En Liturgie, ce n’est pas le célébrant (+) (+) qui doit parler mais c’est la célébration elle-même. Le célébrant, à l’autel, n’est jamais autant dans sa fonction que LORSQU’IL SE FAIT OUBLIER, LORSQU’IL SE REND TRANSPARENT À L’ACTION DE DIEU, LORSQU'IL RENONCE « À ÊTRE LE POINT FOCAL » (Cardinal Sarah, 12/06/15, OR). De même, ce n’est pas l’assemblée qui doit chanter mais c’est l’Église. Seules les communautés ecclésiales issues de la Réforme sont appelées à "se" chanter, à "s'inventer" une célébration déconnectée de la foi de toujours car centrées sur elles-mêmes et non sur l'objectivité du "Christ-continué" dans l'Histoire (Église). Dans le catholicisme, même à travers la légitime diversité des "rites" et des cultures, la Liturgie ne doit jamais se faire passer pour l’affirmation d’une communauté : elle doit demeurer l'humble voix de l’Église à laquelle chaque fidèle peut prêter sa voix. On ne chante pas à la Messe : c'est la Messe qui est chantée ! ...car l’Église n’est pas la somme des communautés locales cherchant à s'affirmer orgueilleusement autour d'un célébrant imbu de sa personne : elle existe avant les communautés et le chant tout comme la Liturgie dans son ensemble (Messe, Office Divin) doit signifier cette "préexistence" que proclame le « Credo ».

 

 

Les problèmes actuels qui résultent de cette incompréhension liturgique (perte de foi, chute des vocations, chrétiens "non-pratiquants", etc.) viennent de ce que la préexistence de l’Église (CEC N°1124) n’est plus comprise par les fidèles. Des fidèles qui ont été conduits à faire davantage attention au célébrant qu’au Célébré ; des fidèles qui ont été invités à donner plus d’importance au fait de "se" chanter ce qui permet à la communauté de s’affirmer, de "s'auto-célébrer" qu'au fait de comprendre que c'est la Liturgie de notre Mère-Église qui doit être filialement chantée, comme nous le rappelle Vatican II. La plupart des messes actuelles ne peuvent donc que faire émerger des communautés fermées sur elles-mêmes, divisées en différentes "chapelles", et où la manifestation d’états d’âme finit par remplacer la célébration de la foi objective (+), et en conséquence, la "pureté de la foi" (puritatem fidei).

 

 

Car de quoi la Liturgie est-elle le nom ? Elle est le nom de la foi de l’Église. De la foi de toujours. Grande éducatrice de notre foi, elle rend présent dans "l'hodie" l'opus Redemptionis. Aussi, ceux qui veulent adapter la Liturgie à leurs goûts et qui imaginent des célébrations eucharistiques adaptées – du moins le croient-ils – aux fidèles d’aujourd’hui, ceux qui prétendent célébrer des messes "joyeuses", "conviviales", "de jeunes" avec guitares et tout le tralala de la "flower power" attitude, ceux-là ne partagent pas la foi de l’Église (CEC N°1125). Ils n’aiment pas l’Église, tout simplement. Pourquoi ? Parce qu’il leur est devenu impossible de la comprendre dans son mystère, de la voir autrement qu’à travers leur système de pensée alors même que cette Épouse Mystique du Christ, Temple de l'Esprit, Nouvel Israël (LG N°9), a des valeurs bien supérieures à celles dont ils se réclament pour s’en faire des repères. Dans leur orgueil, ils sont incapables de comprendre que « l'Église est un don de Dieu, et non pas notre créature » (Benoît XVI, le 7/03/07).

 

 

Ceux qui se réclament aujourd’hui d’une "Église autre", celle du "Peuple de Dieu" – "peuple" dont on sait qu’ils ont une vision fausse ou du moins qui ne correspond pas à la notion théologique de "peuple" que l'on trouve dans les Écritures – ceux-là sont de toute évidence des idéologues orgueilleux qui souhaitent, tels des adolescents rebelles, tout ramener à leur propre personne, et non à se "plier" humblement devant la maturité bi-millénaire de notre Mère-Église. Ce qui les mène à répéter inlassablement les mêmes slogans ne conduisant qu’à faire du sur-place. Avec eux, la Liturgie perd la mémoire de la foi qui l’a fait naître, qui est sa raison d’être. Elle n’est plus qu’une épuisante danse autour d'un veau d'or qui fait d’eux et de ceux qui les suivent non plus les héritiers d’une longue lignée de chrétiens qui se référaient humblement à la foi reçue des Apôtres, mais des adorateurs de tout ce qui a le goût du neuf, du changeant, de l’instable, de l’éphémère, du relatif, du subjectif.

 

 

Deux générations de clercs et de laïcs gagnés à cette idée selon laquelle, depuis Vatican II, l’Église doit s’adapter à la modernité, auront suffit pour détruire Sa Liturgie et la remplacer par des célébrations obéissant à ce que Benoît XVI appelait l’ "herméneutique de rupture" qui leur permet de gommer l’obligation de transmettre un héritage sacré ("désinculturation" liturgique). Cette "herméneutique de rupture" s’appuie sur trois principes : premièrement, ne plus enseigner la Sainte Liturgie alors que Vatican II demandait (cf : SC §14 à §19) d’en faire une discipline majeure ; deuxièmement, la démanteler en la noyant dans le flou des "adaptations" ponctuelles fruits du relativisme ambiant et d'une mauvaise interprétation du Missale Romanum, de Sacrosanctum Concilium, etc. ; troisièmement enfin, dévaloriser ce qui jusqu’ici était tenu pour des éléments importants du culte rendu à Dieu : le sacré, la célébration "versus Deum" (+) (+), le chant grégorien, la bonne tenue des fidèles et des enfants de chœur, l'encens, LE SILENCE DANS LES ÉGLISES QUI DEVRAIT ÊTRE FONDAMENTAL, etc.

 

 

Malgré des intentions parfois louables et qu'il ne nous convient pas de juger, la plupart des clercs, incapables de comprendre le véritable sens de la "participatio actuosa" développée par Vatican II, a bien souvent obligé le Peuple de Dieu à venir assister à un remplacement de ces anciennes célébrations encore "inculturisées" (grégorien, latin) (Redemptoris Missio §52) par des Liturgies "désinculturisées" ayant perdu toute verticalité et où le sentimentalisme tient lieu de théologie, d'où le développement dans les paroisses du "tout et n'importe quoi"... sauf à ce que les fidèles sont en droit d’attendre d’un ministre de l’Église qui se veut fidèle à Vatican II et dont la mission essentielle est, rappelons-le, d'appeler son peuple à la sainteté (Lumen Gentium V), de conserver et de transmettre "usque ad effusionem sanguinis" (Ad Gentes §24) la foi de toujours (depositum fidei), CE QUI IMPLIQUE OBLIGATOIREMENT "À LA BASE" LE RESPECT DE LA LITURGIE (lex orandi, lex credenti). Ce qui s’est passé dans l’Église postconciliaire – et qui se poursuit aujourd’hui encore dans l’indifférence de nombre de pasteurs – correspond parfaitement au processus décrit par l’historien tchèque Milan Hübl (1927-1989) : « Pour liquider les peuples, on commence par leur enlever leur mémoire. On détruit leurs livres, leur culture, leur histoire. Puis quelqu’un d’autre écrit d’autres livres, leur donne une autre culture, leur invente une autre histoire. Ensuite, le peuple commence lentement à oublier ce qu’il est et ce qu’il était. Et le monde autour de lui l’oublie encore plus vite ». Il suffit de remplacer le mot "peuples" par le mot "fidèles" pour comprendre avec souffrance ce qui se passe dans l’Église, sous nos yeux. Avec bien souvent un silence complice !

 

 

Par leurs silences complices (sous-prétexte "de ne pas faire de vague" car il faut être "charitable") ou le mauvais exemple qu’ils donnent, la plupart des pasteurs qui se sont succédé à la tête des diocèses ont fait œuvre commune de démolir la Liturgie, celle de l’Église, alors que Vatican II, via Christus Dominus §15, leur demande explicitement d'en être les gardiens et les promoteurs ! En affaiblissant le principe même d'une célébration théocentrée au profit des aspirations les plus farfelues d'équipes liturgiques anthropocentrées, la partie influente de l’épiscopat a fait du fidèle pratiquant un fidèle contraint à la souffrance, et surtout, de plus en plus éloigné de ce que croit et célèbre l’Église. Le prêtre, à l’autel, n’est plus considéré comme un "alter Christus" et encore moins comme un "ipse Christus" célébrant "in persona Christi capitis Ecclesiae", mais comme un simple "animateur" à la sauce des Évangéliques prêt à faire son "show" et qui doit permettre au fidèle de s’émanciper de la tutelle de la tradition reçue afin de construire une religion à la carte permettant de déconstruire la Liturgie de l'Église, et, in fine, la Foi dans le coeur des baptisés (déconnexion entre "lex orandi" et "lex credenti"). Et depuis qu’une coterie de "spécialistes en pastorale" imbibés d'idéologies bultmaniennes, a décidé que les fidèles ne seraient plus que des héritiers de personne, la Liturgie s’appauvrit, se délite au point de ne plus pouvoir célébrer et transmettre la foi reçue des Apôtres.

 

 

A cause de ces "spécialistes" ivres de leurs utopies pastorales, la Liturgie est devenue à l'image de nos sociétés : matérialiste, superficielle, "désinculturisée", bavarde, consumériste, utilitariste, amnésique, sans exigence, fuyant la beauté, la contemplation et le silence comme la peste. D’où les incessantes variations liturgiques d’une paroisse à l’autre, d’un célébrant à l’autre ; d’où ces célébrations “évolutives” qui, au fil du temps, génèrent une foi imprécise où le sentimentalisme tient lieu de dogme. D’où ces “messes qui prennent leur temps” et ces ”dimanches autrement”, ces célébrations dites “festives” qui se font dans une foire, un cirque, un stade... et qui aboutissent à ce que le Saint-Sacrifice de la Messe ne soit plus qu’une garderie d’enfants turbulents en même temps qu’un passe-temps pour des laïcs retraités (reconvertis en animateurs) se prenant au sérieux devant des assemblées prêtes à faire (ronde d'enfants autour de l'autel) et à chanter n’importe quoi (Patrick Richard, Jo Akepsimas, John Littleton, etc).

 

 

Invoquant le "Konzilgeist", les nouveaux maîtres à penser de la pastorale liturgique encouragent les fidèles à faire n’importe quoi. Et le pire, c’est qu’ils acceptent de faire n’importe quoi ! La Liturgie de l’Église ? A quoi bon puisque les fidèles n'y connaissent plus rien. Elle est donc réservée à quelques monastères. D’où cette volonté diabolique de remplacer, dans la plupart des paroisses, le Missel Romain par des équipes inter-paroissiales plus ou moins "protestantisées" et dont les membres anti-romains les plus influents n’ont jamais étudié ni la Liturgie, ni le Concile, ni même le Missel. Demandez à ces "spécialistes" qui s'amusent, du haut de leurs deux pommes théologiques, à regarder avec condescendance l'humble fidèle des campagnes qui, avec sa "foi de charbonnier", n'a jamais voulu qu'on lui "change la religion" ce qu'est le Graduale Romanum, Sacrosanctum Concilium ou même un simple Kyriale et, au meilleur des cas, ils vous regarderont bizarrement en se demandant quelle langue vous pouvez bien parler (au pire des cas, et votre serviteur en a fait les frais, ils vous insulteront "d'intégriste", le mot qui tue). « Je suis convaincu que la crise de l'Église que nous vivons aujourd'hui repose largement sur la désintégration de la Liturgie » (Cardinal Ratzinger). Plus que jamais, il est nécessaire de s’opposer à cette pastorale qui, depuis plus de 50 ans, est menée par des clercs et des laïcs incapables de penser la Liturgie telle qu’elle devrait être, c’est-à-dire enracinée dans son histoire et non dans la volonté de plaire aux fidèles, dans la tradition et non dans l’éphémère, dans la foi de l’Église et non dans un sentimentalisme malsain. Il en va de la survie de l'Église !

 

 

Illustration : "Acolyte" (1889), huile sur toile de George Walton

jesuspretre« (...) Il existe trois mots, empruntés à une prière traditionnelle, qui résument bien l'attitude que devrait avoir tout célébrant : "digne", "attentive", "dévote", tant il est vrai que le célébrant est lui-même un signe. En tant que personne consacrée et instrument de l'action du Christ glorieux, qui est l'acteur principal des actions sacramentelles, le ministre ordonné, de même aussi que le fidèle laïc député selon les normes du droit, doit laisser transparaître le mystère qui est célébré, de telle manière que la communauté puisse être en mesure de percevoir que le ministre en question n'est ni un acteur de théâtre, ni un fonctionnaire, mais qu'il est un croyant saisi par la présence ineffable de Celui qui ne peut être vu avec les yeux de la chair, mais qui est plus réel que tout ce qui appartient à l'univers de l'expérience sensorielle. Une célébration liturgique "digne" doit tout d'abord être empreinte de la beauté du lieu où elle se déroule, et des objets du culte, qui sont employés, même s'il s'agit d'une beauté simple et essentielle. Elle comporte aussi la propreté des vêtements liturgiques et la qualité des vases sacrés. En revanche, si une telle célébration revêt un aspect théâtral, elle ne peut pas être considérée comme vraiment "digne"; en effet, bien loin d'être un spectacle, une célébration liturgique a une dimension avant tout religieuse et spirituelle. Enfin, cette notion de dignité inclut la nécessité d'accompagner les célébrations par des mouvements appropriés à la liturgie, c'est-à-dire qui soient accomplis sans empressement, avec une certaine lenteur et élégance, mais sans affectation.
Ensuite, une célébration liturgique doit être "attentive", ce qui exige un effort particulier de la part du célébrant afin que, dans la mesure du possible, il évite les distractions, surtout celles qui sont volontaires. Cet adjectif "attentive" permet d'insister sur la volonté de concentrer son esprit, ce qui exige une discipline des sens afin d'éviter de se laisser entraîner par ces multiples objets qui attirent le regard et troublent l'attention. La musique ne constitue évidemment pas en soi un obstacle à cette attention, car elle fait partie intégrante de la participation de la chorale et des fidèles; pourtant, on peut déplorer le fait que des pièces musicales, qui accompagnent certaines célébrations liturgiques, ne favorisent pas l'attention du célébrant et des participants. En effet, il existe des genres musicaux, trop marqués par un style théâtral, qui mettent en évidence d'une manière excessive les qualités artistiques des interprètes, ce qui a pour effet de provoquer de regrettables distractions chez ceux qui participent à la célébration liturgique. Il est donc tout à fait regrettable que, dans certains cas, la célébration de la Très Sainte Eucharistie soit perçue en quelque sorte comme un élément secondaire par rapport à l'exécution d'un morceau de musique célèbre, qui met en relief la qualité du compositeur et la virtuosité des interprètes. Il est certain que des pratiques de ce genre ne contribuent pas à renforcer le sens religieux et le recueillement, et il convient de noter, à ce propos, que, au contraire, l'emploi du chant grégorien et de la polyphonie de grande qualité, qui sont au service de la liturgie, ne comportent pas ce genre de conséquences particulièrement néfastes. L' "attention" demande encore le silence, c'est-à-dire bien sûr et avant tout le "silence intérieur", ou, si l'on veut, un coeur apaisé et calme, ce qui implique bien évidemment le silence extérieur. Les bavardages et les commentaires des concélébrants entre eux, ou avec les autres ministres qui sont assis non loin d'eux, sont le signe d'un esprit indiscipliné, et ils constituent un mauvais exemple pour les fidèles. Au contraire, l'attention requise durant une célébration liturgique exige, comme condition préalable, une préparation soignée de cette célébration, afin qu'elle se déroule d'une manière ordonnée, sans donner l'impression que ses divers éléments sont laissés à l'improvisation.
Enfin, la célébration doit être "dévote", ce qui signifie une attitude empreinte de respect, d'amour de Dieu, de sens religieux, et d'attention à l'égard de ce qui est "l'unique nécessaire" (Lc 10, 42). Dans la langue française, l'adjectif "dévot" peut être illustré par le mot : "pieux". Il est possible de définir ce terme de "dévot" de la manière suivante : "une personne dévote est quelqu'un qui est conscient que sa vie n'a aucun sens si elle n'est pas reliée intimement à Dieu", ou, en d'autres termes, c'est l'attitude de celui qui veut vivre d'une manière totalement cohérente avec sa consécration baptismale, et en suivant le programme que Saint Paul a résumé en quelques mots : "Si nous vivons, nous vivons pour le Seigneur; si nous mourons, nous mourons pour le Seigneur. Vivants ou morts, nous appartenons au Seigneur" (Rm 14, 8). Cela signifie donc qu'une personne dévote est "totalement dévouée au Seigneur".

 

Celui qui participe à une action liturgique ne devrait pas entrer sans transition dans la célébration sacrée en passant de ses occupations profanes, même si elles sont respectables et bonnes, à la prière communautaire. Il est nécessaire de respecter un certain laps de temps, même s'il est bref, qui doit être marqué par le silence, le recueillement et la prière. Un exemple saisissant, à ce sujet, est celui des moines qui, avant de pénétrer dans l'église du monastère pour y célébrer l'Office Divin - encore appelé : "Liturgie des Heures" - restent debout et en silence dans le cloître, afin de recueillir leur esprit avant de s'adonner à la psalmodie. C'est cette même finalité qui est visée par les prières que le célébrant récite en revêtant les ornements liturgiques, juste avant le début de la célébration.
En conclusion, on peut affirmer que les réflexions qui viennent d'être formulées proviennent de la première des dispositions qui est requise pour une participation authentique à la célébration liturgique : il s'agit de la foi, qui, elle-même, dévoile les diverses significations, très riches, des signes liturgiques; la foi, qui, seule, permet au ministre ordonné de s'acquitter de son rôle sacré d'instrument du Christ et de serviteur de son Corps, qu'est la Sainte Eglise. (...) »

 

Pro Liturgia

Depuis que le pape Benoît XVI a publié différents documents libéralisant la forme "tridentine" de la liturgie et levant l'excommunication des évêques sacrés par Mgr Lefebvre, il se dit tout et n'importe quoi.
Pour certains "traditionalistes", on aurait à présent la preuve que le pape veut prendre ses distances avec Vatican II et généraliser peu à peu la messe d'avant le Concile. Victoire ! Pour les très nombreux prétendus "conciliaires" (ceux qui parlent sans cesse de Vatican II en se gardant bien d'en appliquer les enseignements) on a la preuve que le pape cherche le moyen de ne pas appliquer le Concile. Horreur !
Chacun y va de ses interprétations qui sont uniquement le reflet des espérances ou des craintes de l'instant. Les uns crient victoire : avec Benoît XVI, c'est le retour de la "tradition" et le rétablissement définitif de la messe "de toujours", de la liturgie prétendue "traditionnelle"... Les autres crient au scandale : le pape donne les clés de l'Eglise aux "intégristes". C'est un "retour en arrière" !

 

 

 

messeplage.jpegPartout on suppute, on imagine, on interprète, on espère, on craint... et tout ceci sans même prendre le temps de lire les documents officiels qui permettraient de comprendre ce que veut le Successeur de Pierre. Mais que veut-il, pour le bien de l'Eglise du Christ qui lui a été confiée sur cette terre ?
Benoît XVI veut-il s'écarter du Concile ? Disons très clairement "non". Il l'a dit dès le début de son pontificat et l'a répété à plusieurs occasions : il n'est absolument pas question de revenir sur le Concile ou d'en critiquer le bien-fondé. Benoît XVI a même déclaré aux fidèles qui ont suivi Mgr Lefebvre que si ces derniers voulaient avoir leur place dans l'Eglise, ils devraient accepter Vatican II selon une herméneutique de "non-discontinuité", de "non-rupture" avec la Tradition. Les choses sont donc claires et il faudrait qu'on cesse de raconter n'importe quoi d'un côté comme de l'autre. La seule chose que l'on puisse affirmer sans craindre de se tromper, c'est que Benoît XVI veut corriger tout ce qui s'est fait durant des années en se couvrant abusivement de l'autorité de Vatican II. Et dans ce domaine, il y a énormément de travail ! Autre question : Benoît XVI veut-il dispenser les fidèles "traditionalistes" de participer à la liturgie voulue par le Concile (la forme "ordinaire" du rite romain) ? Là encore, il faut répondre clairement "non". 
Celui qui prend le temps de lire attentivement le Motu proprio Summorum pontificum, s'aperçoit que le Souverain Pontife n'a jamais voulu pérenniser (comme l'espèrent ou le font croire certains "traditionalistes") la liturgie en usage avant le Concile. Il faut être très clair là-dessus. 
Benoît XVI écrit aux évêques (insistons : c'est le pape lui-même qui écrit et qui explique aux évêques) : « J'en arrive ainsi à la raison positive qui est le motif (notons bien les mots employés : "raison positive" et "motif") qui me fait actualiser par ce Motu Proprio celui de 1988. Il s'agit de parvenir à une réconciliation interne au sein de l'Eglise ». Le seul but que poursuit Benoît XVI est la réconciliation interne au sein de l'Eglise. Il n'a rien d'autre en vue. Et c'est déjà essentiel !
Autrement dit, le Souverain Pontife veut que tous les fidèles puissent trouver leur place au sein de l'Eglise. Il le redit quelques lignes plus loin dans son message aux évêques : l'histoire de l'Eglise « nous impose aujourd'hui une obligation : faire tous les efforts afin que tous ceux qui désirent réellement l'unité aient la possibilité de rester dans cette unité ou de la retrouver à nouveau ». L'unité dans l'Eglise est le souci majeur du Saint-Père et il faut avoir un souci particulier pour tous les fidèles qui la désirent "réellement".
La possibilité de célébrer selon l'ancienne liturgie et la levée des excommunications ne sont en aucun cas des fins, mais sont des moyens que donne le Saint-Père pour atteindre un but qui découle de sa mission à la tête de l'Eglise.
Ceux qui se limitent à des histoires de rites montrent qu'ils n'ont peut-être pas compris grand-chose au vrai projet initié par Benoît XVI pour redynamiser l'Eglise : ce projet vise l'unité de l'Eglise et rien d'autre.

 

Pro Liturgia

http://img.over-blog.com/400x271/0/21/41/34/r-pertoire-2/sainteugenesaintececile.jpgExtrait du N°1468 de "L'Homme Nouveau", sous la plume de l'Abbé Eric Iborra :
"Loin d'être un aspect anecdotique de la vie de l'Eglise, la liturgie - comme l'a d'ailleurs proclamé le dernier Concile - en est plutôt le centre. La liturgie est en effet le lieu où le Verbe est accessible par-delà l'épaisseur de l'histoire : par la liturgie s'actualise la présence de Celui qui est le médiateur et le contenu de la Révélation, l'interlocuteur divin par excellence. Par la liturgie, nous pouvons être rendus participants du dialogue intratrinitaire entre le Père et le Fils, trouver notre véritable "demeure" en tant que chrétiens. C'est la communauté liturgique aussi qui permet d'avoir une vision plus juste de la Révélation et de son support, l'Ecriture. Il n'y a, en effet, pas de compréhension possible des Ecritures en dehors de la communauté qui les a produites et qui, dès lors, est seule apte à les interpréter. Dans l'acte liturgique [expliquera Benoît XVI], les verba multa des livres bibliques deviennent le Verbum unum, à la fois parole et nourriture dans l'Eucharistie. La liturgie est ainsi un lieu théologique, sinon le lieu théologique par excellence. Elle est ce qui fait que la doctrine chrétienne ne dégénère pas en idéologie mais fructifie en confession.
L'existence chrétienne est cultuelle : elle consiste à rendre à Dieu un culte raisonnable, une logikè latreia, un culte selon le Logos. Rendre un culte à Dieu, c'est vivre selon le Logos fait chair, selon le Christ qui s'offre au Père dans l'acte central de sa vie, le sacrifice de la Croix. Le culte de l'Eucharistie est ainsi au centre de la vie chrétienne. La beauté du geste de Dieu qui offre son Fils et la beauté du geste du Christ qui s'offre - avec nous tous - à son Père doit transparaître dans la beauté du culte. Pour Ratzinger, la beauté n'est pas de l'ordre du subjectif. Elle a un fondement dans l'être, elle est rationnelle, elle est "selon le Logos". Ses écrits sur la liturgie occupent une place importante dans son oeuvre, et par leur diversité, et pas leur qualité. Par l'attachement aussi qu'il leur porte : il a voulu que le premier tome à paraître de ses Oeuvres complètes les contienne.
Toucher à la liturgie, c'est toucher à la relation vitale entre le chrétien et Dieu. C'est pourquoi [le Cardinal Ratzinger] a très rapidement déploré le tour pris par l'application de la Constitution conciliaire sur la liturgie. Il voit dans la "créativité" liturgique issue de certains milieux l'expression d'une mainmise qui hypertrophie la dimension anthropologique en la déséquilibrant au détriment de ses dimensions cosmologiques (dans laquelle elle doit s'insérer) et théologique (qui en est le fondement). La communauté finit par s'autocélébrer, reproduisant "la danse des Hébreux autour du veau d'or", par pâtir d'un néocléricalisme qu'autorisent souvent les multiples possibilités laissées au choix du célébrant par les livres réformés, néocléricalisme qui touche autant le clergé que les laïcs.
Ratzinger milite aussi pour une redécouverte de l'orientation. La liturgie eucharistique se célèbre face à l'Orient, face au Christ ressuscité symbolisé cosmiquement par le soleil levant, à la rigueur par la croix posée sur l'autel. La "participation active des fidèles" voulue par le mouvement liturgique de l'entre-deux-guerres, se réalise avant tout par l'union des fidèles à l'action qu'accomplit le Christ représenté sacramentellement par le prêtre. Cette participation requiert une certaine séparation d'avec l'agitation et les habitudes du monde; elle suppose un silence intérieur propice à l'union et à la conversion. Elle a besoin du chant dans ce qu'il a de meilleur, pour sublimer la parole - toujours prompte au verbiage - et de retrouver le chant secret qui gît au fond des choses, la louange muette du cosmos dans laquelle elle a à s'insérer pour la récapituler et l'offrir.
C'est ainsi que la pensée théologique de Ratzinger est éminemment christocentrique et ecclésiale en même temps que pratique, c'est-à-dire visant la sanctification des chrétiens. Elle se méfie de l'esprit du temps qui cherche soit à séculariser la transcendance du salut dans des réalisations utopiques et souvent destructrices (du joachimisme au marxisme ou à l'écologisme), soit à étouffer toute vie intérieure par le matérialisme pratique du consumérisme et de l'hédonisme subjectiviste érigé en unique norme de vie qui aboutit au relativisme éthique, destructeur de la société. (...)"

« Les liturgies civiles des siècles passés tout comme celles de notre époque, tels les concerts de musique rock, célèbrent des idoles "œuvres des mains de l'homme" (cf. Ps. 115, 4). Toutefois, on note que, ces dernières années, les liturgies religieuses elles-mêmes sont devenues des "danses autour de ce veau d'or que nous sommes". Notons au passage que, aujourd'hui, le mot liturgie est préféré à celui de culte, peut-être parce qu'on a tendance à valoriser exagérément la place prise par le peuple, et son rôle, durant l'action sacrée, au détriment du temps consacré à Dieu. Cette observation, prononcée sur un ton douloureux durant une méditation vigoureuse du Chemin de Croix 2005, provient du pape, alors qu'il n'était encore que le Cardinal Ratzinger. Celui-ci affirma donc sans détour ce que la liturgie ne peut pas être, pour cette simple raison : étant donné que nous ne sommes pas Dieu, nous nous égarons si nous consentons à nous adorer nous-mêmes. On est arrivé à ce point de dégradation parce que, sans doute, le mouvement liturgique a été déformé, aussi bien par ceux qui considéraient que ce qui est nouveau constitue toujours ce qui est le meilleur, [que] par les partisans d'une reproduction à l'identique de situations désormais obsolètes. (...) Ces deux positions sont finalement contradictoires. La liturgie n'a plus été considérée comme un donné offert et reçu d'en haut, comme ce fut le cas pour la Parole de Dieu, au Sinaï, elle qui est lumière et loi sur notre chemin. Elle est plutôt devenue un don fait à soi-même, une "auto-fabrication" venue d'en-bas, ce veau d'or autour duquel on danse. (...) Comme elle est grande la responsabilité des évêques et des prêtres dans tout ce qui s'est passé ! Cela signifie donc, concrètement, céder à la tentation de prendre la place de Dieu. Il est vrai que la liturgie a toujours besoin de réformes, car le culte est en rapport avec le sacré, c'est-à-dire qu'il concerne notre relation avec Dieu qui s'est incarné. Toutefois, la liturgie descend du ciel sur la terre; elle ne peut donc pas être une "liturgie faite par soi-même". De fait, si la liturgie n'était pas sacrée, si le culte n'était pas divin, elle ne servirait à rien, sinon à se représenter soi-même et, surtout, elle ne sauverait pas l'homme et le monde, elle n'aurait aucun effet sanctifiant. (...) C'est pourquoi nous devons retrouver avec courage le sens du sacré, le courage de distinguer ce qui est chrétien et ce qui ne l'est pas; non pas pour dresser des barrières, mais pour transformer, pour être vraiment dynamiques ».

 

Mgr Nicola BUX, Consulteur à la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, La réforme de Benoît XVI, éd. Tempora (pp. 23-26)

ratzinger-gamber« Un jeune prêtre me disait récemment : il nous faudrait aujourd'hui un nouveau mouvement liturgique. C'était là l'expression d'un souci que, de nos jours, seuls des esprits volontairement superficiels pourraient écarter. Ce qui importait à ce prêtre, ce n'était pas de conquérir de nouvelles et audacieuses libertés : quelle liberté ne s'est-on pas déjà arrogée ? Il sentait que nous avions besoin d'un nouveau commencement issu de l'intime de la liturgie, comme l'avait voulu le mouvement liturgique lorsqu'il était à l'apogée de sa véritable nature, lorsqu'il ne s'agissait pas de fabriquer des textes, d'inventer des actions et des formes, mais de redécouvrir le centre vivant, de pénétrer dans le tissu proprement dit de la liturgie, pour que l'accomplissement de celle-ci soit issu de sa substance même. La réforme liturgique, dans sa réalisation concrète, s'est éloignée toujours davantage de cette origine. Le résultat n'a pas été une réanimation mais une dévastation. D'un côté, on a une liturgie dégénérée en show, où l'on essaie de rendre la religion intéressante à l'aide de bêtises à la mode et de maximes morales aguichantes, avec des succès momentanés dans le groupe des fabricants liturgiques, et une attitude de recul d'autant plus prononcée chez ceux qui cherchent dans la liturgie non pas le showmaster spirituel, mais la rencontre avec le Dieu vivant devant qui tout "faire" devient insignifiant, seule cette rencontre étant capable de nous faire accéder aux vraies richesses de l'être. De l'autre côté, il y a conservation des formes rituelles dont la grandeur émeut toujours, mais qui, poussée à l'extrême, manifeste un isolement opiniâtre et ne laisse finalement que tristesse. Certes, il reste entre les deux tous les prêtres et leurs paroissiens qui célèbrent la nouvelle liturgie avec respect et solennité; mais ils sont remis en question par la contradiction entre les deux extrêmes, et le manque d'unité interne dans l'Eglise fait finalement paraître leur fidélité, à tort pour beaucoup d'entre eux, comme une simple variété personnelle de néoconservatisme. Parce qu'il en est ainsi, une nouvelle impulsion spirituelle est nécessaire pour que la liturgie soit à nouveau pour nous une activité communautaire de l'Eglise et qu'elle soit arrachée à l'arbitraire des curés et de leurs équipes liturgiques. On ne peut pas "fabriquer" un mouvement liturgique de cette sorte - pas plus qu'on ne peut "fabriquer" quelque chose de vivant - mais on peut contribuer à son développement en s'efforçant d'assimiler à nouveau l'esprit de la liturgie et en défendant publiquement ce qu'on a ainsi reçu. Ce nouveau départ a besoin de "pères" qui soient des modèles, et qui ne se contentent pas d'indiquer la voie à suivre. Qui cherche aujourd'hui de tels "pères" rencontrera immanquablement la personne de Mgr Klaus Gamber, qui nous a malheureusement été enlevé trop tôt, mais qui peut-être, précisément en nous quittant, nous est devenu véritablement présent dans toute la force des perspectives qu'il nous a ouvertes. Justement parce qu'en nous quittant il échappe à la querelle des partis, il pourrait, en cette heure de détresse, devenir le "père" d'un nouveau départ. Gamber a porté de tout son coeur l'espoir de l'ancien mouvement liturgique. Sans doute, parce qu'il venait d'une école étrangère, est-il resté un outsider sur la scène allemande, où on ne voulait pas vraiment l'admettre; encore récemment une thèse a rencontré des difficultés importantes parce que le jeune chercheur avait osé citer Gamber trop abondamment et avec trop de bienveillance. Mais peut-être que cette mise à l'écart a été providentielle, parce qu'elle a forcé Gamber à suivre sa propre voie et qu'elle lui a évité le poids du conformisme. Il est difficile d'exprimer en peu de mots ce qui, dans la querelle des liturgistes, est vraiment essentiel et ce qui ne l'est pas.

 

Peut-être que l'indication suivante pourrait être utile. J. A. Jungmann, l'un des vraiment grands liturgistes de notre siècle, avait défini en son temps la liturgie, telle qu'on l'entendait en Occident en se la représentant surtout à travers la recherche historique, comme une "liturgie fruit d'un développement"; probablement aussi par contraste avec la notion orientale qui ne voit pas dans la liturgie le devenir et la croissance historiques, mais seulement le reflet de la liturgie éternelle, dont la lumière, à travers le déroulement sacré, éclaire notre temps changeant de sa beauté et de sa grandeur immuables. Les deux conceptions sont légitimes et ne sont en définitive pas inconciliables. Ce qui s'est passé après le Concile signifie tout autre chose : à la place de la liturgie fruit d'un développement continu, on a mis une liturgie fabriquée. On est sorti du processus vivant de croissance et de devenir pour entrer dans la fabrication. On n'a plus voulu continuer le devenir et la maturation organiques du vivant à travers les siècles, et on les a remplacés - à la manière de la production technique - par une fabrication, produit banal de l'instant. Gamber, avec la vigilance d'un authentique voyant et avec l'intrépidité d'un vrai témoin, s'est opposé à cette falsification et nous a enseigné inlassablement la vivante plénitude d'une liturgie véritable, grâce à sa connaissance incroyablement riche des sources. En homme qui connaissait et aimait l'histoire, il nous a montré les formes multiples du devenir et du chemin de la liturgie; en homme qui voyait l'histoire de l'intérieur, il a vu dans ce développement et le fruit de ce développement le reflet intangible de la liturgie éternelle, laquelle n'est pas objet de notre faire, mais qui peut continuer merveilleusement à mûrir et à s'épanouir, si nous nous unissons intimement à son mystère. La mort de cet homme et prêtre éminent devrait nous stimuler; son oeuvre pourrait nous aider à prendre un nouvel élan » 

 

Mgr Klaus GAMBER, “Die Reform der römischen Liturgie - Vorgeschichte und Problematik"

Préface intégrale de Son Eminence le Cardinal Ratzinger : « L’intrépidité d’un vrai témoin »

Dans un article publié sur le site Internet de la Conférence des Evêques de France (CEF), on lit que « la réforme liturgique a provoqué, notamment en France, des tensions entre les fidèles adoptant cette réforme et une petite minorité qui a souhaité rester attachée à l'ancien rite, presque inchangé depuis le Concile de Trente au XVIe siècle ».
Une telle affirmation ne correspond pas du tout à la vérité des faits.
Où les évêques ont-il vu que des fidèles ont adopté cette réforme ? Mieux : qu'on les autorise à adopter la réforme liturgique ? Quasiment nulle part. De nombreux ouvrages qui traitent de la question attestent qu'au lendemain de Vatican II, ce n'est pas une réforme qui a eu lieu, mais une dévastation de la liturgie.

  


sixtinebenoitXVI

Sa Sainteté le Pape Benoît XVI en la Chapelle Sixtine

Liturgie selon le Missel Romain de 2002 (forme ordinaire)

 

 

Contrairement à ce qui est affirmé sur le site de la Conférence des Evêques de France, la tension, après Vatican II, n'a pas été entre les fidèles adoptant la réforme liturgique conciliaire et les fidèles la refusant, mais bien entre des fidèles qui, soutenus par des évêques, se sont réclamés du Concile pour massacrer la liturgie et les autres fidèles qui souhaitaient vraiment mettre en oeuvre le Missel Romain approuvé par Paul VI.
C'est sur cette tension-là que s'est greffé le mouvement lefebvriste qui a conduit au refus pur et simple de la liturgie actuelle; et ce mouvement n'a pu prendre de l'ampleur que parce que les fidèles qui se réclamaient du Concile ont réussi à introduire partout - ou presque - des célébrations liturgiques qui n'étaient en rien conformes à ce que Vatican II avait vraiment demandé. Le mouvement lefebvriste a pu connaître un certain succès d'abord parce que des évêques eux-mêmes ont orchestré une désacralisation de la liturgie et ont placardisé les prêtres qui souhaitaient célébrer la liturgie restaurée de façon fidèle et exemplaire.
Par souci de vérité, il faut redire que c'est moins le refus de Mgr Lefebvre que la "trahison des clercs", au lendemain de Vatican II, qui a provoqué les tensions.
Et tout le monde peut constater qu'aujourd'hui encore, dans les paroisses, ce sont généralement ceux qui se réclament le plus du Concile qui se montrent les plus prompts à en trahir les principes.
Bien des prêtres de France - et parmi eux des évêques - se sont comportés comme des fossoyeurs de la liturgie romaine restaurée à la suite de Vatican II : ce sont eux qui ont systématiquement retourné les autels [ou supprimé le Crucifix sur l'autel si ce dernier n'est pas orienté], interdit le latin et le grégorien, liquidé les agenouilloirs, obligé à recevoir la sainte communion debout et sur la main, [« Ceux qui ont retiré les agenouilloirs dans les églises ont fait du mal à la communauté catholique. L’Eglise n’a jamais demandé ça. Rome n’a jamais demandé ça. C’est comme dans les églises où on a enlevé les bancs de communion. L’Eglise de Rome n’a jamais demandé qu’on enlève les bancs de communion » (Son Eminence le Cardinal Francis Arinze)], limité l'usage de tous les signes sacrés (encens, vêtements liturgiques), favorisé les ADAP et les absolutions collectives. Ce sont eux et personne d'autre qui ont manoeuvré pour réduire au silence les fidèles qui désapprouvaient ouvertement des façons de célébrer l'Eucharistie très éloignées du Missel Romain donné par Paul VI...
Ainsi, prétendre que les "problèmes liturgiques" sont nés d'une opposition entre ceux qui acceptaient le Concile et ce qui le refusaient est une affirmation qui n'a aucun fondement.
Il faut se relire "Les fumées de Satan", ouvrage publié en 1976 par André Mignot et Michel de Saint-Pierre, pour comprendre ce que fut la réalité de l'Eglise en France dans l'immédiat après-Concile et pour savoir jusqu'où a pu aller l'inertie de tout un épiscopat.

 

Pro Liturgia

1- L’usage du latin : "La transsubstantiation, mystère de foi inaccessible aux sens, peut dans une certaine mesure être éclairée par la théologie, fides quarens intellectum. Mais elle reste un mystère, et il est bon de le souligner. L’emploi du latin, que ce soit dans l’ancien ou dans le nouveau missel, peut être un moyen de mettre en relief ce caractère sacré et mystérieux, comme un voile léger qui fait qu’on ne touche pas à main nue le mystère. (…) On pourrait comparer l’usage du latin à celui par nos frères orientaux de l’iconostase. Celle-ci souligne de façon éloquente le caractère éminemment transcendant et mystérieux de ce qui s’accomplit durant la célébration." (p. 24-25)

 


2- L’homme moderne recherche le sacré : "Il est probable que dans une célébration de la messe selon l’ancien missel, il est d’emblée plus visible que la messe est un acte du Christ et non des hommes, et que son caractère mystérieux et mystagogique est perceptible de façon plus immédiate. L’homme moderne, dans une civilisation technicisée à outrance, recherche le sacré qui lui est manifesté et rendu présent par le mystère." (p. 26-27)
 


3- L’offertoire de la forme ordinaire : "L’offertoire de la forme ordinaire souligne, et c’est heureux, que la matière du sacrifice provient de la création et du travail des hommes. Le pain et le vin, du fait de l’art et du labeur que requiert leur fabrication, représentent d’une certaine manière toute l’activité humaine, offerte à Dieu pour sa gloire. Le vénérable Pie XII l’avait déjà signalé : ‘’Le travail de l’homme et le fruit de ses efforts servent à l’action de grâces et à l’adoration, à l’expiation et à la prière ; ils préparent la matière qui sera convertie en nourriture et en boisson pour la vie de l’âme. C’est toute la vie humaine qui reçoit un sens religieux et une consécration.’’ Néanmoins, il est clair que ce ne sont pas le pain et le vin simpliciter qui sont offerts à Dieu, mais le pain et le vin en tant qu’ils seront, par la mystérieuse conversion eucharistique, transsustantiés au Corps et au Sang du Seigneur.’’ (p. 28-29)
 


4- L’offertoire de la forme extraordinaire : "Dans l’ancien offertoire, par le phénomène liturgique de la prolepse, on anticipe la conversion eucharistique pour offrir à Dieu non plus le pain et le vin, mais la divine Victime que l’on a déjà en vue comme sacrifice de propitiation. (…) La prière pour l’oblation du calice met également bien en lumière deux vérités importantes, celle de l’universalité du salut qui nous a été acquis par le Christ, et d’autre part que le sacrifice de la messe applique ce salut aux âmes." (p. 29-30)
 


5- Le caractère sacrificiel de la messe : "Comme l’affirme infailliblement le concile de Trente, la messe est réellement un sacrifice propitiatoire, offert pour les vivants et pour les morts. Nul ne songe à soutenir que la forme ordinaire va à l’encontre de cette affirmation dogmatique; cependant, il est clair que la forme extraordinaire met beaucoup plus en lumière cette notion si importante, comme en témoigne par exemple la prière Suscipe… La prière Placeat tibi, après la bénédiction finale, manifeste également cette vérité dogmatique…" (p. 31)
 


6- L’importance de la notion de sacrifice : "Ceci est capital, spécialement de nos jours où règne une grande confusion. Chez un nombre non négligeable de fidèles, les fins dernières sont souvent ignorées, des notions comme la métempsychose sont parfois acceptées sans difficulté, l’idée même d’un sacrifice offert pour la rédemption des péchés n’est plus acceptés. Cela découle sans doute, comme l’avait diagnostiqué le bienheureux Jean-Paul II, d’une perte du sens du péché. Citant le vénérable Pie XII, il disait : ‘’Le péché de ce siècle est la perte du sens du péché.’’ Dans le deuxième tome de son ‘’Jésus de Nazareth’’, le pape Benoît XVI a bien montré, à l’encontre de certaines conceptions théologiques d’aujourd’hui, que l’institution de l’Eucharistie au soir de la dernière Cène se situe bien dans le cadre précis d’un sacrifice d’expiation pour les péchés de la multitude. Il est urgent d’en redonner le sens dans la catéchèse sur la messe." (p. 32-33)
 


7- L’importance des fins dernières : "Comme il est urgent de redonner aux fidèles le sens des fins dernières, de la gravité de la vie humaine, qui est en dernière analyse un choix pour ou contre Dieu. Il est urgent de rétablir ce grand courant de charité entre l’Église militante et l’Église souffrante, en enseignant aux fidèles que leurs défunts ne vont ni nécessairement ni toujours immédiatement, et qu’il est de leur devoir de prier pour le salut et le repos de leurs âmes, ainsi que pour toutes les âmes du purgatoire. Il est important de leur enseigner que le saint sacrifice de la messe est le moyen le plus puissant pour soulager et délivrer les âmes du purgatoire. Certaines prières de l’ancien missel peuvent aider à mettre mieux en lumière ces notions." (p. 33-34)

8- Le silence et la participation active : "À propos de la participatio actuosa, cette participation active recommandée par le Concile, le Saint-Père a fait observer : ‘’Le recueillement et le silence, au moins quelques minutes avant le début de la liturgie, le jeûne et, lorsque cela est nécessaire, la confession sacramentelle, favorisent, par exemple, cette disposition intérieure.’’ La participatio actuosa ne se traduit pas nécessairement en des gestes ou en des paroles. La vraie participation active est celle du cœur, celle qui engage tout l’être de l’homme et qui se traduit par un intense recueillement intérieur, qui n’a pas toujours besoin de s’extérioriser. L’ancien missel favorise sans doute une participatio actuosa plus intérieure que le nouveau.’’ (p. 36)

 


9- Redécouvrir le silence de l’ancien missel : "L’ancien missel est beaucoup plus riche sous ce rapport. L’offertoire y est entièrement en silence, ainsi que le Canon. Cela pourrait inspirer l’introduction dans le nouveau missel de temps de prière silencieuse plus nombreux ou plus longs. Le cardinal Ratzinger avait déclaré en 1978, et il l’a redit dans l’Esprit de la liturgie, ‘’qu’il n’y a rien d’obligatoire à réciter le Canon en entier à haute voix.’’ Il proposait que le prêtre prononce à haute voix les premiers mots des diverses prières, en sorte que chacun puisse s’unir à la récitation silencieuse de la Prière eucharistique." (p. 38-39)
 


10- La différence entre le sacerdoce commun et le sacerdoce hiérarchique : "De nos jours, il règne souvent une grande confusion quant à la différence entre le sacerdoce commun des fidèles et le sacerdoce hiérarchique, différence qui n’est pas que de degré mais qui est ontologique. (…) L’ancien missel manifeste sans doute plus fortement que le nouveau cette différence entre les deux formes de sacerdoce. (…) Il y a tout d’abord deux confessions des péchés, celle du célébrant et celle des fidèles. (…) De même, il y a dans l’ancien missel une différence plus nettement marquée entre la communion du prêtre et celle des fidèles… Certaines traductions liturgiques du nouveau missel accentuent cet effacement de la distinction des deux sacerdoces. (…) Le nouveau missel pourrait s’inspirer de l’ancien pour mieux manifester la distinction des deux types de sacerdoce." (p. 43-46)
 


11- L’ajout des nouveaux saints : "Il semble indispensable que l’ancien missel s’enrichisse également des fêtes des nouveaux saints, et il y en a eu beaucoup depuis la réforme liturgique. Les messes des nouveaux saints pourraient être prises parmi les messes du Commun, mais avec des oraisons propres, qui seraient communes à l’ancien et au nouveau missel. (…) L’ancien missel pourrait également accueillir avec fruit de nouvelles Préfaces (…) Le nouveau missel, lui, pourrait reprendre l’Octave de la Pentecôte : c’est un peu dommage de devoir reprendre les ornements verts dès le lundi de la Pentecôte." (p. 48-50)
 


12- La réception de la sainte communion : "Mais il me semble en revanche de la plus haute importance de réintroduire l’usage, là où il a disparu, parfois sous la pression des clercs eux-mêmes, de la communion à genoux et dans la bouche. Cela correspond à la pensée et à la pratique du Saint-Père Benoît XVI. Le nouveau missel prévoit expressément que les fidèles doivent se mettre à genoux lors de la consécration (…) L’instruction Memoriale Domini a réaffirmé que la norme générale pour la réception de la sainte communion demeure la réception dans la bouche, la réception dans la main n’étant qu’un indult, pour prévenir des abus qui s’étaient déjà introduits. (…) Au cours des célébrations selon l’ancien missel, il est constant que les fidèles communient à genoux, sauf empêchement, et dans la bouche. Cet exemple peut être bénéfique pour les fidèles habitués au nouveau missel." (p. 51-53)
 


13- Les marques de respect envers la sainte Eucharistie : "Les rubriques de l’ancien missel contiennent à cet égard de grandes richesses, dont le nouveau missel pourrait avantageusement s’inspirer. Ainsi, par exemple, le prêtre doit génuflecter avant et après à chaque fois qu’il touche l’hostie consacrée ou qu’il découvre le calice, il doit garder les extrémités du pouce et de l’index joints depuis la consécration jusqu’aux ablutions, le calice ne doit jamais sortir du corporal tant qu’il n’a pas été purifié, on accorde plus d’importance aux prières du prêtre avant la communion, etc. La multiplication, on pourrait dire le foisonnement, de ces marques de respect envers la sainte Eucharistie est une prédication silencieuse, mais très éloquente, de la foi de l’Église en la présence de son Seigneur sous les saintes espèces." (p. 53-54)
 


14- Le but du Motu Proprio Summorum Pontificum : "Dans le motu proprio Summorum Pontificum du 7 juillet 2007 et dans un esprit de réforme, le pape Benoît XVI a étendu la possibilité de célébrer la messe selon le missel de 1962, dernière édition du missel dit de Saint Pie V, publié avant le Concile par le Bienheureux Jean XXIII. Il donnait ainsi un cadre normatif précis à ce qu’il appelle désormais la ‘’forme extraordinaire’’ de l’unique rite romain. Comme on l’a dit, le Saint-Père ne prétendait pas seulement, par ce geste, réparer une injustice : n’avait-on pas interdit l’usage d’un missel qui n’avait pourtant pas été juridiquement abrogé ? Mais, avec pédagogie, il entendait réduire l’écart que l’on pouvait enregistrer dans la pratique, entre le missel tel qui avait été réformé par le pape Paul VI en 1969 et la créativité ‘’à la limite du supportable’’ (…) Aussi il me semble que la cohabitation ainsi instaurée dans l’Église latine entre les deux Missels pourrait bien avoir pour conséquence pratique, par l’enrichissement mutuel qu’elle appelle, de mieux mettre en lumière leur continuité. Ces dispositions ne pourront que servir à la mise en application de la Constitution Sacrosanctum Concilium du Concile Vatican II sur la sainte liturgie, qui a précisément inspiré la réforme de 1969, en recueillant les fruits du Mouvement liturgique sagement guidé par les Pontifes romains, à commencer par saint Pie X et le vénérable Pie XII.’’ (p. 7-9)


Source : Marc Aillet, La Liturgie de l'Esprit. Éditions Artège, 2012, Perpignan, 62 pages

Dans "La liturgie, mystère du salut", un livret d'une soixantaine de pages publié en italien par les éditions San Paolo de Milan et en français par les éditions Artège de Perpignan, Mgr Guido Marini, Maître des cérémonies pontificales du pape, revient sur 5 points qui touchent directement à la célébration de la messe : la liturgie sacrée, l'orientation de la prière, l'adoration et l'union à Dieu, la participation active, la musique sacrée ou liturgique. Celles et ceux qui lisent les publications de Pro Liturgia n'apprendront probablement rien de neuf en parcourant les lignes de Mgr Marini. Il est cependant intéressant - et surtout réconfortant - de constater qu'aujourd'hui, ce ne sont plus seulement des association comme la nôtre qui dénoncent des liturgies peu conformes à ce que Vatican II a vraiment voulu, mais aussi des prélats, des évêques, des cardinaux, le pape..

 

 

 

http://idata.over-blog.com/0/21/41/34/2010/guidomarini.gifDans le chapitre 1, Mgr Marini insiste sur le caractère "sacré" de la liturgie. Prenant appui sur le sens de la liturgie qu'ont les Orientaux et citant le Cardinal Ratzinger, l'Auteur souligne qu'il est nécessaire de souligner l' "objectivité du rite liturgique" et, reprenant les termes de l'ex-Préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, rappelle qu' "affirmer le caractère sacré de la liturgie a pour conséquence de souligner le fait qu'elle ne se nourrit pas d'inventions passagères et de trouvailles toujours plus innovantes de quelques individus ou groupes." Dans le chapitre 2, le Maître des cérémonies du Saint-Père aborde la question de "l'orientation de la prière liturgique". Rappelant que le fait de se "tourner tous ensemble vers le Seigneur" - prêtre et fidèles laïcs - au cours d'une célébration liturgique, est "une attitude extérieure qui manifeste une attitude spirituelle correcte", Mgr Marini redit combien il est capital de tout faire pour que, à la messe, ce ne soit pas le célébrant qui apparaisse comme important, mais le Seigneur : "La vue, en vérité, est obscurcie et empêchée si les yeux demeurent fixés sur ce qui est seulement présence de l'homme et de son oeuvre." D'où l'urgence de rappeler aux prêtres qu'ils ont à s'effacer au cours des célébrations, afin de laisser l'attention des fidèles se porter librement sur Celui que l'on célèbre. D'où aussi le fait qu'il est "tout à fait légitime de célébrer la messe [dans sa forme "ordinaire"] sur les anciens autels lorsque les caractéristiques architecturales et artistiques de nos églises le permettent", la messe "face au peuple" ne devant pas être tolérée dès lors qu'on cherche à la justifier à l'aide d'une quelconque théologie. Le chapitre 3 permet à l'Auteur d'insister sur l' "adoration", laquelle, il faut le reconnaître, a été rendue difficile dans les messes bavardes et agitées que nous avons souvent à subir dans nos paroisses. Jean-Paul II a enseigné que "dans l'événement pascal et dans l'Eucharistie qui l'actualise au cours des siècles, il y a un "contenu" vraiment énorme dans lequel est présente toute l'histoire en tant que destinataire de la grâce de la rédemption. Cette admiration doit toujours pénétrer l'Eglise qui se recueille dans la célébration eucharistique." Mgr Marini rebondit sur ces lignes pour rappeler que ce sont la beauté, la noblesse et l'harmonie imprégnant la liturgie qui conduisent à l'adoration et à l'union avec Dieu : "Dans la liturgie en général, et dans la liturgie eucharistique en particulier, tout [la musique, les chants, le silence, la manière de proclamer la Parole de Dieu, les vêtements liturgiques, les objets du culte, l'espace liturgique lui-même] doit être centré sur l'adoration, et tout le déroulement des rites doit aider à entrer dans l'adoration que l'Eglise fait de son Seigneur." Au chapitre 4, il est question de la "participation active". Une notion très mal comprise depuis Vatican II puisque l'expression "participatio actuosa" qui figure dans la Constitution conciliaire sur la liturgie a été mal traduite en français par "participation active". Mgr Marini rappelle qu'on "participe activement" lorsqu'on accomplit sa fonction propre - et uniquement sa fonction propre ! - au cours de la célébration liturgique, lorsqu'on suit avec attention ce qui se fait à l'autel, lorsqu'on veille à acquérir une meilleure compréhension de la Parole de Dieu, des prières et des rites, lorsqu'on unit sa voix à celle des autres dans le chant qui revient à l'assemblée... etc. "Mais tout ceci n'est cependant en rien une participation active si cela ne conduit pas à l'adoration" du Christ présent sur l'autel. Et l'Auteur de souligner que la véritable "participation active" n'est pas dans ce qui consiste à rendre immédiatement le plus de choses possibles directement compréhensibles au cours d'une célébration, puisque l'entrée dans le mystère de Dieu se fait aussi par ce qui touche le coeur. Le chapitre 5, le dernier donc, aborde la question de la musique. Evoquant les enseignements du Concile de Trente intégrés dans ceux du Concile Vatican II, Mgr Marini rappelle que "la musique sacrée n'est en aucun cas l'expression d'une pure subjectivité [mais qu'elle] doit être enracinée et s'appuyer sur les textes de l'Ecriture ou de la Tradition, afin de les célébrer et de les communiquer." Voilà pourquoi l'Eglise a toujours cherché à établir une claire distinction entre la musique sacrée et le chant liturgique - celui qui conduit à dilater la Parole de Dieu -, et les autres formes musicales. Sale temps pour les compositeurs - dont nous ne citerons pas les noms ici - qui ont manoeuvré pour que les prêtres et les équipes liturgiques farcissent les célébrations de leurs chants portant à la désacralisation !

 

Mgr Marini termine son exposé par des paroles que nous ne pouvons que faire pleinement nôtres : "Depuis quelques années se font entendre dans l'Eglise des voix qui en appellent à un nouveau mouvement liturgique, à un mouvement en partie analogue à celui qui posa les bases du second concile du Vatican et qui soit capable d'accomplir la "réforme de la réforme", de faire faire un pas de plus dans la compréhension de l'authentique esprit de la liturgie et de sa célébration. Peut-être réalisera-t-il ainsi la réforme providentielle de la liturgie que les pères conciliaires avaient appelée mais qui, dans sa réalisation, n'a pas toujours été heureuse. Il est certain que tous doivent participer à ce nouveau mouvement liturgique, à commencer par les prêtres. Puissent, avec l'aide du Seigneur et la Très Sainte Vierge Marie, les développements ultérieurs de la réforme être le fruit de notre amour sincère pour la liturgie dans la fidélité à l'Eglise et au Pape."

 

 

Mgr Guido MARINI, La liturgie, mystère du salut, Ed. Artège, Perpignan, 2010, 65 pages,

6,90 euros. Préface de Mgr Raymond Centène, Evêques de Vannes. Pro Liturgia

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