Quatre jeunes catholiques âgés de 20 à 24 ans ont été condamnés lundi par le tribunal républicain de Pau à suivre un stage de citoyenneté de deux jours pour avoir détruit des distributeurs de préservatifs fin août 2008 à Pau en expliquant lors de leur interpellation avoir agi par conviction religieuse. Motif invoqué par le tribunal ? : « Ce n'est pas la loi d'une église mais celle de la République qui s'applique quelles que soient les convictions religieuses ». En 39-45, c'était déjà le même discours. Les lois du "Reich" s'appliquaient contre la majorité des catholiques en résistance. Que ces jeunes gens se rassurent, au jugement final, c'est le Tribunal de Dieu qui aura le dernier mot, pas celui de la "République" ! 


Dieu de tendresse, nous t'offrons la jeunesse d'aujourd'hui
pleine de vie et en quête de sens.
Que la lumière de ta grâce
guide chacun de ces jeunes dans leurs défis de chaque jour.
Viens révéler à chaque jeune sa valeur,
qu'il se sache aimé de Toi,
et qu'il reconnaisse qu'il est apprécié
par les adultes qu'il côtoie.
À ces jeunes, fais don de l'espérance
pour qu'ils croient en demain,
pour qu'ils aient confiance en leur capacité
de changer quelque chose dans le monde dès maintenant.
Accorde-leur le don de la joie
pour qu'ils puissent célébrer la vie dans la vérité.
Et pour nous-mêmes, nous te demandons, Seigneur,
l'amour, la patience et la foi en la jeunesse.
Que notre regard, à la fois lucide et tendre,
nous permette de saisir les talents de cette jeunesse.
Ainsi nous pourrons leur offrir des défis pastoraux
à la mesure de leurs capacités et de leurs soifs.
Mais surtout, donne-nous le courage d'une conversion continuelle
pour que nous soyons pour eux des témoins signifiants.
Nous te le demandons au nom de Jésus.
Amen.

Dans nos paroisses, des animateurs liturgiques et les « dames-catéchistes » imaginent des « messes pour les jeunes ». Les jeunes s’y ennuient beaucoup mais comme ils sont polis ils ne disent rien et pour tuer le temps, ils font ce que les adultes ont prévu qu’ils fassent : rondes autour de l’autel, collages de petits papiers fabriqués durant les heures de catéchèse, mise à l’écart de l’assemblée durant la liturgie de la Parole... etc. Les jeunes sont surpris de voir des adultes se lancer dans des activités de gamins qui, en ôtant tout caractère sacré à la liturgie, transforment les célébrations en occupations qui ne transmettent plus rien. Mgr Georg Ratzinger, le frère de Benoît XVI, qui a formé de nombreux enfants à la musique sacrée, déclare : « On dit de plus en plus que la jeunesse se moque bien de l’Eglise (...). C’est l’inverse : beaucoup de jeunes sont spontanément attirés par l’Eglise une fois qu’ils ont compris que le quotidien ne peut répondre à leurs questions ni donner un sens à leur vie, et qu’il faut tout de même quelque chose de plus pour y parvenir : la foi. »Ces propos sont très juste : ils expliquent que les jeunes ne seront jamais attirés par l’Eglise tant qu’ils ne trouveront dans les églises que des liturgies calquées sur ce qu’ils ont déjà dans le quotidien. En venant dans une église, les jeunes doivent y découvrir du sérieux et du sacré et non des célébrations bricolées imaginées par des adultes totalement coupés des réalités et des aspirations profondes de la jeunesse. 

 

Tout cela montre bien que les « messes des jeunes » sont, en plus d’être parfaitement anti-liturgiques, totalement anti-pédagogiques. Au demeurant, les jeunes ne s’y trompent pas : on ne les voit jamais « jouer au prêtre » comme ils le faisaient du temps où les messes étaient en latin et selon le missel tridentin. Et dès qu’ils gagnent en esprit critique, ils ne mettent plus les pieds à l’église. Et face à certains délires de personnes "adultes", ils ont bien raison !

Paroles de James J. Quinn, jésuite ; chanté par le groupe "L'Angelus" :

 

 

"L'Angelus" est un groupe américain (du Dakota du Nord)

composé de 4 frères et soeurs (sur un total de huit en famille) 

 


1. This day God gives me 
Strength of high heaven,
Sun and moon shining,
Flame in my hearth,
Flashing of lightning,
Wind in its swiftness,
Deeps of the ocean,
Firmness of earth.
2. This day God sends me
Strength as my guardian,
Might to uphold me,
Wisdom as guide.
Your eyes are watchful,
Your ears are list’ning,
Your lips are speaking,
Friend at my side.
3. God’s way is my way,
God’s shield is ’round me,
God’s host defends me,
Saving from ill.
Angels of heaven,
Drive from me always
All that would harm me,
Stand by me still.
4. Rising I thank you,
Mighty and Strong One,
King of creation,
Giver of rest,
Firmly confessing
Threeness of Persons,
Oneness of Godhead,
Trinity blest.

 

 

Lien : Site web officiel du groupe

Je revois ce jeune, d’une vingtaine d’années, désireux de suivre le Christ, qui se désolait de ses tentations et de ses chutes au niveau de la chasteté. Il en était obsédé et frappait à toutes les adresses pour être délivré de ce qui l’inquiétait à longueur de temps. Nous voyons avec cet exemple que nous avons tendance à percevoir la pureté d’un point de vue moral et à nous focaliser sur la sexualité. On se positionne alors, soit du côté de l’indifférence, du laxisme, d’une « liberté sexuelle » tout azimut ; soit du côté de l’intransigeance, du pharisaïsme ou du puritanisme… Entre les deux, beaucoup entretiendront un sentiment de culpabilité. Ceux qui pratiquent le sacrement de la Réconciliation courront vers le prêtre pour confesser d’abord les péchés d’impureté liée à la sexualité, en oubliant des péchés peut-être plus importants dans l’ordre de l’amour...

 

 

 

La notion de pureté à l’époque de Jésus est différente de celle que nous connaissons aujourd’hui. Dans les Évangiles, la notion de pureté et d’impureté est celle que l’on rencontre dans la Loi de Moïse. Jésus n’est pas venu pour abolir la Loi, mais l’accomplir, même si c’est dans un dépassement que nous montrera la « nouvelle loi » des Béatitudes. Dans la loi juive, une femme sera considérée comme impure lorsqu’elle a ses règles. Ce flot de sang montre qu’il n’y a pas eu fécondation. [...] De même, tout écoulement séminal, provoqué ou non, rend l’homme impur parce qu’il n’y a pas eu fécondation. [...] On prend alors une mikvé, un bain rituel, pour se purifier et se remettre en état de donner la vie. La pureté rituelle est donc intimement liée à la vie. Jésus dépasse cette Loi et nous montre que l’important est l’unité de la personne. L’observation de règles extérieures ne suffit pas ! Il reproche aux pharisiens de se satisfaire d’observances, de « purifier le dehors de la coupe » (Matthieu 23, 25) en négligeant « l’intérieur », c’est-à-dire les intentions du cœur souvent rempli « de rapine et d’intempérance ! » (v.26). « Malheur à vous, hypocrites ! » (v.27). Étymologiquement, l’ « hypocrite » est celui qui se compose, sciemment ou non, un masque. Il s’occupe de son apparence et de sa réputation vis-à-vis de son propre regard et de celui des autres. Il entre en fait dans un véritable esclavage qui n’a rien à voir avec la glorieuse liberté des enfants de Dieu, de ceux qui vivent avant tout sous le regard du Père ! C’est ce rendez-vous avec Dieu, dans la chambre secrète de notre cœur, qui importe et la volonté de lui plaire, c’est-à-dire d’être heureux et de rendre heureux, dans le respect des personnes. Celui qui se disperse dans ses mauvaises pensées, paroles ou regards, dans certaines relations, dans une vie dissolue… justement se dissout ! Il ne se retrouve plus intérieurement ; il est divisé. Celui qui « rassemble son cœur » (Psaume 86, 11), se contient (en lui, toute sa personne est là !) dans un désir de fidélité à soi, aux autres et à Dieu. Il s’unifie et se rend plus disponible aux autres et à lui-même. Nous rejoignons ce qui résume selon Jésus toute la Loi : « Aimer Dieu de toutes ses forces et aimer son prochain comme soi-même » (Matthieu 22, 37-39). Le cœur partagé s’éloigne de ce double commandement de l’amour. Sa relation à Dieu, à soi et à ses frères est parasitée. Les raisons de désirer une pureté du cœur ne viennent donc pas d’un désir de pureté pour la pureté, mais du gage de vie et de bonheur qu’elle promet. Face aux pharisiens, Jésus nous met en garde contre le piège de l’illusion qui consiste à « se mettre en règle », simplement pour se satisfaire à ses propres yeux. Cette illusion, dans le domaine de la pureté comme ailleurs, peut nous conduire à un orgueil spirituel souvent plus dangereux que les chutes inhérentes à notre faiblesse ! Le père Molinié cite à ce sujet Sainte Thérèse de Lisieux : « C’est étonnant comme les âmes perdent facilement la paix à propos de la vertu de pureté ! Le démon ne l’ignore pas, c’est pourquoi il les tourmente tant à ce sujet. Et pourtant, il n’y a pas de tentation moins dangereuse que celle-là. Soyez sûre qu’une tentation d’orgueil est bien plus dangereuse et le bon Dieu bien plus offensé quand on y succombe que lorsqu’on fait une faute, même grave, contre la pureté. Une tentation d’orgueil devrait être crainte plus que le feu, tandis qu’une tentation contre la pureté ne peut qu’humilier notre âme et par là lui faire bien plus de bien que de mal ». Derrière l’illusion et l’orgueil spirituel se cache une méconnaissance de soi. Ce que Jésus touche du doigt auprès des pharisiens, c’est leur duplicité, c’est d’avoir le cœur mélangé et surtout de ne pas s’en apercevoir ! « Ta parole en se découvrant illumine et les simples comprennent » (Psaume 119, 130). Il ne s’agit pas d’être « simplet » ! C’est la « simplicité » ou la « droiture » de cœur, termes chers au psalmiste… Mais qui a le cœur vraiment pur ? En hébreu, on désigne le cœur par le pluriel haramim pour désigner en nous le bon et le mauvais penchant. Nos intentions sont souvent mélangées et nous avons besoin du chemin de toute une vie pour qu’elles se purifient. Nous voudrions avoir tout, tout de suite ! Or, comme dans tout art, la pureté du cœur nécessite du temps ! « La pureté est une poire qui ne se mange pas d’un coup ! » dit Saint Séraphim de Sarov. Il faut avoir l’humilité de le reconnaître, et pour cela se connaître un tant soit peu soi-même. La pureté du cœur nécessite donc une pauvreté du cœur, un dépouillement par lequel les illusions s’en vont. C’est ce travail de simplification par la grâce auquel les pharisiens, sûrs de leur bonne conduite, restent étrangers. Leur cœur obstiné s’est endurci et se sclérose. « Malheureux » sont-ils en effet, puisque leur cœur est devenu « sépulcre blanchi, pleins d’ossements de morts et de pourriture » (Matthieu 23, 27). Jésus dira aussi : « Ce peuple m’honore des lèvres, mais leur cœur est loin de moi » (Matthieu 15, 8) ou encore : « Ce qui sort de la bouche, voilà ce qui souille l’homme » (v.11), signifiant que « les mauvais desseins, meurtres, adultères, débauches, vols, diffamations » (v.19) procèdent du cœur avant tout et non de l’extérieur.

 

Vu le nombre de nos tentations et de nos chutes, un autre piège sera de porter jusqu’à l’obsession le désir d’une pureté impossible et d’entretenir une culpabilité qui nous empêcherait d’aller à Dieu. Devant ce constat d’échec, nous pouvons céder à la tentation d’acédie (paresse spirituelle et dégoût de Dieu) ou de désespoir (autre versant de l’orgueil). C’est, cette fois, ignorer toute la tendresse et l’infinie miséricorde de Dieu ! La sainteté est avant tout un chemin d’humilité confiante qui demande à la fois notre collaboration et notre abandon à la grâce. Or, après le péché, l’homme se couvre de honte et se coupe de la grâce. Il se cache de Dieu ! Après la chute, dans le jardin d’Eden, Dieu est toujours au rendez-vous et cherche celui qu’il aime inconditionnellement comme son Fils unique : « Adam, où es-tu ? » (Genèse 3, 9). La pureté du cœur n’est pas de ne jamais chuter, mais de se relever aussi vite que l’on est tombé ! C’est d’avoir le courage de revenir sans cesse. C’est la magnifique parabole de l’enfant prodigue (Luc 15) qui montre à la fois le repentir du fils et la prodigalité d’amour du père. « Heureuse faute qui nous valut un tel Rédempteur ! » nous dit Saint Paul. Jésus, le seul juste, le seul pur, est venu pour nous sauver. Il est le médecin de nos âmes. Allons à l’Eucharistie chercher la source et le remède plutôt que de s’en éloigner sous prétexte d’indifférence ou d’indignité. Dieu est amour et miséricorde. Nous verrons au Ciel combien nos péchés ne sont qu’une goutte d’eau perdue dans l’océan de son Amour ! Bien sûr, ne pas nous justifier de nos péchés, mais revenir à l’amour dans les sacrements et vis-à-vis de nos frères ; car « la charité couvre une multitude de péchés » (1 Pierre 4, 8) et nous décentre de nous-mêmes. Jésus dit de la femme pécheresse qui le couvrit de parfum : « Ses nombreux péchés lui sont remis parce qu’elle a montré beaucoup d’amour. » (Luc 7,47). L’amour est un feu qui brûle tout : il suffit d’un geste, d’un sourire, d’un service rendu pour que la « pompe de l’amour » en nous soit réactivée ! Mendions la grâce, prions Marie, la toute pure, celle qui est incapable de retour sur elle-même ! Au ciel, nous serons transformés complètement et rendus participants de cette transparence et de cette communion qui lient, tout en les différenciant, les trois Personnes de la Trinité en un seul Dieu, le Dieu de toute Vérité, Beauté et Bonté ! « Nous lui serons semblables, car nous le verrons tel qu’il est. Quiconque a cette espérance en lui, se rend pur comme celui-là est pur » (1 Jean 3, 2-3).

 

Frère Bernard de Clairvaux (Communauté des Béatitudes)

Extrait de "Feu & Lumière" n° 234 de Décembre 2004

Nos encouragements et nos prières pour ces jeunes Versaillais :



« Heureux serez-vous quand on vous persécutera à cause de Moi… »

sydney2I. « Les Journées Mondiales de la Jeunesse me remplissent de confiance pour l’avenir de l’Eglise et pour l’avenir de notre monde » (Benoît XVI)

 

La cérémonie de bienvenue au Pape Benoît XVI a eu lieu le jeudi 17 dans la matinée au Palais du Gouvernement de Sydney, en présence des Autorités civiles et religieuses australiennes. Arrivé dimanche dernier en Australie, le Saint-Père a passé quelques jours de repos ; il a remercié pour l’hospitalité et pour l’accueil, et a rappelé le but de sa visite à la Nation, les 23° Journées Mondiales de la Jeunesse. « Certains pourraient se demander ce qui pousse des milliers de jeunes à entreprendre un voyage qui, pour beaucoup d’entre eux, est long et fatigant, afin de participer à un événement de ce genre. Depuis les Premières Journées Mondiales de la Jeunesse, en 1986, il a été évident qu’un grand nombre de jeunes appréciait l’occasion de se retrouver ensemble pour approfondir leur propre foi dans la Christ, et partager les uns les autres une expérience heureuse de communion en son Eglise. Ils ont besoin d’écouter la Parole de Dieu, et d’apprendre plus de choses sur leur foi chrétienne. Ils sont désireux de prendre part à un grand événement qui met en évidence les grands idéaux qui les inspirent, et ils retournent chez eux remplis d’espérance, renouvelés dans leur décision de construire un monde meilleur. Pour moi, c’est une joie d’être avec eux, de prier avec eux, et de célébrer l’Eucharistie avec eux. Les Journées Mondiales de la Jeunesse me remplissent de confiance pour l’avenir de l’Eglise et pour l’avenir de notre monde ». Retraçant l’histoire du Continent, le Saint-Père a déclaré : « L’Eglise en Australie, outre le fait qu’elle est la plus jeune parmi les Eglises des différents Continents, est aussi une des plus cosmopolites ». Le premier établissement européen, vers la fin du XVIII° siècle, témoigne que le Pays a accueilli les émigrés venus d’Europe et de toutes les parties du monde. « Pendant des milliers d’années, déjà avant l’arrivée des colons occidentaux, les seuls habitants de ce sol étaient toutefois des personnes originaires du Pays, des Aborigènes et des Insulaires du Détroit de Torres ». Le Saint-Père a cité alors « la décision courageuse du Gouvernement australien de reconnaître les injustices commises dans le passé à l’égard des peuples indigènes », grâce à laquelle on fait de grands pas en avant pour « parvenir à une réconciliation fondée sur le respect réciproque ». L’engagement à combler le fossé entre les Australiens indigènes et non indigènes, dans tous les domaines, et cet exemple de réconciliation, présentent un signe d’espérance « dans tout le monde, pour ces peuples qui désirent ardemment voir reconnus leurs droits, et reconnue et promue leur contribution à la société ». Après avoir rappelé la contribution apportée par les catholiques arrivés sur cette terre pour la construction de la Nation, et particulièrement dans le domaine de l’éducation et de la santé, le Pape Benoît XVI a cité la première Bienheureuse australienne, sœur Mary MacKillop : Sa persévérance face aux adversités, ses interventions pour défendre tous ceux qui étaient traités injustement, et l’exemple concret de sainteté, sont devenus une source d’inspiration pour tous les Australiens ». La communauté catholique continue aujourd’hui encore, dans un contexte plus sécularisé, à apporter sa contribution importante à la vie nationale, par l’éducation et la santé, « mais spécialement en indiquant la dimension spirituelle des questions qui sont le plus en évidence dans le débat contemporain ». Des milliers de jeunes sont venus en Australie ces jours derniers : aussi est-ce un devoir de réfléchir sur quelle sorte de monde nous remettons aux futures générations, a déclaré le Saint-Père : « Les merveilles de la création de Dieu nous rappellent la nécessité de protéger le milieu, et d’exercer une administration responsable des biens de la terre… De la même manière, pour ce qui concerne le milieu humain, ce Pays a soutenu généreusement les opérations internationales pour le maintien de la paix, en contribuant à la résolution de conflits dans le Pacifique, dans le Sud-est Asiatique et ailleurs. En raison des nombreuses traditions religieuses représentées en Australie, c’est un terrain particulièrement fertile pour le dialogue œcuménique ou interreligieux ». Enfin, le Saint-Père est revenu sur la raison principale de sa visite : « Je suis ici pour rencontrer les jeunes, d’Australie et de toutes les parties du monde, et pour prier pour une nouvelle effusion du Saint-Esprit sur tous ceux qui prendront part à nos cérémonies… Je prie pour que le Saint-Esprit apporte un renouveau spirituel à ce Pays, au Peuple australien, à l’Eglise en Océanie, et, en vérité, jusqu’aux extrémités de la terre. Les jeunes aujourd’hui se trouvent face à une variété déconcertante de choix de vie, en sorte que pour eux, il est parfois ardu de savoir comment orienter au mieux leur idéal et leur énergie. C’est l’Esprit qui donne la sagesse pour discerner le chemin jute, et l'encourage pour le parcourir ». Après la cérémonie de bienvenue, le Saint-Père s’est rendu à la "Mary MacKillop Memorial Chapel" de Sydney où se trouve la tombe de la première Bienheureuse australienne Mary MacKillop, co-fondatrice des Sœurs de Saint Joseph ; il s’y est recueilli en prière, et a été accueilli par une centaine de Religieuses de la Congrégation. Puis il a rendu une visite de courtoisie au Gouverneur Général de l’Australie et Représentant de la Reine Elizabeth II, le Général Michael Jeffery, à la Drawing Room de l’Admiralty House de Sydney, où il a eu un bref entretien avec le Premier Ministre, M. Kevin Rudd.

 

 

 

 

 

II. « Notre cœur et notre esprit désirent ardemment une vision de la vie où règne l’amour, où les dons soient partagés, où s’édifie l’unité, où la liberté trouve sa propre signification dans la vérité, et où l’identité soit trouvée dans une communion respectueuse »

 

Le jeudi 17 dans l’après-midi, le Pape Benoît XVI est arrivé au Môle de Rose Bay, où il a été accueilli par des danses et des chants traditionnels, par les Chefs les plus anciens de la Population Aborigène d’Australie. Puis le Saint-Père s’est embarqué sur le bateau "Sydney 2000" pour se rendre au Môle de Barangaroo, pour la fête d’accueil des jeunes. Là, un groupe de jeunes aborigènes australiens et de jeunes de la région du Pacifique, ont entonné des chants indigènes et le « Tu es Petrus ». Après le salut de l’Archevêque de Sydney le Cardinal George Pell, et du Président de la Conférence Episcopale d’Australie, S. Exc. Mgr Philip Edward Wilson, le Saint-Père a prononcé son premier discours destiné aux jeunes. « Quel que soit le Pays d’où nous provenons, a déclaré le Saint-Père, finalement, nous sommes ici, à Sydney ! Et, ensemble, nous sommes présents dans ce monde qui est le nôtre comme Famille de Dieu, comme Disciples du Christ, confirmés par son Esprit pour être des témoins de son Amour et de sa Vérité à la face de tous ». Le Saint-Père a remercié les Anciens des Aborigènes pour leur bienvenue et a déclaré qu’il était « profondément ému », en connaissant les souffrances et les injustices perpétrées sur cette terre, « mais conscient aussi de l’amélioration et de l’espérance à présent en cours ». Devant moi, je vois une image vibrante de l’Eglise Universelle. La variété des Nations et des cultures dont vous provenez, démontre que, véritablement, la Bonne Nouvelle du Christ est pour tous et pour chacun ; elle a atteint les extrémités de la terre. Et toutefois, je sais aussi qu’un bon nombre d’entre vous est toujours à la recherche d’une patrie spirituelle. Plusieurs parmi vous, qui sont absolument les bienvenus parmi nous, ne sont pas catholiques ni chrétiens. D’autres, parmi vous, peut-être, se trouvent à la limite de la vie de la paroisse et de l’Eglise. Je désire vous offrir à tous mon encouragement : approchez-vous de l’embrassement affectueux du Christ ; reconnaissez l’Eglise comme étant votre maison. Personne n’est obligé de rester à l’extérieur, parce que, depuis le jour de la Pentecôte, l’Eglise est Une et Universelle ». Le Saint-Père a exprimé une pensée particulière pour les malades, pour les handicapés mentaux, pour les jeunes en prison, pour tous ceux qui peinent en marge de nos sociétés, et à ce qui, pour une raison ou pour une autre, se sentent rejetés par l’Eglise. « A eux tous, je dis : Jésus est proche de toi ! Fais l’expérience de son accolade qui guérit, de sa compassion, de sa miséricorde ! ». Puis, le Saint-Père a rappelé l’événement de la Pentecôte, comme il est raconté dans les Actes des Apôtres : « En ce moment extraordinaire, qui marqua la naissance de l’Eglise, la confusion et la peur qui avaient saisi les disciples du Christ, se transformèrent en une conviction vigoureuse et en une conscience d’un but. Ils se sentent poussés à parler de leur rencontre avec Jésus Ressuscité, qu’ils appelaient désormais le Seigneur, de manière affectueuse… Depuis ce moment, des hommes et des femmes sont allés à l’extérieur pour raconter ce même événement, en témoignant de l’Amour du Christ et de sa Vérité, et en contribuant à la Mission de l’Eglise ». Le Saint-Père a invité alors à penser à ces pionniers – prêtres, religieuses et frères – qui arrivèrent en Australie, venus de toutes les parties du monde : « La plus grande partie d’entre eux étaient des jeunes, et même des jeunes de moins de vingt ans… Leur vie fut un témoignage chrétien privé de tout intérêt égoïste. Ils devinrent des bâtisseurs humbles mais tenaces d’une très grande partie de l’héritage social et spirituel qui apporte aujourd’hui encore la bonté, la compassion, et un but à ces Nations. Et ils furent capables d’inspirer une autre génération ». Le Saint-Père cita à ce sujet, la Bienheureuse Mary MacKillop et le Bienheureux Peter To Rot, en invitant les jeunes à regarder eux aussi à leurs grands-parents et à leurs parents, « les premiers maîtres dans la foi ». Durant le vol qui le conduisait en Australie, le Saint-Père a déclaré qu’il avait apprécié de manière particulière la « magnifique « vue de notre planète : « Le miroitement de la Méditerranée, la magnificence du désert nord-africain, la forêt luxuriante de l’Asie, la vaste étendue de l’Océan Pacifique, l’horizon sur lequel se lève et se couche le soleil, la splendeur majestueuse de la beauté naturelle de l’Australie… Plongés dans une telle beauté, comment pourrait-on ne pas faire écho aux paroles du Psalmiste pour louer le Créateur : ‘Qu’il est grand ton Nom su toute la terre’ (Psaume 8, 2) ? Mais il y a plus encore, quelque chose qu’il est difficile de percevoir du haut des cieux : des hommes et des femmes, créés rien de moins que à l’image de Dieu et à sa ressemblance. Au cœur de la merveille de la créations, nous sommes, vous et moi, la famille humaine ». Le Pape Benoît XVI a parlé ensuite des « blessures qui marquent la superficie de la terre : l’érosion, la déforestation, le gaspillage des ressources minérales et marines pour alimenter un consumisme insatiable ». Et, parlant de l’homme, sommet de la création de Dieu, le Saint-Père a déclaré : « Chaque jour, nous rencontrons le génie des conquêtes humaines… De nombreuses et différentes manières, croissent de manière constante la qualité et la satisfaction de la vie des gens ». Toutefois, non seulement le milieu naturel, mais aussi le milieu social « ont leurs cicatrices, leurs blessures, qui sont là pour indiquer que quelque chose n’est pas à sa place ». Parmi elles, l’usage de l’alcool et des drogues, l’exaltation de la violence, et la dégradation sexuelle, « présentées souvent par la télévision et par Internet comme divertissement », le relativisme qui amène à séparer des expériences de toute considération de ce qui est bon et vrai. « Chers amis, la vie n’est pas gouvernée par le hasard, elle n’est pas fortuite. Votre existence personnelle a été voulue par Dieu, bénie par lui, et il lui a été donné un but !... Ne vous laissez pas tromper par tous ceux qui voient en vous simplement des consommateurs, dans un marché de possibilités indifférenciées, où le choix en lui-même devient le bien, où la nouveauté se fait passer comme beauté, où l’expérience subjective supplante la Vérité. Le Christ offre bien plus ! Et même, il offre tout ! Lui seul, qui est la Vérité, peut être la Voie, et donc la Vie. Ainsi, la ‘voie’ que les Apôtres ont apportée jusqu’aux extrémités de la terre est la ‘vie’ dans le Christ. C’est la vie de l’Eglise. Et l’entrée dans cette voie, dans la vie chrétienne, c’est le Baptême ». La Saint-Père a alors parlé du Baptême : « Ce Sacrement est une grâce, il est une Oeuvre de Dieu ». Puis il a invité les jeunes, « chez eux, à l’école, à l’université, dans leurs lieux de travail et de divertissement », à se rappeler toujours qu’ils sont « des créatures nouvelles… En tant que chrétiens, vous êtes dans ce monde, en sachant que Dieu a un visage humain, Jésus-Christ, la ‘voie’ qui satisfait tout désir humain, et la ‘vie’ dont nous sommes appelés à donner témoignage, en marchant toujours dans sa lumière ». « La tâche de témoin n’est pas facile » a reconnu le Saint-Père, et aujourd’hui, beaucoup prétendent « que Dieu doit être laissé ‘à l’écart’, et que la religion et la foi, pour autant qu’elles soient acceptables au plan individuel, doivent être ou bien exclues de la vie publique, ou bien utilisées seulement pour obtenir des biens pragmatiques limités ». Cette vision sécularisée veut « former la société avec peu de références, et même sans aucune référence au Créateur… Si Dieu est sans importance dans la vie publique, alors, la société pourra être formée selon une image sans Dieu, et le débat et la politique qui concernent le bien commun, seront menés plus à la lumière des conséquences que des principes enracinés dans la vérité ». L’expérience montre que « le fait de se détacher de Dieu Créateur, entraîne un désordre qui a des répercussions inévitables sur le reste du monde créé » et sur le milieu social lui-même. « La création de Dieu est unique et elle est bonne. Les préoccupations pour la non-violence, pour le développement soutenable, pour la justice et pour la paix, le soin apporté à notre milieu, sont d’une importance vitale pour l’humanité. Mais tout cela ne peut toutefois pas être compris en se passant d’une réflexion profonde sur la dignité innée de chaque vie humaine, depuis sa conception jusqu’à sa mort naturelle, une dignité qui lui est conférée par Dieu et qui est donc inviolable. Notre monde s’est lassé de l’avidité, de l’exploitation et de la division, de l’ennui des fausses idoles et des réponses partielles, et de la peine de fausses promesses. Notre cœur et notre esprit désirent ardemment une vision de la vie où règne l’amour, où les dons soient partagés, où s’édifie l’unité, où la liberté trouve sa propre signification dans la Vérité, et où l’identité soit trouvée dans une communion respectueuse. C’est là l’œuvre du Saint-Esprit ! C’est là l’espérance offerte par l’Evangile de Jésus-Christ. C’est pour rendre témoignage à cette réalité que vous avez été recréés dans le Baptême, et renforcés par les dons du Saint-Esprit à la Confirmation. Que ce soit là le message que vous apportez, de Sydney, au monde ».

 

 

 sydney

 

 

III. « Dans la promotion des valeurs chrétiennes, nous ne devons pas négliger de proclamer la source en donnant un témoignage commun à Jésus-Christ Seigneur. C’est Lui qui a confié la Mission aux apôtres, c’est Lui dont ont parlé les prophètes, et c’est Lui que nous offrons au monde ».

 

Le 18 juillet, à 10 heures 30, dans la Crypte de la St. Mary’s Cathedral de Sydney a eu lieu la rencontre œcuménique du Saint-Père le Pape Benoît XVI avec plusieurs dirigeants d’autres Eglises et Confessions chrétiennes, et avec les membres du New South Wales Ecumenical Council. « L’Australie est un Pays marqué par une grande diversité ethnique et religieuse, a déclaré le Saint-Père. Votre Nation elle aussi est une Nation qui reconnaît l’importance de la liberté religieuse. C’est là un droit fondamental qui, s’il est respecté, permet aux citoyens d’agir sur la base de valeurs enracinées dans leurs convictions les plus profondes, en contribuant ainsi au bien-être de la société tout entière. De cette manière, les chrétiens contribuent, avec les membres des autres religions, à la promotion de la dignité humaine et à l’amitié entre les nations ». Après avoir reconnu les résultats positifs obtenus par le chemin œcuménique en Australie, qui montrent « non seulement qu’il est possible de trouver des solutions concrètes pour une collaboration fructueuse dans le présent, mais aussi que nous avons besoin de poursuivre des discussions patientes sur les points théologiques de divergence ». Le Saint-Père a rappelé que nous célébrions cette année le bimillénaire de la naissance de Saint Paul, « travailleur infatigable en faveur de l’unité dans l’Eglise primitive… Le chemin de l’œcuménisme vise en définitive à une célébration commune de l’Eucharistie, que le Christ a confiée à ses Apôtres comme le Sacrement par excellence de l’unité de l’Eglise. Même s’il y a encore aujourd’hui des obstacles à surmonter, nous pouvons être sûrs que, un jour, l’Eucharistie ne fera que souligner notre décision de nous aimer et de nous servir les uns les autres à l’imitation de Notre Seigneur… Pour cette raison, un dialogue sincère concernant la place de l’Eucharistie – encouragé par une étude nouvelle et attentive de l’Ecriture, des écrits patristiques, et des documents des deux millénaires de l’histoire chrétienne – aidera certainement à faire avancer le mouvement œcuménique, et à unifier notre témoignage à la face du monde ». « Chers amis dans le Christ, a poursuivi le Saint-Père, je pense que vous serez d’accord pour considérer que le mouvement œcuménique est arrivé à un point critique. Pour aller de l’avant, nous devons continuer à demander à Dieu de renouveler nos esprits par la grâce du Saint-Esprit qui nous parle dans les Ecritures et nous guide à la vérité tout entière. Nous devons être en garde contre toute tentation de considérer la doctrine comme source de division, et donc comme empêchement à ce qui semble être la tâche la plus urgente et la plus immédiate pour améliorer le monde dans lequel nous vivons ». Puis le Saint-Père a souligné « l’interconnexion entre le don de connaissance et la vertu de la charité », si bien exprimée par Saint Augustin ; et il a déclaré : « Le dialogue œcuménique avance non seulement par un échange d’idées, mais aussi en partageant des dons qui nous enrichissent mutuellement. Une ‘idée’ a en vue d’atteindre la Vérité ; un ‘don’ exprime l’amour. Tous deux sont essentiels au dialogue. Nous ouvrir nous-mêmes à accepter les dons spirituels d’autres chrétiens encourage notre capacité de percevoir la lumière de la Vérité qui vient du Saint-Esprit ». En prenant en considération les images bibliques complémentaires de « corps » et de « temps » utilisées pour décrire l’Eglise, le Saint-Père a déclaré : « Chaque élément de la structure de l’Eglise est important : mais tous vacilleraient et s’écrouleraient sans la pierre angulaire qu’est le Christ. Comme ‘concitoyens » de cette ‘Maison de Dieu’, les chrétiens doivent travailler ensemble pour faire en sorte que l’édifice reste solide, en sorte que d’autres personnes soient attirées à y entrer et à découvrir les trésors abondants de grâce qui se trouvent à l’intérieur. Dans la promotion des valeurs chrétiennes, nous ne devons pas négliger de proclamer la source en donnant un témoignage commun à Jésus-Christ Seigneur. C’est Lui qui a confié la Mission aux apôtres, c’est Lui dont ont parlé les prophètes, et c’est Lui que nous offrons au monde ».

 

 

 

 

 

IV. « Dans un monde menacé par des formes de violence sinistres et aveugles, la voix commune de tous ceux qui ont un esprit religieux encourage les Nations et les communautés à résoudre les conflits par des instruments pacifiques, dans le plein respect de la dignité humaine ».

 

Après la rencontre œcuménique, le Saint-Père s’est rendu, dans la matinée du 18 juillet, dans la Salle du Chapitre de la St. Mary’s Cathedral, où il a rencontré les représentants d’autres religions. Après les discours de salutation du Cardinal George Pell, du Rabbin Chef de la Grande Synagogue de Sydney, Jeremy Lawrence, et du Cheikh Shardy, le Saint-Père a prononcé un discours dans lequel il a tout d’abord rappelé combien l’Australie était une Nation qui tenait « en grande considération la liberté de religion ». Votre Pays reconnaît que le respect de ce droit fondamental donne aux hommes et aux femmes la possibilité d’adorer Dieu selon leur conscience, d’éduquer leur esprit et d’agir selon leurs convictions éthiques qui découlent de leur credo ». Puis, le Saint-Père a souligné l’importance d’une « corrélation harmonieuse entre la religion et la vie publique », surtout à notre époque où certains considèrent que la religion est « cause de division plutôt que force d’unité… Dans un monde menacé par des formes de violence sinistres et aveugles, la voix commune de tous ceux qui ont un esprit religieux encourage les Nations et les communautés à résoudre les conflits par des instruments pacifiques, dans le plein respect de la dignité humaine ». La religion se met donc au service de l’humanité de différentes manières, dont l’une d’entre elles « consiste à offrir une vision de la personne humaine qui souligne notre aspiration innée à vivre avec magnanimité, en tissant des liens d’amitié avec notre prochain ». En outre, le sens religieux ouvre les hommes et les femmes vers Dieu « et les guide pour découvrir que la réalisation personnelle ne consiste pas dans la gratification égoïste de désirs éphémères. Il nous guide plutôt à aller au-devant des besoins des autres, et à chercher des voies concrètes pour contribuer au bien commun ». Le Saint-Père a rappelé ensuite que les religions enseignaient aux personnes que « le service authentique requérait le sacrifice et l’autodiscipline, qui, à leur tour, doivent être cultivées par l’abnégation, par la tempérance, et par l’usage modéré des biens naturels ». Ainsi, « les hommes et les femmes sont amenés à considérer l’environnement comme une chose merveilleuse à admirer et à respecter, au lieu de le considérer comme une chose utile simplement à consommer. C’est un devoir qui s’impose à ceux qui ont un esprit religieux de démontrer qu’il est possible de trouver de la joie dans une vie simple et modeste, en partageant avec générosité leur propre superflu avec ceux qui sont dans le besoin ». « Ces valeurs sont particulièrement importantes, a insisté le Saint-Père, pour une formation adéquate des jeunes ». Même s’ils sont souvent tentés de considérer la vie « comme un produit de consommation », les jeunes possèdent aussi la capacité du contrôle d’eux-mêmes, et quand se présentent des idéaux élevés, « de nombreux jeunes sont attirés par l’ascétisme et par la pratique de la vertu morale, par le respect de soi et par l’attention envers les autres ». Le Saint-Père a incité ensuite les écoles confessionnelles et les écoles publiques à faire beaucoup plus « pour développer la dimension spirituelle de chaque jeune », en considérant que, en Australie, « la religion a été un facteur décisif dans la fondation de nombreuses institutions éducatives, et continue aujourd’hui, à bon droit, d’occuper sa place dans les programmes scolaires ». Toutes les religions portent une attention constante à la merveille de l’existence humaine, à la capacité de l’esprit, à la possibilité de dresser une vision de l’avenir, à la capacité non seulement d’imaginer de quelle manière les choses pourraient être meilleures, mais aussi d’investir leurs énergies pour les rendre telles. « La religion, toutefois, en nous rappelant le caractère limité de l’homme et sa faiblesse, nous pousse aussi à ne pas mettre nos espérances ultimes dans ce monde qui passe… L’Eglise partage ces considérations avec les autres religions… Stimulée par la charité, elle aborde le dialogue avec la conviction que la source véritable de la liberté se trouve dans la personne de Jésus de Nazareth. Les chrétiens croient que c’est Lui qui nous révèle pleinement les possibilités humaines pour la vertu et pour le bien ; c’est Lui qui nous libère du péché et des ténèbres ». « Chers amis, je suis venu en Australie comme ambassadeur de paix, a conclu le Saint-Père. Pour cela, je suis heureux d’aider le monde à parvenir à la paix… Notre effort pour arriver à la réconciliation entre les peuples jaillit de cette Vérité, et est dirigé vers cette Vérité qui donne un but à la vie. La religion offre la paix, mais – chose plus importante encore – elle suscite dans l’esprit humain la soif de la Vérité et la faim de la vertu ».

sydney3V. « Nous aussi nous pouvons être tentés de réduire la vie de foi à une question de simple sentiment, en affaiblissant ainsi son pouvoir d’inspirer une vision cohérente du monde, et un dialogue rigoureux avec les nombreuses autres visions qui s’affrontent pour se gagner l’esprit et le cœur de nos contemporains »

 

Dans la St. Mary’s Cathedral de Sydney, le samedi 19 juillet à 9 heures 30, le Pape Benoît XVI a célébré la Messe avec les Evêques australiens, pour les séminaristes, les novices masculins et féminins. Pendant la cérémonie, le Pape a consacré également le nouvel autel de la Cathédrale. « Alors que nous admirons cet édifice magnifique, comment ne pas penser à la foule des prêtres, des religieux et des fidèles laïcs qui, chacun selon leur propre rôle, ont contribué à construire l’Eglise en Australie ? ». Puis il a invité les fidèles « à poursuivre leurs efforts pour la diffusion de l’Evangile, pour la conversion des cœurs, et pour la croissance de l’Eglise dans la sainteté et dans la charité ». « Chaque autel, a rappelé le Saint-Père, est symbole de Jésus-Christ, présent au milieu de son Eglise comme Prêtre, Autel et Victime… Et surtout, dans la Sacrifice de la Messe, consumé sur les autels du monde, Il nous invite, nous, les membres de son Corps Mystique, à partager l’oblation de lui-même… Comme autel, nous aussi nous avons été consacrés, mis ‘à part’ pour le service de Dieu et pour l’édification de son royaume. Trop souvent, nous nous trouvons toutefois immergés dans un monde qui voudrait mettre Dieu ‘à part’. Au nom de la liberté et de l’autonomie humaines, le Nom de Dieu est mis entièrement en silence, la religion est réduite à une dévotion personnelle, et la foi est écartée de la place publique. Parfois, cette mentalité, aussi totalement opposée à l’essence de l’Evangile, peut même estomper jusqu’à notre propre compréhension de l’Eglise et de sa Mission. Nous aussi nous pouvons être tentés de réduire la vie de foi à une question de simple sentiment, en affaiblissant ainsi son pouvoir d’inspirer une vision cohérente du monde, et un dialogue rigoureux avec les nombreuses autres visions qui s’affrontent pour se gagner l’esprit et le cœur de nos contemporains ». L’histoire, jusqu’à nos jours, démontre que « la question de Dieu ne peut jamais être obligée de se taire… L’indifférence à la dimension religieuse de l’existence humaine, en dernière analyse, diminue l’homme lui-même et le trahit ». La foi nous enseigne que c’est seulement en Jésus-Christ que nous pouvons comprendre « la grandeur de notre humanité elle-même, le mystère de notre vie sur la terre, et le destin sublime qui nous attend au Ciel… Elle nous enseigne que nous sommes de créatures de Dieu, faites à son image et à sa ressemblance, dotées d’une dignité inviolable, et appelées à la vie éternelle. Là où l’homme est rabaissé, c’est tout le monde qui nous entoure qui est rabaissé ; il perd sa propre signification ultime, et il manque son objectif. Ce qui en ressort est une culture non de la vie, mais de la mort ». Le Saint-Père a parlé ensuite de la difficulté du chemin de la consécration, en souhaitant que cette cérémonie, en présence du successeur de Pierre « puisse être un moment de nouvelle consécration et de renouveau de l’Eglise tout entière en Australie !... Je désire faire ici une pause pour reconnaître la honte que nous avons tous ressentie à la suite des abus sexuels sur de jeunes mineurs, de la part de plusieurs prêtres et religieux dans cette Nation. Vraiment, j’ai été profondément peiné pour la souffrance et la peine qu’ont supportées les victimes, et je les assure que, en tant que leur Pasteur, moi aussi je partage leur souffrance. Ces méfaits, qui sont une trahison grave de la confiance, doivent être condamnés sans équivoque. Ils ont causé une grande peine et ont nui au témoignage de l’Eglise. Je vous demande à tous de soutenir et d’aider vos Evêques, et de collaborer avec eux pour combattre ce mal. Les victimes doivent recevoir votre compassion et vos soins, et les responsables de ces maux doivent être conduits devant la justice. C’est une priorité urgente que de promouvoir un milieu plus sûr et plus sain, spécialement pour les jeunes ». Aux séminaristes et aux jeunes religieux, le Saint-Père a déclaré : « Je vous invite à mettre votre confiance dans la Vérité de la Parole de Dieu, et à espérer fermement dans ses promesses… Marchez chaque jour dans la lumière du Christ par la fidélité à la prière personnelle et liturgique, nourris par la méditation de la Parole inspirée de Dieu… Que la prière et la méditation de la Parole de Dieu soient donc la lampe qui éclaire, purifie et guide vos pas tout au long de la voie que le Seigneur a indiquée pour vous. Faites, de la célébration quotidienne de l’Eucharistie, le centre de votre vie… N’oubliez jamais que la chasteté pour le Royaume veut dire embrasser une vie consacrée complètement à l’amour, un amour qui vous rend capables de vous consacrer vous-mêmes sans réserves au service de Dieu, pour être pleinement présents auprès de vos frères et sœurs, et spécialement de tous ceux qui sont dans le besoin ». Le Saint-Père a terminé son homélie en demandant l’intercession de la Sainte Vierge, Secours des Chrétiens, afin qu’elle soutienne l’Eglise en Australie, et que la puissance du Saint-Esprit consacre dans la vérité les fidèles de cette terre, afin qu’ils produisent « des fruits abondants de sainteté et de justice, pour la rédemption du monde ».

 

 

 

 

 

VI. « Accueillez dans votre cœur et dans votre esprit les sept Dons du Saint-Esprit ! Reconnaissez et croyez en la puissance du Saint-Esprit dans votre vie ! »

 

La Veillée de Prière avec les jeunes s’est déroulée le samedi 19 juillet à l’hippodrome de Randwick, sur le thème des XXIII° Journées Mondiales de la Jeunesse : « Une fois encore, ce soir, nous avons entendu la grande promesse du Christ – ‘Vous recevrez la force du Saint-Esprit qui descendra sur vous – et nous avons entendu son commandement – ‘Vous serez mes témoins… jusqu’aux extrémités de la terre’ ». C’est ce qu’a rappelé le Saint-Père dans son homélie, en évoquant l’attitude des Apôtres réunis en prière, avec les femmes et avec Marie. « Ce soir, nous faisons la même chose. Rassemblés devant notre Croix qui a beaucoup voyagé et devant la statue de Marie, sous la splendeur céleste de la constellation de la Croix du sud, nous prions. Ce soir, je prie pour vous et pour les jeunes de toutes les parties du monde. Laissez-vous inspirer par l’exemple de vos Patrons ! Accueillez dans votre cœur et dans votre esprit les sept Dons du Saint-Esprit ! Reconnaissez et croyez en la puissance du Saint-Esprit dans votre vie ! ». Le Saint-Père a invité les jeunes à fixer leur attention sur leur manière de devenir des témoins : « Pour cela, nous avons besoin de connaître la personne du Saint-Esprit et sa présence vivifiante dans notre vie. Ce n’est pas une chose facile !... Toutefois, nous savons que c’est le Saint-Esprit, même s’il est silencieux et invisible, qui offre la direction et la définition à notre témoignage sur Jésus-Christ ». Le témoignage chrétien est offert aujourd’hui au monde qui, pour beaucoup, est fragile. « L’unité de la création de Dieu est affaiblie par des blessures qui vont en profondeur… La société contemporaine subit un processus de fragmentation à cause d’une manière de penser qui est, par sa propre nature, d’une vision limitée ». La réponse des chrétiens ne peut compter seulement sur l’engagement personnel : « Dieu nous a faits l’un pour l’autre, et c’est seulement en Dieu et dans son Eglise que nous pouvons trouver cette unité que nous cherchons ». Face aux tentatives pour construire artificiellement une communauté « parfaite », le Saint-Père a déclaré : « Séparer du Christ le Saint-Esprit présent dans la nature institutionnelle de l’Eglise, compromettrait l’unité de la communauté chrétienne, qui est précisément le don de l’Esprit !... Malheureusement, la tentation ‘d’aller tout seuls de l’avant’ persiste. Certains parlent de leur communauté locale comme de quelque chose de séparé de ce que l’on appelle l’Eglise institutionnelle, en décrivant la première comme étant flexible et ouverte à l’Esprit, et la seconde comme étant rigide et privée de l’Esprit. L’unité appartient à l’essence de l’Eglise ; elle est un don que nous devons reconnaître, et qui doit nous être cher ». Le Saint-Père a invité les jeunes à savoir écouter, « malgré les dissonances et les divisions du monde », la voix concordante de l’humanité : « De l’enfant abandonné dans un camp du Darfour, à un adolescent perturbé et troublé, à un parent dans l’angoisse dans n’importe quelle périphérie, ou peut-être, en ce moment même précisément, des profondeurs de votre cœur, s’élève le même cri humain qui aspire profondément à une reconnaissance, à une appartenance, à l’unité. Qui satisfait ce désir humain essentiel d’être quelqu’un, d’être plongé dans la communion, d’être édifié, d’être guidé dans la Vérité ? Le Saint-Esprit… Le Saint-Esprit maintient l’Eglise unie à son Seigneur, et fidèle à la Tradition Apostolique. Il est l’inspirateur des Saintes Ecritures, et guide le peuple de Dieu à la plénitude de la Vérité… Ainsi, plus nous permettons à l’Esprit de nous diriger, plus est profonde notre immersion dans la vie de Dieu Un et Trine ».Même si en certains moments de la vie nous pouvons être tentés de rechercher une certaine satisfaction en dehors de Dieu, « l’éloignent de Dieu est seulement une tentative futile de nous fuir nous-mêmes. Dieu est avec nous dans la réalité de la vie et non pas dans l’imagination ! Affronter la réalité, ce n’est pas la fuir : c’est cela que nous cherchons ! C’est pourquoi le Saint-Esprit, avec délicatesse, mais aussi de manière résolue, nous attire à ce qui est réel, à ce qui est durable, à ce qui est vrai. C’est le Saint-Esprit qui nous ramène à la communion avec la Très Sainte Trinité ! ». Le Saint-Père a alors rappelé l’expérience de Saint Augustin qui eut trois intuitions particulières sur le Saint-Esprit comme lien d’unité au sein de la Très Sainte Trinité - « unité comme communion, unité comme amour durable, unité comme donateur et comme don » - qui aident à expliquer « comment travaille le Saint-Esprit… C’est le Saint-Esprit qui réalise la communion merveilleuse de ceux qui croient dans le Christ Jésus… Inspirés par les intuitions de Saint Augustin, faites en sorte que l’amour unificateur soit votre mesure ; que l’amour durable soit votre but ; que l’amour qui se donne soit votre mission !... Les dons de l’Esprit ne sont ni un prix ni une reconnaissance. Ils sont tout simplement donnés… Ce qui constitue notre foi n’est pas en premier lieu ce que nous faisons, mais ce que nous recevons ». Et ainsi, « les dons de l’Esprit qui agissent en nous, impriment la direction et donnent la définition de notre témoignage. Orientés vers l’unité par leur nature, les dons de l’Esprit nous lient plus étroitement encore à l’ensemble du Corps du Christ, en nous mettant mieux en mesure d’édifier l’Eglise, pour servir le monde ainsi… Oui, l’Eglise doit croître dans l’unité, elle doit se renforcer dans la sainteté, se rajeunir, et se renouveler constamment. Mais selon quels critères ? Ceux du Saint-Esprit ! ». Le Saint-Père a invité les jeunes, en terminant son homélie, à se laisser former par les dons du Saint-Esprit : « En accueillant la puissance du Saint-Esprit, vous aussi vous pouvez transformer vos familles, les communautés, les nations. Laissez ces dons agir librement. Faites en sorte que la sagesse, l’intelligence, la force, la science et la piété soient les signes de votre grandeur ! ».

 

 

 

 

 

sydney4VII. « Une nouvelle génération de chrétiens est appelée à contribuer à l’édification d’un monde où la vie soit accueillie, respectée et soignée avec amour » - Les prochaines Journées Mondiales de la Jeunesse auront lieu à Madrid en 2011

 

Le dimanche 20 juillet, à l’hippodrome de Randwick, le Pape Benoît XVI a présidé la Messe solennelle concélébrée de clôture des XXIII° Journées Mondiales de la Jeunesse ; durant la Messe il a donné le Sacrement de la Confirmation à 24 jeunes. « Le jour de la Pentecôte, comme nous l’avons entendu dans la première Lecture, le Seigneur Ressuscité, assis à la Droite du Père, a envoyé le Saint-Esprit sur les disciples réunis au Cénacle. Avec la force de cet Esprit, Pierre et les Apôtres sont allés prêcher l’Evangile jusqu’aux extrémités de la terre. A chaque époque, et dans toutes les langues, l’Eglise continue à proclamer les merveilles de Dieu, et invite toutes les nations et tous les peuples à la foi, à l’espérance et à la vie nouvelle dans le Christ… Puisse le feu de l’amour de Dieu descendre et remplir votre cœur, pour vous unir toujours plus au Seigneur et à son Eglise, et vous envoyer, comme nouvelle génération d’apôtres, pour apporter le monde au Christ ». « Le puissance du Saint-Esprit… est la puissance de la vie de Dieu… D’une manière très vraie, l’amour nous lie au Seigneur et entre nous, et la lumière qui ouvre nos yeux pour voir les merveilles de la grâce de Dieu autour de nous ». Le Saint-Père a souligné également la présence et la puissance de l’Esprit dans la beauté de nature et dans l’assemblée des jeunes venus de toutes les parties du monde : « Nous avons vu l’Eglise pour ce qu’elle est vraiment : le Corps du Christ, communauté vivante d’amour, qui comprend des gens de toute race, nation et langue, de tout âge et de tout lieu, dans l’unité née de notre foi dans le Christ Ressuscité ». Aujourd’hui encore, par la grâce des Sacrements, « la force de l’Esprit ne cesse jamais de remplir l’Eglise de vie ». C’est nous qui « devons lui permettre de pénétrer dans la croute de notre indifférence, de notre fatigue spirituelle, de notre conformisme aveugle à l’esprit de ce temps dans lequel nous vivons ». D’où l’importance de la prière quotidienne, la prière « privée dans le silence de notre cœur, et devant le Très Saint-Sacrement, et la prière liturgique au sein de l’Eglise. Elle est une pure réceptivité de la grâce de Dieu, un amour en action, une communion avec l’Esprit qui demeure en nous et nous guide, par Jésus, dans l’Eglise, à notre Père Céleste ».Avant de monter au Ciel, le Seigneur Ressuscité a dit à ses disciples : « Vous serez mes témoins… jusqu’aux extrémités du monde » (Actes 1, 8). Le Saint-Père a remercié le Seigneur pour le don de la foi en Australie, puis, en étendant son regard vers l’Océanie, pour « tous ces missionnaires héroïques, prêtres et religieux engagés, pour les parents et les grands-parents chrétiens, pour les maîtres et les catéchistes qui ont édifié l’Eglise dans ces terres. Témoins, comme la Bienheureuse Mary MacKillop, Saint Pierre Chanel, il Bienheureux Peter To Rot, et de nombreux autres ». Puis, le Saint-Père a demandé aux jeunes : « Que laisserez-vous à la prochaine génération ?... La force du Saint-Esprit ne nous éclaire pas seulement et ne nous console pas seulement. Il nous dirige aussi vers l’avenir, vers la venue du Royaume de Dieu… L’effusion de l’Esprit du Christ sur l’humanité est un gage d’espérance et de libération contre tout ce qui nous appauvrit. Cette effusion donne une vue nouvelle à l’aveugle, elle rend libres les opprimés, et elle crée une unité dans la diversité et avec la diversité. Cette force peut créer un monde nouveau : elle peut ‘renouveler la face de la terre’’ ! ». Rendue forte par l’Esprit, et en puisant à une vision riche de foi, une nouvelle génération de chrétiens est appelée à contribuer à l’édification d’un monde où la vie soit accueillie, respectée et soignée avec amour, qui ne soit pas rejetée ou redoutée comme une menace, et détruite pour cela. Une ère nouvelle où l’amour ne soit pas avide et égoïste, mais pur, fidèle et libre en toute sincérité, ouvert aux autres, respectueux de leur dignité ; un amour qui puisse promouvoir leur bien, et irradie la joie et la beauté. Une ère nouvelle dans laquelle l’espérance nous libère de la superficialité, de l’apathie et de l’égoïsme qui blessent nos âmes et empoisonnent les rapports humains. Chers jeunes amis, le Seigneur vous demande d’être les prophètes de cette ère nouvelle, les messagers de son amour, capables d’attirer les gens vers le Père, et de construire une avenir d’espérance pour toute l’humanité ». Le monde a besoin de ce renouveau, parce que, dans de nombreuses sociétés, « à côté de la prospérité matérielle, s’étend le désert spirituel », et l’Eglise elle aussi « a besoin tout spécialement besoin du don des jeunes, de tous les jeunes. Elle a besoin de croître avec la force de l’Esprit qui aujourd’hui encore vous donne la joie, à vous les jeunes, et vous inspire à servir le Seigneur avec allégresse… Ouvrez votre cœur à cette force ».Puis le Saint-Père a renouvelé son appel spécial « à ceux que le Seigneur appelle à la vie sacerdotale et à la vie consacrée », pour qu’ils n’aient pas peur de dire leur « oui » à Jésus ». Dans le Sacrement de la Confirmation a rappelé le Saint-Père, les candidats sont « marqués » par le don de l’Esprit, et envoyés pour être des témoins du Christ. Recevoir le « sceau » du Saint-Esprit veut dire « être marqués d’une manière indélébile, être changés de manière inaltérable ; cela signifia aussi être des créatures nouvelles. Pour ceux qui ont reçu ce don, rien ne peut plus jamais être la même chose !... Etre ‘marqués par l’Esprit’ veut dire en outre ne pas avoir peur de défendre le Christ, en faisant en sorte que la Vérité de l’Evangile imprègne notre manière de voir, de penser et d’agir, quand nous travaillons pour le triomphe de la civilisation de l’amour ». Le Saint-Père a invité à prier pour les confirmands, et « pour que la force du Saint-Esprit ravive en chacun d’entre bous la grâce de la Confirmation ». A la fin de la Messe, le Saint-Père a récité l’Angélus, et a commenté auparavant la scène évangélique de la rencontre entre la jeune Marie et l’Ange envoyé par Dieu : « Nous pouvons imaginer comment elle dut se sentir à ce moment : remplie d’anxiété, complètement abasourdie par la perspective qui lui était présentée… A ce moment, Marie, devant le Seigneur, représentait toute l’humanité. Dans le message de l’Ange, c’était Dieu qui faisait une proposition de mariage avec l’humanité. Et, en notre nom, Marie dit ‘oui’ ». « Dans les fables, les récits se terminent ainsi : et tous ‘depuis ce moment vécurent heureux durant toute leur vie’. Dans la vie réelle, cela n’est pas aussi facile. Nombreuses furent les difficultés qui se présentèrent à Marie tout au long de sa vie, pour accomplir le ‘oui’ dit au Seigneur… Tout au long de ces différentes épreuves, elle resta fidèle à sa promesse, soutenue par l’Esprit de force. Et elle en fut récompensée par la gloire… Chers jeunes, nous aussi nous devons rester fidèles au ‘oui’ par lequel nous avons accueilli l’offrande d’amitié faite par le Seigneur. Nous savons qu’il ne nous abandonnera jamais. Nous savons qu’il nous soutiendra toujours avec les dons de l’Esprit. Marie a accueilli la ‘proposition’ du Seigneur en notre nom. Alors, tournons vers Elle, et demandons-lui de nous guider dans les difficultés pour rester fidèles à cette relation vitale que Dieu a établie avec chacun de nous. Marie est notre exemple et notre inspiration. Elle intercède pour nous auprès de son Fils, et, avec un amour maternel, elle nous protège des dangers ».En prenant congé des jeunes, le Saint-Père a annoncé l’endroit des prochaines Journées Mondiales de la Jeunesse : « Chers amis, l’heure est venue à présent de vous dire adieu, ou plutôt au revoir ! Je vous remercie tous pour avoir participé aux Journées Mondiales de la Jeunesse de 2008, ici même à Sydney, et j’espère vous revoir dans trois ans. Les Journées Mondiales de la Jeunesse de 2011 auront lieu à Madrid en Espagne. Jusqu’à ce moment, prions les uns pour les autres, et rendons notre témoignage joyeux au Christ à la face du monde. Que Dieu vous bénisse tous ».

 

 

 

 

 

VIII. « Les Journées Mondiales de la Jeunesse nous ont montré que l’Eglise pouvait se réjouir des jeunes d’aujourd’hui, et être remplie d’espérance pour le monde de demain »

 

Le lundi 21 juillet au matin, le Pape Benoît XVI a célébré la Messe dans la petite chapelle de la Cathedral House de Sydney, où il a résidé pendant ces journées, en présence d’un groupe qui représentait tous ceux qui ont subi des abus de la part du clergé. Le Saint-Père a écouté leurs histoires et les a consolés. En les assurant de sa proximité spirituelle, il a promis de continuer à prier pour eux, pour leurs familles et pour toutes les victimes. Après la Messe, il y eut la rencontre avec environ 12.000 volontaires des Journées Mondiales de la Jeunesse, réunis dans la grand Parc public du Domain. « Durant ces journées, nos avons été témoins directs de la joie que trouvent dans leur propre foi des milliers de jeunes, et nous avons pu exprimer notre louange et notre gratitude à Dieu pour sa bonté à notre égard. Nous avons pu goûter la chaleur et la générosité de l’hospitalité australienne et jeter ensemble un regard sur le paysage splendide de ce beau Continent. Cela a été une semaine vraiment mémorable ». « Je désire vous remercier tous pour le travail généreux que vous avez réalisé en temps et en énergie, pour permettre un déroulement sans difficultés de chacun des événements que nous avons célébrés ensemble. Vos efforts ont préparé le terrain, pour que l’Esprit descende avec force, en formant des liens d’unité et d’amitié entre les jeunes provenant de milieux culturels profondément différents, et en renforçant leur amour pour le Christ et pour son Eglise ». Le Saint-Père exprima sa gratitude aux Evêques, aux prêtres, aux personnes consacrées, aux aumôniers, aux enseignants, aux associations de laïcs, aux mouvements ecclésiaux, aux familles qui ont hébergé des jeunes, aux écoles et aux communautés paroissiales qui ont contribué efficacement « à faire un succès, des Journées Mondiales de la Jeunesse… Alors que je m’apprête à retourner à Rome, j’emporte avec moi, comme un trésor, la mémoire des nombreux événements pleins de grâce que nous avons vécus ensemble… Je prie afin que vous aussi vous emportiez dans votre esprit de nombreux et précieux souvenirs et intuitions spirituelles, afin de retourner chez vous et dans vos familles avec un élan nouveau pour répandre l’Evangile de Jésus-Christ ». Après la rencontre avec les volontaires des Journées Mondiales de la Jeunesse, le Saint-Père s’est rendu à l’aéroport international de Sydney, où a eu lieu la cérémonie d’adieu. « Dans le style caractéristique australien, vous avez offert une bienvenue chaleureuse à moi-même et aux innombrables jeunes pèlerins qui se sont retrouvés ici, venus de tous les coins du monde. Vous avez ouvert vos portes et votre cœur à la jeunesse du monde, et, au nom de ces jeunes, je vous remercie », a déclaré le Saint-Père, qui a exprimé sa gratitude, pour l’hospitalité reçue, aux autorités civiles et religieuses présentes à l’aéroport. Ces jours derniers, sur la scène, les acteurs principaux ont été, bien sûr, les jeunes eux-mêmes. Les Journées Mondiales de la Jeunesse leur appartiennent. Ce sont eux qui ont fait de ces Journées un événement ecclésial de caractère global, une grande célébration de la jeunesse, une grande célébration de ce que veut dire ‘être Eglise’, Peuple de Dieu au milieu du monde, uni dans la foi et dans l’amour, et rendu capable par l’Esprit, d’apporter le témoignage du Christ jusqu’aux extrémités de la terre. Je les remercie d’être venus, je les remercie pour leur participation, et je prie afin qu’ils aient un voyage de retour tranquille. Je sais que les jeunes, leurs familles et leurs personnes amies, dans de nombreux cas, ont fait de grands sacrifices pour leur permettre de venir en Australie. Pour tout cela, l’Eglise tout entière leur est reconnaissante ». Après avoir cité plusieurs des moments les plus significatifs de ces journées, le Saint-Père a conclu en ces termes : « Les Journées Mondiales de la Jeunesse nous ont montré que l’Eglise pouvait se réjouir des jeunes d’aujourd’hui, et être remplie d’espérance pour le monde de demain ».

« Chercher à vous reposer ; accepter avec gratitude les bontés du Seigneur. Le plaisir de la mer, c’est bon ; il ne va cependant pas sans piège du Malin. On sait à quel point le sens de la dignité s’est dégradé. Malheureusement, bien des femmes chrétiennes n’y sont pas pour rien, se laissant entraîner, elles aussi, à un certain laisser-aller regrettable. Le démon n’apprécie guère l’exigence de décence et de pudeur, rempart de la pureté du cœur, vertu essentielle pour vivre dans l’état de grâce, c’est-à-dire dans le véritable amour de Dieu et du prochain. La modestie et la délicatesse, surtout chez la femme, est déterminante. (…) Il n’est pas inutile d’insister sur ce point grave, aujourd’hui où à la plage, l’immodestie et la manque de pudeur sont choses admises, suite à la perte du sens du péché et au manque de la prudence chrétienne » (Père Marie-Joseph Gerber, OFM. Cap. 1985)

Réfléchissez bien, interpelle Jean Paul II, vous les jeunes qui êtes précisément à l'âge où l'on tient tant à être beau ou belle pour plaire aux autres ! Un jeune homme, une jeune fille doivent être beaux, avant tout et surtout intérieurement : 

 

 

 

john-paul-2.jpgMes très chers jeunes garçons et filles,

 

Aujourd'hui je vous parlerai brièvement de la quatrième vertu cardinale, la tempérance, la sobriété. Saint Paul écrivait à son disciple Tite, qu'il avait laissé dans l'île de Crête comme évêque : « exerce les jeunes à être sobres » (Tt 2, 6). Répondant, moi aussi, à l'invitation de l'Apôtre des Gentils, je voudrais déclarer d'abord que les attitudes de l'homme provenant des diverses vertus cardinales sont mutuellement interdépendantes et unies. On ne saurait être un homme vraiment prudent, ni authentiquement juste, ni réellement fort si l'on ne possède pas la vertu de tempérance, Celle-ci conditionne, indirectement toutes les autres vertus; mais celles-ci sont également indispensables pour que l'homme puisse être "tempérant" ou 'sobre". Temperantia est commune omnium virtutem cognomen - écrivait au Vlème siècle Saint Jean Climaque (Échelle du Paradis, 15) - ce que nous pourrions traduire par « la tempérance est le dénominateur commun de toutes les autres vertus ». Il peut sembler étrange de parler de la tempérance ou de la sobriété à des jeunes gens et à des adolescents. Pourtant, très chers fils, cette vertu cardinale vous est particulièrement nécessaire, à vous qui vous trouvez dans cette période merveilleuse et délicate où votre réalité biopsychique croît jusqu'à sa parfaite maturité; nécessaire pour être capables, physiquement et spirituellement, d'affronter les hauts et les bas de la vie, dans ses exigences les plus variées. Est tempérant celui qui n'abuse pas des aliments, des boissons, des plaisirs; celui qui ne boit pas immodérément de l'alcool; qui ne se prive pas de sa conscience en usant de stupéfiants et de drogues. Nous pouvons imaginer en nous un "ego inférieur" et un "ego supérieur". Dans notre "ego inférieur" s'exprime notre "corps", avec ses besoins, ses désirs, ses passions de nature sensible. La vertu de tempérance assure à tout homme la domination de l"ego supérieur" sur l"ego inférieur". S'agirait-il en ce cas d'une humiliation, d'une diminution de notre corps ? Au contraire ! Cette domination le valorise, l'exalte. L'homme tempérant est celui qui a la maîtrise de soi-même; celui chez qui les passions ne l'emportent pas - sur la raison, sur la volonté et, également, sur le cœur, - précise Jean Paul II. On comprend alors combien indispensable est la vertu de tempérance pour que l'homme soit pleinement homme, pour que le jeune soit authentiquement jeune. Le triste et avilissant spectacle d'un homme ivre ou d'un drogué nous fait clairement comprendre qu'"être homme" signifie, avant toute autre chose, respecter sa propre dignité, se faire guider par la vertu de tempérance. Se dominer soi-même, maîtriser ses propres passions, la sensualité, ne signifie nullement devenir insensible ou indifférent : la tempérance dont nous parlons est une vertu chrétienne, que nous apprenons de l'enseignement et de l'exemple de Jésus et non pas de la morale dite "stoïque". La tempérance exige de chacun de nous une humilité spécifique à l'égard des dons que Dieu a placés dans notre nature humaine. Il y a "l'humilité du corps" et "l'humilité du cœur". Cette humilité est condition nécessaire de l'harmonie intérieure de l'homme, de sa beauté intérieure. Réfléchissez bien, interpelle Jean Paul II, vous les jeunes qui êtes précisément à l'âge où l'on tient tant à être beau ou belle pour plaire aux autres ! Un jeune homme, une jeune fille doivent être beaux, avant tout et surtout intérieurement. Sans une telle beauté intérieure, tous les autres efforts tournés seulement vers le corps ne feront — ni de lui ni d'elle — une personne vraiment belle. Et moi je vous souhaite, très chers fils, d'être toujours resplendissants de beauté intérieure!

 

Jean-Paul II - Discours aux Jeunes, 22 novembre 1978

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