrai. C’est le Saint-Esprit qui nous ramène à la communion avec la Très Sainte Trinité ! ». Le Saint-Père a alors rappelé l’expérience de Saint Augustin qui eut trois intuitions particulières sur le Saint-Esprit comme lien d’unité au sein de la Très Sainte Trinité - « unité comme communion, unité comme amour durable, unité comme donateur et comme don » - qui aident à expliquer « comment travaille le Saint-Esprit… C’est le Saint-Esprit qui réalise la communion merveilleuse de ceux qui croient dans le Christ Jésus… Inspirés par les intuitions de Saint Augustin, faites en sorte que l’amour unificateur soit votre mesure ; que l’amour durable soit votre but ; que l’amour qui se donne soit votre mission !... Les dons de l’Esprit ne sont ni un prix ni une reconnaissance. Ils sont tout simplement donnés… Ce qui constitue notre foi n’est pas en premier lieu ce que nous faisons, mais ce que nous recevons ». Et ainsi, « les dons de l’Esprit qui agissent en nous, impriment la direction et donnent la définition de notre témoignage. Orientés vers l’unité par leur nature, les dons de l’Esprit nous lient plus étroitement encore à l’ensemble du Corps du Christ, en nous mettant mieux en mesure d’édifier l’Eglise, pour servir le monde ainsi… Oui, l’Eglise doit croître dans l’unité, elle doit se renforcer dans la sainteté, se rajeunir, et se renouveler constamment. Mais selon quels critères ? Ceux du Saint-Esprit ! ». Le Saint-Père a invité les jeunes, en terminant son homélie, à se laisser former par les dons du Saint-Esprit : « En accueillant la puissance du Saint-Esprit, vous aussi vous pouvez transformer vos familles, les communautés, les nations. Laissez ces dons agir librement. Faites en sorte que la sagesse, l’intelligence, la force, la science et la piété soient les signes de votre grandeur ! ».

 

 

 

 

 

sydney4VII. « Une nouvelle génération de chrétiens est appelée à contribuer à l’édification d’un monde où la vie soit accueillie, respectée et soignée avec amour » - Les prochaines Journées Mondiales de la Jeunesse auront lieu à Madrid en 2011

 

Le dimanche 20 juillet, à l’hippodrome de Randwick, le Pape Benoît XVI a présidé la Messe solennelle concélébrée de clôture des XXIII° Journées Mondiales de la Jeunesse ; durant la Messe il a donné le Sacrement de la Confirmation à 24 jeunes. « Le jour de la Pentecôte, comme nous l’avons entendu dans la première Lecture, le Seigneur Ressuscité, assis à la Droite du Père, a envoyé le Saint-Esprit sur les disciples réunis au Cénacle. Avec la force de cet Esprit, Pierre et les Apôtres sont allés prêcher l’Evangile jusqu’aux extrémités de la terre. A chaque époque, et dans toutes les langues, l’Eglise continue à proclamer les merveilles de Dieu, et invite toutes les nations et tous les peuples à la foi, à l’espérance et à la vie nouvelle dans le Christ… Puisse le feu de l’amour de Dieu descendre et remplir votre cœur, pour vous unir toujours plus au Seigneur et à son Eglise, et vous envoyer, comme nouvelle génération d’apôtres, pour apporter le monde au Christ ». « Le puissance du Saint-Esprit… est la puissance de la vie de Dieu… D’une manière très vraie, l’amour nous lie au Seigneur et entre nous, et la lumière qui ouvre nos yeux pour voir les merveilles de la grâce de Dieu autour de nous ». Le Saint-Père a souligné également la présence et la puissance de l’Esprit dans la beauté de nature et dans l’assemblée des jeunes venus de toutes les parties du monde : « Nous avons vu l’Eglise pour ce qu’elle est vraiment : le Corps du Christ, communauté vivante d’amour, qui comprend des gens de toute race, nation et langue, de tout âge et de tout lieu, dans l’unité née de notre foi dans le Christ Ressuscité ». Aujourd’hui encore, par la grâce des Sacrements, « la force de l’Esprit ne cesse jamais de remplir l’Eglise de vie ». C’est nous qui « devons lui permettre de pénétrer dans la croute de notre indifférence, de notre fatigue spirituelle, de notre conformisme aveugle à l’esprit de ce temps dans lequel nous vivons ». D’où l’importance de la prière quotidienne, la prière « privée dans le silence de notre cœur, et devant le Très Saint-Sacrement, et la prière liturgique au sein de l’Eglise. Elle est une pure réceptivité de la grâce de Dieu, un amour en action, une communion avec l’Esprit qui demeure en nous et nous guide, par Jésus, dans l’Eglise, à notre Père Céleste ».Avant de monter au Ciel, le Seigneur Ressuscité a dit à ses disciples : « Vous serez mes témoins… jusqu’aux extrémités du monde » (Actes 1, 8). Le Saint-Père a remercié le Seigneur pour le don de la foi en Australie, puis, en étendant son regard vers l’Océanie, pour « tous ces missionnaires héroïques, prêtres et religieux engagés, pour les parents et les grands-parents chrétiens, pour les maîtres et les catéchistes qui ont édifié l’Eglise dans ces terres. Témoins, comme la Bienheureuse Mary MacKillop, Saint Pierre Chanel, il Bienheureux Peter To Rot, et de nombreux autres ». Puis, le Saint-Père a demandé aux jeunes : « Que laisserez-vous à la prochaine génération ?... La force du Saint-Esprit ne nous éclaire pas seulement et ne nous console pas seulement. Il nous dirige aussi vers l’avenir, vers la venue du Royaume de Dieu… L’effusion de l’Esprit du Christ sur l’humanité est un gage d’espérance et de libération contre tout ce qui nous appauvrit. Cette effusion donne une vue nouvelle à l’aveugle, elle rend libres les opprimés, et elle crée une unité dans la diversité et avec la diversité. Cette force peut créer un monde nouveau : elle peut ‘renouveler la face de la terre’’ ! ». Rendue forte par l’Esprit, et en puisant à une vision riche de foi, une nouvelle génération de chrétiens est appelée à contribuer à l’édification d’un monde où la vie soit accueillie, respectée et soignée avec amour, qui ne soit pas rejetée ou redoutée comme une menace, et détruite pour cela. Une ère nouvelle où l’amour ne soit pas avide et égoïste, mais pur, fidèle et libre en toute sincérité, ouvert aux autres, respectueux de leur dignité ; un amour qui puisse promouvoir leur bien, et irradie la joie et la beauté. Une ère nouvelle dans laquelle l’espérance nous libère de la superficialité, de l’apathie et de l’égoïsme qui blessent nos âmes et empoisonnent les rapports humains. Chers jeunes amis, le Seigneur vous demande d’être les prophètes de cette ère nouvelle, les messagers de son amour, capables d’attirer les gens vers le Père, et de construire une avenir d’espérance pour toute l’humanité ». Le monde a besoin de ce renouveau, parce que, dans de nombreuses sociétés, « à côté de la prospérité matérielle, s’étend le désert spirituel », et l’Eglise elle aussi « a besoin tout spécialement besoin du don des jeunes, de tous les jeunes. Elle a besoin de croître avec la force de l’Esprit qui aujourd’hui encore vous donne la joie, à vous les jeunes, et vous inspire à servir le Seigneur avec allégresse… Ouvrez votre cœur à cette force ».Puis le Saint-Père a renouvelé son appel spécial « à ceux que le Seigneur appelle à la vie sacerdotale et à la vie consacrée », pour qu’ils n’aient pas peur de dire leur « oui » à Jésus ». Dans le Sacrement de la Confirmation a rappelé le Saint-Père, les candidats sont « marqués » par le don de l’Esprit, et envoyés pour être des témoins du Christ. Recevoir le « sceau » du Saint-Esprit veut dire « être marqués d’une manière indélébile, être changés de manière inaltérable ; cela signifia aussi être des créatures nouvelles. Pour ceux qui ont reçu ce don, rien ne peut plus jamais être la même chose !... Etre ‘marqués par l’Esprit’ veut dire en outre ne pas avoir peur de défendre le Christ, en faisant en sorte que la Vérité de l’Evangile imprègne notre manière de voir, de penser et d’agir, quand nous travaillons pour le triomphe de la civilisation de l’amour ». Le Saint-Père a invité à prier pour les confirmands, et « pour que la force du Saint-Esprit ravive en chacun d’entre bous la grâce de la Confirmation ». A la fin de la Messe, le Saint-Père a récité l’Angélus, et a commenté auparavant la scène évangélique de la rencontre entre la jeune Marie et l’Ange envoyé par Dieu : « Nous pouvons imaginer comment elle dut se sentir à ce moment : remplie d’anxiété, complètement abasourdie par la perspective qui lui était présentée… A ce moment, Marie, devant le Seigneur, représentait toute l’humanité. Dans le message de l’Ange, c’était Dieu qui faisait une proposition de mariage avec l’humanité. Et, en notre nom, Marie dit ‘oui’ ». « Dans les fables, les récits se terminent ainsi : et tous ‘depuis ce moment vécurent heureux durant toute leur vie’. Dans la vie réelle, cela n’est pas aussi facile. Nombreuses furent les difficultés qui se présentèrent à Marie tout au long de sa vie, pour accomplir le ‘oui’ dit au Seigneur… Tout au long de ces différentes épreuves, elle resta fidèle à sa promesse, soutenue par l’Esprit de force. Et elle en fut récompensée par la gloire… Chers jeunes, nous aussi nous devons rester fidèles au ‘oui’ par lequel nous avons accueilli l’offrande d’amitié faite par le Seigneur. Nous savons qu’il ne nous abandonnera jamais. Nous savons qu’il nous soutiendra toujours avec les dons de l’Esprit. Marie a accueilli la ‘proposition’ du Seigneur en notre nom. Alors, tournons vers Elle, et demandons-lui de nous guider dans les difficultés pour rester fidèles à cette relation vitale que Dieu a établie avec chacun de nous. Marie est notre exemple et notre inspiration. Elle intercède pour nous auprès de son Fils, et, avec un amour maternel, elle nous protège des dangers ».En prenant congé des jeunes, le Saint-Père a annoncé l’endroit des prochaines Journées Mondiales de la Jeunesse : « Chers amis, l’heure est venue à présent de vous dire adieu, ou plutôt au revoir ! Je vous remercie tous pour avoir participé aux Journées Mondiales de la Jeunesse de 2008, ici même à Sydney, et j’espère vous revoir dans trois ans. Les Journées Mondiales de la Jeunesse de 2011 auront lieu à Madrid en Espagne. Jusqu’à ce moment, prions les uns pour les autres, et rendons notre témoignage joyeux au Christ à la face du monde. Que Dieu vous bénisse tous ».

 

 

 

 

 

VIII. « Les Journées Mondiales de la Jeunesse nous ont montré que l’Eglise pouvait se réjouir des jeunes d’aujourd’hui, et être remplie d’espérance pour le monde de demain »

 

Le lundi 21 juillet au matin, le Pape Benoît XVI a célébré la Messe dans la petite chapelle de la Cathedral House de Sydney, où il a résidé pendant ces journées, en présence d’un groupe qui représentait tous ceux qui ont subi des abus de la part du clergé. Le Saint-Père a écouté leurs histoires et les a consolés. En les assurant de sa proximité spirituelle, il a promis de continuer à prier pour eux, pour leurs familles et pour toutes les victimes. Après la Messe, il y eut la rencontre avec environ 12.000 volontaires des Journées Mondiales de la Jeunesse, réunis dans la grand Parc public du Domain. « Durant ces journées, nos avons été témoins directs de la joie que trouvent dans leur propre foi des milliers de jeunes, et nous avons pu exprimer notre louange et notre gratitude à Dieu pour sa bonté à notre égard. Nous avons pu goûter la chaleur et la générosité de l’hospitalité australienne et jeter ensemble un regard sur le paysage splendide de ce beau Continent. Cela a été une semaine vraiment mémorable ». « Je désire vous remercier tous pour le travail généreux que vous avez réalisé en temps et en énergie, pour permettre un déroulement sans difficultés de chacun des événements que nous avons célébrés ensemble. Vos efforts ont préparé le terrain, pour que l’Esprit descende avec force, en formant des liens d’unité et d’amitié entre les jeunes provenant de milieux culturels profondément différents, et en renforçant leur amour pour le Christ et pour son Eglise ». Le Saint-Père exprima sa gratitude aux Evêques, aux prêtres, aux personnes consacrées, aux aumôniers, aux enseignants, aux associations de laïcs, aux mouvements ecclésiaux, aux familles qui ont hébergé des jeunes, aux écoles et aux communautés paroissiales qui ont contribué efficacement « à faire un succès, des Journées Mondiales de la Jeunesse… Alors que je m’apprête à retourner à Rome, j’emporte avec moi, comme un trésor, la mémoire des nombreux événements pleins de grâce que nous avons vécus ensemble… Je prie afin que vous aussi vous emportiez dans votre esprit de nombreux et précieux souvenirs et intuitions spirituelles, afin de retourner chez vous et dans vos familles avec un élan nouveau pour répandre l’Evangile de Jésus-Christ ». Après la rencontre avec les volontaires des Journées Mondiales de la Jeunesse, le Saint-Père s’est rendu à l’aéroport international de Sydney, où a eu lieu la cérémonie d’adieu. « Dans le style caractéristique australien, vous avez offert une bienvenue chaleureuse à moi-même et aux innombrables jeunes pèlerins qui se sont retrouvés ici, venus de tous les coins du monde. Vous avez ouvert vos portes et votre cœur à la jeunesse du monde, et, au nom de ces jeunes, je vous remercie », a déclaré le Saint-Père, qui a exprimé sa gratitude, pour l’hospitalité reçue, aux autorités civiles et religieuses présentes à l’aéroport. Ces jours derniers, sur la scène, les acteurs principaux ont été, bien sûr, les jeunes eux-mêmes. Les Journées Mondiales de la Jeunesse leur appartiennent. Ce sont eux qui ont fait de ces Journées un événement ecclésial de caractère global, une grande célébration de la jeunesse, une grande célébration de ce que veut dire ‘être Eglise’, Peuple de Dieu au milieu du monde, uni dans la foi et dans l’amour, et rendu capable par l’Esprit, d’apporter le témoignage du Christ jusqu’aux extrémités de la terre. Je les remercie d’être venus, je les remercie pour leur participation, et je prie afin qu’ils aient un voyage de retour tranquille. Je sais que les jeunes, leurs familles et leurs personnes amies, dans de nombreux cas, ont fait de grands sacrifices pour leur permettre de venir en Australie. Pour tout cela, l’Eglise tout entière leur est reconnaissante ». Après avoir cité plusieurs des moments les plus significatifs de ces journées, le Saint-Père a conclu en ces termes : « Les Journées Mondiales de la Jeunesse nous ont montré que l’Eglise pouvait se réjouir des jeunes d’aujourd’hui, et être remplie d’espérance pour le monde de demain ».

« Chercher à vous reposer ; accepter avec gratitude les bontés du Seigneur. Le plaisir de la mer, c’est bon ; il ne va cependant pas sans piège du Malin. On sait à quel point le sens de la dignité s’est dégradé. Malheureusement, bien des femmes chrétiennes n’y sont pas pour rien, se laissant entraîner, elles aussi, à un certain laisser-aller regrettable. Le démon n’apprécie guère l’exigence de décence et de pudeur, rempart de la pureté du cœur, vertu essentielle pour vivre dans l’état de grâce, c’est-à-dire dans le véritable amour de Dieu et du prochain. La modestie et la délicatesse, surtout chez la femme, est déterminante. (…) Il n’est pas inutile d’insister sur ce point grave, aujourd’hui où à la plage, l’immodestie et la manque de pudeur sont choses admises, suite à la perte du sens du péché et au manque de la prudence chrétienne » (Père Marie-Joseph Gerber, OFM. Cap. 1985)

Réfléchissez bien, interpelle Jean Paul II, vous les jeunes qui êtes précisément à l'âge où l'on tient tant à être beau ou belle pour plaire aux autres ! Un jeune homme, une jeune fille doivent être beaux, avant tout et surtout intérieurement : 

 

 

 

john-paul-2.jpgMes très chers jeunes garçons et filles,

 

Aujourd'hui je vous parlerai brièvement de la quatrième vertu cardinale, la tempérance, la sobriété. Saint Paul écrivait à son disciple Tite, qu'il avait laissé dans l'île de Crête comme évêque : « exerce les jeunes à être sobres » (Tt 2, 6). Répondant, moi aussi, à l'invitation de l'Apôtre des Gentils, je voudrais déclarer d'abord que les attitudes de l'homme provenant des diverses vertus cardinales sont mutuellement interdépendantes et unies. On ne saurait être un homme vraiment prudent, ni authentiquement juste, ni réellement fort si l'on ne possède pas la vertu de tempérance, Celle-ci conditionne, indirectement toutes les autres vertus; mais celles-ci sont également indispensables pour que l'homme puisse être "tempérant" ou 'sobre". Temperantia est commune omnium virtutem cognomen - écrivait au Vlème siècle Saint Jean Climaque (Échelle du Paradis, 15) - ce que nous pourrions traduire par « la tempérance est le dénominateur commun de toutes les autres vertus ». Il peut sembler étrange de parler de la tempérance ou de la sobriété à des jeunes gens et à des adolescents. Pourtant, très chers fils, cette vertu cardinale vous est particulièrement nécessaire, à vous qui vous trouvez dans cette période merveilleuse et délicate où votre réalité biopsychique croît jusqu'à sa parfaite maturité; nécessaire pour être capables, physiquement et spirituellement, d'affronter les hauts et les bas de la vie, dans ses exigences les plus variées. Est tempérant celui qui n'abuse pas des aliments, des boissons, des plaisirs; celui qui ne boit pas immodérément de l'alcool; qui ne se prive pas de sa conscience en usant de stupéfiants et de drogues. Nous pouvons imaginer en nous un "ego inférieur" et un "ego supérieur". Dans notre "ego inférieur" s'exprime notre "corps", avec ses besoins, ses désirs, ses passions de nature sensible. La vertu de tempérance assure à tout homme la domination de l"ego supérieur" sur l"ego inférieur". S'agirait-il en ce cas d'une humiliation, d'une diminution de notre corps ? Au contraire ! Cette domination le valorise, l'exalte. L'homme tempérant est celui qui a la maîtrise de soi-même; celui chez qui les passions ne l'emportent pas - sur la raison, sur la volonté et, également, sur le cœur, - précise Jean Paul II. On comprend alors combien indispensable est la vertu de tempérance pour que l'homme soit pleinement homme, pour que le jeune soit authentiquement jeune. Le triste et avilissant spectacle d'un homme ivre ou d'un drogué nous fait clairement comprendre qu'"être homme" signifie, avant toute autre chose, respecter sa propre dignité, se faire guider par la vertu de tempérance. Se dominer soi-même, maîtriser ses propres passions, la sensualité, ne signifie nullement devenir insensible ou indifférent : la tempérance dont nous parlons est une vertu chrétienne, que nous apprenons de l'enseignement et de l'exemple de Jésus et non pas de la morale dite "stoïque". La tempérance exige de chacun de nous une humilité spécifique à l'égard des dons que Dieu a placés dans notre nature humaine. Il y a "l'humilité du corps" et "l'humilité du cœur". Cette humilité est condition nécessaire de l'harmonie intérieure de l'homme, de sa beauté intérieure. Réfléchissez bien, interpelle Jean Paul II, vous les jeunes qui êtes précisément à l'âge où l'on tient tant à être beau ou belle pour plaire aux autres ! Un jeune homme, une jeune fille doivent être beaux, avant tout et surtout intérieurement. Sans une telle beauté intérieure, tous les autres efforts tournés seulement vers le corps ne feront — ni de lui ni d'elle — une personne vraiment belle. Et moi je vous souhaite, très chers fils, d'être toujours resplendissants de beauté intérieure!

 

Jean-Paul II - Discours aux Jeunes, 22 novembre 1978

"Puissent les jeunes ici réunis pour la Journée Mondiale de la Jeunesse avoir le courage, sous l'action de l'Esprit, de devenir des saints ! Voilà ce dont le monde a besoin, plus que de tout autre chose". Tel est l'appel lancé par le Pape Benoît XVI aux jeunes lors des dernières JMJ. Depuis ces dernières années, de nombreux jeunes sont en cours de béatification. À leur manière et au coeur du contexte spécifique de leur époque, de leur pays, ils ont su témoigner de l'amour de Dieu dans leur vie et illustrer la joie du don. Quels modèles de Sainteté pour les jeunes d'aujourd'hui ? Comment peuvent-ils répondre à cet appel dans le contexte actuel ? Lumières sur la jeunesse avec le père Alexis Leproux, aumônier d'étudiants à la paroisse Saint-Germain-des-Prés à Paris et le père Yves Combeau, religieux dominicain.

 

 

En préparation aux XXIIIe Journées mondiales de la jeunesse, qui auront lieu à Sydney (Australie) du 15 au 20 juillet 2008 sur le thème : “Vous aurez la force de l’Esprit Saint qui descendra sur vous et vous serez mes témoins” (Actes 1, 8), le Saint-Père Benoît XVI a envoyé un Message aux jeunes du monde, dans lequel il rappelle que « le fil conducteur de la préparation spirituelle au rendez-vous de Sydney est l’Esprit Saint et la mission »…
 
 
 
 
Articulé en huit paragraphes, signé à Lorenzago le 20 juillet 2007, le Message évoque avant tout le chemin de préparation vers Sydney, appelant les jeunes à réfléchir cette année « sur l’Esprit de force et de témoignage, qui nous donne le courage de vivre l’Evangile et l’audace de le proclamer ». Benoît XVI exhorte les jeunes par ces mots : « N’oubliez jamais que l’Eglise, et même l’humanité, celle qui est autour de vous et qui vous attend dans votre avenir, attend beaucoup de vous jeunes, parce que vous avez en vous le don suprême du Père, l’Esprit de Jésus ». Puis le pape résume les points saillants de la « promesse de l’Esprit Saint dans la Bible » : « L’effusion de l’Esprit Saint sur l’Eglise naissante fut l’accomplissement d’une promesse de Dieu beaucoup plus ancienne, annoncée et préparée dans tout l’Ancien Testament ». La Pentecôte représente le « point de départ de la mission de l’Eglise » : elle renouvela intérieurement les Apôtres, et « de pêcheurs effrayés » ils devinrent des « hérauts courageux de l’Evangile ». « Rien ne pouvait les arrêter... Ainsi naquit l’Eglise, qui depuis le jour de la Pentecôte n’a pas cessé d’irradier la Bonne Nouvelle ‘jusqu’aux extrémités de la terre’.
 
Pour comprendre la mission de l’Eglise, le Saint-Père invite à revenir au Cénacle, où les disciples étaient persévérants dans la prière avec Marie, la « Mère », en attente de l’Esprit promis. « Toute communauté chrétienne doit constamment s’inspirer de cette image de l’Eglise naissante - recommande Benoît XVI. La fécondité apostolique et missionnaire n’est pas principalement le résultat de programmes et de méthodes pastorales sagement élaborées et ‘efficaces’, mais est le fruit de l’incessante prière communautaire. L’efficacité de la mission présuppose, en outre, que les communautés soient unies, c'est-à-dire qu’elles aient ‘un seul cœur et une seule âme’, et qu’elles soient disposées à témoigner de l’amour et de la joie que l’Esprit Saint répand dans les cœurs des fidèles ». Enfin le pape souligne « que l’Esprit Saint est le don le plus haut de Dieu à l’homme, donc le témoignage suprême de son amour pour nous, un amour qui s’exprime concrètement comme « oui à la vie » que Dieu a voulu pour sa créature. Ce « oui à la vie » a sa forme pleine en Jésus de Nazareth et dans sa victoire sur le mal par la rédemption ». L’Evangile de Jésus, précisément dans la force de l’Esprit, « ne se réduit pas à une pure constatation, mais veut devenir ‘belle nouvelle pour les pauvres, libération pour les prisonniers, vue pour les aveugles… C’est ce qui se manifesta avec vigueur le jour de la Pentecôte, et devînt grâce et devoir de l’Eglise envers le monde, sa mission prioritaire ». Enfin le pape affirme : « Nous portons à l’intérieur de nous ce sceau de l’amour du Père en Jésus-Christ qu’est l’Esprit Saint. Ne l’oublions jamais, parce que l’Esprit du Seigneur se rappelle toujours de chacun et veut, par vous jeunes en particulier, susciter dans le monde le vent et le feu d’une nouvelle Pentecôte ».
 
Dans le paragraphe dédié à l’Esprit Saint comme « Maître intérieur », Benoît XVI rappelle qu’aujourd’hui encore l’Esprit Saint continue à agir dans l’Eglise « et ses fruits sont abondants dans la mesure où nous sommes disposés à nous ouvrir à sa force rénovatrice ». Mais à ce point il est naturel de se demander « qui est pour moi l’Esprit Saint ? Nombreux sont en effet les chrétiens pour lesquels Il continue à être le ‘grand inconnu’. C’est pourquoi, nous préparant aux prochaines Journées mondiales de la jeunesse, j’ai voulu vous inviter à approfondir la connaissance personnelle de l’Esprit Saint… Cependant il ne suffit pas de Le connaître ; il faut l’accueillir comme guide dans nos âmes, comme le ‘Maître intérieur’ qui nous introduit dans le Mystère trinitaire, parce que Lui seul peut nous ouvrir à la foi et nous permettre de la vivre chaque jour en plénitude. Il nous pousse vers les autres, allume en eu le feu de l’amour, nous rend missionnaires de la charité de Dieu ». Notre renouvellement intérieur et la croissance de notre vie spirituelle se font à travers les Sacrements, avant tout ceux de l’initiation chrétienne : le Baptême, la Confirmation et l’Eucharistie, par lesquels « l’Esprit Saint nous rend fils du Père, frères de Jésus, membres de son Eglise, capables d’un vrai témoignage à l’Evangile, dispensateurs de la joie et de la foi ». Benoît XVI exhorte en particulier les jeunes à « redécouvrir le sacrement de la Confirmation et à en retrouver la valeur pour notre croissance spirituelle ». Ce sacrement « nous donne une force spéciale pour témoigner et glorifier Dieu par toute notre vie : il nous rend intimement conscients de notre appartenance à l’Eglise, ‘Corps du Christ’, dont tous nous sommes des membres vivants, solidaires les uns avec les autres ». Pour grandir dans la vie chrétienne, il est donc nécessaire de se nourrir du Corps et du Sang du Christ. « Source et sommet » de la vie ecclésiale, l’Eucharistie est une « Pentecôte perpétuelle », puisque « chaque fois que nous célébrons la messe nous recevons l’Esprit Saint qui nous unit plus profondément au Christ et nous transforme en Lui… Là où nos forces n’y arrivent pas, c’est à l’Esprit Saint de nous transformer, de nous remplir de sa force et de nous rendre témoins pleins de l’ardeur missionnaire du Christ ressuscité ».
 
Dans le septième paragraphe de son Message, le pape s’arrête sur la « nécessité et l’urgence de la mission ». Face aux inquiétudes devant les événements du monde et aux questions que les jeunes se posent pour leur avenir, Benoît XVI rappelle que « seul le Christ peut combler les aspirations les plus intimes du cœur de l’homme… Par la puissance de l’Esprit Il répand en nous la charité divine, nous rend capables d’aimer notre prochain et prêts à nous mettre à son service… Et celui qui se laisse conduire par l’Esprit comprend que se mettre au service de l’Evangile n’est pas une option facultative, parce qu’il sent combien il est urgent de transmettre aussi aux autres cette Bonne Nouvelle ». S’inscrivant dans la lignée de ses prédécesseurs immédiats, le pape Benoît XVI rappelle qu’« annoncer l’Evangile et témoigner de la foi est aujourd’hui plus que jamais nécessaire. Certains pensent que présenter le trésor précieux de la foi aux personnes qui ne la partagent pas signifie être intolérants envers eux, mais il n’en est pas ainsi, car proposer le Christ ne signifie pas l’imposer… aujourd’hui encore il faut des disciples du Christ qui n’épargnent pas leur temps ni leur énergie pour servir l’Evangile… En particulier, je vous assure que l’Esprit de Jésus vous invite aujourd’hui vous, jeunes, à être porteurs de la belle nouvelle de Jésus aux jeunes de votre âge… Que chacun de vous ait le courage de promettre à l’Esprit Saint d’amener un jeune à Jésus-Christ, de la façon qu’il considère la meilleure, sachant « rendre compte de l’espérance qui est en lui, avec douceur’… Mais pour atteindre ce but, chers amis, soyez saints, soyez missionnaires, puisqu’on ne peut jamais séparer la sainteté de la mission. N’ayez pas peur de devenir des saints missionnaires comme Saint François Xavier, qui a parcouru l’Extrême-Orient en annoçant la Bonne Nouvelle jusqu’au bout de ses forces, ou comme Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus,  qui fut missionnaire tout en n’ayant pas quitté le Carmel : autant l’un que l’autre sont ‘patrons des missions’. Soyez prêts à mettre en jeu votre vie pour éclairer le monde de la Vérité du Christ ; pour répondre avec amour à la haine et au mépris de la vie ; pour proclamer l’espérance du Christ ressuscité dans tous les coins de la terre ».
 
Le pape Benoît XVI conclut son Message en invitant les jeunes à participer nombreux aux XXIIIe Journées mondiales de la jeunesse de Sydney 2008, « ce sera une occasion providentielle d’exprimer pleinement la puissance de l’Esprit Saint », et à consacrer du temps à la prière et à la formation spirituelle sur ce dernier tronçon du chemin de préparation, « afin qu’à Sydney vous puissiez renouveler les promesses de votre baptême et de votre confirmation. Ensemble nous invoquerons l’Esprit Saint, demandant avec confiance à Dieu le don d’une Pentecôte renouvelée pour l’Eglise et pour l’humanité du troisième millénaire ».
 
 
 
 

Lien : Message intégral du pape pour les 23èmes journées mondiales de la jeunesse


« En ce moment, je me souviens du 22 octobre 1978, quand le Pape Jean-Paul II commença son ministère ici, sur la Place Saint-Pierre. Les paroles qu’il prononça alors résonnent encore et continuellement à mes oreilles : « N’ayez pas peur, au contraire, ouvrez tout grand les portes au Christ ». Le Pape parlait aux forts, aux puissants du monde, qui avaient peur que le Christ les dépossède d’une part de leur pouvoir, s’ils l’avaient laissé entrer et s’ils avaient concédé la liberté à la foi. Oui, il les aurait certainement dépossédés de quelque chose : de la domination de la corruption, du détournement du droit, de l’arbitraire. Mais il ne les aurait nullement dépossédés de ce qui appartient à la liberté de l’homme, à sa dignité, à l’édification d’une société juste. Le Pape parlait en outre à tous les hommes, surtout aux jeunes. En quelque sorte, n’avons-nous pas tous peur - si nous laissons entrer le Christ totalement en nous, si nous nous ouvrons totalement à lui - peur qu’il puisse nous déposséder d’une part de notre vie ? N’avons-nous pas peur de renoncer à quelque chose de grand, d’unique, qui rend la vie si belle ? Ne risquons-nous pas de nous trouver ensuite dans l’angoisse et privés de liberté ? Et encore une fois le Pape voulait dire : Non ! Celui qui fait entrer le Christ ne perd rien, rien, absolument rien de ce qui rend la vie libre, belle et grande. Non ! Dans cette amitié seulement s’ouvrent tout grand les portes de la vie. Dans cette amitié seulement se dévoilent réellement les grandes potentialités de la condition humaine. Dans cette amitié seulement nous faisons l’expérience de ce qui est beau et de ce qui libère. Ainsi, aujourd’hui, je voudrais, avec une grande force et une grande conviction, à partir d’une longue expérience de vie personnelle, vous dire, à vous les jeunes : n’ayez pas peur du Christ ! Il n’enlève rien et il donne tout. Celui qui se donne à lui reçoit le centuple. Oui, ouvrez, ouvrez tout grand les portes au Christ, et vous trouverez la vraie vie. Amen ».

 

Source

« Chers amis, […] je sais que votre jeunesse est piégée par l'appel des gains faciles, de la tentation de se réfugier dans les paradis artificiels ou de se laisser attirer par des formes fausses de satisfaction matérielle. Ne vous laissez pas enjôler par les pièges du mal ! Recherchez plutôt une existence riche de valeurs, pour donner vie à une société plus juste et plus ouverte au futur. Faites fructifier les dons dont Dieu vous a comblés avec la jeunesse : la force, l'intelligence, le courage, l'enthousiasme et l'envie de vivre. C'est à partir de ce bagage, en comptant toujours sur le soutien divin, que vous pourrez alimenter en vous et autour de vous l'Espérance. Il dépend de vous et de votre cœur de faire en sorte que le progrès se transforme en un bien majeur pour tous. Et la voie du bien - vous le savez - a un nom : il s'appelle Amour. Dans l'Amour, seulement, dans l'Amour authentique, on trouve la clé de chaque espoir, parce que l'Amour a sa racine en Dieu.

 

[…] Le Christ, cependant, est exigeant et fuit les demi-mesures. Il sait pouvoir compter sur votre générosité et votre cohérence : pour cela, il attend beaucoup de vous. Suivez-Le fidèlement et, pour pouvoir Le rencontrer, aimez son Église, sentez-vous en responsables ! […] Voilà un point sur lequel je voudrais appeler votre attention : cherchez à connaître l'Église, à la comprendre, à l'aimer, en prêtant attention à la voix de ses Pasteurs. Elle est composée d'hommes, mais le Christ en est le Chef et son Esprit la guide solidement. De l'Église, vous êtes le visage jeune : ne lui faites donc pas manquer votre contribution, afin que l'Évangile qu'elle proclame puisse se répandre partout. Soyez des apôtres de vos contemporains !

 

 

 

« Soyez toujours jeunes ! La "vraie jeunesse" n'est pas une question d'années ou d'efficacité, cela ne veut pas dire être à la mode ou suivre des "mythes voyants" et les "mensonges diffus", mais se montrer bons et généreux. La vraie bonté, c'est Jésus. Mais hélas, il y a des jeunes qui sont vieux intérieurement tout en ne manquant pas de biens terrestres. Ce qui leur manque, c'est la chose la plus importante, ce quelque chose qui remplit vraiment l'âme. […] Pour être sincère, nous devons dire que pour beaucoup, l'avenir est aussi obscur, plein de menaces. On se demande : ‘Est-ce que je trouverai un emploi ? Est-ce que je trouverai une maison ? Est-ce que je trouverai l'amour ? Quel sera mon véritable avenir ?' Et devant ces menaces l'avenir peut aussi apparaître comme un grand vide. C'est pourquoi beaucoup veulent arrêter le temps par peur d'un avenir dans le vide ; ils veulent consommer immédiatement toutes les beautés de la vie, et ainsi, l'huile de la lampe est consommée au moment où la vie devrait commencer. Il est important de choisir les vraies promesses, qui ouvrent à l'avenir, même avec des renoncements. Qui a choisi Dieu a encore dans la vieillesse un avenir sans fin, et sans menaces devant soi. […] Allez, chers jeunes, dans les différents milieux de vie, dans vos paroisses, dans les quartiers les plus difficiles, sur les routes ! Annoncez le Christ Seigneur, espérance du monde. Plus l'homme s'éloigne de Dieu, sa Source, plus il se perd lui-même, la coexistence humaine devient difficile, et la société s'effeuille. Soyez unis entre vous, aidez-vous à vivre et à grandir dans la foi et dans la vie chrétienne, pour pouvoir être des témoins ardents du Seigneur. Soyez unis, mais pas renfermés. Soyez humbles, mais pas peureux. Soyez simples mais pas ingénus. Soyez réfléchis mais pas compliqués. Entrez en dialogue avec tous, mais soyez vous-mêmes. Restez en communion ». (Benoît XVI, Dimanche 18 mai 2008)

promesse.jpg

"Vivre sans temps morts et jouir sans entraves". Ce slogan programmatique de Mai 68, si séduisant et si facile, est entré en application progressive depuis quarante ans : nous avons eu la contraception, l'avortement, l'amour libre, la facilitation du divorce, la diffusion du concubinage, la reconnaissance de l'homosexualité, etc... autant de "libérations" qui ont montré et montrent toujours davantage, à mesure que le processus s'accélère et entraîne tout sur son passage (selon le fameux effet "boule de neige", la dynamique de l'emballement idéologique), ses effets pervers. Misère morale, misère sociale, misère affective, misère sentimentale, misère sexuelle, misère amoureuse.

 

 

 

elephantkiss.jpegLe grand mensonge de la libération sexuelle a mené à l'aliénation sexuelle, de même que l'illusion de l'émancipation de la femme a conduit à sa chosification barbare et marchande. Du féminisme à l'étalage pornographique, le raccourci est saisissant. Du "jouir sans entraves", on est vite passé au "jouir sur commande", zappette en main. Et puisque Thanatos n'est jamais loin d'Eros, voyons où nous mène le "vivre sans temps morts" : suicide, euthanasie, culture de mort. Mort, où est ton dard, où est ta victoire ? Aujourd'hui, partout, dans toutes les interstices de la vie, jusqu'à l'intimité sexuelle où ce qui donne la vie est changé en ce qui cause la mort. Mais sans doute, le désastre n'étant pas assez complet, il faut aller plus loin, toujours plus avant dans l'émancipation de l'humanité de l'oppression biologique qu'elle subit : gender studies (études de genre) à l'appui, soutenons le droit au transsexualisme, garanti par la loi et remboursé par la Sécurité sociale... Et ainsi, de nihilisme en nihilisme, parviendrons-nous à affranchir l'humanité du dernier obstacle à sa liberté : elle-même. « Au nom de rien on supprimera l'homme; On supprimera le nom de l'homme; Il n'y aura plus de nom; Nous y sommes ». (Armand Robin). [...] Le sexualisme soixante-huitard, l'idéologie sexuelle de la société de consommation, sous ses appels à la jouissance et au plaisir, révèle sa vraie nature : un nihilisme négateur de la chair, de sa beauté propre comme de ses servitudes. Une aliénation déguisée en émancipation, une fois de plus, une négation grimée en affirmation. De "l'esprit qui toujours nie", le oui est encore un non. Le pansexualisme contemporain est tout sauf une défense et illustration du sexe, du plaisir, du désir, de la jouissance. Il est leur réduction à un subjectivisme consumériste, à une mécanique hédoniste vouée à l'insatisfaction et à la perversion. L'érotisme spectaculaire de l'époque n'est qu'une pornographie vénale. Voici le temps du sexe triste et du coït solitaire - plus solitaire encore - à mesure qu'on multiplie les partenaires. Masse et solitude vont de pair. En toute chose, on a congédié le visage, la personne, le temps, la durée, l'attente, le don sans retour, l'engagement, la fidélité : on a cru libérer le sexe, on n'a fait que licencier l'amour, lui préférant la fausse intensité d'expériences passagères qui sont autant d'échecs, quantité n'a jamais remplacé qualité.

 

L'idéologie hédoniste et son impératif catégorique de jouissance - voire de performance -, voilà le grand tue-l'amour de notre temps. "Je jouis, donc je suis". Le nombrilisme a toujours existé, mais jamais il ne s'est autant affiché, glissant sous la ceinture qui plus est. [...] Mai 68, ou l'enterrement de l'amour. On se souvient que Léo Ferré chantait Amour anarchie. Mais on a oublié que le pouvoir libérateur de la passion ne s'exerce que s'il existe des normes à dépasser. Aujourd'hui, on cherche ces normes en vain. Tout est permis et donc rien n'est amoureusement possible. Le cœur n'a plus de raisons secrètes quand la raison s'est affectée. Dans un monde en totale ébullition, où les hommes cherchent sans arrêt à s'oublier dans le divertissement, l'amour ne pourra se perpétuer, et avec lui l'âme humaine, que s'il redevient ce qu'il est, c'est-à-dire le fondement stable et indestructible de notre humanité. Le paradoxe est qu'il ne suffit pas pour cela que d'un mot et du courage de s'y tenir. Bernanos écrivait, il y a maintenant longtemps : « Je voudrais que la jeunesse de France fasse le serment de ne plus mentir ». Ne serait-ce pas le moment, ne serait-ce pas la tâche de cette génération ?

 

L'enterrement de l'amour, par Jacques de Guillebon et Falk van Gaver

Extrait de "Valeurs Actuelles" de la semaine du 11 au 17 avril 2008

Widget Vatican.va

Liens (1)

 

 

 

 

 

 

logofc

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 








Actualité du livre

 

 

 

 

 


 

 

 

 

 

 


 

 

 

 

 

 


 

 

 

Admin / Twitter

oiseau-twitter2.gif

 

 

Depuis janvier 2006,
site administré par de
jeunes laïcs catholiques.
 
 
CONTACT
 

 


 

 
coolpape.jpg