« Le Bienheureux Pierre, premier entre les Apôtres, et qui aima le Christ véhémentement, eut le bonheur de s'entendre dire : « Et moi je te dis : Tu es Pierre. Car l'apôtre avait déclaré : Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant. » Et le Christ répond : « Et moi, je te dis que tu es Pierre, et que sur cette pierre j'édifierai mon Eglise » : sur cette pierre, j'édifierai la foi que tu confesses. Sur cette parole que tu as dite, « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant », j'édifierai mon Eglise. Car toi, tu es Pierre. Pierre tient son nom de la pierre, et ce n'est pas de Pierre que la pierre tire son nom. Pierre vient de la pierre, se réfère à la pierre, comme le chrétien vient du Christ et se réfère au Christ. Ecoute Paul : « Car, frères, je ne veux pas que vous l'ignoriez : nos pères furent tous sous la nuée, tous ils traversèrent la mer, et tous, au temps de Moïse, ils furent baptisés dans la nuée et dans la mer ; et tous ils mangèrent la même nourriture spirituelle, et tous ils burent le même breuvage spirituel : car ils buvaient de la pierre spirituelle qui les accompagnait, et la pierre était le Christ. » Voilà d'où est Pierre. Avant Sa Passion, le Seigneur Jésus, comme vous le savez, choisit et appela ses disciples, ses Apôtres. Parmi eux, presque partout, Pierre reçoit cette grâce de représenter à lui seul la personne de toute l'Eglise. A cause de cette personne de toute l'Eglise, qu'il représentait à lui seul, il eut ce bonheur d'entendre : « A toi je donnerai les clés du royaume des cieux. » Car ces clés, ce n'est pas un seul homme, mais c'est l'unité de l'Eglise, qui les a reçues. Et nous célébrons la Primauté de Pierre précisément parce qu'il représentait toute l'universalité et l'unité de l'Eglise quand le Seigneur lui dit : « A toi, je donnerai » ce pouvoir que, de fait, il donna à tous. Et écoutez ce que le Seigneur dit à tous les Apôtres dans un autre passage de l'Evangile : « Recevez l'Esprit-Saint. Si vous remettez les péchés à quelqu'un, ils lui seront remis ; si vous les retenez, ils seront retenus. » Ceci relève du pouvoir des clés, dont il a été dit : « Ce que vous délierez sur la terre sera délié aussi dans le ciel, et ce que vous lierez sur la terre sera lié aussi dans le ciel. » Mais pour que tous sachent que pierre représentait la personne de toute l'Eglise, comparons ce qui est dit à lui seul et ce qui est dit à tous les fidèles : « Si ton frère a péché contre toi, corrige-le entre toi et lui seul ; s'il t'écoute, tu as gagné ton frère, S'il ne t'écoute pas, prends encore avec toi un ou deux autres, pour que toute l'affaire soit établie sur la parole de deux ou trois témoins. S'il ne les écoute pas non plus, dis-le à l'Eglise ; et s'il n'écoute pas même l'Eglise, qu'il te soit comme un païen et un publicain. Amen je vous le dis : ce que vous lierez sur la terre sera lié dans le ciel, et ce que vous délierez sur la terre sera délié dans le ciel. » C'est la colombe qui lie, et c'est la colombe qui délie : l'Edifice fondé sur la pierre lie et délie.
 
C'est d'abord la force de l'Eglise qui est célébrée en Pierre, parce qu'il suivit le Seigneur allant à sa Passion ; mais une certaine infirmité de l'Eglise est aussi mentionnée, car, interrogé par une servante, il renia le Seigneur. Cet Apôtre qui aimait tant le Seigneur, le renia soudain : il se retrouva lui-même, parce qu'il avait trop présumé de lui-même. Il avait déclaré, en effet : « Seigneur, j'irai avec toi jusqu'à la mort ; et s'il faut que je meure, je donne ma vie pour toi. » et le Seigneur répondit à ce présomptueux : « Tu donneras ta vie pour moi ? En vérité je te le dis : avant le chant du coq, tu m'auras renié trois fois. » Ce que le médecin avait prédit, arriva ; ce que le malade avait présumé, ne pouvait arriver. Mais ensuite ? Voici ce qui est écrit, voici ce que dit l'Evangile : « Le Seigneur le regarda ; et Pierre sortit dehors, et pleura amèrement. » Sortir dehors, cela veut dire ici : confesser sa faute publiquement. Il pleura amèrement, parce qu'il savait aimer. La douceur de l'amour suivit, parce que l'amertume de la douleur avait précédé. C'est pour la même et bonne raison qu'après sa Résurrection, le Seigneur a confié ses brebis à Pierre nommément ; car Pierre ne fut pas le seul à paître les brebis du Seigneur : mais quand le Christ parle à un seul, c'est l'unité qui est recommandée, et confiée d'abord à Pierre parce que Pierre a la primauté parmi les Apôtres. « Simon, fils de Jean, m'aimes-tu ? » Il répond : « J'aime. » Interrogé une seconde fois, il répond la même chose. Interrogé une troisième fois, il s'attriste : n'a-t-on pas confiance en lui ? Mais comment n'aurait-il pas eu confiance en lui, celui qui voyait son cœur ! Après cet instant de tristesse, Pierre répond : « Seigneur, tu sais tout, tu sais que je t'aime. » Sachant tout, tu ne peux pas ignorer cela. Ne sois pas triste, ô Apôtre ! Réponds une fois, réponds deux fois, réponds trois fois. Que ta confession soit trois fois victorieuse dan l'amour puisque te présomption a été trois fois vaincue dans la peur. Ce que tu avais lié trois fois doit être délié trois fois. Délie par amour ce que tu avais lié par peur. Et le Seigneur confie ses brebis à Pierre une fois, deux fois, trois fois.
 
Saint Augustin, Sermon CCLXXXV

Une petite anecdote patristique…

 
 
 
 
On raconte que Saint Augustin, Evêque d'Hippone, en Afrique du Nord, se promenait un jour au bord de la mer, absorbé par une profonde réflexion : il cherchait à comprendre le mystère de la Sainte Trinité. Il aperçoit tout à coup un jeune enfant fort occupé, allant et venant sans cesse du rivage à la mer : cet enfant avait creusé dans le sable un petit bassin et allait chercher de l'eau avec un coquillage pour la verser dans son trou. Le manège de cet enfant intrigue l'Evêque qui lui demande :
 
- Que fais-tu là ?
- Je veux mettre toute l'eau de la mer dans mon trou.
- Mais, mon petit, ce n'est pas possible ! reprend Augustin. La mer est si grande, et ton bassin est si petit !
- C'est vrai, dit l'enfant. Mais j'aurai pourtant mis toute l'eau de la mer dans mon trou avant que vous n'ayez compris le mystère de la Sainte Trinité.
 
Sur ces paroles, l'enfant disparait. Augustin réalise alors que c'est un ange qui a pris cette forme pour lui faire comprendre qu'il y a des mystères, c'est-à-dire des Vérités Divines, que l'esprit limité de l'homme ne pourra jamais arriver à comprendre dans leur totalité.

« Toutes les merveilles, mes bien-aimés, que le Seigneur Jésus-Christ revêtu de notre faiblesse a faites en ce monde, nous sont profitables. En transportant la nature humaine dans les cieux, il a montré que le ciel peut s’ouvrir aux croyants; et en élevant aux régions célestes le vainqueur de la mort, il a montré aux vainqueurs où ils devaient le suivre. L’Ascension du Seigneur a donc été la confirmation de la foi catholique, en nous permettant de croire en sécurité pour l’avenir au don futur; nous attendons la faveur de ce miracle, dont nous avons déjà perçu l’effet présentement. Que chaque fidèle, après avoir déjà vu de si grandes choses, apprenne, par ce qu’il voit réalisé, à espérer les choses promises, regardant la bonté passée et présente de son Dieu comme un gage des biens futurs. Un corps formé de terre est donc placé au sommet des cieux; des ossements enfermés peu auparavant dans les limites étroites d’un sépulcre sont transportés dans l’assemblée des Anges: une nature mortelle pénètre dans le sein de l’immortalité; ainsi l’atteste le récit sacré du texte apostolique : « Et quand il eut dit ces paroles, ils le virent s’élever ». En entendant ce mot élevé, reconnais l’hommage de la milice céleste; c’est pourquoi la fête de ce jour nous a manifesté les mystères de l’homme et de Dieu. Sous une seule et même personne, reconnais, dans celui qui élève, la divine puissance, et dans celui qui est élevé, la substance humaine. Il faut donc détester de toute façon le venin de cette erreur orientale qui, par une nouveauté impie, ose affirmer que le Fils de Dieu et le fils de l’homme sont d’une seule et même nature. Car, dans l’un et l’autre cas, ou celui qui dira que le Christ a été seulement homme niera la gloire du Créateur, ou celui qui dira qu’il est seulement Dieu niera la miséricorde du Rédempteur. De cette façon, il ne sera pas facile pour un Arien, de comprendre la vérité de l’Évangile, où nous lisons que le Fils de Dieu lui est tantôt égal, tantôt inférieur. Car celui qui, en vertu d’une conviction qui lui est mortelle, croira que le Sauveur est d’une seule nature sera obligé de dire que le crucifié était seulement homme ou seulement Dieu. Mais il n’en est pas ainsi. Car, n’étant que Dieu, le Christ n’aurait pu souffrir la mort, et n’étant qu’homme, il n’aurait pu la vaincre ».

 

Sermon de Saint Augustin, évêque (Sermon 176 de l’Appendice: PL 39, 2081) 

« Considérons, mes frères bien-aimés, que nous avons renoncé au monde, et que nous sommes sur la terre comme des étrangers et des voyageurs. Saluons le jour qui assigne à chacun son domicile véritable, le jour qui nous délivre des liens de cette vie pour nous rendre au Paradis et au royaume céleste. Qui donc, vivant sur la terre étrangère, ne se hâterait de revenir vers sa patrie ? Quel homme, traversant les mers pour rejoindre sa famille, ne désirerait un vent favorable pour embrasser plus tôt ces êtres si chers ? Notre patrie, c'est le ciel : là se trouvent nos ancêtres, c'est-à-dire, les patriarches; pourquoi ne pas nous hâter de jouir de leur vue ? Là nous attendent ceux qui nous sont chers : nos pères, nos frères, nos fils, l'assemblée entière des bienheureux, assurée de son immortalité, mais inquiète de notre salut. Quel bonheur pour eux et pour nous de se rencontrer, de se réunir de nouveau ! Quelle volupté d’habiter le royaume céleste sans craindre de mourir et avec la certitude de vivre éternellement ! Peut-il exister une félicité plus complète ? Là, se trouve l’assemblée glorieuse des apôtres, le chœur des prophètes, le peuple innombrable des martyrs victorieux dans les combats et dans la souffrance. Là sont les vierges triomphantes qui ont soumis aux lois de la chasteté le concupiscence de la chair. Là sont les miséricordieux qui ont distribué aux pauvres d’abondantes aumônes et qui, selon le précepte du Seigneur, ont transporté leur patrimoine terrestre dans les trésors du Ciel. Hâtons-nous, mes frères, de nous joindre à cette auguste assemblée; souhaitons d’être bientôt avec eux en présence du Christ. Que cette pensée soit connue de Dieu; que le Christ, notre maître, la trouve gravée dans nos cœurs. Plus nos désirs seront ardents, et plus la récompense qu’il nous destine sera abondante ».


Saint Cyprien de Carthage, Père de l'Eglise - De la mortalité 
« Neuf mois étant accomplis, Anne mit au monde une fille et l'appela du Nom de Marie. Quand elle l'eut sevrée, la troisième année, Joachim et elle se rendirent au Temple du Seigneur et, ayant offert au Seigneur des victimes, ils présentèrent leur petite fille Marie pour qu'elle habitât avec les vierges qui, nuit et jour, sans cesse, louaient Dieu. Quand elle eut été amenée devant le Temple du Seigneur, Marie gravit en courant les quinze marches sans se retourner pour regarder en arrière et sans regarder ses parents comme le font les petits enfants. Et cela frappa d'étonnement toute l'assistance, au point que les prêtres du Temple eux-mêmes étaient dans l'admiration.
 
Puisque la Vierge Marie devait naître d'Anne, la nature n'a pas osé devancer le germe béni de la grâce. Elle est restée sans fruit jusqu'à ce que la grâce eût porté le sien. En effet il s'agissait de la naissance, non d'un enfant ordinaire, mais de cette première-née d'où allait naître le premier-né de toute créature, en qui subsistent toutes chose. O bienheureux couple, Joachim et Anne ! Toute la création vous doit de la reconnaissance, car c'est en vous et par vous qu'elle offre au créateur le don qui surpasse tous les dons, je veux dire la chaste Mère qui était seule digne du Créateur.
 
Aujourd'hui sort de la souche de Jessé le rejeton sur lequel va s'épanouir pour le monde une fleur divine. Aujourd'hui Celui qui avait fait autrefois sortir le firmament des eaux crée sur la terre un ciel nouveau, formé d'une substance terrestre ; et ce ciel est beaucoup plus beau, beaucoup plus divin que l'autre, car c'est de lui que va naître le soleil de justice, celui qui a créé l'autre soleil....
 
Que de miracles se réunissent en cette enfant, que d'alliances se font en elle ! Fille de la stérilité, elle sera la virginité qui enfante. En elle se fera l'union de la divinité et de l'humanité, de l'impassibilité et de la souffrance, de la vie et de la mort, pour qu'en tout ce qui était mauvais soit vaincu par le meilleur. O fille d'Adam et Mère de Dieu ! Et tout cela a été fait pour moi, Seigneur ! Si grand était votre amour pour moi que vous avez voulu, non pas assurer mon salut par les anges ou quelque autre créature, mais restaurer par vous-même celui que vous aviez d'abord créé vous-même. C'est pourquoi je tressaille d'allégresse et je suis plein de fierté, et dans ma joie, je me tourne vers la source de ces merveilles, et emporté par les flots de mon bonheur, je prendrai la cithare de l'Esprit pour chanter les hymnes divins de cette naissance...
 
Aujourd’hui le créateur de toutes choses, Dieu le Verbe compose un livre nouveau jailli du cœur de son Père, et qu’il écrit par le Saint-Esprit, qui est langue de Dieu…
 
O fille du roi David et Mère de Dieu, Roi universel. O divin et vivant objet, dont la beauté a charmé le Dieu créateur, vous dont l'âme est toute sous l’action divine et attentive à Dieu seul ; tous vos désirs sont tendus vers cela seul qui mérite qu'on le cherche, et qui est digne d'amour ; vous n'avez de colère que pour le péché et son auteur. Vous aurez une vie supérieure à la nature, mais vous ne l'aurez pas pour vous, vous qui n'avez pas été créée pour vous. Vous l'aurez consacrée tout entière à Dieu, qui vous a introduite dans le monde, afin de servir au salut du genre humain, afin d'accomplir le dessein de Dieu, I'Incarnation de son Fils et la déification du genre humain. Votre cœur se nourrira des paroles de Dieu : elles vous féconderont, comme l'olivier fertile dans la maison de Dieu, comme l'arbre planté au bord des eaux vives de l'Esprit, comme l'arbre de vie, qui a donné son fruit au temps fixé : le Dieu incarné, la vie de toutes choses. Vos pensées n'auront d'autre objet que ce qui profite à l'âme, et toute idée non seulement pernicieuse, mais inutile, vous la rejetterez avant même d'en avoir senti le goût.
 
Vos yeux seront toujours tournés vers le Seigneur, vers la lumière éternelle et inaccessible ; vos oreilles attentives aux paroles divines et aux sons de la harpe de l'Esprit, par qui le Verbe est venu assumer notre chair... vos narines respireront le parfum de l'époux, parfum divin dont il peut embaumer son humanité. Vos lèvres loueront le Seigneur, toujours attaché aux lèvres de Dieu. Votre bouche savourera les paroles de Dieu et jouira de leur divine suavité. Votre cœur très pur, exempt de toute tache, toujours verra le Dieu de toute pureté et brûlera de désir pour lui. Votre sein sera la demeure de celui qu'aucun lieu ne peut contenir. Votre lait nourrira Dieu, dans le petit enfant Jésus. Vous êtes la porte de Dieu, éclatante d'une perpétuelle virginité. Vos mains porteront Dieu, et vos genoux seront pour lui un trône plus sublime que celui des chérubins... Vos pieds, conduits par la lumière de la loi divine, le suivant dans une course sans détours, vous entraîneront jusqu'à la possession du Bien-Aimé. Vous êtes le temple de l'Esprit-Saint, la cité du Dieu vivant, que réjouissent les fleuves abondants, les fleuves saints de la grâce divine. Vous êtes toute belle, toute proche de Dieu ; dominant les Chérubins, plus haute que les Séraphins, très proche de Dieu lui-même.
 
Salut, Marie, douce enfant d'Anne ; l’amour à nouveau me conduit jusqu’à vous. Comment décrire votre démarche pleine de gravité ? votre vêtement ? le charme de votre visage ? cette sagesse que donne l'âge unie à la jeunesse du corps ? Votre vêtement fut plein de modestie, sans luxe et sans mollesse. Votre démarche grave, sans précipitation, sans heurt et sans relâchement. Votre conduite austère, tempérée par la joie, n'attirant jamais l'attention des hommes. Témoin cette crainte que vous éprouvâtes à la visite inaccoutumée de l'ange ; vous étiez soumise et docile à vos parents ; votre âme demeurait humble au milieu des plus sublimes contemplations. Une parole agréable, traduisant la douceur de l'âme. Quelle demeure eût été plus digne de Dieu ? Il est juste que toutes les générations vous proclament bienheureuse, insigne honneur du genre humain. Vous êtes la gloire du sacerdoce, l’espoir des chrétiens, la plante féconde de la virginité. Par vous s'est répandu partout l'honneur de la virginité Que ceux qui vous reconnaissent pour la Mère de Dieu soient bénis, maudits ceux qui refusent...
 
O vous qui êtes la fille et la souveraine de Joachim et d'Anne, accueillez la prière de votre pauvre serviteur qui n'est qu'un pécheur, et qui pourtant vous aime ardemment et vous honore, qui veut trouver en vous la seule espérance de son bonheur, le guide de sa vie, la réconciliation auprès de votre Fils et le gage certain de son salut. Délivrez-moi du fardeau de mes péchés, dissipez les ténèbres amoncelées autour de mon esprit, débarrassez-moi de mon épaisse fange, réprimez les tentations, gouvernez heureusement ma vie, afin que je sois conduit par vous à la béatitude céleste, et accordez la paix au monde. A tous les fidèles de cette ville, donnez la joie parfaite et le salut éternel, par les prières de vos parents et de toute l'Eglise.
 
Homélie de Saint Jean de Damas, pour la fête de la Nativité de la Très Sainte Vierge

« Le saint précurseur de la naissance, de la prédication et de la mort du Seigneur a montré (dans sa mort) un courage digne d'attirer les regards de Dieu. Comme dit l'Ecriture, « Aux yeux des hommes, il subissait un châtiment, mais par son espérance il avait déjà l'immortalité » (Livre de la Sagesse). Nous avons raison de célébrer avec joie la naissance au ciel de celui qui, par sa passion, a rendu lui-même ce jour solennel en l'illustrant par la pourpre de son sang. Nous vénérons dans la joie la mémoire de celui qui a scellé par le sceau de son martyre le témoignage qu'il rendait au Seigneur. Il n'y a en effet aucun doute que Jean-Baptiste a subi la prison pour le Rédempteur qu'il précédait par son témoignage, et qu'il a donné sa vie pour lui. Car si son persécuteur ne lui a pas demandé de nier le Christ, mais de taire la Vérité, c'est cependant pour le Christ qu'il est mort. Le Christ a dit en effet : « Je suis la Vérité » Puisque c'est pour la Vérité qu'il a répandu son sang, c'est bien pour le Christ. Jean avait témoigné en naissant que le Christ allait naître, en prêchant que le Christ allait prêcher, en baptisant qu'il allait baptiser. En souffrant le premier sa passion, il signifiait que le Christ devait lui aussi souffrir. Cet homme si grand parvint donc au terme de sa vie par l'effusion de son sang, après une longue et pénible captivité. Lui qui avait annoncé la bonne nouvelle de la liberté d'une paix supérieure est jeté en prison par des impies. Il est enfermé dans l'obscurité d'un cachot, lui qui était venu rendre témoignage à la lumière et qui avait mérité d'être appelé flambeau ardent de lumière par la lumière elle-même qui est le Christ. Par son propre sang est baptisé celui à qui fut donné de baptiser le Rédempteur du monde, d'entendre la voix du Père s'adresser au Christ, et de voir descendre sur lui la grâce du Saint-Esprit. Mais il n'était pas pénible à des hommes tels que lui, bien plus, il leur semblait léger et désirable d'endurer pour la Vérité des tourments temporels qui laissaient entrevoir la récompense de joies éternelles. Préférant la mort qui de toute façon était naturellement inévitable, il choisissait de l'accepter en confessant le nom du Christ ; ils recevaient ainsi la palme de la vie éternelle. L'Apôtre l'a bien dit : « Il nous a été accordé par le Christ, non seulement de croire en lui, mais encore de souffrir pour lui. » Et s'il dit que souffrir pour le Christ est un don de celui-ci à ses élus, c'est parce que, comme il le dit ailleurs : « Il n'y a pas de commune mesure entre les souffrances du temps présent et la gloire que Dieu va bientôt révéler en nous ».

 

Homélie sur l’Evangile, II 23 - Saint Bède le Vénérable

« Voici ce qu’a fait Dieu pour exalter sa grâce en abaissant la sagesse de l’homme : il a daigné prendre chair d’une femme restée vierge, afin de restituer la ressemblance par ce qui est semblable, de guérir le contraire par son contraire, d’arracher l’épine vénéneuse et de détruire d’une main puissante l’arrêt de mort porté par le péché. Si Ève fut l’épine, Marie s’éleva comme la rose. Ève fut l’épine qui blessa, Marie, la rose qui soulage toutes douleurs. Ève, de sa pointe acérée infusa la mort à l’espèce humaine entière, Marie, comme une rose, lui rendit le salut. Rose ? Oui, vraiment, puisque la blancheur de sa virginité s’unit à la pourpre de sa charité; elle est blanche par son intégrité corporelle, rouge par l’ardeur de son âme; blanche par la candeur de ses mœurs, rouge par sa véhémence à fouler aux pieds les vices; blanche par la pureté de ses affections, rouge par la mortification de sa chair; blanche par son amour pour Dieu, rouge par sa compassion pour le prochain. « Le Verbe s’est fait chair, et il a demeuré parmi nous » (Jean 1, 14). Il habite en notre mémoire, il habite en notre pensée, parce qu’il est descendu jusqu’à notre imagination ! « Comment cela ? », diras-tu. Eh bien, il fut couché dans une crèche, se reposa sur le sein d’une vierge, prêcha sur la montagne, passa les nuits en prière, fut suspendu à la croix où il mourut en répandant jusqu’à la dernière goutte de son sang; puis, « libre parmi les morts » (Ps 87, 6), il commanda aux enfers, ressuscita le troisième jour, montra aux Apôtres les traces des clous, signes de sa victoire, et, pour finir, pénétra sous leurs yeux jusqu’au plus haut des cieux. Voilà bien des sujets pour une méditation authentique et sainte ! En me remémorant ces faits, c’est à Dieu que je pense. Car il est présent en tout. Je vous le dis : les méditer, c’est sagesse; à mon avis, c’est prudence que de faire jaillir le souvenir de leur suavité. Dans leurs amandes, la verge d’Aaron a produit son fruit savoureux. Marie en a goûté la sève dans les hauteurs et nous l’a rendue à profusion. Dans les hauteurs, certes, et même au-delà des Anges, puisqu’elle reçut le Verbe du cœur même de son Père.

 

Homélie de Saint Bernard, abbé (Sur la Bienheureuse Vierge Marie 11-12 : PL 184, 1020)

« Parlant de cette gloire de l’Ascension du Christ, Habacuc dit aussi : « Le soleil s’est levé, et la lune s’est tenue en son rang » (Habacuc 3, 11). Qui est désigné sous le nom de soleil sinon le Seigneur, et que signifie la lune, sinon l’Église ? Jusqu’à ce que le Seigneur monte au ciel, son Église sainte a redouté de toutes façons l’hostilité du monde, mais après avoir été fortifiée par Son Ascension, elle a prêché ouvertement ce qu’elle avait cru en secret. Le soleil s’est donc élevé, et la lune s’est tenue en son rang, parce que, dès que le Seigneur eut gagné le ciel, son Église sainte a grandi dans l’autorité de la prédication. C’est à son sujet que la voix de la même Église fait entendre ces paroles de Salomon : « Le voici qui vient, sautant sur les montagnes, franchissant les collines » (Cantique des cantiques 2, 8). Il a considéré les sommets de si grandes œuvres, et il dit : « Le voici qui vient, sautant sur les montagnes ». En effet, venant pour nous racheter, il a fait, si je puis m’exprimer ainsi, comme des bonds. Voulez-vous, mes très chers frères, reconnaître ces bonds eux-mêmes ? Il est venu du ciel dans le sein d’une vierge, de ce sein il est venu dans la crèche, de la crèche il est venu sur la croix, de la croix au sépulcre, et du sépulcre il est retourné au ciel. Voilà les bonds que la Vérité, qui s’est manifestée dans la chair, a faits, afin que nous courions à sa suite, car le Christ « s’est élancé comme un géant pour parcourir sa carrière » (Psaume 18, 6) afin que nous lui disions du fond du cœur : « Entraînez-nous après vous; nous courrons à l’odeur de vos parfums » (Cantique des cantiques 1, 3). C’est pourquoi, mes bien chers frères, il faut que nous le suivions de cœur, là où nous sommes persuadés qu’il est monté corporellement. Fuyons les désirs terrestres; que rien ne nous satisfasse plus dans les choses infimes, nous qui avons un père dans les cieux. Et il nous faut songer attentivement à ceci : celui qui est monté plein de douceur reviendra terrible, et tout ce qu’il nous a prescrit avec mansuétude, il nous en demandera compte avec sévérité. Que personne donc ne fasse peu de cas des temps accordés pour la pénitence; que personne ne néglige le soin de son salut tandis qu’il peut le faire; car notre Rédempteur viendra alors avec d’autant plus de rigueur pour le jugement, qu’avant le jugement, il nous aura témoigné une plus grande patience ».

 

Homélie de Saint Grégoire, pape (Homélies sur les Évangiles 29, 10-11: PL 76, 1218-1219) 

« Aujourd’hui notre Seigneur Jésus-Christ monte au ciel; que notre cœur y monte avec lui. Écoutons ce que nous dit l’Apôtre : vous êtes ressuscités avec le Christ. Recherchez donc les réalités d’en haut : c’est là qu’est le Christ, assis à la droite de Dieu. Le but de votre vie est en haut, et non pas sur la terre. De même que lui est monté, mais sans s’éloigner de nous, de même sommes-nous déjà là-haut avec lui, et pourtant ce qu’il nous a promis ne s’est pas encore réalisé dans notre corps. Lui a déjà été élevé au dessus des cieux; cependant il souffre sur la terre toutes les peines que nous ressentons, nous ses membres. Il a rendu témoignage à cette vérité lorsqu’il a crié du haut du ciel : Saul, Saul, pourquoi me persécuter ? Et il avait dit aussi : J’avais faim, et vous m’avez donné à manger. Pourquoi ne travaillons-nous pas, nous aussi sur la terre, de telle sorte que par la foi, l’espérance et la charité, grâce auxquelles nous nous relions à lui, nous reposerions déjà maintenant avec lui, dans le ciel ? Lui, alors qu’il est là-bas, est aussi avec nous; et nous, alors que nous sommes ici, sommes aussi avec lui. Lui fait cela par sa divinité, sa puissance, son amour; et nous, si nous ne pouvons pas le faire comme lui par la divinité, nous le pouvons cependant par l’amour, mais en lui. Lui ne s’est pas éloigné du ciel lorsqu’il en est descendu pour venir vers nous; et il ne s’est pas éloigné de nous lorsqu’il est monté pour revenir au ciel. Il était déjà là-haut, tout en étant ici-bas; lui-même en témoigne : nul n’est monté au ciel, sinon celui qui est descendu du ciel, le Fils de l’homme, qui est au ciel. Il a parlé ainsi en raison de l’unité qui existe entre lui et nous : il est notre tête, et nous sommes son corps. Cela ne s’applique à personne sinon à lui, parce que nous sommes lui, en tant qu’il est Fils de l’homme à cause de nous, et que nous sommes fils de Dieu à cause de lui. C’est bien pourquoi Saint Paul affirme : Notre corps forme un tout, il a pourtant plusieurs membres ; et tous les membres, bien qu’étant plusieurs, ne forment qu’un seul corps. De même en est-il pour le Christ. Il ne dit pas : Le Christ est ainsi en lui-même, mais il dit : De même en est-il pour le Christ à l’égard de son corps. Le Christ, c’est donc beaucoup de membres en un seul corps. Il est descendu du ciel par miséricorde, et lui seul y est monté, mais par la grâce nous aussi sommes montés en sa personne. De ce fait, le Christ seul est descendu, et le Christ seul est monté ; non pas que la dignité de la tête se répande indifféremment dans le corps, mais l’unité du corps ne lui permet pas de se séparer de la tête ».

 

De Saint Augustin, sermon pour l’Ascension, 98, 1-2 (PLS 2, 494-495)

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« Quel catholique ignore que le Père est vraiment Père, le Fils, vraiment Fils et le Saint-Esprit, vraiment Saint-Esprit, selon les paroles du Seigneur lui-même à ses Apôtres: «Allez, baptisez toutes les nations, au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit» (Mt 28, 19). Voilà la Trinité parfaite subsistant dans l’unité, et nous la confessons bien une seule substance. Car nous ne mettons pas en Dieu de division selon la condition des corps, mais en raison de la puissance de la nature divine, qui est immatérielle, nous croyons à l’existence effective des personnes nommées tout en affirmant l’unité de la divinité. Nous ne disons pas que le Fils de Dieu, comme certains l’ont pensé, soit le développement de quelque portion sortie du Père, pas plus que nous n’admettons une parole sans valeur existentielle comme un son de la voix; mais nous croyons que les trois noms et les trois personnes ont une même essence, une même majesté et une même puissance. Nous confessons donc un seul Dieu, parce que la majesté unique nous empêche d’employer le mot «dieux» au pluriel. Enfin pour parler en catholique, nous nommons le Père et le Fils, mais sans pouvoir ni devoir dire que ce sont deux dieux. Non que le Fils de Dieu ne soit Dieu, étant au contraire vrai Dieu de vrai Dieu; mais parce que nous savons que le Fils de Dieu n’a pas d’autre principe que le Père lui-même, nous disons qu’il n’y a qu’un seul Dieu. Voilà ce que les Prophètes, ce que les Apôtres ont transmis, ce que le Seigneur a lui-même enseigné, lorsqu’il a dit: «Mon Père et moi nous somme un» (Jn 10, 30). «Un» exprime, comme je l’ai dit, l’unité de la divinité, «nous sommes» se rapporte aux personnes »

 

Homélie de Saint Grégoire de Nazianze (De fide, pr.: PL 20, 33) 

« La Solennité d’aujourd’hui, frères bien-aimés, mérite entre toutes nos hommages, tout cœur catholique le sait. Et l’on ne peut avoir d’hésitation sur la révérence due à ce jour que l’Esprit-Saint à consacré par le prodige incomparable du don de lui-même. Ce jour est, en effet, le dixième depuis celui où le Seigneur est monté par-delà toute la hauteur des cieux pour aller siéger à la droite de Dieu, son Père. C’est aussi, depuis la Résurrection du Seigneur le cinquantième à briller pour nous en celui par qui il a commencé. Ce jour contient en lui les grands mystères des alliances anciennes et nouvelles. Par là, il est très clairement affirmé que la grâce a été annoncée par la loi et que la loi trouve son accomplissement dans la grâce. Ce fut, en effet, cinquante jours après l’immolation de l’agneau que la loi a été donnée autrefois, sur le mont Sinaï, au peuple hébreu délivré des Égyptiens. De même, après la Passion par laquelle a été mis à mort le véritable Agneau de Dieu, c’est cinquante jours à dater de la Résurrection que l’Esprit-Saint fondit sur les Apôtres et sur la foule des croyants. De la sorte, le chrétien attentif reconnaît aisément que les débuts de l’Ancien Testament étaient ordonnés aux commencements de l’Évangile et que c’est par le même Esprit, auteur de la première alliance, qu’a été fondée la seconde. Depuis ce jour a retenti la trompette de la prédication évangélique. Depuis ce jour, pluies de charismes, fleuves de bénédictions ont arrosé tout désert et toute terre aride; car « l’esprit de Dieu planait au-dessus des eaux » (Gn 1, 2) « pour renouveler la face de la terre » (Ps 103, 30). Pour écarter les anciennes ténèbres, brillaient les éclairs d’une lumière nouvelle, tandis que de l’éclat des langues étincelantes naissaient et la parole lumineuse du Seigneur, et l’éloquence de feu qui, pour créer l’intelligence et consumer le péché, a le pouvoir d’illuminer et la force de brûler ».

 

Sermon de Saint Léon, pape (Sermon 62 [75], 1° pour la Pentecôte, nn. 1-2: SC 74, 144-145) 

« Que se passe-t-il ? Aujourd’hui, grand silence sur la terre; grand silence et ensuite solitude parce que le roi sommeille. « La terre a tremblé et elle s’est apaisée » (Ps 75, 9), parce que Dieu s’est endormi dans la chair et il a éveillé ceux qui dorment depuis les origines. Dieu est mort dans la chair et le séjour des morts s’est mis à trembler. C’est le premier homme qu’il va chercher, comme la brebis perdue. Il veut aussi visiter « ceux qui demeurent dans les ténèbres et dans l’ombre de la mort » (Lc 1, 79). Oui, c’est vers Adam captif, en même temps que vers Ève, captive elle aussi, que Dieu se dirige, et son Fils avec lui, pour les délivrer de leurs douleurs. Le Seigneur s’est avancé vers eux, muni de la croix, l’arme de sa victoire. Lorsqu’il le vit, Adam, le premier homme, se frappant la poitrine dans sa stupeur, s’écria vers tous les autres : « Mon Seigneur avec nous tous ! » Et le Christ répondit à Adam : « Et avec ton esprit. » Il le prend par la main et le relève en disant : « Éveille-toi, ô toi qui dors, relève-toi d’entre les morts, et le Christ t’illuminera (Ep 5, 14). C’est moi ton Dieu, qui pour toi, suis devenu ton fils; c’est moi qui, pour toi et pour tes descendants, te parle maintenant et qui, par ma puissance, ordonne à ceux qui sont dans tes chaînes : Sortez. A ceux qui sont endormis : Relevez-vous. Je te l’ordonne : Éveille-toi, ô toi qui dors, je ne t’ai pas crée pour que tu demeures captif du séjour des morts. Relève-toi d’entre les morts : moi, je suis la vie des morts. Lève-toi, œuvre de mes mains; lève-toi, mon semblable, qui as été créé à mon image. Éveille-toi, sortons d’ici. Car tu es en moi, et moi en toi, nous sommes une seule personne indivisible. C’est pour toi que moi, ton Dieu, je suis devenu ton fils; c’est pour toi que moi, le Maître, j’ai pris ta forme d’esclavage; c’est pour toi que moi, qui domine les cieux, je suis venu sur la terre, et au-dessous de la terre; c’est pour toi, l’homme, que je suis devenu comme un homme abandonné, libre entre les morts; c’est pour toi, qui es sorti du jardin, que j’ai été livré aux Juifs dans un jardin et que j’ai été crucifié dans un jardin. Vois les crachats sur mon visage; c’est pour toi que je les ai subis afin de te ramener à ton premier souffle de vie. Vois les soufflets sur mes joues: je les ai subis pour rétablir ta forme défigurée afin de la restaurer à mon image. Vois la flagellation sur mon dos, que j’ai subie pour éloigner le fardeau de tes péchés qui pesait sur ton dos. Vois mes mains solidement clouées au bois, à cause de toi qui as péché en tendant la main vers le bois. Je me suis endormi sur la croix, et la lance a pénétré dans mon côté, à cause de toi qui t’es endormi dans le paradis et, de ton côté, tu as donné naissance à Eve. Mon côté a guéri la douleur de ton côté; mon sommeil va te tirer du sommeil des enfers. Ma lance a arrêté la lance qui se tournait vers toi. Lève-toi, partons d’ici. L’ennemi t’a fait sortir de la terre du paradis; moi je ne t’installerai plus dans le paradis, mais sur un trône céleste. Je t’ai écarté de l’arbre symbolique de la vie; mais voici que moi, qui suis la vie, je ne fais qu’un avec toi. J’ai posté les chérubins pour qu’ils te gardent comme un serviteur; je fais maintenant que les chérubins t’adorent comme un Dieu. Le trône des chérubins est préparé, les porteurs sont alertés, le lit nuptial est dressé, les aliments sont apprêtés, les tentes et les demeures éternelles le sont aussi. Les trésors du bonheur sont ouverts et le royaume des cieux est prêt de toute éternité » 

 

Homélie ancienne pour le grand et saint Samedi (attribuée à Épiphane de Salamine, évêque de Chypre [+ 402]: PG 43, 440. 452. 461-464) 

« Sans doute, les divins mystères sont cachés et, au dire du prophète, il n’est facile à nul homme de connaître le dessein de Dieu. Toutefois, l’ensemble des actions et des enseignements du Seigneur notre Sauveur nous montre qu’un propos bien arrêté a fait choisir de préférence, pour enfanter le Seigneur, une femme fiancée à un homme. Pourquoi ne fut-elle pas rendue mère avant cet engagement ? Peut-être de peur qu’on ne dise qu’elle avait conçu dans l’adultère. Et l’Écriture, fort à propos, a donné ces deux indications : elle était fiancée et vierge. Sa virginité la montre exempte de tout rapport avec un homme; les épousailles soustrairont au soupçon infamant d’une virginité perdue celle dont la grossesse eût semblé manifester la faute. Et le Seigneur a préféré que certains mettent en doute son origine à lui, plutôt que la pureté de sa mère: il savait combien délicat est l’honneur d’une vierge, et combien fragile son renom de pureté, et il n’a pas jugé à propos de fournir, au détriment de sa mère, les motifs valables de la foi en sa propre origine. L’ange entra chez elle. Reconnais la vierge à sa conduite, reconnais la vierge à sa réserve, reconnais-la dans ses paroles, reconnais-la au mystère. Il est propre aux vierges d’être craintives, de se troubler à l’approche d’un homme, de redouter qu’un homme leur adresse la parole. Que les femmes apprennent à suivre cet exemple de pudeur. Elle est seule dans l’intime de sa maison: nul homme ne peut l’apercevoir, l’ange seulement peut la trouver; seule, sans compagnie, seule, sans témoin, pour que nul entretien peu noble ne puisse l’effleurer, elle reçoit le salut de l’ange. Le secret d’une telle mission devait tomber, non des lèvres d’un homme, mais de celles d’un ange. Aujourd’hui, pour la première fois, on entend: «L’Esprit-Saint viendra sur toi.» On entend, et on croit. Enfin: «Voici, dit-elle, la servante du Seigneur, qu’il me soit fait selon ta parole.» Vois son humilité, vois comme elle se livre à Dieu. Elle se dit la servante du Seigneur, elle, choisie pour être sa mère, et la promesse inattendue ne l’a point exaltée. »

 

Homélie de Saint Ambroise, évêque (Traité sur l’évangile de saint Luc II, 1.8.15-16: SC 45bis, 71.75.79)

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