« Sommes une jeunesse, Messieurs ! Sommes la jeunesse de Dieu. La jeunesse de la fidélité ! Et cette jeunesse veut préserver pour elle et pour ses fils, la créance humaine, la liberté de l'homme intérieur... » (Charette)
En effet, le Temps du Carême est un temps où le Seigneur veut opérer en chaque croyant des guérisons intérieures, des libérations authentiques des maux qui affligent notre pauvre humanité : égocentrisme, matérialisme, relativisme protagonisme, individualisme… Ce sont les « ismes » qui causent cette cécité typique de l’esprit, qui ne nous fait plus voir le vrai sens de la vie, qui ne se réduit pas uniquement à ce qui est terrestre mais à ce qui est céleste. L’homme est créé pour l’infini, et, pour cela, il se sent toujours « à l’étroit », comme « en prison », parmi les choses du monde et de la chair, mais il ne peut se libérer de lui-même, il a besoin de Quelqu’un qui soit plus fort que le monde et plus fort que l’égoïsme humain : il a besoin de Jésus : Comme l’aveugle-né, nous ne parvenons pas à « voir » si le Seigneur ne nous donne pas la « vue » de la foi. Ou plutôt, « nous voyons », mais uniquement avec les yeux de la chair, et ils ne sont pas capables de voir au-delà de la simple apparence, ils ne parviennent pas à « regarder au-dedans », ils s’arrêtent à la superficie des choses, là où règne la confusion, le désordre… La réalité, en revanche, celle de laquelle provient Jésus et dans laquelle il vit, est celle de l’Esprit, où les pauvres sont bienheureux, où les affligés sont consolés, où les doux sont les héritiers, où les justes sont les sauvés, où les miséricordieux sont ceux qui sont aimés de Dieu… Dans cette réalité de l’Esprit, se trouvent qui ont le cœur pur qui « voient Dieu » ; tous ceux qui se sont laissés toucher par le Christ et qui ont jeté derrière eux l’orgueil, qui encombrait leur âme et étouffait la dimension de l’enfance spirituelle. Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus, la grande Maîtresse de la spiritualité pour devenir des enfants, appelée précisément « l’enfance spirituelle », a été proclamée docteur de l’Eglise par Jean Paul II en 1997. Un « Docteur de l’Eglise » est reconnu comme tel quand sa doctrine est universelle : cela vaut pour tous les peuples et pour tous les temps. Le fait que Sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus et de la Sainte Face nous soit donnée comme « Docteur », en ces temps précisément que nous vivons, doit faire réfléchir : dans un temps de grand orgueil, de « grand péché », où l’homme est plus que jamais tenté par le Malin de se passer de son Créateur, la Divine Providence, par l’intermédiaire de l’Eglise, nous donne des remèdes singuliers, des médicaments exceptionnels, comme celui de « l’enfance spirituelle », connue plus précisément comme la « petite voie », enseignée à cette jeune sainte carmélite. C’est ainsi qu’en parlait le Serviteur de Dieu Jean Paul II, le jour précisément de sa proclamation comme Docteur de l’Eglise : « Thérèse de Lisieux pressentit et décrivit non seulement la Vérité profonde de l’Amour comme centre et cœur de l’Eglise, mais elle l’a vécue intensément durant sa très brève existence… A une culture rationaliste, et trop souvent imprégnée de matérialisme pratique, elle oppose avec une simplicité désarmante la ‘petite voie’ qui, en se référant à l’essentiel des choses, conduit au secret de toute existence : la Charité divine qui entoure et pénètre toute histoire humaine. A une époque comme la nôtre, marquée dans tous ses aspects par la culture éphémère de l’hédonisme, ce nouveau Docteur de l’Eglise apparaît doué d’une efficacité singulière pour illuminer l’esprit et le cœur de ceux qui sont assoiffés de Vérité et d’Amour ».