C’est ce qu’a laissé entendre le Cardinal Willem Eijk, Archevêque d’Utrecht et Président de la Conférence des évêques néerlandais, qui a annoncé devoir fermer près de 1 000 églises catholiques. Soit les deux tiers de toutes les églises du pays. De son côté, le Vatican a clairement dit qu’on a là les résultats des erreurs faites après Vatican II et sous couvert de Vatican II... Mgr Eijk admet que le nombre de catholiques pratiquants est en déclin rapide. Dans les années 1950, 90% des catholiques venaient régulièrement à la messe le dimanche. Ils ne sont plus que 5% aujourd’hui. Les Pays-Bas ont été à la pointe des liturgies célébrées de façon aléatoire par des prêtres libéraux et progressistes, telles qu’on les trouve actuellement dans une majorité de paroisses de France. Les mêmes causes produisant les mêmes effets, on sait donc ce qu’il adviendra du catholicisme français d’ici quelques années si les évêques persistent à encourager - ne serait-ce que par leurs silences - les abus liturgiques et à favoriser pour les jeunes une catéchèse où les bons sentiments remplacent un clair énoncé de la doctrine.

Les obsèques sont assez souvent l'occasion, de nos jours, de faire tout et surtout n'importe quoi en liturgie. D'abord, chacun aura remarqué qu'on ne célèbre plus les obsèques pour prier le salut de l'âme d'un défunt... mais simplement pour "rendre hommage". L'âme ? Bof ! La vie éternelle ? Re-bof ! Le jugement particulier ? Re-re-bof ! Ce sont des questions fondamentales qu'on ne se pose plus et que bien des prêtres n'abordent plus : "on ira tous au paradis" et l'essentiel est d'avoir une "cérémonie" au cours de laquelle un laïc (qui n'a plus mis les pieds dans une église depuis son baptême) ira au micro pour dire un poème ou chanter le refrain qu'affectionnait particulièrement le défunt... Les membres du show business qui décèdent sont, dans ce domaine, particulièrement gâtés : au cours de la messe, on leur repasse le tube qui les a rendus célèbres. Et le bon peuple, larmes à l’œil, applaudit au passage de leur cercueil. Quant aux hommes politiques - dont certains ne passent pas pour des catholiques exemplaires - ils ne sont pas en reste. On se souvient d'obsèques qui ont donné l'occasion de réunir à l'église la famille complète, au sens (très) large du terme : épouse(s), maîtresse(s)... etc.

 

 

 

http://img.over-blog.com/369x226/0/21/41/34/liturgie/cimetiererequiem.jpgPassons et revenons à la célébration des funérailles proprement dite. Le "Cérémonial des Evêques" précise (n.821) qu'il convient tout à fait que l'évêque préside, dans la mesure du possible, les obsèques qui se déroulent avec un grand concours de peuple, surtout quand il s'agit d'un évêque ou d'un prêtre défunt. Ils ont tout de même une sacrée veine, ceux qui ont été connus durant leur vie terrestre : c'est l'évêque en personne qui vient... et non pas simplement l' "équipe-interparoissiale-des-laïcs-en-responsabilité". Par les temps qui courent, mieux vaut donc être un mécréant célèbre qu'un humble fidèle. Le "Cérémonial des Evêques" prévoit cependant (n.822c) que pour les obsèques, il puisse y avoir une messe ou une célébration de la Parole de Dieu. Voilà qui rétablit les choses : logiquement, la messe ne devrait pas être systématiquement célébrée et on devrait la réserver pour les fidèles ayant eu une "honnête" (à défaut d'être parfaite) vie chrétienne. On sait que c'est rarement le cas : la messe est devenue un "droit", surtout revendiqué par celles et ceux qui ne sont pas réputé(e)s pour être des grands défenseurs de la foi de l'Eglise. Poursuivons : "Dans la célébration des obsèques, en dehors de la distinction qui découle de la fonction liturgique et de l'ordre sacré, et en dehors des honneurs dus aux autorités civiles conformément aux lois liturgiques, on ne fera aucunement acception des personnes privées ou des situations, soit dans les cérémonies soit dans les pompes extérieures." (CE, n.823). Le rituel est très clair : c'est la plus grande sobriété qui s'impose. Quant à la distinction dont il est question ici, elle se limite généralement à placer par exemple un calice et une étole sur le cercueil d'un prêtre ou un drapeau sur le cercueil d'une autorité politique ou militaire. Le "Cérémonial" recommande aussi de conserver la coutume de déposer le défunt dans la position (il s'agit bien entendu ici de la position symbolique découlant de la fonction spécifique) qu'il avait dans l'assemblée liturgique, c'est-à-dire, s'il était un ministre ordonné, la tête tournée vers le peuple; s'il était un laïc, la tête tournée vers l'autel. (CE, n.823). Il est aussi rappelé - chose très souvent oubliée ! - que l'autel ne devra pas être fleuri et que le jeu de l'orgue (ou des autres instruments) n'est permis que pour accompagner le chant (CE. n.824). Donc, pas de grande sortie "ronflante" à la fin de la célébration. La chose la plus curieuse qui mérite d'être relevée ici est la suivante : dans la version officielle (latine) du "Cérémonial des Evêques", il est prévu de chanter pour l'absoute le répons Subvenite, Sancti Dei - ou un autre chant indiqué dans le Rituel romain -. Or dans la version française du Cérémonial, le Subvenite a disparu. Il devient "Sur le seuil de ta maison"... chant dont les paroles véhiculent un message qui ne correspond pas à la foi catholique. Mais après tout, qu'est-ce que la foi vient faire ici puisqu'il ne s'agit que de faire de la musique pour... ‘’rendre hommage’’ à un disparu ?

 

Pro Liturgia

Reprenant l'idée du Cardinal Ratzinger selon laquelle la crise de l'Eglise est en partie due à l'effondrement de la liturgie, Mgr Bux, Professeur à l'université de Bari a déclaré : « Beaucoup, en particulier après le Concile - mais pas à cause du Concile - ont cédé à cette idée folle de la créativité, bien que le Concile n'avait rien abrogé ou supprimé de la stabilité liturgique.
Une messe négligée, manipulé ou, pire, maltraitée, fait obstacle au sacré et éloigne les gens des églises.
Célébrer la messe en la soumettant à la créativité est une façon de profaner le sens du sacré, ce qui conduit à nous éloigner de Dieu. Le ministre du culte n'a pas à être un acteur - ce qu'il est généralement de façon médiocre - ni une source de scandale, mais doit se souvenir que sa tâche principale est de servir Dieu et non son désir intime d'occuper le devant de la scène. Les effets du péché ne seront atténués que si nous retrouvons et restaurons une authentique liturgie verticale qui permette de redécouvrir Dieu ».

 

Pro Liturgia

Dans le contexte liturgique actuel, il est bon de savoir tenir compte de différents paramètres si l'on veut comprendre les problèmes et y remédier dans la mesure du possible. Parmi ces paramètres, on peut citer les habitudes subjectives, les mentalités, les textes officiels promulgués, la situation réelle, les désobéissances et enfin - le plus important - le caractère ecclésial de la question.
Dans tout cela, il faut partir d'un fait objectif : l'Eglise, quelle que soit l'époque dans laquelle elle se trouve, ne peut donner à ses enfants une liturgie empoisonnée. Ce sont les paroles du Christ lui-même qui empêchent l'Eglise de verser dans l'hérésie, y compris dans la liturgie, "source et sommet" de sa vie. S'il fallait admettre que la liturgie de l'Eglise puisse être hérétique à une époque donnée, ou simplement entachée d'erreurs, alors il faudrait admettre que c'est le Christ lui-même qui aurait laissé son Eglise verser dans l'hérésie. Ce qui est proprement impossible.

 



Pas plus que l'Eglise ne peut verser dans l'hérésie, un pape ne peut égarer les fidèles en promulguant une liturgie douteuse qu'ils seraient obligés de suivre. La forme de la liturgie romaine promulguée par Paul VI, quoi que disent certains, n'est donc en aucun cas hérétique ou dangereuse pour la foi. Elle ne peut être que pleinement conforme à la foi catholique.
Cependant, l'indéfectibilité de la liturgie donnée par l'Eglise ne signifie en aucun cas que la forme rituelle, visible, ne soit pas perfectible. Si les promesses faites à Pierre par le Seigneur laissent clairement entendre que l'Eglise ne peut pas s'égarer, elles ne disent rien au sujet des améliorations toujours possibles qui concernent les formulations de sa foi. La liturgie, qui reflète la foi de l'Eglise, peut donc se perfectionner, tout en sachant que les choix opérés par l'Eglise dans ce domaine, toujours tributaires d'une époque donnée, ne seront jamais parfaits. Notre seule certitude est que ces choix seront dénués de tout risque de verser ou de faire verser dans l'hérésie.
Rien n'empêche donc, au nom de la recherche d'une amélioration, de critiquer la forme extraordinaire du rite de la liturgie romaine (ce qu'a d'ailleurs fait le Cardinal Ratzinger), tout comme rien n'empêche de critiquer la forme ordinaire de ce même rite. Mais prétendre qu'une forme serait moins "catholique" que l'autre est quelque chose qui ne tient pas la route. Et c'est une chose qui ne tient pas la route simplement parce qu'à raisonner ainsi, on en arriverait à ne plus faire confiance à l'Eglise du Christ... avant d'en arriver à douter du Christ lui-même.
Il faut ensuite se garder d'opposer les dimensions subjectives et objectives de la liturgie : les deux aspects sont ici liés. Il ne peut y avoir appropriation de la doctrine signifiée par le rite liturgique que si le rite en question induit des conduites subjectives. A l'objectivité du rite liturgique doit pouvoir correspondre la réponse subjective du fidèle. Par conséquent, demander à un célébrant de respecter toutes les parties d'un rite liturgique donné par l'Eglise, c'est faire acte de doctrine.

Ce point amène à s'interroger sur une question très actuelle qui porte sur la validité et sur la fructuosité de la liturgie.
En assistant à certaines messes excentriques, il est toujours permis de douter de la validité de la liturgie tout en admettant que si bien des célébrants "déraillent" lorsqu'ils sont à l'autel, ils n'ont pas pour autant la ferme intention de ne pas faire ce que fait l'Eglise. Ce qui permet de penser que les célébrations eucharistiques qu'on voit actuellement dans la majorité des paroisses sont valides... malgré tout. 
Par contre, il est aussi permis de s'interroger sur les fruits que peuvent produire dans l'âme des fidèles de telles liturgies plus ou moins irrespectueuses du rite. Or là, il est légitime de penser que si les églises sont aujourd'hui désertées, c'est parce que la fructuosité des liturgiques qui s'y déroulent est trop souvent proche du zéro... Les fidèles ne se déplacent pas pour assister à des messes qui ne leur apportent rien sur le plan de la spiritualité.
Enfin, il faut voir que si la liturgie voulue par Vatican II est pour ainsi dire absente de nos paroisses et inconnue de nos célébrants, il faut aussi avoir conscience - en vertu de ce qui a été dit plus haut - que le Concile n'est pour rien dans cette situation, la démolition de la liturgie ayant commencé avant la mise en oeuvre de la restauration liturgique menée à son terme par Paul VI. Le grand bazar liturgique a "été inauguré" dans les années 1950 et dans une totale indifférence. La première forme du rite romain à avoir été massacrée ne fut par la forme qu'on appelle aujourd'hui "ordinaire", mais bien la forme "extraordinaire". Preuve en est que tout missel - celui de Trente comme celui de Vatican II - peut être utilisé d'une façon qui mène à la destruction de la liturgie : il lui suffit d'être mis entre les mains d'un clergé n'ayant reçu qu'une formation insuffisante.
En fait, tout missel est une ligne Maginot : une grande barrière, certes, mais qui peut céder... ou être contournée. La bêtise peut parfois souiller ce qu'il y a de plus cher. En laissant le missel "tridentin" être altéré avant le Concile, on a ouvert le chemin conduisant à l'altération de la liturgie après le Concile. Il faut donc reconnaître que le modernisme qui s'attaque aujourd'hui directement à la liturgie (et indirectement à l'Eglise) pour systématiquement falsifier les célébrations, n'est en réalité qu'un intégrisme inversé : le même esprit borné qui gouvernait des clercs moralisateurs avant le Concile, gouverne aujourd'hui un clergé révolutionnaire. Ainsi, les ardeurs destructrices que l'on remarque chez certains aujourd'hui sont la preuve que c'est ce qu'on a laissé se dessécher avant le Concile qui est désormais en train de pourrir.
La liturgie ne refleurira que moyennant un nouvel état d'esprit chez ceux qui ont la responsabilité de la mettre en oeuvre. Autant dire que ça risque de prendre un certain temps !

 

Pro Liturgia

Témoignage d'une fidèle de Belgique qui a passé à Colmar (Haut-Rhin) où elle est allée à une "messe" avec son mari : « La ville de Colmar est liturgiquement  dévastée... Mais existe-t-il une paroisse, un diocèse qui ne l'est pas ? Sur un mois de temps, j'ai pu constater que dans mon diocèse (Namur , anciennement celui de Mgr Léonard) la liturgie est tout aussi saccagée. Moi qui pensais que nous étions encore un peu préservés. C'est à en pleurer... S'agit-il encore de l'Eglise catholique ? Elle est si défigurée !! Voici un très bref récit de ce dimanche 10 avril - 5ème dimanche de Carême - à Colmar. Nous trouvons difficilement l'église, cachée entre de grands immeubles. L'entrée dans ce "bâtiment" n'est pas très engageante : tout d'abord son aspect architectural ressemble davantage à une piscine municipale . Heureusement, il est écrit au-dessus de la porte (nous ne pouvons appeler cela un portail bien sûr) : "Eglise Saint-Paul". Je ne me souviens pas avoir vu un seul signe religieux en entrant, mais il faut dire que nous avons tout de suite été accaparés par le sourire (forcé ?) et la poignée de main du prêtre en guise d'accueil, nous empêchant de nous imprégner progressivement de l'atmosphère "sacré" des lieux... Voyant mon trouble du moment, le prêtre m'indique l'entrée vers une porte (style coupe-feu) entr'ouverte qui mène vers un lieu ressemblant davantage à une salle de spectacle ou de conférence avec, dans le fond du choeur, l'inévitable panneau pseudo-catéchético-artistique. Pendant l'entrée du prêtre (sans chasuble, bien sûr) et d'un diacre, une dame se met de façon bien visible, en haut des marches, juste à côté de l'autel, pour dire: "Pendant le chant d'entrée, nous prendrons le chant "Dieu qui nous appelles à vivre", couplets 1 et 3". Puis le prêtre et le diacre s'asseyent en bas des trois marches, en sorte qu'ils deviennent invisibles au yeux de l'assemblée, laissant cette dame être en première vue : certainement, elle doit avoir un rôle très important. Puis la dame reprend la parole, comme si elle était elle-même la célébrante : "Pour la prière pénitentielle, nous prendrons le chant "Dieu qui nous appelle à vivre", couplets 2 et 4". Le reste de l'Ordinaire de la messe est du même acabit : aucun texte officiel. La communion est donnée par le diacre... et la dame-simili-prêtresse. Pendant que le prêtre attend, debout derrière l'autel, bras balants, que ça se termine. Ah ! oui.... Un chien se trouve dans l'assemblée. "Mignon petit toutou" qui, au passage ne manque pas de se faire caresser par les gens qui vont ensuite communier dans la main... Un point positif toutefois : l'attitude digne du diacre (mains jointes, à genoux pendant la consécration, etc.) qui a fait dire à mon mari: "Pauvre curé, il va en avoir du boulot pour le dévergonder !".

 

Mais sincèrement, la situation n'est pas meilleure chez nous en Belgique. Mon fils de 20 ans est allé le Jeudi Saint dans la paroisse de son amie : une longue table était dressée sur toute la longueur de la nef, les chaises étaient installées sur plusieurs rangées tout autour, les gens se faisant face; le prêtre célébrait côté portail puis est allé, au moment de l'Evangile et de l'homélie, dans le choeur. Une partie de l'assemblée tournait alors le dos au prêtre. Puis il est revenu à "la table" pour la "consécration" faite avec du pain ordinaire difficile à mâcher et qui faisait beaucoup de miettes. Pour la communion, c'était la cohue, personne ne semblait savoir par où se diriger... (cf : Rappel de Rome concernant ces absurdités liturgiques du Jeudi Saint). Dimanche dernier, mon mari est revenu d'un baptême d'un de ses élèves, un enfant de 7 ans, qui s'est déroulé pendant la messe dans une paroisse importante du centre de Namur. Voici le programme: édifiant !

- Chant d'entrée (refrain) : "Et puis, et puis, tu marches sur la mer, tu changes l'eau en vin, tu multiplies les pains: tu mets tout à l'envers..."

- Gloire à Dieu: inventé.

- Alleluia, alleluia, Jésus est vivant! (bis).

- Au moment du baptême: un texte de Frère Roger de Taizé.

- Après le baptême, proclamation de la foi (Credo): texte de Don Helder Camara : "Je ne crois pas au droit du plus fort, au langage des armes, à la puissance des puissants; je veux croire aux droits de l'homme, à la main ouverte, à la puisance des non-violents..."

- Offertoire : inventé.

- Saint le Seigneur : inventé.

- Prière eucharistique : inventée.

- Agneau de Dieu : inventé.

- Etc...

 

Tout cela suscite en moi un problème de conscience: dois-je encore demander à mes enfants d'aller à la messe ? ». Il n'est pas de notre compétence de répondre à cette dernière question. Par contre, ce témoignage prouve que des prêtres qui n'ont plus la foi catholique restent dans l'Eglise pour la démolir de l'intérieur et égarer les fidèles. Les évêques qui laissent faire ont une très lourde responsabilité.

 

Pro Liturgia

On pense souvent que c'est Benoît XVI qui, dans son premier discours à la Curie Romaine, a introduit la notion d' "herméneutique de la continuité" à partir de laquelle il convenait de comprendre et mettre en oeuvre la liturgie restaurée à la suite de Vatican II.
 Ce n'est pourtant pas exact : la nécessité de comprendre la liturgie à partir d'une "herméneutique de la continuité" a été clairement soulignée par Paul VI déjà.
 Dans la Constitution Sacrosanctum Concilium, on lit : "Afin que soit maintenue la saine tradition, et que pourtant la voie soit ouverte à un progrès légitime, pour chacune des parties de la liturgie qui sont à réviser, il faudra toujours commencer par une soigneuse étude théologique, historique, pastorale. En outre, on prendra en considération aussi bien les lois générales de la structure et de l'esprit de la liturgie que l'expérience qui découle de la récente restauration liturgique et des indults accordés en divers endroits. Enfin, on ne fera des innovations que si l'utilité de l'Église les exige vraiment et certainement, et après s'être bien assuré que les formes nouvelles sortent des formes déjà existantes par un développement en quelque sorte organique. (Cf. n°23)
. Le 29 octobre 1964, s'adressant au Conseil pour la Constitution de la Liturgie, Paul VI dit encore : "L'application exacte de la Constitution sur la liturgie [de Vatican II] requiert [...] que toutes choses, nouvelles et anciennes, soient justement et harmonieusement fondues ensemble. Et cela implique une mise en garde : que le souci de la nouveauté ne dépasse pas la mesure, que la valeur du patrimoine de la tradition liturgique ne soit pas négligée et surtout ne soit pas oubliée. S'il en était autrement, il ne faudrait plus parler de rénovation mais plutôt de destruction de la sainte Liturgie. [...] En matière de Liturgie, il ne doit donc pas exister la moindre opposition entre le présent et le passé; tout doit au contraire se passer de telle manière qu'une innovation, quelle qu'elle soit, se recommande par la cohérence et l'accord avec la saine tradition, et que les formes nouvelles fleurissent, comme d'elles-mêmes, à partir de formes déjà existantes."
 L'idée d'une nécessaire "herméneutique de la continuité" que Benoît XVI veut souligner aujourd'hui pour mettre la liturgie en valeur, se greffe donc directement sur l'enseignement de Paul VI.

« (…) Il faut malheureusement déplorer que, surtout à partir des années de la réforme liturgique post-conciliaire, en raison d'un sens mal compris de la créativité et de l'adaptation les abus n'ont pas manqué, et ils ont été des motifs de souffrance pour beaucoup. Une certaine réaction au "formalisme" a poussé quelques-uns, en particulier dans telle ou telle région, à estimer que les "formes" choisies par la grande tradition liturgique de l'Eglise et par son Magistère ne s'imposaient pas, et à introduire des innovations non autorisées et souvent de mauvais goût.  C'est pourquoi je me sens le devoir de lancer un vigoureux appel pour que, dans la Célébration eucharistique, les normes liturgiques soient observées avec une grande fidélité. Elles sont une expression concrète du caractère ecclésial authentique de l'Eucharistie; tel est leur sens le plus profond. La liturgie n'est jamais la propriété privée de quelqu'un, ni du célébrant, ni de la communauté dans laquelle les Mystères sont célébrés. 

 

L'Apôtre Paul dut adresser des paroles virulentes à la communauté de Corinthe pour dénoncer les manquements graves à la Célébration eucharistique, manquements qui avaient conduit à des divisions (schísmata) et à la formation de factions (airéseis) (cf. 1 Co 11, 17-34). A notre époque aussi, l'obéissance aux normes liturgiques devrait être redécouverte et mise en valeur comme un reflet et un témoignage de l'Eglise une et universelle, qui est rendue présente en toute célébration de l'Eucharistie. Le prêtre qui célèbre fidèlement la Messe selon les normes liturgiques et la communauté qui s'y conforme manifestent, de manière silencieuse mais éloquente, leur amour pour l'Eglise. Précisément pour renforcer ce sens profond des normes liturgiques, j'ai demandé aux Dicastères compétents de la Curie romaine de préparer un document plus spécifique, avec des rappels d'ordre également juridique, sur ce thème d'une grande importance. Il n'est permis à personne de sous-évaluer le Mystère remis entre nos mains: il est trop grand pour que quelqu'un puisse se permettre de le traiter à sa guise, ne respectant ni son caractère sacré ni sa dimension universelle (…) ».

 

Extrait de l'Encyclique "Ecclesia de Eucharistia" - Sa Sainteté le pape Jean-Paul II

Depuis que dans les célébrations liturgiques on a mis à la dernière place le chant qui devait occuper la première - c'est du chant grégorien que l'on veut parler -, ce sont des cantiques et des refrains en langue vernaculaire qu'on entend partout. Dans les paroles de ces musiques au sujet desquelles Paul VI rappelait que ce n'est pas parce qu'on les introduit dans une célébration qu'elles deviennent "liturgiques" au vrai sens du mot, il n'est souvent que de soi, du groupe, du peuple : c'est l'assemblée qui se dit. Et en se disant, elle oublie d'écouter, de recevoir ce que la liturgie veut transmettre.
Partout des cantiques, des comptines pour cours de récréations. Le tout exclusivement en français : la "langue du peuple"... le mot "peuple" était devenu un mantra pour certains de nos célébrants.
Pour autant, les fidèles font-ils davantage attention à ce qu'ils chantent, font-ils davantage aux paroles qu'ils disent, à ce qu'ils proclament ? Sûrement pas. Sinon, comment pourrait-on expliquer que le "peuple" ne soit pas choqué par certains paroles ? Comment pourrait-il se faire que des fidèles acceptent de piailler des mélodies qui, si elles étaient programmées au cours d'un concert, n'attireraient pas un chat ?
A force de vouloir à tout prix faire du directement compréhensible, on en est arrivé à faire dire et chanter aux fidèles des phrases où il n'y a plus rien à comprendre car elles n'ont plus de sens.


 

 

 

A côté du cantique qui ne laisse aucune trace et ne transmet rien de génération en génération tellement il vieillit vite, le chant grégorien est juste sur le plan formel sa forme et vrai sur le plan théologique. Chez lui, justesse et vérité ne font qu'un : la vérité qu'il contient se transmet par la justesse de sa forme mélodique.
Le sens de ce que chante le grégorien n'est pas obscur ou caché : il se dévoile au fidèle au fur et à mesure qu'il fréquente le répertoire, qu'il se familiarise avec les pièces de l'année liturgique et, plus simplement même, dès qu'il se laisse porter par les mélodies.
Il y a donc une grande différence entre le chant grégorien et le répertoire des cantiques actuels.
Ceux qui privent les fidèles du répertoire grégorien qui, au demeurant, fait respirer au rythme de l'année liturgique, sont probablement ceux qui se sont fermés à la dimension contemplative de la liturgie. Il leur manque un outil essentiel pour comprendre et goûter la liturgie en son authenticité et en sa profondeur. Tout, chez eux, n'est plus qu'émotion éphémère. Leurs messes ne font plus que la part belle à l'émotion; mais une fois cette émotion passée, il ne reste plus rien : le cantique, comme on l'a dit, ne véhicule pas grand chose. 
Et comme de plus, il n'y a pas deux paroisses qui chantent le même cantique à la même place, à la messe du même dimanche, le fidèle est assuré de ne jamais retrouver d'année en année des paroles et une mélodie qui correspondent à un dimanche précis. Il n'y a donc aucune possibilité de mémorisation, aucune possibilité de suivre intégralement un cycle liturgique annuel.
L'émotion que provoque un cantique - ou que provoquent certaines célébrations - est semblable à une bulle de savon : ça a de belles couleurs, c'est léger, c'est joli... puis la bulle éclate et il ne reste plus rien.
Le chant grégorien, en tant que chant propre de la liturgie romaine, peut provoquer une émotion. Tant mieux, mais ce n'est sûrement pas l'essentiel. Ce qui est essentiel, c'est ce qui demeure dans la mémoire et dans le coeur du fidèle une fois l'émotion disparue, une fois le chant achevé, une fois le dimanche passé. Et là, le grégorien possède une qualité insurpassable : en plus de l'émotion qu'il peut faire naître, il grave dans les coeurs et les mémoires un contenu théologique solide et une spiritualité authentiquement chrétienne. C'est ainsi qu'il alimente et traduit tout en même temps la prière.
Dans les liturgies orientales, l'icône est chargée d'une théologie qui se diffuse par la couleur et le trait. Dans la liturgie romaine, le chant grégorien est chargé d'une théologie qui se diffuse par le son. Pas besoin d'être artiste peintre pour se laisser envahir par le message de l'icône; pas besoin d'être musicien pour se laisser (in)former par le message du chant grégorien. Dans le premier cas, il suffit de s'ouvrir à la lumière; dans le second il suffit de s'ouvrir au son.
De nos jours, c'est souvent la capacité d'ouverture qui fait défaut : dans le domaine de la foi, l'ouverture est quelque chose qui s'apprend à travers le contact avec la liturgie, à condition qu'elle soit célébrée de façon intégrale. C'est-à-dire avec son chant propre : le grégorien.

 

Pro Liturgia

C'est un fait : la majorité des prêtres de France ainsi que la quasi totalité de la Conférence épiscopale ne veulent pas la liturgie de l'Eglise, quelle que soit sa forme, "ordinaire" ou "extraordinaire". Car n'ayant pas eu l'occasion de faire des études théologiques solides, ces prêtres et ces évêques sont souvent incapables de comprendre le véritable sens de la liturgie. Pour eux, "célébrer", c'est avant tout faire de la pastorale. Or la liturgie de l'Eglise n'est pas "pastorale" : elle est louange et adoration du Dieu un et trine. Il ne faut pas s'offusquer de voir tant de célébrants  torturer la liturgie de l'Eglise pour la faire entrer dans leurs schémas préconçus : ils sont incapables de la concevoir autrement qu' "adaptée". Ils n'acceptent la liturgie de l'Eglise que préalablement passée à la moulinette de leur "pastorale" : de cette pastorale qu'ils ont mise en place depuis le Concile et qu'ils s'efforcent de faire passer pour productive alors même que les faits prouvent l'inverse. C'est clair : notre clergé français, héritier direct des idées soixante-huitardes et victime d'une grave déficience de formation théologique, ne veut pas de la liturgie de l'Eglise, quelle que soit sa forme. Il n'a jamais respecté la liturgie romaine restauré à la suite de Concile; il n'acceptera jamais la forme "extraordinaire" du rite romain. Ou bien, lorsqu'il l'accepte ici ou là, c'est uniquement pour faire taire tous les fidèles qui demandent que la liturgie soit dignement célébrée et qui aimeraient retrouver, dans la forme "ordinaire", cette sacralité qu'ils découvrent dans la forme "extraordinaire". Mais ce n'est jamais pour faire bloc autour du Saint Père et l'aider à résoudre cette grave crise liturgique qui secoue l'Eglise depuis de trop longues années. Si notre clergé français était vraiment capable de comprendre ce qu'est la liturgie pour l'Eglise, il s'empresserait de mettre en oeuvre les orientations données dans l'Exhortation Sacramentum Caritatis de Benoît XVI. Or nulle part ces orientations ont été reçues et mises en oeuvre de façon officielle, c'est-à-dire sur ordre de l'évêque diocésain. C'est bien la preuve que, comme nous le disions au début, le clergé qui tient les rennes de ce qui se fait actuellement en matière de célébrations paroissiales ne veut pas de la liturgie de l'Eglise : il y est farouchement opposé, ce qui est une façon de contester l'autorité du Successeur de Pierre et de faire éclater l'Eglise en multiples chapelles où se vit plus qu'une vague religiosité à la carte.

 

Pro Liturgia

Voilà 40 ans que le missel romain restauré à la suite de Vatican II a été promulgué par Paul VI. Et voilà 40 ans que, dans les paroisses, les fidèles sont obligés d'errer dans un désert liturgique où ne se sentent à l'aise que les démolisseurs de ce missel romain.
Disons-le tout net : voilà 40 ans que nous avons en France un épiscopat qui non seulement ne respecte plus la liturgie de l'Eglise, mais qui - chose inédite autant qu'incompréhensible - interdit aux fidèles de respecter cette même liturgie. Exagération, diront certains ? Non.

 

 

Il suffit de voir ce qui a été publié pendant ces quarante dernières années sous couvert de l'autorité de l'épiscopat français, pour se rendre compte qu'il y a eu en haut-lieu une volonté plus ou moins affichée de bazarder le missel dit "de Paul VI". Il suffit de se souvenir de l'accueil réservé par nos évêques au livret Iubilate Deo de Paul VI. « Niet, on n'en veut pas ! » ont-ils dit en choeur.
Il suffit aussi de reprendre les termes du pape Benoît XVI dans la Lettre qu'il a adressée aux évêques : « (...) en de nombreux endroits, on ne célébrait pas fidèlement selon les prescriptions du nouveau missel; au contraire, celui-ci finissait par être interprété comme une autorisation, voire même une obligation de créativité; cette créativité a souvent porté à des déformations de la liturgie à la limite du supportable ». On ne saurait être plus clair.
Nous connaissons des dizaines et des dizaines de prêtres qui ont aujourd'hui peur de célébrer la liturgie de l'Eglise comme elle doit être célébrée parce que, disent-ils « si l'on respecte le missel, on se fait taper sur les doigts ». Par qui ? Mais voyons, par la toute-puissante équipe liturgique locale qui ira se plaindre auprès du vicaire épiscopal lequel, bénéficiant de la pleine confiance de son évêque, donnera toujours tort à un prêtre dont le seul souci est d'être au service de l'Eglise et de sa liturgie.
Les Hébreux ont marché 40 ans à travers le désert; ils étaient guidés par Moïse qui voulait les sortir de là. En France, ça fait 40 ans que nous marchons dans le désert liturgique; mais nous nous savons guidés par des pasteurs qui, quoi qu'ils disent, préfèrent nous faire tourner en rond plutôt que de nous guider vers la sortie.
Certains répondront que, malgré tout, les fidèles participent davantage à la liturgie qu'autrefois. Là encore, disons-le tout net : c'est totalement faux. 
Ce à quoi sont obligés de participer aujourd'hui les fidèles, lorsqu'ils vont à la messe, c'est aux "activités" para-liturgiques organisées par ceux qui espèrent rendre attractives les célébrations qu'ils ont préalablement sabotées. Contrairement à ce qu'on croit généralement, les fidèles ne participent pas à la messe : en chantant des cantiques niais, en disant "amen" aux improvisations du célébrant, en écoutant poliment le mot d'accueil de l'animateur, en fermant les yeux devant la médiocrité des célébrations, en acceptant que choeurs d'églises soient investis par des laïcs habillés comme s'ils allaient au camping des Flots Bleus... les fidèles participent à la destruction de la liturgie. Ils y sont contraints : il n'y a plus autre chose pour ceux qui font encore l'effort de pratiquer.
Oui : 40 ans que le missel restauré à la suite de Vatican II a été publié. 40 ans que nos pasteurs nous obligent à choisir entre des messes inacceptables et des messes vaguement potables... mais surtout jamais des messes célébrées conformément au missel.
Demeure la question : comment faire face à cette situation calamiteuse ? Une première chose à faire est de ne jamais confondre la liturgie de l'Eglise - telle que la donne le missel romain - (+) avec les liturgies qui se font dans les églises sous couvert abusif du Concile. Confondre systématiquement la liturgie de l'Eglise avec ce qu'on voit faire dans les paroisses, c'est accepter de se comporter comme tous ces caricatureurs de l'Eglise dont le pape et l'Eglise elle-même - et nous avec elle - ont à souffrir actuellement. Il faut donc prêter main forte au Saint-Père dans sa lutte contre les abus liturgiques; il faut donc dénoncer à qui de droit les liturgies dévoyées auxquelles les fidèles sont contraints d'assister.
Une seconde chose à faire - et elle est capitale - est de ne suivre que ce que le pape dit et non ce qui se fait de façon particulière, pour x raisons, dans telle paroisse ou dans tel diocèse.

 

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