« Sommes une jeunesse, Messieurs ! Sommes la jeunesse de Dieu. La jeunesse de la fidélité ! Et cette jeunesse veut préserver pour elle et pour ses fils, la créance humaine, la liberté de l'homme intérieur... » (Charette)
Nos églises sont vides. Elles sont vides parce qu’on les a vidées par le moyen de célébrations liturgiques elles-mêmes vides, tristes, ennuyeuses au point que certains éprouvent la nécessité de les truffer de gadgets, histoire d’occuper les enfants et de divertir les parents venus admirer leur progéniture faire une ronde autour de l’autel. Nos églises sont vides car les liturgies y sont pénibles tellement elles manquent de dignité, de souffle, de lustre, de "classe". Nos liturgies ne célèbrent plus la foi et ne communiquent plus le sens de l’Eglise. Elles ne célèbrent plus que des considérations psychologiques et ne communiquent plus que les quelques sentiments du célébrant désormais davantage téléguidé par son équipe liturgique que par le souci de se conformer à ce que demande l’Eglise pour célébrer et communiquer sa foi. Mais il est un autre problème qu’il faut souligner ici : c’est celui de l’indifférence des pratiquants. Peu se soucient, en effet, de savoir comment la liturgie doit être célébrée ; peu sont attentifs à ce que doit faire et ne pas faire un célébrant. Et pour une majorité, les symboles liturgiques abandonnés - interdits - dans les années 68 puis maladroitement réintroduits ici ou là sans en percevoir le sens, ne sont plus que les éléments d’un folklore. Et à ce problème de l’indifférence des pratiquants s’ajoute celui d’une mentalité typiquement française portant à se vanter d’être nul en géographie et nul dans la pratique des langues étrangères et donc d’être incapable de voir ce qui ce fait ailleurs, dans des pays étrangers où des évêques veillent à ce que dans leurs diocèses, la liturgie soit respectée et célébrée le mieux possible (voir cet exemple avec le Cardinal Meisner de Köln). Où trouve-t-on l'équivalent en France ???
Combien de pratiquants sont aujourd’hui capables de se rendre compte que les messes de leurs paroisses sont - à quelques très rares exceptions près - des contre-exemples de ce que doit être la liturgie restaurée à la suite de Vatican II ? Très peu. Et comment pourraient-ils s’en rendre compte puisque dans la quasi totalité des paroisses de l’Hexagone - comme on dit - on trouve les mêmes célébrants qui ne savent plus se tenir dans un chœur, les mêmes concélébrants revêtus de leur fadasses et informes aubes-sacs, les mêmes animatrices-hôtesses-d’accueil, les mêmes autels-caisses - ou caisses-autels - les mêmes chants bêlés - il n’y a souvent pas d’autres termes - par les mêmes petites voix mièvres... ? C’est dire combien, dans notre pays, le problème de la liturgie est abyssal et combien un redressement de la situation est devenu hypothétique.
Pro Liturgia