Il faut aujourd'hui reconnaître que certains de nos évêques, bien qu'ils s'en défendent, participent, par leurs silences, à la démolition de la liturgie de l'Eglise. Ainsi, dans le diocèse de Tulle, l'équipe liturgique du groupement interparoissial d'Argentat-Mercoeur-Saint-Privat organise une sortie le dimanche 6 juillet. Et le programme est le suivant : A 11h30, début de la célébration eucharistique en plein air si le temps le permet, sinon en l'église d'Auriac. A 13h00 : apéritif et pique-nique. A 15h30 : reprise de la célébration eucharistique.

 

 

On devine, en lisant un tel programme, que le niveau de compétence de l'équipe liturgique organisatrice est proche du zéro. Mais ce qui est plus dramatique, c'est le silence de l'Evêque. Celui-ci, en laissant faire, favorise la désobéissance des fidèles à ce qu'enseigne l'Eglise et leur fait perdre tout sens véritable du culte eucharistique. En laissant s'ancrer de mauvaises habitudes ou des pratiques liturgique illicite, on participe à l'instauration d'une qu'il sera par la suite impossible à redresser sans provoquer la rébellion de ceux qui s'engagent (souvent en toute bonne foi) dans les mascarades liturgiques. Rappelons ici ce qu'enseigne l'Instruction Redemptionis Sacramentum au n°60 : « Dans la célébration de la Messe, la liturgie de la Parole et la liturgie de l'Eucharistie sont étroitement liées entre elles, et elles forment un seul et même acte de culte. Il n'est donc pas licite de les séparer l'une de l'autre, ni de les célébrer en des temps et des lieux différents. De même, il n'est pas licite de célébrer les diverses parties de la sainte Messe à des moments différents, y compris durant la même journée ». La même Instruction dit encore au n°22 : « L'Evêque dirige l'Eglise particulière qui lui est confiée, et il lui appartient de régler, diriger, stimuler, parfois même de reprendre, en exerçant la charge sacrée qu'il a reçue par l'ordination épiscopale, pour édifier son troupeau dans la vérité et dans la sainteté. Il a le devoir d'expliquer le véritable sens des rites et des textes liturgiques, et c'est à lui que revient la charge de nourrir les prêtres, les diacres et les fidèles laïcs de l'esprit de la sainte Liturgie, pour qu'ils soient tous conduits à une célébration active et fructueuse de l'Eucharistie ».

 

Pro Liturgia

Il y a quelques années, il était de bon ton de ne rien dire à propos des abus liturgiques ou au sujet de l'incohérence et du grotesque dont certains faisaient preuve en prétendant mettre Vatican II en œuvre. Le tripatouillage liturgique était entré dans les habitudes, et une certaine clérocratie française - qui n'a malheureusement pas totalement disparu de nos diocèses - s'en faisaient une gloire.

 

 

 

Le fidèle qui, après avoir lu et correctement compris le Concile, se permettait de critiquer les habituelles falsifications liturgiques dont se vantait son curé ou son évêque, était immédiatement classé "réac", "anticonciliaire", "intégriste", "lefebvristes"... ces termes qu'on trouve le plus souvent chez les inlassables champions de l' "ouverture" et la "tolérance". On soupçonnait même le Cardinal Ratzinger d'être contre le Concile et de s'être rangé du côté d'Ecône. N'avait-il pas à plusieurs reprises osé dire et écrire que la liturgie traversait une grave crise ? Certains évêques français avaient pris ces propos du Préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi comme des atteintes à leur clairvoyance et à leur sens pastoral, eux qui n'avaient jamais voulu voir la moindre trace de crise liturgique... peut-être faute de regarder dans la bonne direction. Oui mais voilà : contre toute attente, le Cardinal Ratzinger est devenu le pape Benoît XVI et, à la suite de Jean-Paul II, il a continué de parler de "crise liturgique" et d' "abus" qui ont été introduits dans la pratique liturgique. Et le Cardinal Arinze, puis Mgr Ranjith, Mgr Gaidon et Mgr Bruguès, et bien d'autres se sont mis à faire les mêmes constats que le Souverain Pontife. Les propos tenus par ces Pasteurs aussi courageux que clairvoyants n'auront été des surprises que pour ceux qui se sont voilé la face durant des années, feignant de croire et faisant croire qu'il n'y a pas de crise liturgique en France puisque tout a été fait pour que le Concile soit correctement appliqué. Cette vision "gallicane" des choses, qui contredit le constat fait par le Saint-Père et par d'autres avec lui, montre bien que dans nos diocèses, peu savent encore de quoi ils parlent quand ils parlent de liturgie : nos messes paroissiales oscillant entre l'indigence et le style "Star Ac'" n'enchantent plus guère que quelques responsables diocésains organisateurs de sessions de recyclage où l'on se plaît à brasser du vent, ainsi que des fidèles vieillissants impliqués dans l' "animation liturgique" ou l'organisation de "funérailles sans prêtres" - le "must" en matière d'engagement des laïcs -.

 

La crise est ainsi niée par ceux qui se réclament d'un Concile qu'ils n'ont, au fond, jamais cherché à appliquer fidèlement puisque la lecture qu'ils en ont faite ne leur a pas permis d'en comprendre le véritable sens. La crise est ainsi niée par ceux qui célèbrent des liturgies minimalistes au cours desquelles ils cherchent à se montrer "sympa" avec tout le monde au point de conduire tout le monde à ignorer ce qu'est la célébration de l'Eucharistie. Ainsi, les "réac" d'hier qui dénonçaient les abus liturgiques sont aujourd'hui remplacés par des "néo-réac"; ce sont ceux qui persistent à ignorer cette crise liturgique profonde dont ils veulent demeurer les promoteurs et les gardiens. Voilà pourquoi l'Exhortation post-synodale Sacramentum Caritatis - et les autres documents magistériels - ne trouvent chez eux aucun écho. La crise liturgique que beaucoup de pasteurs ne se résolvent pas à voir n'est-elle pas aussi le signe qu'une partie du clergé français est aujourd'hui devenu captif d'un "système ecclésiastique trop préoccupé de sa propre survie", comme le soulignait déjà le P. de Vaucelles en 1971 (cf. revue Etudes) ?

 

Pro Liturgia

« (...) D'abord la liturgie doit avoir un caractère "sacré". Cela exige que tout soit beau et digne. Dignité des choses : ornements, vases sacrés, costumes des enfants de choeur et ornements du prêtre doivent être soignés. Un autel fait de quelques planches sur des tréteaux n'est pas digne. Un prêtre équipé d'une aube fripée, d'une chasuble malpropre ou mal ajustée, de chaussures négligées, n'exprime pas le culte d'adoration. Il faut aussi soigner gestes et attitudes. "Assueta vitescunt", disaient les anciens : "l'habitude finit par tout dégrader". Le geste liturgique n'est pas un geste de la vie courante : il exige retenue et noblesse. Une génuflexion n'est pas un mouvement gymnique, c'est un geste d'adoration. Un déplacement dans le choeur n'est pas une promenade, moins encore une course contre la montre. L'Evangile n'est pas "un bouquin" qu'on manipule, c'est le Livre, le Livre de la parole de Dieu qu'on porte en procession, qu'on ouvre avec un respect religieux, et que l'on encense. Ces exigences du geste sacré sont encore plus impératives quand le prêtre célèbre face au peuple. Il risque alors de "profaner" les gestes liturgiques. Il faut veiller en particulier aux gestes de l'offertoire et de la purification du calice. Certes, il ne s'agit pas de lenteurs excessives, moins encore d'affectation théâtrale. Ce n'est pas parce que les fidèles nous regardent que nous devons agir ainsi, mais parce que nous sommes en face de Dieu, parce que nous agissons alors, comme le dit le texte conciliaire, "in persona Christi" aux noms et place du Christ. Même s'il n'y a personne dans l'église, nos gestes doivent toujours exprimer notre respect de Dieu. Chants et prières doivent également être soignés. Les prières liturgiques ne se débitent pas : elles, se prient. Pour ce qui est des chants, il vaut mieux un répertoire moins riche et bien chanté que des programmes trop variés mais péniblement exécutés. (...) Ces remarques sont d'autant plus importantes qu'à notre époque semble diminuer le sens de Dieu, le sens de l'adoration. Je dois ajouter quelques réflexions sur les exigences de la liturgie elle-même. A l'autel nous ne sommes pas nos maîtres, nous sommes "hommes d'Eglise". C'est l'Eglise qui prie et agit par nous. C'est donc en conformité avec les directives liturgiques de l'Eglise que nous devons accomplir les rites. (...) »

 

Mgr Boillon, Evêque de Verdun, in "Eglise de Verdun", 2.12.1966

alter christus« (...) Il faut à l'Eglise un traitement de fond : il lui faut guérir en revenant à ses racines car la maladie dont elle souffre est en fait une crise de la foi qui touche les fidèles.
Mais, diront certains, les communautés comptent pourtant de très nombreux laïcs engagés! Bien entendu. Mais cet engagement est-il la foi? De nombreuses enquêtes montrent que même le croyant régulier ne reçoit plus le Credo de l'Eglise dans son intégralité. Peut-être faut-il voir là l'un des grands malentendus de ces dernières décennies: "L'Eglise vit là où des fidèles s'activent pour elle", disent certains. Mais l'activisme, le bénévolat, la générosité... ne sont pas encore une expression de la foi.
La mise en oeuvre de la réforme liturgique voulue par Vatican II est très largement tombée dans ce piège de l'activisme. Au cours d'une messe, il faut toujours qu'il se passe quelque chose et qu'un maximum de personnes fasse quelque chose. La célébration se transforme alors en évènement, en action - au sens propre des mots - parce que sans arrêt quelque chose est dit, expliqué, montré... C'est vrai, jamais dans l'Eglise on a autant usé de la parole, des signes, des slogans de toutes sortes: "Un avenir pour l'Eglise", "Croire est beau", "Une Eglise en marche", "Un peuple qui témoigne"... Mais ces déclarations sont éphémères, sans lendemain. Que faut-il alors en penser ?
Le coeur de la liturgie est essentiellement contemplation. La liturgie veut bien nous donner à écouter, mais elle veut aussi se taire; elle veut bien nous donner à voir, mais elle veut aussi nous apprendre à adorer Celui qui demeure caché; elle veut bien nous donner à comprendre, mais elle doit nous apprendre aussi à nous incliner devant le mystère. Car c'est du silence seul que peut jaillir un véritable discours sur Dieu; c'est seulement de la reconnaissance de nos limites et de notre incapacité à tout comprendre que peut naître la foi. Seule l'image encore obscure du Tout-Autre peut nous protéger d'une dilution de l'image divine dans les représentations courantes du monde profane.
Ce langage de la contemplation a été préservé d'une façon incontestable dans l'ancienne messe où plus on avance dans la célébration de la liturgie, plus on s'immerge dans le silence. La langue latine elle-même - que l'Eglise a voulu conserver dans la liturgie actuelle - protège les mots d'une compréhension qui ne serait qu'apparente parce que trop immédiate. La dissimulation du calice sous un voile - toujours obligatoire dans la liturgie actuelle - la protection du vin sous une pale, les inclinaisons et les agenouillements du célébrant, son orientation vers Dieu - conservée dans la liturgie actuelle - puis son face-à-face avec les fidèles pour le Dominis vobiscum, pour l'Orate fratres ou la bénédiction, le soin mis à bien disposer les choses sur l'autel... tout cela et encore d'autres signes forment comme une iconostase qui cache et qui en même temps révèle et donc donne à mieux voir en faisant davantage attention.
Il faut du temps pour réapprendre ce langage de la contemplation qu'est le langage liturgique. C'est pourquoi il se trouvera sûrement des fidèles pour préférer l'ancienne forme de la liturgie; mais il ne faut pas s'attendre à un raz-de-marée lequel ne serait d'ailleurs qu'un nouveau symptôme de volonté d'un succès rapide conduisant vers de nouvelles formes d'activisme. (...) ».

 

D'après le Dr Andreas Wollbold, Prêtre du diocèse de Trèves (D) et professeur à l'Université de Munich (mars 2010)


La totalité de l'article paraîtra dans le Bulletin de l’Association "Pro Liturgia" (abonnement disponible ici)

On a récemment appris que le diocèse de Rome avait érigé la première "paroisse personnelle" de la ville pour les fidèles qui souhaitent suivre la forme extraordinaire de la liturgie romaine. Cette information montre bien le statut particulier réservé à la forme extraordinaire du rite romain. Il n'est, en effet, nullement nécessaire de prévoir des "paroisses personnelles" ou encore d'obtenir des autorisations, pour célébrer la liturgie romaine sous sa forme ordinaire, c'est-à-dire régulière... ou qui devrait l'être. Profitons de cette information pour revenir un instant sur le Motu proprio Summorum pontificum et sur la situation paradoxale qu'il a pu engendrer aujourd'hui en bien des diocèses.

 

 

 

Il faut d'abord insister sur le fait qu'il ne saurait y avoir d'oppositions entre les deux formes ("ordinaire" et "extraordinaire") de la liturgie romaine. Le pape Benoît XVI est formel sur ce point. Dans l'article 1 de Summorum Pontificum, il écrit très précisément : « Le Missel romain promulgué par Paul VI est l'expression ordinaire de la "lex orandi" de l'Église catholique de rite latin. Le Missel romain promulgué par Saint Pie V et réédité par le Bienheureux Jean XXIII doit être considéré comme l'expression extraordinaire de la même "lex orandi" de l'Eglise et être honoré en raison de son usage vénérable et antique. Ces deux expressions de la "lex orandi" de l'Eglise n'induisent aucune division de la "lex credendi" de l'Eglise; ce sont en effet deux mises en œuvre de l'unique rite romain ». On peut donc légitimement préférer une forme particulière du rite romain, à la condition que cette préférence ne devienne pas un moyen ou une occasion pour refuser l'autre forme légitime. On sait cependant que dans certains cas, les endroits où est célébrée la liturgie romaine sous sa forme extraordinaire, risquent de se transformer en lieux de replis où ne se retrouvent que les fidèles qui refusent par principe toute ouverture sur la forme ordinaire du rite, même lorsqu'elle est parfaitement respectée et dignement célébrée en latin sur un autel orienté. Ce refus de la forme ordinaire par ceux qui sont attachés à la forme extraordinaire ne saurait trouver, aux regards de l'Eglise, aucune justification. Pas plus que ne trouve une justification le refus opposé par certains évêques aux fidèles qui souhaitent bénéficier des dispositions du Motu proprio du Saint-Père. Mais là où la situation devient proprement absurde, c'est lorsqu'on trouve (et c'est le cas dans la majorité des diocèses de France) des évêques qui, sans s'en rendre compte, rejoignent les positions des fidèles traditionalistes les plus inflexibles. Car comme eux, ces évêques refusent la forme ordinaire de la liturgie romaine... tout en se réclamant de Vatican II, ce qui procède d'une conduite proprement trompeuse. Et la meilleure preuve que ces évêques, à l'instar des traditionalistes les plus durs, ne veulent pas de la forme ordinaire de la liturgie romaine, c'est qu'il n'y a pas, en France, deux messes qui se ressemblent : toutes sont plus ou moins "adaptées" à partir du missel romain, mais aucune ne respecte véritablement les règles de la liturgie précisées dans le missel. On finit donc par se retrouver dans une situation inextricable où : - des fidèles et des évêques ne prennent du Motu proprio Summorum pontificum que les passages qui les arrangent, ce qui ne facilite pas le dialogue constructif; - des évêques qui se prévalent de Vatican II refusent à la fois la forme extraordinaire et la forme ordinaire du rite romain, ce qui est contraire à l'enseignement conciliaire; - des évêques accordent parcimonieusement la forme extraordinaire du rite romain tout en refusant la forme ordinaire, ce qui s'oppose à la volonté du Souverain Pontife; - des évêques respectent le rite romain quand ils le célèbrent sous la forme extraordinaire et transgressent les normes ce même rite quand ils le célèbrent sous sa forme ordinaire, ce qui témoigne de peu d'intérêt porté à la question liturgique.

 

Cette situation insatisfaisante et qui se prolonge abusivement ne peut que contribuer à l'appauvrissement des célébrations liturgiques actuelles (1) alors que Benoît XVI, dans son Motu proprio, souhaitait leur enrichissement par une symbiose des deux formes rituelles, et ne peut que conforter les fidèles dans l'idée que la liturgie romaine ne saurait posséder de formes préétablies (l'ordinaire et l'extraordinaire) qu'il faut absolument respecter (2) si l'on ne veut pas accélérer la dévastation de la "lex orandi".

 

(1) Cardinal Ratzinger, Entretien sur la foi, Fayard, 1985.

(2) Cardinal Ratzinger, hommage à Mgr Klaus Gamber, Cologne, 1989.

Source : Association Pro Liturgia

Dans le livre bien connu du Cardinal Joseph Ratzinger « Rapport sur la Foi » (1985), le Cardinal observait que la prière qui précédait la Communion dans la liturgie romaine « Domine Jesu Christe… ne respicias peccata mea, sed fidem Ecclesiae tuae.. » avait été changée dans les traductions vernaculaires en : « ne regarde pas « nos » péchés... ». Après avoir noté que ce changement était symptomatique de la dissolution, dans la Sainte Messe, des fautes de chacun, il en arrivait à dire que « ‘peut-être bien inconsciemment’ on en arrivait à la comprendre comme « ne regarde pas aux péchés de l’Eglise mais à ma foi »…

 

 

 

Si vraiment il en était ainsi, les conséquences seraient graves : les fautes des individus deviendraient les fautes de l’Eglise et la foi serait réduite à un fait personnel, à « ma » manière de comprendre et de reconnaître Dieu et ses requêtes. Il est à craindre que ce soit, aujourd’hui, une manière très répandue de sentir et de raisonner : c’est un signe qui montre combien la conscience catholique commune s’est éloignée sur de nombreux points, de la conception droite et juste de l’Eglise. « Que faire, alors ? » demandait Messori. Nous devons dire de nouveau au Seigneur : ‘Nous péchons, mais l’Eglise ne pèche pas, car elle est Tienne et est porteuse de foi’. La foi est la réponse de l’Eglise au Christ dans la mesure où elle est un acte de foi. Et cette foi n’est pas un acte individuel, solitaire, une réponse de l’individu. La foi veut dire croire ensemble, avec toute l’Eglise (pages 51-53). Ceci, pour démontrer que la mentalité « déresponsabilisante » a pénétré dans l’Eglise au point de trouver son expression dans la liturgie. L’Eglise est le « nous » du chrétien, déclare Saint Jérôme. Toutefois, un prêtre qui pèche, salit et scandalise, mais il ne change pas la morale catholique ; quelqu’un qui a des idées relativistes, se trompe, mais il n’exprime pas la doctrine de l’Eglise. Une distinction analogue vaut au plan historique, quand on soutient que l’Eglise n’est pas identifiable avec tout ce qui s’est fait pendant l’Inquisition. L’homme a un désir démesuré de dominer et de posséder, réalité qui peut tenter même les ecclésiastiques. Un exemple : dans la liturgie, il arrive souvent d’assister à de véritables et propres « show » dans lesquels l’homélie est un exercice, des travaux pratiques d’opinions théologiques et morales, souvent banales et parfois erronées. Si l’on était à court d’arguments, ne devrait-on pas recourir au Catéchisme de l’Eglise Catholique ou au Magistère Pontifical ? La réforme de l’Eglise (et de la liturgie) part toujours de nous : c’est une invitation à devenir plus humbles, pour que Jésus-Christ grandisse. Pour Charles de Foucauld, « le prêtre est un ostensoir, sa tâche est de montrer Jésus. Il doit disparaître et faire en sorte que l’on ne voie que Jésus… Jamais un homme ne peut imiter plus complètement Notre Seigneur, comme lorsqu’il offre le Sacrifice - il devient ‘hostie’, c’est-à-dire victime - ou il administre les Sacrements ». Cette humilité du prêtre est signifiée dans la liturgie, par la pauvreté et par la simplicité des gestes, par la virginité ou célibat, qui renonce à toute exhibition, par l’obéissance à la loi liturgique, parce que nous administrons et servons la liturgie, comme chose sacrée, du Seigneur.

 

La liturgie a besoin d’ascèse, de renouveau spirituel, pour aider les gens à arriver à Jésus-Christ, Dieu présent au milieu de nous ; de la manière selon laquelle elle est souvent célébrée, elle risque de ressembler plus à un parcours de sensations, au « New Age », auquel on se laisse aller. Même quand on parle d’inculturation de la liturgie, le but doit être de mettre les hommes en contact avec Jésus-Christ, non pas avec des symboles abstraits, qui laissent la place à des sensations subjectives. Le Concile Vatican II rappelle à la vérité des signes : la Vérité c’est seulement le Christ, et les signes, ou bien renvoient à Lui, ou bien expriment notre narcissisme. Le culte chrétien est logique et spirituel parce que, quand il est célébré dans le « nous » de l’Eglise et pas dans un « je » arbitraire, il conduit l’homme à la Vérité de Dieu Père : le culte comme adoration en esprit et en Vérité. Dans la liturgie elle aussi, entre en rapport la foi de l’Eglise et la raison de l’homme. La foi permet à la raison de mieux saisir la Vérité du mystère de Jésus-Christ, et ainsi, le « je » et le « nous » se fondent dans l’harmonie.

 

Fides

« Redemptionis Sacramentum » est une Instruction rédigée à la demande du Bienheureux Jean-Paul II. Elle comprend huit chapitres et 186 paragraphes. Le chapitre II rappelle le rapport entre le sacerdoce commun des fidèles et le sacerdoce ministériel (ou hiérarchique) des prêtres, et explique que « pour être véritablement une assemblée eucharistique, la communauté qui se réunit pour la célébration de l’Eucharistie a absolument besoin d’un prêtre ordonné qui la préside ». Pour ce qui est des enfants de chœur, le même chapitre précise que « les filles ou les femmes peuvent être admises à ce service de l’autel, au jugement de l’évêque diocésain; [mais que] dans ce cas, il faut suivre les normes établies à ce sujet ». Quelles sont ces normes ?

 

 


Peu de temps après la parution de la nouvelle Instruction, le vendredi 23 avril 2004, le journal « La Croix », dans son édition du samedi 24 avril, annonçait - comme si c’était l’essentiel de l’Instruction - que « les filles ou les femmes peuvent être admises au service de l’autel ». Or il s’agissait là d’une information erronée dans la mesure où elle était (volontairement ?) incomplète. En effet : la phrase complète de l’Instruction est « les filles ou les femmes peuvent être admises à ce service de l’autel, au jugement de l’évêque diocésain; dans ce cas, il faut suivre les normes établies à ce sujet (cf. note 122) ». Que disent très précisément ces normes auxquelles fait référence la note 122 du document ? Voici la réponse :

 

« 1) Après avoir entendu l’avis de la Conférence des Evêques, il revient à chaque Evêque de prendre une décision, s’il le juge bon, sur la base d’un jugement prudentiel sur ce qu’il convient de faire pour un développement harmonieux de la vie religieuse dans son propre diocèse. (Ce qui signifie très clairement que si l’Evêque ne dit rien ou estime qu’il n’a rien à dire à ce sujet, les filles ou les femmes ne sont pas autorisées à servir à l’autel dans son diocèse - n.d.l.r. -).

 

2) Chaque Evêque est appelé à prendre une décision personnelle, s’il l’estime nécessaire. L’autorisation donnée à ce sujet par quelques Evêques ne peut nullement être invoquée comme imposant une obligation aux autres Évêques.

 

3) Les fonctions liturgiques - dont le service de l’autel - sont exercées en vertu d’une députation temporaire, selon le jugement de l’Evêque, sans qu’il s’agisse d’un droit à les exercer de la part des laïcs, qu’ils soient hommes ou femmes.

 

4) Lorsque l’Evêque, pour des raisons particulières, autorise l’accès des femmes au service de l’autel, cela devra être clairement expliqué aux fidèles, en faisant référence au can. 230 § 2, qui trouve déjà une large application dans le fait que les femmes remplissent souvent la fonction de lecteur dans la liturgie, et peuvent être appelées à distribuer la sainte communion, comme ministres extraordinaires de l’Eucharistie, ainsi qu’à exercer d’autres fonctions, comme il est prévu au can. 230 § 3.

 

5) Tout en respectant la décision que, pour des raisons déterminées selon les conditions locales, certains Evêques ont adoptée, le Saint-Siège rappelle qu’il sera toujours très opportun de suivre la noble tradition du service de l’autel confié à de jeunes garçons, qui a eu pour effet depuis un temps immémorial le développement des futures vocations sacerdotales.  Ainsi, l’autorisation de l’Evêque ne peut, en aucun cas, exclure du service de l’autel les hommes ou, en particulier, les jeunes garçons. L’obligation de continuer à favoriser l’existence de ces groupes d’enfants de chœur demeurera donc toujours.

 

6) L’autorisation éventuelle de l’Evêque ne peut pas obliger les prêtres du diocèse à faire appel aux femmes ou aux filles pour le service de l’autel. (Ce qui signifie qu’une éventuelle autorisation de l’Évêque doit toujours laisser aux prêtres la liberté de ne pas faire appel à des femmes ou des filles pour le service de l’autel - n.d.l.r. -). »

 

Mais obéit-on en France ? C’est une autre question qui n’est pas d’ordre liturgique...

 

Pro Liturgia

En France, la liturgie restaurée à la suite de Vatican II trouve désormais sa place ordinaire dans un contexte d’inculture qui apparaît dès qu’on participe à une messe paroissiale. Et l’on en vient à se demander comment des prêtres qui sont réputés avoir fait des études en arrivent à se sentir à l’aise dans cette inculture qui transparaît à longueur de célébrations et qui ne semble même plus choquer les fidèles. Car où est la culture dans les refrains que nous obligent à reprendre les « mamies-bigoudis » ? Où est la culture dans la façon de s’habiller de nombre de ministres de l’autel ? Où est la culture dans ces réunions diocésaines où des sexagénaires en mal de jeunisme agitent des foulards et promènent des panneaux ? Où est la culture dans ces sanctuaires encombrés d’objets qui sont des insultes à l’art religieux authentique ? Où est la culture dans ce néant liturgique triste qu’on inflige tous les dimanches à des fidèles dont l’esprit semble avoir été formaté pour accepter sans broncher toutes les niaiseries institutionnalisées dont nos évêques se font les promoteurs ?

 

Dans toutes les religions, on veille à ce que les sanctuaires soient dignes, riches, propres et l’on prend soin à ce que les rites soient accomplis - selon les cultures et les croyances - d’une façon qui ne laisse aucune place ni à l’improvisation, ni à la désinvolture. Dans les paroisses catholiques de France, il semble que ce soit tout le contraire : plus on laisse chacun faire n’importe quoi, mieux c’est... Au point que contempler des oiseaux sur les rivages de l'île de Pâques élève l’âme vers le Créateur plus sûrement que ces célébrations paroissiales moroses offensantes autant pour le goût (violé) que pour la raison (insultée ) et la foi (rabaissée). Au XIXe siècle, Chateaubriand avait écrit « Le génie du christianisme » ; s’il assistait à une messe aujourd’hui, nul doute qu’il pourrait écrire « Des chrétiens sans génie ».

 

Pro Liturgia

L’appauvrissement et le détournement de la liturgie se poursuit allègrement grâce aux outils de catéchèse proposés par les éditions « Médiaclap » (voir ici) qui suggèrent des messes avec rondes d’enfants, chansons pour cours de récréation, célébrants qui font copain-copain, utilisation de miches de pain à la place d’hosties... etc. Bien entendu, les évêques ne réagissent pas. Rappelons ce qu’écrivait l’Abbé Berto au sujet de cette manie d’adapter la liturgie à la supposée mentalité des enfants et qui n’aboutit en fin de compte qu’au rejet de la religion et de la pratique dominicale : « La prière, composée exclusivement de paroles empruntées à la liturgie et choisie avec soin parmi les plus expressives, accoutume l’enfant à modeler sa propre prière sur la prière de l’Eglise, elle lui imprime de bonne heure dans l’esprit des formules chargées de sens, fortes, sobres, prenant appui sur le fond même des mystères chrétiens, propres enfin à inspirer l’aversion tant pour ce bavardage spirituel, ce multiloquium que le Verbe incarné interdit à ses disciples, que l’aversion pour les excès de l’émotivité, de l’affectivité dans la prière. Je n’hésite pas à dire que ce dernier danger est très grand et très redoutable. Pourquoi tant de chrétiens sont-ils moins pieux dans l’âge adulte que dans l’enfance ? L’une des causes, et non la moindre, c’est que la façon dont on les accoutumés à prier les a laissés persuadés que la prière est émotion et effusion. Comme ils se sont trouvés en grandissant moins capables de cette émotion et de cette effusion, ils ont conclu que la piété n’est pas leur affaire, qu’ils ne sont pas organisés pour la piété. Il y en a qui se sont entêtés dans l’idée que la piété des prêtres et des religieux tient à ce qu’ils sont restés ou devenus capables, on ne sait pas quels sortilèges, d’éprouver tous les jours et à toutes les heures du jour, les émotions de leur première communion. On rencontre même des âmes très saintes, très près de Dieu qui, parce qu’une éducation mal dirigée les a imprégnées de la même erreur, se désolent de n’être pas pieuses. C’est comme si, à trente ans, on se désolait de n’avoir plus de dents de lait. L’expérience montre que cette confusion entre la piété et l’émotion pieuse a beau recevoir mille démentis, une fois implantée, elle est pratiquement indéracinable ; il faut donc l’empêcher de s’enraciner, et le meilleur, peut-être l’unique moyen de l’en empêcher, c’est l’éducation liturgique. » (Cf. V.A. Berto, Le Cénacle et le Jardin, Ed. DMM, Bouère, 2000.)

L'Eglise catholique a été l'une des institutions les plus déstabilisées par la crise de mai 68. Le rejet du principe d'autorité par les jeunes de cette époque a conduit à ce que beaucoup de fidèles se sont mis à rejeter le principe de Hiérarchie dans l'Eglise : à partir de la crise de 68, il est devenu de bon ton de critiquer les décisions venant de Rome ou d'ignorer les documents magistériels.

 

 

 

Au plus fort de cette crise qui aura les conséquences désastreuses qu'on sait, les évêques de cette époque, lesquels viennent en majorité de l'Action Catholique, sont dépassés par le vent de contestation. Le malaise est alors général : des jeunes prêtres quittent le sacerdoce, les séminaires se vident, dans certains instituts religieux on assiste à une grande braderie des valeurs spirituelles, dans les paroisses on se débarrasse des chorales et l'on congédie les maîtres de choeurs, on assiste à une démolition en règle de certains sanctuaires... Face à ce carnage, la majorité des prêtres se taisent. Soit parce qu'ils sont eux-mêmes convaincus de la justesse de l'idéologie marxiste du moment, soit parce qu'ils ont peur d'avoir à subir des représailles si l'on découvre, au sommet de la hiérarchie diocésaine, qu'ils ne sont pas dans le vent de l'histoire. Certains évêques, qui ne veulent pas eux-mêmes passer pour des passéistes ou ne veulent pas paraître à la traîne d'un mouvement qui semble porteur d'avenir, refusent de parler et de marcher à contre-courant. Partout, dans les instances des diocèses, on croit - ou l'on fait semblant de croire - aux vertus de la révolution marxo-léniniste. Dans ce contexte, Vatican II est reçu sans trop de remous, et même avec une certaine indifférence puisque désormais on est convaincu que chacun est libre d' "adapter" les documents conciliaires comme bon lui semble. Et parmi les documents les plus "adaptés" se trouve la Constitution Sacrosanctum Concilium sur la liturgie. Aussitôt, les messes paroissiales subissent les conséquences de ces "adaptations" : il ne se trouve plus deux célébrations identiques. Une seule chose est commune à toutes les messes alors célébrées : la désacralisation. Les fidèles qui, au nom du Concile, la refusent et veulent faire respecter les normes du missel romain approuvé par Paul VI, sont ceux qui vont endurer le plus d'avanies : paroles méchantes, propos blessants et méprisants, moqueries publiques, privations de fonctions, etc. Dès lors, il ne se présente pour eux que trois possibilités : soit accepter les messes-bazars célébrées dans les paroisses jusqu'à finir par s'y habituer, soit rester chez soi et cesser toute pratique régulière, soit grossir les rangs de ceux qui suivent Mgr Lefebvre parce qu'il voient en cet Evêque le seul capable de ne pas suivre le courant soixante-huitard qui coule à flot dans les diocèses de France.

 

Pendant ce temps-là, Vatican II laisse insatisfait un certain nombre de clercs qui vont profiter du silence des évêques pour développer leur névrose anticléricale et leurs ressentiments. Les séminaristes qui avaient 25 ans en 68 sont les prêtres qui ont 65 ans aujourd'hui : ils sont encore aux postes importants de l'Eglise en France; ils sont curés d'importants secteurs paroissiaux, ou décideurs des orientations pastorales de diocèses entiers ou - ce qui est plus grave - formateurs des équipes de laïcs qui ont la mainmise sur les paroisses. Ces clercs sexagénaires qui n'ont eu aucune formation sérieuse, que ce soit en théologie, en liturgie, en philosophie, en patristique, en Ecriture sainte... eux qui ont vécu mai 68 comme une véritable pentecôte, se refusent à voir et à comprendre que le monde à changé et que leurs visions de l'Eglise ne correspondent absolument plus à l'attente des fidèles d'aujourd'hui. Eux qui n'ont souvent reçu que "le vide en héritage" (titre d'un article de Cyril de Pins), n'ont pas grand chose à transmettre parce qu'ils n'ont eux-mêmes rien reçu. Et lorsqu'on voit comment, aujourd'hui, certains ces ex-acteurs de mai 68 célèbrent l'Eucharistie, on ne peut qu'être gênés par l'image pitoyable qu'ils donnent de la liturgie de l'Eglise. Celle-ci ne semble plus être pour eux qu'un "truc" dont il faut se débarrasser le plus vite possible pour avoir davantage de temps à consacrer à des tâches secondaires servant d'exutoires.

 

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« Comme un pape se plaît à citer les textes des Souverains Pontifes qui l'ont précédé afin de montrer la continuité du magistère dans l'Eglise ainsi, dans le domaine liturgique, un pape peut-il employer les ornements de ses prédécesseurs pour témoigner de la permanence de la liturgie ».

 

 

 

C'est de cette façon que Mgr Guido Marini, le nouveau maître des cérémonies de Benoît XVI, explique la décision du Souverain Pontife d'employer les vêtements et les objets liturgiques de ses prédécesseurs. Un tel choix a été remarqué au cours des messes que le pape a célébrées aux Etats-Unis; il se remarque aussi dans le fait que, pendant la période pascale, le Souverain Pontife a préféré abandonner la croix de Paul VI pour reprendre celle qu'avait Pie IX qui, en outre, est plus légère et plus facile à tenir. Les mêmes considérations s'appliquent pour la mitre et la chape, mais aussi pour la position de la croix désormais placée au centre de l'autel pour rappeler le caractère sacrificiel de toute célébration eucharistique et l'orientation que se doit d'avoir la liturgie. C'est aussi dans cette optique qu'il faut comprendre le fait que le pape Benoît XVI ait pris l'initiative de célébrer la messe sur l'autel original de la Chapelle Sixtine à l'occasion du Consistoire : en choisissant de tourner le dos aux fidèles, le Saint-Père optait pour le respect d'une architecture sacrée dont le symbolisme résulte de l'harmonie du lieu. Selon Mgr Marini, l'élément capital qui aurait dû être souligné au cours d'une telle célébration, n'est pas le fait que le célébrant ait tourné le dos aux fidèles, mais plutôt que toute l'assemblée se soit tournée avec le célébrant vers le Seigneur, pour manifester l'attente de sa venue. Au cours d'une interview donnée au vaticaniste Andrea Tornielli, Mgr Marini a déclaré que toutes ces décisions du Souverain Pontife touchant à la liturgie devaient être comprises dans la sérénité, selon une vision ecclésiale et non idéologique des choses. La liturgie de l'Eglise, comme tout ce qui est vivant, est faite de continuité: il faudrait à ce sujet parler d'un "développement de la continuité". Cela signifie que l'Eglise avance sur le chemin de l'histoire sans jamais perdre de vue ses racine ni sa tradition vivante. Dans cette optique, il est important de reprendre certains éléments précieux et importants qui auraient été perdus en cours de route où dont le sens, au cours du temps, se serait obscurci. Le Motu proprio libéralisant la forme extraordinaire du rite romain est à situer dans cette optique. Selon Mgr Marini, il permet de réaffirmer que, dans la vie liturgique de l'Eglise, les choses doivent toujours évoluer selon un processus de continuité, sans qu'il puisse y avoir de rupture. Si l'on comprend bien le Cérémoniaire de Benoît XVI, le Motu proprio ne doit pas être utilisé pour se tourner vers une liturgie du passé, mais pour montrer que les célébrations actuelles ne peuvent exister et porter des fruits que si elles intègrent harmonieusement les éléments appartenant à toute l'histoire de la liturgie.

 

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