Pour ce qui est de la liturgie, le Saint-Père dit ce que nous devrions faire; les évêques nous disent comment il convient de le faire - ou parfois même de ne pas le faire -; le curé de la paroisse montre comment il entend faire; l'équipe d'animation pastorale impose sa façon de faire; l'organiste fait plus ou moins comme on lui dit de faire; la chorale ne fait que ce qu'on l'oblige à faire; et le fidèle "de base" fait comme il peut... Tout ça donne la fâcheuse impression que la liturgie, depuis bien des années maintenant, est une sorte d'auberge espagnole où chacun tente de trouver un peu de nourriture à son goût. Tout ça conduit à ce que, dans les paroisses, il n'y a plus deux célébrations eucharistiques qui se ressemblent ce qui fait que, malgré les déclarations de nos évêques qui craignaient une mise à mal de l'unité de l'Eglise au moment de la publication du Motu proprio Summorum pontificum, les fidèles choisissent à présent d'aller à la messe là où la liturgie correspond à leurs "goûts religieux"... lesquels ne sont pas forcément des "goûts" susceptibles de pouvoir être harmonisés avec les enseignements de l'Eglise.

 

 

 

Pourtant, lorsqu'on écoute les catégories de personnes mentionnées ci-dessus, une chose est certaine : toutes se réclament du concile Vatican II et de la liturgie qui en est issue. Tant mieux ! Le pape demande qu'on respecte et qu'on applique les décisions conciliaires : c'est normal puisqu'il fait son "travail" de pape. C'est plutôt après, aux échelons "inférieurs", que ça aurait tendance à coincer. La preuve, c'est que quand on passe à l'application des directives de Vatican II, on obtient des résultats très variés - et souvent même contradictoires - sur le plan liturgique. D'où la question : comment faire pour remédier à une telle situation qui, le moins qu'on puisse dire, fait tout de même un peu désordre dans l'Eglise. Sans compter que bien des fidèles n'y comprennent plus grand-chose et finissent de perdre le peu de repères liturgiques qui leur restent... avant de se décider de ne plus aller à la messe. Une solution semblerait pouvoir être envisagée. Puisque tout le monde - Souverain Pontife, évêque, curé, animateur liturgique, organiste, choriste, fidèle lambda... - se réclame du concile Vatican II, pourquoi ne pas reprendre tout simplement la Constitution Sacrosanctum Concilium sur la liturgie et, pour commencer, s'efforcer d'en appliquer 4 points. Quatre points : ce n'est pas beaucoup; c'est très faisable... et ça pourrait déjà améliorer beaucoup de choses, régler bon nombre de questions. Le premier point concerne l'application des l'articles 8 et 34 de la Constitution sur la liturgie. La liturgie que nous célébrons dans nos églises doit refléter la liturgie qui se célèbre au ciel, et pour cette raison, elle doit être noble, simple, transparente. Il devient donc évident que les autels en forme de tables ou de caisses, les vêtements liturgiques qui pendouillent misérablement autour des célébrants, les tenues avachies ou désinvoltes, le bric-à-brac qui encombre certains chœurs... tout ceci n'a pas sa place en liturgie. Commençons par faire un grand nettoyage. Et comme les rites doivent être simples (ce qui ne veut pas dire "indigents" mais plutôt "limpides") pour pouvoir être saisis sans qu'il soit besoin de nombreuses explications, invitons les "animateurs" à retrouver sagement leurs places dans la nef, parmi les autres fidèles. On se souviendra au passage que l' "animation liturgique" est une spécialité de la pastorale franco-française, laquelle pastorale a souvent donné les résultats les plus désastreux qui soient en liturgie. Le deuxième point concerne l'application des articles 22 et 28 de la Constitution sur la liturgie. Ils rappellent que, d'une part, personne - pas même un prêtre ! - n'est autorisé à ajouter, retrancher ou modifier quoi que ce soit dans la liturgie. Autrement dit : c'est le missel romain qui devrait être partout suivi et mis en œuvre... et non pas la dernière fantaisie imaginée par telle commission interparoissiale ou diocésaine. Bien entendu, le missel actuel laisse des marges de liberté : mais il s'agit d'une liberté qui ne peut être utilisée que lorsque des circonstances très précises et indépendantes du célébrant empêchent de faire tout ce qui est expressément demandé par la liturgie de l'Eglise. D'autre part, Vatican II enseigne qu'au cours d'une célébration, chaque acteur de la liturgie doit faire totalement et dignement ce qu'il a à faire, et rien que ce qu'il a à faire, en suivant pour cela les normes précisées dans le missel romain. On le sait, ces normes sont fidèlement respectées par les prêtres qui célèbrent la forme extraordinaire du rite romain; on ne comprend pas pourquoi les prêtres qui célèbrent la forme ordinaire du même rite seraient devenus tout à coup incapables d'en faire autant. Le troisième point touche à l'application des articles 36, 116 et 117 de la Constitution Sacrosanctum Concilium. Comme on l'a vu lors du récent voyage du Saint-Père en France, l'usage du latin et du chant grégorien suscite des débats passionnés où l'on a parfois l'impression que les questions touchant à la langue employée en liturgie opposent les tempéraments proprement psychotiques de certains fidèles : du latin, oui, où vous voulez... mais à condition que ce ne soit surtout pas à la messe ! Devra-t-on aller jusqu'à interdire chez nous l'exécution des cantates de Bach non traduites en français ? Cependant, si l'on veut appliquer fidèlement le Concile, alors il faut que le chant grégorien soit partout cultivé en sorte qu'il ait "la première place" - c'est Vatican II qui le dit - dans nos célébrations liturgiques. Il faut aussi que les fidèles qui le souhaitent puissent trouver facilement des messes célébrées en latin, selon la forme ordinaire de la liturgie romaine. Bien entendu, il ne sera aucunement question d'imposer des messes latines et grégoriennes à des fidèles qui font une allergie chronique à cette langue. Pour autant, une chose devrait demeurer très présente à l'esprit de tous les célébrants : les rites liturgiques devraient être partout les mêmes, à toutes les messes, quelle que soit la langue employée. Enfin, le maintien du répertoire grégorien pourrait faire comprendre que si la musique a été utilisée par l'Eglise, c'est avant tout pour permettre à tous de "chanter la liturgie" et non pour que les fidèles soient occupés à chanter quelque chose "pendant" la liturgie. Chanter la messe, ce n'est pas la même chose que chanter à la messe... Le quatrième et dernier point se rapporte aux articles 11, 16 et 17 de la Constitution. Il est incontestablement le plus important. Pour que la liturgie soit ce qu'elle doit être, sur le plan de sa forme comme de son efficacité, il faut que tous les fidèles - clercs et laïcs - y accèdent avec les dispositions d'une âme droite. Il n'y a que de cette façon que les célébrations seront valides, licites, fructueuses. En outre, un tel accès à la liturgie sera grandement facilité si les prêtres eux-mêmes sont correctement formés pour parvenir à entrer dans l'intelligence des rites qu'ils sont chargés d'accomplir au nom de l'Eglise. Voici donc quels sont ces quatre points qui pourraient permettre de sortir la liturgie de l'ornière dans laquelle certains l'on laissée s'enfoncer. Ne sont-ils pas réalisables par toutes les fidèles de bonne volonté qui se réclament de Vatican II ?

 

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