Ci-dessous, voici (enfin !) les résultats du 1er concours de légendes : «  Réjouissons-nous sans cesse dans le Seigneur, soyons joyeux en tout temps » (Philippiens, 4, 4) :
 
 
 
 
 
 
1er prix : « Col de Saint-Pierre, automne 1962 : « Bea ! Bea ! Bea ! » ; Bea remporta effectivement la victoire d’étape, et les suivantes, à la tête de son équipe des Lienart, Suenens, etc… devançant largement l’équipe Ottaviani… »
 
2ème prix :« Merci Très Saint Père !!! Les coureurs du tour de France nous apportent en sprint votre motu proprio : Deo Gratias ! »
 
3ème prix :« Réjouissez-vous mes frères ! Le dopage au Saint-Esprit est indétectable ! »
 
4ème prix : « On nous dit que nous sommes les suppôts des vieilles superstitions… faut rire ! Sommes des abbés Messieurs ! Sommes des abbés de Dieu ! »
 
5ème prix : « Le motu proprio est sorti !!! Hourra ! Vive Benoît XVI, artisan de paix ! »
 
6ème prix :« Confessez-vous, confessez-vous… le dopage est un péché ! »
 
7ème prix : « Alors qu'arrive l'Evêque ! »
 
8ème prix :« Bienvenue en France »
 
 
 
 
 
--> Un grand merci aux participants pour ce premier concours de légendes… Le gagnant (Lionel !) et autres sélectionnés se reconnaîtront… Un deuxième concours dans les semaines à venir n’est pas impossible…

1. Alors je répandrai sur la maison de David,

Un esprit de grâce et de supplication. (bis)

 

 

R. Danse, danse pour ton Dieu, danse fille de Sion. (bis)

 

 

2. Alors je rendrai forte la maison de Juda,

Je les sauverai car d'eux j'ai compassion.

 

3. Alors exulteront les rachetés d'Adonaï,

En son nom très saint ils se glorifieront.

 

4. Alors tous les pays viendront à Jérusalem,

Ils seront mon peuple et je serai leur Dieu.

 

5. Alors je veillerai sur les remparts de Sion,

Et dans ses parvis, la joie débordera.


 

 

© Communauté du Lion de Juda et de l'Agneau Immolé (1987)

Les fidèles chrétiens ne pourront bénéficier de Liturgies dignes, belles et vraiment profondes tant que les célébrations seront présidées par des prêtres incapables d’intérioriser “l’éthos” qu’impose la Liturgie, à savoir cette manière d’être faite de dignité, d’effacement et de réserve qui seule peut faire du prêtre un “pontifex”, c’est-à-dire un “constructeur de ponts” entre Dieu et les hommes. Inutile de répéter que cette attitude est à peu près absente chez la plupart de nos célébrants, qui se trouvent alors être plus des obstacles et des empêcheurs de prier qu’autre chose… Nous autres, fidèles, sommes fatigués de se voir infliger dimanche après dimanche les personnalités envahissantes de nos clercs en mal de mise en scène. Nous sommes fatigués d’avoir à subir au cours des célébrations dominicales leurs interminables commentaires, leurs discours vides, leurs simagrées bien souvent grotesques, leurs attitudes tantôt puériles tantôt compassées, mais toujours superficielles, comme s’il y avait en eux une forme de peur-panique d’avoir à descendre jusqu’aux profondeurs de leur vie intérieure, et de réaliser à quel point celle-ci est vide...

 

 

 

Ce que nous demandons au clergé n’est pourtant pas bien compliqué ! Nous n’exigeons pas de nos prêtres qu’ils soient de grands saints ou de grands mystiques. Nous savons que la misère humaine est peut-être la chose au monde la mieux partagée et la mieux répartie, et que le clergé n’en est pas épargné. Non ! Nous ne leur demandons qu’une chose : qu’ils soient de vrais célébrants. Mais qu’est-ce qu’un vrai célébrant ? Le vrai célébrant est celui qui est conscient de sa propre misère, et qui par conséquent sait se taire et s’effacer derrière le rite, de peur d’infliger cette misère aux fidèles présents. Le vrai célébrant est celui qui sait que ce que l’Église a à dire est plus important que ce qu’il a lui-même à dire. C’est pourquoi il se contente de proclamer les prières prescrites par l’Église, et réserver ses prières privées pour son for intérieur. Le vrai célébrant est celui qui sait que le centre et le cœur de toute Liturgie, c’est le Christ vivant, et non sa propre personne ; c’est pourquoi il s’emploie à manifester, par sa propre manière d’être effacé et de célébrer dignement, cette “centralité” de Dieu. Le vrai célébrant est celui qui sait que la Liturgie est d’abord prière du cœur ; c’est pourquoi il s’attache à bannir tout geste, toute parole, toute attitude qui n’est pas prière, qui n’exprime pas la prière, qui ne porte pas à la prière ; Le vrai célébrant est celui qui sait que l’héritage choral, rituel, artistique et symbolique légué par la Tradition immémoriale de l’Église exprimera toujours mieux la foi que ses propres idées, inventions et créations ; c’est pourquoi il s’attache à toujours célébrer la Sainte Liturgie dans la fidélité à l’esprit et à la forme de cette Tradition vivante, sans chercher sans cesse à tout réinventer ; Le vrai célébrant est celui qui sait que la Liturgie n’est pas sa propriété mais celle de l’Église. Le vrai célébrant est aussi celui qui sait que la Liturgie exprime une foi objective et universelle, que certes elle doit toucher les cœurs mais qu’elle n’est pas un “attrape-nigaud” conçue pour attirer les fidèles ; par conséquent il se garde bien d’introduire dans la célébration tout ce qui se rattache à des modes passagères, peut-être provisoirement populaires mais toujours mondaines et superficielles.

 

 

Bref, un vrai célébrant, c’est un prêtre qui, stable sur le plan émotionnel et psychologique, se sait pécheur ; et qui non seulement se sait pauvre, mais qui, en fils de l’Église et ministre de cette même Église, sait que le remède au péché, c’est le Christ, donné aux hommes par l’Église à travers la Sainte Liturgie. Voilà ce que nous attendons de nos prêtres ! Voilà ce qu’ils devraient être et comment ils devraient apparaître lorsqu’ils accèdent à l’autel du Seigneur.

 

Pro Liturgia



Analogue à la Séquence Liturgique du « Stabat Mater dolorosa », le « Stabat Mater speciosa » décrit les joies de la Vierge Marie dans l'étable de Bethléem, d'après le récit évangélique. Pratiquement oublié dès la fin du XVème siècle, le texte n'est redécouvert qu'à la moitié du XIXème siècle par l'historien catholique français Antoine-Frédéric Ozanam. A méditer pendant le Temps de Noël !

 

 

 

1. Stabat Mater speciosa * Iuxta foenum gaudiosa * Dum iacebat parvulus

La Mère merveilleuse * Se tenait, joyeuse, dans la crèche * Où dormait son enfant

stabatmaterspeciosa2. Cuius animam gaudentem * Laetabundam et ferventem * Pertransivit iubilus

De son âme festive * Dansante et joyeuse * Vint un chant de réjouissance

3. O quam laeta et beata * Fuit illa immaculata * Mater unigeniti !

Ô combien radieuse et bénie * Était l’immaculée, * Mère du Fils Unique !

4. Quae gaudebat et ridebat, * Exultabat cum videbat * Nati partum incliti

Ô combien heureuse, réjouie * Et exultante était-elle observant * La naissance de son divin fils

5. Quis est, qui non gauderet, * Christi Matrem si videret * In tanto solacio ?

Qui ne se pavoiserait * S’il voyait la Mère du Christ * Dans un tel confort ?

 

6. Quis non posset collaetari, * Piam Matrem contemplari * Ludentem cum Filio ?

Qui ne se réjouirait aussi * À voir la Mère du Christ * Ainsi jouer avec son Fils ?

7. Pro peccatis suae gentis * Vidit Iesum cum iumentis, * Et algori subditum.

Pour les péchés de Son peuple * Parmi les bêtes du fardeau elle a vu * Jésus, soumis à l’austérité.

8. Vidit suum dulcem natum * Vagientum adoratum * Vili diversorio

Elle a vu sa douce progéniture * Adorée, pleurant, * Langée dans de vils bandages

9. Nati Christus in praesepe * Coeli cives canunt laete * Cum immenso gaudio

Pour le Christ nouveau-né dans sa crèche * Les anges chantent gaiement * Dans une grande réjouissance

10. Stabat senex cum puella * Non cum verbo nec loquela * Stupescentes cordibus

Le vieil homme se tenait avec sa jeune épouse * Sans mot dire, son cœur empli * De merveilles indicibles.

 

11. Eia Mater, fons amoris * Me sentire vim ardoris * Fac, ut tecum sentiam

Ô Mère, fontaine d’amour, * Faites-moi ressentir votre ardeur * Laissez-moi la partager avec vous.

12. Fac, ut ardeat cor meum * In amando Christum Deum * Ut sibi complaceam

Embrasez mon cœur * De l’amour du Seigneur Dieu * Puis-je trouver la grâce à ses yeux

13. Sancta Mater, istud agas, * Pone nostro ducas plagas * Cordi fixas valide.

Sainte Mère, ne soyez pas sévère * Car vos souffrances * Sont fixées aux tréfonds de mon cœur.

14. Tui nati coelo lapsi, * Iam dignati foeno nasci, * Poenas mecum divide.

En compagnie de votre divin enfant * Laissez-moi prendre part * À la pénitence qu’il daigne supporter

15. Fac me tecum congaudere * Iesulino cohaerere * Donec ego vixero

Laissez-moi me réjouir avec vous, * Partager l’adoration de Jésus * Aussi longtemps que je vivrai

 

16. In me sistat ardor tui * Puerino fac me frui * Dum sum in exilio

Puisse votre ardeur m’emplir * Puisse l’enfant être refuge * Dans mon exil

17. Hunc ardorem fac communem, * Ne me facias immunem, * Ab hoc desiderio.

Entraînez-moi dans cette ardeur  * Faites que je ne tourne pas le dos  * À son désir.

18. Virgo virginum praeclara, * Mihi iam non sis amara * Fac me parvum rapere

Vierge des vierges, la plus élevée d’entre toutes, * Ne soyez pas amère envers moi, * Laissez-moi prendre l’enfant dans mes bras

19. Fac, ut portem pulchrum fortem * Qui nascendo vicit mortem, * Volens vitam tradere.

Puis-je en lui puiser la force, * Lui qui par sa naissance conquiert la mort  * Et donne la vie.

20. Fac me tecum satiari, * Nato tuo inebriari, * Stans inter tripudia

Puis-je avec vous être comblé, * Enivré de votre Nouveau-Né * Sous de bons auspices

 

21. Inflammatus et accensus  * Obstupescit omnis sensus  * Tali de commercio.

Ainsi enflammé du feu de l’amour  * Les sentiments sont tus  * Par le souffle de l’altruisme

22. Fac me nato custodiri  * Verbo Christi praemuniri  * Conservari gratia

Puisse le Premier-Né me protéger, * Et les mots du Christ me soutenir  * Puisse sa bénédiction me sauver

23. Quando corpus morietur, * Fac, ut animae donetur * Tui nati vis

Lorsque mon corps s’éteindra * Laissez mon esprit accéder * À la vision de votre Premier-Né.

 
« La jeunesse n’est pas faite pour le plaisir, elle est faite pour l’héroïsme ! »

http://img.over-blog.com/385x466/0/21/41/34/r-pertoire-2/hyvernat.JPGLe virus qui est en train de toucher ces catholiques, c’est le TPF, "Tout Pour la Frime", ou encore le QDLG, "Que De La Gueule". Soyons sérieux : il est infiniment triste de voir des jeunes, et quand je dis jeunes, nous pouvons tous nous sentir plus ou moins concernés, qui sont pourtant des gars biens au départ, des gars qui ont souvent pas mal reçu (famille, milieu, scoutisme...), mais qui se gâchent par manque d’idéal solide, par manque de profondeur spirituelle. Derrière leur belle apparence de "catho-tradi-mytho-pêchu", il n’y a hélas plus ou pas grand chose. Oh, si on les croise dans la rue, on se dit "ça, c’est un type bien !" : le chèche, la coupe de cheveux, l’autocollant "Espoir et Salut de la France" derrière la tradimobile... tout y est ! Ouf ! On est rassuré me direz-vous ! Avec un peu de chance, il va même à la messe tradie. Oui... oui mais NON ! Tout ça est excellent mais ne vaut RIEN si derrière, il n’y a pas un désir brûlant d’aimer Notre Seigneur, de le servir, de lui plaire, de mettre en pratique son Evangile... Tout ça ne vaut RIEN, si on ne désir pas être un saint ! Et c’est là dessus que nous devons nous examiner chaque jour : oui ou non, ai-je le désir d’être un saint ? Est-ce que j’en prends réellement les moyens ? On doit vouloir être un saint ! « Doucement, doucement, direz-vous, on a 16, 18, 20 ans, on a le temps ! Laissez nous nous amuser un peu... ». Non ! Pas de temps à perdre ! « La jeunesse n’est pas faite pour le plaisir, elle est faite pour l’héroïsme ! » (Paul Claudel). Et il en faut de l’héroïsme pour vouloir être un saint dans notre pauvre monde... « Mais on est jeune... ». Justement ! C’est avec tout l’enthousiasme fougueux de notre jeunesse qu’il faut nous lancer, corps et âmes, dès maintenant, dans l’aventure de la sainteté. Cette aventure dure, exigeante, mais si belle et si exaltante, qui nous conduit vers les sommets ! Ne soyons pas des "petits bourgeois" de la sainteté ! Notre Seigneur veut tout, nous veut entièrement à Lui, corps et âmes. Il est mort pour cela. Soyons généreux ! Donnons-nous à Lui, à fond, là où Il nous veut.

 
 
 
 
 
http://idata.over-blog.com/0/21/41/34/2008/tradi.jpg« Doucement, holà ! Ce sont de belles paroles, mais concrètement ? »

Concrètement ? C’est tout simple ! Prenons la résolution de ne jamais être un contre-témoignage pour notre prochain. Nous avons l’étiquette "catho" sur le front ? Très bien ! Ça nous oblige à être des saints, sous peine de décevoir les autres. Ainsi, le catho qui triche en classe, c’est un contre-témoignage ! Le catho qui se tient mal en soirée : c’est un contre-témoignage ! Le catho qui arrive à passer une journée sans prier : c’est un contre-témoignage ! Le catho qui flirt au bahut : c’est un contre-témoignage ! Le catho qui n’ose pas témoigner de l’exigence de la pureté par peur des moqueries : c’est un contre-témoignage ! Le catho qui n’ose pas réagir quand son professeur sort des propos scandaleux ou erronés sur le Christ, l'Église ou le Pape : c'est un contre-témoignage ! Le catho qui se sent obligé de rire grassement aux histoires crades, sous peine de passer pour un type coincé : c’est un contre-témoignage ! Pas besoin de continuer la liste, examinons-nous plutôt sur le témoignage que nous osons donner autour de nous... Ne soyons pas des cathos anonymes ! Ne renions pas le Christ !

 
 
 
 
 
http://idata.over-blog.com/0/21/41/34/183.gif« Houlà, c’est un peu trop dur pour nous, tout cela...c’est beau, OK, mais trop difficile, c’est pas pour nous... »

Oui, mais désolé, à 16, 18, 20 ans, il est grand temps de faire un choix. Sois j’écoute ma nature paresseuse. Je choisis alors de rester un mouton parmi la masse anonyme des moutons, je choisis d’en rester à un idéal au ras des pâquerettes, au "que de la gueule", au juste nécessaire pour paraître "catho-tradi-mytho-pêchu" en soirée ou à la sortie de la messe, je choisis de ne pas renoncer aux petits plaisirs faciles. Je choisis aussi de mener ma petite vie spirituelle pépère. Jésus, je lui en demande pas trop (sauf avant les examens...), en échange, Il ne doit pas trop m’en demander non plus... 
 
Sois je vise un peu plus haut, je suis un peu plus viril... Je me donne un grand coup de pied au c..., et je me jette dans l’aventure, corps et âme. Je refuse de me contenter d’être médiocre, ni même d’être moyen... je veux être un saint ! Je sais ce que cela va me valoir : sourire moqueurs de la part des plus gentils, insultes, mépris, haine pour les autres. Tant mieux : ce sera toujours ça de plus à offrir pour le Christ ! Et puis je ne suis pas seul : j’ai peut-être des amis qui partagent ce même idéal pour m’aider, j’ai en tout cas les Anges, les Saints, Notre-Dame, et puis... Notre Seigneur : « je ne vous laisse pas seuls ! » a t-Il dit à ses disciples. C’est vrai, je suis faible, pécheur, mais si je tombe, Jésus est là pour me relever, quelle que soit la gravité de ma faute. Pour m’aider, j’aurai recours à un directeur spirituel ("le père spi") auquel je me confesserai régulièrement et qui pourra m’aider à faire les grands choix de ma vie (discernement de ma vocation - études...).
 
Je ne sais pas jusqu’où j’arriverai, jusqu’où tout cela va me mener, mais je fais de mon mieux, et je m’abandonne : je renonce à moi-même, j’accepte de me donner avec tout l’enthousiasme et la générosité de ma jeunesse, là où je suis maintenant et, au moment venu (ça arrive très vite...), là où le Seigneur m’appelle : père de famille, prêtre ou religieux. Au bon Dieu de décider, moi, une seule chose m’importe : servir en faisant Sa Volonté. Avec une grande confiance, je me confie à Marie, ma Mère et ma Reine : c’est Elle qui doit tenir la barre, et me mener jusqu’à Son Fils. Ce choix, il ne faut pas le repousser, le remettre indéfiniment à plus tard. Demain, dans trois jours, dans deux semaines, il sera peut-être trop tard... Et une fois que ce choix est fait, il nous faut le redire chaque jour de notre vie : « Seigneur, je suis bien peu de chose, mais pour Vous, je ne veux pas me contenter de peu. Vous me voulez Saint, rien de moins... D’accord ! J’accepte cette mission et avec l’aide de votre grâce, plaise à Dieu que je la remplisse, même et surtout si cela doit me coûter cher : mon confort, ma tranquillité, mes petits plaisirs, et peut-être un jour, mon sang ! ».
 
 
 
 
 
  « Que tous les jeunes, et parmi eux tous nos scouts et guides, 
soient assoiffés d’absolu, de pureté, de transparence, de joie et de sainteté ! »
 
 
 
 
Seule la citation ci-dessus est de l’Abbé Hyvernatprêtre, scout, ancien vicaire à Poissy,
et mort accidentellement en camp de jeunes scouts à l'âge de 34 ans dans les Alpes.
Certaines sources attribuent l'intégralité du texte à M. l'Abbé P.-H. Grosjean ???
D'après le Salon Beige, le texte serait en fait l'oeuvre d'un séminariste écrit en 1997 ?

 

 

 

 

Lien : Splendide article sur l'Abbé Hyvernat pour ses 20 ans de vie céleste, par le père Daniel-Ange

Dom Louis-Marie est le Père-abbé de l’abbaye Sainte-Madeleine-du-Barroux…

 
 
 
 
Comment avez-vous reçu le Motu proprio « Summorum Pontificum » ?
Avec une grande joie, bien sûr. Nous attendions ce document avec une certaine fébrilité depuis presque un an, désespérant parfois de sa promulgation. Pour nos anciens, c’est une sorte de reconnaissance du bien-fondé de leur attachement à la messe traditionnelle et à l’esprit promu par cette forme extraordinaire du rite romain. Mais il faut ajouter que notre attitude doit être avant tout filiale. C’est en fils aimants que nous recevons les décisions du Saint-Siège. Il est difficilement supportable d’entendre les uns et les autres donner de bonnes ou mauvaises notes aux documents émanant du Pape. Au sujet des réformes liturgiques, Dom Prou, abbé de Solesmes, avait rappelé à sa communauté que les désirs du Saint-Père étaient des ordres. C’est en fils que nous recevons ce Motu proprio et que nous regrettons l’attitude réservée ou hautaine adoptée par certains évêques et de nombreux fidèles de Mgr Lefebvre, lesquels ont salué ce document par un : « Peut mieux faire ».
 
 
 
 
Comment voyez-vous maintenant l’évolution : dans une sorte de parallélisme entre les deux formes du rite romain ou dans une unité à laquelle il faudrait aboutir ?
Quand on regarde l’histoire de l’Eglise, on constate deux tendances. La première est celle de l’unité du rite. Le Saint Père y fait une allusion en saluant le rôle des bénédictins dans l’unification du rite selon le désir du pape Saint Grégoire le Grand. Il semble que ce soit aussi le désir de Benoît XVI selon la lettre écrite par lui, alors qu’il était encore cardinal, au Dr Barth (cf. la lettre Aletheia d’Yves Chiron). Pour cela, il faudra du temps et du travail dans les esprits et dans les livres. Un premier chantier serait de réduire les abus de part et d’autre, que l’on peut résumer selon le mot du philosophe Gustave Thibon : « Ne pas absolutiser ce qui est relatif et ne pas relativiser ce qui est absolu ». La deuxième serait, d’une part, certaines retouches dans la « forme extraordinaire » comme, par exemple, l’adoption de nouvelles préfaces et des nouveaux saints, la possibilité des lectures en vernaculaire et l’application de quelques modifications de 1964 et 1965, comme Dom Gérard l’a fait pour nous et comme cela se faisait à Ecône jusqu’en 1982. D’autre part, dans la forme ordinaire du rite, une "réforme de la réforme" doit être promue, comprenant un plus large usage du latin, une plus grande sacralité dans les gestes, une plus grande précision, un plus grand respect des règles et surtout une manifestation plus nette de la foi en la présence réelle. Il reste néanmoins un espace entre les deux formes du rite qui me semble difficile de réduire totalement. Pour résumer, je reprends l’expression du Père Cassingena-Trévedy qui présente le missel de 1962 comme celui du Ciel sur la terre, le Ciel qui s’impose à la terre, et celui de 1969 comme du Ciel pour la terre, avec un souci fondamental d’adaptation. De plus, l’un est très hiérarchisé (une « pièce montée ») et l’autre plus œcuménique (au sens catholique du terme). Si l’on veut retrouver une unité, il faudrait donc tout remanier, mais progressivement pour ne pas recommencer une révolution cérébrale et légaliste. Cela me semble néanmoins difficile. En revanche, je crois que l’unité du rite n’est pas une exigence pour l’Eglise. La deuxième tendance que l’on constate dans l’histoire est celle de la pluralité des rites. Il suffit de penser à la vingtaine de rites orientaux et aux divers rites latins (de Braga, mozarabe, ambrosien, romano-lyonnais, dominicain). La forme extraordinaire du rite romain peut tout à fait coexister avec la forme ordinaire, avec cette mission propre et indispensable d’exprimer que, par la forme ordinaire, on ne veut rejeter ni le passé ni le sacré. Le Motu proprio interdit en quelque sorte de célébrer le nouveau rite dans un esprit de rupture avec l’ancien.
 
 
 
 
Comment faut-il comprendre les mots « ordinaire » et « extraordinaire » qui qualifient les deux formes du rite romain ?
On peut se référer à la notion de confesseur ordinaire et extraordinaire : dans la paroisse, le confesseur ordinaire est le curé, mais il est courant de faire appel à un confesseur extérieur, qu’on appelle « extraordinaire ». Cela ne veut pas dire que les « ordinaires » soient mauvais ! Le mot « extraordinaire », on peut quand même le comprendre au sens où le rite ancien est supérieur, plus exigeant aussi sur le plan pratique, spécialement pour ceux qui ne comprennent pas le latin. Dans aucun séminaire on n’apprend à célébrer selon le rite de Paul VI ; ici, au contraire, on met six mois à enseigner le rite traditionnel, six mois où nos ordinands disent des « messes blanches », tant il exige de respect et de précision dans les paroles et les gestes.
 
 
 
 
Cette avancée sur la question liturgique ne semble pas suffisante à certains, qui mettent en avant la nécessité de poursuivre la réflexion critique sur Vatican II parfois jusqu’à prôner la méfiance sur le Motu proprio. Qu’en pensez-vous ?
Le refus du fond de la doctrine de Vatican II et des principes de ses décisions disciplinaires est une prémisse fausse, incompatible avec la doctrine catholique concernant l’assistance du Saint-Esprit à son Eglise. Du faux, il peut suivre n’importe quoi, même si on raisonne rigoureusement. Si, du côté « progressiste », le coup de maître de Satan a souvent été de faire avaler à beaucoup de fidèles sous le prétexte d’obéir, et d’accepter le concile, des abus que le concile n’avait nullement cautionnés, il a aussi été, du côté « traditionaliste », sous le prétexte de fidélité à la Tradition, de faire avaler à certains des discours, des prises de position et des actes absolument contraires à toute la Tradition divine et apostolique.
 
 
 
 
Le Pape suggère et souhaite que les nouveaux saints puissent être intégrés dans le calendrier traditionnel. Que cela vous inspire-t-il ? Et pour ce qui est du « dimanche de la Miséricorde », comment pourrait-il trouver sa place dans l’ordonnancement du temporal ?
Il est normal d’intégrer les nouvelles fêtes de saints dans le calendrier : cela s’est toujours fait dans l’Eglise. Entre saint Pie V et Pie IX, cent nouveaux saints sont entrés au calendrier, et entre Pie IX et Jean XXIII, encore cent autres environ. Pour ne rien dire des changements de degrés et parfois de dates de leurs fêtes. Quant au Dimanche de la Miséricorde, il a lieu le dimanche in albis. Il ne semble pas (sauf erreur de ma part) que sa célébration liturgique oblige le remplacement des textes de la liturgie dominicale du jour. Cela fait quelques années que nous célébrons ce dimanche de la Miséricorde au monastère avec les textes du dimanche in albis qui conviennent très bien. Nous avons déjà mené un travail sur le sanctoral à la suite des rencontres de Fontgombault, y compris sur le bréviaire. Pour l’heure c’est un travail sans autorité, pas encore utilisé. A Campos, Mgr Rifan a déjà intégré de nouveaux saints et bienheureux.
 
 
 
 
Le Motu proprio ne constitue-t-il pas un appel à faire développer l’étude du latin, du grégorien, de la liturgie… pour faire mieux comprendre les splendeurs de la liturgie traditionnelle ?
Selon le nouveau Code de droit canonique (can. 928), la messe peut être célébrée en latin, ou dans une traduction approuvée. Chaque prêtre a donc le droit de célébrer en latin même le nouveau rite. Cela, beaucoup l’ignorent, même parmi les évêques. Le vernaculaire a été imposé comme norme universelle par un abus de pouvoir, non conforme aux décisions du Saint-Siège concernant le nouvel Ordo. Malheureusement, Paul VI a fermé les yeux et parlé, et agi comme si le vernaculaire était devenu la règle en dehors des monastères. N’était-ce pas transformer un fait accompli en apparence de droit ? Ainsi, lorsqu’on parle de messe en latin, de nos jours, presque plus personne ne songe à la messe de Paul VI. Ce qui tend à conforter l’idée – erronée – que le latin est l’apanage de la messe de saint Pie V. De toute façon, l’étude du latin est une nécessité pour rester en contact avec notre passé, et donc avec tous les textes (chrétiens ou païens) écrits dans cette langue admirable, et il faut donc l’encourager pour des raisons beaucoup plus vastes. Il est inacceptable qu’il existe en France des séminaires où, contrairement au droit (can. 249), le latin n’est plus enseigné. Quant au grégorien, de soi, il n’est pas non plus réservé à la messe de saint Pie V, et l’exhortation apostolique Sacramentum caritatis, (+) qui concerne de soi le nouveau rite, rappelle l’importance du grégorien. D’autre part, la messe de saint Pie V n’avait pas toujours été célébrée en grégorien : c’était saint Pie X qui avait redonné son droit de cité à cette monodie sobre et contemplative, au sein des polyphonies baroques plus ou moins exubérantes, pour ne rien dire des musiques dépourvues du sens du sacré qui pullulaient (et pullulent de nouveau, sous une forme encore pire), sans d’ailleurs interdire la polyphonie sacrée. L’étude de la liturgie a son importance, mais je voudrais déclarer à certains « traditionalistes » que la liturgie ne se limite pas à une spiritualité des rubriques jusqu’au baiser des burettes, et à certains liturgistes promoteurs du nouveau rite, que la liturgie ne comprend pas seulement l’étude de l’histoire de la liturgie et la réduction de celle-ci à des reconstructions professorales en chambre à partir de quelques données écrites de l’Antiquité chrétienne et du Moyen Age. De plus, la liturgie n’est pas principalement objet d’étude (bien que l’étude des rubriques et celle de l’histoire de la liturgie soient toutes deux indispensables), la liturgie est action du Christ et de toute l’Eglise. C’est donc un drame dans lequel on se coule, et auquel on conforme sa manière de penser. La Règle de saint Benoît ne nous dit-elle pas de son côté : « Psalmodions de telle sorte que notre esprit concorde avec notre voix. » Les textes lus, et les gestes accomplis doivent modeler, sculpter notre vie intérieure, par le biais des vérités qu’elles véhiculent souvent sous forme symbolique ou poétique. Ne desséchons pas notre étude de la liturgie par des attitudes trop cérébrales, mais imprégnons-nous des textes et des attitudes pour élever notre esprit jusqu’à Dieu et nous disposer à recevoir sa charité dans ses sacrements.
 

Le Forum catholique

 

Vierge des chemins de France,
Vois tes fils Routiers,
Nous avons cueilli pour toi
Ces fleurs au long des bois, Ave !
Nous sommes las,
Nous pauserons auprès de Toi.


Pour la Route et pour le dur effort,
Soutiens nos pas, Maria,
Et prends-nous un jour au ciel,
Ô Mère dans tes bras.

Dans les diocèses, il est de bon ton d'organiser des rassemblements ayant pour centre de gravité des célébrations eucharistiques qui sont de moins en moins "liturgiques" et de plus en plus "spectacles". En plein air ou dans de vastes salles louées pour le "happening", autour d'un autel généralement dressé sur une scène, les célébrants font face à "leur public" : ils sourient, remuent les mains, prennent un air heureux, agitent des tissus multicolores, construisent ou font construire des trucs... parfois même se trémoussent de bonheur. Ce goût pour les messes-spectacles pose pourtant une question de fond : celle de l'authenticité de l'expérience humaine, c'est-à-dire, en définitive, celle de l'identité véritable des célébrants qui donnent l'impression d'avoir besoin de telles exhibitions pour avoir le sentiment d'exister. (Cf. Professeur Lugaresi, Osservatore Romano du 16.2.2011). En d'autres termes, peut-on être authentique, fidèle à soi-même et à sa vocation sacerdotale, lorsqu'on cède à la tentation de construire artificiellement son "profil public" ? (Cf. Benoît XVI, Message pour la Journée mondiale des Communications)

 

 


 

Cette question se rapporte directement à la tentation diabolique - le diable étant le "simulateur" par excellence - de fabriquer de fausses images de soi-même pour forcer les autres à se construire aussi, par mimétisme, leur fausse image en vue de la glorification ou de la destruction de soi. Quand une célébration eucharistique perd sa dimension purement liturgique pour n'être plus, par célébrants interposés, qu'une "foire aux illusions", alors ce qui se passe autour de l'autel sombre dans l'artifice : le fidèle n'est plus dans la vérité de la foi mais dans le mauvais spectacle, dans cette tendance à ne vouloir échanger que certains aspects de son monde intérieur. Quant au célébrant, il tombe dans la construction de l'image qu'il veut donner de lui : construction qui conduit inévitablement à l'auto-complaisance. Et dans sa chute, il entraîne les fidèles dont la foi est la moins assurée. Les "liturgies- spectacles" ont donc ceci de dangereux pour la foi, qu'elles se présentent comme une mise en scène ambivalente dans laquelle le vrai (un peu de liturgie) et le faux (beaucoup de spectacle) s'entremêlent au point de rendre impossible la distinction entre ce qui est juste - "orthodoxe" - et ce qui est inexact - "hétérodoxe" -. Les Pères de l'Eglise ont très tôt reconnu, dans ce bouleversement de la réalité naturelle opéré par la "fictio" du spectacle et dans la construction de pseudo-réalités visant à ne susciter que des passions ou des émotions chez les spectateurs, une signature du diable, c'est-à-dire l'action de celui qui est par définition le "mauvais imitateur" de Dieu et qui, n'ayant pas le pouvoir de créer, peut seulement corrompre ce qui vient de Dieu. En se basant sur l'enseignement de Tertullien qui parle du diable comme d'un "aemulator" et d'un "interpolator" de l'oeuvre divine, n'est-il permis de penser qu'il puisse y avoir aujourd'hui des "messes-spectacles" qui ne sont en réalité que des "imitations" de la liturgie et qui, à ce titre, pourraient être utilisées par le diable pour conduire les fidèles ailleurs que là où l'authentique liturgie de l'Eglise veut les mener ? Dans une page des "Confessions" (3, 2), S. Augustin, se souvenant combien, lorsqu'il était jeune, il fréquentait passionnément les théâtres, note avec beaucoup de finesse que les spectateurs se plaisent à souffrir en voyant se dérouler sur scène des histoires douloureuses et tragiques qui devraient susciter leur pitié s'ils les rencontraient dans la vie réelle. Et il se demande « quelle est, en définitive, la pitié que l'on éprouve en ce qui concerne les fictions théâtrales. En effet le spectateur n'est pas incité à porter secours mais seulement invité à s'apitoyer en ressentant une souffrance proportionnée a l'appréciation qu'on porte à l'acteur qui joue les scènes ». S. Augustin en conclut qu'une relation véritablement humaine ne se réalise que lorsqu'il y a responsabilité. Or le sens de la responsabilité ne peut pas s'établir dans une "messe-spectacle" où n'existe qu'une pseudo-relation entre le fidèle-spectateur séduit par un célébrant-acteur s'obligeant à jouer le rôle d'un "génial metteur en scène" (Cf. Card. Ratzinger, La célébration de la foi). Il est donc évident que les "messes-spectacles" mettent les fidèles et les célébrants en position de "fausse proximité" vis-à-vis de l'Eucharistie qu'on célèbre : elles transforment les uns et les autres en spectateurs totalement passifs et déresponsabilisés (les célébrants regardant les fidèles jouer le rôle de miroir leur renvoyant l'image qu'ils souhaitent donner d'eux-mêmes).


Le véritable engagement dans la liturgie, dans ce qu'elle signifie et apporte, ne peut donc en aucun cas se faire par le biais de ces "célébrations-spectacles" devenues à la mode. L'engagement du fidèle - sa participtio actuosa - dans le signifié de la liturgie exige continuité de l'attention, sens du concret, concentration sur ce qui est essentiel... bref, tout ce que les "célébrations-spectacles" ne permettent en aucune façon puisqu'elles sont élaborées pour n'être que de puissantes incitations à la distraction, à la dispersion du "je" qui passe sans cesse du "dedans" au "dehors" de soi (selon une dynamique psychologique bien connue de tous ceux qui naviguent sur le web, lorsqu'ils se rendent compte que, de connexion en connexion, ils ont perdu des heures précieuses.) Disons les choses sans détour : les "liturgies-spectacles" qui semblent faire les délices de certains célébrants et de certains fidèles laïcs, sont symptômatiques d'une maladie de l'esprit que les Anciens avaient diagnostiquée sous le nom de "polypragmosynè", "curiositas". Tertullien, dans son "De praescriptione haereticorum" (7, 12) indique en quoi ce mal s'oppose à la radicale nouveauté du christianisme que doit célébrer toute liturgique digne de ce nom : "Nobis curiositate opus non est post Christum Jesum nec inquisitione post evangelium." Après la rencontre avec la Bonne Nouvelle qu'est Jésus-Christ, il n'y a plus de place pour la "curiositas"... C'est dire que le fidèle baptisé ne devrait donc pas avoir besoin de prendre part à des "messes-spectacles" pour savoir qui il est, ce qu'il croit, ce qu'il célèbre dans la liturgie. Il est donc urgent de soustraire les célébrations eucharistiques du besoin d'en faire des spectacles; il est urgent de les soustraire de la théâtralisation qui procède d'une instrumentalisation du sentiment, afin de leur garantir ce style véritablement "liturgique" que Benoît XVI veut nous faire redécouvrir.

 

Pro Liturgia

« En ce temps-là Jésus prit la parole et dit : « Je te bénis, Père, Seigneur du ciel et de la terre, d'avoir caché cela aux sages et aux intelligents et de l'avoir révélé aux tout-petits. Tout m'a été remis par mon Père, et nul ne connaît le Fils si ce n'est le Père, et nul ne connaît le Père si ce n'est le Fils, et celui à qui le Fils veut bien le révéler. Venez à moi, vous tous qui peinez et ployez sous le fardeau, et moi je vous soulagerai. Chargez-vous de mon joug et mettez-vous à mon école, car je suis doux et humble de cœur, et vous trouverez soulagement pour vos âmes. Oui, mon joug est doux et mon fardeau léger » (Matthieu 11, 25-30).

 

 

 

 

Il ne fait aucun doute que la voie choisie par le Seigneur pour se révéler à nous, pour nous manifester l’amour infini du Père, passe par la « petitesse », c’est-à-dire l’humilité et la simplicité. Ce sont précisément les petits, ceux « qui ont l’esprit de pauvreté », qui sont les destinataires de Son annonce de salut : « Bienheureux ceux qui ont l’esprit de pauvreté parce que le Royaume des Cieux est à eux » (Matthieu 5, 3). Cette voie de la petitesse évangélique a trouvé les Apôtres eux-mêmes non préparés, ainsi que les contemporains de Jésus. Ils ne pouvaient imaginer que le Seigneur Très-Haut s’abaisse d’une manière invraisemblable, en prenant la nature, « la condition d’esclave » (Philippines 2, 7), et en partageant en tout notre condition, à l’exception du péché. Comme Sait Paul l’a bien compris, « Dieu a choisi ce qui dans le monde est fou pour confondre les sages, Dieu a choisi ce qui est faible dans le monde pour confondre les forts » (1 Corinthiens, 1, 27). Dans la petitesse et dans la simplicité, le regard se détache de ce qui semble grandiose, étonnant, fort et puissant, et se tourne vers ce qui se présente comme pauvre et humble, simple et doux. Dans la succession quotidienne de notre existence humaine, si nous voulons être parmi ceux qui sont capables d’accueillir le Royaume de Dieu, parmi ceux qui apprennent auprès de Jésus, nous devons alors adopter une pensée, un style de vie, un comportement, qui soient conformes à la petitesse selon l’Evangile, autrement, nous resterons ‘’en dehors’’ : « Si vous ne convertissez pas et ne devenez pas comme de petits enfants, vous n’entrerez pas dans le Royaume des Cieux » (Matthieu 18, 3). Jésus a refusé en effet les voies de la grandeur et du pouvoir humain, et a choisi, pour lui et pour les siens, les voies de la petitesse et du service : « Vous savez que les chefs des nations dominent sur elles en maîtres et que les grands leur font sentir leur pouvoir. Il n'en doit pas être ainsi parmi vous : au contraire, celui qui voudra devenir grand parmi vous, sera votre serviteur, et celui qui voudra être le premier d'entre vous, sera votre esclave. C'est ainsi que le Fils de l'homme n'est pas venu pour être servi, mais pour servir et donner sa vie en rançon pour une multitude » (Matthieu 20, 25-28). Le titre de « Serviteur » exprime tout cela, et si le Maître s’est fait Serviteur, combien plus encore ses disciples devront suivre son exemple et être des serviteurs ! Ils sont, dans la logique du Royaume, les « serviteurs inutiles » (cf. Luc 17, 10). Nous faire ainsi petits, pour suivre Jésus Enfant et Jésus Crucifié, nous élèvera à la gloire du Ressuscité. Seul celui qui « s’humilie », nous assure l’Evangile, sera « élevé » (cf. Marc 10, 31). Ainsi la voie de la petitesse nous éduque à ne pas vivre en fonction de la terre mais à faire de notre vie une escalade vers le Ciel. Jour après jour, nous sommes appelés à monter de nombreuses petites marches, l’une après l’autre, par de petits actes d’amour répétés envers le Seigneur et envers le prochain, qui nous le représente. Le véritable disciple du Christ doit monter les gradins de l’humilité, et c’est seulement ainsi qu’il ne sera pas entraîné par l’esprit contraire. Jésus est clair, comme toujours, même sur ce point : « Eh bien ! Moi je vous dis de ne pas tenir tête au méchant : au contraire, quelqu'un te donne-t-il un soufflet sur la joue droite, tends-lui encore l'autre ; veut-il te faire un procès et prendre ta tunique, laisse-lui même ton manteau ; te requiert-il pour une course d'un mille, fais-en deux avec lui. A qui te demande, donne ; à qui veut t'emprunter, ne tourne pas le dos. Vous avez entendu qu'il a été dit : ‘Tu aimeras ton prochain et tu haïras ton ennemi’. Eh bien ! Moi je vous dis : Aimez vos ennemis, et priez pour vos persécuteurs, afin de devenir fils de votre Père qui est aux cieux, car il fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons, et tomber la pluie sur les justes et sur les injustes » (Matthieu 5, 39-45).

 

En regardant la Sainte Vierge, l’Eglise contemple la correspondance parfaite de la créature aux désirs du Créateur, la ressemblance parfaite de la Mère avec son Fils. Tout en Elle nous parle de Lui : chaque geste, chaque pensée, chaque parole de la Mère révèlent le Fils. Les lieux des apparitions mariales, comme Lourdes, sont imprégnés eux aussi de l’Esprit de Jésus, ils sont remplis de Sa Présence Eucharistique et de Son Pardon Sacramentel. Vraiment, là où se trouve la Mère, se trouve aussi le Fils, et vice versa. Comme l’a déclaré le Pape Benoît XVI : « Marie et Jésus vont de pair. A travers Elle, nous voulons continuer à dialoguer avec le Seigneur, en apprenant ainsi à mieux le recevoir. Sainte Mère de Dieu, prie pour nous, comme à Cana, tu as prié pour les époux! Guide-nous vers Jésus - toujours à nouveau! Amen!” (11 septembre 2006: Messe sur la Place du Sanctuaire d'Altötting).

 

Fides

L’Encyclique « Ecclesia de Eucharistia », au numéro 57, parle de la vérité de la présence de la Vierge Marie à chaque Messe ; c’est une vérité qui réjouit le cœur et éclaire l’esprit de chaque prêtre et de chaque fidèle, qui reconnaît dans la Mère de Jésus sa propre Mère qui lui a été confiée personnellement par le Seigneur lui-même, à l’heure solennelle de son Sacrifice Ultime (cf. Jean 19, 25-27). Le Serviteur de Dieu Jean Paul II nous fait entrer de manière très vivante, dans le lien étroit entre l’Eucharistie et Marie ; un « binôme », lui aussi « inséparable » comme le lien entre l’Eucharistie et l’Eglise : « Dans le ‘’mémorial’’ du Calvaire est présent tout ce que le Christ a accompli dans sa passion et dans sa mort. C'est pourquoi ce que le Christ a accompli envers sa Mère, il l'accomplit aussi en notre faveur. Il lui a en effet confié le disciple bien-aimé et, en ce disciple, il lui confie également chacun de nous : « Voici ton fils ! ». De même, il dit aussi à chacun de nous: « Voici ta mère ! » (cf. Jean 19, 26-27).

 

 

 

« Vivre dans l'Eucharistie le mémorial de la mort du Christ suppose aussi de recevoir continuellement ce don. Cela signifie prendre chez nous - à l'exemple de Jean - celle qui chaque fois nous est donnée comme Mère. Cela signifie en même temps nous engager à nous conformer au Christ, en nous mettant à l'école de sa Mère et en nous laissant accompagner par elle. Marie est présente, avec l'Église et comme Mère de l'Église, en chacune de nos Célébrations Eucharistiques. Si Église et Eucharistie constituent un binôme inséparable, il faut en dire autant du binôme Marie et Eucharistie. C'est pourquoi aussi la mémoire de Marie dans la Célébration eucharistique se fait de manière unanime, depuis l'antiquité, dans les Églises d'Orient et d'Occident » (Jean Paul II, « Ecclesia de Eucharistia », n. 57). Cette vérité, toutefois, n’appartient pas simplement à la dévotion privée des fidèles plus sensibles à la piété mariale, mais fait partie du Magistère le plus élevé de l’Eglise qui, par la voix des Souverains Pontifes, éclaire le chemin du Peuple de Dieu. Comme il est consolant de savoir que, précisément dans le mémorial eucharistique, avec le don du Corps et du Sang du Christ, le Seigneur nous renouvelle aussi le don de la maternité de sa Mère ! Comme à Jean, le Seigneur Eucharistique répète à chacun de nous ces paroles émouvantes « Voilà ta Mère » (Jean 19, 27). Il n’y a pas de moment plus solennel, plus important et plus significatif que celui-ci, pour pouvoir les réentendre avec foi au plus profond de notre âme, et les recevoir comme don d’amour, comme Jean les a reçues lui qui « à partir de ce moment a pris Marie dans sa maison » (cf Jean 19, 27), dans ce qu’il avait de plus précieux. Plus nous entrons dans le mystère eucharistique du Christ, plus nous découvrons le don de la maternité universelle de la Vierge, qui nous apprend à son tour à faire nôtres les intentions du Cœur du Fils, et à « mieux Le recevoir », comme l’a déclaré au Sanctuaire Marial de Altötting, le Pape Benoît XVI dans son homélie du 11 septembre dernier : « L'adoration du Seigneur dans l'Eucharistie a trouvé à Altötting, dans l'antique salle du trésor, un lieu nouveau. Marie et Jésus vont de pair. A travers Elle, nous voulons continuer à dialoguer avec le Seigneur, en apprenant ainsi à mieux le recevoir ».

 

Quelle valeur théologique et spirituelle profonde prend ainsi, à cette lumière, le Rosaire lui-même récité devant le Saint-Sacrement ! Et que dire de l’amour envers l’Eucharistie qui jaillit de la spiritualité du Rosaire ! En croyant vraiment que « Marie et Jésus vont de pair », nous ne serons pas surpris d’être convaincus dans notre cœur que là où il y a Jésus, il y a toujours aussi sa Mère, non certes comme présence envahissante, mais comme présence maternelle, remplie de tendresse et de sollicitude qui nous confie tous à l’Amour de Dieu, et nous jette dans ses bras.

 

Fides

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