Ce n’est pas parce qu’on la répète qu’une erreur devient une vérité. On entend régulièrement dire que le concile Vatican II serait à l’origine de la crise de la liturgie. Grossière erreur ! La liturgie a été saccagée par ceux qui étaient déjà prêtres durant le Concile ou immédiatement après. Or, ces clercs (qui avaient déjà introduit des fantaisies dans la liturgie avant Vatican II) ont tous été ordonnés par Pie XII. Ils ont ensuite occupé des postes-clés à partir desquels ils pouvaient diffuser leurs idées dévastatrices dans les séminaires, dans les paroisses, dans les manuels de catéchisme, dans les cantiques (on ne dira jamais assez combien les cantiques furent des vecteurs d'idées erronées) ... en évinçant systématiquement ceux qui ne faisaient pas comme eux, qui ne pensaient pas comme eux. Ce sont les prêtres ordonnés avant Vatican II qui ont falsifié les enseignements conciliaires et ont pris les fidèles en otages ou les ont convaincus qu’ils devaient les suivre pour dynamiser l’Eglise. Rendre le Concile responsable de la crise de la liturgie - avec les répercussions qu'on sait - est une façon de voir les choses qui ne correspond pas à la réalité.

 

Pro Liturgia

La réponse ne fait aucun doute : c’est le clergé. Et - précision importante - c’est le clergé formé « avant » le Concile, celui dont personne n’imaginait, en le voyant célébrer la liturgie, qu’il allait s’employer du jour au lendemain à rejeter avec une rare violence tout ce qu’il avait respecté jusqu’alors. Le Concile, lui, n’a strictement rien « saboté » : comme l’a très bien dit Benoît XVI, il a simplement nettoyé la « fresque liturgique ». Et tout porte à croire que si l’on en était sagement resté à ce « nettoyage » dont tout le monde s’accordait qu’il était nécessaire, il n’y aurait eu aucun mouvement de mécontentement dans les rangs des fidèles. Malheureusement, les choses ne se sont pas faites ainsi : sous couvert du Concile, beaucoup de clercs se sont engagés dans une véritable dévastation de la liturgie qui se poursuit aujourd’hui avec une facilité d’autant plus grande que les fidèles sont désormais habitués à ces messes fluctuantes que l’on prétend conformes aux enseignements conciliaires alors qu’elles sont porteuses d’une doctrine incertaine et d’une ecclésiologie dramatiquement ruineuse.

« Le Concile a enseigné que l'Eglise est peuple de Dieu et communautaire avant même d'être hiérarchique. En la fondant, le Christ avait au sommet de ses préoccupations le peuple, les âmes à sauver. Il a voulu, pour le service du peuple, les apôtres et les évêques, dépositaires de pouvoirs particuliers. Pour garantir l'unité entre les évêques, il a voulu le pape. Pape et évêques ne sont pas au-dessus, mais à l'intérieur et au service du peuple de Dieu. Ils ne peuvent cependant rendre service qu'en exerçant les pouvoirs reçus. On ne peut donc pas les effacer. Le Concile dit « les évêques comme vicaires et délégués du Christ gouvernent les Eglises par le conseil, la persuasion, l'exemple mais aussi par l'autorité et le pouvoir sacré... en vertu duquel ils ont le droit sacré, et le devoir devant le Seigneur, de porter des lois pour leurs sujets, de juger, et d'organiser tout ce qui regarde le bon ordre du culte et de l'apostolat ». Il est difficile d'exercer cette autorité d'une manière juste, c'est vrai. La hiérarchie n'y est pas toujours arrivée dans le passé et, encore maintenant, elle a des défaillances, c'est vrai aussi. Quand les Pères de l'Eglise parlent d'une "Eglise lépreuse" et d'une "Eglise boiteuse", ils touchent une plaie à vif. Mais c'est une plaie liée à la limite humaine; elle peut être soignée, guérie en partie, mais pas totalement éliminée. Les laïcs et les prêtres qui parfois contestent l'Eglise au nom d'un amour sincère envers elle devraient s'en souvenir. Il faut savoir bâtir sur ce qui existe : il est souvent sage de se contenter de ce qu'on a en envisageant, certes, de nouvelles conquêtes, mais sans détruire par la contestation les germes existants d'une révolution future ». (Cf. page 120). « Personnellement, comme évêque, je me sens parfois dans les souliers du fils de Jean-le-Bon, roi de France. Celui-ci en 1356, à la bataille de Poitiers, distribuait de grands coups d'épée; à son côté combattait aussi son fils qui veillait sur lui et lui criait de temps en temps : "Père gardez-vous à gauche ! Père gardez-vous à droite !". C'est ce que je dois faire continuellement. L'Eglise, par exemple, désire répondre à l'invitation de Rosmini à "parfumer hautement de Dieu" par des célébrations liturgiques dignes, en dépouillant le concept de Dieu des oripeaux parfois naïfs et caricaturaux dont l'avait revêtu une civilisation agricole et préscientifique. Mais le travail est ardu. A droite on crie à l'impiété et au sacrilège chaque fois qu'on remplace un vieux rite par un nouveau. A gauche, vice-versa, on met en oeuvre sans discernement la nouveauté pour la nouveauté, on démantèle allègrement tout l'édifice du passé, on envoie au grenier tableaux et statues, on voit partout de l'idolâtrie et de la superstition, on en arrive à dire que pour sauver la dignité de Dieu, il est nécessaire de parler de Dieu avec des termes très choisis, ou même se taire ». (Cf. page 273)

 

Jean-Paul Ier in "humblement vôtre"

En janvier 1966, soit un mois après la fin du Concile Vatican II, l'émission "Présence catholique" rencontre le Cardinal Charles Journet pour évoquer le lien entre l'Eglise catholique et le monde. Mais qu'est-ce que le monde ? Il convient d'abord de le définir, ce à quoi s'emploie le cardinal Journet avec la précision du professeur de théologie qu'il a été sa vie durant.

 

 

Liens (1)

 

 

 

 

 

 

logofc

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 







 

 

 

 

Intentions de prières

 

Actualité du livre

 

 

 

 


 

 

 

Admin / Twitter

oiseau-twitter2.gif

 

 

Depuis janvier 2006,
site administré par de
jeunes laïcs catholiques.
 
 
CONTACT
 

 


 

 
coolpape.jpg