En août 1970, un jeune moine bénédictin, le Père Gérard Calvet quitte l'Abbaye Notre-Dame de Tournay avec l'accord de son Père Abbé et s'installe à Bédoin, petit village du Vaucluse. Il désire vivre la règle de Saint Benoît dans la fidélité avec les traditions liturgiques romaines. Il est rapidement rejoint par quelques jeunes gens qui désirent vivre la vie bénédictine. En 1978, au vu de la croissance de la jeune communauté, un terrain de trente hectares est acquis entre le Ventoux et les Dentelles de Montmirail, sur la commune du Barroux. Commence alors la construction d'une nouvelle abbaye pleinement reconnue par Rome…

 
 
 
Né à Bordeaux le 18 novembre 1927, Dom Gérard avait prononcé ses premiers vœux le 4 février 1951 à Tournay puis avait été ordonné prêtre en mai 1956. En août 1970, il s'installe à la petite chapelle de Bédoin (Vaucluse). En pleine "crise" de l'Eglise, il souhaite (avec la bénédiction de son Père Abbé) conserver la liturgie grégorienne et latine. De quoi demain sera-t-il fait ? « C'est l'affaire du Bon Dieu » répond le Père Gérard. En novembre, un postulant décide de rester avec Dom Gérard : c'est la première ébauche d'une nouvelle communauté bénédictine : sept fois le jour et une fois la nuit, la louange s'élève vers le Seigneur. Les vocations arrivent : bientôt, onze moines sont réunis... En janvier 1971, Dom Gérard se rend à Rome pour solliciter l'aval du Saint-Siège pour la toute jeune fondation. En juillet, Mgr Lefebvre ayant procédé à des ordinations à Bédoin, le Supérieur de Dom Gérard décide de fermer le monastère naissant. Dom Gérard se rend une nouvelle fois à Rome pour tâcher de trouver une solution. Etant donné que la solution ne vient pas mais que dans le même temps la communauté grandit, il est décidé d'acheter un terrain et de construire des bâtiments. En mars 1980 a lieu la pose de la première pierre, sur laquelle est gravée la devise du nouveau monastère : Pax in lumine "Paix dans la lumière". En décembre 1981, la communauté quitte Bédoin pour prendre possession de la nouvelle hôtellerie. Les offices se déroulent dans la crypte de la future église. En juin 1989, le Saint-Siège accorde au monastère un statut canonique. Le mois suivant, le Cardinal Mayer confère la bénédiction abbatiale au fondateur, Dom Gérard Calvet. Au mois d'octobre, le Cardinal Gagnon consacre l'église abbatiale. En septembre 1995, le Cardinal Ratzinger célèbre la messe conventuelle dominicale en présence de nombreux fidèles. En nombre 2003, le T.R. Père Dom Calvet donne sa démission. C'est le T.R. Père Dom Louis-Marie (+) qui devient nouvel Abbé.
 
Le 28 février 2008, le T.R. Père Abbé Dom Gérard Calvet est appelé par le Seigneur. La messe de requiem pour le repos de son âme sera chantée le lundi 3 mars à 10h. Nous nous unissons à la prière de la communauté bénédictine.

Le refus de l’euthanasie et de l’avortement, la promotion de la famille et du mariage traditionnel, la liberté de l’enseignement sont « des valeurs non négociables pour un catholique et donc pour un catholique engagé en politique et pour un catholique appelé aux urnes ». C’est ce que Giovanni Maria Vian, directeur de L’Osservatore Romano, a affirmé dans une interview au quotidien Il Giornale…

 
 
Dans le contexte italien de la campagne pour les élections législatives anticipées des 13 et 14 avril prochains, où la question de la réforme de la législation sur l’avortement est devenue un argument politique, le directeur du journal du Vatican rappelle qu’en 2002, la Congrégation pour la doctrine de la foi, alors dirigée par le cardinal Ratzinger et Mgr Tarcisio Bertone, avait publié un document sur le comportement des catholiques en politique. La place accordée aux questions éthiques dans la campagne politique en Italie « est un fait positif, si nous ne sommes pas instrumentalisés », a encore indiqué Giovanni Maria Vian. Quant au choix d’un parti pour les catholiques « aucun ne représente l’idéal. (…) Il faut chercher à élire des personnes qui puissent au mieux promouvoir les valeurs de référence du monde catholique ».

"L'Imitation de Jésus-Christ" (en latin De imitatione Christi) est une œuvre de piété chrétienne attribuée au Bienheureux Thomas a Kempis (1380-1471). Le livre est divisé en quatre parties : 1. Avertissements utiles à la vie spirituelle (admonitiones ad vitam spiritualem utiles) ; 2. Avertissements entraînant à la vie intérieure (admonitiones ad interna trahentes) ; 3. De la consolation intérieure (de interna consolatione) ; 4. Exhortation à la sainte communion (de sacramento) :

 
 
 
 
« Depuis longtemps je soutenais ma vie spirituelle avec "la plus pure farine" contenue dans l'Imitation.
Ce petit livre ne me quittait jamais, en été dans ma poche, en hiver dans mon manchon.
J'en connaissais par cœur presque tous les chapitres. »
Sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus, in "Histoire d'une âme"
Frère Gabriel de L'Addolorata (1838-1862) - (c'est-à-dire Notre-Dame des Sept-Douleurs) - est le nom de religion que reçut François Possenti lorsqu'il fut entré chez les Passionnistes…
 
 
 
Saint Gabriel de l'Addolorata est né le 1er mars 1838 à Assise dans une famille de 13 enfants. Dès son enfance, le jeune Saint professait une dévotion ardente envers la Sainte Vierge, dévotion qui lui avait été inspirée par les soins attentifs de sa mère qui est morte lorsqu'il avait 4 ans. Pendant le temps de sa scolarité, cette dévotion s'intensifia sous l'influence de ses maîtres religieux, les Frères des Écoles Chrétiennes et les Pères Jésuites. Aussi la divine Mère avait-Elle pour lui des attentions toutes particulières. Et on ne s'étonnera pas qu'Elle soit intervenue Elle-même dans l'appel du jeune homme à la vie religieuse. En 1856, François Possenti se trouvait au milieu d’une procession à la Vierge Marie et, dès qu'il eut porté les yeux sur l'image de la Vierge, il se sentit profondément ému. Il avait aperçu la Sainte Vierge le regarder avec une maternelle tendresse. Il L'avait entendue lui dire: « François, le monde n'est plus pour toi; il te faut entrer en religion. » Il entra donc à 18 ans chez les Passionnistes. Par amour pour la Sainte Vierge, il voulut s'appeler Frère Gabriel de Notre-Dame des Sept-Douleurs. Il y vécut saintement, puis y mourut en prédestiné le 27 février 1862 à Isola del Gran Sasso, âgé de 24 ans, après six ans seulement de vie religieuse. 

La tendresse que Saint Gabriel avait pour la Sainte Vierge atteignait à une véhémence qu'on ne saurait exprimer. Son cœur était comme un brasier brûlant d'amour pour sa tendre Mère. Et si vive que fût sa dévotion mariale pendant qu'il vivait encore dans le monde, elle n'était, pourtant, que l'ombre, pour ainsi dire, de celle qu'il manifesta une fois devenu religieux. Dès son noviciat, il s'appliqua constamment à une union intime avec sa Mère du Ciel dans ses pensées, ses affections, ses paroles, ses actions. Il en était venu à ne plus perdre le souvenir de Marie, souvenir qui ne le quittait pas même pendant le sommeil, car ses rêves les plus fréquents avaient la Mère de Dieu pour objet. La Sainte Vierge était le sujet le plus ordinaire de ses conversations.
En esprit de pénitence et comme moyen d'écarter de lui tout ce qui aurait pu le détourner du souvenir constant de la Divine Vierge, Frère Gabriel pratiquait strictement la modestie des yeux. Après cinq ans de cette pratique, il en était arrivé à ne plus avoir de distractions pendant ses prières. Le jeune Saint s'était imposé un grand nombre de pratiques pieuses en l'honneur de Marie. L'une de ses plus chères dévotions était sa coutume d'offrir chaque jour à la bonne Mère un bouquet de petites mortifications, qu'il multipliait de façon étonnante. Il était également plein d'ardeur pour faire partager à tous sa dévotion envers Marie. Il voulait s'engager par vœu particulier à étendre le règne de Marie. À la grande joie de son cœur, ses Supérieurs lui permirent de faire ce vœu apostolique. Son agonie ne fut qu'une douce extase. Quelques instants avant de rendre le dernier soupir, il demanda l'image de Notre-Dame des Sept-Douleurs. L'ayant reçue, il la couvrit d'abord de baisers, puis la plaça sur son cœur, où il la pressa fortement de ses deux mains jointes. Soudain, un céleste sourire épanouit son visage, et c'est dans cette attitude qu'il rendit son âme.
 
Le pape Benoît XV le canonisa en 1920. Son sanctuaire à Isola del Gran Sasso est visité chaque année par deux millions de pèlerins. Pie XI étendit sa fête en 1932 à toute l'Église universelle.
 
 
 
 

Aux 400 participants au congrès consacré aux orientations éthiques et pratiques de l'assistance aux malades graves et incurables, organisé par l'Académie pontificale pour la Vie, le pape Benoît XVI a rappelé hier le devoir de « respecter la vie et la dignité de malade grave et du mourant » qui incombe à toute nos sociétés. Les médecins sont tenus au respect de la vie humaine à chaque moment de son développement terrestre, a-t-il poursuivi.

 
 
 
Réaffirmant « la ferme et constante condamnation éthique de toute forme d'euthanasie directe, selon l'enseignement séculaire de l'Eglise », Benoît XVI a dénoncé « les pressions en faveur de l'euthanasie » subies par « les personnes fragiles et les familles les plus pauvres dans une société complexe, fortement influencée par les dynamiques de la productivité et les exigences de l'économie » dans laquelle s'insinue une « vision utilitariste de la personne ». « Les thérapies et les opérations doivent toujours suivre les critères de la proportionnalité médicale, et dans le cas de la thérapie à risques, et donc extraordinaires, le recours à celles-ci doit être considéré comme "moralement licite mais facultatif" », a-t-il poursuivi. Le pape a enfin plaidé pour que les proches accompagnant les malades en phase terminale bénéficient de congés, comme les parents pour une naissance. « Un plus grand respect de la vie humaine individuelle passe inévitablement à travers la solidarité concrète de tous et de chacun et constitue un des défis les plus urgents de notre temps ».

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Beaucoup de jeunes que nous rencontrons n’ont pas eu la grâce d’une éducation chrétienne. Ils ne savent pas qui est Jésus. Pire encore, ils ne savent pas quel est le sens de leur existence. Ils ne peuvent pas dire, comme Sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus, que le Ciel est leur unique Patrie. Qui les aidera à découvrir cette Vérité fondamentale ?

 

 

 

Saint Augustin, après des années de recherche sur le sens de sa vie pouvait déclarer : « Tu nous as faits pour Toi, Seigneur, et notre cœur est sans repos tant qu’il ne repose en Toi ». Oui, voilà le vrai sens de l’existence humaine ! Soyons auprès de nos jeunes amis les témoins lumineux de Jésus et aidons-les à réfléchir ! « N’ayez pas peur ! » nous disait Jean-Paul II. « Soyons des Alléluias vivants ! » (Père Sevin). Montrons aux jeunes d’aujourd’hui que l’existence humaine a un sens, que nous ne sommes pas des produits d’une évolution aveugle ! Nous avons été crées à l’image et à la ressemblance de Dieu, nous avons été rachetés par la Croix de Son Fils ! Le but de notre vie, c’est le bonheur infini, les joies éternelles du Ciel ! Tout ce qui peut aider l’homme à obtenir cet unique but est bon, mais tout ce qui peut l’en détourner doit être énergiquement refusé. Soyons des humbles éducateurs d’autres jeunes en leur apprenant à rechercher ce qui est bon en vue du Ciel et à être énergiques pour refuser tout ce qui pourrait les détourner du but de leur pèlerinage ! Les Béatitudes, proclamées par Jésus, sont la charte de ce Royaume ! Jésus les a vécues à la perfection. La Sainte Vierge et Saint Joseph l’ont imité. Chaque jour, assimilons ces Béatitudes et vivons-les dans la joie, pour entraîner à notre suite, de nombreuses âmes vers notre patrie chérie : le Ciel !

Seigneur, ayez pitié de nous --> Seigneur, ayez pitié de nous

Christ, ayez pitié de nous --> Christ, ayez pitié de nous

Seigneur, ayez pitié de nous --> Seigneur, ayez pitié de nous

 

 

Christ, écoutez-nous --> Christ, écoutez-nous

Christ, exaucez-nous --> Christ, exaucez-nous

 

 

Père Céleste, qui êtes Dieu, --> ayez pitié de nous

Fils, Rédempteur du monde, qui êtes Dieu, --> ayez pitié de nous

Esprit Saint, qui êtes Dieu, --> ayez pitié de nous

Trinité Sainte, qui êtes un seul Dieu, --> ayez pitié de nous

 

 

Sainte Marie, Médiatrice de toute grâces, --> priez pour nous.

Saint Joseph, Patron des âmes intérieures, --> priez pour nous.

Saint Charbel Makhlouf, --> priez pour nous.

Saint Charbel Makhlouf, dont la vie fut semblalble à celle du Sauveur, --> priez pour nous.

Saint Charbel Makhlouf, fidèle à correspondre à la grâce de Dieu, --> priez pour nous.

Saint Charbel Makhlouf, tenace au service de Dieu, comme le cèdre du Liban, --> priez pour nous.

Saint Charbel Makhlouf, âme d'oraison continuelle, --> priez pour nous.

Saint Charbel Makhlouf, recueilli dans un silence continuel, --> priez pour nous.

Saint Charbel Makhlouf, homme de vie intérieure profonde, --> priez pour nous.

Saint Charbel Makhlouf, doué d'une grande simplicité d'âme, --> priez pour nous.

Saint Charbel Makhlouf, religieux d'une obéissance consommée, --> priez pour nous.

Saint Charbel Makhlouf, religieux d'une pauvreté entière, --> priez pour nous.

Saint Charbel Makhlouf, ange de Pureté, --> priez pour nous.

Saint Charbel Makhlouf, d'une modestie extrême, --> priez pour nous.

Saint Charbel Makhlouf, observateur minutieux de la Règle, --> priez pour nous.

Saint Charbel Makhlouf, champion du don total à Dieu, --> priez pour nous.

Saint Charbel Makhlouf, âme d'une totale abnégation, --> priez pour nous.

Saint Charbel Makhlouf, entièrement abandonné entre les mains du Seigneur, --> priez pour nous.

Saint Charbel Makhlouf, qui excelliez dans le détachement de vous même, --> priez pour nous.

Saint Charbel Makhlouf, mort au monde par le détachement de vous-même, --> priez pour nous.

Saint Charbel Makhlouf, héroïque dans le détachement de vos parents, --> priez pour nous.

Saint Charbel Makhlouf, insatiable d'humiliations,  --> priez pour nous.

Saint Charbel Makhlouf, adorateur du Très Saint Sacrement, --> priez pour nous.

Saint Charbel Makhlouf, brûlant de piété au Saint Autel, --> priez pour nous.

Saint Charbel Makhlouf, attentif à vivre pleinement votre Messe, --> priez pour nous.

Saint Charbel Makhlouf, en union avec le Christ, offert comme Hostie sur la patène, --> priez pour nous.

Saint Charbel Makhlouf, contemplatif du Mystère de la Croix, --> priez pour nous.

Saint Charbel Makhlouf, fervent serviteur de la Mère de Dieu, --> priez pour nous.

Saint Charbel Makhlouf; dévot quotidien du Très Saint Rosaire, --> priez pour nous.

Saint Charbel Makhlouf, apôtre ardent du Salut des âmes, --> priez pour nous.

Saint Charbel Makhlouf, héritier du courage des Martyrs, --> priez pour nous.

Saint Charbel Makhlouf, passé maître dans l'art d'assister les mourants, --> priez pour nous.

Saint Charbel Makhlouf, joie pour le prochain, --> priez pour nous.

Saint Charbel Makhlouf, vainqueur du froid et du sommeil, --> priez pour nous.

Saint Charbel Makhlouf, abstinent et jeûneur perpétuel, --> priez pour nous.

Saint Charbel Makhlouf, coutumier de la fatigue, --> priez pour nous.

Saint Charbel Makhlouf, habile Confesseur qui lisiez dans les âmes, --> priez pour nous.

Saint Charbel Makhlouf, lecteur assidu de la Sainte Ecriture, --> priez pour nous.

Saint Charbel Makhlouf, mort la veille de Noël consumé d'Amour, --> priez pour nous.

Saint Charbel Makhlouf, dont les vertus firent manifestées par des faisceaux lumineux sur votre tombe, --> priez pour nous.

Saint Charbel Makhlouf, dont le corps se conserva longtemps intact et suinta la sueur et le sang, --> priez pour nous.

Saint Charbel Makhlouf, thaumaturge universel, --> priez pour nous.

Saint Charbel Makhlouf, étoile de Sainteté dans nos temps troublés, --> priez pour nous.

 

 

Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde, --> pardonnez-nous, Seigneur.

Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde, --> exaucez-nous, Seigneur.

Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde, --> ayez pitié de nous, Seigneur.

 

 

Priez pour nous, ô Saint Charbel,

--> Afin que nous soyons de vrais disciples de Jésus-Christ.

 

 

Prions : Dieu éternel et Tout-Puissant, qui par Votre Grâce avez conduit Saint Charbel Makhlouf jusqu'aux sommets de la perfection Chrétienne et avez fait éclater dans son ermitage l'héroïsme des vertus monastiques, faites que, à son exemple et par son intercession, ,une phalange de Saints surgissent au sein de l'Eglise de Jésus-Christ, qui vit et règne avec Vous dans l'Unité du Saint Esprit, pour les siècles et les siècles. Amen.

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Auteur d’un ouvrage sur la franc-maçonnerie, Mgr Dominique Rey, évêque de Fréjus-Toulon, rappelle que pour l’Eglise, on ne peut pas être à la fois catholique et membre d’une loge maçonnique. « Peut-on être chrétien et franc-maçon », tel le titre d’un ouvrage publié l’an dernier aux éditions Salvator et écrit par Mgr Dominique Rey, évêque de Fréjus-Toulon. Notre entretien avec Mgr Rey : 

 
 
 
 


1. Mgr Dominique Rey, dans le nouveau code de droit canonique l’Eglise ne parle plus de la franc-maçonnerie. Le jugement de l’Eglise a-t-il changé à son sujet ?
Le 26 novembre 1983, la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, par son préfet qui était alors le cardinal Josef Ratzinger a fait une mise au point sur la Franc-maçonnerie. Cette déclaration a été approuvée par le pape Jean-Paul II. Elle dit ceci : « On a demandé si le jugement de l’Église sur les associations maçonniques était changé, étant donné que dans le nouveau Code de droit canonique il n’en est pas fait mention expresse, comme dans le Code antérieur. Le jugement de l’Église sur les associations maçonniques demeure donc inchangé […] et l’inscription à ces associations reste interdite par l’Église ».
 

2. Quels sont les éléments de l’enseignement maçonnique de base que l’Eglise trouve incompatibles avec la foi catholique ?
La franc-maçonnerie, qu’elle soit opérative ou spéculative, est de type gnostique (la gnose est une hérésie déjà condamnée par St Irénée au IIème siècle et que l’on retrouve dans tous les ordres initiatiques). Elle prétend donner à ses adeptes une formation ésotérique, enseignement secret qui révèlerait le sens caché de l’univers. Tous les rituels font miroiter aux yeux des initiés l’acquisition d’une « Tradition primordiale », et d’une « Lumière » qui, au mieux, est celle de l’intelligence humaine, mais en aucun cas, celle de la Transfiguration en Christ.
 

3. Comment peut-on concilier cette nécessité d’attester notre foi avec l’interdiction, faite à l’intérieur de la loge, d’aborder les problèmes religieux ?
La condamnation de l’Eglise porte sur l’ésotérisme, c’est-à-dire le fait de transmettre la doctrine à un cercle restreint d’initiés. Le goût pour les doctrines secrètes a toujours été perçu comme inconciliable avec l’Evangile. Dans l’Eglise catholique, il n’y a pas d’enseignement secret. La doctrine de la foi chrétienne est accessible à tous. Le christianisme est la Révélation de l’amour de Dieu manifesté en son Fils Jésus-Christ. Il ne voile pas. Au contraire, il dévoile.
 

4. Quelles sont les conséquences théologiques de cette incompatibilité ?
Elles sont multiples. Par exemple, le christianisme comporte un certain nombre de dogmes qui sont autant de « fenêtres » ouvertes par la lumière de la foi sur le Mystère de Dieu. Ces affirmations dogmatiques objectivent notre foi. Celle-ci peut alors s’exposer de façon structurée et structurante, et ainsi proposer une intelligibilité du « croire ». Ces affirmations constituent le Credo. Le maçon soutient au contraire le primat et l’autonomie de la raison par rapport à toute vérité révélée. Le concept de « norme » ou, pis encore, de loi morale, devient ainsi de lui-même une valeur négative. Par exemple, la théologie du salut ou de la grâce. Selon la « philosophie humaniste », prônée par la maçonnerie, l’homme n’a pas besoin de salut. Il se perfectionne sans cesse lui-même. De plus, pour accéder au salut, le chrétien compte d’abord sur la grâce miséricordieuse de Dieu qui éclaire son intelligence, soutient son agir, attise son désir… plus que sur ses propres ressources ou ses seules œuvres ! D’où l’importance de la prière et de la vie sacramentelle. A contrario, le maçon compte essentiellement sur son pouvoir « auto-créateur » et sur la force de solidarité de sa loge !
 

5. Qu’en est-il sur le plan moral ? Sur le plan éthique, les différences sont également substantielles.
Pour le franc-maçon, les règles morales sont appelées à évoluer sans cesse sous la pression de l’opinion publique et des progrès de la science. Aucune règle n’est intangible. La morale doit évoluer au gré du consensus des sociétés. Elle devient contingente. On ne peut nier que l’homme se situe toujours dans une culture particulière, mais on ne peut nier non plus que l’homme ne se définit pas tout entier par cette culture. Du reste, le progrès même des cultures montre qu’il existe en l’homme quelque chose qui transcende les cultures. Ce « quelque chose » est précisément la nature de l’homme : cette nature est la mesure de la culture et la condition pour que l’homme ne soit prisonnier d’aucune de ses cultures, mais pour qu’il affirme sa dignité personnelle dans une vie conforme à la vérité profonde de son être. L’Internationales Freimaurer Lexikon (dictionnaire international franc-maçon), source reconnue comme objective, met en cause ce qui pour elle relève du dogmatisme de l’Eglise catholique : « Toutes les institutions qui reposent sur un fondement dogmatique, et dont l’Eglise catholique peut être considérée comme la plus représentative, exercent une contrainte de la foi » (Lennhoff-Posner, Vienne, 1975, p 374). Ce n’est pas sans raison que, à l’intérieur de la loge, toute discussion sur les phénomènes religieux est sévèrement interdite. D’autre part, la franc-maçonnerie prône le naturalisme, sans que ce dernier repose absolument sur un principe de transcendance. « En toute chose, c’est la raison humaine et la nature humaine qui restent maîtresses et souveraines. » La franc-maçonnerie refuse tout phénomène surnaturel (apparitions, miracles, théophanie…) considéré comme une intervention divine.
 

6. Pourtant les franc-maçons n’attaquent pas le principe des religions et prônent un humanisme fait de tolérance, valeurs aujourd’hui considérées comme universelles.
La franc-maçonnerie est une philosophie humaniste consacrée à la recherche de la Vérité, mais elle estime celle-ci inaccessible. Elle rejette tout dogme. Elle conduit au relativisme, au prétexte de la tolérance absolue, au « constructivisme », au nom de la capacité de l’homme à « s’auto-créer ». En raison de son relativisme religieux, les religions se retrouvent sur le même plan, comme autant de tentatives concurrentes pour exprimer la vérité sur Dieu qui, en soi, est inatteignable et insaisissable. Les diverses communautés religieuses auxquelles appartiennent les membres des loges, sont de fait considérées secondaires par rapport à l’appartenance plus englobante et supra confessionnelle à la fraternité maçonnique. L’engagement, au sein de cette fraternité, transforme la structure de l’acte de foi chrétien. Celui-ci n’est plus perçu comme une adhésion globale qui engage toute la personne pour le Christ, en suivant son enseignement. « Car en Lui, dans Son propre Corps, habite la plénitude de la divinité. En Lui, vous avez tout reçu en plénitude, car Il domine toutes les puissances de l’univers. » (Col 2, 9-10)
 

7. Avez-vous rencontré des franc-maçons de haut rang, en activité ou « repentis » qui vous ont parlé à cœur ouvert ? Vous ont-ils dit des choses qui vous ont frappé ?
J’ai eu l’occasion de côtoyer quelques francs-maçons. J’ai retenu deux choses de ces contacts : L’idéologie de la franc-maçonnerie est difficile à cerner, d’une part parce qu’elle cultive le secret, et d’autre part, en raison de son éclatement en divers courants. Elle se fixe comme but de « travailler à l’amélioration matérielle et morale, ainsi qu’au perfectionnement intellectuel et moral de l’humanité. » J’ai eu l’occasion de rencontrer des francs maçons qui se déclarent chrétiens. En effet, la franc-maçonnerie anglo-saxonne confesse sa foi en Dieu, « Grand Architecte de l’univers ». Cependant, les constitutions d’Anderson de 1723, texte de référence pour tous les francs-maçons, ne comportent pas la moindre référence à Dieu en Jésus-Christ, ne mentionnent jamais la Sainte Trinité, le péché, le salut, la résurrection, la venue de l’Esprit-Saint… Ils ne voient pas l’incohérence de la double appartenance. Le déficit de transmission de la Vérité, l’absence de chaleur humaine et la tendance à la désacralisation de la vie ecclésiale, qui affectent parfois les communautés chrétiennes, pourraient expliquer en partie l’attrait exercé par la franc-maçonnerie. La culture relativiste et de « tolérance », le souci humaniste de bienfaisance, le refus de toute forme d’obscurantisme et de toute forme d’intégrisme… consonnent avec les attentes de nos contemporains, et les discours actuellement véhiculés par les politiques et les médias. La proposition est attractive et séduisante. Enfin, le divorce entre la foi et la raison, dénoncé par le pape Jean-Paul II dans sa lettre encyclique Fides et Ratio (n° 48), déporte insidieusement la foi vers un certain piétisme, un sentimentalisme religieux. Livrée à elle-même, la raison n’est plus finalisée par la recherche de la Vérité. Elle se trouve à la merci des idéologies ou des constructions subjectives. L’engagement du chrétien dans la franc-maçonnerie relève, dans bien des cas, d’une méconnaissance de ce lien organique entre foi et raison.
 

8. La franc-maçonnerie est-elle vraiment une société secrète dans ses structures et ses enseignements ?
Il suffit de demander à un ami franc-maçon de vous faire connaître la liste de ceux qui fréquentent sa loge ou d’avoir accès au rituel d’initiation pour se rendre compte qu’il y a une culture du secret.
 

9. La franc-maçonnerie a-t-elle un réel poids sur la société à travers des réseaux ou est-elle une sorte de relique de la gnose antique un brin désuète dans ses rites ? En avez-vous des exemples ?
Son influence sur les idées politiques a été déterminante dans l’histoire de la République française. Je pense bien sûr à la IIIème République. Son rôle fut indéniable dans l’émergence des libertés publiques. Mais dans un contexte très polémique, ses mots d’ordre anti-cléricaux et laïcistes dirigés contre l’Eglise, s’insurgeaient contre l’autorité morale et doctrinale qu’elle représentait. Par l’entremise de cercles de pensées et de réseaux d’influence, certains projets de loi votés par le Parlement, ont été préparés dans le silence des couvents maçonniques (en particulier les frères furent actifs sur la question scolaire [et de l’avortement. NDLR]). Cependant, la franc-maçonnerie offre aujourd’hui une image extrêmement diversifiée où s’affrontent et se confrontent divers courants de pensée et diverses traditions. Malgré une volonté affichée de donner une image positive de transparence, une certaine opacité entretenue interdit de disposer de données objectives sur l’impact réel de la franc-maçonnerie sur la société française. Par exemple, on trouve une grande différence d’une obédience à l’autre quant au rapport au religieux : depuis l’athéisme déclaré jusqu’à des loges dites de « franc-maçonnerie chrétienne ». La franc-maçonnerie constitue un réseau d’influence et de pouvoir dans plusieurs secteurs de la société. On dénonce quelquefois ses intrigues, les tractations affairistes de certaines « Fraternelles » (celles-ci regroupent par profession des initiés de toutes obédiences). Mais il ne faut ni exagérer l’influence de la franc-maçonnerie, ni sous-estimer son emprise, ni diaboliser ses membres.
 
Entretien Vincent Pellegrini/Le Nouvelliste
 
 

Benoît XVI aura passé son pontificat à nous rappeler qu’il fallait recevoir et appliquer le Concile Vatican II. En France, les évêques nous disent aussi qu’il faut recevoir et appliquer le concile Vatican II... Il est cependant évident, pour tous les fidèles un tant soit peu attentifs et observateurs, que les mots « recevoir », « appliquer » et « Concile » n’ont pas du tout le même sens selon que l’on est à Rome ou que l’on est dans un diocèse français, selon qu’ils sont dans la bouche du Pape ou dans celle d’un évêque français pris au hasard. Pour comprendre l’origine de cette différence de sens des mots, il faut rappeler comment s’est faite la réception et l’application du Concile en France. 

 

 

 

Elle s’est faite selon deux courants opposés dont nous a souvent entretenu Benoît XVI : d’un côté le courant « progressiste » où se sont trouvés ceux qui enseignaient que Vatican II n’était qu’un point de départ qu’il fallait absolument dépasser pour « dynamiser » l’Eglise, et d’un autre côté le courant « traditionaliste » où se sont retrouvés ceux qui, derrière Mgr Lefebvre, ont pris appui sur les dérives postconciliaires orchestrées par nombre de prêtres pour faire de Vatican II la source d’une rupture avec ce qu’ils définissent et considèrent comme étant « la » tradition. En France, le « progressisme » a culminé vers les années 1970-75 et a trouvé des « supporters » au sein d’un clergé souvent touché par une profonde crise d’identité du prêtre s’ajoutant à la déficience de la formation théologique. Si ce courant est aujourd’hui moins puissant, il ne demeure pas moins vrai qu’il a laissé dans les mentalités des fidèles - clercs et laïcs - des traces qui seront très difficiles à effacer. De son côté, le « traditionalisme » vit encore mais ne constitue pas un bloc monolithique et - quoi que disent certains de ceux qui s’en réclament - n’a pas de grande influence dans les paroisses. Entre ces deux courants se retrouvent des fidèles plus sensibles aux conséquences d’une désacralisation qui, à partir des années postconciliaires, a touché les messes célébrées dans la majorité des paroisses françaises : ces fidèles, de moins en moins nombreux en raison de la baisse de la pratique religieuse et de leur âge, ne comprennent généralement pas grand-chose en liturgie et confondent souvent la « messe en latin » avec la « messe comme c’était avant le Concile ». Leurs critiques portent le plus souvent - et à juste titre - sur la banalisation et l’enlaidissement des célébrations, ainsi que sur les stériles expérimentations liturgiques imposées par des prêtres donnant surtout l’impression d’avoir perdu tout sens de l’Eglise et de l’Eucharistie, et tout souci de la beauté qui sied au culte rendu à Dieu.

 

Mais d’où vient ce « progressisme » qui a durablement grippé tous les rouages de l’Eglise en France pour aboutir à la non-réception du Concile ou du moins à sa réception partielle et sous des formes erronées engendrant la crise que l’on connaît aujourd’hui ? Dès avril 1964, Paul VI avait appelé l’Académicien Jean Guitton au Vatican pour lui faire part de son inquiétude touchant l’information sur le Concile en France. Bien des journalistes - y compris des journalistes catholiques - présentaient en effet Vatican II sur le modèle des débats parlementaires et des arbitrages politiques, usant d’épithètes commodes comme « conservateurs » ou « progressistes », la première étant connotée péjorativement. Dans le même temps, des médias présentaient l’Eglise de Hollande comme « le » modèle à suivre alors qu’elle était en train de s’effondrer sous les coups portés par des prêtres vivant « en couples » ou ouvertement homosexuels et prêts à tenter toutes les « expériences ». Parallèlement, dans le journal « Le Monde », Henri Fesquet se faisait le héraut d’une interprétation de l’ « esprit du Concile » qui ne correspondait plus du tout à la lettre des textes conciliaires eux-mêmes. Dans « La Croix » du 15 septembre 1966, Antoine Wenger note : « Neuf mois ont passé depuis la clôture du Concile. Nous assistons à une fermentation des idées ; il est vrai que certains attribuent volontiers au Concile leurs propres opinions et identifient trop facilement les décisions conciliaires avec leurs propres désirs. » Un mois plus tard, Jacques Maritain publie « Le paysan de la Garonne » où il observe que la masse des fidèles est en train de s’éloigner de l’Eglise tandis que de nombreux clercs vont carrément la quitter en raison d’une crise qui n’est pas imputable au Concile lui-même mais à un « néo-modernisme » se recommandant à tort d’un « esprit du Concile ». D’autres théologiens s’inquiètent des dérives postconciliaires dont certaines sont orchestrées par des clercs et des laïcs qualifiés d’ « assassins de la foi » (Cf. P. Jean Daniélou, « La Croix » du 18 mai 1968.) Quant au Père de Lubac, il considère qu’un « redressement urgent » est à opérer « dans le sens authentique du Concile et du véritable aggiornamento » voulu par Jean XXIII. Mais dans le même temps, le théologien déplore que « les évêques ne semblent guère oser y engager leur autorité » pour empêcher l’ « accentuation d’une scission entre une aile soi-disant marchante qui donne l’impression de mondaniser la foi et la vie chrétiennes (...) et une masse dite « intégriste » à laquelle sont tentés de se rallier beaucoup d’excellents chrétiens qui tiennent à l’intégralité de la foi. » Et le P. de Lubac de considérer que « la tradition la plus classique offre incomparablement plus de ressources à la pensée qu’une certaine attitude critique aujourd’hui trop répandue. » Pour faire face à ce que le P. Louis Bouyer qualifiera de « décomposition du catholicisme », quelques théologiens jettent alors les bases d’une nouvelle revue théologique - « Communio » - dont le premier numéro de l’édition française paraîtra en 1975. Parmi ces théologiens clairvoyants et authentiquement « conciliaires », on retrouve les Pères Henri de Lubac, Hans Urs von Balthasar, Louis Bouyer, Jean-Robert Armogathe et... Joseph Ratzinger.

 

En 1985, Joseph Ratzinger, devenu Cardinal et Préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, publie « Entretiens sur la foi » (éd. Téqui) presque au moment où les évêques français tentent de dresser un bilan du Concile et d’évaluer son processus de réception. Avant même la publication de son ouvrage, le Cardinal Ratzinger donne sa propre appréciation sur le sujet débattu par les évêques de France en évoquant une « évolution postconciliaire pernicieuse. » « Ce qui a dévasté l’Eglise durant la décennie n’était pas le concile, mais le refus de sa réception », écrira-t-il par la suite. Dans sa majorité, l’épiscopat français - déjà vivement critiqué suite à la parution de « Pierres vivantes » présenté abusivement comme un catéchisme - ne partage pas l’appréciation du Cardinal. Ainsi, Mgr Rozier, alors Evêque de Poitiers, écrit-il : « Certains raccourcis des propos du Cardinal Ratzinger expriment un bilan de l’évolution postconciliaire de l’Eglise, bilan tout entier situé sous le signe de la négativité, et dans lequel les évêques français ne se reconnaissent pas. Ceci est un fait. » On voit ici qu’entre le Cardinal Ratzinger, futur Pape, et l’épiscopat français, les désaccords existent... et dureront sans doute. Au cœur des turbulences de l’Eglise en France, Mgr Rozier persiste et signe : ignorant le point de vue du Préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, il se félicite de ce que « l’épiscopat a le soutien du peuple de Dieu ». Et il fait état d’une lettre que lui a envoyée un « animateur du centre théologique interdiocésain de Montpellier » pour le remercier de sa pastorale et lui dire qu’il soutenait son initiative d’une opération lancée dans l’opinion publique dans la perspective du prochain synode « pour aider à un ressaisissement dans le sens de la fidélité à Vatican II ». L’Evêque de Poitiers fait ici référence à l'initiative d'un groupe de chrétiens réunis à Montpellier soucieux de ne pas voir enterrer les réformes attribuées plus à l’ « esprit du Concile » qu’au véritable Concile lui-même. « L’appel de Montpellier » lancé par ce groupe de chrétiens - parmi lesquels se trouvent un certain nombre de prêtres ayant le soutien de leurs évêques - ne tarde pas à recueillir une audience importante qui ne manquera pas d’interroger NN.SS. Boffet, Evêque de Montpellier, Rozier, Evêque de Poitiers déjà cité, Favreau, Evêque de La Rochelle... A Nancy, Mgr Bernard dévoile ses craintes en s’interrogeant : « Comment maintenir les acquis très positifs de Vatican II sans se fermer à certaines insistances venant d’ailleurs, au sein de la communauté de l’Eglise ? » 

 

En fait, on voit qu’à chaque fois que les évêques de France parlent du concile Vatican II, ils ne font allusion qu’à cet « esprit du Concile » dénoncé par le Cardinal Ratzinger. Ne voulant pas reconnaître que de ce quiproquo jaillit la majorité des problèmes qui secouent l’Eglise en France, Mgr Bernard adopte la ligne classique - mais stérile - de l’épiscopat français : l’irénisme. C’est dans son édition du 21 juin 1985 que « Le Figaro » évoque des « tensions entre le Vatican et plusieurs évêques français ». Le quotidien dénonce très clairement l’attitude de l’épiscopat français à l’égard du Cardinal Ratzinger : « La thèse des opposants [i.e. les évêques français] est claire : « Rome s’apprête à enterrer Vatican II alors que les forces vives du « peuple de Dieu » se mobilisent pour le sauver ». Ces lignes sont signées du Dominicain Joseph Vandrisse qui ajoute que « dès lors, toute tentative de bilan s’apparente au blasphème ». Le P. Vandrisse qui défend avec vigueur la fermeté du Cardinal Ratzinger, constate encore qu’ « il est difficile à certains évêques de dire « non » à des cénacles qui intimident, tant il est par contre facile pour eux de parler « d’espoir » en évoquant de réconfortants lendemains ». Dans le même temps, les évêques ne dissimulent plus leurs préoccupations quant à l’hypothétique mise en œuvre d’une « contre-réforme » qu’ils soupçonnent orchestrée par le « Panzerkardinal » Ratzinger. Ceux d’entre eux qui préparent le synode extraordinaire de la région Provence-Méditerranée écrivent : « Devant le décalage de plus en plus accusé entre les modes culturels et le message évangélique que nous pouvons constater aujourd’hui, (...) il nous semble que le synode ne doit pas se laisser tenter par une restauration (...). Il ne faut pas que prédomine la peur et que soit cassé le dynamisme missionnaire de beaucoup de communautés chrétiennes. » (Cf. « Eglise de Corse », n°14, 1er août 1985.) Puis ils posent cette question révélatrice du type d’Eglise qu’ils souhaitent : « Ne faudrait-il pas souligner l’importance des liens et échanges entre Eglises locales dont la région apostolique et la conférence épiscopale sont des expressions privilégiées ? Ne faudrait-il pas également réfléchir dans cette perspective, aux rapports entre les conférences épiscopales ou les Eglises locales et l’Eglise de Rome et ses dicastères dans le sens d’une communion respectueuse des identités et des responsabilités propres ? Ne conviendrait-il pas de préciser la signification du « ministère de Pierre » dans son rapport aux épiscopats ? » On le devine à travers ces lignes : ce que veulent les évêques de France, c’est que le Cardinal Ratzinger se contente d’occuper un bureau tandis que le Pape se satisfera de distribuer des bénédictions aux pèlerins rassemblés place Saint-Pierre.

 

Ce complexe anti-romain qui s’est développé et manifesté après Vatican II a-t-il laissé des séquelles ? Oui, si l’on considère qu’aucun des textes magistériels laissés par Benoît XVI n’a fait l’objet de diffusions et d’applications concrètes dans les diocèses et les paroisses de France ; oui, si l’on se souvient du Cardinal Vingt-Trois affirmant - à l’occasion du voyage de Benoît XVI en France - que « le Pape n’était tout de même pas le patron » ; oui, si l’on se souvient que lorsque Benoît XVI a célébré des messes en France, il fallut expliquer aux fidèles habitués aux « messes-bazar » de leurs paroisses que le Souverain Pontife respectait bien la liturgie voulue par le Concile ; oui, si l’on se souvient des campagnes faites pour persuader les fidèles de rester chez eux pour voir le Pape à la télévision plutôt que de se déplacer pour l’acclamer (les fidèles viendront toutefois en nombre accueillir le Pape, à la grande stupéfaction des évêques qui tenteront alors de tourner la situation à leur profit) ; oui, si l’on se souvient que Mgr Doré, alors Archevêque de Strasbourg, dans une homélie prononcée lors d’une messe d’ordinations sacerdotales, s’est déclaré favorable au mariage des prêtres ; oui quand on se souvient qu’une conférence sur la liturgie du Cardinal Arinze à Paris sera passée sous silence ; oui, lorsqu’on entend Mgr Le Gall dire qu’il n’y a pas de problèmes liturgiques en France... Oui enfin, quand on lit les récentes critiques de Mgr Noyer - figure emblématique de l’épiscopat postconciliaire - dirigées contre Benoît XVI et publiées par « Témoignage Chrétien ». Qui pourrait imaginer que devenu Pape, Joseph Ratzinger ait oublié cette mentalité anti-romaine propre à une partie non négligeable de l’épiscopat français et qui s’est propagée dans les rangs du clergé paroissial ? Qui peut imaginer que devenu Pape, Joseph Ratzinger savait qu’il ne pourrait guère compter sur l’épiscopat français pour appliquer les directives magistérielles et les orientations conciliaires permettant de stimuler la foi chrétienne en même temps que l’amour de l’Eglise ? On peut légitimement penser que Benoît XVI a pu être fatigué d’avoir à supporter l’inertie de certains épiscopats dont, en tout premier lieu, celui de France.

 

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