Alors que la liturgie devrait être le lieu de l’harmonie, de la cohérence et de la beauté, dans la plupart des églises paroissiales et cathédrales de France elle apparaît comme le réceptacle des lubies comportementales et vestimentaires du clergé. Lubies comportementales de ces prêtres - et évêques - qui ne savent plus ni se déplacer dans un chœur ni se tenir devant un autel et qui croient « donner du sens » à la liturgie en célébrant avec tout leur « moi » sentimental, familier, racoleur... auquel s’ajoutent souvent des voix à peine justes mais toujours trop fortes. Lubies vestimentaires de ces prêtres - et évêques - capables de s’habiller avec des ornements liturgiques disparates ou de se contenter, en guise d’aube, de ce vêtement au manches flasques, au col baillant, et dont on a pu dire qu’il ressemblait plus à un « sac à bedaine » qu’à une aube.

 


Toutes ces lubies cléricales qui rendent les célébrations d’autant plus misérables et fausses qu’on y ajoute des gadgets pour tacher de les rendre « intéressantes », sont le fait d’un clergé qui n’a eu aucune formation liturgique, que personne n’a jamais repris lorsqu’il faisait des fautes de goût, et qui ignore totalement les bases de l’ « ars celebrandi ». C‘est ainsi que la laideur et la désinvolture se sont incrustées durablement dans les célébrations « à la française » dont le style le plus achevé se découvre généralement lors des grands rassemblements diocésains.

Mgr Juan-Rodolfo Laise, Evêque de San Luis (Argentine) a interrogé le Saint-Siège à propos de la communion donnée dans la main. En octobre 1996, Mgr Tharcisius Bertone, alors Secrétaire de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, lui répond (Prot. N. 511/56-02978) : « (...) Ce Dicastère vous fait savoir qu'un examen attentif des documents du Saint-Siège en la matière fait apparaître clairement que, en décidant de maintenir inchangée la tradition de distribuer la Sainte Communion dans la bouche, vous avez agi conformément au droit et que, de ce fait, vous n'avez pas rompu la communion ecclésiale. En vérité, Votre Excellence n'a fait que se conformer à l'obligation faite à chaque évêque, par l'instruction De modo Sanctam Communionem ministrandi (voir Enchiridion Vaticanum III, 1284), d'évaluer les conséquences que pourrait avoir, dans la vie sacramentelle des fidèles, une modification de la pratique eucharistique en vigueur (...) ». En janvier 1997, le Cardinal Médina Estevez, alors Préfet de la Congrégation pour le Culte Divin, répond à Mgr Laise (Prot. 1978/96/L) : « (...) la manière traditionnelle de recevoir la communion était de le faire sur les lèvres dans Notitiae de mars-avril 1999, bulletin officiel de la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements. (...) II ressort clairement des documents du Saint-Siège que, dans les diocèses où le pain eucharistique est déposé dans la main des fidèles, le droit reste entier pour ceux-ci de le recevoir dans la bouche. Ceux qui obligent les communiants à recevoir la sainte communion uniquement dans la main comme ceux qui refusent aux fidèles de recevoir la communion dans la main dans les diocèses qui ont cet induit agissent donc contre la règle. Conformément aux règles concernant la distribution de la sainte communion, que les ministres ordinaires et extraordinaires veillent particulièrement à ce que les fidèles consomment immédiatement leur hostie, de sorte que personne ne s'éloigne avec les espèces eucharistiques dans la main. Que tout le monde se souvienne, en tout cas, que la tradition séculaire est de recevoir l'hostie dans la bouche. Que le prêtre célébrant, s'il existe un danger de sacrilège, ne donne pas la communion dans la main des fidèles et qu'il les informe des raisons pour lesquelles il agit ainsi ».


Il est évident que les cérémonies telles que mariages, enterrements, communions solennelles, confirmations... etc. où tous les fidèles, dont une grande partie n'est pas pratiquante, se lèvent d'un seul homme et vont communier, sont précisément des messes au cours desquelles la réception de la communion dans la main ne devrait pas se faire.

 

Pro Liturgia

Lord__Trust_and_the_idol_by_En_GeL.jpgIl est courant d'entendre dire que le judaïsme, le christianisme et l'islam sont les "trois religions du livre". Cette affirmation visant à mettre ces trois religions sur une sorte de pied d'égalité. Or il faut cesser de répéter une telle sottise... et surtout cesser d'y croire ! L'islam est bien une "religion du livre"; et c'est d'ailleurs ce qui pose problème puisque ce qui est écrit dans le livre - le Coran - ne peut être ni modifié ni discuté. Il n'y a pas d'exégèse possible en islam et les versets du Coran sont à prendre tels qu'ils sont écrits, "au pied de la lettre". Le judaïsme est aussi - mais dans une mesure bien moindre - une "religion du livre’’. Mais si le texte de la Torah doit être fidèlement transcrit, il peut - il doit même - être commenté, expliqué. En quelque sorte, on peut dire que si le texte est fixé de façon scrupuleuse en tant qu'il est la parole de Dieu, il faut en saisir l' "esprit" plus que la simple lettre. Quant au christianisme, et surtout au catholicisme (mettons à part certaines communautés issues de la Réforme), il n'est en aucune façon une "religion du livre". Certes, la tradition liturgique fait que l'Evangéliaire est richement orné et est porté en procession au début de la célébration eucharistique : mais ce n'est pas le livre que l'on honore... c'est son contenu ! Le livre n'est respecté qu'en tant qu'il est un support matériel de la Parole divine. De fait, à la messe, au moment de la proclamation de l'Evangile, le célébrant n'encense pas l'Evangéliaire lorsqu'il vient de le poser sur l'ambon, mais uniquement après qu'il ait annoncé "Lectio sancti Evangelii secundum... N." (Evangile de Jésus Christ selon N.) en faisant le signe de la croix avec le pouce sur le livre, puis sur lui-même au front, à la bouche et à la poitrine. (Cf. Missel romain, Introduction générale n. 134.) C'est donc bien l'Evangile - la Parole de Dieu - et non l'Evangéliaire - le livre - qu'on encense par signe de respect. Et à la fin de la proclamation de l'Evangile du jour, le célébrant dit "Verbum Domini" (Acclamons la Parole de Dieu)... Retenons bien : c'est de la Parole qu'il s'agit ! A la différence du "texte" coranique écrit qui est, pour un musulman, l'enseignement reçu de Dieu, pour un catholique c'est dans la "parole" évangélique proclamée - et non dans la "matérialité" du texte imprimé ou manuscrit - qu'il faut chercher l'enseignement de Dieu. Voilà aussi pourquoi il existe une exégèse des textes bibliques : ceux-ci ne sont pas à prendre systématiquement "au pied de la lettre" mais doivent être "scrutés", "décortiqués" à la seule lumière de la Tradition vivante de l'Eglise. D'une façon générale, le christianisme ne saurait en aucune façon passer pour une "religion du livre": il est une religion de la Parole. Et il faut donc définitivement tordre le cou à cette idée fumeuse - qui n'est probablement pas sans arrière-pensée - selon laquelle le christianisme, le judaïsme et l'islam seraient les "trois religions du livre".

Dans les années 1950-60, il était tout à fait possible, en France, qu'un séminariste n'ayant pas fait d'études de théologie solides, n'étant pas un passionné de la prière et de l'adoration, n'étant pas spécialement attaché au Siège apostolique, étant peu intéressé par la liturgie et sachant à peine chanter une oraison, soit ordonné prêtre. Dans le contexte de l'époque, il suivait le mouvement général et ne se faisait pas remarquer. Dans les années 1960-70, il est devenu obligatoire que seuls de tels séminaristes carencés spirituellement et intellectuellement soient ordonnés.

 

 

 

Dans ces années-là, les séminaires diocésains et les facultés de théologie étaient devenus, grâce au silence complice des évêques diocésains, des lieux de "déformation". On y apprenait à rire de tout ce qu'enseignait le pape; la théologie était limitée à une perpétuellement remise en cause de ce qui était tenu pour vrai par l'Eglise, et l'exégèse - grand truc à la mode - était celle de Bultmann et Cie. Avec un tel régime, le premier venu pouvait se croire intelligent en ne sachant rien. Peu à peu, les "épiscopables" ont été choisis dans les rangs de ces prêtres qui avaient touché un peu à tout (Aumôneries, action Catholique, catéchèse, guitare, scoutisme...) sans approfondir quoi que ce soit. A Rome, on est bien obligé de faire avec ce qu'on a. Au sein de l' "Eglise qui est en France", le niveau spirituel, culturel et intellectuel a donc baissé de façon alarmante, et ce d'autant plus rapidement que les clercs faibles, une fois aux commandes des structures diocésaines, n'ont pu attirer par leurs liturgies, leurs homélies et leurs catéchèses, que des fidèles également faibles. Il en est résulté une crise qui n'a profité qu'à quelques activistes totalement coupés de réalités. Ceux-ci, faisant preuve d'un stupéfiant néo-cléricalisme, ont alors constitués des états-majors capables de faire sombrer des diocèses entiers dans le marasme en imposant aux fidèles une catéchèse au rabais, une théologie déficiente, un complexe anti-romain pathologique, des liturgies mutilées, un avachissement de la raison. Il n'est que voir avec quel manque de dignité se tiennent aujourd'hui la majorité des clercs dans les sanctuaires, au cours d'une célébration, pour deviner que nous assistons à un effondrement sans précédant des valeurs authentiquement chrétiennes. Un jeune préparant aujourd'hui un BEP dans un lycée hôtelier a davantage de classe, quand il fait son service de table, que bien des évêques derrière leur autel !

 

Voilà plus de quarante ans, oui, quarante ans que nos pasteurs laissent pourrir la situation et flancher les fidèles. Quand les a-t-on entendu prendre une décision qui allait dans le sens des déclarations du Souverain Pontife sur la liturgie et sur la catéchèse ? On n'en a plus souvenir. Il leur est tellement plus facile de faire de temps en temps une déclaration sur le réchauffement de la planète ou la solidarité : ce sont des sujets porteurs à propos desquels ils ne risquent pas d'essuyer beaucoup de critiques... Mais dès qu'il s'agit de prendre les vrais problèmes - ceux qui sont directement de leur compétence - à bras le corps, là il n'y a plus personne : ce ne sont plus que tergiversations, réunions stériles, silences... Ces propos semblent-ils exagérés ? Alors ne donnons qu'un exemple permettant de mettre le doigt sur la réalité : en février 2007 paraissait l'Exhortation Apostolique Post-Synodale "Sacramentum Caritatis". Dans quel diocèse de France a-t-on vu un évêque donner des instructions claires pour que ce texte magistériel soit appliqué ? La réponse est simple : dans aucun. Et ça fait 40 ans que ça dure ! Circulez, il n'y a rien à voir.

 

Pro Liturgia


 

Benoît XVI a nommé le primat d'Espagne, le cardinal archevêque de Tolède, Antonio Cañizares Llovera, à la tête de la Congrégation Romaine pour le Culte Divin et la Discipline des Sacrements. Il était archevêque de Tolède depuis 2002. Le cardinal Cañizares Llovera succède au cardinal nigérian Francis Arinze, dont Benoît XVI a accepté la démission pour limite d'âge. Nous souhaitons tous avec ardeur qu’il puisse enfin faire un grand nettoyage liturgique parmi les évêques et prêtres de France.

Le T.R. Père Gregor Henckel Donnermarck, Abbé d'Heiligenkreuz (AU), explique le succès du chant grégorien : « Notre couvent d'Heiligenkreuz, dans la forêt viennoise, en Autriche, est sans conteste un de ces lieux où le ciel touche la terre. Notre vénérable abbaye cistercienne se maintient depuis 1133 sans interruption. Mais la plus grande richesse de notre abbaye tient certainement à ses nombreuses et magnifiques vocations; et la plupart de nos moines sont jeunes! Comment cela se fait-il? C'est peut-être parce que, nous autres, moines cisterciens, nous faisons tout simplement ce que nous avons à faire: nous vivons au rythme du "Ora et Labora" de S. Benoît et nous louons Dieu du matin jusqu'au soir, tous les jours à partir de 5h15. C'est une très belle chose que de vivre dans une communauté qui, en toute simplicité, garde les yeux fixés sur un horizon très élevé; et j'espère que c'est bien cela que nous donnons à voir. Nous sommes persuadés aussi que cela s'entend! Nous aimons le chant grégorien: ce n'est pas de la musique pour la musique; notre chant est de la prière chantée. Le chant grégorien est très ancien et précieux. Le pape Grégoire-le-Grand (mort en 604) dont le nom est resté attaché à ce chant, l'appelait "le chant des Anges". Les mélodies sont simples et touchantes, elles relient le ciel et la terre. Et les textes latins utilisés sont tirés de la Bible: c'est la Parole de Dieu. Nous, les moines, nous renvoyons à Dieu, en les chantant, les mots qu'Il nous a lui-même donnés. Lorsque les moines chantent, les coeurs s'ouvrent. Ce chant est destiné à favoriser la mise au clair de bien des choses dans les âmes, à rendre la vie simple, pure, lumineuse, forte et calme. Là où se trouve le chaos, que l'ordre advienne. Que le vide cède la place à la plénitude, la tristesse à la joie. Si le chant grégorien possède tant de beautés, c'est qu'il est ordonné à un but très élevé ».

 

Pro Liturgia

L’Eglise en France est actuellement dans une situation où il n’est pas facile de faire la part des choses. Comme en politique, dans le sport ou durant les repas familiaux, chacun se fabrique « sa » vérité : certains croient la détenir sur la base d’un certain côté élitiste et d’un décorum liturgique parfois désuet ; d’autres croient aussi la détenir avec leur imagination ne reposant sur aucune théologie solide et l’absence d’objectifs spirituels clairement définis. La seule solution ne serait-elle pas que les uns comme les autres acceptent de tourner leurs regards vers Rome ? Le problème, c'est que pour la plupart des gens - à commencer par nos évêques - Rome, c'est loin : c'est un autre monde, c'est une autre culture, d'autres façons de vivre la foi catholique. Et l’on en arrive à oublier que Rome, c'est le cœur battant de l’Eglise universelle. 

 

 

 

A Rome, la Providence nous a offert Benoît XVI pour assurer la suite du Bienheureux Jean-Paul II. La Providence nous a fait le don de ce Vicaire du Christ ; non pas pour arranger nos idées, nos conceptions, notre idéal... mais pour servir l’Eglise avec l’humilité du vrai intellectuel qui sait rendre les choses abordables au plus grand nombre, par les gestes, les paroles et les actes. Quelle richesse dans les enseignements de Benoît XVI ! Mais comment avancer dans la bonne direction dans un pays où bien des évêques à peine de retour de Rome où ils ont rencontré le Pape, mettent en œuvre dans leurs diocèses respectifs des pastorales liturgiques qui ne tiennent nullement compte des enseignements et des conseils qu’ils ont reçus ? Ce manque de ligne claire permet aux uns et aux autres de se croire autorisés à donner suite à des clichés permettant de revendiquer une appartenance à tel ou tel groupe. Et en fin de compte, dans ces groupes, personne n'écoute le Pape et personne ne suit plus ses enseignements. On a parfois l’impression qu’en fréquentant les groupes « traditionalistes » il faille prendre une carte d’électeur plutôt à droite tandis qu’en allant dans l’église du coin, il faudra prendre une carte d’électeur plutôt à gauche. Le regard tourné vers Rome ne permettrait-il une foi enfin libérée de militantismes le plus souvent marqués par des débats où finalement personne n’a tort et personne n’a raison ? En fait, c’est tout un chaînon de la pratique et donc de la foi qui est faible : chaînon constitué par nos évêques eux-mêmes ! L'absence de vie de prière pour la plupart trop occupés à entretenir leurs rencontres fraternelles, le goût pour l’élaboration de « projets pastoraux » au détriment de la célébration liturgique des sacrements... font qu’en donnant une caricature de leur mission, ces évêques font l’injure grave de caricaturer l’Eglise dans son ensemble : à perdre le sens du vrai, du beau et du sacré, ils dénaturent l’essence même de la foi et de sa pratique. Certes, il en existe qui donnent leur priorité à leur ministère apostolique « le regard tourné vers Rome » ; mais ils sont une minorité ; tout comme sont une minorité les curés formés convenablement. En France, il semble qu’on soit davantage dans ce qui brille que dans ce qui prie...

 

Pro Liturgia

Giacomo-Lercaro.jpgDéjà en 1966, Rome voulait mettre un terme aux « initiatives liturgiques arbitraires ». Voici la déclaration qui avait été faite par la Congrégation des Rites et signée du Cardinal Lercaro. Elle conserve malheureusement toute sa valeur : « Depuis quelque temps, certains quotidiens et illustrés offrent à leurs lecteurs des nouvelles et des reproductions photographiques sur des cérémonies liturgiques, surtout sur des célébrations eucharistiques étrangères au culte catholique et presque invraisemblables, telles que « Cènes eucharistiques familières » célébrées dans des maisons privées, suivies de repas, messes avec des rites, des vêtements et des formulaires insolites et arbitraires et parfois accompagnées de musique d'un caractère tout à fait profane et mondain, non digne d'une action sacrée. Toutes ces manifestations cultuelles, dues à des initiatives privées, tendent fatalement à désacraliser la liturgie qui est l'expression la plus pure du culte rendu à Dieu par l'Eglise. Il est absolument hors de propos d'alléguer le motif de l'aggiornamento pastoral, lequel, il est bon de le répéter, s'effectue dans l'ordre et non dans l'arbitraire. Tout cela n'est conforme ni à la lettre ni à l'esprit de la Constitution liturgique qu'a votée le deuxième Concile du Vatican ; est contraire au sens ecclésial de la liturgie et nuit à l'unité et à la dignité du peuple de Dieu. « La variété des langues - a dit le Pape Paul VI le 13 octobre dernier, - la nouveauté des rites que le mouvement de renouveau introduit dans la liturgie ne doivent rien admettre qui ne soit dûment reconnu par l'autorité responsable des évêques et de ce Siège apostolique, rien qui ne soit digne du culte divin, rien qui soit manifestement profane et inapte à exprimer l'intériorité et le caractère sacré de la prière, rien qui soit si singulier et insolite qu'au lieu de favoriser la dévotion de la communauté en prière, cela l'étonne et la trouble, empêche l'expression de son raisonnable et légitime esprit religieux traditionnel. » Tandis que l'on déplore les faits rappelés ci-dessus et la publicité qui leur est donnée, nous adressons une pressante invitation aux Ordinaires, aussi bien locaux que religieux : qu'ils aient soin de veiller à la juste application de la Constitution liturgique, de rappeler à l'ordre avec bonté et fermeté les promoteurs, même bien intentionnés, de telles manifestations et, le cas échéant, de réprimer les abus, d'empêcher toute initiative qui ne soit pas autorisée et guidée par la hiérarchie, de promouvoir avec empressement le vrai renouveau liturgique voulu par le Concile, afin que l'œuvre grandiose de ce renouveau puisse se réaliser sans déviation et porter les fruits de vie chrétienne que l'Eglise en attend. Nous rappelons en outre qu'il n'est pas permis de célébrer la messe dans les maisons privées, sauf dans les cas prévus et bien définis par la législation liturgique. »

Toutes les personnes qui parlent aujourd'hui de liturgie - toutes "sensibilités" et toutes "préférences" confondues - font systématiquement la même erreur: elles abordent les questions comme si les deux formes du rite romain, l' "ordinaire" et l' "extraordinaire", existaient et comme si, par conséquent, les fidèles avaient effectivement le choix de participer à la liturgie célébrée dans l'une des deux formes.
Or il n'en est rien et les débats qui portent sur la liturgie sont donc systématiquement (ou volontairement) faussés. Il n'en est rien disons-nous : les deux formes du rite romain ne peuvent donc être mises en parallèles. Les débats qui portent sur la liturgie, qu'ils soient menés par des évêques, des prêtres, des fidèles "traditionalistes" ou des fidèles "conciliaires"... tournent donc à vide dans la mesure où ils portent sur la comparaison de deux formes liturgiques dont l'une n'existe pas... ou plutôt n'existe que dans les livres mais pas autour des autels.
Il faut le reconnaître; il faut le dire; il faut le répéter.
Il serait possible de débattre de façon objective si, effectivement, les fidèles avaient le choix entre la forme "ordinaire" et la forme "extraordinaire"; si effectivement, les évêques proposaient et respectaient ces deux formes; si effectivement les prêtres savaient célébrer les deux formes. Il n'en est rien et force est de reconnaître qu'aujourd'hui l'expression "forme ordinaire" recouvre tout et n'importe quoi... sauf une expression authentique de la liturgie de l'Eglise.
Que voit-on en réalité dans les paroisses ? Partout où la liturgie n'est pas célébrée selon la forme "extraordinaire", elle est célébrée n'importe comment... mais sûrement pas selon la forme "ordinaire". Il en résulte cette grande confusion qui fausse systématiquement les débats actuels sur la liturgie.
Redisons-le : la liturgie célébrée dans l'immense majorité des églises où le clergé se réclame du Concile n'est pas la forme "ordinaire". Ce n'est généralement qu'une ossature liturgique "ordinaire" sur laquelle chaque célébrant ou chaque équipe locale de fidèles laïcs s'emploie à greffer un peu n'importe quoi d'étranger à l'authentique liturgie de l'Eglise.
Les fidèles n'ont donc pas le choix entre la forme "ordinaire" ou la forme "extraordinaire" : ils n'ont en réalité que le choix entre la forme "extraordinaire" - là où elle est permise - et une multiplicité de célébrations paroissiales bâtardes et informes qui n'ont d' "ordinaire" que le nom.
Ces célébrations batârdes, aujourd'hui généralisées, sont le résultat catastrophique de ceux qui conservent jalousement une liberté de traiter l'Ordo missae de Paul VI à leur façon : une façon invariablement misérabiliste et anti-liturgique qui n'est en aucun cas conforme aux enseignements de l'Eglise.

 

Voilà plus de trente ans que nous demandons à nos évêques de faire en sorte que le Missel romain restauré à la suite de Vatican II soit partout respectée. Voila plus de trente ans que nous recevons des réponses clairement négatives des pasteurs auxquels nous nous adressons.
Voilà plus de trente ans que nous demandons à nos évêques que, là où faire se peut et là où l'on constate une demande des fidèles, la liturgie restaurée à la suite de Vatican II puisse être célébrée face à l'Orient et en latin/grégorien. Voià plus de trente ans que l'on nous répond : "Ce n'est ni possible, ni même souhaitable."
Voilà plus de trente ans que nous demandons à nos évêques de veiller à ce que l'Ordo missae de Paul VI soit respecté par tous les prêtres en sorte que la liturgie puisse être partout sensiblement la même, indépendamment de la langue utilisée. Voilà plus de trente ans que l'on nous répond que satisfaire une telle demande aboutirait à avoir des célébrations liturgiques en opposition à ce qui se fait habituellement dans les paroisses... "et qui convient parfaitement aux fidèles" (on ne rit pas, s.v.p.)
Devant tant de mauvaise foi épiscopale, nous nous sommes adressés au Cardinal Ratzinger au moment où il venait d'être nommé par Jean-Paul II Préfet de la Congrégation de la Doctrine de la Foi; nous lui avons fait part des grandes difficultés rencontrées par les fidèles qui avaient accepté Vatican II de grand coeur mais qui étaient disposés à refuser les applications erronées qu'on leur imposait.
Le Cardinal Ratzinger a toujours répondu en nous faisant part de ses propres préoccupations et en nous faisant savoir que notre façon de vouloir mettre en oeuvre la liturgie de l'Eglise était totalement conforme aux véritables enseignements du Concile.
C'est dire qu'aujourd'hui, Benoît XVI ne se fait probablement aucune illusion sur la capacité de l'épiscopat français à vouloir et à pouvoir solutionner la question liturgique.

 

Pro Liturgia

On apprend qu'ici ou là des communautés se créent et des églises s'ouvrent à la forme "extraordinaire" du rite romain. On ne peut que s'en réjouir avec tous les fidèles qui se sentent à l'aise dans cette façon de célébrer la liturgie.
Mais dans le même temps, que font les évêques de France pour favoriser l'usage du Missel romain restauré à la suite de Vatican II qui est - comme l'a clairement souligné le pape Benoît XVI - "la Forme ordinaire du rite romain (...) en raison des normes juridiques"? (Cf. Lettre aux évêques du 7 julllet 2007)
Les évêques ne font rien, strictement rien!
Ils ne veulent surtout pas mettre un terme à une créativité devenue une habituelle chez bien des célébrants (Cf. Instruction Redemptionis Sacramentum, n°4) et "qui porte souvent à des déformations de la liturgie à la limite du supportable." (Id.) Finalement, la pastorale des évêques de France est très claire: elle consiste à donner quelques chapelles aux fidèles qui souhaitent la forme "extraordinaire" afin de pouvoir, partout ailleurs, saboter allègrement la forme "ordinaire". 
Disons les choses clairement: une telle situation fait que le Souverain Pontife est ouvertement trahi par ceux-mêmes qui lui ont promis obéissance; fait que les fidèles sont bernés dès lors qu'ils participent aux messes paroissiales; fait que le Concile dont se réclament les pasteurs diocésains est ignoré; fait que la liturgie est blessée. 
C'est donc toute l'Eglise qui souffre. Invité à Paris en octobre 2006, le Cardinal Francis Arinze, qui était alors Préfet de la Congrégation pour le Culte divin, avait déclaré: "Si [les évêques et les prêtres] sont suffisamment insérés dans la compréhension des célébrations liturgiques qui ont pour Tête le Christ, s'ils respectent l'Ecriture, la Tradition, les fondements historiques des textes sacrés et les richesses théologiques des expressions liturgiques, alors tout cela aura pour résultat bénéfique de manifester d'une manière admirable l'ars celebrandi. Les célébrations liturgiques manifesteront la splendeur de la foi de l'Eglise; elles nourriront la foi des participants; elles écarteront de cette foi la torpeur et l'indifférence et elles enverront les fidèles à la maison avec la résolution ardente de vivre une vie vraiment chrétienne et de répandre partout la Parole de Dieu. Nous sommes alors bien loin de cette froideur, de cet horizontalisme qui met l'homme au centre de l'action liturgique, et aussi parfois de ce maniérisme ouvertement égocentrique que nos assemblées du dimanche sont parfois obligées de subir." (Voir le texte complet ici) Quand donc nos évêques entendront-ils ces messages et se décideront-ils à agir efficacement ?

 

Pro Liturgia

1. Une immense majorité des fidèles catholiques - prêtres y compris - ne sait ni ce que le concile Vatican II a vraiment enseigné, ni ce qu’il a voulu qu’on fasse en matière de liturgie ;

2. La quasi-totalité des fidèles n’a jamais eu l’occasion d’assister et de participer, en paroisse, à des liturgies célébrées comme le Concile a vraiment demandé qu’elles soient célébrées ;

3. L’immense majorité des prêtres - évêques y compris - n’ont jamais célébré intégralement la liturgie voulue par le Concile : partout les rites sont ou ont été durablement modifiés, adaptés, tronqués... et des parties entières de la liturgie sont tombées dans l’oubli ;

4. La quasi-totalité des fidèles se trompe lourdement lorsqu’elle croit que ce qui se fait dans les paroisses en matière de liturgie est pleinement conforme aux orientations de Vatican II ;

5. La quasi-totalité des fidèles confond « messe en latin » avec « messe d’avant Vatican II » ; cette confusion est entretenue par des membres du clergé ainsi que par de nombreux journalistes, y compris des journalistes écrivant dans des quotidiens ou des revues catholiques ;

6. La grande majorité des fidèles accepte aujourd’hui n’importe quelle liturgie dans les églises : on fait comme M. le Curé dit de faire et on ne se pose pas - ou plus - de questions. M. le Curé fait-il bien les choses et respecte-t-il la liturgie ? Tant mieux. M. le Curé fait-il les choses de travers et bricole-t-il les célébrations ? Ce n’est pas grave, après tout, « pourvu que ça plaise aux gens » répondent certains évêques (même quand « les gens » sont de moins en moins nombreux à aller à l’église) ;

7. Un très grand nombre de fidèles attachés à la « messe de S. Pie V » (l’ancienne liturgie ou « forme extraordinaire » de la liturgie) seraient bien en peine de faire la différence entre la messe actuelle et la messe habituellement en usage avant Vatican II... si la messe actuelle était célébrée de façon « classique » - dos au peuple, en latin et en grégorien et avec un certain faste - ce qui est très légitime. Ce point a été souligné par de nombreux spécialistes de la liturgie, dont le Cardinal Ratzinger lui-même. De même, un grand nombre de fidèles se voulant respectueux de Vatican II pensent assister à une liturgie « traditionaliste » dès lors que celle-ci est tout bonnement célébrée dans le strict respect des livres liturgiques actuels ;

8. De très nombreux fidèles attachés à l’ancien rite (forme « extraordinaire » du rite romain) confondent la « tradition » liturgiques avec certaines « habitudes » dont certaines n’ont été introduites que tardivement dans les célébrations ;

9. Les évêques de France, pour des raisons qui demeurent mystérieuses, n’ont jamais respecté le droit des fidèles à pouvoir participer à la liturgie actuelle de l’Eglise célébrée de façon intégrale. Les documents magistériels donnant les pistes à suivre pour le rétablissement d’une liturgie eucharistique célébrée conformément aux livres officiels publiés à la suite de Vatican II ne sont jamais ni diffusées ni appliquées dans les diocèses. Quand à une édition française du missel romain actuel qui soit conforme au texte de référence en latin, elle demeure introuvable en France ;

10. Un silence épiscopal est tombé sur les liturgies « classiques » (parfois même en latin) de grande qualité qui ont été célébrées aux JMJ et qui sont en total décalage avec les célébrations proprement bêtifiantes qu’on impose aux fidèles dans la majorité des paroisses sous prétexte d’attirer les jeunes... qui demeurent les grands absents de nos paroisses ;

11. L’Eglise en France apparaît désormais comme éclatée en multiples chapelles (appelées « tradis », « cha-cha », « néo-cat »... etc.) qui toutes cultivent des particularismes liturgiques plus ou moins affirmés et souvent déroutants pour le fidèles de passage qui n’a pas été « initié » par le groupe d’accueil. Ici on distribue la communion tout de suite après la consécration, là on prend du pain ordinaire pour l’Eucharistie, ailleurs les fidèles sont invités à faire une ronde autour de l’autel pendant la prière eucharistique (bricolée) ou le « Notre Père », ailleurs encore, il est conseillé d’agiter des foulards ou de taper dans les mains... etc. ;

12. Des « équipes » qui se sont arrogé des droits et des pouvoirs en matière d’agencement de la liturgie, et qui sont généralement composées de fidèles incompétents (même s’ils sont de bonne volonté) ayant eux-mêmes perdu les repères, assurent désormais dans les paroisses une omniprésence dont les résultats sont proprement catastrophiques.

 

Le Pape Benoît XVI a annoncé dès le début de son pontificat qu’il serait fidèle au Concile. On constate aujourd’hui que cette « fidélité » gêne aussi bien certains « traditionalistes » qui ont toujours critiqué Vatican II (donc, par ricochet, l’autorité de l’Eglise) qu’un clergé local qui se croit « conciliaire » mais qui depuis plus de 40 ans fait n’importe quoi... au nom de Vatican II.

 

Pro Liturgia

La grande majorité des fidèles qui pratiquent encore ont aujourd'hui l'habitude d'aller à la messe dans telle paroisse précise non pas parce que la liturgie y est respectée, mais parce qu'elle y apparaît "mieux qu'ailleurs" ou "moins stupide" qu'ailleurs. Les fidèles se contentent donc du moindre mal à défaut de pouvoir participer à des célébrations incontestablement "catholiques". Et là où la messe est "mieux qu'ailleurs", c'est souvent parce qu'un prêtre ose imposer à l'équipe liturgique locale - et parfois même à son évêque - la liturgie de l'Eglise à la place des nouveautés du jour. Il faut souvent à ces pasteurs une bonne dose de courage doublée d'une santé hors normes pour y parvenir ! Il faut du courage, en effet, car pour beaucoup de prêtres, célébrer la messe rien qu'en suivant le missel romain et en veillant à la dignité des célébrations est déjà quelque chose qui les fait passer pour "dangereux", "anti-pastoraux", "suspect"... "intégristes" - le mot qui tue !

 

 

 

Pourtant, dans la Lettre qu'il a adressée aux évêques pour leur permettre de bien comprendre le Motu proprio Summorum Pontificum, Benoît XVI affirme que « l'exclusion totale du nouveau rite ne serait pas cohérente avec la reconnaissance de sa valeur et de sa sainteté ». Ces termes très clairs s'adressent autant à ceux qui sont attachés de façon exclusive à la forme extraordinaire du rite romain qu'à ceux - et ils sont bien plus nombreux que les premiers ! - qui excluent cette même forme extraordinaire de nos paroisses, en refusant qu'elle soit célébrée comme elle doit être célébrée. Ce refus systématique de la forme ordinaire de la liturgie romaine, que ce soit ouvertement à la façon de certains fidèles traditionalistes ou que ce soit insidieusement à la façon de ces fidèles qui se réclament du Concile pour mieux en falsifier la lettre et l'esprit, est un véritable scandale. Il n'y a pas d'autres mots. Car dans un cas comme dans l'autre, il y a rupture dans la transmission de la Tradition liturgique, laquelle demeure exempte d'erreurs dès lors qu'elle est authentifiée par le Successeur de Pierre parlant pour l'Eglise du Christ. Cette rupture est scandaleuse parce que, qu'elle soit le fait de l'aveuglement ou de l'ignorance de certains, elle entretient une confusion qui, dans les cas extrêmes, conduit à l'abandon de toute pratique religieuse ou parfois même à des positions proches de celles des schismatiques (Voir à ce sujet le discours que Benoît XVI a adressé à la Curie romaine à l'aube de son pontificat). Des évêques bienveillants permettent que dans certaines églises ou chapelles, la messe soit célébrée selon la forme extraordinaire du rite romain. C'est parfait... mais cela ne correspond qu'à l'application de la moitié du Motu proprio Summorum Pontificum. Car quid de l'application de l'autre moitié, celle qui répond très précisément à cette phrase très claire qui figure dans la Lettre que Benoît XVI adresse aux évêques : « le nouveau Missel restera certainement la forme ordinaire du Rite Romain, non seulement en raison des normes juridiques, mais aussi à cause de la situation réelle dans lesquelles se trouvent les communautés de fidèles » ? Ces propos du Souverain Pontife engagent à poser la question suivante : les autorités diocésaines ont-elles envie de voir apparaître dans les paroisses des usages liturgiques qui, pour pleinement conformes à la forme ordinaire du rite romain telle qu'elle est donnée par le nouveau Missel (orientation de la célébration, usage du latin et du grégorien, communion à genoux, dignité et tenue, service d'autel... etc.), en viendraient à contredire les mauvaises habitudes prises un peu partout et que, depuis des années, on fait passer pour normatives ? Il ne semble pas, car ces mêmes autorités diocésaines ne donnent pas l'impression de pouvoir ou de vouloir comprendre que « la crise de la liturgie ne repose que pour une très faible part sur la différence qui existe entre les anciens livres et les nouveaux » (Cardinal Ratzinger, La célébration de la foi), mais qu'elle a sa source dans « les déformations arbitraires de la liturgie [qui] ont profondément blessé des personnes qui étaient totalement enracinées dans la foi de l'Eglise » (Benoît XVI, Lettre accompagnant le Motu proprio).

 

Est-il interdit de penser que si nos évêques nous donnaient la preuve qu'ils ont véritablement souci de mettre un terme aux « déformations arbitraires de la liturgie », c'est-à-dire s'ils prenaient soin d'encourager ouvertement les prêtres qui respectent la forme ordinaire du rite romain, la crise liturgique finirait par doucement s'éteindre d'elle-même ?

 

Pro Liturgia

Liens (1)

 

 

 

 

 

 

logofc

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 







 

 

 

 

Intentions de prières

 

Actualité du livre

 

 

 

 


 

 

 

Admin / Twitter

oiseau-twitter2.gif

 

 

Depuis janvier 2006,
site administré par de
jeunes laïcs catholiques.
 
 
CONTACT
 

 


 

 
coolpape.jpg