La présence de Jean-Baptiste nous a accompagnés pendant tout le temps de l’Avent, et nous l’avons retrouvée dans notre cheminement liturgique et spirituel lors de la récente fête du Baptême de Jésus. Le Baptiste est une figure mystérieuse et fascinante. Il a été le Précurseur du Christ, non seulement il y a deux mille ans, mais, en un certain sens, il continue à l’être de nos jours, dans notre cœur. Il est en effet l’ami de l’Epoux, la voix qui fait entendre la Parole qui nous introduit dans le Mystère de la Rédemption, qui nous aide à accueillir l’invitation à la conversion, avec humilité et avec amour. Il nous fait comprendre que l’homme, chaque homme, face au Seigneur Jésus, se trouve devant le plus grand mystère de l’existence : le Mystère de l’Homme-Dieu !

 

 

 

L’homme ne peut se mettre devant Jésus comme s’il n’était pas ce qu’Il est réellement : Dieu né de Dieu, Lumière né de la Lumière, vrai Dieu, né du vrai Dieu ! C’est seulement quand l’homme se place dans un rapport d’humilité avec le Seigneur, qu’il peut recevoir la foi qui éclaire l’esprit et réchauffe le cœur. L’athéisme est, en réalité, le produit de l’orgueil humain qui rend l’homme incapable de croire, parce qu’il est fermé à la Vérité, c’est-à-dire à, l’humilité. Le binôme Vérité-humilité est inséparable ! Jean-Baptiste est un héraut de Vérité précisément parce qu’il est un héraut d’humilité et vice versa. Ses paroles sont comme un feu qui veut brûler tout reste d’orgueil qui serait déposé dans le cœur de ses disciples, qui entrent en crise devant la figure de Jésus, de son succès apostolique, de sa manière vraiment surprenante d’annoncer le Royaume de Dieu : un Messie qu’ils imaginaient bien différent. L’Evangile nous parle de ces « crises » des disciples du Baptiste, que l’on pourrait peut-être appeler « crise d’humilité », parce qu’elles touchent cette disposition fondamentale de l’esprit humain devant le mystère de Dieu qui se révèle en Jésus. L’Evangile nous dit en effet (Jean 3, 26-31) : « Ils vinrent trouver Jean et lui dirent : « Rabbi, celui qui était avec toi de l'autre côté du Jourdain, celui à qui tu as rendu témoignage, le voilà qui baptise et tous viennent à lui ! ». Jean répondit : « Un homme ne peut rien recevoir, si cela ne lui a été donné du ciel. Vous-mêmes, vous m'êtes témoins que j'ai dit : « Je ne suis pas le Christ, mais je suis envoyé devant lui ». Qui a l'épouse est l'époux ; mais l'ami de l'époux qui se tient là et qui l'entend, est ravi de joie à la voix de l'époux. Telle est ma joie, et elle est complète. Il faut que lui grandisse et que moi je décroisse. Celui qui vient d'en haut est au-dessus de tous ». Ces paroles sont parmi les témoignages les plus forts et les plus émouvants sur l’identité réelle du Christ, sur sa grandeur inestimable par rapport à notre petitesse. Le fait que cet avertissement soit adressé par le Baptiste précisément à ses disciples, qui avaient été préparés à accueillir le Messie, nous fait saisir combien est insidieuse la tentation d’entrer en « crise d’humilité » : ne pas vouloir reconnaître que tout est grâce, que les dons de Dieu ne nous appartiennent pas, que « nul ne peut rien s’attribuer, qui ne lui soit donné du ciel » (Jean 3, 27). Que de fois le disciple considère qu’il est le maître ; le serviteur, le patron. Jean-Baptiste savait bien que le péché des origines avait été celui de s’enorgueillir, de s’approprier des dons de Dieu, en faisant abstraction de leur origine et de l’identité des dons, à commencer par la liberté ! Combien il est dangereux pour le croyant de perdre la conscience du néant qu’il est et du tout que Dieu seul est. Cette tentation des origines est toujours prête à émerger de notre esprit. Combien il est alors salutaire de se répéter, de temps en temps, « toi seul, Seigneur, tu es tout » ! ». Au début précisément du début du cheminement spirituel de Catherine de Sienne, le Seigneur lui disait : « Sais-tu, ma fille, qui tu es, et qui je suis ? Si tu sais ces deux choses, tu seras bienheureuse. Tu es celle qui n’est pas, Moi, je suis Celui qui Est. Si tu as cette connaissance dans ton âme, l’ennemi ne pourra te tromper, et tu échapperas à toutes ses pièges, tu n’accepteras jamais aucune chose contraire à mes commandements, et tu obtiendras sans difficultés en abondance, grâce, vérité et lumière » (Raimondo da Capua, La vita di S. Caterina da Siena, I, X, 92, ed. Cantagalli).

 

Même si c’est avec d’autres paroles, Jean-Baptiste donnait le même enseignement à ses disciples : « Il faut que lui grandisse et que moi je décroisse » ; pour faire place au Tout qu’Il est, nous qui ne sommes rien, nous devons nous mettre de côté. C’est là la dynamique extraordinaire de la conversion annoncée par le Baptiste et reprise par Jésus : nous perdre nous-mêmes pour trouver Dieu, se faire plus petits pour devenir grands, être les derniers pour devenir les premiers dans le Royaume des Cieux ! La voie de l’humilité nous ouvre à la connaissance des dons de Dieu en nous et chez les autres, signe de la bonté qu’Il répand dans le cœur de ses créatures. Celui qui suit les traces de Jésus, de Marie, de Joseph et de Jean-Baptiste, s’ouvrira toujours plus au témoignage joyeux des dons de Dieu, et chassera de son propre cœur toute jalousie et rivalité, toute envie et ambition, parce qu’il comprendra que la vraie grandeur consiste à laisser croître dans son âme, non pas le propre « moi », mais celui qui est l’unique Grand : Dieu ! Marie est le plus grand exemple de tout cela.

 

Fides

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