hippycatholicismIl y a plus de 40 ans, j'ai accepté le concile Vatican II sans la moindre arrière-pensée. J'avais eu la chance, à cette époque, d'aller à l'abbaye de Solesmes où les moines bénédictin, avec une patience infinie, m'avaient expliqué ce qu'était la liturgie et m'avaient montré que lorsqu'on mettait le missel "de Paul VI" en oeuvre avec foi et intelligence, on n'aboutissait pas à l'anarchie liturgique qu'on voyait alors se mettre en place dans les paroisses sous couvert de la réforme conciliaire. Merci à eux : leur enseignement me permet aujourd'hui de me sentir totalement en phase avec Benoît XVI. Dans ma paroisse, où j'étais alors organiste à la même époque, je devais assister, impuissant, à la mise à sac de la liturgie dominicale qui, jusqu'alors, était demeurée relativement "classique". Je me souviens que notre curé-doyen, personnage imposant qui devait alors avoir une soixantaine d'années et donc avait bénéficié de la formation théologique dispensée au séminaire diocésain bien avant Vatican II, était arrivé un soir, à la répétition de la chorale qui se faisait au presbytère, habillé en civil. Jusqu'ici, nous ne l'avions jamais vu autrement qu'en soutane. Il n'était pas même en clergyman; il portait une cravate. En le voyant ainsi, visiblement heureux de l'effet qu'il allait produire, la respectable demoiselle qui nous dirigeait et qui avait une vénération sans limites pour "Monsieur le Doyen" resta sans voix pendant plusieurs longues secondes... Ce brutal changement de look fut accompagné, la même semaine, de profondes modifications liturgiques. Monsieur le curé me fit savoir, d'un ton autoritaire, que "dimanche prochain, la grand-messe allait être célébrée sur un autel face-au-peuple que le menuisier était en train de mettre en place, et que seul le Credo serait chanté en latin "comme autrefois", puisque l'évéché avait envoyé des nouveaux textes et des nouvelles partitions qu'il faudrait apprendre."


Ce n'était que le commencement de la fin... Bientôt, notre vicaire allait profiter du "bazar" pour lancer l'idée de "messes des jeunes". Grâce à l'orchestre de la M.J.C. (Maison des Jeunes et de la... Culture) toute proche, on allait avoir des "messes rythmées" qui allaient attirer les jeunes. Ces "messes rythmées" étaient alors vivement encouragées par un jeune prêtre de notre diocèse qui commençait à avoir le vent en poupe et se montrer très actif dans l'art de subvertir la liturgie : l'Abbé Michel Wackenheim... L'orchestre de la M.J.C., dont l'air préféré était alors "Monia" (seul "tube" que les 6 ou 7 instrumentistes étaient capables de sortir sans trop de "canards"), fut invité à se produire au cours des messes dominicales et l'on me demanda de limiter les interventions de l'orgue. Ainsi commença - presque dans toutes les paroisses, comme j'allais m'en rendre compte très vite - un marasme liturgique dont les conséquences se font sentir aujourd'hui encore. Et ce qui devait arriver arriva : les membres de la chorale paroissiale démissionnèrent les uns après les autres. Ils ne supportaient pas les célébrations à proprement parler "foireuses" qui avaient détrôné la grand-messe. Dans la nef, l'assistance devint soudain muette : les fidèles étaient incapables de chanter un répertoire qui, pour demeurer attractif, devait se renouveler de dimanche en dimanche. Dans le choeur, notre curé-doyen devenait pitoyable lorsqu'il s'efforçait de vouloir "faire jeune" au son des guitares électriques de la M.J.C.... lesquelles guitares finirent bientôt par se taire au fur et à mesure que les instrumentistes allaient faire leur service militaire. Quant aux jeunes que ces messes étaient censées attirer, ils ne vinrent pas plus nombreux; certains n'étaient d'ailleurs à la messe que pour écouter leurs copains faire de la musique. Quant au vicaire qui avait introduit ces "messes des jeunes"... il se maria. Comme d'autres prêtres de sa génération que j'ai connus. Ite missa est.

 

modernismeQue pouvais-je faire au milieu de tout ça ? Me retrouver seul à l'orgue, le dimanche, avec deux ou trois "braves dames", pour tenter de donner un fond musical à un reliquat de liturgie célébrée devant une assistance clairsemée ? Je me décidait à donner ma démission. Le curé-doyen ne comprit pas. Mais comment, jeune étudiant n'ayant ni la sagesse ni la science de M. le curé, aurais-je pu expliquer que ce qu'on faisait n'était pas ce qu'avait demandé Vatican II et aboutissait à un massacre généralisé de la liturgie qui aurait des conséquences désastreuses ? Pourtant, je sentais déjà, intérieurement, que c'est ce qui allait se produire. J'ai continué pendant des années à aller régulièrement à la messe. J'ai supporté, sans les approuver, des cantiques niais qui n'apportent rien à la liturgie. J'ai accepté de chanter du bout des lèvres, un dimanche sur deux, "Peuple de Dieu, marche joyeux"... Mais aujourd'hui, je ne "marche" plus : je refuse d'avancer plus avant dans ces célébrations qui mènent droit vers une anorexie spirituelle. J'ai accepté de voir s'agiter derrière un micro la "madame" de service chargée d'animer la liturgie. Mais aujourd'hui, je n'accepte plus d'être dirigé par des incompétent(e)s dont les minauderies et les tons de voix patelins m'obligent à penser que ces gens n'ont investi la liturgie que pour pouvoir y développer leurs vertus d'emprunts qui, partout ailleurs, auraient agacé les gens "normalement constitués". Puis, peu à peu, je me suis aperçu qu'à force de devoir faire des efforts pour accepter l'inacceptable, j'était devenu incapable de donner ma pleine confiance à mon évêque et à ses prêtres. Certes, je sais qu'un évêque, qu'un prêtre, est avant tout un homme qui a, comme tous les hommes, ses imperfections et ses faiblesses. Mais tout comme j'attends de mon médecin qu'il soit un homme équilibré sachant donner les preuves de sa compétence dans l'art de soigner - ce qui ne l'empêchera jamais de faire une erreur de diagnostic - j'attends d'un prêtre, lorsqu'il est à l'autel, qu'il sache donner l'image d'un homme équilibré maîtrisant la liturgie qu'il est chargé de mettre en oeuvre. Or, d'une église à l'autre, d'une messe à l'autre, je ne vois - sauf rares exceptions qui, j'espère, se reconnaîtront - que des célébrants qui, par leurs comportements à l'autel et leurs dispositions à foncer vers toutes les nouveautés sans le moindre esprit critique, me poussent à imaginer que pour être prêtre aujourd'hui, il convient de n'avoir qu'une intelligence superficielle doublée d'une spiritualité molle.

 

Comme j'estime qu'il est malsain d'aller à la messe pour passer son temps à critiquer des liturgies bancales et des célébrants déficients, le dimanche venu, je rejoins à présent la cohorte des fidèles qui ne prennent plus le temps d'aller à l'église. A moins d'être assuré de pouvoir participer, dans l'une des paroisses proches, à une messe incontestablement catholique... ce qui est très rarement le cas. Quand j'entends sonner les cloches de l'église paroissiale, je me dis que ma place "normale" serait, à ce moment-là, à la messe. Mais je n'ai plus ni la capacité de faire abstraction des déficiences de la liturgie que célèbre le curé de ma paroisse, ni une dose suffisante d'hypocrisie me permettant de me montrer convaincu quand il s'agit de se donner la main au moment du "Notre Père", de se "serrer la louche" au moment du geste de paix, de chanter "oui la paix, ce sera toi, ce sera moi" à la place de l'Agnus Dei, de lâcher de ballons multicolores pour célébrer la première communion des enfants, d'écouter l'animatrice dire "bonjour à vous tous qui êtes venus, petits et grands, en ce dimanche de joie...". Non, désolé : ça ne passe pas. Ça ne passe plus. Mais alors plus du tout ! Pour pouvoir encore donner toute ma confiance à l'Eglise une, sainte, catholique et apostolique... me voici obligé de fuir les célébrations liturgiques qui se font habituellement dans nos églises et dont les déformations ont souvent largement dépassé les limites de l'acceptable. C'est paradoxal mais c'est comme ça... Jusqu'à ce que notre diocèse reçoive un évêque décidé à garantir aux fidèles la liturgie que l'Eglise entend leur donner.

 

Pro Liturgia

« (...) On parle beaucoup de participation des fidèles à la liturgie. Mais les fidèles participent-ils plus si le prêtre célèbre la messe versus populum ou s’il célèbre tourné vers l’autel ? En effet, il n’est pas dit que cette participation soit plus active si le prêtre célèbre tourné vers le peuple ; il se peut qu’au contraire, le peuple se distraie. De même, s’agit-il d’une vraie participation lorsqu’au moment du baiser de paix, on voit se créer une grande confusion dans l’église, avec des prêtres qui arrivent parfois jusque dans les derniers rangs des fidèles pour les saluer ? S’agit-il de l’actuosa participatio, souhaitée par le Concile Vatican II, ou simplement d’une grande distraction qui n’aide en rien à suivre avec dévotion la suite de la messe au point qu’on en oublie même parfois de dire l’Agnus Dei... (...) Le résultat attendu de la réforme liturgique ne s’est pas manifesté. On se demande si la vie liturgique et la participation des fidèles aux fonctions sacrées sont plus élevées et meilleures aujourd’hui que dans les années cinquante. On a critiqué le fait qu’avant le Concile, les fidèles ne participaient pas vraiment à la messe, mais y assistaient passivement ou en se livrant à des dévotions personnelles. Mais peut-on dire qu’aujourd’hui, les fidèles participent de manière spirituellement plus élevée et plus personnelle ? Est-il vraiment arrivé que les nombreuses personnes qui étaient restées hors de l’Eglise se soient mises à faire la queue pour entrer dans nos églises ? Ou n’est-il pas plutôt arrivé que beaucoup de gens se soient éloignés et que les églises se soient vidées ? Alors, de quelle réforme parlons-nous ? (...) » (Mgr Malcolm RANJITH, ancien Secrétaire de la Congrégation pour le Culte divin)

mgr-marc-aillet.jpgLa Lettre pastorale "La charité du Christ nous presse" de Mgr Marc Aillet, Evêque de Bayonne, vient de paraître aux éditions Artège (224 pages - 16 euros) En voici un extrait qui concerne la formation des clercs et la liturgie :
 « La Constitution conciliaire sur la sainte liturgie présentait la formation liturgique comme un des principes fondamentaux de la restauration et de la mise en valeur de la liturgie : « Il n'y a aucun espoir d'obtenir ce résultat, si d'abord les pasteurs eux-mêmes ne sont pas profondément imprégnés de l'esprit et de la force de la liturgie, et ne deviennent pas capables de l'enseigner ». Il s'agissait sans doute de former des professeurs qualifiés et de faire même de la liturgie une des "disciplines principales" des études ecclésiastiques. On insistait toutefois pour que cette formation ne soit pas purement intellectuelle ou théologique, mais qu'elle passe par une expérience authentique de la liturgie de l'Eglise : « Les clercs, dans les séminaires et les maisons religieuses, acquerront une formation liturgique à la vie spirituelle, par une bonne initiation qui leur donne l'intelligence des rites sacrés et les y fasse participer de toute leur âme, tant par la célébration même des saints mystères que par les autres exercices de piété, imprégnés d'esprit liturgique ; également, ils apprendront à observer les lois liturgiques, de telle sorte que la vie des séminaires et des maisons de religieux soit profondément façonnée par l'esprit de la liturgie ». 
En effet, avant d'être un objet d'étude, la liturgie est une vie. C'est le bain par excellence de toute formation à la vie chrétienne : au sens de la foi et au sens de l'Eglise, à la louange et à l'adoration comme à la mission. 
On ne pourra donc pas célébrer la liturgie au rabais : elle sera le vrai centre et sommet de toute la vie du Séminaire qui devra être structurée par elle. De plus, Benoît XVI insiste sur la formation à l'histoire de l'art, comme discipline importante, « avec une référence spéciale aux édifices du culte à la lumière des normes liturgiques ». De même il demande « que les futurs prêtres, dès le temps du séminaire, soient préparés à comprendre et à célébrer la Messe en latin, ainsi qu'à utiliser des textes latins et à utiliser le chant grégorien ».Je souhaite en ce sens que, « toutes choses égales d'ailleurs », on favorise, à commencer par le Séminaire, un renouveau du chant grégorien - salué par la tradition sous le titre de "bible chantée de l'Eglise" - non pas comme le vestige d'une époque révolue mais comme un instrument toujours valable de louange divine, de formation de l'âme chrétienne et du sens ecclésial. Cela est tout à fait compatible avec le répertoire de chant religieux populaire en langue vernaculaire - français, basque ou béarnais - et plus évolutif, à condition que celui-ci respecte les critères relatifs au chant sacré. Dans la lettre qu'il adressait récemment aux séminaristes, le pape Benoît XVI donnait des indications fort intéressantes pour leur formation liturgique : « Pour la juste célébration eucharistique, il est nécessaire aussi que nous apprenions à connaître, à comprendre et à aimer la liturgie de l'Église dans sa forme concrète. Dans la liturgie, nous prions avec les fidèles de tous les siècles - passé, présent et avenir - qui s'unissent en un unique grand choeur de prière. Comme je puis l'affirmer à propos de mon propre chemin, c'est une chose enthousiasmante que d'apprendre à comprendre peu à peu comment tout cela a grandi, quelle expérience de foi se trouve dans la structure de la Liturgie de la Messe, combien de générations ont contribué à la former en priant ! ».

 

Autrement dit, la liturgie est un organisme vivant, dont la croissance est homogène et sans rupture : aussi, pour comprendre de l'intérieur sa structure intime, on aura profit à en expérimenter les étapes de croissance. S'il est évident que la forme ordinaire du Missel Romain, tel qu'il a été promulgué par le pape Paul VI en 1969 et réédité par le pape Jean-Paul II en 2002, devra être l'expression propre de la liturgie au Séminaire, rien n'interdit de donner aux séminaristes la possibilité de faire l'expérience de la forme extraordinaire, précisément dans l'esprit d'une formation attentive au développement de la liturgie. En effet, comme Benoît XVI l'affirme avec force, selon une herméneutique de la continuité qui lui est chère : « Il n'y a pas de contradiction entre l'une et l'autre édition du Missale Romanum ». On comprend alors pourquoi le motu proprio Summorum Pontificum, sur la liturgie romaine antérieure à 1970, n'est pas seulement une disposition canonique pour permettre aux fidèles qui y sont légitimement attachés de pratiquer l'ancien missel, mais une invitation faite à tous à approfondir le sens et l'esprit de la liturgie. D'ailleurs le Saint-Père affirme que « les deux formes d'usage du Rite romain peuvent s'enrichir réciproquement ». Et en particulier, il montre que « dans la célébration de la Messe selon le Missel de Paul VI, pourra être manifestée de façon plus forte que cela ne l'a été souvent fait jusqu'à présent, cette sacralité qui attire de nombreuses personnes vers la forme ancienne du Rite romain ». Et d'ajouter que la conformité rigoureuse avec les prescriptions liturgiques est le meilleur moyen « d'unir les communautés paroissiales » et de rendre visible « la richesse spirituelle et la profondeur théologique » du nouveau Missel. 
Pas de doute que la formation liturgique des futurs prêtres comme des fidèles laïcs passe, et par une connaissance exacte des normes liturgiques, replacées dans le contexte de l'histoire de la liturgie romaine, et, selon l'adage lex orandi, lex credendi, par une connaissance approfondie de la théologie de l'Eucharistie, qui n'en diminue aucun aspect fondamental ».

 

 


 

 

Si le chant grégorien a souvent été abandonné tout de suite après Vatican II, c'est parce qu'il ne suscitait pas toujours un grand enthousiasme chez les fidèles qui le chantaient ou l'écoutaient. De fait, les pièces grégoriennes étaient souvent exécutées avec beaucoup d'application mais sans vie, sans élan. Il faut bien avouer que rares étaient les paroisses dotées de scholae capables de chanter d'une façon qui ne soit pas "poussive".Qu'est-ce qui a pu rendre ce chant ennuyeux, peu apte à susciter l'enthousiasme des fidèles ? Très souvent, c'était la direction du maître de choeur. A des directions alambiquées correspondait un chant grégorien pesant et laborieux. Or le grégorien ne doit jamais être un chant lourd, exécuté avec une affectation telle qu'il devient assommant tant à interpréter qu'à écouter. Correctement chanté, le grégorien est toujours fluide, limpide. C'est ce qui le rend vivant, "intéressant", captivant. Le plaisir qu'éprouvent ceux qui le chantent doit savoir se communiquer à ceux qui l'écoutent. Comment faut-il le diriger pour le rendre attrayant ?

 

 

 

 

La première chose à ne surtout pas faire quand on le dirige (mais que font malheureusement beaucoup de maîtres de choeurs), ce sont des "moulinets" avec la main. Faire des mouvements ronds conduit 1) à chanter des syllabes à la place des mots et des phrases et 2) à briser tous les élans mélodiques, c'est-à-dire à interdire au chant de "décoller". La deuxième chose à faire est de veiller à ce que les choristes chantent des mots complets, des phrases complètes... et non uniquement des notes mises les unes à la suite des autres et "qui tombent comme des crottes de biques", disait un moine bénédictin avec humour. Il ne faut jamais oublier que le chant grégorien a été composé, retenu, transmis sans le support des notes. Les notes ne sont donc utiles que dans la mesure où elles nous permettent de déchiffrer une mélodie. Après ça, il faut les oublier et ne plus penser qu'au texte. Une petite histoire illustrera mon propos : il y a quelques temps, je dirigeais un groupe de fidèles. Il s'agissait d'apprendre les pièces du propre de la Toussaint. Parmi les personnes présentes, toutes avaient une admirable bonne volonté, mais peu étaient à l'aise dans l'exécution du grégorien... Nous avons "décortiqué" l'introït Gaudeamus, puis nous avons essayé de le chanter une fois, deux fois, trois fois... A chaque fois le résultat n'était pas terrible. J'ai alors dit aux choristes : « Oubliez votre partition : tenez-la à l'envers, chantez ce qui vous passe par la tête, n'importe quoi... Mais regardez bien les gestes que je fais ». Il s'agissait de détendre un peu l'atmosphère. Mais du coup, les gens ont été moins crispés sur les notes, ont fait davantage attention à la direction... Si bien qu'à la fin, quelqu'un a dit : « C'est vrai que finalement, c'est plus facile comme ça ! ». A la messe de la Toussaint, le lendemain, les pièces grégoriennes furent très bien chantées, avec naturel, pour le bonheur de tous : chantres, assistance... et célébrant. La troisième chose à éviter est le maniérisme. Le grégorien se chante de façon naturelle, bouche ouverte (sans mettre les lèvres en cul-de-poule), mâchoire inférieure souple... et non d'une façon affectée donnant l'impression que chaque son à produire est une épreuve à surmonter. Les sons doivent être clairs et les voyelles nasales (on, an, en) doivent être impérativement éliminées dès la première répétition d'une pièce : on prononce anne-gelorum et non pas angelorum comme dans le français "ange". Les liaisons doivent être supprimées : elles n'existent pas en latin ! On chante agnuss' Dei et non (comme on l'entend généralement dans la Messe XVII pour l'Avent et le Carême) Aaaaa - gnusde-i... ( "Gnusdé" ne signifie rien.) De même, dans le Credo, on chantePatrem' omnipotentem... et non Patre momnipotentem...

 

Enfin, une quatrième chose à éviter est cette sorte d'affection qui touche certains maîtres de chœurs : la "neumaticulite aiguë". La connaissance des neumes est incontestablement utile pour le dirigeant qui souhaite comprendre et respecter le phrasé et articulations mélodiques d'une pièce; mais elle n'est d'aucune véritable utilité pour le choriste. Le grégorien n'est pas l'objet d'études musicologiques : il est au service de la liturgie. Ses racines sont donc dans la prière et non dans les neumes. Les neumes ne sont donc intéressants que dans la mesure où ils ne sont pas pris pour eux-mêmes mais pour entrer au service d'une exécution priante et vivante du répertoire grégorien. Puissent ces quelques conseils permettre aux paroisses de renouer avec la tradition grégorienne, comme le demande si souvent Benoît XVI.

 

Pro Liturgia

 

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« La messe dignement célébrée selon le missel de Paul VI serait déjà un grand progrès,

si les curieuses interprétations en partie aventureuses de la Sainte Messe pouvaient disparaître.

On ôterait le fondement de l'argumentation de bien des traditionalistes par ce moyen.

Dans le quotidien on est tellement suspendu à tant d'arbitraire liturgique qu'on doit souvent

courir chez les traditionalistes par pur désespoir. Aussi ça m'est arrivé par exemple à New York

ou à Paris, mais également à Munich où j'ai déjà vécu des choses « les plus dingues »

dans la Sainte Messe. » (Princesse de Thurn und Taxis, kathnews.de, septembre 2009).

 

 

On comprend parfaitement ;-(

Ne nous y trompons pas : en France, il faudra au minimum encore un siècle pour relever la liturgie des ruines dans lesquelles l’ont fait tomber les évêques de l’immédiat après-concile. Car mener à bien la « réforme de la réforme » de la liturgie telle que la conçoit Benoît XVI, c’est-à-dire pour redresser ce qui a été déformé et tordu par la « pastorale liturgique » mise en place dans nos diocèses, il faudra :

 

 

 

- changer totalement la mentalité du clergé et des fidèles laïcs ;

- démettre de leurs fonctions les membres des équipes liturgiques avant de supprimer les équipes elles-mêmes ;

- trouver des clercs qui sachent s'habiller et marcher correctement et non se dandiner dans des sacs en tergal ;

- liquider 90% des cantiques qu’on entend dans les églises et redonner la première place au chant grégorien ;

- dégager les chœurs des églises de tout ce qui ne doit pas s’y trouver, à commencer par les autels « face-au-peuple » qui ressemblent à des tables, à des podiums, à des caisses, à des machins ;

- faire appel à des organistes et à des maîtres de chœurs compétents et soucieux de servir la liturgie comme l’Eglise demande qu’elle soit servie ;

- avoir des prêtres ayant bénéficié d’une solide formation liturgique et décidés à ne suivre que le Missel romain ;

- pouvoir compter sur des évêques experts en liturgie et prêts à mettre fidèlement en œuvre les enseignements magistériels.

 

 

Rien de tout ceci n’est envisagé par les évêques de France. C’est dire qu’il ne faut pas espérer voir la lumière du bout du tunnel avant très longtemps.

 

Pro Liturgia

« Les raisons qui mènent à la désobéissance aux normes de la liturgie sont multiples. Parmi elles, retenons une méconnaissance de l’histoire et de la signification théologique du rite, l’obsession de la nouveauté, la défiance dans la capacité de parler à l’homme par l’intermédiaire de signes et surtout le manque de confiance dans l’efficacité du sacrement qui reçoit de Dieu le pouvoir de faire ce qu’il signifie. Nombre d’observateurs considèrent que les abus trouvent leur source dans les imperfections du missel romain lui-même, amplifiées par la position du prêtre qui est tourné vers le peuple du début à la fin de la messe, par les traductions déficientes des textes liturgiques et la conviction que l’usage de la langue courante suffit à rendre la messe plus facilement compréhensible. La transgression, l’inobservance et les fréquents changements des normes liturgiques se succèdent en raison de la méconnaissance et des caprices personnels dans l’interprétation des normes liturgiques. Ces violations sont justifiées par des « raisons pastorales », un terme passe-partout qui recouvre tous les abus et désarçonne les fidèles. Il n’est, bien souvent, plus question de savoir ce que sont les rubriques mais comment elles devraient être interprétées. Des mouvements et des groupes introduisent de nouvelles pratiques afin de « rénover » la liturgie. Bien souvent, celles-ci se limitent aux divertissements et au spectacle et empêchent le recueillement dans l’écoute du mystère et l’action de grâce. Un certain nombre d’évêques considèrent que le comportement des dicastères du Saint-Siège est ambigu puisqu’il affirme d’un côté des normes universelles mais permet de l’autre à un certain nombre de mouvements de célébrer d’une manière différente. Les fidèles regrettent les très larges différences qui peuvent exister dans un même diocèse entre une église et une autre. Ils se demandent si le rite romain, avec ses caractéristiques propres, existe encore. (...) La crise de l’après-Concile a tellement enraciné les abus, qu’un certain nombre en est venu à croire qu’ils font partie de la réforme voulue par le Concile. (...) Les plaies qui affectent la liturgie semblent toujours plus graves : inflation incontrôlées des commentaires qui deviennent des micro-homélies ; réduction à la portion congrue de la liturgie eucharistique ; diffusion du personnalisme liturgique et manipulation des rites par les célébrants ; substitution des rites et des textes liturgiques, en particulier des lectures bibliques, afin de « personnaliser » la liturgie et de la rendre plus « signifiante » ; ministres extraordinaires de la communion qui deviennent ordinaires et remplacent le célébrant dans à peu près toutes ses fonctions ; communion en self-service des laïcs ; prédications qui posent des choix politiques au point de déconcerter les fidèles ; récitation partielle ou même totale de la prières eucharistique par les fidèles ; missionnaires européens qui, au nom de l’inculturation, imposent des usages européens dans les pays de mission ou au contraire des usages missionnaires en Europe ; usage arbitraire des vêtements liturgiques : chasuble sans étole, étole sans chasuble, étole sur la chasuble, étole sous la chasuble, étole sur et sous la chasuble, célébration sans chasuble et sans étole, etc. Les évêques ne devraient pas tolérer de tels abus. (...) » 

 

Cf. Mgr Nicola Bux, La foi au risque des liturgies, éd. Artège, 2011

Mgr Bux est Consulteur de la Congrégation pour le Culte divin,

Professeur de liturgie à l’Institut de théologie de Bari, Consulteur

au Bureau des célébrations liturgiques du Souverain Pontife

http://www.eucharistie.ch/images/fete_misericorde_1.jpg[Au sujet de Summorum Pontificum, Père Daniel-Ange affirme que], « cela a été un magnifique acte de courage de notre Saint-Père Benoît XVI. Il a fait ce qu’il devait faire devant Dieu et devant l’Eglise catholique à lui confiée. Hélas, certains évêques ne semblent pas avoir partagé sa magnanimité, sa largeur de vue et son courage. La beauté de l’unique grande liturgie - terrestre/céleste - se réfracte dans la merveilleuse variété de ses multiples rites, comme autant de rayons d’un unique soleil. Personnellement, j’ai toujours éprouvé une profonde empathie pour les différentes Liturgies orientales (spécialement l’Ukraino-byzantine) qui font merveilleusement appel à tous les sens. Et c’est avec joie que je célèbre parfois selon le missel de Jean XXIII la messe de mon adolescence. Je souhaite, comme notre Pape, une saine émulation mutuelle, une équilibrante influence réciproque, sans pour autant toucher à la spécificité de chaque rite. Pour les jeunes en tout cas, et pour les chrétiens du dimanche, j’aimerais que la Messe dite tridentine, ait les lectures de la Parole de Dieu dans leur langue, ainsi que quelque chant (comme ce fut le cas durant le pontificat de Jean XXIII). Je trouverais normal que le Lectionnaire de ce rite soit aussi enrichi et le Sanctoral mis à jour intégrant les derniers canonisés, surtout ceux dont la célébration a été étendue par Jean-Paul II à l’Eglise universelle. Pourquoi les améliorations de ce rite si beau, qui a toujours légèrement évolué (sous Pie XII : Christ-Roi, Sacré-Cœur, saint Pie X, etc.), s’arrêterait-elles à Jean XXIII ? Il faut rester fidèle à cette loi, tout à fait naturelle, de l’arbre qui s’enrichit de feuilles nouvelles. 

Et pour le rite dit de Paul VI, je voudrais qu’il soit célébré dans son maximum de beauté, sans larguer toute la gestuelle, les sacramentaux, les Rogations etc., qui en font partie intégrante. Et qu’à partir de l’Offertoire – comme le souhaite ardemment notre Pape – assemblée et célébrant soient ensemble orientés : tournés vers le Seigneur qui vient comme le Soleil levant. Cela même si l’église n’était pas - hélas - géographiquement orientée comme elle devrait l’être… Je trouve personnellement très inconvenant ce « face au peuple » pour les moments les plus sacrés, d’autant plus que cette disposition n’était pas du tout préconisée par la réforme liturgique, comme le commun des catholiques le pense.
Ce fut suggéré par des liturgistes, puis permis, enfin conseillé par des Pasteurs eux-mêmes. Si on revenait à l’ancienne orientation, le rite y gagnerait énormément en dimension céleste et eschatologique du grand Mystère célébré. Il heurterait moins nos frères Orientaux, qu’ils soient Catholiques ou Orthodoxes. De même, évangile, préface et même consécration (si ce n’est l’épiclèse), devraient être chantés, comme en Orient. Au moins les dimanches et fêtes. J’aimerais aussi que dans tous les séminaires et maisons de formation religieuse, on célèbre régulièrement et des divines liturgies orientales et, bien sûr, des Messes selon le « rite extraordinaire ». Et au moins de temps en temps dans les paroisses. Et en sens inverse, que dans les séminaires, monastères, couvents gardant la belle tradition latino-tridentine, on y célèbre parfois le rite latin ordinaire, et cela justement dans tout le déploiement de solennité qu’il comporte aussi, avec évidemment peuple et prêtre ensemble orientés ».

Le Cardinal Antonio Cañizares Llovera, Préfet de la Congrégation pour le Culte Divin, a accordé le 9 janvier 2010 un entretien au journal "Il Foglio". L'article, très riche sur le plan doctrinal, est long et donc difficile à résumer (si une âme charitable a le temps de traduire l'intégralité en français, nous sommes preneurs !). L'un des points abordés porte sur l' "herméneutique de la continuité" en matière liturgique. Le Cardinal Préfet dit clairement que, pour le moment, ce que fait déjà le Pape durant les Messes qu'il célèbre est une application très concrète de cette herméneutique. A la question de savoir si la Congrégation pour le Culte Divin émettra quelques directives dans les semaines à venir, Mgr Llovera répond que, si l'on désire vraiment participer au renouveau liturgique actuel - dans la ligne du Concile Vatican II - il convient, comme le Pape l'a expressément demandé, d'accueillir le Motu Proprio "Summorum Pontificum" du 7 juillet 2007; celui-ci a un objet bien plus vaste que celui qui consisterait à résoudre la crise "intégriste", car il est un appel (qui est plus exactement une décision) à l'enrichissement mutuel des deux formes du rite romain; il se situe donc dans la ligne de la Constitution liturgique "Sacrosanctum Concilium"; le Motu proprio n'est donc ni un retour en arrière, ni un document qu'on pourrait considérer "à part" en le transformant en quelque sorte facultatif. Le document magistériel est un appel très clair à un enrichissement mutuel des deux formes du rite romain, enrichissement qui est le moyen voulu par le Pape pour rendre effective l' "herméneutique de la continuité" dans le domaine de la liturgie. 
Les nombreuses résistances actuelles - ajoute le Cardinal Llovera - montrent justement que beaucoup ne sont pas encore entrés dans cette "herméneutique de la continuité", voulue par le Saint-Père.

 

Le Cardinal Préfet ajoute que, lorsqu'il voit le Saint-Père célébrer la Sainte Messe, il comprend que Benoît XVI a déjà mis en place certains éléments incontournables de cette "herméneutique", de cet authentique renouveau, qui est dans la droite ligne du mouvement liturgique du XIXème siècle et de la première moitié du XXème siècle (avec Guardini, Jungmann...) et qui a abouti à la Constitution conciliaire "Sacrosanctum Concilium" ainsi qu'à l'oeuvre doctrinale du Cardinal Ratzinger (cf. "L'esprit de la liturgie"), que ce dernier continue, cette fois, en tant que Souverain Pontife. Le Cardinal Préfet cite très concrètement : la croix au centre de l'autel, la communion à genoux et dans la bouche, l'usage étendu du chant grégorien...
L'interview du Cardinal Llovera est un appel très clair à suivre le Pape, à se placer dans son sillage... ce que ne peuvent refuser de faire tous les fidèles qui aiment l'Eglise du Seigneur.

 

Pro Liturgia

 

liturgiebenoitXVI

La nouvelle encyclique du Pape Benoît XVI, Caritas in Veritate, est un enseignement qui touche à ce qui est du domaine socio-économique. Elle contient cependant un petit passage qu'on pourrait très bien utiliser pour les questions liturgiques.
Qui n'a pas remarqué que le fidèle qui, dans une paroisse, critique la façon peu "catholique" qu'ont certains de traiter la liturgie, s'entend toujours répondre - généralement par le curé - qu'il faut se montrer plus charitable. Et généralement le curé en question citera le chapitre 13 de la première Epître de Saint Paul aux Corinthiens pour expliquer que "par charité", il convient de laisser les critiques de côté et accepter d'autres façons de voir les choses. Il faut incontestablement se montrer charitable.
Mais comme l'enseigne si clairement Benoît XVI, la charité ne peut pas fonctionner si elle est dissociée de la vérité. Or il y a dans l'Eglise et pour l'Eglise une "vérité liturgique" : la liturgie est ce qu'elle doit être, comme elle doit être et non comme tel ou tel veut qu'elle soit. Sans cette "vérité", la liturgie devient « la proie des émotions et de l'opinion contingente des êtres humains » (cf CIV). Ce n'est alors plus la liturgie de l'Eglise qui seule peut signifier et porter la foi de l'Eglise. « Un christianisme de charité sans vérité peut facilement être confondu avec un réservoir de bons sentiments, utiles pour la coexistence sociale, mais n'ayant qu'une incidence marginale. Compris ainsi, Dieu n'aurait plus une place propre et authentique dans le monde. Sans la vérité, la charité est reléguée dans un espace restreint et relationnellement appauvri », nous dit le Souverain Pontife (Cf CIV § 4). Remettons cet enseignement dans le contexte de la liturgie et l'on obtient : des célébrations construites sur les seules bases de la charité mais qui oublient ce qu'est la liturgie en vérité, des célébrations qui ne sont plus qu'un réservoir de bons sentiments, utiles pour la coexistence sociale, mais n'ayant qu'une incidence marginale sur le plan de la foi.


Pro Liturgia

http://img.over-blog.com/300x304/0/21/41/34/liturgie/modernisme.jpgJuin 2012 : le nombre dramatiquement bas des ordinations sacerdotales en France ne serait-il pas le révélateur de cette crise dont il est question dans ces lignes et qu’on a longtemps cherché à minimiser tellement elle marque l’échec des pastorales mises en œuvre par des « clérocrates » se réclamant d’un Concile dont ils ont volontairement gauchi les enseignements ? Pour tâcher de répondre à cette question, il faut voir ce qui s’est passé d’une façon générale dans les séminaires, dans les paroisses et dans les diocèses. La « Ratio fondamentalis » publiée en 1985 fixait les modalités de la formation spirituelle, théologique et humaine que devaient avoir les futurs prêtres dans les séminaires diocésains. En France, ce document restera lettre morte. Assez rapidement, la direction des « grands séminaires » diocésains passe entre les mains de prêtres plus ou moins ouvertement « anti-romains » qui partent du principe selon lequel Vatican II ne pourra porter des fruits que si l’on apprend à en dégager l’ « esprit », c’est-à-dire si l’on sait « relire » les textes conciliaires pour les « réinterpréter » - c’est le terme alors à la mode - à la lumière de principes théologiques faisant la part belle à tout ce qui a le goût du neuf, de l’original, du moderne, d’opposé à une foi catholique que l’on pourrait qualifier de traditionnelle et populaire. Autrement dit, les séminaires diocésains de France deviennent tous, sans aucune exception, des laboratoires où s’expérimentent de nouvelles pastorales que les séminaristes, une fois ordonnés prêtres, devront introduire dans les paroisses où leur évêque les aura nommés. Sous la houlette des supérieurs de séminaires nommés par les évêques diocésains, les candidats au sacerdoce sont alors invités à se constituer en « équipes » qui deviendront rapidement de véritables « soviets » chargés d’éliminer le séminariste qui, par fidélité à la foi de l’Eglise et par obéissance au Souverain Pontife, refuse de cautionner des thèses théologiques hasardeuses et de se lancer dans toutes sortes d’innovations que Vatican II n’a jamais voulues. Car dans tous les séminaires de France, il devient vite obligatoire - ou plus exactement « normal » - de remettre en cause l’autorité du Pape et, ceci fait, de discuter tout ce qui vient de Rome ou de l’un des rares évêques de France osant rappeler la nécessité d’être unis autour du Successeur de Pierre. Bien entendu, dans un tel contexte, il devient aussi obligatoire de « réinventer » la liturgie, c’est-à-dire de refuser de mettre fidèlement en œuvre le Missel romain restauré à la suite du Concile : au cours des messes transformées en chantier liturgique permanent, les séminaristes doivent se tenir autour de l’autel avec les concélébrants pour, éventuellement, dire avec eux des « prières eucharistiques » qui auront été composées par l’une des équipes dont il a été question plus haut. Dans le même temps, il est « fortement conseillé » de railler des pratiques telles que les processions, le chapelet, l’agenouillement… et surtout l’adoration du Saint-Sacrement. Quant au latin et au chant grégorien que Vatican II a voulu conserver dans la liturgie, il ne doit absolument plus en être question. 

 

 

http://a401.idata.over-blog.com/500x410/0/21/41/34/2011/messe-cuisine.pngLe séminariste qui ne se prête pas à ce jeu de critique systématique du Magistère et de ses enseignements ou qui se montre réticent face aux excentricités liturgiques et aux aberrations théologiques est progressivement marginalisé. Il est ensuite accusé de ne pas « s’intégrer » aux équipes de séminaristes, puis soupçonné d’être une sorte de dangereux « crypto-traditionaliste » opposé à l’ « esprit du Concile » dont se nourrit la communauté chargée de former le « prêtre de demain » : enfin, il est très vivement « invité » à prendre quelques années sabbatiques durant lesquelles les Directeurs du séminaire s’emploieront à lui faire comprendre, avec toute la charité chrétienne dont ils sont capables, que son retour au séminaire n’est pas souhaité. Bien que le témoignage rapporté ci-dessous concerne un diocèse précis, il reflète parfaitement ce qui s’est passé dans l'ensemble des séminaires diocésains et interdiocésains de France : « (...) Monseigneur et ses vicaires généraux étaient vigilants vis-à-vis des « déviants » que nous étions, je n’avais aucun doute à me faire à ce sujet. Pas un clerc n'aurait pu faire illusion plus que quelques mois, même en s'y entendant à jargonner comme les prêtres à la mode. J’ai connu personnellement plusieurs séminaristes qui ont échoué alors qu’ils parlaient pourtant le « clergé français » sans accent. Ils savaient sans rire « réarticuler leur foi au niveau de leur vécu et se laisser « réinterpeller » par le questionnement existentiel d’une pastorale d'ensemble qui fait problème. Rien n’y fit. Soumis quotidiennement à la surveillance omniprésente et au lavage de cerveau d’une équipe de « révision de vie », ils ne purent tenir plus de quelques mois ou de quelques années, pour les plus coriaces, et furent éjectés par le système. Dans un régime de délation généralisée - on ne pouvait être ordonné ou même passer en année supérieure sans l’avis favorable de l’équipe -, celui qui faisait preuve de la moindre faiblesse, de la moindre réticence à hurler avec les loups ou à dévoiler chaque coin de son âme, était immanquablement suspecté quand bien même il eût tenu le coup du point de vue nerveux. Au bout de quelques « partages d’Evangile », on était en général catalogué et mis à l’index. Le moins rapide à s’ « apitoyer » sur la tiédeur progressiste des autres risquant d’être la victime de l’ « équipe », il régnait dans les séminaires un climat de surenchère tel que rien ne pouvait échapper aux autorités. L’évêque ou les responsables des vocations n’avaient même pas à intervenir. Les sulpiciens ou les carmes qui dirigeaient les séminaires détectaient sans coup férir les mal-pensants. Ceux-ci étaient convoqués chez le supérieur en fin d'année et on leur expliquait le plus sérieusement du monde qu’ils n’étaient pas épanouis, qu’ils n'avaient pas l’esprit d’équipe, qu’ils n’avaient pas une foi adulte... et que, pour leur bien, on leur conseillait de partir. Et même si l’évêque les avait en estime, il était inutile d’aller le voir. Celui-ci, terrorisé par les commissions ou les bureaux, « ne pouvait rien faire ». Il n’aurait pas osé s’opposer aux décisions du supérieur d’un séminaire régional. A supposer même qu'un jeune ait été assez fort pour résister au lavage de cerveau et donner le change au séminaire, il se trouvait rapidement confronté dans son diocèse à de tels cas de conscience qu’il lui fallait soit perdre son âme en participant à l’inacceptable, soit se mettre de lui-même hors jeu en exprimant un refus. Il faut savoir en effet que pendant les vacances scolaires et au cours d’une succession interminable de stages venant repousser à l’infini la fin de leurs études, les séminaristes se voyaient intégrés pour la pastorale dans des équipes de prêtres et de laïcs particulièrement « choisies ». Et là, que faire si le curé les invitait à participer à une Eucharistie qu’il disait en civil avec un bout de pain et un gobelet de rouge sur la table de cuisine, si un vicaire les envoyait après la messe remettre dans la boîte avec les autres ce qui restait d’hostie consacrées, s’ils devaient participer à une réunion où on expliquait aux jeunes que les « expériences » sexuelles étaient tout à fait normales, ou s’ils entendaient enseigner aux enfants du catéchisme que « Jésus était un homme comme les autres » ? Ou bien ils acceptaient une fois, et au nom de quoi auraient-ils alors refusé ou protesté plus tard, ou bien ils s'opposaient et c’en était fait de leur accession au sacerdoce. Ils étaient renvoyés pour cause d’inadaptation à la « pastorale du diocèse ». On connut même le cas, dans le diocèse de M., d’un jeune que l’évêque, Mgr Louis K., successeur de Mgr M., avait admis au diaconat, et qu’il refusa ensuite d’ordonner prêtre, le laissant dans une situation impossible au mépris du droit canonique. Ce diacre, qui avait le tort rédhibitoire de porter le clergyman, ne se laissa pas faire. Il engagea un procès à Rome contre son évêque, procès qu’il aurait gagné à coup sûr, car on ne peut refuser l'ordination sacerdotale à quelqu'un qui a accédé au diaconat en vue du sacerdoce, sauf pour des raisons graves touchant à la foi ou aux mœurs. Malheureusement, Mgr K. ne fut jamais condamné : le diacre, entre-temps, était ordonné prêtre dans le sud de la France par un évêque intelligent, et il retira sa plainte... Quelqu’un d'extérieur à la question imaginera peut-être qu'il suffisait à ces jeunes d'adopter un profil bas, d'avaler des couleuvres, de se taire et de feindre jusqu’à leur ordination. Après tout, n'était-ce pas être profondément fidèle au Saint-Père et à l’Eglise que de durer pour devenir prêtre malgré l’orage afin que Rome trouve plus tard dans les diocèses des hommes sur qui compter pour redresser peu à peu la situation, au fil des nouvelles nominations d’évêques ? En réalité, la chose était pratiquement impossible, et je ne connais que très peu de jeunes qui se soient crus autorisés en conscience à user d’un tel subterfuge et qui aient pu le mener à terme. Résister jour après jour au bourrage de crâne et à l’inquisition permanente d’une équipe de « révision de vie » pour laquelle vous taire suffit à vous rendre suspect représente déjà, aux dires de ceux qui en ont fait l’expérience, une performance psychologique peu commune. Certains jeunes, j’en connais, qui après avoir traîné de longues années dans les séminaires de l’époque ont finalement été écartés, y ont laissé leur santé mentale. Mais, plus important encore, une telle attitude fut jugée par beaucoup inacceptable sur le plan moral. On ne peut collaborer à ce qui est vraiment mal, même en vue d’un bien futur. De plus, il faut savoir que pour un séminariste appelé aux ordres, comme pour un prêtre, l’union vraie avec l’évêque est quelque chose de spirituellement très important. Bien peu de jeunes ont pu considérer qu'une sorte de duplicité provisoire était envisageable en ce domaine afin d’être appelés au sacerdoce. Et en admettant même qu’un évêque, plus ou moins dupe ou capable de davantage d’indépendance et de largeur d’esprit, ait appelé ces jeunes aux ordres (...), leur épreuve n’aurait pas pris fin pour autant. Le courage des évêques allait rarement jusqu’à soutenir ces nouveaux prêtres différents ou à les protéger des confrères et du conseil épiscopal. Or, vis-à-vis de ces jeunes prêtres en clergyman, très motivés, et décidés en tout à obéir scrupuleusement à Rome, la hargne des aînés, en civil, plus vagues dans leur enseignement et plus « horizontaux » dans leur action pastorale, est souvent très réelle. Elle prend quelquefois un tour difficilement imaginable pour un laïc, de la part de gens pour lesquels la tolérance est le grand enseignement du Concile. (...) » (1)

 

 

http://idata.over-blog.com/0/21/41/34/2011/annee70.gifAprès exclusion systématique des candidats au sacerdoce considérés comme trop « classiques », comme trop « traditionnels » (2) - c’est-à-dire, en réalité, respectueux des enseignements de l’Eglise et demandant que le Concile soit fidèlement mis en œuvre - ne restent plus dans les séminaires de France que des futurs prêtres gagnés aux idées les plus « progressistes ». C’est sur eux que l’on pourra compter plus tard pour généraliser des pastorales du relativisme ou même de la désobéissance (3) : ils n’auront guère appris que cela. Ce seront ces séminaristes-là, sans véritable formation, qui seront ordonnés puis qui, quelques 20 années plus tard, seront nommés curés d’importantes paroisses, vicaires épiscopaux, ou seront même proposés à l’épiscopat. Ainsi, le système mis en place se verrouille et s’auto-entretient, laissant facilement deviner que la crise sera d’autant plus longue et difficile à surmonter qu’elle se greffe désormais sur l’indifférence ou l’ignorance de très nombreux fidèles laïcs. Dans les paroisses, des jeunes vicaires s’emploient à mettre en œuvre le programme pastoral élaboré dans les grands séminaires. Soit que ces nouveaux prêtres sont eux-mêmes convaincus du bien-fondé des changements envisagés, soit qu’ils subissent des pressions telles qu’il ne leur est plus possible de remonter un courant qui semble tout emporter sur son passage. De fait, les rares prêtres qui célèbrent la liturgie comme l’a vraiment voulu le Concile, qui continuent à organiser des processions, des Vêpres et des Saluts du Saint-Sacrement, qui maintiennent la pratique de la confession individuelle… sont rapidement considérés comme des « trublions » dont les avis ne méritent pas d’être pris en compte. De plus, il arrive que ces prêtres soient ouvertement critiqués par leurs propres paroissiens qui trouvent anachroniques le maintien de certaines pratiques abandonnées partout ailleurs ; ces paroissiens manifestent leurs nettes préférences pour les « nouvelles façons de vivre un christianisme ouvert » et pour les « célébrations vivantes » que présentent les tenants d’une libre réinterprétation du Concile. Celui qui n’a pas connu les années de l’immédiat après-concile ne peut plus imaginer ce qui s’est alors passé dans les églises paroissiales et ce qu’ont vécu douloureusement les fidèles de cette période pour le moins agitée.

 

 

guitarPartout, en l’espace de seulement quelques semaines, la liturgie subit des bouleversements que personne n’osait imaginer avant le Concile ; partout elle est bouleversée sur la base de principes et de directives dont on ne trouve aucune trace dans la Constitution « Sacrosanctum Concilium » : le latin et le chant grégorien, que l’Eglise demandait de conserver dans la liturgie romaine, sont les premiers à faire les frais des changements. L’usage du chant grégorien est d’abord critiqué, puis drastiquement limité, et enfin carrément interdit afin d’être oublié le plus rapidement possible. Au point qu’aujourd’hui, dans la majorité des paroisses, les fidèles ne sont plus même capables de chanter un simple « Credo ». Dans le même temps, on semble découvrir que le latin est une « langue que l’on ne comprend pas » et qui empêche la « participation active » des fidèles à la liturgie. Curieusement, quelques années auparavant, son usage ne semblait troubler que très peu de pratiquants. Conjointement, les maîtres-autels sur lesquels, de mémoire de paroissiens, la messe avait toujours été célébrée, sont abandonnés - parfois même démolis à coups de pioches sur ordres de certains curés - pour être partout remplacés par des autels « face-au-peuple » qui sont généralement de simples tables placées en avant des chœurs pour être bien visibles des assemblées. Ces deux premières nouveautés touchant à la langue cultuelle et à l’orientation des célébrations imposent immédiatement une apparence inédite aux messes paroissiales et font croire aux prêtres qu’ils auront désormais à jouer un nouveau rôle. Ils devront être tour à tour « commentateurs », « animateurs », « entraîneurs d’assemblées », « compositeurs-interprètes », « showmasters » (4) au sein de célébrations devant conduire à l’oubli de tout ce qui se faisait et était signifié jusqu’ici par la liturgie de l’Eglise. Ainsi les changements qui affectent les formes rituelles entraînent-ils des modifications du fond. Et c’est précisément ce que souhaitent bien des prêtres de la nouvelle génération « formés » dans les séminaires dont il a été question plus haut. Mais ces premiers changements qui affectent la liturgie ne s’arrêtent pas là. Presque partout ils sont accompagnés d’un véritable rejet de tous les éléments qui permettaient de sacraliser et de solenniser les célébrations. Pêle-mêle, les calices et les ciboires sont remplacés par des coupelles en terre cuite ou des paniers en osier et sont vendus à des antiquaires avec les porte-cierges et les ostensoirs devenus inutiles ; les chasubles sont remisées au fond des placards d’où elles ne sortiront plus que très rarement puisque la nouvelle tenue du célébrant français est désormais l’aube flottante en tergal (dont on se demande encore comment il peut se faire que des prêtres acceptent de la porter tellement elle est d’un mauvais goût accompli qui confère une silhouette proprement grotesque) ; les groupes d’enfants de chœur sont peu à peu supprimés tout comme sont dissoutes les chorales dont le rôle est jugé inutile puisque ce sont maintenant les assemblées qui, au nom de la « participation active » doivent chanter sous la direction d’animateurs liturgiques qui semblent choisis plus pour leurs aptitudes à entrer dans le jeu de tel célébrant s’employant à ignorer les normes liturgiques que pour leurs aptitudes à aider au bon déroulement des célébrations ; tout ce qui permet de s’agenouiller au cours d’une messe, comme le demande le Missel restauré, est supprimé ; l’orgue à tuyaux est concurrencé par un « orgue » électronique permettant l’accompagnement de refrains ou de cantiques composés en toute hâte pour détrôner définitivement les pièces grégoriennes du « propre » et du « commun »… etc.

 

 

Partout se mettent en place de nouvelles façons de célébrer la liturgie. Elles ont toutes en commun d’être plus ou moins tributaires des marottes de prêtres poussés, grâce aux autels « face au peuple », à se comporter comme des « animateurs » de communautés au sein desquelles les sentiments de tel groupe de fidèles l’emportent sur le sens profond de la liturgie. Il arrive même assez souvent que ces nouvelles façons de (mal)traiter la liturgie deviennent l’occasion d’exacerber le narcissisme de certains célébrants, généralement ceux de la génération qui a été privée de véritable formation liturgique : on aboutit alors à cette instrumentalisation systématique de la liturgie dénoncée par le Bx Jean-Paul II dans sa Lettre « Vicesimus quintus annus » pour le 25e anniversaire de la Constitution conciliaire « Sacrosanctum Concilium ». Toutes ces façons de célébrer font perdre à la liturgie son harmonie et son unité : au lieu d’être l’action sacrée par excellence qui possède sa logique interne et son harmonie, elle devient le résultat d’un empilement plus ou moins composite de pratiques calquées sur le schéma du rite originel mais qui ne sont plus véritablement le rite lui-même. La célébration apparaît alors comme fractionnée en éléments plus ou moins disparates, comme composée d’instants sans cohérence capable d’induire une foi réfléchie et, chose absolument insolite, une liturgie mise en œuvre dans le strict respect de ce que demande l’Eglise passera pour « curieuse » ou insolite aux yeux des fidèles désormais habitués à des célébrations aléatoires. Car tel est bien le problème : à force de multiplier des liturgies dysharmonieuses et de permettre que toute célébration puisse être systématiquement agencée selon les goûts des célébrants et des assemblées, une messe dignement et fidèlement célébrée passe aujourd’hui pour une curiosité tandis qu’une messe soumise aux fantaisies d’un célébrant désinvolte passera pour « normale » puisque c’est désormais comme ça qu’est traitée dans la majorité des paroisses de France la liturgie restaurée à la suite de Vatican II. (5) Plus insolite encore : de nombreux prêtres trouvent offensant ou incongru que des fidèles viennent leur demander de célébrer la liturgie en respectant le Missel romain actuel, tellement ils sont convaincus qu’ils respectent cette liturgie et qu’ils sont dans la droite ligne du Concile. Et si un groupe de fidèles demande que pour telle occasion, une messe soit célébrée qui soit respectueuse des normes données par l’Eglise, il lui faudra d’abord trouver un prêtre qui sache célébrer correctement, et ensuite obtenir du curé de la paroisse une autorisation pour qu’une telle messe puisse se faire : l’obtention d’une liturgie simplement « normale » s’apparente donc à un parcours du combattant alors qu’on ne fera aucune difficulté pour un prêtre qui accommode la liturgie à sa façon. Aujourd’hui, donc, la liturgie voulue par Vatican II semble sans arrêt osciller entre une indigence érigée sinon en norme du moins en habitude, et un « kitsch prétentieux » réservé à quelques fêtes paroissiales ou diocésaines ; quant à la mise en œuvre correcte de la liturgie, elle ne se trouve donc plus que très rarement, le mauvais goût semblant être la chose la mieux partagée au sein d’un certain clergé. 

 


betterinlatinLe fait que les fidèles ne soient plus choqués par tant de célébrations approximatives et miséreuses prouve bien qu’ils se sont habitués à ce que le soin porté à la liturgie ne soit plus une priorité, ne soit plus une nécessité ; par exemple, ils ne seront pas heurtés de voir qu’au cours d’une messe de la Fête-Dieu, le célébrant utilise un magnifique ostensoir mais mette les hosties destinées à la communion dans des corbeilles en osier, ou de voir que c’est une simple caisse couverte de tissu qui, utilisée comme autel, symbolise le Christ et est encensée, ou encore que tel évêque puisse se présenter habillé de façon proprement hétéroclite avec une magnifique chape dorée ancienne, une mitre ultra-moderne, une étole quelconque et une grotesque « aube-sac » en tergal portée sans cordon… Pourtant, n’est-ce pas l’accumulation de tant de ces maladresses et fautes de goût qui, ajoutée à la liberté prise par des célébrants peu formés, rend les célébrations si peu fascinantes que beaucoup croient à présent qu’en y ajoutant des gadgets qui n’ont rien à voir avec la liturgie (rondes d’enfants autour de l’autel, agitations de banderoles, animation liturgique, commentaires et explications, chants « qui plaisent »…), elles pourront demeurer attractives ? Les fidèles qui pensent que l’analyse de la situation faite ici est exagérée ou ne correspond pas à la réalité sont vivement invités à lire en détail la « Présentation générale du Missel romain » puis à comparer ce qui y est dit avec les messes qu’ils voient dans leurs paroisses ou même à la télévision et aussi avec les photos de messes trouvées sur les sites internet des paroisses : ils ne pourront que constater qu’un fossé profond sépare les pratiques actuelles de ce que l’Eglise a clairement établi en matière de culte divin.

 

 

Pour clore ces lignes, il reste à voir ce qui se passe dans les diocèses de France. Il apparait que dans chaque diocèse existent des commissions de liturgie ; leur création avait été envisagée par le Concile. Mais celles-ci sont à présent dirigées par des prêtres qui, appartenant à cette génération privée de formation solide, se sont souvent employés à encourager les expériences liturgiques illicites par le biais de publications largement diffusées dans les paroisses grâce aux appuis de maisons d’éditions qui avaient compris rapidement que l’intérêt porté aux questions liturgiques pouvait être lucratif. Ainsi ont été très largement diffusés dans toutes les paroisses des « fiches d’animation liturgique » et des « recueils de chants nouveaux » qui ont rapidement supplanté le Missel romain au point de devenir les seuls objets d’étude au cours de stages organisés pour les « animateurs liturgiques ». Ces derniers devenant alors les relais des prêtres gagnés à l’ecclésiologie nouvelle. Les rouages du « magistère parallèle » sont donc bien huilés ; au point que certains prêtres de la nouvelle génération qui aimeraient pouvoir célébrer la liturgie de l’Eglise en toute liberté n’hésitent plus à parler de « soviets » qui, au sein des diocèses, entravent toute velléité d’obéissance au Magistère et de réelle fidélité aux enseignements conciliaires. Cette situation n’est-elle pas sans porter un nouveau préjudice aux vocations sacerdotales ? Quel jeune, en effet, accepterait d’être prêtre en sachant qu’il devra exercer son ministère et vivre la liturgie eucharistique en étant contraint de sans cesse louvoyer entre les directives diocésaines les plus discutables et les instructions romaines les plus dignes d’être reçues dans un esprit de confiance ?

 

NOTES.
(1) Patrick CHALMEL, Ecône ou Rome ; le choix de Pierre. Ed. Fayard, Paris, 1990.
(2) Jean-Pierre DICKES, La Blessure, Ed. Clovis, Etampes, 1998 ; Cercle Jean XXIII de Nantes, Liturgie et lutte des classes, Ed. de l’Harmattan, Paris.
(3) « Depuis quelque temps, Nous avons donc eu bien des occasions d’évaluer la vitalité du catholicisme français. (...) Nous sommes très conscient, comme vous-mêmes, de réalités préoccupantes, par exemple : le problème des vocations et de la formation au sacerdoce, ici ou là des « liturgies inadmissibles », une apathie spirituelle de prêtres, de religieux et religieuses, une évolution surprenante de tel ou tel mouvement d’action catholique, l’admission, chez des personnalités ou des organismes officiellement catholiques, d’hypothèses ou de pratiques manifestement contraires à la foi ou à l’éthique chrétienne, et Nous avons le courage d’ajouter : un certain « complexe antiromain », selon le titre d’un ouvrage récent. (...) » (Cf. PAUL VI, Discours aux évêques français en visite ad limina, 5 décembre 1977.)
(4) Cardinal Joseph RATZINGER, Entretiens sur la foi, Ed. Fayard, Paris, 1985.
(5) Lorsque le Pape Benoît XVI est venu en France, des évêques ont dû expliquer aux fidèles que les messes que célébrait le Souverain Pontife étaient bien conformes à la liturgie restaurée à la suite de Vatican II.

 

Pro Liturgia

La liturgie romaine offre aujourd’hui de multiples visages. Intégralement respectée dans certains monastères ou quelques communautés religieuses, elle est devenue rarissime dans la majorité des paroisses de l’Europe de l’Ouest où de nombreux célébrants ont désormais pris l’habitude de l’adapter, c’est-à-dire, en réalité, de la modifier selon les circonstances et les goûts : ajouts de commentaires personnels, suppression de prières, ajouts de chants dont les paroles sont étrangères aux textes de la liturgie du jour, rondes d’enfants autour de l’autel, absence de dignité... etc. Au demeurant, les messes retransmises par la télévision française, le dimanche matin, montrent assez clairement que les célébrants - fussent-ils évêques - ne saisissent plus très bien ce que signifie « célébrer la liturgie ». Mais le plus grave est que quelles que soient leurs origines - France, Suisse, Belgique... - les images télévisées présentent toujours des célébrations plus ou moins falsifiées. En France tout particulièrement, la tenue des célébrants laisse ordinairement grandement à désirer ; l’agencement des sanctuaires serait presque partout à revoir ; le service d’autel est soit inexistant soit improvisé ; les « ajouts, omissions, modifications » sont légions ; le chant grégorien n’est plus conservé, dans le meilleur des cas, que comme musique d’ambiance. Quant aux chorales, là où elles existent encore, elles donnent généralement l’impression de ne savoir plus exécuter que des airs qu’on entendait autrefois aux veillées scoutes... 

 

 

 

 

priestLes paroisses où la liturgie est véritablement mise en œuvre avec intelligence, fidélité et dignité, selon les données du missel romain restauré à la suite de Vatican II sont donc rarissimes, contrairement à ce que veulent faire croire les évêques lorsqu’ils prétendent que les messes qui se célèbrent dans leurs diocèses respectifs sont conformes à ce qu’a voulu le Concile. Ce n’est pas même dans les cathédrales de France qu’on trouvera des célébrations eucharistiques dignes de ce nom pouvant servir d’exemples : il y règne le plus souvent des liturgies grandiloquentes qui ne savent plus qu’osciller entre le pompeux et le kitch. Pourtant, le « Cérémonial des Evêques » de 1997 donne des précisions concernant la façon de mettre en valeur la liturgie de l’Eglise. Par exemple : 

 

 

Les vêtements

 

1. « Le vêtement liturgique commun à tous les ministres de quelque degré que ce soit est l’aube, serrée autour des reins par un cordon, à moins qu’elle ne soit confectionnée de manière à s’ajuster au corps même sans cordon. » (cf. n°65). L’aube flottante qu’on voit partout n’est donc pas autorisée. 

 

2. « On mettra un amict avant de revêtir l’aube, si celle-ci ne recouvre pas parfaitement l’habit ordinaire autour du cou. » (Id.) Il n’est donc pas « normal » qu’on puisse voir le col de chemise ou le col romain de celui qui est à l’autel. 

 

3. « Le vêtement propre au prêtre célébrant, pour la messe et les autres actions sacrées en lien direct avec la messe, est la chasuble (...). On doit la revêtir par-dessus l’aube et l’étole. » (cf. n° 66). Célébrer l’Eucharistie sans revêtir la chasuble est donc un abus.

 

4. « Dans la célébration liturgique, l’évêque porte les mêmes vêtements que le prêtre ; mais, dans une célébration solennelle, il convient que, selon l'usage reçu de l’Antiquité, il porte sous la chasuble la dalmatique qui peut toujours être de couleur blanche, en particulier pour les ordinations, la bénédiction d'un abbé ou d’une abbesse, la dédicace d’une église ou d’un autel. » (cf. n° 56). « Les insignes pontificaux que porte l’évêque sont : l’anneau, le bâton pastoral (ou crosse), la mitre, la croix pectorale, et, si le droit le lui reconnaît, le pallium. » (cf. n° 57).

 

 

 

Les livres liturgiques

 

5. « Il faut traiter les livres liturgiques avec soin et respect, puisqu’ils servent à proclamer la parole de Dieu et à exprimer la prière de l’Eglise. Aussi faut-il veiller (...) à disposer des livres liturgiques officiels dans l’édition la plus récente et dans une présentation qui soit belle par la typographie et la reliure. » (cf. n°115). L’édition la plus récente du Missel romain est introuvable en France du fait que les évêques font tout pour en retarder la parution... Quant à la belle présentation des livres liturgiques, on sait que trop souvent elle est ignorée du fait qu’en beaucoup d’endroits on préfère les pochettes plastifiées ou les petits missels jetables.

 

 

 

Le chant

 

6. « Les musiciens observeront les normes concernant notamment la participation du peuple par le chant. Il faut en outre veiller à ce que le chant manifeste le caractère universel des célébrations que préside l’évêque ; il faut donc que les fidèles puissent dire ou chanter ensemble les parties de l’ordinaire de la messe qui leur reviennent, non seulement en langue vivante, mais aussi en latin. » (cf. n° 40). Chanter en latin ? C’est devenu impossible : après avoir interdit le chant grégorien pendant des années, on nous dit maintenant que les fidèles ne savent plus le chanter... 

 

 

L’autel


7. « L’autel de l’église cathédrale sera normalement fixe et dédicacé, [élevé] à une distance du mur qui permette d’en faire facilement le tour et d’y célébrer face au peuple (...) » (cf. n° 48). « On encense l’autel de coups d’encensoir successifs de la manière suivante : a) si l’autel est isolé du mur, l’évêque l’encense en en faisant le tour ; b) si l’autel est placé contre le mur, l’évêque l’encense en passant d’abord le long du côté droit, puis du côté gauche de l’autel.” (cf. n°93). On lit bien : si l’autel est placé contre le mur... ce qui implique la légitimité de la célébration « versus orientem ». Quant à la liturgie épiscopale, elle revêt toujours une grande importance pour l’Eglise : « Les célébrations sacrées que préside l’évêque manifestent (...) le mystère de l’Eglise à qui le Christ se rend présent : elles ne sont donc pas un simple apparat de cérémonies. » (cf. n°12) « Pour que la cérémonie, surtout celle que préside l’évêque, soit remarquable par sa beauté, sa simplicité et son ordonnancement, elle a besoin d’un maître des cérémonies qui la prépare et la dirige (...). Le maître des cérémonies doit être vraiment expert en liturgie, connaître son histoire, son caractère, ses lois et ordonnances; mais il doit pareillement être compétent en pastorale afin de savoir comment organiser les célébrations en vue de favoriser la participation fructueuse du peuple aussi bien que pour donner aux rites toute leur beauté. Il veillera à observer les lois des célébrations sacrées selon leur véritable esprit, ainsi que les traditions légitimes de l’Eglise particulière qui ont une valeur pastorale. » (cf. n°34). Le maître des cérémonies doit être un « expert » en liturgie qui « observe les lois », est-il dit... Or, combien trouve-t-on, parmi les membres des actuelles équipes liturgique paroissiales qui se sont imposées presque partout, d’expert(e)s qui sachent observer les lois de la célébration ? On répondra qu’il ne s’agit là que de détails... Peut-être, aux yeux de certains. Mais ne faut-il pas reconnaitre que lorsque ces « détails » sont respectés, la messe a bien plus d’allure que la majorité des célébrations paroissiales actuelles qui donnent trop souvent l’impression d’avoir été imaginées par des amateurs ou, parfois même, par des incompétents ?

 

 

 

Il convient alors de s’interroger : pourquoi, depuis 50 ans, les données sur la liturgie de Vatican II n’ont-elles trouvé aucun champ d’application dans les diocèses ? Cette question a été posée à plusieurs évêques de France. L’un d’eux nous a donné cette réponse : « (...) une partie de la réponse à la question posée se trouve précisément dans le livre « L’esprit de la Liturgie » du Cardinal Ratzinger. Mais également dans l’allocution prononcée le 26 octobre 2006 par le Cardinal Arinze, alors Préfet de la Congrégation pour le Culte divin et la discipline des Sacrements, à l’occasion du 50ème anniversaire de l’Institut Supérieur de liturgie à Paris. » Ces quelques lignes d’un Evêque français sont éclairantes pour plusieurs raisons : - l’Evêque ne rejette pas la question posée : en y répondant, il donne implicitement la preuve que le problème liturgique évoqué est bien réel ; - l’Evêque renvoie à deux documents : un livre du Cardinal Ratzinger et une conférence du Cardinal Arinze. C’est là, dit-il, qu’on peut trouver « une partie de la réponse » à la question posée au sujet du problème liturgique. Or, que disent les deux Cardinaux cités - dont un est aujourd’hui pape - ? Simplement que bon nombre de problèmes actuels sont le résultat d’une mauvaise formation donnée aux prêtres, et parfois même à une totale absence de formation. Ainsi, dans « L’esprit de la Liturgie », le Cardinal Ratzinger insiste-t-il sur la nécessité d’un parcours éducatif qui devrait porter à rétablir la conscience que la liturgie est un don et non pas une démonstration des capacités humaines, puisque la liturgie, comme la théologie, ne vit pas tant de ce que l’on pense d’elle que de ce que l’on reçoit d’elle. Quant au Cardinal Arinze, il dit clairement que « beaucoup d’abus, dans le domaine de la Liturgie, ont pour origine, non pas la mauvaise volonté, mais l’ignorance (...), la place indue qui est accordée à la spontanéité, ou à la créativité, ou bien une fausse idée de la liberté, ou encore cette erreur qui a pour nom “horizontalisme” et qui consiste à placer l’homme au centre de la célébration liturgique au lieu de porter son attention vers le haut, c’est-à-dire vers le Christ et ses Mystères ». Et, citant le pape Jean-Paul II, il ajoute qu’ « il est urgent que dans les communautés paroissiales, dans les associations et dans les mouvements ecclésiaux on assure des cours appropriés de formation, afin que la Liturgie soit mieux connue dans toute la richesse de son langage et qu’elle soit vécue dans toute sa plénitude ». Enfin, le Cardinal souligne dans son discours que « la promotion de l’ars celebrandi [ne pourra se faire que grâce à] une solide base théologico-liturgique, une formation de qualité dans le domaine de la foi, et le respect du caractère propre de la Liturgie ». Le « manque de formation solide » des prêtres - curés, aumôniers... et même évêques ! - disent les Cardinaux Ratzinger et Arinze : c’est donc là que se trouve une des racines du mal qui ronge actuellement la liturgie et prive tant de fidèles de célébrations qui soient une expression authentique de la foi de l’Eglise.

 

Pro Liturgia

Gloria TV – Quelles sont les raisons de l’hostilité de nombreux milieux ecclésiastiques contre une liturgie que l’Église et de si nombreux saints ont célébré pendant une si longue période et qui a été l’instrument d’un développement spectaculaire de l’Église ? 

Mgr G Pozzo – C’est une question complexe. Je crois qu’il y a de nombreux facteurs qui interviennent pour comprendre pourquoi cette idée préconçue contre la liturgie de la forme extraordinaire est encore si répandue. Il faut bien avoir présent à l’esprit que, pendant de nombreuses années, aucune formation liturgique véritablement adaptée et complète n’a été proposée dans l’Église catholique. On a voulu introduire un principe de rupture, d’éloignement, de détachement radical entre la réforme liturgique proposée, instaurée, et promulguée par le Pape Paul VI et la liturgie traditionnelle. Or, en réalité, les choses sont bien différentes. Il est évident qu’il existe une continuité substantielle dans la liturgie, dans l’histoire de la liturgie. Il y a une croissance, un progrès, un renouvellement mais pas une rupture ou une discontinuité. De fait, cette idée préconçue influe de façon déterminante sur la forma mentis des personnes, des ecclésiastiques comme des fidèles. Il faut parvenir à dépasser ce préjugé. Il faut donner une formation liturgique complète, authentique et bien comprendre, justement, que les livres liturgiques de la réforme de Paul VI sont une chose et que les mises en œuvre qui en ont été faites dans bien des parties du monde catholique en sont une autre. Dans la pratique, ces mises en œuvre sont d’authentiques abus envers la réforme de Paul VI et contiennent même des erreurs doctrinales qui doivent être corrigées et rejetées. C’est ce que le Saint-Père Benoît XVI a tenu à rappeler encore une fois, à la fin du printemps dernier, lors de son discours à Saint-Anselme [siège de l’Institut liturgique pontifical, NDLR] : les livres liturgiques de la réforme sont une chose mais les mises en œuvre concrètes qui en ont découlé malheureusement en tant d’endroits du monde en sont une autre. Celles-ci, en effet, ne sont pas cohérentes avec les principes qui avaient été fixés et explicités par Sacrosanctum Concilium elle-même, la Constitution sur la divine liturgie du concile Vatican II. 

 

 

Gloria TV – Avant de faire partie d’Ecclesia Dei, avez-vous eu des expériences personnelles avec la messe traditionnelle ? Comment avez-vous vécu les changements liturgiques dans les années soixante ? 

Mgr G Pozzo – Je vois là deux questions. Pour répondre à la première : avant le Motu Proprio Summorum Pontificum de 2007, je n’ai eu aucun contact avec la célébration de la messe selon l’ancien rite. J’ai commencé à célébrer la messe selon la forme extraordinaire justement avec le Motu Proprio Summorum Pontificum, qui a permis que cette messe puisse être célébrée sous cette forme. Comment ai-je vécu les changements dans les années 60 et 70 ? En fait, je dois dire que – conformément à la formation et à la préparation reçues de mes éducateurs au séminaire et, surtout, de mes professeurs de théologie à l’Université Grégorienne – j’ai toujours cherché à comprendre ce que le magistère proposait à travers la lecture de ses textes et non pas à travers ce que les théologiens ou une certaine vulgate catholique attribuait au magistère même. Donc, je n’ai jamais eu de problèmes à accepter la messe de la réforme liturgique de Paul VI mais je me suis rendu compte immédiatement que, à cause de ce grand désordre qui s’est introduit dans l’Église après 1968, celle-ci avait été déformée et était célébrée absolument à l’inverse des intentions profondes du législateur, c’est à dire du Souverain Pontife. De fait, ce désordre, cet effondrement de la liturgie dont a parlé, dans certains de ses livres et dans certaines de ses publications sur la liturgie, celui qui, à l’époque, était le cardinal Ratzinger, je l’ai expérimenté pour ma part de manière assez directe et j’ai toujours tenu à bien séparer les deux choses : d’une part les rites, les textes du Missel ; de l’autre, la façon dont la liturgie est, ou a été, célébrée en tant de circonstances et de lieux, surtout quand elle l’est sur la base du principe de créativité, une créativité sauvage qui n’a rien à faire avec l’Esprit Saint voire, dirais-je, qui est même exactement le contraire de ce que veut l’Esprit Saint. 

 

 

Gloria TV – Pourquoi cela vaut-il la peine de promouvoir la messe traditionnelle ? 

Mgr G Pozzo – Parce que, dans l’ancienne messe, sont explicités, mis en évidence, certains aspects fondamentaux de la liturgie qui méritent d’être conservés. Je ne parle pas seulement de la langue latine ou du chant grégorien. Je parle du sens du mystère, du sacré, du sens du sacrifice, de la messe comme sacrifice, de la présence réelle et substantielle du Christ dans l’Eucharistie, et du fait qu’elle offre de grands moments de recueillement intérieur qui sont comme une participation intérieure à la divine liturgie : oui, voilà tous les éléments fondamentaux qui sont particulièrement mis en évidence dans la messe traditionnelle. Je ne dis pas que ces éléments n’existent pas dans la messe de Paul VI. Je dis qu’ils sont plus largement manifestés dans la forme extraordinaire et que cela peut enrichir également ceux qui célèbrent, ou qui participent, à la messe dans la forme ordinaire. Rien n’interdit de penser qu’à l’avenir on pourrait arriver à une réunification des deux formes avec des éléments qui s’intègrent les uns aux autres, mais il ne s’agit pas là d’un objectif à atteindre à court terme et certainement pas par une décision prise sur le papier. Cela demande une maturation de tout le peuple chrétien, afin que tous comprennent les deux formes liturgiques de l’unique rite romain". 

 

 

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