« Sommes une jeunesse, Messieurs ! Sommes la jeunesse de Dieu. La jeunesse de la fidélité ! Et cette jeunesse veut préserver pour elle et pour ses fils, la créance humaine, la liberté de l'homme intérieur... » (Charette)
Voici ce qu'écrivait l'Abbé Delagneau (FSSPX) dans Marchons Droit (n° 128, 4e trimestre 2009) et qui est repris comme un leitmotiv par certains "traditionalistes": « Jamais nous n'accepterons de dire ou d'assister à la messe catholique amputée de tout ce qui déplaît aux protestants. Nous ne pouvons pas accepter que le culte que Notre-Seigneur offre à son Père avec son Eglise soit défiguré pour plaire aux hérétiques. Cette messe nouvelle (celle dite "de Paul VI" - n.d.l.r. -) n'a qu'un droit, celui de disparaître. (...) Jamais nous n'accepterons la liberté religieuse, qui a chassé Notre-Seigneur des constitutions des Etats catholiques. Notre-Seigneur a reçu une dégradation publique, il a été découronné par les autorités de l'Eglise pour plaire au monde. Mais quel mal a-t-il fait? (...) Jamais nous n'accepterons la collégialité qui introduit la démocratie dans l'Eglise. L'autorité des supérieurs vient directement de Dieu et avec elle une vraie responsabilité devant Dieu de ses décisions. Les inférieurs sont consultés, mais n'ont aucun pouvoir de décision. Notre-Seigneur règne, gouverne à travers ces autorités qu'il a investies, et non à travers les inférieurs. (...) »
Commentaire :
1) Exactement comme Martin Luther, l'Abbé Delagneau pense que l'Eglise s'est gravement dévoyée - ce qui revient à douter de la promesse du Christ d'assister son Eglise jusqu'à la fin des temps -; comme Martin Luther, l'Abbé Delagneau entend redonner à l'Eglise l'âme qu'elle aurait perdue...
2) Comme chez beaucoup de "réformateurs" autoproclamés, il y a dans les propos de l'Abbé Delagneau un certain nombre de contradictions. La plus flagrante: "l'autorité des supérieurs vient directement de Dieu"... Et quelques lignes auparavant: "jamais nous n'accepterons..." une restauration liturgique pourtant décrétée par ceux qui tiennent leur autorité de Dieu.