L'âme chrétienne est l'Épouse du Cantique, mais est analogue de la Cité Sainte en laquelle elle habite et dont l'Époux est aussi le sien, l'âme chrétienne par excellence, l'Épouse privilégiée, étant Marie. Plus chacun de nous devient une personne dont Marie est le modèle, plus nous devenons capables de devenir demeure de Dieu, habitable par Lui car n'envisageant plus la vie comme une provision de biens ; plus nous sommes l'Église, plus l'Église est elle-même. En contemplant Marie, l'Église se conforme toujours plus à son Époux. « Totalement dépendante de Dieu et tout orientée vers Lui par l'élan de sa foi, Marie est, aux côtés de son Fils, l'icône la plus parfaite de la liberté et de la libération de l'humanité et du cosmos. C'est vers elle que l'Église, dont elle est la Mère et le modèle, doit regarder pour comprendre dans son intégralité le sens de sa mission » (Congrégation pour la Doctrine de la Foi, "Instruction sur la liberté chrétienne et la libération", 97). Marie, Mère des croyants, pauvre parmi les pauvres de Yahvé, est une bénédiction, par laquelle sont bénies « toutes les générations de la terre » (Gn 12, 3).

 

Marie est véritablement le miroir de l'Église. Dans la contemplation de sa personne nous découvrons la mesure de l'être de l'Église, de ce qu'elle doit être, de ce que nous devons être : le rôle de l'Église est bien de devenir la demeure de Dieu dans le monde, et cela ne se fera pas sans notre liberté. L'Église est faite de pécheurs, et Saint Augustin insista sur la nécessité pour l'Église de prier chaque jour le « pardonne-nous nos offenses ». Pour être digne de sa tâche, elle lève les yeux vers le Seigneur, et vers son propre archétype, Marie, membre de l'Église et Mère virginale du Christ. En elle resplendit la joie du salut, elle est occasion de se réjouir de cette grâce (Rappelons que le grec "charis" a la même racine que "chairein", se réjouir) dont elle et nous ses enfants sommes pleins. Comme Marie, magnifions le Seigneur, donnons-lui de l'espace en nos vies pour qu'il soit davantage présent en nous et dans le monde.

 

Terminons par un passage de Saint Bernard, que l'on peut s'appliquer, hic et nunc : « Ô Vierge, donne vite une réponse ; ô Notre-Dame, dis la parole que la terre, les enfers, que les cieux mêmes attendent. Autant le Roi et Seigneur de tous a désiré lui-même ta beauté, autant désire-t-il aussi le consentement de ta réponse. Pourquoi tarder ? Pourquoi craindre ? Voici que "le Désiré de toutes les nations" est dehors et frappe à la porte. Oh ! Si tandis que tu tardes, s'il allait s'en aller ! Lève-toi, cours, ouvre-lui ! Lève-toi par la foi, cours par ta ferveur et ouvre-lui par ton engagement ! ». (In laudibus Virginis Matris, Hom. IV 8).

 

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Le mystère marial est le "nexus mysteriorum", le lien intérieur des mystères dans leur face à face et leur unité, lien aussi d'Israël et de l'Église, de l'Ancien Testament et du Nouveau. Il fixe la correspondance humaine à la réalité du Verbe incarné. En ce sens Marie est bien « victorieuse de toutes les hérésies », Sceptre de l'orthodoxie par sa foi pure qui est celle de l'Église vierge de toute souillure. L'élément marial est principe d'incarnation et de personnalisation de la théologie, l'empêche de réifier les mystères, lui évite dessèchement et sentimentalisme en unifiant, en l'Église parfaite adoratrice à la suite de Marie - l'Église ne rend aucune louange au Christ sans s'unir à Marie -, rationalité théologique et affectivité croyante. Il nous ramène au visage concret de Dieu, à ses manifestations dans Ses relations avec les hommes. Elle nous ramène à la Maternité Divine. Il est impossible de détacher le Christ et Sa mère, comme non plus le Christ et Son Église, sous peine de le transformer en aérolithe abstrait, non incarné dans la tradition passée et future des hommes. Les mystères de l'Église et de Marie sont garanties du sérieux de l'Incarnation, sont le témoignage du dessein de Dieu qui veut associer la créature à l'œuvre de son salut, qui veut qu'en vertu de sa grâce qui crée sa liberté elle coopère à la grâce.

 

La mariologie est la garantie de l'autonomie de la création, l'antonomase de la collaboration de la créature à l'action divine. La Création est appelée à une réponse libre et (relativement) autonome, conformément à l'exigence divine d'un Royaume intérieur. La femme dans sa virginité est ici la figure parfaite, normative, de la création et de sa réponse féminine recevant la sagesse et la faisant fructifier. L'Église qui répond à l'appel de Dieu et qui intercède est figurée dans le mot de « femme » appliqué à Marie à Cana et au pied de la Croix. La piété mariale a un caractère d'Avent, remplie de la joie de l'attente déjà exaucée, de la gloire promise déjà accordée, et d'une façon exceptionnelle, à Marie. Mais, Mère des croyants, elle nous reconduit à l'épreuve de la foi, à la Croix. La mariologie aide à retrouver une saine anthropologie, ne réifiant pas le biologique (pour y réduire la vérité de l'homme ou s'en détacher, ce qui est mépriser le plus profond de soi-même - « Lorsque le biologique est soustrait à l'humanité, l'humanité elle-même est niée », Joseph Cardinal Ratzinger, Marie Mère de l'Église) ni le rationnel, mais retrouvant leur intégration dans le théologique. Dans le juste rapport de l'homme et de la femme, dépositaire du mystère de la vie, apparaît la Vérité sur Dieu, l'homme, leurs relations.

 

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Dans le cadre de cet enfantement féminin, le ministère masculin lui a été donné pour représenter son Seigneur et Époux, et lui garder cette attitude de dépendance féminine et d'impeccabilité virginale, pour éviter de se croire disponible et possessive d'elle-même (« D'un certain point de vue, l'Église est de structure matriarcale, et seulement secondairement de structure patriarcale, bien qu’appliquées en ce cas, ces catégories sociologiques soient inadéquates. Nous les utilisons ici parce qu'une aspiration de la femme au ministère ecclésial ne peut provenir que d'une méconnaissance de sa propre dignité dans l'Église, méconnaissance qui nivelle le mystère de la sexualité, au lieu de la rapporter à sa tension ouverte et accomplie, et à sa fécondité.» (Hans Urs von Balthasar, Le caractère marial de l'Église). Saint Joseph fut, dans l'iconographie paléochrétienne, doté d'un bâton fleuri le désignant comme grand prêtre, archétype de l'évêque chrétien qui gère et garde le sanctuaire. A lui est confiée l'Épouse. La catholicité de l'Église vit de deux principes, marial et pétrinien, saintetés subjective et objective. Ministère examinant les charismes à partir de leur catholicité, conscience vivante de l'origine par rattachement héréditaire, autorité vécue comme pur service, et sainteté qui a pouvoir et devoir d'inspirer et de critiquer le ministère dans l'écoute, principe de toute fécondité de l'obéissance. Ces deux services surnaturellement féconds se complètent, intérieurement conformes à la vie du Christ.

 

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Marie nous rappelle, face à l'élément masculin, sociologique, du Peuple de Dieu, que l'Église est féminine, mystère, plus que peuple, structure et action. En elle vit le mystère de la maternité et de l'amour conjugal qui la rend possible. Là peuvent s'épanouir la piété ecclésiale, l'amour pour l'Église. L'Église n'est pas qu'organisation, elle est organisme du Christ, ne devient peuple que par la médiation de la christologie, dans l'Eucharistie. Il ne s'agit pas de christomonisme (Absorption de l'Église et de la créature croyante dans la christologie, Solus Christus mal compris), mais du Christ total, tête et corps, qui ne sont « qu'une seule chair » (Gn 2, 24, 1 Co 6, 17), comme Jésus est chair de la chair de Marie. Rappeler la féminité de l'Église, c'est rappeler qu'elle n'est ni par ni pour elle-même, que, tout comme nous sommes redevables d'elle notre Mère pour la foi et les sacrements du Christ, elle ne nous les donne que parce qu'elle les reçoit. L'Église est féminine « parce qu'elle se reconnaît redevable de ce qu'elle a reçu et transmet à son tour » (Hans Urs von Balthasar, Caractère marial de l'Église, in Marie, première Église, p.144).

 

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La mariologie rappelle qu'en la faiblesse et la discrétion réside la force de Dieu : « plus un homme est remis à Dieu est enfoui en Dieu, plus Dieu, quand il le veut, peut le mettre en lumière dans sa personnalité propre » (Hans Urs von Balthasar, ibid, cf. 2 Co 12 10). Contre la prévalence du principe masculin du faire, contre l'activisme et une ecclésiologie exclusivement structurelle qui ramènerait l'Église à un programme d'action (et le christianisme à un programme - Jésus objectivé), rappelons-nous que l'Église n'est pas un produit de notre fabrication, mais la semence vivante de Dieu qui croît et mûrit. En faisant tout dépendre de notre propre pouvoir, en réformant sans cesse pour une plus grande efficacité, d'après les besoins et les modèles du temps, nous risquons d'oublier l'archétype et de sombrer dans la mondanité spirituelle, visant la perfection spirituelle et morale de l'homme, non la gloire du Seigneur. Tel est le drame de notre rapport avec l'Église, que nous traitons comme un produit technique, à fabriquer par dépense d'énergies. La vénération de Marie nous éclaire sur la nature de l'Église, comme réalité intérieure, union intime, sponsale, de la créature avec son Seigneur, qui accomplit par la foi l'espoir de divinisation.

 

L'Église a besoin du mystère marial, pour être elle-même, car elle est mystère marial. Ce n'est que si nous nous plaçons sous ce signe, si nous accueillons ce symbole de la terre féconde, du jardin-paradis, que nous laisserons en nous, dans la profondeur de la prière, rassemblés vers l'intérieur, de la place pour une croissance, et alors, l'Église sera féconde. La passivité n'est qu'apparente puisque face à Dieu, recevoir et laisser faire sont actes suprêmes. Continuons pour cela de chanter le Magnificat, dans l'Église qui demeure la Servante du Seigneur. « À l'égard du concept d'Église, une mariologie correctement comprise exerce une double fonction de clarification et d'approfondissement », pour éviter à la fois idolâtrie et masculinisme. « L'Église est le corps, la chair du Christ dans la tension spirituelle de l'amour, où s'accomplit le mystère conjugal d'Adam et d'Ève, donc dans le dynamisme d'une unité, qui ne supprime pas le face à face. Le mystère eucharistique et christologique de l'Église Corps du Christ ne garde sa juste mesure que s'il inclut le mystère marial ». (Joseph Cardinal Ratzinger, Marie, Mère de l'Église, in Marie, première Église).

 

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La Vierge, « la plus authentique forme de l'imitation parfaite du Christ » (Paul VI, 21 novembre 1964), nous apprend ce qu'est que la vie avec et pour le Christ, l'accueil de la volonté du Père, la proximité intérieure parfaite qui n'exclut pas l'obscurité de la foi. La foi parfaite de Marie peut nous aider à vivre la nôtre : le Christ, à douze ans à Jérusalem, aux noces de Cana, surprend Marie, l'étonne. Elle répond par une disponibilité renouvelée : « Faites ce qu'il vous dira ». La joie de la grâce mène à l'audace de la foi, malgré l'épreuve à laquelle Dieu soumet Ses saints. Toute spiritualité doit comprendre cette disponibilité sans restriction, cette patience qui est « sensibilité intérieure au mystère caché de l'heure » (Cardinal Ratzinger), qui par la grâce transmise par l'Église prolonge celle de Marie. L'âme fidèle, chrétienne, appelée à prendre la forme de l'Église, l'anima ecclesiastica, est réalisée suréminemment en l'âme de Marie. Chaque âme est aimée d'un amour singulier, mais aucune n'est aimée séparément : « Vous êtes comme une vierge pure que j'ai promise en mariage à un seul époux, qui est le Christ » (2 Co 11, 2). La présence maternelle de Marie, dans la mystique, est un rôle d'unification entre l'âme et Jésus. Unie au Christ « par un lien étroit et indissoluble », elle qui « réunit en elle et reflète pour ainsi dire les données les plus élevées de la foi », (Lumen Gentium 53-65), nous apprend comment nous pouvons devenir terre féconde pour la Parole de Dieu, recevoir la grâce pour la répandre autour de nous.

 

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De même que Marie est auxiliatrice et médiatrice, l'Église est dispensatrice de salut. Pour Marie comme pour l'Église, « ni la gratuité de l'initiative divine ni la transcendance de l'action divine n'ont rien à souffrir d'une économie salutaire qui fut instituée par Dieu même » (Cardinal de Lubac, ibid). Il n'y a point de mérite co-rédempteur qui ne serait pas en entière dépendance du mérite rédempteur de Jésus-Christ. Une piété mariale catholique est orientée christologiquement et ecclésiologiquement, ouvre sur toute l'ampleur du mystère, est voie sur cette ampleur. Le dogme marial n'a de consistance et de vérité que dans son rapport à l'ensemble du dogme chrétien, dépendant du mystère du Christ et étroitement corrélé au mystère de l'Église, qui complète celui de Marie en périchorèse, selon Scheeben.

La médiation de Jésus-Christ n'est pas exclusive mais inclusive, rend possible des modes de participation, dans la communion des hommes solidaires en face de Dieu. Cependant, si elle est sur le plan de la participation de toute créature, la médiation de Marie revêt un caractère exceptionnel, dépassant fondamentalement le mode possible à tout être humain, à toute créature. Sa médiation maternelle enfante continûment de nouveaux membres du Christ dans le monde, hommes nouveaux nés de Dieu (cf. Jean 1, 13, qui lie la naissance du Christ et la nouvelle naissance des baptisés). Celle-ci se prolonge dans la maternité de l'Église, comme l'indique Luc 8, 20, 11, 28 : cette maternité réside dans l'écoute, le recueil et l'application de la Parole. Marie « continue au ciel son rôle maternel à l'égard des membres de l'Église, en coopérant à la naissance et au développement de la vie divine dans les âmes des rachetés », comme le confirme le « Voici ta mère », et, présente au milieu de la communauté à la naissance de l'Église, prolonge l'Incarnation du Christ et donne à l'Église sa personnalité maternelle. C'est sa parfaite et totale dépendance à Dieu qui fait sa gloire. À cette Mère miséricordieuse, le peuple chrétien demande spontanément secours (+), car elle désire que se manifeste la puissance messianique de son fils, étend son manteau de grâce et de sollicitude sur l'humanité, sur « tous ceux qui sont sans recours » (Hymne acathiste), sur qui s'étend la volonté divine de salut, et l'exigence de l'action apostolique, de l'offrande de la souffrance de l'Église offerte pour le monde entier.

 

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Dans la foi de Marie « s'est rouvert en l'homme l'espace intérieur dans lequel le Père éternel peut nous combler de toutes sortes de bénédictions spirituelles : l'espace de l'Alliance nouvelle et éternelle » (Redemptoris Mater N°28). « Sous l'abri de ta miséricorde, nous nous réfugions, Sainte Mère de Dieu. Ne méprise pas nos prières quand nous sommes dans l'épreuve » (Sub Tuum Præsidium). Marie, en piéta ou en Notre-Dame de Consolation, est le reflet palpable de la compassion de Dieu, qui souffre dans Ses entrailles. La médiation de Marie est service en dépendance, est médiation participée, sous la forme de l'intercession, qui, comme celle de chacun de nous, bien qu'extraordinaire, dépend et tire sa vertu de celle du Christ. La médiation de la Vierge, annoncée à Cana, « naît du bon plaisir de Dieu et découle de la surabondance des mérites du Christ » (Lumen Gentium N°60) toute influence salutaire de Marie a sa source purement gratuite en Dieu.

 

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L'Assomption est la promesse et l'anticipation du propre triomphe de l'Église, de la transfiguration du cosmos, l'aube de la création nouvelle. En Marie, totalement et sans partage dans l'accomplissement eschatologique, est la plénitude de la signification du mot « saint ». Son Assomption aide à comprendre la transcendance eschatologique de l'Incarnation, car ici la chair est définitivement assumée par la divinité. En Marie, victorieuse du mal, l'humanité est déjà sauvée. « Mère du Fils de Dieu et, par conséquent, la fille de prédilection du Père et le sanctuaire du Saint-Esprit ; par le don de cette grâce suprême, elle dépasse de loin toutes les autres créatures dans le ciel et sur la terre ». En servant Dieu, Marie a atteint cet état de liberté royale propre aux disciples du Christ, « la gloire de servir ne cesse d'être son exaltation royale ». Au dessus de toute créature, « elle fut exaltée par le Seigneur comme Reine de l'univers afin de ressembler plus parfaitement à son Fils, Seigneur des seigneurs et vainqueur du péché et de la mort » (Lumen Gentium, N°53-59 ; Redemptoris Mater N°41). Elle est la première réponse de la Création sauvée, sous la forme de la Fiancée.

 

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En Marie, centre et pointe de l'Église, lit nuptial du Christ et de la Sainte Église, celle-ci est dès maintenant l'Épouse sans tache ni ride, l'Immaculata. Comme promis à Ève, c'est la progéniture de Marie, son Fils d'abord, les croyants qu'elle engendre dans l'Église ensuite, qui frappe le serpent à la tête. Marie devant qui « l'Ennemi est frappé de terreur », devant qui les anges s'inclinent, est signe d'espérance certaine et réalisée. « Aurore du Soleil levant », « la première des merveilles du Christ Sauveur » (Hymne acathiste), « le fruit le plus beau de l'œuvre rédemptrice de son Fils » (Rahner), Marie, qui n'avait pas le moindre besoin de la Rédemption, fut rachetée la première, d'une manière plus sublime. « Fille de son Fils », Mère de son Créateur, elle « reçoit la vie de Celui auquel elle-même, dans l'ordre de la génération terrestre, donna la vie comme mère » (Dans la bouche de Saint Bernard, in Dante, Le Paradis, XXXIII, 1; Redemptoris Mater, 10).  Le oui total, cette ouverture ingénue de Marie à la grâce est déjà permis par la grâce, qui l'a enveloppée totalement dès sa naissance, cette grâce qui ne supprime pas la liberté mais la crée.

 

Espérance de toute guérison, « l'Immaculée Conception est donc l'aube prometteuse du jour radieux du Christ, qui, par sa mort et sa résurrection, rétablira l'harmonie complète entre Dieu et l'humanité » (Jean-Paul II, Message pour la journée des malades, 2004). « L'enseignement sur l'Immaculée est finalement l'expression de la certitude de foi que la Sainte Église existe vraiment comme personne et en personne », l'expression de la certitude de l'Église sur le salut, il « atteste que la grâce de Dieu est suffisamment puissante pour susciter une réponse » (Joseph Cardinal Ratzinger, La Fille de Sion, Parole et Silence, 2002, p. 79). Seule l'Ecclesia Immaculata peut saisir toute la grâce offerte dans un sacrement : derrière nos réceptions souvent défaillantes, il y a ce oui parfait ; dans nos tentatives d'union au sacrifice du Christ, il y a le geste d'offrande de Marie : « Ne regarde pas nos péchés, mais la foi de ton Église ». Derrière nos confessions qui ne peuvent découvrir les recoins les plus secrets de nos âmes, « se tient l'Église archétypique avec sa transparence parfaite devant Dieu ». (Hans Urs von Balthasar, ibid. p.115).

 

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