Dans la liturgie « ce n'est pas nous qui faisons quelque chose, ce n'est pas nous qui montrons notre créativité, c'est-à-dire tout ce que nous pouvons faire avec. La liturgie n'est justement pas un show, un théâtre, un spectacle : c'est l'Autre qui lui donne vie. Il faut aussi que ce soit clair. C'est la raison pour laquelle le caractère donné de la forme religieuse est tellement important. Cette forme peut être revue dans le détail, mais elle ne peut pas être produite à chaque fois par la communauté. Comme je l'ai dit, il ne s'agit pas de se produire soi-même. Il s'agit de sortir de soi et d'aller au-delà de soi-même, de se donner à Lui et de se laisser toucher par Lui.
Dans ce sens, ce n'est pas seulement l'expression, mais aussi le caractère communautaire de cette forme qui est important. Elle peut être différente selon les rites, mais elle doit toujours avoir ce qui nous précède depuis la totalité de la foi de l'Eglise, la totalité de sa tradition, la totalité de sa vie, et pas seulement ce qui vient de la mode du moment. (...) Cette approche [de la liturgie] est justement pour nous une provocation à nous laisser arracher à nous-mêmes, à la pure situation de l'instant; à nous adonner à la totalité de la foi, à la comprendre, à y prendre part et à don ner à la mese une forme digne d'elle, celle qui la rendra belle et en fera une joie ».

 

Benoît XVI, Lumière du monde, Ed. Bayard, 2010

Il faudrait enfin que les responsables diocésains reconnaissent que si de nombreux fidèles ne pratiquent plus, c’est parce qu’ils ont depuis longtemps le sentiment que l’ « Eglise en France » est dépendante d’une pastorale à coloration nettement anti-romaine et dont les incohérences et les paradoxes mènent droit dans le mur. Qu’il y ait une pastorale à coloration anti-romaine, c’est une certitude. La preuve : aucun diocèse - à deux ou trois exceptions près - ne diffuse et n’applique les textes magistériels. C’est un fait que personne ne peut contester. Quant aux incohérences et aux paradoxes de la pastorale, la liste est tellement longue qu’on n’en retiendra ici que deux exemples significatifs.

  

 

 

1. Il y a 20 ans, on entendait dire dans les séminaires et dans les paroisses que la baisse des vocations était une « chance pour l’Eglise ». Elle allait, ajoutait-on, obliger les fidèles laïcs à prendre des responsabilités. Aussi, puisque le manque de prêtres est « une chance », nos évêques ne cherchent pas à juguler la « chute » des vocations : ils préfèrent aller pas monts et par vaux pour célébrer des « messes festives » au cours desquelles seront créées de nouvelles « unités paroissiales » et désignés des laïcs qui siègeront au sein d’ « Equipes d’Animation Pastorale ». En clair, on célèbre partout de façon solennelle et joyeuse la diminution drastique des prêtres et la dislocation des paroisses ; on fait croire partout que les « EAP » sont une amélioration alors qu’en réalité elles ne sont que la preuve évidente que l’Eglise, en France, est malade d’une pastorale totalement aberrante dont nos évêques sont les initiateurs et les gardiens.

 

2. Un peu partout, des évêques autorisent que dans telle ou telle église soit célébrée la forme « extraordinaire » du rite romain. Mais - nouveau paradoxe, et non des moindres - il suffit d’aller dans toutes les autres églises où n’est pas célébrée cette forme « extraordinaire » pour constater la permanence d’un véritable « bazar liturgique » qui, pour la majorité des fidèles, clercs y compris, passe pour être la norme dès qu’il s’agit de la forme « ordinaire ». Autrement dit, pour nos évêques, la liturgie ne doit être respectée et ne peut être respectée que lorsqu’elle est célébrée sous sa forme « extraordinaire » : en dehors de ces cas, toutes les excentricités sont permises... et souvent même encouragées. Reconnaissons qu’il s’agit là d’un détournement avéré du Motu proprio Summorum pontificum.

A ces deux exemples qui illustrent l’incohérence de la pastorale actuelle, telle qu’on la retrouve dans presque tous les diocèses, il faut ajouter un autre fait : les « EAP » et autres créations de la pastorale franco-française ne tiendront pas 10 ans... Il suffit, pour s’en convaincre, de voir l’âge moyen des fidèles qui en sont membres... et qui le plus souvent font le vide autour d'eux. Ainsi, nos évêques sont-ils, une fois de plus, en train de créer des usines à gaz qui n’auront servi qu’à masquer la réalité d’une « Eglise qui est en France » en train d’imploser. Certains disent même de disparaître.

 

Pro Liturgia

Parmi les fidèles qui liront ces lignes, certains y verront une occasion de polémique. Pas du tout : le propos est ici d'essayer de comprendre pourquoi tant de fidèles qui se plaignent du manque de beauté et de dignité des célébrations actuelles ne viennent pas grossir les rangs de ceux qui sont attachés à la messe "de Saint Pie V". Dans la Lettre qu'il a adressée aux évêques, Benoît XVI a souligné que « les deux formes d'usage du rite romain peuvent s'enrichir réciproquement ». Si, en France, la forme "ordinaire" du rite romain gagnerait à s'enrichir de la dignité et de la rigueur dont font preuve les communautés attachées à la forme "extraordinaire", en contrepartie, la forme "extraordinaire" aurait à gagner en montrant qu'elle ne réunit pas autour d'elle que des fidèles souvent plus attachés à des formes liturgiques figées dans le "conservatisme" que vraiment ouvertes sur la "tradition". Quel évêque pourrait s'opposer à des fidèles capables d'analyser la situation actuelle pour faire en sorte que la liturgie puisse bénéficier de cette "réforme de la réforme" tant souhaitée par Benoît XVI ?

 
 
 
En France, n'importe quel prêtre peut célébrer la messe comme bon lui semble et se moquer ouvertement des règles liturgiques et de ce que dit le pape : il ne se trouvera pas un seul évêque pour le reprendre ou lui refuser l'accès à une église. Mais quand un groupe de fidèles se montre attaché à la forme extraordinaire du rite romain, le voici ipso facto privé d'église pour célébrer la messe dominicale. Cette situation voulue par certains pasteurs - dont l'Evêque d'Amiens - est très triste, lamentable, et même proprement scandaleuse. Scandaleuse parce qu'aucun argument pastoral ne peut être avancé par l'Evêque d'Amiens pour la justifier. Pour autant, si de nombreux catholiques d'Amiens désapprouvent l'attitude de leur Evêque, ils ne viennent pas en nombre grossir les rangs des fidèles ‘’traditionalistes’’ obligés de célébrer la messe sous la pluie et le vent. Pourtant, nombreux sont les fidèles du diocèse d'Amiens - comme de bien d'autres diocèses - qui reconnaissent la nécessité de respecter les rites liturgiques; qui apprécient la haute valeur du chant grégorien, "chant propre de la liturgie romaine"; qui goûtent le symbolisme d'une liturgie célébrée face à l'Orient; qui reconnaissent l'urgence de retrouver des gestes et des attitudes capables de manifester le sens du sacré et d'enseigner le respect dû à l'Eucharistie. Mais la forme "extraordinaire" du rite romain ne les attire pas... Pourquoi ? Disons simplement - pour faire court - que beaucoup de fidèles sont reconnaissants à Vatican II d'avoir retiré de la messe des éléments qui avaient été introduits au cours des âges et qui correspondaient mal à la nature de la liturgie ou étaient devenus inadaptés (SC n°21). Les rites devenus moins compliqués ont pu ainsi exprimer avec plus de clarté ce qu'ils étaient chargés de signifier (SC n°34). Beaucoup sont aussi reconnaissants à Vatican II d'avoir rappelé avec force que personne - fut-il prêtre - ne pouvait de son propre chef modifier la liturgie (SC n°22), que le latin devait être conservé (SC n°36) et que le chant grégorien devait tenir la première place dans les célébrations liturgiques (SC n°116)… toutes choses que nos évêques de France s'obstinent à ignorer tout en se réclamant de Vatican II. Ce qui tendrait à montrer que la crise actuelle n'a pas sa source dans le dernier Concile mais dans la mentalité et le manque de formation du clergé - ce qu'a laissé entendre le Cardinal Arinze à Paris.
 
Pour ce qui concerne l'enseignement des papes, il devient difficile de comprendre pourquoi certains fidèles "traditionalistes" qui disent reconnaître l'autorité du pape instrumentalisent à ce point la forme "extraordinaire" du rite romain sans même chercher à voir, à la lumière des enseignements de l'Eglise, ce que peut avoir de positif la forme "ordinaire" du même rite... quand elle est strictement respectée et célébrée de façon digne et traditionnelle. Il faut reconnaître en toute franchise que ceci pousse de nombreux fidèles d'une certaine réserve à l'encontre du missel de Jean XXIII. Si certains fidèles attachés à une liturgie "traditionnelle" ne sont pas pour autant attirés par les célébrations organisées par les groupes "traditionalistes", c'est peut-être aussi parce qu'ils ont le sentiment que ces liturgies sont utilisées comme un instrument de militantisme contre le Concile et non plus comme un instrument de sanctification.

La liturgie est le moyen le plus simple et le plus direct dont dispose l'Eglise pour toucher le coeur des hommes et les inviter ainsi à réfléchir sur le sens de leur existence à la lumière de Dieu. Ces questions-là ne sont pas secondaires à une époque où nos civilisations européennes traversent une grave crise d'identité qui se traduit - entre autres - par un avortement toutes les 25 secondes et un divorce toutes les trente secondes. Mais puisque la liturgie a cette faculté de pouvoir ouvrir le coeur des hommes, il est impératif qu'elle soit elle-même protégée, mise à l'abri des vicissitudes de notre siècle et des erreurs de formulation dans laquelle certains la font tomber, volontairement ou non. Or notre liturgie est aujourd'hui mise en péril. Deux dangers la menacent : le fondamentalisme et le relativisme :

 
 
 
Le fondamentalisme naît de la prétention à vouloir utiliser la liturgie comme prétexte pour réaliser un projet de pouvoir. Combien de fidèles - clercs et laïcs - ne sont-ils pas tentés de se servir ainsi de la liturgie, surtout depuis que la généralisation des messes "face au peuple" permet de mettre l'accent sur les manières ostentatoires des célébrants plus que sur la discrète présence de Dieu ? Le relativisme consiste à penser que toutes les célébrations liturgiques sont vraies et se valent. Or une telle vision de la liturgie est erronée. S'il est totalement exact que, comme l'ont rappelé certains évêques au moment où l'annonce du motu proprio Summorum Pontificum les a fait trembler, « la liturgie est l'expression de la théologie de l'Eglise », il faut en déduire que les célébrations liturgiques qui ne suivent pas les règles données par le missel romain - ou tout autre missel approuvé par l'Eglise - ne sont pas l'expression de la théologie de l'Eglise, mais simplement son expression partielle, incomplète, défectueuse. Il est évident qu'une vision relative de la liturgie ne peut être le fruit d'une vision erronée de l'Eglise et du Magistère : l'ecclésiologie se répercute immanquablement sur la liturgie, et inversement. On ne saurait donc suivre ou s'engager avec confiance dans de telles liturgies, quand bien même elles auraient l'aval de l'évêque diocésain ou du responsable de la paroisse.
 
Plus que jamais il est nécessaire de protéger notre liturgie de la dévastation "cléricale" qui l'atteint au point, parfois, de la déchristianiser. Pour cela, il est urgent d'apprendre à refuser poliment mais fermement toutes les célébrations liturgiques qui, même sous couvert de "pastorale", s'écartent des décisions conciliaires et de l'enseignement magistériel. Les célébrants qui, aujourd'hui, ne mettent pas fidèlement en oeuvre le Missel romain, élaborent des liturgies qui, gangrenées par le relativisme et le fondamentalisme, ne peuvent satisfaire le coeur de l'homme. Ces célébrants-là, qu'ils en aient conscience ou pas, font ce qu'il est convenu d'appeler un "contre apostolat".
 
Librement inspiré de l’association Pro Liturgia

Il faudrait que les fidèles catholiques en général et les fidèles catholiques attachés à la forme extraordinaire de la liturgie en particulier comprennent enfin que dans leur grande majorité, les évêques de France ne veulent pas de la liturgie de l'Eglise : il ne veulent pas plus la forme extraordinaire qu'ils ne veulent la forme ordinaire.Ils ne veulent pas de la liturgie de l'Eglise parce que celle-ci est contraignante et que si ils la respectent ils ne pourront plus se donner en spectacle mais devront s'effacer devant la présence du Seigneur.Ils ne veulent pas de la liturgie de l'Eglise parce que tous les papes leur ont demandé de la respecter et que quand on est membre d'un épiscopat aussi prestigieux que celui de France, on peut se passer d'obéir au Magistère. Surtout quand ce Magistère est aujourd'hui assuré par le pape Ratzinger, bête noire des mitres françaises dont le sensus Ecclesiae est totalement défaillant.On nous répondra qu'ici ou là, il y a des liturgiques qui sont respectées. "Ici ou là" : c'est bien le problème ! Car partout ailleurs, c'est le grand n'importe quoi orchestré par la pastorale officielle. Ici ou là on trouve une messe... et partout ailleurs - c'est-à-dire dans la quasi totalité des églises - il n'y plus que des clubs baptisés EAP qui organisent des célébrations regroupant les happy fewstrop heureux d'imposer des célébrations reflets d'une théologie défaillante et généralement peu catholique puisque l'unité avec le Siège apostolique ne s'y exprime plus clairement.Quant aux fidèles attachés à la forme extraordinaire de la liturgie, il serait bon qu'ils comprennent que lorsqu'ils obtiennent une église, une chapelle, ce n'est généralement pas parce que l'évêque du lieu tient à appliquer le Motu proprio Summorum pontificum. C'est plutôt parce que l'évêque a compris qu'il peut détourner le texte magistériel de ses véritables objectifs et l'utiliser pour réduire au silence les "tradis", ces fidèles qui, en rappelant que la liturgie a un sens précis, gênent l'action de ceux qui s'emploient à miner l'Eglise de l'intérieur.Telle est la réalité. Une réalité que le pape Ratzinger connaît très bien même si par charité et en raison de son rôle de pasteur universel il n'en parle jamais. Du temps où il était Préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, le Cardinal Ratzinger avait écrit : « Soyez certain que le Saint-Père [Jean-Paul II] n'ignore rien des graves problèmes de l'Eglise en France... ».

Pro Liturgia

L'abbé Frederic Lefevre, curé de Bavinchove, dans le Nord de la France, participe à une "flashmob" au cours de la messe de Noël. Sous le prétexte de "recruter" pour remplir son église qui se vide, le curé de la paroisse transforme la messe de Noël en soirée dansante. Les paroissiens ne sont pas dupes et, malgré l'insistance de leur "pasteur-danseur", ils sont peu nombreux à participer à cette mascarade.

 

 

Benoît XVI a choisi de réformer la prière pour la conversion des juifs contenue dans le missel tridentin en y retirant les appels contestés à « soustraire ce peuple de ses ténèbres » et de « l’aveuglement ». Cette décision a été communiquée par le biais d’une note de la secrétairerie d’Etat du Saint-Siège publiée en première page de L’Osservatore Romano, dans l’après-midi du 5 février 2008…

 
 
 
Cette note est ainsi rédigée : « En référence aux dispositions contenues dans le Motu proprio Summorum Pontificum du 7 juillet 2007 concernant la possibilité d’utiliser la dernière version du Missel Romain, antérieure au Concile Vatican II, publiée en 1962 avec l’autorité du bienheureux Jean XXIII, le Saint-Père a décidé que l’Oremus et pro Iudaeis de la liturgie du Vendredi Saint contenu dans ce missel sera remplacé par le texte suivant » : "Oremus et pro Iudaeis, Ut Deus et Dominus noster illuminet corda eorum, ut agnoscant Iesum Christum salvatorem omnium hominum. Oremus. Flectamus genua. Levate. Omnipotens sempiterne Deus, qui vis ut omnes homines salvi fiant et ad agnitionem veritatis veniant, concede propitius, ut plenitudine gentium in Ecclesiam Tuam intrante omnis Israel salvus fiat. Per Christum Dominum nostrum. Amen." La nouvelle prière appelle toujours à la conversion des juifs. Elle invite ainsi à prier « afin que Dieu et notre Seigneur illumine » le cœur des juifs et afin qu’ils connaissent Jésus-Christ, sauveur UNIQUE de tous les hommes. Elle demande ensuite à Dieu de permettre « que tout Israël soit sauvé en faisant entrer la foule des gens dans (son) Eglise ». Ce texte devra être utilisé à partir de cette année, dans toutes les célébrations de la liturgie du Vendredi Saint avec le Missel Romain, précise encore la note datée du 4 février 2008. Elle a ainsi été publiée à la veille de l’entrée de l’Eglise catholique dans le temps liturgique du Carême et à l’approche de la semaine sainte et des fêtes de Pâques. (réaction du cardinal Kasper)

  

Paul VI

 

liturgiecommunion« Un autre motif de douleur et d'appréhension Nous est donné par les cas d’indiscipline qui, dans différentes régions, se répandent dans les manifestations du culte communautaire et prennent parfois des formes volontairement arbitraires, souvent totalement différentes des normes en vigueur dans l’Eglise. (...) Nous Nous adressons aussi au clergé et à tous les fidèles, afin qu'ils ne se laissent pas envahir par des velléités d’expériences fantaisistes, mais qu'ils cherchent plutôt à donner un caractère de perfection et de plénitude aux rites prescrits par l'Eglise. (...) Mais ce qui est pour Nous une cause encore plus grave d'affliction, c'est la diffusion de la tendance à « désacraliser », comme on ose le dire, la liturgie (si encore elle mérite de conserver ce nom) et avec elle fatalement le christianisme. Cette nouvelle mentalité, dont il ne serait pas difficile de retracer les origines troubles, et sur laquelle cette démolition du culte catholique authentique essaye de se fonder, implique de tels bouleversements doctrinaux, disciplinaires et pastoraux, que Nous n'hésitons pas à la considérer comme aberrante. » (Allocution au Consilium de liturgie, le 19 avril 1967)

 

 

 

Jean-Paul II

 

« Tout prêtre qui offre le Saint Sacrifice doit se rappeler que, pendant ce sacrifice, ce n'est pas lui seulement avec sa communauté qui prie, mais c'est toute l'Eglise qui prie, exprimant ainsi, notamment en utilisant le texte liturgique approuvé, son unité spirituelle dans ce sacrement. Si quelqu'un voulait appeler une telle position « uniformisme », cela prouverait seulement l'ignorance des exigences objectives de l'unité authentique, et ce serait un symptôme d'individualisme dangereux. La subordination du ministre, du célébrant, au « Mysterium» qui lui a été confié par l'Eglise pour le bien de tout le peuple de Dieu, doit aussi trouver son expression dans l'observation des exigences liturgiques relatives à la célébration du Saint Sacrifice. Ces exigences portent, par exemple, sur l'habit, et en particulier sur les ornements que revêt le célébrant. (...) Négliger les prescriptions liturgiques peut être interprété comme un manque de respect envers l'Eucharistie, éventuellement dicté par l'individualisme ou par un défaut de sens critique au sujet des opinions courantes, ou par un certain manque d'esprit de foi. » (Lettre Dominicae Cenae, le 24 février 1980) « A côté de ces bienfaits de la réforme liturgique, il faut reconnaître et déplorer certaines déviations, plus ou moins graves, dans son application. On constate parfois des omissions ou des ajouts illicites, des rites inventés hors des normes établies, des attitudes ou des chants qui ne favorisent pas la foi ou le sens du sacré, des abus dans la pratique de l’absolution collective, des confusions entre le sacerdoce ministériel, lié à l’ordination, et le sacerdoce commun des fidèles, qui a son fondement dans le baptême. On ne peut tolérer que certains prêtres s’arrogent le droit de composer des prières eucharistiques ou de remplacer les textes de l’Ecriture sainte par des textes profanes. Des initiatives de ce genre, loin d’être liées à la réforme liturgique elle-même, ou aux livres qui en sont issus, lui contreviennent directement, la défigurent et privent le peuple chrétien des richesses authentiques de la liturgie de l’Eglise. » (Lettre Vicesimus quintus annus, le 4 décembre 1988.) « Il n'y a pas de doute que la réforme liturgique du Concile a produit de grands bénéfices de participation plus consciente, plus active et plus fructueuse des fidèles au saint Sacrifice de l'autel. (...) Malheureusement, à côté de ces lumières, les ombres ne manquent pas. Il y a en effet des lieux où l'on note un abandon presque complet du culte de l’adoration eucharistique. A cela s'ajoutent, dans tel ou tel contexte ecclésial, des abus qui contribuent à obscurcir la foi droite et la doctrine catholique concernant cet admirable Sacrement. » (Encyclique Ecclesia de Eucharistia vivit, le 17 avril 2003)

 

 

 

Benoît XVI

 

« En soulignant l'importance de l’ars celebrandi, on met par conséquent en lumière la valeur des normes liturgiques. L'ars celebrandi doit favoriser le sens du sacré et l'utilisation des formes extérieures qui éduquent à un tel sens, comme par exemple l'harmonie du rite, des vêtements liturgiques, de l'ameublement et du lieu sacré. Là où les prêtres et les responsables de la pastorale liturgique s'emploient à faire connaître les livres liturgiques et les normes liturgiques en vigueur, mettant en évidence les grandes richesses de la Présentation générale du Missel romain et de la Présentation des Lectures de la Messe, la célébration eucharistique en tire profit. Dans les communautés ecclésiales, on croit peut-être déjà les connaître et pouvoir porter un jugement éclairé sur elles, mais, souvent, il n'en est pas ainsi. (...) L’attention et l’obéissance à la structure propre du rite, tout en exprimant la reconnaissance du caractère de don de l'Eucharistie, manifestent la volonté du ministre d'accueillir, avec une docile gratitude, ce don ineffable. » (Exhortation apostolique Sacramentum Caritatis, le 22 février 2007) « J’ai constaté combien les déformations arbitraires de la Liturgie ont profondément blessé des personnes qui étaient totalement enracinées dans la foi de l’Eglise. » (Lettre aux évêques qui accompagne le Motu proprio Summorum pontificum, le 7 juillet 2007)

L’archevêque Albert Malcolm Ranjith, secrétaire de la Congrégation pour le Culte Divin, trouve que le moment est arrivé de « bien évaluer », « revoir » et « si nécessaire abandonner » la pratique qui consiste à recevoir l’hostie consacrée dans la main et non sur la langue. Il l’affirme dans la préface du livre consacré à l’Eucharistie par Monseigneur Athanasius Schneider et publié par la Librairie Editeur Vaticane…
 

 
 
 
Selon Mgr Ranjith, une telle pratique a été « introduite abusivement et à toute vitesse dans certains milieux de l‘Eglise tout de suite après le Concile » devenant ensuite « ordinaire dans toute l’Eglise ». Cette pratique « a contribué à favoriser un affaiblissement graduel et croissant de l’attitude de révérence envers les saintes espèces eucharistiques », particulièrement évident, selon lui, parmi les enfants et les adolescents. De surcroît, la possibilité de recevoir l’hostie dans la main, dénonce Mgr Ranjith, est à l’origine de « graves abus » que n'a jamais voulu la constitution conciliaire "Sacrosanctum Concilium" ! Il y a « ceux qui emportent les sacrées espèces pour les garder en souvenir », « ceux qui les vendent » et même « ceux qui les emportent pour les profaner lors de rites sataniques ». 

Pour le secrétaire du Culte Divin, le manque de recueillement et le grand esprit d'insouciance posent un problème alarmant. Des communiants revenir à leur place comme si rien d'extraordinaire ne s'était passé est inacceptable. Rappelons qu’il faut fermement croire que dans le Très Saint Sacrement de l’Eucharistie sont « contenus vraiment, réellement et substantiellement le Corps et le Sang conjointement avec l’âme et la divinité de Notre Seigneur Jésus-Christ, et, par conséquent, le Christ tout entier » (Saint Concile de Trente)

Aujourd’hui, bon nombre d’églises sont vides et l’on constate que les grands absents sont les adolescents et les jeunes adultes. Pour les attirer, on avait imaginé des « messes de jeunes » avec des liturgies « copains-copains » ou « Bisounours » et des chants « pseudo-jazzy ». De telles célébrations dans les paroisses étaient courantes dans les années soixante-huitardes, grande époque des « maisons des jeunes » et des groupes musicaux comme on en voit dans la série TV où des étudiants à vie gratouillent des guitares et frappent une batterie dans un garage aménagé prêté par des parents complaisants. Il n’est pas un seul jeune « formé » à ces « liturgies » qui soit encore pratiquant. Pas un seul ? Si : dans certaines paroisses, on trouve des rescapés des groupes d’autrefois - à présent bons sexagénaires - qui s’emploient à « animer » des célébrations « vivantes » en faisant chanter aux assemblées des refrains dont la facture reste assez proche des airs des années « Hélène et les garçons ». A ces messes s’ajoutent aujourd’hui les « messes des enfants » ou les « messes des familles » au cours desquelles il s’agit de se donner la main, de faire une ronde autour de l’autel, de piquer des fleurs en papier sur un grand panneau disposé bien en avant du chœur pour montrer que dans une célébration eucharistique, c’est le bricolage qui est important... On est dans la « liturgie gouffre à émotions ».

 

On a ainsi misé depuis le Concile - et même un peu avant - sur une pastorale ciblée sur les jeunes dans l’espoir que devenus adultes, leur foi deviendra adulte elle aussi. Or, d’après le professeur De Marco Pietro, sociologue des religions à l'Université de Florence (I), cette stratégie pastorale consistant à adapter la liturgie aux supposés goûts des enfants et des adolescents a été et est une grave erreur. Il explique pourquoi. D’abord parce qu’il y a une idée insidieuse qui circule parmi les responsables de la pastorale, à savoir que l’éducation chrétienne nécessaire et suffisante est l’éducation de l’homme dans le souvenir d’un Jésus « homme [et croyant] parfait ». C’est là l’origine de ce pédagogisme activiste qu’on trouve dans la catéchèse et dans les messes « pour les enfants » ou « des familles ». Ensuite parce les prêtres qui favorisent de telles célébrations paroissiales « adaptées » finissent par apparaître aux yeux des jeunes comme des adolescents attardés, comme des hommes demeurés un peu « gamins » et qui, de ce fait, évitent les adultes parce qu’ils ne savent pas quoi leur dire ni en tant que directeurs spirituels ni en tant que guides intellectuels. Comment pourrait-on demander à ces prêtres d’avoir en liturgie des comportements exprimant une réelle maturité puisque la culture d’élite de l’après-concile a déprécié ou détruit, à travers les médias catholiques et les séminaires, l’intelligence et la spiritualité de plusieurs générations de laïcs et de prêtres ? Enfin parce que la pastorale ordinaire a fait le pari de fonder sur les adolescents, sur les « jeunes » au sens général et émotionnel du terme, une formation qui se limite à l’expression de bons sentiments ou d’idéaux qui leur apparaitra très insuffisante une fois qu’ils seront devenus adultes. Les quelques « traces chrétiennes » transmises au cours des « messes de jeunes » se révèleront brutalement comme décalées au moment du passage à l’adolescence puis totalement insuffisantes par rapport à ce qui compte dans le monde des adultes, surtout lorsque l’adulte se demande à lui-même ou demande aux autres de « donner la raison de l’espérance » (1 P 3, 15).

 

En conclusion, le Professeur De Marco Pietro ajoute que la stratégie pastorale la plus répandue en faveur des adolescents est en outre caractérisée par trois convictions dangereuses : 1. La conviction qu’il s’agit d’un engagement plus facile et plus efficace dans la mesure où il est « basique » ; 2. La conviction anti-adulte qui cache une attitude de suffisance défensive vis-à-vis du croyant sans qualification particulière ; une conviction dans laquelle convergent souvent le clergé et les laïcs « engagés ». 3. La conviction anti-intellectuelle et fidéiste qu’il est possible, à travers les jeunes, de s’opposer à la cohérence rationnelle et à la formulation de contenus et d’arguments, alors qu’elles sont nécessaires à la foi du chrétien adulte. Si donc les adultes de référence - les prêtres au premier chef - ne sont pas, aujourd’hui, conduits de manière cohérente à confirmer la formation chrétienne avant tout en eux-mêmes, en tant qu’adultes, alors, dans la communication entre les générations la formation à la vision catholique du monde offerte aujourd’hui aux adolescents dans la pastorale est déjà menacée d’échec. Ceux qui instruisent les jeunes générations chrétiennes doivent combattre au sein des paroisses un théorème insidieux du XXe siècle pédagogique en partie hérité de Rousseau. C’est le théorème qui entend favoriser l’autoformation des adolescents à travers des liturgies imaginées par eux et pour eux et qui veut en même temps inviter les adultes à des « sessions de formation liturgique » afin que l’intelligentsia puisse « rééduquer » les fidèles. A quoi ? A rien sinon à une « déculturation » liturgique aux conséquences dramatiques.

 

Pro Liturgia

Le 14 septembre 2007 en l'église Saint Patrick (Louisiane - Nouvelle Orléans - USA) :

 

 

 

 

 

 

 

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