A la suite de Romano Guardini, le Cardinal Ratzinger a souvent insisté sur les trois dimensions essentielles qui garantissent l'existence d'une liturgie dont peuvent véritablement bénéficier tous les fidèles. La liturgie doit avoir une dimension cosmique lui permettant d'unir toute la création dans la louange que l'Eglise adresse au Créateur, une dimension historique lui permettant de prendre en compte la croissance de l'Eglise qui s'est faite au cours des siècles, et une dimension mystérique lui permettant de signifier ce qui dépasse les seules capacités de l'intelligence humaine. Lorsqu'une de ces composantes est oubliée ou rejetée, on en arrive ces liturgies de type do-it-yourself qui se caractérisent par : - le rejet des normes rituelles qui sont alors remplacées par l'arbitraire des célébrants ou des équipes liturgiques, - le rejet de la répétition des rites qui est alors remplacé par tout ce qui peut signifier le désir d'indépendance et d'autonomie vis-à-vis de l'enseignement de l'Eglise, - le rejet de ce qui est établi par la Tradition, qui est alors remplacé par des créations éphémères et factices.

 

L'homme ne peut être lui-même qu'à travers un principe de réception et de participation - participation à ce qu'il a reçu -. Pour cette raison, celui qui fuit une relation de soumission à la Tradition devient nécessairement un tricheur. Les célébrations liturgiques marquées par la tricherie sont malheureusement devenues habituelles : elles sont condamnées à n'être que le signe d'une décadence culturelle, et ceux qui en sont les auteurs, les vecteurs ou les participants, s'enferment dans un système qui, à court terme, n'a aucun avenir et ne laissera aucune trace.

La mentalité sécularisée qui imprègne nos sociétés semble pénétrer dans l'Eglise au risque de mettre en péril l'intégrité de la liturgie. Il n'est pas rare de trouver aujourd'hui des célébrations où sont introduits n'importe quels chants et n'importe quels gestes avec, en plus, un enrobage de banalité et de laideur. Quand les espaces sacrés conçus pour Dieu et pour son peuple deviennent banalisés à force d'être prêtés à n'importe qui et pour n'importe quel spectacle ou concert, ils finissent inévitablement par perdre le sens premier pour lequel ils ont été conçus et ne parviennent alors plus à diffuser le moindre message sacré.

 

 

Ces observations ont été faites par le théologien Inos Biffi et publiées dans l'Osservatore Romano. Mgr Biffi fait remarquer que dans un tel contexte de sécularisation, bien des symboles sacrés clairs et instructifs deviennent confus et trompeurs : les sanctuaires deviennent des salles carrées ou se mettent à ressembler à des salles de spectacle afin de donner l'illusion d'un progrès de l'architecture alors qu'en réalité il s'agit d'une perte dramatique du sens du religieux et du sacré. Le théologien ne manque pas, au passage, de décocher une flèche en direction de certaines religieuses gagnées par un certain courant féministe et chez lesquelles ont voit souvent des Supérieures de Congrégations se croire au-dessus des institutions de l'Eglise ou de ceux qui en sont les premiers responsables. Sur ces mêmes thèmes, le Père Manfred Hauke, Professeur au Séminaire diocésain de Lugano, en Suisse, et Rédacteur en chef du magazine "Ephemerides Liturgicae", a un point de vue identique. Ainsi, selon lui, la communion devrait être reçue à genoux, l'attitude la plus appropriée pour exprimer le respect, l'humilité et l'adoration face à Dieu. Et il faudrait à l'avenir absolument s'abstenir d'applaudir dans les églises : l'église - souligne-t-il - est un lieu de prière et d'adoration et non un cirque ou un stade. Enfin - dit encore le P. Hauke - si l'Eglise considère à juste titre que l'orgue est le "prince des instruments" et si elle n'a rien contre la flûte dans certaines de ses cérémonies, par contre il est inadmissible qu'on introduise la batterie ou la guitare électrique dans les célébrations, dans la mesure où ces instruments éminemment profanes conduisent à éliminer toute sacralité de la liturgie.

 

Pro Liturgia

Telle qu’elle est généralement célébrée dans nos paroisses, la messe dite « de Paul VI » m’oblige à déployer des trésors de patience et de charité. Ce qui me semble de plus en plus difficile au fur et à mesure que je me convaincs que rien ni personne dans l’Eglise ne m’oblige à préférer la liturgie gauloise imaginée par tel prêtre issu d'un séminaire français à la liturgie romaine reçue du Magistère. A chaque fois que je me rends à une messe - en tremblant par avance rien qu’en imaginant ce que je vais devoir supporter -, je cherche dans ma mémoire les souvenirs de célébrations dignes que j’ai connues en un temps où tout prêtre s’employait à suivre le missel romain sans le secours d’une équipe de bonnes femmes tirant à la courte-paille pour savoir celle qui aura le droit de souhaiter la bienvenue au début de la célébration. Je cherche dans ma mémoire le souvenir des pièces grégoriennes du jour et aussi les souvenirs de ces assemblées qui chantaient les « ordinaires » dont les mélodies, variant au cours de l'année liturgique, avaient été transmises de générations en générations. Bref, je cherche tout ce qui me permettra de rester - « tenir le choc » serait plus juste - à la messe sans avoir envie de tout envoyer balader : l’autel-caisse avec ses deux cierges d’un côté et son bouquet de l’autre, le prêtre qui m’oblige à le considérer d’un œil critique depuis qu’il célèbre « face au peuple » sans le moindre souci de dignité, le groupe des « madames » qui se sont installées dans le chœur pour qu’on puisse mieux et voir et mieux entendre les cantiques insipides qu’elles s’efforcent de chanter avec leurs petites voix jamais juste et jamais ensemble... Et puis je regarde autour de moi : que restera-t-il de tout ça dans une petite dizaine d’années ? Rien, si j’en juge par le nombre et l’âge moyen de fidèles présents à ces célébrations anorexiques. 

 

Il faut bien en convenir : toute la pastorale imaginée depuis 50 ans pour rendre les messes attirantes n’aura eu comme conséquence que l’établissement de liturgies laides et fades qui ne donnent plus envie d’y participer.

 

Pro Liturgia

Qu'est-ce qui distingue, au cours d'une messe, l'ancienne génération de prêtres de la nouvelle ? Réponse : l'ancienne génération se fait souvent un devoir de chambouler la liturgie de l'Eglise et de modifier les rites pour les soumettre à la subjectivité et à l'émotivité; la nouvelle génération fait son possible pour respecter la liturgie et la célébrer le plus dignement possible. L'ancienne génération a appris qu'il fallait s'éloigner le plus possible de l'authentique liturgique si l'on voulait rendre les célébration attrayantes. La nouvelle génération a eu - comme de nombreux fidèles - une overdose de liturgies bricolées d'où l'on avait retiré tout ce qui était capable d'exprimer le sacré et de conduire à la contemplation.
 

 

 

Premier problème : les prêtres de l'ancienne génération ont du mal à comprendre ce qui pousse leurs confrères de la nouvelle génération à remettre dans la liturgie ce que leurs aînés ont eu tant de mal à supprimer : le latin, le grégorien, les habits liturgiques, l'encens, la dignité... Un exemple parmi tant d'autres : dans un secteur paroissial, la messe est différente selon que c'est le curé qui la célèbre ou le nouveau vicaire. Avec le curé, pas de chasuble, pas de grégorien (à part le Credo parfois), et sur l'autel trois pauvres cierges qui s'ennuient sur le côté. Avec le vicaire, chasuble, chant grégorien (pour autant que la chorale sache encore le chanter et veuille bien le chanter), croix au milieu de l'autel et trois chandeliers de part et d'autre... Cette différence de traitement de la liturgie n'est pas sans poser quelques difficultés : le curé à sonfan club - généralement les fidèles de la "génération montante" - et le vicaire à ses supporters - généralement des fidèles les plus jeunes -. On peut comprendre que le curé soit quelque peu déboussolé: toute la pastorale à laquelle on lui avait dit de croire est remise en cause. Second problème : les jeunes prêtres l'avouent eux-mêmes : ils essaient de bien faire, mais n'ayant eu aucune formation liturgique, il leur arrive de faire des erreurs au cours des célébrations. Un exemple parmi d'autres: ils ne savent pas chanter correctement une oraison ou une préface et confondent souvent les tons des doxologies finales. C'est un moindre mal. Les fidèles doivent donc soutenir les prêtres qui font tout leur possible pour célébrer la liturgie comme l'Eglise demande qu'elle soit célébrée; et il est vivement conseillé aux paroissiens qui le peuvent d'offrir à ces prêtres un ouvrage très complet qui pourra leur être d'une grande utilité: le "Cérémonial de la Sainte Messe".

"La liturgie doit d'abord mettre les fidèles en contact avec le Mystère même de la présence de Dieu, permettre cette expérience profonde qui est celle de la foi, en appeler donc d'abord au "sensus fidei" éveillé et soutenu par l'Esprit de Vérité en nous dès le jour de notre baptême, et non pas d'abord à l' "intellectus fidei" ou à la sensibilité. On comprendra donc pourquoi en voulant nous mettre en contact avec le Mystère même du Christ Seigneur "qui habite en nos cœurs par la foi" comme dit Saint Paul (Ephésiens 3, 17), la liturgie ne doit pas d'abord être intelligible, mais conserver au contraire une certaine opacité pour faciliter cette expérience du divin que l'on pourra mieux formuler ensuite, le plus adéquatement possible mais toujours en deçà du Mystère, à travers la profession de foi et l'exercice de la vie chrétienne. C'est la raison pour laquelle le concile n'a pas prévu une vulgarisation complète de la liturgie. Dans ce sens, loin d'être des obstacles à la participation active, la messe "vers le Seigneur" plutôt que "vers le peuple", l'usage de la langue latine dont le Concile n'a pas préconisé l'abandon complet malgré des préjugés tenaces (cf. n°36), la pratique du chant grégorien, que Sacrosanctum Concilium désigne comme "le chant propre de la liturgie romaine", prévoyant même qu'il devra "occuper la première place" (cf. n°116), favoriseront au contraire la participation authentique à la liturgie qui est avant tout une action divine et donc transcendante, l'action du Seigneur lui-même. Ainsi par exemple, l'attachement au latin et au chant grégorien n'aura rien d'idéologique ni de nostalgique; il sera d'abord le fruit d'une expérience de la liturgie comme célébration communautaire de la foi : non pas d'abord d'une foi subjective, telle qu'elle s'incarne nécessairement dans un mode de vie marqué par l'histoire d'une personne, d'une famille, avec ses richesses et ses blessures, mais de la foi de l'Eglise universelle que chacun rejoint par cet au-delà de lui-même et que le Concile Vatican II a appelé précisément le "sensus fidei", le sens surnaturel de la foi, lequel met chaque croyant d'instinct en adéquation, en connaturalité, en assentiment avec le Mystère révélé par Dieu dans l'Ecriture, transmis par le Magistère sacré, et célébré dans la liturgie de l'Eglise. Sensus fidei et sensus Ecclesiae sont ainsi intrinsèquement unis.

 

Pas de doute alors que le chant grégorien nous aidera à rejoindre la dimension proprement contemplative de la liturgie... sans compter qu'il nous fera croître dans la communion de l'Eglise universelle, en nous mettant mystérieusement en contact avec les valeurs de foi et de sainteté de l'Eglise de tous les espaces et de tous les temps, et dont le cœur bat à Rome".

 

Pro Liturgia

De quelle autorité se revendiquent nos liturgies paroissiales qui se disent catholiques romaines alors qu'elles sont devenues allergiques aux rites romains, hermétiques aux enseignements de Rome, et fermées au chant propre de la liturgie romaine ? N'y aurai-il pas quelque chose qui cloche sérieusement dans ces liturgies-là ? Car nos messes paroissiales, de Lille à Marseille et de Strasbourg à Brest, ne sont ni vraiment romaine, ni même toujours catholiques, quoi qu'on dise, quoi qu'on veuille faire croire…

 

 

 

Il faut donc se demander si le fidèle catholique de France est encore autorisé à participer à une liturgie catholique romaine quand il se rend dans son église paroissiale. N'est-il pas plutôt obligé de se plier à la liturgie locale, laquelle est généralement héritée de ce que les années 70 ont produit de plus quelconque et souvent même de plus laid ? La réponse à cette question n'est pas facile tant il est vrai que dans nos diocèses la liturgie a pris des plis - des faux-plis ! -, et que personne ne semble plus capable aujourd'hui de mettre en œuvre une célébration véritablement conforme aux normes données par le missel romain. Alors comment remédier à toutes ces mauvaises habitudes qui ont été prises partout, afin que nos messes, célébrées selon des usages erronés hérités des années 70, puissent progressivement devenir plus romaines et plus catholiques ? Ne faudrait-il pas, en tout premier lieu, que les fidèles - clercs et laïcs - refusent les missels jetables et les revues d'animation et n'acceptent que le Missel romain ? Ce serait une façon de redécouvrir l'esprit de la liturgie véritable : celui de Rome, des Conciles, de la Tradition, de l'Eglise universelle. Autrement dit, il faudrait que nos évêques garantissent à tout baptisé qui se rend à la messe dans une paroisse, une liturgie célébrée intégralement selon le Missel romain, et non une célébration "relookée" à partir du dernier numéro de telle publication indiquant comment "adapter" le missel. Il est capital - vu l'état calamiteux d'un grand nombre de célébrations liturgiques - de ne plus laisser nos messes être falsifiées par les propositions liturgiques de certains célébrants qui ne savent plus (car on ne le leur a jamais appris) ce qu'est le Graduel (livre de chant officiel) ou le Missel (livre de la liturgie officielle).

 

La situation actuelle, de laquelle nous devrions impérativement nous libérer pour sauver ce qui doit être sauvé, a été parfaitement décrite par le Cardinal Ratzinger : « [Nous avons] besoin d'un nouveau commencement issu de l'intime de la liturgie, comme l'avait voulu le mouvement liturgique lorsqu'il était à l'apogée de sa véritable nature, lorsqu'il ne s'agissait pas de fabriquer des textes, d'inventer des actions et des formes, mais de redécouvrir le centre vivant, de pénétrer dans le tissu proprement dit de la liturgie, pour que l'accomplissement de celle-ci soit issu de sa substance même. La réforme liturgique, dans sa réalisation concrète, s'est éloignée toujours davantage de cette origine. Le résultat n'a pas été une réanimation mais une dévastation. D'un côté, on a une liturgie dégénérée en show, où l'on essaie de rendre la religion intéressante à l'aide de bêtises à la mode et de maximes morales aguichantes, avec des succès momentanés dans le groupe des fabricants liturgiques, et une attitude de recul d'autant plus prononcée chez ceux qui cherchent dans la liturgie non pas le showmaster spirituel, mais la rencontre avec le Dieu vivant devant qui tout "faire" devient insignifiant, seule cette rencontre étant capable de nous faire accéder aux vraies richesses de l'être. De l'autre côté, il y a conservation des formes rituelles dont la grandeur émeut toujours, mais qui, poussée à l'extrême, manifeste un isolement opiniâtre et ne laisse finalement que tristesse. Certes, il reste entre les deux tous les prêtres et leurs paroissiens qui célèbrent la nouvelle liturgie avec respect et solennité; mais ils sont remis en question par la contradiction entre les deux extrêmes, et le manque d'unité interne dans l'Eglise fait finalement paraître leur fidélité, à tort pour beaucoup d'entre eux, comme une simple variété personnelle de néo-conservatisme. Parce qu'il en est ainsi, une nouvelle impulsion spirituelle est nécessaire pour que la liturgie soit à nouveau pour nous une activité communautaire de l'Eglise et qu'elle soit arrachée à l'arbitraire des curés et de leurs équipes liturgiques ».

 

On ne saurait être plus clair...

 

Pro Liturgia

Sur le site internet de "TopChrétien" où il est question de liturgie, on apprend que la "messe en latin" attire des jeunes... ce qui conduit Mgr Le Gall à reconnaître que cette situation « pose question à l'Eglise ». Curieuse réaction d'un ancien Abbé bénédictin qui ne s'était jamais posé de question - semble-t-il - lorsqu'il voyait de nombreux jeunes venir à la messe célébrée en latin et grégorien dans son monastère. En réalité, le fait que le latin attire des jeunes ne pose pas question à l'Eglise, mais aux Pasteurs, lesquels n'avaient jamais envisagé, dans les années 80, que le latin allait davantage attirer que les "messes rock" et les chants de Mannick et Akepsimas dont on nous garantissait pourtant le succès auprès des nouvelles générations.

 

 

 

http://img.over-blog.com/257x480/0/21/41/34/2010/messe1930-1939.jpgPour ‘’ramener des fidèles’’ aux messes ordinaires, « il faut réintroduire davantage de silence, de hiératisme, d'intériorité, de beauté dans les vêtements liturgiques », dit encore Mgr Le Gall, actuel Archevêque de Toulouse et responsable de la liturgie en France. Mais comment va-t-on faire pour ‘’ramener des fidèles’’ vers quelque chose qui n'a jamais existé et qui n'existe toujours pas dans nos paroisses plus de 40 ans après Vatican II (sauf très rares exceptions) ? Comment va-t-on faire pour "ramener des fidèles" vers des messes "ordinaires" qui n'existent pas parce qu'on a tout bonnement interdit qu'elles puissent exister ? Tout le problème est là puisque dans la majorité des paroisses, la messe "ordinaire", que bien peu de prêtres savent célébrer, est devenue synonyme de laideur et de laisser-aller. Au séminaire, une formation pour apprendre à célébrer la messe en latin pourrait être introduite, indique encore Mgr Le Gall. De tels propos, s'ils ont vraiment été prononcés, montrent bien que nos Pasteurs ne maîtrisent plus guère la situation : ils sont dépassés et suivent le mouvement au lieu de le contrôler. Car enfin, nous dire qu' "une formation... pourrait être introduite" alors que voilà plus de 40 ans qu'elle aurait dû être assurée parce qu'elle était explicitement demandée par Vatican II (cf. Sacrosanctum Concilium, N°14-20), voilà qui est pour le moins révélateur d'une grande pagaille ! On en vient maintenant à envisager une formation (par qui sera-t-elle assurée ?) qui a été systématiquement refusée pendant des années aux séminaristes qui la souhaitaient : voilà qui est aussi révélateur de l'état d'esprit de certains de nos Pasteurs qui n'envisagent pas d'apprendre à célébrer la messe correctement parce que l'Eglise le demande, mais simplement parce que, à la suite d'un changement de mentalités, des fidèles le demandent. Autrement dit, si les fidèles n'avaient rien demandé, les prêtres auraient continué à ignorer les enseignements magistériels et à saccager la liturgie de l'Eglise en imposant partout des célébrations plus ou moins burlesques. Il y a quarante ans, demander une formation liturgique ou une messe en latin vous faisait passer pour un "intégriste"; aujourd'hui, ça vous fait passer pour quelqu'un d'ouvert et de "branché". Quel crédit accorder aux propos de ces Pasteurs opportunistes qui préfèrent suivre le troupeau au lieu de le guider ? Combien de fois changeront-ils encore de direction au gré de la mode ? Il n'en demeure pas moins vrai que le fond du problème liturgique continue à être ignoré puisqu'au moment de la parution du Motu proprio Summorum Pontificum, on a pu entendre nos évêques nous dire qu'il n'y a pas de problèmes liturgiques en France. C'est le discours officiel de notre épiscopat : il procède de la méthode Coué bien appliquée mais ne parvient cependant pas à dissimuler la réalité. Il y a bel et bien un problème liturgique en France qui vient de ce que, d'une part, depuis des années, les prêtres n'ont plus eu de formation liturgique sérieuse et de ce que, d'autre part, les lignes tracées par le Vatican pour permettre un redressement de la situation n'ont jamais été suivies. Si le Missel romain et le Concile étaient suivis, comme on nous assure qu'ils le sont, comment expliquerait-on qu'il n'y a pas deux messes qui se ressemblent dans nos paroisses ? Cette absence d'unité liturgique n'est-elle pas la preuve évidente qu'il y a un "bogue", c'est-à-dire une sérieuse "anomalie" dans le programme liturgique ?


Il y a quelques jours, un maître de chœur s'adresse à la Supérieure d'une communauté religieuse qui héberge habituellement des groupes de fidèles, pour lui demander s'il y aurait la possibilité de venir avec une vingtaine de personnes pour faire un week-end de formation au chant. "Pas de problème, répond aimablement la Sœur, nous recevons souvent des groupes venant faire des sessions et nous avons de quoi héberger les gens." Puis, elle ajoute: "Quelle sorte de chant faites-vous?" "Du chant grégorien", répond le maître de chœur. Et la religieuse de répondre un peu gênée: "Oh, alors vous pourrez venir avec votre groupe, mais je ne pense pas que vous pourrez participer à notre messe: notre liturgie ne correspond probablement pas à votre style." Ainsi donc, on ne peut désormais participer à une messe que si l'on en accepte le "style" local né le plus souvent du refus de suivre les normes liturgiques. Cette situation porte un nom: "pagaille". Que nos évêques ne veuillent pas reconnaître officiellement cette "pagaille" n'arrange pas les choses. Fort heureusement, le Saint-Père, qui viendra en France, connaît la situation véritable. Il sait parfaitement, par exemple, que dans nos diocèses les fidèles ont les plus grandes difficultés à trouver une messe célébrée dignement et dans le respect des livres liturgiques officiels. Mais que pourra faire le Saint-Père face à un épiscopat qui donne l'impression de toujours vouloir défier Rome en déclarant haut et fort qu'il n'y a pas de problème liturgique et en refusant d'appliquer les textes magistériels ?

 

Pro Liturgia

Le pape a répondu à une question sur le 1025ème anniversaire du christianisme fêté par les orthodoxes, lors du vol Rio-Rome (28-29 juillet). Nous le publions à l'occasion de la fête de la Transfiguration du Christ, si chère à l'Orient chrétien.

 

 

« Dans les Églises orthodoxes, on a conservé cette liturgie ancienne, si belle. Nous, nous avons un peu perdu le sens de l’adoration. Eux le conserve, ils adorent Dieu, ils chantent, le temps ne compte pas. Le centre est Dieu, et c’est une richesse que je voudrais dire en cette occasion, puisque vous me posez cette question. Une fois, en parlant de l’Église occidentale, de l’Europe occidentale, surtout de l’Église plus mûre, on m’a dit cette phrase : « Lux ex oriente, ex occidente luxus ». Le consumérisme, le bien-être, nous ont fait tant de mal. Vous, en revanche, vous conservez cette beauté de Dieu au centre, la référence. Quand on lit Dostoïevski – je crois que c’est un auteur que nous devrions tous lire et relire, parce qu’il a une sagesse – on perçoit quelle est l’âme russe, l’âme orientale. Cela nous fera beaucoup de bien. Nous avons besoin de ce renouveau, de cet air frais de l’Orient, de cette lumière de l’Orient. Jean-Paul II l’avait écrit dans sa Lettre. Mais si souvent le luxus de l’Occident nous fait perdre de vue l’horizon. Je ne sais pas, c’est ce qui me vient à l’esprit. Merci ».

 

SOURCE

Lorsque le Saint-Père a voulu dénoncer certaines pratiques liturgiques abusives, il s'est trouvé des évêques pour déclarer que ça ne concernait pas la France... où il n'y a pas de problèmes.
Pourtant, n'importe quel fidèle assistant à une messe pourrait relever quantités d'abus et de fantaisies liturgiques, qui s'ajoutent aux absolutions collectives, aux suppressions de messes dominicales, à l'omission du port des vêtements sacerdotaux dans l'administration des sacrements... etc.
Il n'y a pas de problèmes en France, dit-on ? Ce n'est pas ce qu'a écrit Mgr Piero Marini (ancien Maître des Cérémonies et, il est vrai, ancien disciple de Mgr Bugnini et promoteur d'une douteuse réforme liturgique à Saint-Pierre de Rome), qui a parlé, dans un ouvrage où il présente ses mémoires, de la "la crise de la liturgie" en des termes non équivoques, et où il cite... la France ! Révélateur, non ?

 

 

 

Mgr Marini, qu'on ne peut guère soupçonner d'avoir des accointances avec le monde traditionaliste, rappelle même que confesser en civil ou clergyman est interdit car c'est rabaisser le sacrement et ne pas lui donner toute sa valeur.
Il y a donc bien une crise liturgique, spécialement en France : tout le monde le reconnaît... à part peut-être certains évêques. Mais que faire pour juguler cette crise ? A priori, il ne faut pas faire confiance à un pasteur diocésain qui, en manquant aux règles liturgiques, en vient à ne pas donner l'exemple. Car agissant ainsi, il couvre tous les prêtres qui désobéissent, et il est lui-même dans la désobéissance. Et, couvrir des prêtres qui ne croient pas à la Présence Réelle, qui administrent les Sacrements comme bon leur semble, n'est certes pas condamnable devant les tribunaux. Mais ce n'en est pas moins une faute plus ou moins grave contre Dieu, ce qui est beaucoup plus grave !
Il y a un temps pour tout. Il y a eu un long temps où il fallait être "diplomate" pour ne pas être rejeté d'une paroisse, d'une tribune. Mais on ne peut se taire à l'infini. Avec Benoît XVI, le temps est venu de faire entendre notre voix, avec charité et avec fermeté.
Il faut que les laïcs fassent entendre leur voix !
il faut certainement la prudence, la fermeté, la charité. Mais il faut aussi ne plus rien laisser passer. Que pourra alors faire l'Evêque ou son Vicaire épiscopal ? Rien ! 
Il sera mécontent ? Peu importe ! L'important est qu'il sache au moins la vérité - "veritas in caritate" - qui conduit à reconnaître qu'il y a des abus en liturgie et qu'il faut que ça cesse !

 

Pro Liturgia

« Les JMJ de Rio ont été l’occasion de voir un beau moment de partage fraternel. Avec des évêques prêts à suivre aveuglement n’importe quelle mise en scène pour faire « d'jeuns ». Mais quels seront les résultats d’un tel « woostock catho » ? Aujourd’hui, chacun s’évertue à reconnaître que l’Eglise est multiple, colorée, plurielle, variée, polyvalente... et qu’il faut savoir exprimer librement sa foi dans des célébrations faites sur mesure pour tel ou tel catégorie de fidèles. Ainsi, il y a quelques jours, à Mulhouse (Haut-Rhin), les forains ont-ils eu droit à « leur » messe célébrée sur un de « leurs » manèges... Les « charismatiques » aussi ont droit à « leur » messe, tout comme les « Néocat », les « tradis », les « modernos », les... etc.

 

 

 

jmj-rio-2013.jpgDans un tel contexte où l’éclatement des structures est devenu la règle, les fidèles ne sont plus élevés vers le Christ, mais comme des enfants capricieux : on leur donne l’habitude de se servir comme dans un « fast-food », et on livre des célébrations sur mesure comme on livrerait des pizzas à domicile. Avec un peu plus de ceci et un peu moins de cela. On personnalise, on fait du « sur mesure » ; la liturgie, comme la foi, est livrée en kit. D’ailleurs, tous les dimanches, les célébrations sont « sur mesure » : on distingue les « simili formes ordinaires » qui répondent au goût ou au dégoût des fidèles qui la fréquentent encore, et la forme « extraordinaire » qui se veut respectueuse d’une recette ancestrale. Malheureusement, bien souvent on est convaincu par aucune des deux formes : les deux se donnant trop souvent en spectacle ; la forme « ordinaire » au grand jour car on y voit instantanément la médiocrité, et la forme « extraordinaire », qui se veut parfaite pour l’œil, dès lors qu’on en découvre les coulisses. Finalement, aux fidèles qui aimeraient ni plus ni moins que « la » liturgie, on ne donne plus que les miettes qu’ils veulent bien recevoir. Forcément. Car pour avoir la paix et désengorger les églises de fidèles soucieux de liturgie, les évêques jettent quelques graines de satisfaction : vous aurez « votre » liturgie. Ite, missa est !

 

Pourtant, dans tout ce fatras liturgique existe la « vraie forme ordinaire », celle qu’on doit appeler « romaine » dès lors qu’elle est célébrée conformément au missel « romain » reçu de l’Eglise. Missel si rarement respecté au su et au vu de tous, à commencer par nos évêques. Par « forme romaine », il convient de ne pas faire d’amalgame avec la « forme brésilienne » telle que vue ces derniers jours durant les JMJ : un mélange de tout et de n’importe quoi, un peu de « melody bands » genre évangéliques qu’on voit déjà à Notre-Dame de Paris en guise de chorale, un manque de concentration des concélébrants (évêques et prêtres en chasuble qui prennent des photos pendant la messe)... A Rio, on sait que le carnaval se déroule au printemps avec une ferveur populaire et un enthousiasme d’un peuple dont le tempérament a été perceptible durant ces JMJ. Hélas, dans la plupart de nos églises de France, le carnaval est toute l’année, chaque dimanche. Et il commencé bien avant les JMJ 2013 à Rio de Janeiro ! Un curé faisait remarquer qu’ « en France, le prêtre qui accueillera des danseuses aux seins nus ne sera pas inquiété pas son évêque : mais celui qui évincera une « super laïque » désireuse de distribuer la communion sera aussitôt convoqué à l’évêché... ». Exagérait-il en affirmant ça ? Non, si les prêtres qui se battent pour respecter la forme ordinaire (Missel Romain) relataient chacun les réprimandes, provocations ou menaces auxquelles ils doivent faire face, c’est une très grosse partie de l’épiscopat français qui serait décrédibilisé.

 

Il serait bon qu’au cours des dimanches qui viennent, chaque fidèle s’interroge sérieusement lorsqu’il réaffirmera sa foi lors du « Credo » : « Je crois... en l'Eglise une, sainte, catholique et apostolique » Le « Credo », c’est un chant d’amour adressé à Dieu, au Christ et à l’Eglise telle qu’elle est. Avec un peu de d’intelligence et de foi, il faut accepter que cette Eglise soit universelle et non franco-française et que son unité réside essentiellement dans des célébrations conformes à ce qui a été transmis et revu par les pères de l’Eglise. Etrangement, en restant en Amérique du Sud, on sait trouver des messes en langues vernaculaires très respectueuses du Missel Romain : le fidèle lambda y a ses repères que le fidèle lambada a davantage de mal à trouver... En Afrique, certains pays tel que le Bénin, par exemple, respectent le Missel Romain ; il en est de même en Asie, dans certains pays d'Europe, aux Etats-Unis... Là, on a appris aux fidèles à ne pas chercher le plaisir passager de célébrations intenses sur le plan émotionnel, mais a pratiquer une simple « endurance » liturgique en respectant ce qui existe pour l’ensemble de l’Eglise et ce, à chaque célébration. Là, on est en communion avec l’ensemble de l’Eglise, à travers tous les continents, dans un esprit de louange à Dieu qui a intrinsèquement tous les visages des peuples catholiques de la terre. C’est ça le visage de l’Eglise, la réalité. Une réalité qui, à travers la « forme ordinaire » de la liturgie, dépasse infiniment le ressenti du moment à l'instant même où des sacrements sont donnés, où prêtre meurt tandis que très loin un autre est ordonné, à l’instant même où un enfant est baptisé tandis qu'un fidèle est porté en terre, à l’instant où quelqu’un récite son chapelet tandis qu’une autre personne se confesse, tandis que l’ « Angelus » sonne quelque part dans le monde ou qu’une vieille femme entre dans une chapelle pour y allumer un cierge. Chose étrange à laquelle nous devrions réfléchir : on peut voyager à travers toute la planète, les « McDo » ou les « Coca Cola » restent identiques partout. Il n'en va plus de même pour la messe : il suffit d’aller à l’église du coin, ou à celle d’après, pour se rendre très vite compte qu'il ne faut plus logiquement parler de la liturgie de l’Eglise, mais plutôt des célébrations de chapelles. Ne serait-il pas temps de se rendre compte que les liturgies à la carte ont creusé un fossé de plus en plus profond entre les fidèles et la foi de l’Eglise catholique ? »

 

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