Au moment où le Pape Benoît XVI veut ouvrir une « Année de la Foi » qui coïncidera avec le 50e anniversaire de Vatican II, le fidèle catholique lucide ne doit plus craindre de se montrer protestataire, c'est-à-dire prêt à refuser la mise en œuvre d’orientations pastorales qui ne feraient qu’accentuer la crise que traversent de nombreuses paroisses et des diocèses entiers. Oui, le fidèle doit se montrer protestataire lorsqu'il est en face de Pasteurs devenus incapables de s'extraire seuls de ce « pastoralement correct » que Benoît XVI a dénoncé à mots à peine couverts dans sa Lettre aux évêques expliquant le Motu proprio Summorum pontificum et qui mène à confondre progrès et fuite devant les responsabilités. La chute des vocations et la désertification des messes dominicales sont, en France, les principaux résultats de ce "pastoralement correct" qui procède d'un véritable aveuglement. Les fidèles qui ne se résolvent pas à cette situation s’expriment sur le Web et supplient les Pasteurs diocésains de se réveiller avant qu'il ne soit trop tard, avant que la situation ne devienne ingérable. Ces fidèles-là ne souhaitent pas revenir à la situation d’avant le Concile ; ce qu’ils veulent, c’est retrouver le Concile, le vrai, pas celui des clercs qui l’ont confisqué pour l'accomoder à leurs idées qui étaient loin d'être toutes en harmonie avec le Credo de l'Eglise catholique. Le fidèle protestataire n’est pas un chrétien réactionnaire : c’est simplement quelqu’un qui souhaite être en résonance avec les enseignements de l’Eglise et avec les orientations données par le Pape Benoît XVI. C’est simplement quelqu’un qui accepte de participer à la construction d'un socle sur lequel pourra s’appuyer sa foi. Ce fidèle-là, à l’exemple du Souverain Pontife, est résolument tourné vers l’avenir. Il s'y dirige avec "le Concile pour boussole", selon l'expression de Benoît XVI.

http://img.over-blog.com/177x188/0/21/41/34/liturgie/liturgiebenoitXVI.jpgSur le plan liturgique, la majorité des évêques de France commence sérieusement à perdre la face et à ne plus être crédible. Car enfin quoi ? Voilà plus que 40 ans qu'eux et leurs prédécesseurs nous garantissent qu'ils suivent le Concile, qu'ils veulent le Concile alors que dans le même temps très rares sont ceux qui célèbrent la liturgie que le Concile a voulu. Bien au contraire, tout leur est prétexte pour adapter la liturgie de l'Eglise aux fantaisies du moment et, dans le même temps, encourager leurs prêtres à ne jamais célébrer la messe comme l'Eglise demande qu'elle soit célébrée. On veut bien croire que beaucoup d'évêques ne sont plus maîtres dans leurs diocèses (certains nous l'avouent avec une humilité qui force le respect); ainsi, quand bien même voudraient-ils respecter la liturgie qu'ils ne le pourraient pas tant certains groupes de fidèles bien établis font pression à tous les niveaux, diocésains et paroissiaux, pour empêcher que les livres liturgiques issus de Vatican II - à commencer par le missel romain - soient intelligemment utilisés en vue de réaliser des messes qui ne soient pas autre chose que ce que doit être une messe au sens catholique du terme. Par contre, ce qu'on comprend beaucoup moins - voir pas du tout - c'est cette pastorale mise en oeuvre de façon quasi uniforme et qui consiste à livrer les fidèles aux tics, aux manies, aux futilités, aux enfantillages qui caractérisent les célébrations du dernier curé qui aura été nommé dans un secteur paroissial donné. La messe dominicale se transforme alors un exercice de décérébration: pour garder la foi et éviter de tomber dans la confusion, il faudrait pouvoir être présent tout en se soustrayant à ce qui se dit, se chante et se fait. On avouera que cette capacité de faire abstraction de ce qui se déroule devant soi n'est pas donnée à tout le monde et n'est pas exactement celle qui permet de participer "chrétiennement" à la célébration de l'Eucharistie.

 

Il reste donc que ce sont nos évêques qui portent l'entière responsabilité de cette démolition de la liturgie qui aboutit à ce que de nombreux fidèles, le dimanche venu, préfèrent rester chez eux plutôt que d'aller à l'église pour y subir des messes qui ne sont en rien conformes au missel romain restauré à la suite de Vatican II. Curieusement, la médiocrité liturgique généralisée ne parvient pas pour autant à choquer ceux qui continuent à venir tellement ils trouvent à présent normal, en entrant dans une église, de ne trouver que des célébrations insipides les dimanches ordinaires et kitsch les jours de fête. Une situation bloquée, donc, de part et d'autre. Il serait à souhaiter que nos pasteurs, au lieu de n'avoir que le mot "Concile" à la bouche, prennent le temps de lire, d'étudier, de comprendre et surtout de mettre enfin en oeuvre ce qui est indiqué dans l'Exhortation post-synodale Sacramentum Caritatis. Ce serait, pour une fois, très... "conciliaire".

 

Pro Liturgia

http://img.over-blog.com/270x238/0/21/41/34/2010/agneau-loup.jpgVous recevez ou recevrez peut-être un courrier électronique envoyé par la « CCBF » et signé d'un certain Thierry Jaillet. Derrière ce sigle se cache un groupe qui se dit « catholique » alors qu’il ne l’est pas : la « Conférence Catholique des Baptisé(e)s de France ». Cette « Conférence » n’a en effet aucun mandat pour représenter l’Eglise catholique ou parler en son nom. La CCBF, qui cherche des adhérents et réclame une cotisation de 30 à 50€, se propose de « préparer l’anniversaire de Vatican II ». En réalité, il s’agira surtout de « discuter » le Concile pour en gauchir les enseignements sur la base du très célèbre et très dévastateur « esprit du Concile » dont se prévalent des prêtres qui s’opposent au Magistère, appellent à la désobéissance et réclament la « démocratie » en pastorale aussi bien paroissiale que diocésaine. Sur le site internet de la C(C)BF, on apprend d’ailleurs ce que revendiquent les prêtres se situant dans le sillage de ce mouvement : « ils prônent l’accueil des divorcés-remariés aux sacrements, l’ordination des femmes, refusent des regroupements paroissiaux qui font du prêtre un distributeur anonyme de sacrements, revendiquent le droit des baptisés à célébrer l’Eucharistie, le partage des responsabilités et des décisions avec les laïcs… ». Malheureusement, ces prêtres n'ont pas même le courage qu'avait Martin Luther qui, lui, a quitté l'Eglise quand il ne s'est plus senti en accord avec ses enseignements ; eux préfèrent rester "dans" l'Eglise pour la démolir de l'intérieur. Et aussi parce que hors de cette Eglise qu'ils contestent, personne ne prêterait la moindre attention à leurs élucubrations.

 

Jeunesse catholique : prenons les moyens nécessaires pour les éjecter de notre Sainte Eglise immaculée !

« Ils viennent à vous en vêtement de brebis, mais au dedans ce sont des loups ravisseurs » (Matthieu 7, 15)

Le Concile Vatican II avait demandé que « l'enseignement de la liturgie dans les séminaires [soit] placé parmi les disciplines nécessaires et majeures » en sorte que les futurs prêtres, solidement formés, soient« imprégnés d'esprit liturgique » (Cf. Sacrosanctum Concilium, n. 16). Le même Concile avait encore rappelé que « la tradition musicale de l'Eglise universelle constitue un trésor d'une valeur inestimable qui l'emporte sur les autres arts, du fait surtout que, chant sacré lié aux paroles, il fait partie nécessaire ou intégrante de la liturgie solennelle ». (Cf. Sacrosanctum Concilium, n. 116). A ces dispositions, il faut ajouter les dispositions contenues dans l'Exhortation post-synodale du 22 février 2007 qui rappellent qu'en matière de chant liturgique, on ne peut pas dire qu'un cantique en vaut un autre et qu'en conséquence « il convient d'éviter l'improvisation générale ou l'introduction de genres musicaux qui ne sont pas respectueux du sens de la liturgie ». La même Exhortation, approuvée par Benoît XVI, dit aussi qu' « en tant qu'élément liturgique, le chant doit s'intégrer dans la forme propre de la célébration (et que) par conséquent, tout ­ dans le texte, dans la mélodie, dans l'exécution ­ doit correspondre au sens du mystère célébré, aux différents moments du rite et aux temps liturgiques ». Enfin, il était rappelé que « le chant grégorien, en tant que chant propre de la liturgie romaine, [devait être] valorisé de manière appropriée ». (Cf.Sacramentum Caritatis, n. 42)

 

A la lumière de ces enseignements, il était légitime de penser que dans les séminaires diocésains ou interdiocésains où l'on se veut fidèles au Concile et au Souverain Pontife, la formation des futurs prêtres à la liturgie et au chant soit considérée comme capitale et, étant capitale, soit confiée à des professeurs d'une compétence et d'un sensus Ecclesiae sans faille. Apparemment ce n'est pas le cas. Le jeune qui intègre un séminaire diocésain pour y acquérir une solide formation en vue de l'ordination sacerdotale est très rapidement appelé à devenir lui-même... formateur. On imagine facilement quelles peuvent être les compétences et les connaissances en matière de liturgie, de musique sacrée, de chant grégorien... d'un séminariste de 2è année ! Dans l'armée, on n'imagine pas confier la direction d'un porte-avions à un soldat de 2è classe. Mais dans l'Eglise - où l'on semble moins craindre les catastrophes que dans l'armée - des pasteurs n'ont aucun scrupule à confier la formation à ce qui touche à la liturgie - source et sommet de la vie de l'Eglise - à des jeunes incontestablement pleins de bonne volonté, mais dont rien ne permet de dire qu'ils aient été eux-mêmes correctement formés. On en arrive alors à réduire le chant liturgique à un simple décorum visant à "conduire au chemin de Dieu par l'émotion." Ce qu'il n'a jamais été aux yeux de l'Eglise. Autant dire avec franchise qu'avec une telle "formation", la crise liturgique n'est pas prête de s'éteindre. C'est d'ailleurs ce qu'avouent les jeunes prêtres lorsqu'ils arrivent en paroisse où ils se retrouvent face à des fidèles laïcs qui n'ont pas fait 6 années de séminaire, mais qui en savent bien plus long qu'eux en matière de liturgie et de chant sacré.

 

Pro Liturgia

Dans une interview réalisée en 2006, le pape Benoît XVI a dit qu'il avait été "trop timoré", durant la période ayant immédiatement suivi le Concile Vatican II (1962-65) dans sa résistance aux positions théologiques d'avant-garde, en un temps qu'il décrit comme "extrêmement confus et agité"…

 
 
 
Ces commentaires sont issus d'une interview réalisée le 11 novembre 2006 par le père Johannes Nebel, et publiée en octobre 2007 dans un nouveau livre (« Le monde de la foi catholique ») consacré à l'œuvre du défunt Cardinal Leo Scheffczyk, un ami personnel du pape, décédé en décembre 2005. Dans ce livre, Benoît XVI se livre à une autocritique et confesse avoir été « trop timoré » vis-à-vis de certaines thèses théologiques. « À cette époque, la situation était extrêmement confuse et troublée et même la position doctrinale de l'Eglise n'était pas toujours claire ». Benoît XVI se souvient comment on vit circuler des thèses, « devenues tout à coup possibles » en dépit du fait qu' « elles ne coïncidaient pas, en réalité avec le dogme ».
 
Le professeur Ratzinger vécut l'expérience de 1968 à Tübingen, lorsque les facultés de théologie devinrent vraiment des centres idéologiques de propagation du messianisme marxiste. Dans une interview au New York Times, en 1985, le futur Pape avait dit : « J'ai appris qu'il est impossible de discuter avec la terreur... et qu'une discussion devient une collaboration avec la terreur... Je pense que durant ces années j'ai appris le moment où la discussion doit être interrompue avant qu'elle ne se transforme en mensonge et où il faut entamer la résistance, pour sauvegarder la liberté ».
 

Si, au moment d’envoyer ses disciples dans le monde, le Seigneur leur avait donné une liste des problèmes sur les rapports qu’ils auraient dû avoir avec les sociétés et les cultures, les pauvres, ils auraient fui ! Mais cela ne s’est pas passé de cette manière. Ils devaient « seulement » annoncer que Dieu était venu au milieu de nous, guérir les malades, chasser les démons, donner gratuitement ce qu’ils avaient reçu…

 
 
 
Les Conciles de l’Eglise, eux aussi, ne se sont pas occupés d’autre chose, si ce n’est de l’approfondissement de la foi en la personne de Jésus pour amener le monde à Dieu. A dire vrai, la tentation d’un « ecclésio-centrisme » mal compris - pour rester dans un langage contenu - est dur à mourir : elle fait croire à des chrétiens ‘’conciliaires’’, que le Concile Vatican II a fait naître « un nouveau vocabulaire ecclésial ». Voilà un exemple typique de lecture de l’état du monde et des tâches de l’Eglise « à la lumière du Concile » - un refrain qui est devenu désormais une obligation - que l’on rencontre chez ceux qui sont chargés des travaux entre les Eglises, et dans ce cas, un des nombreux responsables soi-disant « bien informés » et modernes : « Une manière différente de considérer le dialogue avec le monde contemporain, avec la société, avec les cultures, avec les sciences, avec les hommes et les femmes de notre époque. Depuis le Concile, on a vu naître des débats, des confrontations même, et même le schisme qui s’est produit en 1988 » -celui de Mgr Lefebvre. Et puis, le scandale inouï : « Des dizaines de théologiens ont été désavoués, relevés de l’enseignement, réduits au silence, et même dans certains cas, expulsés ou contraints à sortir eux-mêmes de l’Eglise, parce que leurs recherches, leurs livres, leurs enseignements, tout en partant du Concile, voulaient ouvrir des voies nouvelles, pas toujours appréciées, pas toujours claires ».
 
Comme si, avant le Concile, l’Eglise ne vivait pas dans la réalité, comme si l’époque patristique, les théologiens du Moyen Age et les Saints modernes n’avaient pas connu les débats et les confrontations vives. Quant aux « soi-disant » théologiens « réduits au silence », l’affirmation est véritablement incroyable : étant donné, par exemple, que Leonardo Boff a à peine écrit un livre contre la pensée et la personne du Pape. L’important, dans ces cas, c’est que l’on parle « en partant du Concile » ; et en effet, il s’agit seulement d’un point de départ, pour parler ensuite de toute autre chose, et non pas certes de ce que le Concile a vraiment dit. Pour beaucoup, ce n’est pas ce que le Concile Vatican II a réellement affirmé qui compte, mais l’interprétation à donner au Concile : on a tendance en général à le considérer comme une « nouvelle création », raison pour laquelle le rôle de l’Eglise dans le monde consiste surtout à « dénoncer les injustices et à s’engager dans le domaine social », au nom de la foi, sans se demander auparavant ce qu’est la foi, sans se préoccuper du silence sur l’espérance qui ne dépasse pas cette terre ! Mais quelle vertu théologale serait-elle si elle ne valait que pour ce monde ?
 
Il semble que, pour ceux qui sont chargés des travaux, « l’esprit du Concile », dont on parlait jusqu’à des temps récents, ait laissé la place à un fantôme « globalisé et globalisant » qui se répand dans l’Eglise de tous les continents et apporte avec lui des questions précises et inévitables : quelle forme de dialogue entreprendre avec les nombreuses sociétés, cultures et religions ? Est-ce que l’Eglise, jusqu’à présent, s’est efforcée de trouver la volonté de Dieu ? et ils insistent en disant « qu’il faudra qu’elle s’engage pour que le monde devienne moins injuste ». Il faut dire en toute vérité que le bon peuple chrétien savait que, dans l’Eglise répandue dans le monde, soufflait l’Esprit Saint et que, si quelqu’un y travaillait de manière « parallèle », il ne s’agissait pas d’un fantôme, mais que c’était « le diable... comme un lion rugissant » (cf 1 Pierre, 5, 8). Le peuple chrétien sait en outre que l’unique mandat du Christ à l’Eglise est le dialogue, c’est vrai, mais celui du salut, qui parle de Dieu, ou encore en un mot, l’Evangile ; un dialogue toujours nouveau à chaque génération comme le rappelle « Evangelii Nuntiandi » de Paul VI, ou la Nouvelle Evangélisation de Jean Paul II. C’est là la tâche permanente de l’Eglise : celle de guérir l’homme de son péché, non pas avec des recettes aléatoires à la mode ou avec l’activisme, mais avec le remède d’immortalité qu’est le Christ, qui guérit et ressuscite les hommes de toutes les générations, et qui, sans cela resterait malade et mourrait. Cela n’a été « inventé » par aucun Concile, et l’on ne pourrait inventer d’autre recette : cela était valable avant le Concile Vatican II, et vaudra à jamais. Le sens de l’interprétation correcte du Concile, qui a réalisé une réforme et non pas une rupture, est indiqué par le Pape Benoît XVI, et est valable à chaque époque et à chaque génération dans l’Eglise ; et ce n’est pas autre chose que la réalisation continue de la Parole du Verbe : « Voici, je fais l’univers nouveau » (Apocalypse, 21, 5). La nouveauté authentique, actuellement, serait le dialogue entre la raison et la foi, s’il n’était pas en vérité une chose déjà ancienne : il remonte à l’évangéliste Jean qui a écrit : « Au commencement était le LOGOS », le Verbe, la Parole, la Raison à partir de laquelle sont faites toutes choses. L’Eglise lit le Concile, le comprend et le réalise à la lumière du « Logos » éternel qui existe dès le commencement et qui l’anime par l’Esprit Saint. Il n’existe pas d’autre esprit, même « conciliaire », qui puisse la guider. Ce ne serait seulement qu’un fantôme.
 

C'est le 11 octobre 1962 que Jean XXIII déclara ouvert le concile Vatican II et fit, après la Messe une allocution intitulée Gaudet Mater Ecclesia.
Vatican II : que n'a-t-on pas dit et fait au nom de ce Concile !
Pour les traditionalistes, Vatican II est une erreur magistrale qui a poussé l'Eglise à rompre avec toute sa tradition (le mot "tradition" étant souvent, dans la bouche de ces fidèles, un mantra répété pour labelliser leurs propres idées et non les enseignements de l'Eglise). Il faut donc refuser le Concile et tout ce qui va avec... surtout la réforme liturgique.
Pour les fidèles "ordinaires" qui se disent attachés à ce Concile, Vatican II est à appliquer de la façon la plus fantaisiste possible en gauchissant les textes jusqu'à ce qu'il puissent correspondre aux idées subjectives des uns et des autres. Le "truc", c'est de se dire "conciliaire" tout en ne respectant pas le Concile" et, à partir de là, favoriser le plus possible des liturgies bâtardes qui ne suivent le missel dit "de Paul VI" que de très loin. Ou même qui ne le suivent pas du tout !
Pour le Bx Jean XXIII, pour Paul VI, pour Jean-Paul Ier, pour Jean-Paul II, et aujourd'hui pour Benoît XVI, Vatican II est un enseignement capital qui est inscrit au coeur de la Tradition vivante de l'Eglise et qu'il faut comprendre à la lumière d'une authentique foi catholique.


 

Question : sommes-nous des fidèles qui, comme les journalistes, n'écoutent les papes que lorsque leurs paroles chatouillent agréablement les oreilles ? Ou sommes-nous des fidèles qui écoutons les papes lorsqu'ils nous enseignent comment comprendre et appliquer Vatican II ?
Puisse ce mois du Rosaire, où nous fêtons l'anniversaire de l'ouverture du dernier Concile, être pour tous l'occasion d'une réflexion sur notre fidélité aux enseignements du Magistère : un enseignement qui ne se limite pas à ce qui se dit dans les petits clubs au sein desquels nous nous sentons à l'aise dans la mesure où il ne s'y colporte que ce que nous avons plaisir à entendre.

N’oublions jamais qu’en France, pendant près de 20 ans - et parfois plus - vouloir appliquer Vatican II vous faisait passer pour un indécrottable « traditionaliste » aux yeux du clergé. Vous ne deveniez vraiment « conciliaire » qu’à partir du moment où vous acceptiez de participer au saccage de la liturgie et à l'appauvrissement du catéchisme. Ceux qui refusaient de se prêter à la trahison des enseignements conciliaires étaient montrés du doigt, catalogués, encouragés à fuir leurs paroisses respectives. On paye actuellement le prix fort de ces « années terribles » où s’était développé une véritable agressivité des clercs dirigée contre des simples fidèles qui refusaient la désacralisation de la liturgie, qui refusaient les « messes rock » et les célébrations sur fonds de guitares électriques et batteries... Les églises sont vides ; en deux ou trois générations, les fidèles ont perdu tout sens de la liturgie, les chorales sont incapables de chanter une messe grégorienne et les organistes véritablement au service de la liturgie de l’Eglise se font rares. Quant aux guitaristes des années 1968 qui prétendaient attirer des jeunes avec leurs musiques... ils ont tout bonnement cessé de pratiquer. Tout comme leurs enfants d'ailleurs.

 

Pro Liturgia

Au moment du Concile, le Cardinal Garrone faisait remarquer qu'une idée dangereuse s'était emparée du clergé. Elle consistait à faire des expériences liturgiques et à mettre le Magistère devant le fait accompli pour que les nouveautés souhaitées par les clercs et imposées aux fidèles soient "enfin" admises. Et le Cardinal faisait remarquer que cette façon de faire était doublement dangereuse puisqu'elle sapait l'Autorité de l'Eglise et ruinait la foi des fidèles aux sacrements.

 

 

Le Cardinal Garrone ne fut pas écouté. Dès 1971, le P. Olivier, alors Professeur à l'Institut catholique de Paris, se réjouissait publiquement de ces improvisations liturgiques en écrivant : « L'accueil fait à ces changements a dépassé toutes les prévisions, comme si le sentiments religieux n'avait plus attendu que ce timide "feu vert" [du Concile] pour se donner libre cours. Depuis, les initiatives individuelles ne cessent plus de devancer les décisions romaines. (...) Le catholicisme est certes encore loin de réaliser exactement ce qui lui arrive. Mais son évolution simplement liturgique dessine une courbe sur laquelle il est impossible de se méprendre (...) ». Et un peu plus loin, le P. Olivier ajoutait : « L'autel face au peuple a sonné le glas du tabernacle ». En 1973, un Jésuite alors déjà âgé de 70 ans, profondément attaché à l'obéissance, spécialement à l'égard du pape comme le veut son Ordre, s'étonnait de voir son Supérieur, plus jeune que lui, célébrer la messe en introduisant des fantaisies dans la Prière eucharistique. L'ayant questionné à ce sujet, le Père jésuite s'entendit répondre : « Ne vous en faites pas; ce n'est pas légal aujourd'hui, mais peu à peu nous arriverons à faire admettre ce changement ». Selon ces témoignages, des forces destructrices étaient dans l'Eglise avant le Concile. Vatican II n'a été pour elles qu'un "feu vert" leur permettant de se libérer et d'officialiser leur goût pour les innovations et la désobéissance. Lorsque, d'expériences illégitimes en expériences illégitimes, on en est arrivé à généraliser les autels face au peuple - ce qui n'était absolument pas demandé par le Concile - il ne s'est trouvé aucun évêque pour mettre le holà : bien au contraire, les responsables diocésains, à tous les niveaux, ont encouragé les réaménagements des espaces liturgiques fait en toute hâte et ont approuvé la généralisation de la liturgie célébrée face au peuple. On est ainsi passé, pour l'Eucharistie, de l'idée de sacrifice à l'idée de repas convivial, avec pour conséquences l'abandon de la pratique dominicale, la chute des vocations religieuses et sacerdotales, les carences dans la formation des clercs.

 

Pro Liturgia

« Dans les grands séminaires, les futurs prêtres seront préparés au ministère de la Parole, au ministère du culte et de la sanctification, au ministère de pasteur ; il devront être pénétrés du mystère de l’Eglise mis spécialement en lumière par le concile Vatican II, de manière à ce qu’ils soient liés par un amour humble et filial au Vicaire du Christ. Avant d’aborder les études proprement ecclésiastiques, les séminaristes recevront la formation humaniste et scientifique qui permet aux jeunes de leur nation d’accéder aux études supérieures. En outre, ils acquerront la connaissance de la langue latine qui leur permettra de comprendre et d’utiliser les sources de tant de sciences et les documents de l’Eglise. On considérera comme nécessaire l’étude de la langue liturgique propre à chaque rite (le latin pour les futurs prêtres de rite romain) et on recommandera vivement la connaissance suffisante des langues de la Sainte Ecriture et de la Tradition. Les disciplines théologiques seront enseignées à la lumière de la foi, sous la conduite du Magistère de l’Eglise » (Décret Optatam totius sur la formation des prêtres)

Contrairement à ce que l’on entend dans certains milieux « traditionalistes », les causes de la crise actuelle de l’Eglise ne sont pas à chercher dans le concile Vatican II mais doivent être attribuées aux interprétations erronées et abusives de cet événement et de ses documents. Aujourd'hui, des congrégations religieuses sont en crise, les vocations s'écroulent, la participation à la messe et aux sacrements est en chute libre, des journaux et les universités qui se disent « catholiques » répandent l’erreur, le catéchisme n'est plus enseigné, des curés et même des évêques montrent clairement qu’ils n’entendent plus obéir au Saint-Père, les fidèles sont plongés dans une confusion religieuse qui les conduit à imaginer un « dieu » compréhensible et conforme à leurs seuls projets humains... Tout cela n’a pas sa cause dans le Concile mais dans un certain « esprit du Concile » qui a envahi l’Eglise catholique au cours des cinquante dernières années pour gagner même le clergé qu’on avait préalablement privé de solide formation théologique. Le retour à la vie vraiment chrétienne dans nos paroisses ne se fera pas en « tournant autour du pot » ou en prenant des demi-mesures pastorales : ou bien on interprètera Vatican II à la lumière de la Tradition vivante de l’Eglise et en tenant compte de tous les conciles, ou bien la façon coupable dont on aura mis le dernier Concile en œuvre deviendra la cause du naufrage de l’Eglise.

jeanpaulratzinger.jpg« (...) Dans la période postconciliaire, nous sommes témoins d'un vaste travail de l’Eglise pour faire en sorte que ce novum, constitué par Vatican II, pénètre de manière juste dans la conscience et dans la vie de chacune des communautés du Peuple de Dieu. Cependant, à côté de cet effort, se sont manifestées des tendances qui, sur la voie de la réalisation du Concile, créent une certaine difficulté. L'une de ces tendances se caractérise par le désir de changements qui ne sont pas toujours en harmonie avec l'enseignement et avec l'esprit de Vatican II, même s'ils cherchent à se référer au Concile. Ces changements voudraient exprimer un progrès, c'est pourquoi on désigne cette tendance par le nom de « progressisme ». Le progrès, dans ce cas, est une orientation vers l'avenir qui rompt avec le passé, sans tenir compte de la fonction de la Tradition qui est fondamentale pour la mission de l’Eglise, afin que celle-ci puisse continuer à vivre dans la Vérité qui lui a été transmise par le Christ Seigneur et les Apôtres, et qui a été gardée avec diligence par le Magistère. La tendance opposée, que l'on définit habituellement comme « conservatisme » ou « intégrisme », s'arrête au passé lui-même, sans tenir compte de la juste orientation vers l'avenir qui s'est précisément manifestée dans l’œuvre de Vatican II.

 

Tandis que la première tendance semble reconnaître comme juste ce qui est « nouveau », l'autre, au contraire, ne tient pour juste que ce qui est « ancien », le considérant comme synonyme de la Tradition. Cependant, ce ne sont pas l'« ancien » en tant que tel ni le « nouveau » en soi qui correspondent au concept exact de la Tradition dans la vie de l’Eglise. Ce concept désigne, en effet, la fidélité durable de l’Eglise à la vérité reçue de Dieu, à travers les événements changeants de l'histoire. L’Eglise, comme le maître de maison de l’Evangile, tire avec sagesse « de son trésor, du neuf et du vieux » (cf. Mt 13, 52), demeurant dans une obéissance absolue à l’Esprit de vérité que le Christ a donné à l’Eglise comme guide divin. Et cette œuvre délicate de discernement, l’Eglise l'accomplit par son Magistère authentique (cf. Lumen gentium, n. 25).

 

Les positions que prennent les personnes, les groupes ou les milieux attachés à l'une ou l'autre tendance peuvent être compréhensibles dans une certaine mesure, particulièrement après un événement aussi important dans l’histoire de l’Eglise que le dernier Concile. Si, d'une part, il a libéré une aspiration au renouveau (et cela comprend aussi un élément de « nouveauté »), d'autre part, certains abus dans la ligne de cette aspiration, pour autant qu'ils oublient les valeurs essentielles de la doctrine catholique de la foi et de la morale et, en d'autres domaines, de la vie ecclésiale - par exemple dans le domaine liturgique - peuvent et même doivent susciter des objections justifiées. Cependant, si, en raison de ces excès, on refuse tout sain « renouveau » conforme à l'enseignement et à l’esprit du Concile, une telle attitude peut conduire à une autre déviation qui est également contraire au principe de la Tradition vivante de l’Eglise obéissant à l'Esprit de vérité. (...) »

 

Extrait de la lettre du Pape Jean-Paul II au Cardinal Joseph Ratzinger,

Préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, le 8 avril 1988

On doit souligner la très grave responsabilité des prêtres - et bien évidemment des évêques qui doivent être, comme le dit Vatican II, les gardiens et les promoteurs de la liturgie dans les diocèses (cf : Décret Christus Dominus, N°15) - qui s’autorisent à des célébrations eucharistiques en rupture plus ou moins affirmée avec la liturgie romaine telle qu’elle est définie dans le missel promulgué par Paul VI. Dans des petits groupes, dans des communautés religieuses, dans la grande majorité des paroisses, on ose tout changer au nom de la « créativité » ou de la « participation des fidèles » à la liturgie. On en arrive alors à avoir des célébrations de type gnostique qui sont ordonnées à la seule émotion religieuse, au seul ex opere operantis, mais qui sont en réalité en rupture avec l’enseignement de l’Eglise, avec l’ex opere operatio qui souligne la réalité de la Présence réelle du Christ.

Liens (1)

 

 

 

 

 

 

logofc

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 







 

 

 

 

Intentions de prières

 

Actualité du livre

 

 

 

 


 

 

 

Admin / Twitter

oiseau-twitter2.gif

 

 

Depuis janvier 2006,
site administré par de
jeunes laïcs catholiques.
 
 
CONTACT
 

 


 

 
coolpape.jpg