On nous reproche parfois, lorsque nous critiquons les liturgies qui se font dans nos églises paroissiales et les évêques qui les autorisent - ne serait-ce que par leurs silences - de manquer de la plus élémentaire charité évangélique. Ainsi, lorsque nous écrivons à un prêtre, à un évêque, pour lui rappeler son devoir pastoral lui imposant de garantir aux fidèles la liturgie de l’Eglise et pas autre chose (Cf. Instruction « Redemptionis Sacramentum »), il nous est généralement répondu par un verset de S. Paul sur la charité, ce qui est à notre avis un moyen d’écarter la question en brandissant « le » bon verset biblique, un peu à la façon des Témoins de Jéhovah. Mais revenons sur la question de la charité. Dans son Encyclique « Caritas in veritate », Benoît XVI montre très clairement qu’il est toujours nécessaire de conjuguer la « charité » avec la « vérité » : on ne peut pas, sous prétexte de charité, fermer les yeux sur ce qui est faux, sur ce qui est erreur. Comment pourrait-on admettre que sous prétexte de respecter son curé, son évêque, il faille accepter que la célébration de l’Eucharistie soit systématiquement bradée, dénaturée, transformée en vecteur d’une religiosité se situant en marge de la foi catholique ? Benoît XVI explique toute l’importance que doit revêtir la recherche de la vérité : non pas d’ « une » vérité, comme on entend aujourd’hui, mais de « la » vérité, laquelle ne saurait être multiple : « Ce n’est que dans la vérité que l’amour resplendit et qu’il peut être vécu avec authenticité. La vérité est une lumière qui donne sens et valeur à l’amour. Cette lumière est, en même temps, celle de la raison et de la foi, par laquelle l’intelligence parvient à la vérité naturelle et surnaturelle de l’amour : l’intelligence en reçoit le sens de don, d’accueil et de communion. Dépourvu de vérité, l’amour bascule dans le sentimentalisme. L’amour devient une coque vide susceptible d’être arbitrairement remplie. C’est le risque mortifère qu’affronte l’amour dans une culture sans vérité. Il est la proie des émotions et de l’opinion contingente des êtres humains ; il devient un terme galvaudé et déformé, jusqu’à signifier son contraire. La vérité libère l’amour des étroitesses de l’émotivité qui le prive de contenus relationnels et sociaux, et d’un fidéisme qui le prive d’un souffle humain et universel. » (Cf. « Caritas in Veritate ».) La liturgie n’a pas à être célébrée en fonction des émotions, des goûts, des opinions, des fantaisies de tel ou tel prêtre. Est-ce vraiment manquer de charité évangélique que de rappeler ce principe essentiel reconnu de tout temps par l’Eglise ?

 

Pro Liturgia

Il y a tout de même quelque chose de très curieux chez les évêques de France : dès que le Vatican publie un document qui ouvre la porte aux fidèles "traditionalistes", on voit nos évêques courir se réfugier derrière un Concile Vatican II qu'ils ont toujours superbement ignoré. Et la preuve qu'ils l'ont ignoré, c'est que lorsque nous leur demandons où trouver la liturgie célébrée strictement selon le missel romain actuel (forme "ordinaire"), ils sont incapables de répondre. On comprend donc très mal ce réflexe qui, chez eux, consiste à toujours rappeler aux autres qu'il est hors de question de mettre le Concile entre parenthèses alors qu'eux-mêmes ont la fâcheuse habitude de ne pas en tenir compte depuis maintenant plus de 40 ans (la "messe qui prend son temps" en est une preuve vivante… ainsi que les nombreux exemples ci-après : voir ici ou ici ou encore ici et ici)

Des fidèles - parmi lesquels des prêtres et des évêques - qui se disent pleinement attachés au concile Vatican II, s'inquiètent de la levée, par le pape Benoît XVI, des excommunications qui frappaient les quatre évêques sacrés par Mgr Lefebvre. Des évêques de France s'étonnent de n'avoir été ni mis au courant de cette décision ni consultés. A tous ces donneurs de leçons qui se prévalent du Concile, rappelons-leur les termes du décret Christus Dominus sur la charge pastorale des évêques dans l'Eglise :

 

 

« Dans cette Eglise du Christ, le Pontife Romain, comme successeur de Pierre, à qui le Christ confia la mission de paître ses brebis et ses agneaux, jouit, par institution divine, du pouvoir suprême, plénier, immédiat, universel pour la charge des âmes. Aussi bien, en sa qualité de pasteur de tous les fidèles, envoyé pour assurer le bien commun de l'Eglise universelle et le bien de chacune des Eglises, il possède sur toutes les Eglises la primauté du pouvoir ordinaire. Les évêques (...) ont été envoyés pour assurer, en union avec le Souverain Pontife et sous son autorité, la pérennité de l'oeuvre du Christ, Pasteur éternel. (...) Cette charge épiscopale (...), les évêques (...) l'exercent (...) en communion avec le Souverain Pontife et sous son autorité ». (cf. nn.2 et 3)

 

N'est-il pas plus prudent de bien connaître les textes du Concile dont on se réclame sans arrêt ?

 

Pro Liturgia

L’usage liturgique dit : « Le prêtre s’incline un peu sur l’autel pour prononcer les paroles du Seigneur. La consécration accomplie, il se redresse. Tenant encore la grande Hostie entre le pouce et l’index des deux mains, les autres doigts repliés en dessous, le prêtre l’élève aussi haut qu’il le peut commodément – au moins au-dessus du niveau des yeux – et, les yeux fixés sur l’Hostie, avec révérence il la présente à l’adoration de l’assistance... » (Cf. Cérémonial de la Sainte Messe suivant le Missel Romain de 2002.)

 

 

elevation-de-l-hostie.jpeg 

Dans la grande majorité des paroisses françaises, les directives

liturgiques voulues par Rome sont bien évidemment non-appliquées.

 

 

Dans l’Eglise catholique, on fait comme ça.

« Ce que Nous avons dit fait apparaître clairement combien il est important, pour assurer une bonne réforme, aujourd'hui particulièrement, que chacun voie bien le caractère ecclésial et hiérarchique de la liturgie sacrée. Ce qui veut dire que les rites et les formules liturgiques de prière ne doivent pas être considérés comme quelque chose de privé, qui est l'affaire de tout un chacun, de telle paroisse, de tel diocèse ou de telle nation. En réalité, ces formules et ces rites sont l'affaire de l'Eglise universelle dont ils expriment la prière vivante. C'est pourquoi personne n'a le droit de changer ces formules, d'en introduire de nouvelles, de leur en substituer d'autres. Cela est exclu en raison de la dignité même de la liturgie par laquelle l'homme s'entretient avec Dieu : cela est exclu également en raison du bien des âmes et de l'efficacité de l'action pastorale qui serait alors compromise. A ce propos, il est bon de se rappeler ce principe de la Constitution sur la liturgie : « Le gouvernement de la liturgie dépend uniquement de l'autorité de l'Eglise » (Sacrosanctum Concilium n. 22, 1). En vous parlant de ces principes qui doivent guider votre activité, Nous ne pouvons pas passer sous silence certaines façons d'agir que l'on constate dans différentes parties de l'Eglise et qui sont pour Nous un grand motif de préoccupation et de souffrance. Nous voulons parler en premier lieu d'un état d'esprit existant chez beaucoup : on supporte mal tout ce qui vient de l'autorité de l'Eglise, tout ce qui est prescrit par une loi. C'est ainsi que, dans le domaine de la liturgie, il arrive parfois que, de leur propre chef, les Conférences épiscopales elles-mêmes vont plus loin qu'il ne faut. Il arrive souvent aussi que l'on fasse des expériences arbitraires et que l'on introduise des rites qui sont en opposition flagrante avec les règles données par l'Eglise. Il n'est personne qui ne voit que cette façon d'agir non seulement blesse gravement la conscience des fidèles, mais nuit à la bonne mise en œuvre du renouveau liturgique, qui demande que chacun fasse preuve de prudence, de vigilance, et surtout de discipline ». (Allocution de Paul VI au "Consilium" de liturgie, le 14 octobre 1968)

 

--> C'est très clair : la crise liturgique post-conciliaire vient en grande partie de ce que beaucoup ont désobéi et n'ont pas suivi ce qui avait été décidé par l'Eglise au moment du Concile. Et parmi ceux qui ont désobéi, à l'époque, on trouve des prêtres et des évêques, ou même des conférences épiscopales. C'est Paul VI lui-même qui le dit !

 

Pro Liturgia

Tout le monde a entendu parler de l’ « exception française ». On l’enviait autrefois ; on s’en moque aujourd’hui tant elle est devenue synonyme de « pagaille à la française ». Cette « exception française » a aussi cours dans l’ « Eglise-qui-est-en-France » où l’on décourage toute initiative visant, dans les célébrations liturgiques, à corriger les erreurs qui ont été faites à la suite de Vatican II. Il est clair que lorsque l’ « Eglise-qui-est-en-France » se regarde dans un miroir, elle a parfois du mal à reconnaître qu’elle est encore catholique-romaine. On avait dit aux fidèles que l’ « Eglise-qui-est-en-France » était à nulle autre pareille : son histoire, sa culture, son obéissance au Magistère, ses théologiens faisaient envie à beaucoup. Or, depuis Vatican II, l’image qu’elle donne hors de nos frontières s’est nettement estompée : des églises vides, des évêques hésitants, des séminaires vides, des communautés religieuses vieillissantes, des prêtres épuisés par de la réunionnite stérile... Mais si le constat est accablant, les remèdes semblent manquer. Et paradoxalement, il arrive souvent que la guérison soit attendue de ceux qui ont engendré les problèmes. 

 

Un certain nombre de fidèles - clercs et laïcs - pense que la crise de l’Eglise vient de ce qu’on n’est pas encore allés assez loin dans les réformes, dans les expériences, dans les façons originales et audacieuses de célébrer la liturgie... Certains fidèles veulent davantage de liberté et craignent le retour à une certaine discipline liturgique qui mettrait en péril les pouvoirs et les privilèges qu’ils se sont octroyés dans les paroisses. Pour cette raison l’ « Eglise-qui-est-en-France » est comme séquestrée et condamnée à la médiocrité, à l’absence de rebond, au long sommeil dont on ne se réveille plus. Au nombre des éléments qui interdisent au catholicisme français de rebondir, il y a le manque de formation solide de bon nombre de clercs (comme l’avait souligné Mgr Gaidon), faisant carrière dans un sérail à l’abri de la vraie vie chrétienne des fidèles ; il y a les responsables de projets pastoraux obsédée par leurs marottes idéologiques stériles ; il y a des « laïcs en responsabilité » assoiffés d’ambitions et toujours à l’affût d’idées nouvelles pour ne pas louper les modes du microcosme catho-cool...

 

Muselés par des grands projets diocésains qui, au grand désespoir des fidèles, interdisent à des prêtres de défendre la liturgie de l’Eglise en la célébrant fidèlement en toute quiétude, paralysée par des bureaucraties qui surveillent la moindre paroisse demeurée étrangère aux exigences d’une pastorale dont les résultats ne sont jamais arrivés, l’ « Eglise-qui-est-en-France » se dessèche d’année en année. N’y a-t-il pas urgence, au vu de la situation actuelle, de redonner aux fidèles le goût de célébrations liturgiques paroissiales qui, pour être fidèles au Missel donné par l’Eglise, puissent échapper aux initiatives arbitraires des célébrants et des « équipes liturgique » dont les membres sont choisis en fonction de leurs aptitudes à appliquer des directives diocésaines qui n’ont rien à voir avec le Concile ? Bien sûr, un changement de climat pareil, avec des réformes décisives, serait une véritable « révolution » dans bien des paroisses. Il faudrait nager à contre-courant de ce qui se fait partout. Et alors ? Le Pape François ne demande-t-il pas aux fidèles d’ « oser » ?

 

Pro Liturgia

 

Dans un certain nombre de paroisses, au cours de la messe les enfants sont conduits dans une salle où ils ont droit à une liturgie de la Parole adaptée. Puis, ils rejoignent l’assemblée paroissiale au moment de l’offertoire pour la suite de la célébration. Cette façon de faire, qui part probablement d’un bon sentiment, est totalement anti-liturgique. Et ce pour au moins deux raisons :

 

- premièrement, la liturgie de la Parole n’est pas une catéchèse adaptée à un groupe mais une célébration par l’Église. Séparer ce moment des lectures du reste de la liturgie est donc une pratique qui s’oppose à la pédagogie de la liturgie laquelle, comme a rappelé le Concile, est reçue à différents niveaux et de différentes manières selon les fidèles et la préparation qu’ils auront pu avoir (Sacrosanctum Concilium n.19).

 

- deuxièmement, comme l’ont rappelé les papes - notamment S. Jean-Paul II -, la liturgie de la Parole et la liturgie eucharistique proprement dite constituent un seul et même acte de culte. Il est donc essentiel, pour préserver le sens de ce culte, que la liturgie de la Parole - suivie de l’homélie qui appartient à cette liturgie - se fasse dans le sanctuaire (le chœur) de l’église, dans l’espace où apparaissent réunis l’autel et l’ambon, et non ailleurs.
 

On aurait bien tort de croire que, moyennant une liturgie soignée, les enfants ne sont pas capables de saisir - à défaut de tout comprendre - le sens profond de la liturgie de la Parole ainsi célébrée.

Contrairement à ce qu’on croit trop souvent, on n’assiste pas à un véritable retour à la liturgie. Ce à quoi on assiste plutôt, c’est à une sorte de “rafistolage”, à un “recollage” de morceaux de rites récupérés à droite et à gauche ; ce “recollage” redonne à certaines messes un peu de cette dignité que le clergé postconciliaire s’était empressé de faire disparaître. C’est mieux que rien ; c’est mieux que les messes qu’on a eues jusqu’ici... Mais ça ne constitue pas véritablement ce qu’on peut appeler un “retour à la liturgie”.

 

La liturgie n’est pas faite de morceaux que l’on ajusterait les uns aux autres avec la volonté de bien faire. Elle est autre chose : elle est le déroulement d’une action dans laquelle les rites ne se succèdent pas mais se fondent dans un ensemble stable et “a-temporel” pour générer cet espace où l’esprit trouve la pleine liberté de se reposer en Dieu. La liturgie ne part pas d’une réflexion (comment bien célébrer ?) mais d’une habituelle relation au sacré. Là où cette relation n’existe plus, on tente de rendre la liturgie “efficace” en la soumettant à des artifices pastoraux qui, d’une façon ou d’une autre, finissent par s’opposer radicalement à la foi.

Ceux qui sont amenés à solenniser une messe à l'occasion d'ordinations, de l'arrivée d'un nouvel évêque, ou simplement d'une fête... font aujourd'hui une grande erreur qui provient de leur ignorance de ce qu'est la liturgie. En quoi consiste cette erreur ? Elle est simple : pour solenniser une célébration eucharistique, ils partent de la messe qu'ils connaissent, celle qu'ils voient habituellement dans les paroisses, et s'interrogent sur ce qui pourrait lui être ajouté pour une faire une messe solennelle. C'est là qu'interviennent - très maladroitement - les équipes liturgiques lesquelles, avec « un zèle aussi admirable que déplacé » (Cf. Cardinal Ratzinger), vont s'employer plus à encombrer la célébration qu'à la solenniser. En faisant de la sorte, on transforme la liturgie en quelque chose qui perd son unité, son homogénéité; elle devient un mélange plus ou moins indigeste d'éléments qui sont étrangers, chacun s'employant à y ajouter non pas ce qui rendra la liturgie plus digne, mais ce qui permettra à un individu, à un groupe, de s'y affirmer en y glissant la marque de son caprice.

 

 

 

 

messejesus.jpgMais alors, comment faire pour solenniser une célébration liturgique ? La réponse est simple : il faut partir du haut, de la "messe stationnale", celle que célèbre l'Evêque dans sa cathédrale, telle qu'elle est décrite dans le "Cérémonial des évêques", et s'efforcer de tendre vers l'idéal ainsi défini. Car c'est la messe stationnale qui doit être le modèle d'une liturgie à la fois intégrale et solennelle. La "messe stationnale" - précise le "Cérémonial des évêques" – « manifeste à la fois l'unité de l'Eglise locale et la diversité des ministères autour de l'évêque et de la sainte Eucharistie ». Elle est - dit encore le "Cérémonial" – « la principale manifestation de l'Eglise locale lorsque l'évêque, en tant que grand prêtre de son troupeau, célèbre l'Eucharistie... ». La "messe stationnale" est donc le modèle par excellence de toute liturgie solennelle; c'est elle qui doit servir d'exemple dès lors qu'il s'agit de donner de l'éclat à une célébration. La solennisation d'une célébration eucharistique ne s'obtient pas en empilant dans une messe des éléments trouvés hors de la liturgie, mais en valorisant chaque constituant de la liturgie elle-même. C'est capital. Bien entendu, une petite paroisse n'a pas sous la main tout ce dont dispose une cathédrale ou une basilique pour solenniser ainsi une messe. Néanmoins, elle peut - elle doit ! - s'employer à suivre les principes de base édictés pour la "messe stationale". Quels sont ces principes de base ? En voici quelques uns :

 

 

1. La liturgie doit être chantée. On devine ici qu'il ne s'agit pas d'abord de farcir la célébration de chants exécutés par la chorale ou l'assistance, mais qu'il s'agit de chanter la messe; ce qui signifie que le célébrant - même s'il n'a pas la voix très juste ou très belle - soit capable de chanter les oraisons (et non pas seulement la doxologie), la préface, la prière eucharistique (au moins en partie)...

 

2. Le célébrant doit être revêtu des vêtements sacerdotaux : amict (au lieu du col montant de l'incontournable - et très moche - aube-sac-tergal...), aube digne de ce nom, cordon, étole, chasuble. Ces vêtements doivent être propres, correctement ajustés (de façon à ne pas froufrouter à 20cm au-dessus de chaussures assoiffées de cirage ou encore de laisser dépasser le bas du pantalon...), en harmonie par leurs formes et leurs couleurs avec le cadre dans lequel se déroule la liturgie.

 

3. Tout doit être disposé dans le sanctuaire pour que la liturgie puisse être célébrée de façon parfaite c'est-à-dire sans omissions, sans ajouts, sans modifications (Cf. Constitution Sacrosanctum Concilium.) Il faut donc prévoir : le missel (qui n'est pas une pochette plastifiée ou encore "Prions en Eglise"...), le lectionnaire, des livres pour les éventuels concélébrants (le missel ne se déplace pas d'un concélébrant à l'autre et chaque concélébrant doit avoir surligné dans son livret la partie de la prière eucharistique qu'il a à dire), le calice obligatoirement couvert du voile, le corporal, le purificatoire, le nécessaire pour le rite du lavement des mains, le plateau (obligatoire !) pour la communion des fidèles, le bénitier et le goupillon (et non des "feuillages-pour-faire-primitif") pour le rite de l'aspersion.

 

4. L'autel doit être désencombré de tout ce qui détourne l'attention de la liturgie elle-même (pas d'arrangements floraux psychédéliques ou de bricolages imaginés par les manas-catéchistes du secteur...); 6 cierges disposés symétriquement (3 et 3) soit posés sur des chandeliers assez grands pour être placés sur le sol, soit posés directement sur l'autel; une croix placée au centre de l'autel afin de rappeler aux fidèles que c'est le Christ qui est important et non le célébrant.

 

5. Pour ce qui est de la liturgie elle-même, on ne la détaillera pas ici puisqu'elle doit être absolument conforme à ce qui est défini par le missel romain.

 

6. Il reste à dire un mot sur la tenue des acteurs de la célébration : au moment de la procession d'entrée (qui se fait au moment du chant d' "entrée" - et non d'une pièce d'orgue - ) les ministres sont mains jointes à hauteur de la poitrine (pas à hauteur de la bouche avec les doigts soutenant le nez) et non les bras ballants, marchent sans se dandiner et gardent le regard dirigé devant eux. Ils suivent l'acolyte qui porte la croix de procession et celui qui balance l'encensoir fumant. Dans les gestes, les attitudes, les tons de voix... il faut éviter tout ce qui est boursouflure, grandiloquence, kitsch et qui a le grand défaut de mettre l'accent plus sur l'acteur de la liturgie que sur l'action liturgique elle-même.

 

 

Comme l'a rappelé Mgr Aillet dans une conférence donnée à Rome, une « observation plus rigoureuse des prescriptions liturgiques garde le prêtre contre la prétention, même inconsciente, d'accaparer l'attention des fidèles sur sa personne. Le rituel liturgique que le célébrant est appelé à recevoir filialement de l'Eglise, permet en effet aux fidèles de rejoindre plus facilement la présence du Christ Seigneur lui-même dont la célébration liturgique doit être le signe éloquent et qui doit toujours avoir la première place. La liturgie est blessée lorsque les fidèles sont livrés à l'arbitraire du célébrant, à ses manies, ses idées ou opinions personnelles, voire ses propres blessures. D'où l'importance encore de ne pas banaliser des rites qui, en nous arrachant au monde profane et donc à la tentation de l'immanentisme, ont le don de nous immerger d'un coup dans le Mystère et de nous ouvrir à la Transcendance. (...) D'où l'importance de la formation des futurs prêtres à la liturgie, et spécialement à la participation intérieure, sans laquelle la participation extérieure préconisée par la réforme manquerait d'âme et favoriserait une conception tronquée de la liturgie qui s'exprimerait en termes de théâtralisation excessive des rôles, de cérébralisation réductive des rites et d'autocélébration abusive de l'assemblée ».

 

Pro Liturgia

Notre clergé français nous a longtemps demandé, à nous fidèles laïcs, d'être des chrétiens "adultes", "responsables", qui "osent une parole forte". Mais quand nous, simples fidèles laïcs, au nom de l'exercice de notre responsabilité et de notre liberté de parole, nous nous sommes parfois autorisés à déclarer que la crise que traverse aujourd'hui l'Eglise, en France, est en grande partie imputable au clergé - et plus précisément aux évêques -, ça a dérangé. Brutalement, on n'a plus voulu de chrétiens "adultes": on a préféré des fidèles bêlants et l'on a accusé ceux qui osaient parler de manquer de charité ou de semer la division. Comme si le manque de charité n'avait pas d'abord été le fait de ceux qui ont refusé aux fidèles la liturgie et la catéchèse que l'Eglise voulait leur garantir; comme si la division n'était pas née de l'éclatement de la liturgie et, par la suite, de l'effondrement des paroisses puis de la division des paroissiens; comme si le clergé local, victime de l'absence de formation solide et atteint du syndrome anti-romain, n'avait pas eu sa part dans la crise actuelle.

 

 

 

http://img.over-blog.com/500x878/0/21/41/34/2010/saintsacrificedelamesse.jpgNos propos dérangent essentiellement un certain "clergé hexagonal" qui tente depuis des années de faire croire que tout a toujours été fait - et vraiment bien fait - pour que les enseignements de Vatican II soient appliqués partout, dans toutes les paroisses, à toutes les messes, à tous les niveaux des diocèses. En réalité, il faut bien, au nom de la vérité, dire que non seulement les enseignements du Concile n'ont pas été appliqué en France, mais qu'en plus - ce qui est au fond bien plus grave - les fidèles qui voulaient les appliquer ont été réduits au silence, montrés du doigt, expulsés - oui, proprement expulsés - des paroisses, au motif qu'ils n'étaient plus dans la mouvance de la pastorale qui devait s'y faire pour, disait-on, "bâtir l'Eglise de demain". Propos exagérés, diront certains ? En aucune façon, hélas. Nous avons sous les yeux de très nombreux documents qui prouvent l'exactitude des faits avancés. De plus, des ouvrages commencent à être publiés dont l'objectivité ne saurait être mise en cause : tous font état d'un véritable laisser-aller que, dans les années 1960-80, les évêques de France, dans leur grande majorité, ont laissé s'installer ou même ont encouragé. Et s'il fallait encore donner un exemple du silence coupable et malheureusement encore très actuel de l'épiscopat français, il suffirait de rappeler qu'aujourd'hui encore, aucun des récents documents magistériels (+) concernant la liturgie n'a donné lieu à des corrections de ce qui se fait partout de travers dans les églises, ni conduit à des applications fidèles de ce qui doit se faire. C'est un signe qui ne saurait tromper personne. Et si nous prenons ici la liberté de reprendre - respectueusement mais avec opiniâtreté - nos pasteurs, et d'abord les évêques diocésains, c'est parce que nous, fidèles qu'on dit être "de la base", sommes très lassés de recevoir d'eux des serpents quand nous leur demandons du pain. C'est parce que nous, simples fidèles, sommes découragés d'être, depuis plus de 40 ans, traités pour ainsi dire comme des "sans-papiers" obligés de chercher un havre de paix liturgique et catéchétique dans la rare paroisse où un prêtre courageux aura su, souvent contre vents et marées et sans aucun soutien de la part de sa hiérarchie, mettre véritablement en œuvre la liturgie de l'Eglise.

 

Venons-en à la liturgie et à la pastorale qui s'y rapporte. A la suite de Vatican II, le Missel romain actuel rappelle, sans la moindre ambiguïté, que personne, même prêtre, n'a le droit d'ajouter, de retrancher ou de modifier quoi que ce soit dans la liturgie. Où voit-on cette règle être respectée ? Nulle part. Même nos évêques ne la respectent pas, préférant le plus souvent s'adapter aux habitudes liturgiques de la communauté paroissiale locale qui les accueille, au lieu d'habituer la communauté en question à accueillir l'authentique liturgie de l'Eglise. Oui, force nous est de constater que la liturgie romaine célébrée par un pasteur diocésain français est toujours plus ou moins transformée en autre chose que ce que doit être la liturgie romaine. A quelques rares exceptions près. De façon générale, il y a donc eu, à la suite de Vatican II, et il y a encore, dans nos paroisses, ce qu'on est bien obligé d'appeler une vaste "imposture liturgique". N'est-ce pas là ce qui, paradoxalement, a incité certains fidèles à se dire davantage attentifs aux enseignements du Souverain Pontife que ne le sont parfois certains pasteurs de France ? Les enseignements du Concile n'ont pas été appliqués en France, disions-nous. Et pour étayer cette affirmation, pour comprendre les raisons de cette "trahison" du Concile, il suffit de rappeler ici ce qui s'est fait aussitôt après Vatican II : non pas en quelques endroits, comme on a voulu le faire croire, mais bien dans la totalité des paroisses et des séminaires de France. Oui, dans la totalité des paroisses et des séminaires ! Ce qui prouve bien que la chute des vocations et de la pratique religieuse était sinon voulue, du moins programmée. Dans les paroisses, ce sont des tables de communion, des confessionnaux, des autels qui ont été démolis (on a connu des tabernacles de chapelles baroques transformés en niches à chiens !); ce sont des prie-Dieu ou des agenouilloirs qui ont été supprimés; ce sont des objets liturgiques qui ont été donnés aux araignées des placards de sacristies ou même jetés et brûlés, ou encore vendus à des antiquaires : calices, ciboires, burettes, chasubles, encensoirs, ostensoirs, missels, antiphonaires... etc. Pourtant, le Concile n'avait jamais demandé que l'on fasse ça ! Encore dans les paroisses, c'est la messe en latin qui fut interdite, c'est le chant grégorien qui fut déclaré inchantable, puis incompréhensible, et enfin illicite, ce sont des organistes qui furent remplacés par un magnétophone posé sur l'autel, ce sont des choristes qui furent mis à la porte et remplacés par des fidèles usurpateurs d'une responsabilité en liturgie pour laquelle ils n'avaient généralement aucune compétence... etc. Pourtant, le Concile n'avait jamais demandé que l'on fasse ça ! Toujours dans les paroisses, il a fallu faire des rondes autour de l'autel, taper des mains durant les chants, se donner une poignée de main, remplacer tous les chants traditionnels et aimés des fidèles par des refrains inconsistants, sans cesse nouveau et inchantables (bien que composés par des "spécialistes" autoproclamés de la pastorale liturgique); il a fallu participer aux absolutions collectives, aux messes anticipées du samedi soir, aux "messes de jeunes" animées par un orchestre bruyant (et parfois désaccordé); il a fallu accepté que les messes soient remplacées par des A.D.A.P. alors même qu'un prêtre était présent... etc. Pourtant le Concile n'avait jamais demandé que l'on fasse ça !

 

Résultat : des prêtres âgés qui ne faisaient que ce que l'Eglise leur demandait de faire et qui se refusaient à suivre des directives pastorales qui leur semblaient contraire au Concile ont été lâchés par les évêques et proprement harcelés par des vicaires épiscopaux qui pourtant n'avaient que le mot "charité" en bouche. Certains de ces vieux prêtres ont été contraints de prendre une retraite anticipée, ont été sommés de s'isoler, et ont même été interdits de célébrer la messe en public. Quant aux fidèles qui demandaient une stricte application des directives conciliaires qu'on leur refusait, ils ont par la force des choses formé la masse des "silencieux de l'Eglise", masse rapidement prise en otage par une poignée d'autres fidèles sortis d'on ne sait où pour former un véritable "politburo" ayant ses ramifications dans toutes les instances diocésaines. Parmi ces "silencieux de l'Eglise", quelques uns ont fini par s'habituer tant bien que mal à la dévastation liturgique à laquelle ils assistaient, mais beaucoup d'autres, lassés, abattus, ont décidé de quitter les lieux sur la pointe des pieds. D'autres encore sont allés grossir les rangs de ceux qui pensaient, à tort, que la pagaille à laquelle ils assistaient était le fruit véritable du Concile. Ces départs massifs n'ont d'ailleurs pas gêné les instances diocésaines puisque, d'une part, ils laissaient une plus grande liberté de manœuvre aux démolisseurs déjà en place, et d'autre part ils permettaient de lancer un grand slogan : "Aux messes dominicales, nous n'avons plus le nombre, mais nous avons gagné en qualité et en ferveur". En d'autres termes, la méthode Coué servant à s'enfoncer volontairement dans le marasme. Dans les grands séminaires diocésains (devenus par la suite interdiocésains en raison d'une baisse des vocations que l'on a mis du temps à reconnaître), on n'a admis que des jeunes au caractère assez faible pour pouvoir être manipulés par des Supérieurs déjà totalement gagnés aux idées de la pastorale nouvelle. Les séminaires se sont alors transformés en sortes de colonies de vacances pour jeunes en mal d'identité et en lieux de formatage des esprits, le but étant de faire en sorte que le futur clergé des diocèses de France devienne hostile à tout ce qui vient de Rome. Une hostilité qu'il fallait entretenir au nom du fonctionnement de la "pastorale de demain", laquelle était assurée - disait-on - de porter des fruits à la seule condition de jeter par-dessus bord tout ce qui s'était fait jusqu'ici. Pourtant, le Concile n'avait jamais demandé que l'on fasse ainsi ! Encore dans les séminaires, il fallait que les futurs prêtres soient formés par des professeurs totalement opposés à la liturgie et à toute forme de dévotion : vouloir ou même simplement participer à une messe célébrée selon le Missel romain était un critère de non-vocation. Souhaiter un minimum de chant grégorien était un symptôme d'intégrisme dangereux. Simplement évoquer les enseignements du pape déclenchait des rires sarcastiques. Etre issu d'une paroisse réputée classique devenait suspect. Refuser d'inventer des prières eucharistiques et de chambouler l'ordonnancement de la liturgie eucharistique était rédhibitoire. Refuser de participer à des célébrations eucharistiques où prêtres et pasteurs protestants "concélébraient" pour des raisons d' "ouverture à l'autre" ou d' "œcuménisme" était passible d'exclusion. Etaient strictement interdits : l'agenouillement au cours des messes, la récitation du chapelet, l'adoration eucharistique, le port des vêtements liturgiques prescrits, la communion dans la bouche... Autant de pratiques ou de signes caractéristiques d'une religion passéiste dont il fallait au plus vite se débarrasser. Etait fortement conseillée la lecture de "Témoignage Chrétien" ou l'adhésion à un mouvement d'Action Catholique ayant des connivences avec le socialo-communisme et permettant d'organiser des réunions au cours desquelles il était possible de célébrer une Eucharistie sur la table de cuisine de deux ou trois religieuses vivant "en communauté de base" dans une H.L.M. Etaient interdites : la fréquentation d'abbayes réputées "conservatrices" (Solesmes, Kergonan, Saint-Wandrille... ) et la lecture de "L'Homme Nouveau" ou de "L'Ami du Clergé", publications jugées trop attachées aux enseignements de Rome. Pourtant, le Concile n'avait jamais demandé que l'on fasse ainsi ! Toujours dans les séminaires diocésains, les études se limitaient à toucher un peu à tout sans véritablement approfondir quoi que ce soit. En sorte que les candidats au sacerdoce finissaient par avoir sur toutes les questions des opinions élaborées à partir d'une connaissance très superficielle et souvent fragmentaire des problèmes. Celui qui avait lu deux pages d'une revue qui contestait l'enseignement magistériel se prenait ipso facto pour un grand théologien, tout comme celui qui savait gratter quelques notes sur une guitare se voyait élevé au rang de spécialiste du chant liturgique. Par contre, les séminaristes semblaient soigneusement éviter les conférences d'un niveau élevé, sur tel ou tel sujet; probablement avaient-ils la crainte d'être dépassés ou de paraîtres ignorants. Ce qu'ils étaient assez souvent. La seule discipline qui avait alors le vent en poupe était l'exégèse biblique. Mais pas n'importe laquelle : uniquement celle élaborée par une certaine "intelligentsia" qui, à la suite de Bultmann et du mouvement de "démythologisation", en venait à enseigner que le Christ, le Messie, le Fils de Dieu annoncé et adoré par l'Eglise n'était qu'une construction tardive ayant peu ou rien à voir avec le "Jésus de l'histoire". A partir d'un tel enseignement, tout pouvait être librement remis en question, à commencer par tout ce qu'enseignait l'Eglise elle-même depuis ses origines. Pourtant, le Concile n'avait jamais demandé qu'il en soit ainsi !

 

Résultat : dans les séminaires diocésains de France, de très nombreux jeunes, pour des raisons souvent fallacieuses, ont été découragés d'aller jusqu'au terme de leur vocation. Ceux qui étaient considérés comme trop "traditionnels" tout simplement parce qu'ils se montraient ouvertement attachés à l'enseignement de l'Eglise, du pape, du Concile, furent exclus. Exclus ? Non, pas vraiment. On se contentait de différer sans cesse l'année de leur ordination, en souhaitant qu'ils finissent ainsi par comprendre qu'ils feraient mieux de quitter les lieux d'eux-mêmes. Ainsi pouvait-on dire en haut-lieu que personne n'a jamais été exclu d'un séminaire : les candidats à la prêtrise étaient simplement partis d'eux-mêmes, librement, après avoir réfléchi et compris que leur place n'était pas dans l'Eglise telle que souhaitée par l'autorité diocésaine. La chute des vocations devenait ainsi la faute à pas de chance. Jusqu'où l'hypocrisie ne serait-elle pas ainsi allée pour sauvegarder des apparences ! Ne sont alors restés dans les séminaires de France - comme le reconnaît aujourd'hui Mgr Gaidon - que des jeunes au caractère faible, au tempérament mou, à la culture mal assurée, à la spiritualité inconsistante, et parfois même aux orientations affectives mal stabilisées. Certes, ces candidats au sacerdoce faisaient tous montre d'une extraordinaire générosité : celle des adolescents prêts à s'enthousiasmer pour les grandes causes humanitaires. Mais cette louable générosité devait-elle le seul critère permettant d'accéder au sacerdoce ? Pour beaucoup, les grandes désillusions ne sont venues qu'après les ordinations, au contact des réalités paroissiales et spirituelles qui se situent à un niveau très différent de celui des interminables adolescences d'un certain clergé. C'est l'enchevêtrement de ces faits qui explique en grande partie que nous ayons actuellement, en France, un clergé atone donnant souvent l'impression d'être dépassé par les événements, d'être incapable de comprendre pourquoi les fidèles désertent les messes paroissiales désarticulées et désacralisées soi-disant faites pour eux, alors qu'ils se pressent pour participer à une messe célébrée par un pape qui souhaite remettre de la dignité, du silence, de la beauté, de l'adoration... et même du latin dans la liturgie. Ce clergé-là, qu'il soit paroissial ou épiscopal, semble même incapable de comprendre pourquoi les jeunes générations se passionnent pour une expression liturgique de la foi que les générations précédentes ont voulu à tout prix démolir en prétendant même qu'il fallait en passer par une telle dévastation pour retrouver le vrai visage de l'Eglise.

 

Il reste un dernier point à éclaircir : ces faits étaient-ils limités à quelques paroisses et séminaires ou étaient-ils généralisés ? Force nous est de répondre que la situation décrite ici correspond à ce qui fut fait dans l'ensemble des diocèses et des paroisses de France. Ce qui prouve bien qu'il y avait d'une part, un mot d'ordre visant à faire en sorte que l'enseignement conciliaire soit systématiquement détourné, bafoué, et qu'il y avait d'autre part, un épiscopat inefficace qui s'était comme résigné à laisser les choses aller leur train, c'est-à-dire aller vers une crise qui allait s'avérer longue et ruineuse. Car régulièrement avertis de ce qui se faisait dans les paroisses et les séminaires, les évêques n'ont jamais réagi : si l'on cherche les déclarations des évêques diocésains de cette époque post-conciliaire, on ne trouve pas une seule ligne, pas un seul mot, pas un seul discours engageant les prêtres - directeurs de séminaires, curés de paroisses, vicaires épiscopaux, responsables diocésains... - à suivre fidèlement les enseignements de l'Eglise en matière doctrinale, liturgique, ou encore catéchétique. Rien : dans les diocèses, il ne règne alors qu'un assourdissant silence épiscopal, malgré les plaintes des fidèles qui s'ajoutent désormais à celles du Souverain Pontife. Mais ne se passe-t-il vraiment rien ? A vrai dire, ça et là des choses bougent timidement. En 1969, le Père Ladame rassemble quelques jeunes garçons ayant le désir du sacerdoce et fonde le séminaire de Paray-le-Monial. En 1974, le Père Guy-Marie Bagnard (qui deviendra par la suite évêque de Belley-Ars) reprend le flambeau, ce qui ne manquera pas de lui valoir quelques "ennuis" venant de l'épiscopat français, le séminaire de Paray n'étant pas jugé conforme au Droit canonique. En réalité, ce qui semble surtout gêner les évêques, c'est moins le Droit canonique que le fait de constater que beaucoup de jeunes gens qui fuient les séminaires diocésains ou inter-diocésains en raison du peu de sérieux de ce qui s'y fait, se retrouvent à Paray... Un ancien documentaire TV montre le Secrétaire de l'Episcopat français de l'époque en train de déclarer, à propos de ce séminaire de Paray-le-Monial, qu'il faudra bien que tôt ou tard le P. Bagnard accepte de se plier aux "normes" décidées par tous les évêques de France pour ce qui touche à la formation des futurs prêtres. Sous-entendu, il faudra bien qu'il comprenne que sa maison devra être fermée. Ce qui ne sera jamais fait grâce au soutien apporté par Jean-Paul II au P. Bagnard. En 1976, l'Abbé Guérin, prêtre du diocèse de Tours, voyant la détresse des jeunes gens qui souhaitent devenir prêtres en affirmant une totale fidélité aux enseignements du Concile, envisage de fonder une communauté capable d'assurer elle-même la formation de ses futurs prêtres. Les difficultés pour une telle opération étant trop grandes en France, le P. Guérin est contraint de s'exiler (!!!) en Italie et de demander le soutien du Cardinal Siri, alors Archevêque de Gênes. La Communauté Saint-Martin voit le jour en 1976, à Gênes-Voltri où elle restera jusqu'en 1984, année au cours de laquelle Mgr Madec, alors Evêque de Fréjus et Toulon fait appel à ses membres pour relancer une pastorale qui va rapidement s'avérer efficace. Il y a enfin, au même moment, une série d'initiatives ponctuelles dont on parle peu. Ce sont celles prises, dans tous les séminaires de France, par des candidats au sacerdoce qui ne se résignent pas à se plier aux exigences d'une préparation à la prêtrise qui s'affiche largement anti-romaine et dévastatrice sur le plan tant spirituel que pastoral. Ces initiatives consistent à tenir informé de ce qui se passe dans les séminaires et les paroisses un prélat allemand d'une haute envergure spirituelle et intellectuelle et d'une entière soumission à l'Eglise du Seigneur, que Jean-Paul II nomme, en novembre 1981, Préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi. Le Cardinal Ratzinger devient donc, au Vatican, l'homme le mieux informé sur l'origine et l'ampleur de la crise qui secoue les diocèses français, ainsi que sur les aspirations véritables des fidèles. Il partagera la peine de celles et de ceux qui veulent témoigner leur attachement à Pierre, constitutif de la foi catholique, et qui en sont souvent empêchés par ceux-mêmes qui devraient les soutenir d'une façon indéfectible.

 

De ce bref récit, certainement incomplet, on peut tirer deux enseignements : premièrement, la crise que traverse l'Eglise en France est très largement imputable aux évêques qui, au lendemain du Concile, ont tout laissé se déliter dans les paroisses, les diocèses et les séminaires. Deuxièmement, que le pape Benoît XVI est la personne qui est la plus au fait des problèmes franco-français. Il sait donc l'urgence qu'il y a à nommer, partout où la crise s'est faite sentir, des évêques capables de progressivement restructurer les diocèses et de donner une formation solide aux jeunes qui seront les pasteurs de demain.

 

Pro Liturgia



Dans les paroisses, la liturgie romaine restaurée à la suite de Vatican II - laquelle est « strictement traditionnelle », comme l’a rappelé le Bx Jean-Paul II - n’existe que sous des formes diversement bricolées qui font qu’aux yeux des fidèles elle n’apparaît plus « traditionnelle ». Ces déformations, qui contredisent tant le Concile que le Missel romain actuel, sont les fruits hybrides de l’inculture liturgique des clercs, comme l’a rappelé le Cardinal Arinze dans une conférence donnée à Paris et de la désobéissance. Le grand problème actuel vient de ce que ce sont pourtant ces liturgies déformées, bricolées, désarticulées que nos évêques considèrent comme « normales », comme devant être. Voilà bien la preuve que les mots « Concile » et « liturgie » n’ont plus, chez eux, le même sens que pour l’Eglise et, partant, pour Benoît XVI. Aussi, parler des problèmes liturgiques avec les pasteurs diocésains devient vite un dialogue de sourds.

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