[…] « La franc-maçonnerie est à la manœuvre pour attiser la braise. Bannir tout ordre naturel de notre horizon culturel est son mot d’ordre. Un témoignage de première main, livré par Pierre Simon, ancien président de la Grande Loge de France, dévoile en effet les grandes orientations du projet maçonnique dans son maître ouvrage, De la vie avant toute chose, aussitôt retiré des librairies dès sa publication en 1979. Notons en outre que l’homme est co-fondateur du Planning familial français, ce qui montre l’alliance trouble entretenue entre le féminisme radical et la franc-maçonnerie. Ce féminisme s’abreuve lui-même aux thèses néomarxistes d’un Herbert Marcuse qui domine philosophiquement la scène universitaire des années soixante. Prophète de l’émancipation de la femme, Marcuse réclame qu’elle soit libérée, non pas des contraintes du travail, mais avant tout de la réalité naturelle de l’institution familiale reposant sur le mariage et le don total des époux. Les loges trouveront chez Marcuse (et d’autres penseurs de la libération sexuelle) un allié spontané dans leur idéologie de la contestation. La bataille commence dès 1953, au sein d’une équipe de médecins libres-penseurs, dont l’objectif avoué est l’introduction de la contraception dans différents pays (dont la France avec Pierre Simon). Selon lui, la finalité de ce premier combat est très claire : « Nous sommes conscients que ce combat n’est pas seulement technique, mais philosophique. La vie comme matériau, tel est le principe de notre lutte. […] La révision du concept de vie, induite par la contraception, transformera la société dans son intégralité ». Avec l’idée centrale du programme franc-maçon : Poser le principe que la vie est un matériau, au sens écologique du terme, et qu’il nous appartient de la gérer, là est l’idée motrice. L’arme absolue, qui apporte le soutien populaire, c’est le viscéral. Peser sur le viscéral, gouverné par l’instinct, le désir et la raison, en s’appuyant sur l’intime, le quotidien, voilà ce qui est nécessaire. Disposer librement du corps comme d’un simple objet en changeant son statut personnaliste, tel est le but affiché. Cette évolution des mentalités conduit à considérer le corps de la femme comme un matériau à gérer.

 

[…]

 

C’est aussi l’époque où le pouvoir politique va prendre à son compte les idées du monde maçonnique, tout en s’appuyant sur l’autorité du pouvoir médical. C’est ainsi que Pierre Simon affirme : « Si la société ne cesse de peser sur l’objet même de la médecine, celle-ci en retour façonne tous les jours un peu plus le visage et le destin des sociétés modernes… Cette intervention politique des médecins est rendue toujours plus nécessaire : à ne plus se donner pour seul projet d’assurer la survie des humains mais à se mêler de changer leur condition, donc de bousculer leur morale, les médecins, comme les autres scientifiques, participent désormais très concrètement au pouvoir ». Propos parfaitement illustrés par la législation libéralisant la contraception en France, la fameuse loi Neuwirth votée le 28 décembre 1967. Reconnaissant la contraception comme un droit, elle inaugure une longue série de droits iniques qui opèrent une mutation culturelle et sociale inédite : loi sur le divorce, l’avortement, la bioéthique… Lucien Neuwirth, son auteur, concentre tous les pouvoirs comme le demandait Pierre Simon : il est franc-maçon, médecin et député. Nonobstant ce que l’on entend parfois, Mai 68 n’avait pas pour finalité de prendre le pouvoir dans un idéal révolutionnaire de type marxiste. Mai 68 signe bien au contraire la fin des mythologies révolutionnaires pour porter l’avènement d’un esprit bourgeois qui renie tout fondement transcendant à la morale. C’est le diagnostic passionnant d’Augusto Del Noce (1910-1989), philosophe italien proche du mouvement Communion et Libération, dont Jean-Paul II appréciait les thèses. Repoussant la révolution communiste qui serait dévastatrice pour elle, la société bourgeoise veut dissoudre l’éthique fondée sur le respect de la famille et de la vie en rejetant par le pouvoir démocratique légitime toute valeur chrétienne qui pourrait mettre en discussion son modèle de vie sociale. Ce que confirme Daniel Cohn-Bendit, un des leaders de la contestation : « Le désir d’émancipation avait besoin d’un espace politique normalisé », autrement dit, il fallait que ce soit le pouvoir politique démocratique qui entérine la révolution sexuelle. Nous le voyons aujourd’hui, l’État lui-même parachève ce que Mai 68 a initié. Un exemple récent. Roselyne Bachelot annonce un plan contraception de plus de 6 millions d’euros pour 2008-2009 avec spots publicitaires sur les TV, radios jeunes, Internet. Des millions de SMS baptisés « Sexto » seront envoyés avec la bénédiction des opérateurs téléphoniques pour inonder les portables des jeunes. Conseils sur le choix de la pilule, du stérilet ou du préservatif, sur la manière de se procurer en toute sécurité le Norlevo ou pilule du lendemain, etc. La révolution culturelle est aujourd’hui relayée complaisamment par le ministère de la santé ! Bien sûr, le mouvement « philosophique » qui imprègne les esprits à cette époque sera décuplé par le progrès scientifique. La pilule contraceptive sera l’instrument technique qui rendra effective le concept de licence sexuelle, privée de responsabilité. On peut d’ailleurs dire que la nouvelle culture a besoin de la recherche pharmacologique dont les progrès consolident en retour ses acquis intellectuels. La découverte en 1956 aux USA de la pilule par Grégory Pincus et son collaborateur catholique John Rock, a été en partie permise par les financements du puissant Planning familial américain fondé par Margaret Sanger, dont Pierre Simon a révélé qu’il fut son disciple. C’est elle qui a pu dire dans les années cinquante que « l’avenir de notre civilisation dépendait de l’invention d’un contraceptif simple et bon marché ». […]

 

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commentaires

. 03/01/2009 01:07

Bonjour.Vous oubliez de préciser les raisons économiques et politiques qui ont conduit  à la libéralisation de la femme. Elle ne travaillait pas = elle était improductiveElle consommait peu ou prouElle ne fumait pas, ne buvait pas d'alcoolElle ne votait pas  etc.Je précise que je suis "pro" liberté de la femme , malgrè les calculs économiques (perfides) des puissants.

Barbara 23/08/2015 13:16

Elle ne travaillait pas. C'est vite dit. Disons que son travail n'était pas rémunéré et de ce fait ne faisait pas entrer d'argent dans les caisse de l'Etat. Maintenant, dans bien des cas, son travail est effectué pour partie par une femme de ménage, le personnel d'une cantine, un éducateur, un psy voire d'autres encore, toutes personnes qui, elles, sont rémunérées et paient des impôts

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