Les obsèques sont assez souvent l'occasion, de nos jours, de faire tout et surtout n'importe quoi en liturgie. D'abord, chacun aura remarqué qu'on ne célèbre plus les obsèques pour prier le salut de l'âme d'un défunt... mais simplement pour "rendre hommage". L'âme ? Bof ! La vie éternelle ? Re-bof ! Le jugement particulier ? Re-re-bof ! Ce sont des questions fondamentales qu'on ne se pose plus et que bien des prêtres n'abordent plus : "on ira tous au paradis" et l'essentiel est d'avoir une "cérémonie" au cours de laquelle un laïc (qui n'a plus mis les pieds dans une église depuis son baptême) ira au micro pour dire un poème ou chanter le refrain qu'affectionnait particulièrement le défunt... Les membres du show business qui décèdent sont, dans ce domaine, particulièrement gâtés : au cours de la messe, on leur repasse le tube qui les a rendus célèbres. Et le bon peuple, larmes à l’œil, applaudit au passage de leur cercueil. Quant aux hommes politiques - dont certains ne passent pas pour des catholiques exemplaires - ils ne sont pas en reste. On se souvient d'obsèques qui ont donné l'occasion de réunir à l'église la famille complète, au sens (très) large du terme : épouse(s), maîtresse(s)... etc.

 

 

 

http://img.over-blog.com/369x226/0/21/41/34/liturgie/cimetiererequiem.jpgPassons et revenons à la célébration des funérailles proprement dite. Le "Cérémonial des Evêques" précise (n.821) qu'il convient tout à fait que l'évêque préside, dans la mesure du possible, les obsèques qui se déroulent avec un grand concours de peuple, surtout quand il s'agit d'un évêque ou d'un prêtre défunt. Ils ont tout de même une sacrée veine, ceux qui ont été connus durant leur vie terrestre : c'est l'évêque en personne qui vient... et non pas simplement l' "équipe-interparoissiale-des-laïcs-en-responsabilité". Par les temps qui courent, mieux vaut donc être un mécréant célèbre qu'un humble fidèle. Le "Cérémonial des Evêques" prévoit cependant (n.822c) que pour les obsèques, il puisse y avoir une messe ou une célébration de la Parole de Dieu. Voilà qui rétablit les choses : logiquement, la messe ne devrait pas être systématiquement célébrée et on devrait la réserver pour les fidèles ayant eu une "honnête" (à défaut d'être parfaite) vie chrétienne. On sait que c'est rarement le cas : la messe est devenue un "droit", surtout revendiqué par celles et ceux qui ne sont pas réputé(e)s pour être des grands défenseurs de la foi de l'Eglise. Poursuivons : "Dans la célébration des obsèques, en dehors de la distinction qui découle de la fonction liturgique et de l'ordre sacré, et en dehors des honneurs dus aux autorités civiles conformément aux lois liturgiques, on ne fera aucunement acception des personnes privées ou des situations, soit dans les cérémonies soit dans les pompes extérieures." (CE, n.823). Le rituel est très clair : c'est la plus grande sobriété qui s'impose. Quant à la distinction dont il est question ici, elle se limite généralement à placer par exemple un calice et une étole sur le cercueil d'un prêtre ou un drapeau sur le cercueil d'une autorité politique ou militaire. Le "Cérémonial" recommande aussi de conserver la coutume de déposer le défunt dans la position (il s'agit bien entendu ici de la position symbolique découlant de la fonction spécifique) qu'il avait dans l'assemblée liturgique, c'est-à-dire, s'il était un ministre ordonné, la tête tournée vers le peuple; s'il était un laïc, la tête tournée vers l'autel. (CE, n.823). Il est aussi rappelé - chose très souvent oubliée ! - que l'autel ne devra pas être fleuri et que le jeu de l'orgue (ou des autres instruments) n'est permis que pour accompagner le chant (CE. n.824). Donc, pas de grande sortie "ronflante" à la fin de la célébration. La chose la plus curieuse qui mérite d'être relevée ici est la suivante : dans la version officielle (latine) du "Cérémonial des Evêques", il est prévu de chanter pour l'absoute le répons Subvenite, Sancti Dei - ou un autre chant indiqué dans le Rituel romain -. Or dans la version française du Cérémonial, le Subvenite a disparu. Il devient "Sur le seuil de ta maison"... chant dont les paroles véhiculent un message qui ne correspond pas à la foi catholique. Mais après tout, qu'est-ce que la foi vient faire ici puisqu'il ne s'agit que de faire de la musique pour... ‘’rendre hommage’’ à un disparu ?

 

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