Comme l’ont reconnu le Cardinal Ratzinger, Mgr Ranijth, le Cardinal Arinze, Mgr Bux... et tant d’autres avec eux, la liturgie traverse une crise grave essentiellement due au fait que plus personne ne la respecte et que les fidèles qui la connaissent sont de plus en plus rares. Cette crise se répercute sur la foi des baptisés et a pour conséquence directe la désertification des messes paroissiales. De fait, dans les diocèses de France, il est très rare que les fidèles puissent trouver dans leurs paroisses la liturgie célébrée selon les livres officiels (missel, lectionnaire, graduel...) publiés à la suite de Vatican II. La liturgie restaurée à la suite du Concile n'est ni connue, ni respectée, et il faut souvent faire des dizaines de kilomètres, le dimanche venu, pour trouver une paroisse desservie par un prêtre qui célèbre la messe comme elle doit être célébrée ou - ce qui est plus souvent le cas - qui la célèbre de façon à ce qu’on puisse dire : « Ici, c’est moins pire qu’ailleurs. »

 

 

 

jubilate-deo.jpegMais pour qu'un prêtre puisse respecter la liturgie actuelle, il lui faut souvent échapper à la dictature des responsables diocésains, des équipes liturgiques, de certains membres de la chorale, de catéchistes... Et respecter la liturgie devient alors un véritable parcours du combattant au cours duquel le pauvre curé risquera d'y laisser sa santé ou de baisser les bras. En dehors de ces rares endroits où un prêtre fait preuve d'obéissance à l’Eglise et de vrai sens liturgique, on voit partout des célébrants (ainsi que des « équipes » de laïcs) s'arroger le droit de « personnaliser » les célébrations par des ajouts, des suppressions, des modifications, des commentaires, des excentricités... Ce qui, on le sait, n’a jamais été permis. Contraints, depuis plus de 40 ans, de subir des célébrations dominicales dont le déroulement est devenu ordinairement aléatoire, sinueux, incertain et souvent stupide, les fidèles en sont arrivés à oublier à quoi ressemble une messe qui se déroule selon les normes liturgiques. Ils se sont habitués à ces célébrations paroissiales actuelles où ce sont la banalité, la désinvolture et la platitude qui sont de mise tellement l'harmonie des gestes, la dignité des déplacements, l'esthétique des vêtements liturgiques, la beauté du mobilier sacré, la tenue des ministres, la qualité des chants... sont devenus rarissimes. Le fidèle qui entre dans une église de France pour participer à une messe dominicale est donc assuré de ne plus y trouver qu'un « happening » qui n'a plus qu'un très lointain rapport avec une célébration catholique. Parfois même, la liturgie donne l’impression d’avoir été imaginée par les « happy few » de la paroisse qui forment une sorte de club fermé dont est exclu le fidèle qui ne pense pas comme eux. Preuve que, contrairement à ce qui est affirmé officiellement dans les diocèses, le Concile est bel et bien lettre morte... On a souvent dit que Benoît XVI souhaitait remédier à cet état de fait. Mais comment ? Doit-il donner un catalogue de ce qu'il faut faire et ne pas faire en liturgie ? Inutile : il existe déjà de nombreux textes et livres officiels - à commencer par le Missel romain et le Cérémonial des Evêques - qui indiquent très clairement les lignes à suivre pour célébrer la liturgie comme le souhaite l'Eglise et comme le désirent les fidèles. En France, ils sont ignorés des évêques. Certains sont même passés totalement sous silence, comme l’ont été le livret « Iubilate Deo » de Paul VI et le "Directoire pour le Ministère et la vie des prêtres".


Le Saint-Père part plutôt de l'idée selon laquelle si la liturgie est en crise, ce n'est pas tant parce que les rites ne sont plus correctement accomplis que parce les fidèles - clercs et laïcs - ont perdu le sens de ce que la liturgie entend célébrer, entend réaliser sur l'autel et dans le cœur des hommes. C'est cette perte du sens profond de la liturgie qui a entraîné l’abandon des normes structurant les célébrations liturgiques, et non le contraire. Par son Exhortation Sacramentum Caritatis, Benoît XVI souhaite aider tous les fidèles - les clercs au premier chef - à redécouvrir la signification de ce que fait l'Eglise lorsqu'elle célèbre l'Eucharistie, en sorte que les baptisés soient invités à retrouver progressivement le goût pour des célébrations liturgiques dignes, sobres, priantes, définitivement débarrassées de ces « gadgets pastoraux » qui la dénaturent et n'apportent rien ni à la mise en œuvre loyale de la prière officielle de l'Eglise, ni à la confession de la foi reçue des Apôtres. Les appels du Pape sont-ils entendus ? On peut malheureusement en douter : les mauvaises habitudes liturgiques sont désormais tellement ancrées dans les assemblées paroissiales et chez certains célébrants, que l'on ne voit même pas comment les pasteurs pourraient à présent changer quelque chose dans les façons de faire. A supposer qu’ils le veuillent ! Cependant, une nouvelle génération de fidèles se montre plus attentive à la qualité et à la vérité des célébrations, et par conséquent au respect des normes liturgiques. Constatant cette ébauche de renouveau - qui ne plaît généralement pas aux responsables diocésains qui ont tout fait pour saboter la liturgie - il nous incombe d’agir là où nous sommes, à quelque niveau que nous soyons, pour que l’Exhortation Sacramentum Caritatis de Benoît XVI soit partout accueillie et mise en oeuvre. Il faut y croire envers et contre tout, tant il est vrai qu'un renouveau de la foi passera nécessairement - comme l’ont souligné Mgr Bux (+) (+) et Mgr Marini (+) (+) entre autres - par une redécouverte du sens profond de la liturgie que Vatican II a réellement voulue.

 

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