« Sommes une jeunesse, Messieurs ! Sommes la jeunesse de Dieu. La jeunesse de la fidélité ! Et cette jeunesse veut préserver pour elle et pour ses fils, la créance humaine, la liberté de l'homme intérieur... » (Charette)
La Rédemption, le salut selon la foi chrétienne, explique le Pape dans son introduction, n'est pas une simple donnée. La Rédemption nous est offerte car nous avons reçu l'espérance solide, grâce à laquelle nous pouvons faire face à notre présent qui, même s'il est difficile, peut être accepté et vécu parce qu'il nous vers un but assuré. Ce but est si grand qu'il mérite la fatigue du parcours. Parmi tout ce qui distingue les chrétiens, il y a le fait qu'ils ont une perspective. ILS SAVENT QUE LA VIE NE FINIRA PAS DANS LE VIDE ! L'Evangile n'est pas qu'une communication de connaissances mais la communication qui produit des faits changeant la vie. La porte obscure du temps et de l'avenir est ouverte toute grande et qui possède l'espérance vit diversement car une vie nouvelle lui a été assurée. L'espérance véritable, c'est parvenir à connaître Dieu, le Dieu véritable, ce que les premiers chrétiens tels les Ephésiens comprenaient parfaitement. Avant de rencontrer le Christ ils avaient de nombreux dieux mais vivaient sans espérance et sans la présence de Dieu. Pour les premiers chrétiens l'Evangile constituait une rencontre réelle avec Dieu, selon un schéma qui n'est pratiquement plus perceptible de nos jours. Puis le Pape souligne que le message de Jésus n'a rien de socio-révolutionnaire comme pouvait l'être la révolte de Spartacus. Et il ne combattit pas pour une libération politique comme le fit Barrabas ou Bar Kobeká. Ce que Jésus a apporté est totalement différent, c'est une rencontre avec Dieu vivant, avec une espérance plus forte que les épreuves ou l'esclavage, qui transforme du dedans la vie et le monde, même si les structures demeurent apparemment identiques. Le Christ nous a véritablement libérés, affirme-t-il encore. Quoique esclaves de ce monde, des lois du hasard et de la matière, nous sommes libres parce que le Ciel n'est pas vide, parce que le Seigneur de l'univers est Dieu, parce qu'il s'est révélé comme Amour en Jésus-Christ. Le Christ est le philosophe parfait qui nous enseigne la réalité de l'homme et ce qu'il faut faire pour l'être vraiment. Il nous montre la voie de la vie par delà la mort, démontrant ainsi qu'il est le Maître de la vie. Lui nous offre l'espérance qui est attente et présence à la fois. L'existence de l'avenir change déjà le présent. Benoît XVI observe alors que nombre de personnes rejettent aujourd'hui la foi simplement parce que cette perspective ne leur semble pas souhaitable. La crise de la foi est avant tout celle de l'espérance chrétienne. Elles n'attendent plus le rétablissement du Paradis Perdu de la foi mais du progrès qui, à leur avis, permettra l'établissement du règne de l'homme. Leur espérance est une foi dans le progrès fondée sur la raison et la liberté, qui semble garantir par leur seule valeur intrinsèque une nouvelle société parfaite. Pour le Saint-Père, on trouve deux grandes étapes dans la concrétisation politique de cet espérance, la Révolution française et la Révolution marxiste. Face aux effets de la première, l'Europe des Lumières a du penser une nouvelle raison et une nouvelle liberté. Quant à la seconde, la prolétaire, elle n'a laissé derrière elle que désastres. L'erreur majeure du marxisme est d'avoir oublié l'homme et sa liberté, croyant que la refonte du système économique aurait tout résolu. La véritable erreur marxiste est son matérialisme. Puis le Pape conclut à l'évidence que l'homme a besoin de Dieu, car sinon il se prive d'espérance. Sa Rédemption ne peut simplement découler d'une structure extérieure.